Voilà, ça y était. Il était resté moins de temps que ce qu'il aurait cru, mais tout avait roulé pour lui.
Il avait pu composer des morceaux et surtout, surtout... il s'était vite rendu compte que la scène lui manquait. La scène, et la vie, la ville, les bagnoles et les lumières.
Il avait écrit une longue lettre à Debbie. Elle commençait par "Je ne t'aime plus" et finissait par "Sois heureuse", le reste n'a pas d'importance. Elle n'avait répondu qu'une courte missive en quelques phrases; elle était blessée mais elle saurait aller mieux. Chuck préférait avoir confiance en ça.
Carl l'attendait à Glennfinnen. Ensuite, Londres puis New York, les studios puis les clubs. Il revenait. Désintoxiqué, lavé de tout ce qui l'avait paralysé et de ses idées morbides et destructrices. Toujours sacrifié à l'art, mais le sacrifice n'était plus si... énorme. Chuck avait compris qu'il pouvait aussi aller bien.
Un mois plus tard.
"Mais qu'est-ce que tu fous ? Souffle, merde !"
Chuck baisse la tête devant ceux amassés dans le studio. Il souffle tout ce qu'il peut mais il n'a plus l'âme. Le producteur s'arrache les cheveux. Carl a un regard étrange. Et Chuck ne sait plus jouer.