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Azur Tamazight Ancien Personnage


Nombre de messages: 114 Age: 38 Date d'inscription: 28/06/2007
 | Sujet: [Teinturerie] In Blue Jeu 4 Mar - 15:16 | |
| Azur se promenait. Oui oui, vous avez bien lu, se promenait. Elle était dans la zone la moins appréciée de la Noble Lande avec les marais avoisinants, et elle se promenait. La berbère avait toujours songé qu'il y avait du bon comme du mauvais dans chaque personne et dans chaque chose, les flux le lui avaient prouvé, et les humains le lui avaient démontré.
De son père, par exemple, elle tenait sa naissance et celle de Shahrazad, sa demie-soeur, petite aveugle, qu'elle avait à présent sous son aile. Mais de son père, elle avait aussi les déboires avec la caravane et les tentatives de mariage forcé. Il n'était plus parmi eux à présent, mais représentait, à ses yeux à elle, assez bien ce concept : tout dépend de nos choix et de l'usage que l'on fait des choses.
Alors oui, là, près de la teinturerie avec le marais pas si loin que ça et les odeurs qui les accompagnaient, elle se promenait. Elle avisa ceux qui étaient de corvée de teinturerie justement, des derniers tissus avant les prochaines tontes et marqua un temps d'arrêt, observant ceux occupés à teindre une toile de lin d'un bleu turquoise magnifique. Elle s'approcha à quelques pas et avisa le grand homme noir - l'un des rares représentant de l'Afrique à Sywhaîd tout comme elle, bien qu'ils vinssent tout deux de régions aux antipodes l'une de l'autre. Elle s'était souvent demandé s'il connaissait Jan, mais n'avait jamais posé la question, les relations entre blancs et noirs en Afrique du Sud restant un sujet délicat à aborder.
Et pour l'heure, ça n'était pas ce qui l'intéressait, mais cette toile qu'il peignait et la teinture utilisée qui modifiait les flux et qui l'intéressait particulièrement, du point de vue des flux, car si l'eau dont se gorgeait la peinture semblait manifestement s'imprégner dans la toile, l'air n'était pas en reste. Eau et air confondus n'étaient pas forcément à mettre entre toutes les mains, et elle se demanda s'il savait ce qu'il était en train de faire exactement.
Ou plus exactement, elle le lui demanda, car l'artisane n'avait jamais été très portée sur les convenances et l'idée qu'elle pût le déranger ne lui effleura même pas l'esprit.
- Tu peins cette toile d'air et d'eau pour quelque chose de particulier ou il est possible que je te l'emprunte pour l'étudier ? _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd |
Dernière édition par Azur Tamazight le Ven 5 Mar - 8:57, édité 1 fois |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Jeu 4 Mar - 18:07 | |
| Quelle obscure raison avait donc pu pousser Taji à se diriger vers le pestilentiel marais de Sywhaîd ? Quelle autre ténébreuse idée lui avait traversé l’esprit pour se mettre à la peinture ? A vrai dire aucune en particulier ?
Une douce mélancolie qui lui traversait le cœur peut être ? L’Afrique lui manquait.
Il commençait à s’adapter et surmontait tant bien que mal le mal du pays mais de temps à autres l’Afrique semblait lui brûler le cœur s’insinuant dans chaque parcelles de son être. Pour se changer les idées il décida d’aller faire un tour dans un endroit où il n’était pas encore allé sur la Lande. Il s’était couvert et avait mit un grand manteau de laine angora puis les mains dans les poches laissant le hasard le guider il était arrivé vers les fabriques le plus éloignées. Il avait entendu par quelqu’un que c’était l’endroit le moins fréquenté par les habitants, et pour cause un relent de tourbe à peine supportable lui parvient jusqu’aux narines.
Mais Taji était un valeureux aventurier et l’odeur ne l’arrêta pas, il salua de la tête deux personnes qu’il rencontra sur son chemin et se dirigea presque par instinct vers un grand bâtiment : La teinturerie. Son regard se perdit sur la façade de l’édifice, le bâtiment avait l’air rustique, il semblait s’accorder avec le paysage environnant.
Taji pénétra dans le bâtiment, depuis son arrivé il avait compris que la notion de propriété était presque bannie à Sywhaîd et qu’on ne risquait pas de lui imputer un procès pour violation de domicile.
Il explora la fabrique et dénicha sur une étagère poussiéreuse des toiles, puis dans un petit tiroir des pinceaux et des teintures. Le grand black sourit pour lui-même. Et finalement il dit tout haut : « Cool man, pourquoi pas ? »
Tout fier de sa découverte, il sortit de la teinturerie et se mit en quête d’un coin où peindre. Autant dire que c’était une grande première et que Taji n’était pas vraiment un artiste dans l’âme, il ne s’était jamais ou presque prêté au jeu de la peinture ou du dessin et pour tout dire il n’avait jamais été attiré par la peinture, le colosse ne s’était jamais demandé d’où venaient les tableaux qui ornaient les murs nus de son bureau de PDG. Il remplit un petit sceau d’eau qui trainait alentours et se mit à diluer les teintures avec plus ou moins de succès. Il se tâcha les mains et s’éclaboussa la joue avec du bleu.
Timidement, comme pour l’apprivoiser il s’empara du pinceau et le trempa délicatement dans le mélange bleu. Il n’était pas à l’aise et ses gestes étaient mécaniques.
Taji ne savait pas du tout ce qu’il faisait mais il prenait malgré tout un certain plaisir à se prendre pour Van Gogh. La toile n’était finalement pas si horrible que ça, et Taji n’était pas peu fier. Même si il ne savait pas du tout ce qu’il était en train de faire.
Puis une voix féminine se fit entendre. Taji ne prêta aucun regard à sa spectatrice lorsque cette dernière se dévoila à lui. Il continua, imperturbable, la folle course créatrice du pinceau ployant sous ses mains, tout entier consacré à cette osmose créatrice. Taji n’aimait pas être dérangé lorsque il créait où dans une situation de faiblesse, car peindre en était une. Les peintres étaient pour lui des êtres à part, faibles. Il ne voulait pas être lié à eux. C’était un aveu de faiblesse. C’était une vision un peu sectaire mais c’était surtout celle qu’on lui avait enseigné tout au long de sa vie. Le pinceau cessa sa course et atterrit au sol, puis il dit d’une voix confiance et tout fait crédible.
« Non du tout, tu peux le prendre, ce n’est pas à moi, d’ailleurs j’allais partir. »
Le sourire qu’il arbora ne cachait pas la trace de bleu sur sa joue gauche. _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


Nombre de messages: 114 Age: 38 Date d'inscription: 28/06/2007
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Ven 5 Mar - 9:31 | |
| Ceux qui étaient de corvées de teinte regardèrent vaguement Taji fouiller dans les étagères, sans y porter plus d'attention. Comme l'avait si bien pensé le sud-africain, la propriété n'était pas une notion qui appartenait aux sywhaîdiens, habitués à la vie en communauté. Et quand il sortit une toile, des peintures et des pinceaux, ils le laissèrent faire sans broncher. Azur, ici en observatrice, l'observa un moment avant de lui adresser la parole, et se demandait ce qu'il lui répondrait.
Il continuait à peindre, imperturbable, et elle continua à l'observer, sans gêne. S'il ne pensait pas du bien des peintres, il en allait autrement de la berbère, pour qui l'art était un autre moyen d'utiliser les flux. Et peut-être usait-il d'ailleurs des flux sans le savoir.
« Non du tout, tu peux le prendre, ce n’est pas à moi, d’ailleurs j’allais partir. »
Le sourire qu’il arbora lui fut rendu par l'algérienne qui se fichait éperdument de la trace de bleu sur sa joue gauche.
- Je te fais fuir ? lui demanda-t-elle comme il semblait prêt à vider les lieux. La toile, comme les teintures de tissu, dégageait des flux d'eau et d'air, mais la peinture de Taji avait encore autre chose, qui venait de lui. Des flux négatifs, provenant de sa notion de faiblesse liée à la peinture. Elle l'observa encore un instant, ignorant l'origine des flux négatifs.
- Pourquoi t'es négatif ? lui demanda-t-elle, du même ton innocent et calme qu'elle avait tout le temps, puis elle se tourna vers les teinturiers et commanda une parcelle de tissu, pour elle comme elle comptait faire une tenue à Shahrazad. _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd | |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Lun 8 Mar - 16:33 | |
| Taji toisa du haut de ses mètres l’algérienne pour la première fois. L’effet fut saisissant, la jeune femme était bien proportionnée et semblait avoir la fougue des fiers étalons sauvages africains, chacun de ses traits semblaient êtres volcaniques, natifs, bruts. Elle sentait bon l’Afrique. Son faciès méditerranéen ne trompait pas, la jeune femme était magrébine. Ainsi donc il n’était pas le seul, l’unique africain sur cette lande.
Il se sentit bête à la première question de la femme. Il n’en montra rien bien sûr, se contentant d’aborder un petit sourire à la frontière de l’ironie, avec juste le soupçon de sincérité qui s’imposait. Il était redevenu le chef d’entreprise.
Il s’était fait surprendre, mais cela n’était pas grave. La prochaine fois il s’éloignerait plus. Pourtant il était d’habitude prudent. Ce n’était pas vraiment l’idée de peindre qui dérangeait Taji, mais plutôt d’être surpris dans une expression artistique, un de ces moments finalement salvateur où ses sentiments étaient mis à nus. Un de ces instants où la face de l’iceberg se dévoile au grand jour.
« J'ai combattu un lion à main nues par le passé, alors tu ne me fais pas fuir ma petite."
Il marqua une pause et se gratta la tête d’un air perplexe en dévisageant la jeune fille d’un air dubitatif.
« Disons simplement que je pensais être seul. Pas que la compagnie d’une charmante gazelle ne gène, mais on serait mieux ailleurs. »
Il désigna le marais avec un petit sourire. En fait il voulait à tout prix fuir de cette peinture. Il tiqua un peu à la deuxième question d’Azur, mais n’en montra rien.
Négatif ? Taji Wooku négatif. Cinq ans auparavant quand il avait remporté la course en pirogue sur le fleuve Djamadje était il négatif ? Non impossible. Toutefois il décida de se prêter au jeu, quelque chose chez la jeune femme captait son attention, semblant happer chaque atome de son corps.
Elle se retourna laissant pour aller parler aux teinturiers laissant à Taji le temps de réfléchir. Il fit un pas et se retrouva de nouveau devant elle.
« Je suis négatif car tout à une fin. Enfin sauf la banane qui en a deux ! »
Le colosse laissa échapper un rire très prononcée à sa blague puis renchérit d’une voix amusée.
« Et toi je pari que tu es très positive, je me trompe ? »
En faisant un peu de conversation elle oublierait peut être cette foutu histoire de peinture, et puis pourquoi n’arrivait t’il pas à détacher son regard des deux prunelles de l’algérienne ? Il souhaitait se laissait submerger par les vagues, atteindre par la foudre.
« Je m’appelle Bernard, et je suis norvégien ! »
Dit t’il de son ton le plus sérieux en tendant une main à Azur. _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


Nombre de messages: 114 Age: 38 Date d'inscription: 28/06/2007
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Mer 10 Mar - 9:18 | |
| Pour une femme, Azur était plutôt grande et pourtant, Taji la regardait de haut. C'était assez étrange pour la berbère aux yeux pairs, que de devoir lever la tête pour croiser le regard de son interlocuteur. Mais ça ne l'empêcha pas de continuer à converser avec lui, avec le calme et le détachement qui lui étaient caractéristiques. Elle prenait les choses comme elles venaient, sans se soucier du lendemain.
Un sourire étira les lèvres de l'artisane quand il l'appela "petite", un nom que peu d'hommes lui attribuaient et qu'aucune femme à Sywhaîd n'avait encore osé utiliser. Elle pencha légèrement la tête sur le côté lorsqu'il parla du lion qu'il avait combattu, cherchant la part de vérité et de mensonge qu'il pouvait y avoir dans cette phrase.
- Je ne cherchais pas à te faire fuir, c'est toi qui t'éloignes de ta peinture quand je m'approche.
Sa voix était calme et posée, comme elle l'était toujours, bien qu'assez grave pour une jeune femme. Elle hocha simplement la tête avec un sourire quand il l'appela gazelle et évoqua l'idée qu'un autre endroit conviendrait mieux à leur conversation.
- Tous les endroits se valent, fit-elle. Les flux sont saturés partout ici.
Elle n'avait pas compris l'allusion ? Pas sûr. Rien n'était jamais sûr avec Azur, et ses propos parfois étranges en déroutaient plus d'un. Et manifestement, Taji ne pouvait pas comprendre tout ce qui faisait de la berbère celle qu'elle était. Elle voyait bien ses flux tenter de s'éloigner de sa peinture, mais justement, c'était sa peinture et quand il avait peint, il y avait mis son coeur. Il ne pourrait jamais détacher complètement ses flux de son oeuvre.
Ce fut lui qui reprit la conversation ensuite, comme elle s'était un instant adressée aux teinturiers, revenant face à elle. Elle l'écouta en souriant, comme elle le faisait toujours. Nul éclat de rire à sa blague, un simple sourire, énigmatique. Azur n'était pas facile à cerner, l'air et la terre se mêlaient dans ses flux, la rendant si complexe. Une pointe de feu, parfois, lorsqu'elle dansait peut-être. Gazelle elle était, Til' en était la preuve, et gazelle elle resterait, insaisissable.
- Tu es négatif envers cette peinture, tu la rejettes comme si elle ne devait pas être tienne. Elle est pourtant une partie de toi, l'expression de quelque chose qui vient de ton coeur. Toutes les oeuvres d'art le sont. Pourquoi souhaites-tu tant t'en éloigner ?
Le silence plana un moment comme elle réfléchissais à sa question. Positive ? Peut-être. Neutre aussi, parfois. Et à cet instant ? Oui, sans doute était-elle positive. Elle ne rejetait rien de ce qu'elle était ou faisait, aussi étrange puisse cela paraître aux autres sywhaîdiens, aux autres du monde entier d'ailleurs. - Sans doute, oui. Je ne rejette rien de ce que je suis ou fais, c'est ce qui fait de moi celle que je suis, alors sans doute suis-je positive.
Nouvelle blague, nouveau sourire de l'algérienne. Non pas qu'elle ne comprît pas qu'il lui disait n'importe quoi, mais elle se prêta au jeu comme elle le faisait bien souvent en fait. Ingénue ? Pas le moins du monde, mais la vérité viendrait en son temps. Il lui tendait la main, et elle la lui serra avec une certaine fermeté.
- Enchantée, Bernard.
Et elle ne relâcherait sa main que lorsque lui-même déserrerait son étreinte. _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd | |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Ven 12 Mar - 16:39 | |
| Il lui libera la main quelques secondes après, son âme toujours noyé dans ses beaux yeux.
Elle ne voulait pas lâcher l’affaire sur la peinture !
Taji eu un imperceptible sourire devant la répartie de la berbère, il appréciait les gens possédant de la vivacité intellectuelle, cette inconnue le fascinait elle ne ressemblait pas aux femmes qu’il croisait habituellement.
Sywhaîd semblait être peuplé de gens aux caractères forts, c’était une belle découverte pour le géant noir qui rendit son sourire à Azur d’un air on ne peut plus amical.
« La peinture est un art assez personnel, si les peintres ne sont reconnus qu’après leur mort c’est pour qu’on leur foute la paix de leur vivant, non ? »
Nulle agressivité dans sa voix, juste un ton impitoyablement serein. Adapté à la situation. Il écouta la tirade de la femme sur les flux, pour sa part Taji était un véritable novice en flux magiques, il en avait certes vaguement entendu parler, mais n’avait jamais poussé le sujet plus loin. Elle revenait sans cesse à la peinture, elle ne semblait pas vouloir changer de sujet. Taji tempera, il y a quelques années il se serait sans doute énervé et aurait tout envoyé valser, devant une femme lui faisait la leçon et ne lâchait pas l’affaire. Mais il avait changé.
Toutefois, il était encore trop jeune, trop inexpérimenté, pour réussir à juguler les flots bouillants de la peine et de la tristesse après l’avoir possédé tout entier ne demandaient qu’à s’échapper, forçant tous les barrages et toutes les protections, il prenait la fuite pour chercher tout comme cette inconnue l’avait sans doute fait, un endroit sans témoin, un endroit où ces flots pourraient se libérer en paix jusqu'à aller se réfugier sur une toile.
Parler de peinture, après tout pourquoi pas, Taji n’était plus à une nouveauté près. Lorsqu'elle se lança à nouveau dans un long discours didactique le black revêtit un masque de sérieux absolu, s'imprégnant de chacune de ses paroles comme s'il s'agissait d'une véritable prophétie.
Ses blagues n’avaient pas détendues l’atmosphère, elles avaient même déclenchées ce qu’il est un commun d’appeler un « bide ». Il reprit alors la parole, allant pour la première fois dans le sens de la berbère.
« Peindre une partie de soi est une façon se mettre à nu. De montrer au grand jour une partie de sa personnalité, ses rêves, ses passions, mais aussi ses peurs et ses doutes. Partager avec les autres. Le doute est interdit de là où je viens. Ce sont des choses qu’on ne partage pas, dévore le tigre ou ce sera lui qui te dévorera. C’est comme ça que ça marche.
La peinture pour peu que cette horreur que j’ai peinte en soit une, ne me correspond pas. »
Il est probable que si Taji avait eu le talent de Musset ou de Monet il n’aurait sans doute pas eu la même réaction. L’esprit de compétition était vivace et la logique du gagnant le tiraillant à chaque instant de sa vie. Pourquoi montrer ses faiblesses ? Il aimait être le meilleur et il aimait que les autres le sachent. En règle générale il ne montrait pas les choses dont il n’était pas fier ou plus souvent encore, il ne participait qu’aux activités où il était sûr de gagner.
« Quel beau discours, mais je n’en crois pas un mot. Nous avons tous des choses à rejeter, tous. »
Maugréa-t-il sans méchanceté. Il se leva et retourna chercher son œuvre qu’il planta devant Azur un grand sourire aux lèvres.
« Alors d’après toi, combien je pourrais en tirer sur une vente aux enchères ? »
La conversation était animée, cela plaisait à Taji très volubile et expansif il aimait échanger, et même si les deux protagonistes n’étaient pas tout à fait sur la même longueur d’onde, il était content d’avoir un peu de résistance.
« Tu n’a même pas ri mes blagues, pas très sympa gracieuse gazelle. »
Dit-il un peu déçu. _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


Nombre de messages: 114 Age: 38 Date d'inscription: 28/06/2007
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Sam 13 Mar - 9:39 | |
| Lorsqu'il lâcha sa main, elle hocha simplement de la tête. Til' apparut au coin d'une des bâtisses, assez éloignée, mais ne s'approcha pas davantage de sa moitié et de l'autre humain avec qui elle conversait.
Ca n'était pas qu'elle était têtue sur cette histoire de peinture - quoique sur certains autres sujets, elle puisse l'être - mais elle corrigeait seulement ce qu'il avait dit auparavant. Azur était Azur. Insaisissable et étrange pour la plupart des gens. Elle n'eût pas qualifié son caractère de fort, bien que ses nombreux voyages et son entêtement à l'encontre de son défunt père souhaitant la marier pussent dénoter cette force qu'il voyait chez elle. Elle hocha encore la tête quand il expliqua que la peinture était un art personnel.
- Tous les arts sont personnels car c'est notre âme qu'on y met, mais tous les peintres n'ont pas forcément été reconnus qu'après leur mort...
Elle parlait toujours avec cette voix calme et posée, un peu rauque et grave. Elle avait déjà bien suffisamment évoqué ses flux magiques qu'elle avait toujours vus comme elle le voyait lui, et ne revint pas dessus. Elle n'était là que par hasard, comme bien souvent elle se promenait dans Sywhaîd sans but réel, en simple observatrice de cette lande, qu'elle ne pouvait plus se résoudre à quitter définitivement, tout comme elle ne pouvait se résoudre à ne pas repartir en vadrouille à certaines brèches et à revenir plus tard.
Si Azur pensait très fortement que lorsqu'il disait que la peinture qu'il avait faite ne le représentait pas, elle secoua seulement la tête. On avait tous des choses à rejeter ? Oui, bien sûr. Ca n'empêchait qu'elles faisaient partie de nous et qu'on ne pouvait s'en séparer. Et comme il parlait de là d'où il venait, le regard de la berbère devint un instant flou. Elle avait déjà perdu son père, même si elle ne le regrettait pas plus que ça, et craignait de perdre sa mère, ce qui devrait bien arriver un jour ou l'autre. Et à chaque fois qu'elle quittait Sywhaîd, elle retournait la voir.
Elle revint à la réalité lorsqu'il lui planta la toile devant les yeux, lui demandant quel prix il pourrait en tirer.
- Ah ! fit-elle avec un sourire. Si tu me demande un prix, je ne peux pas te répondre, je ne vis pas comme ça... Qu'est-ce qu'une vente aux enchères, d'ailleurs ?
Car Azur fonctionnait au troc : un artefact, une réparation, contre un composant. Quand elle avait été voir Ian au Cap, il lui avait donné quelques diamants contre un pendule d'obsidienne... La notion d'argent ne faisait pas partie des notions que l'artisane pouvait maîtriser, aussi ne put-elle pas répondre à sa question.
Elle sourit, lorsqu'il évoqua ses blagues auxquelles elle n'avait pas ri, et répondit naïvement :
- Quelles blagues ? lui demanda-t-elle innocemment.
Pourtant elle n'était pas si ingénue : elle visualisait bien que cette histoire de banane et de norvégien avaient dû être ces blagues dont il parlait, mais le sens de l'humour était légèrement décalé chez Azur, et non, en effet, elle n'avait pas ri, parce qu'elle n'en avait pas ressenti le besoin. _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd | |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Lun 15 Mar - 0:35 | |
| Il faillit lui demander si tout allait bien quand son visage changea quelques instants, elle semblait ressasser ses pensées. Avait-elle été blessée par quelques balles perdues, de ces vérités qu'on préfère éviter ? Le sud-africain avait il été méchant, il n’en avait pourtant pas l’impression.
Il l'écouta en silence, les sourcils légèrement froncés. Il ne voyait pas vraiment par quel moyen l’âme pouvait se retrouver dans la peinture. Il comprenait que l'écriture puisse délivrer les émotions... Mais les subtilités de la peinture le laissaient encore sceptique. Taji regarda la toile à la recherche de la partie de son âme qui devait être selon les dires d’Azur dans la peinture mais en vain.
Le noir était un pragmatique, il avait les pieds sur terre. Il était doué d’une sensibilité artistique proche du zéro absolu. Pourtant cela ne l’empêchait pas de penser que les deux étaient en train de s’échanger des vérités universelles dignes des plus grands philosophes. Il ne s’était vraiment pas attendu à avoir un débat aussi profond en mélangeant quelques teintures sur une toile trouvée au hasard d’un chemin.
« Je voudrais donner ton prénom à cette peinture, comment t’appelles-tu ? »
Un sourire indescriptible se peint sur les traits du géant, l’algérienne ne le laissait pas indifférent. Il était encore beaucoup trop tôt pour émettre une quelconque hypothèse mais Taji ressentait un sentiment étrange. La jeune fille faisait naître une sorte curiosité en lui qu'il n'avait jusque là que rarement connu. Mais très vite il chassa les sentiments naissant. Il ne voulait pas admettre qu'il puisse éprouver quelque chose pour elle.
Taji ne se formalisa pas quand la gazelle l’informa quelle ne connaissait pas la définition de la vente aux enchères, l’expérience lui avait montré que les choses le plus évidentes pour lui ne l’étaient pas pour tout le monde. Et l’inverse était également vrai. Il se racla la gorge et commença donc son explication.
« Et bien les ventes aux enchères… »
Il s’interrompit, parler de déductions fiscales et de ventes offshore sur des paquebots pour éviter de payer les taxes ou de la loi de Friedman n’était pas vraiment approprié à la situation. Aussi en souriant il reprit la parole :
« Pour faire simple des artistes ayant besoin d’argent vendent à des gens ayant plus de liquidités que de bons goûts leurs œuvres d’arts, ces gens les exposent chez eux pour les montrer à leurs amis, c’est une façon de se congratuler en pensant qu’on a du goût et ça sert surtout à montrer que l’on est riche à défaut d’avoir un sens artistique. »
Il avait répondu à la question, et ne se sentait pas le devoir de poursuivre plus loin dans ses explications, d’autant plus qu’il tiqua quand elle lui demanda quelles blagues. Taji en fut profondément vexé, d’habitude tout le monde riait de bon cœur à ses boutades bien qu’elles ne soient pas toujours drôles, il fallait bien l’avouer. Il tiqua devant le sourire si lisse d’Azur et il lui fallut quelques secondes pour répondre d’un air on ne peut plus sérieux.
« Eh bien, les blagues, des jeux de mots qui font rire, on ne pratique pas ça quand on est artiste ? Je pourrais te donner des cours d’humour et en échange toi des cours d’arts ça me parait être un marché honnête non ? »
Sa description de la vente aux enchères le faisait sourire intérieurement pour pousser le vice jusqu’aux bout il aurait pu lui dire que chez lui, son domaine était rempli d’œuvres d’arts aux prix exorbitants et que les âmes de artistes emprisonnés à jamais dans les paysages et les portraits devaient dépérir d’être si peu regarder. Mais en lui disant cela il aurait probablement scié la branche laquelle il était assit, aussi il se contenta de revenir sur une des déclarations de la berbère pour embrayer.
« Et comment on vit au pays des gazelles, la notion de prix n’existe pas ? » _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


Nombre de messages: 114 Age: 38 Date d'inscription: 28/06/2007
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Lun 15 Mar - 8:45 | |
| La berbère n'avait fait que ressasser quelques pensées, et ne réalisa pas le moins du monde que le regard de son interlocuteur, étonné, eût pu devenir perplexe. Pas le moins du monde ne l'avait-il blessée, simplement, elle se perdit un instant dans les paysages nord-africains.
Lorsqu'il lui demanda, d'un air tout à fait sérieux, son nom de façon détournée, prétendument pour en intituler cette toile, un rire grave s'échappa de la gorge de la berbère, rappelant peut-être un peu le ressac sur des falaises.
- Mon prénom ne signifie plus grand chose aujourd'hui, mais ma mère m'appelait Anazur, et je me présente comme Azur généralement, à ceux que je rencontre. C'est ainsi que l'on m'appelle ici. Et c'est ainsi que l'on m'appelle un peu partout de part le monde. Azur, comme ce bleu que tu as sur la joue.
Elle lui rendit son sourire, qui étirait quelques rides aux coins de ses yeux. Il lui expliqua à sa manière ce qu'était une vente aux enchères, et elle l'écouta sagement, hochant un peu la tête parfois, comme une petite fille bien sage qu'elle n'avait jamais été. Il enchaîna presque aussitôt sur les blagues, et là encore, elle l'écouta en souriant.
- Je sais ce qu'est une blague, fit-elle finalement, mais s'il y en avait dans ton discours, je suis désolée de ne pas les avoir remarquées... On pourrait faire ça, oui, un cours d'humour contre un cours d'artisanat. Je ne suis pas peintre, je crée des artefacts magiques.
Elle sembla songeuse un moment, cherchant quel artefact elle pourrait lui apprendre à faire, mais elle n'eut guère le temps de songer longtemps, puisqu'il reprit la parole et qu'une fois encore, elle l'écouta sagement.
- Le monde est mon pays, et je n'y ai que deux ou trois ports d'attache, mais ceux que je rencontre procèdent avec moi par le troc de mes artefacts contre de nouvelles matières premières, généralement. Je ne définis pas de prix, je prends et je donne ce dont on a besoin.
Un sourire et elle s'apprêta à partir, laissant Taji et sa peinture Azur pour continuer ses pérégrinations. Nomade elle était, nomade elle resterait, même dans la lande. A moins qu'il ne la retienne ? _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd | |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Mar 16 Mar - 23:19 | |
| Il fut touché de son rire, si les blagues n’avaient pas marchés au début au moins il avait réussit à la faire rire par un autre moyen, même si en fait l’objectif n’était pas là, c’était mieux que rien.
Azur... Songea Taji perdu dans ses pensées. Un joli prénom pour une jolie fille. Il ne se risqua pas à le lui dire, la gazelle semblait être à prendre avec des pincettes, et le colosse noir sentait qu’avec cette fille il pourrait pousser la discussion un peu plus loin que les banalités communes et les blagues champêtres. Il ne prêta pas attention au bleu qui lui ornait la joue, peut être était-ce un signe ? Ou bien peut être que Taji se faisait des idées. Il se contenta de répondre :
« Et bien ce sera Azur le nom de cette toile, si tu restes persuadé que j’y ai mis un morceau de mon âme j’espère que c’était la bonne partie. »
Sa voix était devenue plus profonde, un peu plus grave. On était bien loin du timbre comique des blagues dites précédemment. Dans son discours la jeune fille semblait évoquer une certaine mélancolie, du recul face à la vie minutieusement policé et chronométré du monde moderne. Taji avait suivi quelques séminaires de psychologie pour apprendre à cerner ses fournisseurs cela l’aidait à essayer de cerner les contours des personnes qu’il rencontrait. Azur était différente, comme un atome en liberté, ne se souciant ni des frontières ni des codes. C’était assez plaisant. Il la percevait de cette façon.
« Et bien cela me convient, j’ignore tout des artefacts quand à mes cours de blagues, si tu juges qu’ils ne sont pas satisfaisants je suis un expert dans beaucoup d’autres domaines. Je sais faire la cuisine par exemple et, enfin des tas d’autres trucs. »
Son sourire l’obsédait, impossible de s’en détacher, ressaisis toi Taji Wooku. Calme-toi. Il y parvient en écoutant avec attention le discours d’Azur sur la façon dont elle fonctionnait. Et il en fut vraiment impressionné.
Le troc était la première forme d’échanges crée par les hommes et malgré la technologie, le marché des changes et la monnaie virtuelle le troc restait encore bien vivace. Il avait eu l’occasion de le voir en Afrique où cette pratique était monnaie courante. Et bien qu’il n’ait jamais pratiqué il l’avait souvent vu au cours de ses ballades dans la capitale Sud-africaine. Sans doute que le monde se porterait mieux si tout le monde prenait ce dont il a besoin sans abuser. Mais c’était une utopie, un rêve. Les hommes étaient mus par un tout autre désir, celui du plus, et du toujours plus. C’était comme ça. On adulait l’argent, et on le plaçait au centre de son existence. Car bien souvent l’existence se créait autours de l’argent. L'argent était le meilleur cavalier dans la danse du bonheur.
Taji était l’incarnation même de cette logique capitalistique responsable de tant de dommages dans le monde. Pourquoi posséder trois bagnoles de sports ? Pourquoi une cave pleine de bouteilles de Scotch plus vieilles que lui ? Pourquoi cette course effrénée au pognon ? Cette course qui gangrène les âmes transformant même les meilleurs hommes en des monstres assoiffés de devises et de pouvoir.
Taji se foutait royalement de ces discours moralisateurs et riait volontiers au nez des adeptes du « l’argent ne fait pas le bonheur. » Pourtant avec Azur cela semblait différend, la façon si simple avec laquelle elle expliquait le laissait perplexe. Cela fit réfléchir le sud-africain. Qui fut tiré de ses pensées quand elle fit mine de faire demi-tour. Il tendit le bras dans le vide :
« Attend ! »
Smile and Quiet
« C’était pas un lion, mais une hyène. »
Il ne voulait pas qu’elle parte. Non il ne le voulait pas.
« Et en fait je suis Taji et je viens du Cap »
Il plongea le plus intensément possible ses yeux noirs dans les prunelles de la belle gazelle.
Ne me laisse pas. _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Ven 19 Mar - 18:22 | |
| Il lui demanda d'attendre, et elle se retourna aussitôt, stoppant son geste. Azur sourit, de ce sourire énigmatique qu'elle avait si souvent plaqué sur son visage au teint mat, lorsqu'il confirma qu'il appelait sa toile par son prénom. Elle regarda de nouveau un moment l'oeuvre, qui ne représentait rien de particulier, suivant les courbes des divers aplats de bleu. Il y avait les nuances d'un ciel de traîne et la déferlante d'une vague, l'écume qui vient s'échouer sur le rivage et les cirrus parsemant l'azur. Azur. Ca lui allait plutôt bien, et la berbère hocha la tête une fois encore.
- C'est un honneur. Et si j'en crois ses flux, ce sont au moins des flux positifs que tu y as mis, même si tu cherches toujours à la rejeter...
Elle l'observa lorsqu'il s'appropria son système de troc comme le parfait commercial qu'il était.
- Je ne saurais t'apprendre tout ce qu'il y a à savoir des artefacts en peu de temps et je ne sais pas quand je repartirai parcourir les terres qui me restent encore inconnues, mais soit, je te montrerai comment je procède pour te faire un capteur de magie à ton effigie contre cette toile. Elle me plaît.
L'argent n'avait aucune valeur pour Azur. Comme elle l'avait expliqué quelques instants auparavant, elle ne fonctionnait pas comme ça. Et quand il proposa d'autres leçons qu'il pourrait lui donner, elle sourit.
- C'est moi qui vais t'être grandement redevable si tu réussis à m'apprendre la cuisine...
Elle n'avait jamais cherché à apprendre et avait toujours trouvé une table ou s'asseoir. Le troc, encore et toujours. Et c'est pourquoi Sywhaîd lui convenait bien. Elle y était libre, même enfermée, et ne manquait de rien.
Enfin il se décidait à dire la vérité, et son sourire illumina un peu plus son visage.
- Les hyènes ont des mâchoires plus puissantes que les lions, capable de broyer les os. Tu es un homme fort Taji, sinon elle t'aurait dévorée. J'ai un ami au Cap, mais je doute qu'il fasse partie de tes amis. Le schisme entre la communauté blanche et la communauté noire y est particulièrement important.
Elle ne le laissa donc pas, déplaçant la conversation vers son pays à lui, qu'elle avait déjà plusieurs fois traversé, et songeant à Jan qu'elle retournait voir régulièrement dans cette ville-même du Cap.
- Et comment en es-tu arrivé à te battre contre une hyène ? En général, elles évitent les attroupements humains. A moins que tu ne sois parti seul à la chasse ? _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd | |
|  | | Taji Wooku Etudiant


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 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Dim 21 Mar - 23:08 | |
| Il faillit lui répondre qu’il possédait déjà un capteur de magie serti de plusieurs pierreries Libanaises rarissimes, mais il préféra se taire, le géant ne voulait surtout pas avoir l’air suffisant ou afficher ce qui aurait pu être interpréter comme un manque de respect par la gazelle.
Taji était d’un naturel curieux, et apprendre à faire un capteur de magie, en si charmante compagnie qui plus est, n’était pas pour lui déplaire. La vie dans la Lande commençait à apprendre au nabab africain la modestie et l’écoute. Le temps s’était considérablement réchauffé ces derniers jours, et le soleil pointait timidement par delà l’horizon magnifié, pour la première fois depuis son arrivée à Sywhaîd Taji se sentait heureux.
« Cela serait un grand honneur pour moi d’apprendre à tes côtés. »
Se contenta-t-il donc de dire humblement avant de rire franchement quand elle lui répondit sur les hypothétiques cours de cuisine. En réalité Taji était un expert des micro-ondes et de plats surgelés, faisant partie des « upper class » il possédait l’équipement ultramoderne dans la résidence, mais cela correspondait en fin de compte à sa définition.
Il ne se trompait jamais dans le réglage du thermostat, ou dans la puissance en watts pour faire cuire un poulet rôti. Il se plaisait même à rajouter un peu de fromage dans un plat pour pouvoir dire à toute la famille qu’il y avait ajouté son ingrédient secret. Il restait encore à trouver un micro-onde à Sywhaîd. En revanche il excellait dans la cuisson de la viande par-dessus les braises rougeoyantes d’un feu, c’était son instinct de chasseur. Il n’avait jamais apprit, c’était dans son sang.
« Il n’y a plus de noir, ni de blancs en Afrique du Sud pour les nababs. La seule couleur est celle du dollar, c’est ce qui mène le monde d’où je viens. »
Son regard se perdit dans le marais, mélancolique et son sourire se transforma en une mine triste l'espace de quelques instants.
Les relations entre blancs et noirs avaient toujours été un souci en Afrique du Sud, l’apartheid laissant un souvenir sanglant dans toutes les mémoires et même si Mandela avait fait avancer les choses il aurait été faux de dire que tout allait bien.
« Je préfère ne pas en parler. L’Afrique est loin d’ici et pour ne rien te cacher je suis là pour la fuir. »
Le père de Taji durant l’apartheid avait trahi les gens de sa race en pactisant avec les blancs, pendant que les noirs se crevaient au travail, lui prenait le brandy avec les colonialistes blancs, les Wooku étaient encore assimilés à des traîtres à leurs races par beaucoup d’anciens.
Le poing de Taji se serra malgré lui. Les mauvais souvenirs n’étaient jamais bons à rappeler. C’est donc tout naturellement qu’il changea de sujet répondant à l'algérienne.
« Les hyènes ne sont pas des animaux si féroces que ça. En effet je suis un chasseur, les mêmes qu’on trouve dans les mauvais bouquins sur l’Afrique, avec la lance et le pagne, bien que je dois avouer que avec la législation actuelle, il est de plus en plus difficile de chasser. De même que le temps me fait défaut. »
L’Afrique du Sud comportait quelques une des plus grandes réserves naturelles au monde, et de nombreuses espèces en voie de disparition siégeait dans ces paradis tropicaux à peu près en sécurité. Les terres de Wooku n’étaient pas classés réserves et la famille pouvait donc y chasser en paix. Sans être inquiété, d’autant plus que les règles étaient claires, on ne chassait quelques certains animaux.
« Un hyène a attaqué l’un de mes petits frères. »
Tout simplement.
« Si un jour tu repasses au Cap je t’inviterai à une partie de chasse, je suis sûr que ça te plairait, et là tu verrais que je ne rejette pas mes flux. »
Il lui sourit avec malice.
« Ou à défaut de chasse, je peux peut être t’inviter à partager un repas avec moi ici, qu’en dis tu ? » _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Lun 22 Mar - 8:11 | |
| Une nouvelle fois, Azur sourit, de ce sourire énigmatique qui faisait apparaître quelques rides au coin de ses yeux pairs et ne permettait aucunement de savoir ce qu'elle pensait réellement.
- Et un grand plaisir pour moi d'avoir un apprenti. L'art ne doit pas se perdre, il faut bien que je le transmettre, avant de partir retrouver ses ancêtres.
Un frisson la parcourut. Retrouver ses ancêtres, c'était aussi retrouver son père, et elle n'en avait pas la moindre envie. Surtout si c'était pour laisser sa mère seule dans sa petite ville berbère.
- Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda-t-elle sur le même ton innocent qu'elle adoptait le plus souvent bien que sa voix rauque et grave ne l'y aide pas. Son regard plongé sur celui de Taji, elle remarqua la mélancolie et la tristesse du grand sud-africain autant par son visage que par ses flux un instant plus tard et s'en voulut d'avoir lancé un sujet qui plombait l'ambiance agréable et évanescente de leur entretien.
- J'ai un ami, là-bas, au cap. Mais sa famille n'est pas aussi riche que la tienne à ce que tu m'en laisses deviner... Un jour peut-être, viendra-t-il me rejoindre, tout dépendra de l'état de son amie...
Ce fut au tour d'Azur de perdre son regard dans les marais avoisinants. Jan était venu à Norsken pour soigner son amie, non sorcière mais qui s'était trouvée saturée en flux lors d'un accident et avait hérité d'une télépathie qu'elle ne maîtrisait pas le moins du monde. A la fermeture de l'université, elle avait dû retourner en Bretagne, et Jan s'en voulait toujours de n'avoir pas pu lui apporter une meilleure aide.
- Et bien n'en parlons plus, fit-elle de sa voix rauque, comme s'il ne s'agissait là que de propos banals. Et tu l'as sauvé en tuant cette hyène ? Je n'aurais sans doute pas agi de la même manière, mais j'aurais protégé Shahrazad avec tout autant de férocité que tu as dû en démontré de ton côté.
A nouveau son regard se perdit cette fois sur la toile. Il l'invitait à une partie de chasse ? Il ne connaissait donc d'Azur que le nom et l'attachement qu'il avait lui-même créé à cette toile bleu azur.
- Evitons le sujet de la chasse, je crois que nos avis divergent sur ce point. Je peux comprendre qu'on tue un animal pour se nourrir ou pour sauver l'un des siens, mais je ne vois pas l'intérêt qu'il y a à tuer pour tuer, pour ajouter un trophée supplémentaire à sa collection... Pourrais-tu m'expliquer ça, l'intérêt qui pousse les chasseurs à tuer des bêtes qu'ils ne mangeront pas ? Ou plutôt, pourras-tu m'expliquer ça lors de ce repas que je partagerai avec toi avec plaisir.
Nouveau sourire énigmatique. Azur était ce qu'elle était. Et ce qu'elle était, était bien difficile à cerner. _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd |
Dernière édition par Azur Tamazight le Mer 24 Mar - 13:01, édité 1 fois |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Mar 23 Mar - 15:38 | |
| « Non rien d’important rassure toi, je rigole toujours à mes propres blagues même si elles ne font rire que moi. »
Lui répondit-il quand elle l’interrogea sur son rire avec un sourire, avant de répliquer pour prévenir par avance la gazelle.
« Je dois te prévenir que je risque de te faire perdre patience, je ne suis pas très doué pour l’art comme tu as pu le constater. »
Il pointa la toile du doigt l’air presque gêné. Puis il l’écouta, pendant ce temps il tira de sa poche un petit étui en cuir noir et il l’ouvrit laissant apparaître une série de petits cigarillos bagués de Cuba, il en tira un avec précaution de l’étui et le porta à sa bouche, il l’alluma et un âpre nuage de fumée évanescent naquit du bout du tube avant de disparaître dans la petit brise qui soufflait par ce début de printemps.
Il n’en proposa pas une à Azur, sans même lui avoir demandé il voyait mal la belle algérienne se mettre à fumer, pour tout dire si elle l’avait fait, il aurait sans doute été un peu déçu, les gazelles ne sentent que rarement la fumée du cigarillo.
« L’Afrique a ce pouvoir de garder les gens auprès d’elle. » Dit-il en haussant les épaules, les amis sont un bien encore plus rare que le pétrole il faut les garder précieusement. »
Il pensa lui-même à un de ses amis dont il n’avait aujourd’hui plus de nouvelles, un descendant des Massaï qu’il avait connu à l’école des sorciers en Afrique du Sud, ils étaient restés très longtemps en contact et pendant une période Taji le considérait presque comme son frère, puis le temps avait passé emportant tout avec lui, usure du temps et de l'oubli. C’était peut être mieux ainsi les Massaï vivaient en anachronisme avec leur temps Taji lui nageait en plein milieu du XXe siècle.
« Oui je l’ai tué, je n’en suis pas particulièrement fier une fois passé l’exploit physique mais il est inconcevable de laisser quoi que ce soit s’en prendre à ceux que j’aime, je préférerai mourir. »
Il haussa les épaules en aspirant une longue bouffée de fumée, le géant d’ébène était sincère, c’était un véritable ours en guimauve mais il ne valait mieux pas s’attirer ses foudres, il pouvait tout à fait sortir de ses gonds et même si il se contrôlait mieux que par le passé il lui était déjà arrivé de se montrer violent et cruel, il tenait ce caractère d’étalon fougueux de sa mère, il ne valait mieux pas essayer d’éprouver l’endurance des Wooku.
« La chasse est un état d’esprit, et si tu y vois une forme de barbarie, nous les sud-africains considérons plutôt cela comme une coutume, mais je te garde les détails quand nous irons dîner. »
Il réfléchit. Muet il suivait chacun des gestes de la jeune femme sans marquer la moindre trace d’attirance, pourtant il n'était pas indifférent, car l'être ça aurait signifié que peu lui importait l'endroit, la compagnie. Il n'aurait voulu être nul par ailleurs qu'ici en cet instant.
Il ne voulait pas quitter Azur, cette gazelle avait vraiment quelque chose. Taji en était venu à cette éventualité, se disant que son attirance pour Azur n'avait que monté d'un cran au fur et à mesure qu’ils parlaient, que l'espèce de lien, sans toutefois en être un, s'était resserrés autour d'eux.
« Qui est Shahrazad, quelqu’un de ta famille ? »
Elle acceptait le dîner, c’était un bon point. Il ne bougea plus à partir de ce moment, semblant complètement déconnecté du reste de la planète, réfléchissant intensément pour trouver un endroit où dîner, en Afrique du Sud il l’aurait sans doute amené au Lord, à Paris, dans la terrasse panoramique de la Tour d’Argent. A New York au Four Seassons. Mais ici à Sywhaîd il allait certainement avoir du mal à trouver un grand chef étoilé
« Pour notre dîner, je te laisse choisir l’endroit, tu connais mieux l’endroit que moi. » _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


Nombre de messages: 114 Age: 38 Date d'inscription: 28/06/2007
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Mer 24 Mar - 13:46 | |
| Azur l'écouta, songeuse un instant, observatrice sur sa toile l'instant d'après, la tête légèrement penchée sur le côté tournée vers lui parfois. Elle ne doutait pas qu'il faudrait du temps pour qu'il apprît à maîtriser l'art qu'elle se proposer de lui enseigner, elle apprenait elle-même depuis toute petite et découvrait encore des secrets des pierres aujourd'hui.
- L'apprentissage prend du temps. Et j'ai de la patience à revendre quand il s'agit de mon art.
Elle secoua cependant la tête quand il montra la toile pour prouver qu'il n'était pas doué, et s'en approchant posant la main sur la tranche comme pour en ressentir toute l'essence, les yeux mi-clos, hochant parfois la tête quand il parla de l'importance de l'amitié et de l'attrait de l'Afrique, points sur lesquels ils étaient tout à fait d'accord.
La fumée de son cigarillo la sortie de sa communion avec la toile et elle eut un mouvement de recul. Oh ! Heureusement qu'il ne lui en avait pas proposé. Et malheureusement, il ne s'était pas inquiété de savoir si cela la dérangerait. Azur n'aimait pas la fumée, qu'elle fût de cigarette, de cigarillos, de gros cigare ou de pipe. Elle préférait les senteurs de l'encens ou des huiles essentielles, autrement plus utiles par ailleurs, et d'un parfum bien plus agréable.
Une pierre bleue sortie d'une toute petite sacoche qu'elle portait au côté, et de quelques gouttes d'eau, elle éteignit son cigare.
- La politesse eût voulu que tu me demande si la fumée me dérangeait, Taji, avant que d'allumer ton cigarillo.
Elle ne se souciait pas de savoir s'il en serait déçu ou courroucé, elle-même l'étant à cet instant. C'était cette parcelle de feu qui éclatait au grand jour lorsqu'elle dansait qui s'exprimait à cet instant. Une flamme qui brilla dans ses prunelles colorées d'azur, de violet, d'ocre et de vert.
- Comme je te le disais, je comprends que l'on tue pour se nourrir, plus encore pour sauver l'un des siens, je réagirai de même pour Shahrazad et plus encore pour Til'.
Le daemon qui se promenait à quelque distance de là se rapprocha alors, et elle posa la main sur la tête de l'animal, sa moitié, une gazelle, justement.
- Tu ne me convaincras pas avec de belles phrases concernant la chasse pour la chasse. Les coutumes changent quand elles n'ont plus lieu d'être. Celle-ci ne devrait plus exister, autrement que pour nourrir ceux qui en ont besoin.
Elle inspira et expira, histoire de retrouver son calme terrestre, et répondit à sa question suivante.
- Shahrazad est ma demi-soeur. Tu l'as peut-être déjà croisée, une petite fille aveugle avec un daemon encore changeant qui la guide.
Elle sembla songeuse encore un instant, puis haussa les épaules.
- Ma tente se trouve là-haut sur la falaise. Si l'endroit t'agrée, nous pouvons dîner autour d'un feu là-haut.
Elle revint à la toile sur les contours de laquelle ses doigts couraient. Azur. Cette toile était faite pour elle, en un sens, aérienne, et aussi puissante qu'un feu de forêt malgré son côté aquatique. Il lui manquait un peu de stabilité, mais elle l'encadrerait et y accrocherait quelques schorls pour compenser. Il ignorait à quel point il avait été juste, malgré son déni. _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd | |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Jeu 25 Mar - 13:40 | |
| Comment ne pouvait-on pas aimer le cigarillo ? Manifestement Azur n’avait pas l’air d’apprécier les délicats arômes boisés du tube, il ne fut pas assez rapide pour éviter les gouttes d’eau émis par la pierre bleue et le cigarillo mourut prématurément avant même que son propriétaire n’ai pu attaquer la meilleure partie. Regard contrit vers le beau cigarillo.
Il le laissa tomber au sol d’un air dépité puis reposa son regard sur l’algérienne. Il l’avait assez mal prit il fallait bien le dire, la jeune femme aurait pu tout simplement lui demander qu’il éteigne l’objet de son inconfort. Il n’était pas énervé, il lui en fallait plus.
Mais c’était la première fois qu’on se permettait de lui éteindre un de ces si précieux cigarillos, personne ne se le permettait. Il imposait le respect et quand il dirigeait encore l’entreprise de son père il fumait le cigare en salle de réunion sans aucun égard pour son directeur financier un grand asthmatique qui ne s’était jamais permis de lui dire que ça le gênait. Mais d’une certaine manière il respectait le courage d’Azur et c’est pour cela que son visage se détendit au bout de quelques secondes d’un silence sinistre.
« Au moins je ne mourrerai pas d’un cancer du poumon par ta faute. Je ne pensais pas que l’on puisse être incommodé par un petit cigarillo»
Conclu t’il avec un sourire. En pensant qu’un jour il devrait faire essayer à Azur des Val Ni, une marque de cigare indien au lys et aux arômes sucrés, elle aimerait sûrement cela. Plus qu’un vulgaire Cigarillo. Un nouveau regard vers la gazelle et il vit qu’elle était irritée, il le ressentit en fait, mais la flamme brillant dans ses yeux ne trompait pas. Quelle femme !
Quand la gazelle arriva il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en demie teinte saupoudrée de malice, le surnom de gazelle lui était venu par le plus grand des hasards, et voilà qu’à présent c’était bien une véritable gazelle. Taji n’avait jamais eu de daemon, et bien qu’il en eût ressentit le besoin à un moment de sa vie il n’avait jamais utilisé le rituel pour le faire apparaître, il voyait ça plutôt comme un handicap. Il valait mieux être seul, seul avec soi même pour jouir seul des victoires et n’entrainer personne dans ses défaites.
« Je crois comprendre pourquoi la chasse te déplait tant » Il jeta un regard à la gazelle. « Et je n’essaierai pas de te convaincre d’adhérer à mes idées, mais sache seulement que ce sont les coutumes et la vie de nos ancêtres qui font ce que nous sommes. Il ne peut y avoir de raison à toutes choses, c’est comme ça »
Il avait parlé d’une voix monocorde sans grande conviction à vrai dire, il n’avait pas cherché à la convaincre, quelque chose lui disait que ses paroles n’aurait pas vraiment d’impact sur la femme. Il répondait avec la sincérité qui lui était propre, ne cherchant pas une explication rationnelle ou pratique, et peu lui importait si Azur ne le croyait pas.
« Non je ne l’ai jamais vue, je ne suis pas ici depuis assez longtemps pour connaître tout le monde. Tu es courageuse ça ne doit pas être facile. »
Le colosse africain, avait envie d’une cigarette, son pied toquait nerveusement au sol, il faudrait vraiment qu’il arrête de fumer, mais renoncer à ce plaisir était une épreuve trop insurmontable. Perdu dans ses élucubrations il recentra son attention sur Azur et il ne put s’empêcher d’arquer un sourcil d’étonnement à la mention du mot tente. Il n’avait rien contre les campeurs, il lui était arrivé de camper lors de randonnées, une filiale du groupe paternel en France possédait des campings dans le Bassin d’Arcachon.
Mais comment pouvait on vivre dans une tente tout le temps ? Il n’arrivait plus à s’imaginer autre chose qu’une Azur se réveillant dans sa tente le matin. Il ne put se retenir de dire d’une voix qui tenait plus de l’étonnement que du mépris
« Une tente, quelle drôle d’idée, pourquoi ne pas vivre dans une habitation en dur comme la majorité des gens. Si tu veux je peux aller parler au gérant pour que tu obtiennes un vrai toit ! »
Notre Taji était courroucé qu’on impose à Azur de dormir dans une tente. Il imaginait que la jeune femme n’avait pas d’autres choix que de vivre dans des conditions misérables, ses origines fortunées refaisait surface tout d’un coup à la vitesse d’un éclair. Il ne pouvait vraiment pas imaginer que l’on puisse faire le choix de vivre dans une tente et avoir toute sa santé mentale.
Jusqu'à présent il avait été impressionné par la belle gazelle (Azur pas la vrai gazelle), mais ses grands yeux n’exprimaient plus à présent qu’un effarement non dissimulé.
« Heu. Oui ça m’ira très bien. Si tu veux je ramène la boisson, j’ai une bouteille de vin dans ma chambre. » _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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|  | | Azur Tamazight Ancien Personnage


Nombre de messages: 114 Age: 38 Date d'inscription: 28/06/2007
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Jeu 25 Mar - 19:23 | |
| De par les flux qui évoluaient autour du grand africain, Azur lut la contrition puis l'apaisement de Taji, et esquissa un sourire à sa remarque, la colère effacée par sa boutade.
- Il faut de tout pour faire un monde, il y a ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas pour à peu près tout, je crois...
Elle hocha seulement la tête lorsqu'il expliqua pourquoi la chasse, à son avis, lui déplaisait autant, précisant qu'il n'essaierait pas de la convaincre.
- Si j'avais dû me plier aux coutumes de mes ancêtres, je serai mariée depuis des années, et je suivrai la caravane, quelque part dans le désert du Sahara, partageant ma couche et mon mari avec d'autres femmes. Les us et coutumes sont notre passé, et nous en avons besoin pour nous construire, mais ce ne sont que les bases, il nous faut évoluer par nous-mêmes pour vivre pleinement.
Elle avait prononcé ces mots comme on énonce une vérité générale, que tout le monde savait. Il avait raison au moins sur un point : il ne la convaincrait sans doute pas sur ce sujet. Et qu'il ne connût pas sa demie-soeur ne l'étonnait pas plus que ça. Peu de sywhaîdiens la remarquait car tout comme elle, sa résidence était sous sa tente, où elle l'avait laissée d'ailleurs, tout à l'heure.
Une fois encore, elle hocha la tête quand il affirma qu'elle avait du courage. Elle faisait ce qu'elle pensait devoir faire, et Shahrazad était de son sang, c'était naturel pour elle de s'en occuper. Et c'était aussi la seule, songeait-elle, qui se souviendrait d'elle, cette femme étrange qui parcourait le monde, assoiffée de découvertes et ne parvenait pas à réellement se fixer. Quoi que la boutique de sa mère et Sywhaîd fussent des pieds-à-terre qu'elle gardait précieusement, les deux seuls endroits sur cette terre où elle ne concevait pas de ne pas revenir entre deux escapade autour du monde.
- Je crois que je ne serai jamais comme la majorité des gens, commença-t-elle. J'aime ma tente et j'y ai tout le confort dont j'ai besoin. Le gérant n'y est pour rien, c'est mon choix et Shahrazad s'y plaît, c'est tout ce qui compte.
Il ne pouvait pas savoir que ça n'était pas une simple tente et que sous la toile écarlate, un salon typique de son pays d'origine, son atelier et toutes les commodités nécessaires lui offraient tout le confort dont elle avait besoin. Elle sourit lorsqu'il proposa de ramener la boisson, et hocha la tête.
- Faisons comme ça alors. Je t'attends là-haut ce soir. Et j'emmène mon homonyme avec moi, si tu n'y vois pas d'inconvénient...
Elle s'emparait de la toile, prête à partir pour l'attendre chez elle, plus tard dans la soirée. _________________ | Personnage ayant quitté Sywhaîd | |
|  | | Taji Wooku Etudiant


Nombre de messages: 62 Age: 28 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: [Teinturerie] In Blue Mar 30 Mar - 20:24 | |
| « Je le crois aussi. »
Se contenta de répondre le géant l’air songeur. Depuis leur début de leur entretien ils avaient évoqués de nombreuses vérités générales, beaucoup d’idées préconçues et de débats déjà visités et revisités, pourtant cela ne l’avait pas ennuyé, et à posteriori elle non plus puisqu’elle ne s’était pas enfuie pour rejoindre sa petite sœur et qu’elle avait acceptée l’invitation à dîner. Il écouta son discours sur les coutumes de son peuple hochant gravement la tête.
C’était monnaie courante dans de nombreux pays d’Afrique du nord et le géant noir bien que n’ayant eu l’occasion de visiter l’Algérie qu’une fois avec un client qui lui avait proposé de passer du bon temps avec une femme, il n’avait pas accepté pour des raisons qui lui étaient propres, mais à présent il imaginait la même scène avec Azur à la place de la malheureuse femme, c’était insoutenable.
« Et je remercie le ciel que tu n’aies pas plier face à ces coutumes. Cela aurait été un sacré gâchis. »
Il admirait le courage de la femme, ne serait que s’occuper d’une petite fille aveugle aurait été quasiment impossible pour Taji, il l’aurait sous doute fait car il n’était pas du genre à abandonner les gens qui lui étaient chers, mais il n’aurait jamais pu avoir la bonne humeur et le sourire qui se dessinait sur les traits méditerranéens de la jeune femme. S’habitue-t-on au malheur ? Doit-on porter à jamais la croix de sa famille ? Taji faisait partit de ces gens qui préféraient fermer les yeux face au malheur, s’en éloigner le plus possible pour ne pas en ressentir l’haleine glacée.
Il avait la faculté de fermer les yeux sur ce qu’il le dérangeait. Cette omission volontaire cachait une sensibilité exacerbée dont Taji ne voulait plus. Il l’avait rangé au fond de son cœur la verrouillant à jamais.
Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas pleuré, si longtemps qu’il avait décidé de ne plus jamais laisser voir les preuves de sa souffrance, car elles étaient trop facilement utilisées et retournées contre lui. Les perles d’eau ne naissaient plus dans ses prunelles elles mourraient au tréfonds de son cœur. Il aurait été indécent de se plaindre, on ne pouvait être qu’heureux quand on était riche et bien portant. Il était interdit d’être triste.
Pourtant malgré tout il ne pouvait s’empêcher de ressentir une forme de pitié pour la petite sœur d’Azur, être aveugle était sans doute la plus cruelle punition des Dieux. Était-ce l’empathie qui l’empêchait de fermer totalement les yeux ?
Il sourit doucement préférant chasser ces mauvaises pensées et adressa un petit clin d’œil absolument pas innocent à Azur en lui adressant son plus beau sourire.
« J’aime les gens atypiques, ils ont souvent plus de choses à transmettre que les gens qui sont dans le moule. »
Il se leva et s’approcha de la jeune fille, il aurait voulut l’embrasser, cela le démangeait au plus profond de son être, mais il ne fallait pas brûler les étapes. Il se contenta d’approcher sa main de sa bouche et fit mine d’y déposer un baiser, et la tendit vers la jeune fille avant de se retourner pour aller préparer sa soirée au coin du feu.
« Non, emmène ton homonyme, on trouvera bien autre chose à dîner t’en fais pas »
Il sourit et prit le chemin du retour vers sa chambre pour se préparer. _________________ Tout ce que tu m'as donné, Afrique, me fait marcher d'un pas à nul autre pareil.
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