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 Quête de Gabriel Gordon

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Gabriel Gordon
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MessageSujet: Quête de Gabriel Gordon   Lun 1 Mar - 1:53

Un simple regard, un dernier regard sur l’école où le garçon avait passé cinq ans de sa scolarité, cinq ans de sa vie. Il ne reverrait sans doute jamais les imposants murs et les imposantes tours qui semblaient tutoyer les nuages. Même pas un au revoir pour ses camarades. La nuit était tombée depuis longtemps quand on le réveilla. On lui ordonna de faire sa valise. La Grand-mère de Gabriel avait tout arrangé. Le départ pour Sywhaîd avait lieu cette nuit.

L’adolescent une fois sa valise bouclée suivit le surveillant et à petits pas, ils arrivèrent dans le hall. La vieille femme était là, un sourire rassurant aux lèvres. Il l’embrassa.

Gabriel s’était habillé chaudement en cette fin de l’hiver le temps restait tout de même assez frais. Sa valise flottait paisiblement derrière lui. Sans un mot Gabriel et sa grand-mère quittèrent le hall et s’engouffrèrent dans le parc sous le vent.

Il n'avait pas dit au revoir, ni adieu, ni un mot pouvant expliquer le pourquoi-du-comment de son départ. Il s'était contenté de plier ses affaires sur le lit, de tirer les rideaux et de partir sans un bruit, sans témoins, sans sentiments. Il n’avait pas le choix. Bousculé il ne savait que faire.

Sa grand-mère en marchant, lui expliqua brièvement le fonctionnement de Sywhaîd lui prodigua de bons conseils. Il n’avait plus rien à craindre à présent. L’Ordre de Pierre n’avait sans doute pas connaissance de la Lande et son père ne le retrouverait jamais. Elle savait que Zephira s’occuperait bien de son petit fils, du moins elle l’espérait de tout son cœur.

Gabriel lui était triste, un sentiment insondable de peine s’insinuait dans son cœur et remontait au creux de son ventre. Il avançait à présent sur un chemin inconnu, vers une destination tout autant inconnue. Rencontrer une femme inconnue, qui devait s’occuper de lui. Il se passa une main dans le dos, la marque de l’Ordre de Pierre était douloureuse, elle lui infligeant une petite douleur et semblait happer chaque jour un peu plus son énergie.

Il ne l’avait dit à personne, qui aurait voulu l’écouter, il n'avait plus confiance en personne ?

Il n’avait pas beaucoup dormi et de grandes cernes marquaient son visage de jeune adolescent. Les paroles rassurantes de sa grand-mère le calmèrent un peu.

Gabriel, avait t’il de toute façon le choix ? Le garçon n’avait plus vraiment l’impression de s’appartenir depuis quelques temps. La contrainte était toujours présente, épée de Damoclès. On lui imposait, il exécutait. C’était comme ça, il n’y avait rien à redire. Bien sûr il savait qu’au fond sa grand-mère agissait pour son bien, mais en le retirant de l’école, Gabriel perdait ses seuls amis. Trop de pensées se bousculaient dans la tête de l’ado, il pensa à sa mère et retient une larme, depuis combien de temps n’avait il pas eu de nouvelles, son père devait sans doute s’arranger pour qu’elles n’arrivent pas, peut être ?

Après une petite séance de marche, ils arrivèrent à la voiture de la grand-mère. Bien que sorcière elle appréciait ce moyen de locomotion discret et pratique. Ils rentrèrent. Contact, le moteur vrombit. La voiture se mit en marche en direction de la Lande.

« J’ai peur.»

« Je n’ai pas peur pour toi moi, tu verras Sywhaîd est d’après Zephira Wood un endroit très rassérénant, tu pourras te reconstruire. Recommencer ta vie, après toutes ces épreuves la lumière est au bout du chemin. »

La Grand-mère était une femme de caractère, pour elle pas question de s’apitoyer sur son sort, il fallait aller de l’avant. Ne rien abandonner, profiter de la vie avant qu’elle ne profite de vous. Elle ne supportait pas les pleurnichards quand bien même il s’agissait de son petit fils.

« Tu verras Gaby, d’après ce que j’ai pu entendre l’accès à Sywhaîd est donné par une épreuve avec une sorte de brouillard, je sais c’est étrange mais c’est comme ça. »

La voiture poursuivit son chemin et s’enfonça au plus profond des terres écossaises. Au bout d’une heure de route entrecoupée de paroles rassurantes de la part de la grand-mère et de réponses timides de Gabriel. Puis vint enfin le moment fatidique. La moteur se coupa, la voiture s’était arrêtée près d’une route presque désertique bordée à sa gauche par un épais brouillard qui semblait très compact et qui, avec le bruit du vent semblait chanter une étrange mélopée.

« Ma route s’arrête ici, ton destin t’appartient Gabriel, ton hôte est au courant de ta venue, il ne tient qu’a toi de réussir ta quête. »

Elle passa une main dans les cheveux de son petit-fils. Et l’embrassa, le garçon quand à lui avait sortit sa valise du coffre. Son regard n’exprimait qu’une inquiétude toutefois mêlé d’une certaine curiosité. Il était partage entre la peur et l’excitation.

Sa grand-mère lui lança un dernier clin d’œil. Le sourire qu'elle lui adressa la transfigurait. Il donnait à ses traits farouches une douceur qui ne devait pas percer très souvent, Gabriel l'accueillit comme un cadeau. Un cadeau d'adieu ? Pourquoi cette drôle impression ? C’était peut être le dernier acte de leur si courte représentation. Elle partait en coulisse, à présent c’était à lui de jouer son rôle et de s’engouffrer dans la Brume.

Tirant sa valise il s’engouffra dans le brouillard. Il ne savait pas ce qui l’attendait, même ça ne pouvait pas être pire que ce qu’il vivait avec son père. Une vague de douleur le lui rappela, ainsi qu’un regard sur deux de ses doigts encore douloureux à cause d’une récente punition paternelle.

Le garçon marchait, scrutant autours de lui, le Brouillard se faisait de plus en plus épais, qu’attendait il au juste ? Il n’en savait rien à vrai dire. Les questions se bousculaient, une si grande épopée pour un adolescent de quinze ans était une montagne à franchir. Il savait que l’ascension serait difficile. Elle était à l’image de la vie, difficile. L’épreuve n’était peut être au fond qu’une légende pour décourager les gens.

Il avait très froid et resserra son écharpe autours de son cou, que devait-il faire ? Continuer à marcher ? Il finirait bien par arriver quelque part.

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Jeu 4 Mar - 20:04

Tout autour du jeune garçon, le brouillard s'était intensifié. Il ne pouvait plus voir guère plus loin que le bout de son nez. Et tout à coup, pendouillant juste devant lui au bout de fils semblables à de la toile d'araignée scintillante... trois tableaux dégringolèrent.

L'un représentait une adorable petite fée, semblable à une fraîche violette de printemps, aux boucles auburn, à l'air vif et joyeux.

Le second représentait un personnage moins élégant, mais non moins jovial. Il s'agissait d'un genre de satyre, avec une de ces coiffes russes à poil sur le sommet de la tête, ornée d'un "F" brodé.

Le troisième tableau représentait un personnage masculin beaucoup plus solennel. C'était un centaure, à l'air grave et digne, à la peau mate, à la chevelure sombre relevée en catogan. Il n'avait pas l'air méchant non plus, mais moins drôle que les précédents.

Et tous ensemble, les tableaux s'animèrent ; ils ouvrirent la bouche et, en chœur, demandèrent :

"Qui de nous choisis-tu ?"

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Dim 7 Mar - 18:23

Le garçon marchait inexorablement vers une destination inconnue. Y avait-il une destination ? Le brouillard ambiant devenait de plus en plus épais, de plus en plus compact. Il hésita à rebrousser chemin pendant l’espace d’un instant, puis il se rappela qu’il n’avait pas le choix. La fuite comme un choix de vie, comme une route sur laquelle on l’avait placé, une route à sens unique. Il fut tiré de ses pensées par une première manifestation de la maîtresse des lieux.

Il sursauta tant l’arrivée des tableaux fut soudaine. Ainsi donc l’épreuve commençait. Il devait se montrer à la hauteur. Il n’imaginait pas le traitement que lui réserverait son père s’il devait rentrer à la maison. La pitié il n’en aurait pas, la sanction serait imminente. Il devait être à la hauteur.

Les trois peintures s’animèrent simultanément. Un choix ? Où était le piège ? Gabriel se mit à réfléchir et scruta de plus près les trois tableaux. Le premier était une fée, la mine joviale et heureuse, le tableau était rafraichissant et la fée semblait dégager un sentiment de joie et de bonheur. Le second était un satyre, Gabriel du temps de Poudlard avait déjà entendu des légendes sur ces créatures, et il savait qu’elles avaient un lien avec le dieu grec du vin, elles étaient l’incarnation de la luxure, du péché mais malgré ça le satyre semblait ne pas être méchant.

Contrairement à l’image qu’on pouvait prêter à ce genre de créatures. Pour le « F » il n’en chercha pas le sens. La dernière image était de loin sa favorite. Le centaure dégageait un sentiment de dignité, une haute stature saupoudrée d’une dignité presque impériale.

Gabriel aimait beaucoup les centaures, d’ailleurs à Poudlard on racontait que de nombreux centaures vivaient cachés dans la forêt derrière le château. Bien que le garçon n’y soit jamais allé, plus par peur que par manque d’intérêt. Il lui avait semblé plusieurs fois alors qu’il était à l’orée de la forêt, voir des mouvements et des ombres évanescentes.

« Heu, je te choisis toi ! »

Dit le garçon pointant son index sur le tableau avec le centaure. Son choix avait été fait par pure sympathie. Après tout avec un peu de chance le centaure allait se matérialiser et lui indiquer tout sourire le chemin pour sortir de ce brouillard très dense.

Le jeune homme avait un très timide sourire sur les lèvres, il s’était attendu à bien pire. D’après les dires de sa grand-mère les épreuves étaient en règles générales douloureuses. Mais Gabriel n’avait plus peur de la douleur. Elle lui était devenue familière comme un frère ennemi à jamais à ses côtés, lui rappelant sans cesse que son lot de souffrance était un fardeau qu’il devrait porter seul. A jamais.

« Désolé de ne pas vous avoir choisi mademoiselle et monsieur »

Se força t’il à dire pour ne pas paraître impoli aux yeux des deux créatures.

Et si c’était un rêve ?

Pensa le garçon. Finalement il allait peut être se réveiller dans la salle commune de Poudlard, ou dans son lit sous une couette près de l’âtre. C’était peut être un rêve. Les rêves... Manifestation du subconscient selon certains...

Pourquoi pas. Gabriel ne savait pas vraiment s'il fallait prêter foi aux dires selon lesquels certains seraient prémonitoires. Pour sa part il ne rêvait pas, ou s'il le faisait, il ne s'en souvenait pas. Les seuls songes pouvant marquer son esprit étaient les cauchemars qui s'espaçaient pourtant ces temps ci, et loin d'en être soulagé. Cela l'inquiétait plutôt, comme le calme avant la tempête.

Depuis la pose de la marque de l’Ordre de Pierre, les choses s’étaient accélérées et les cauchemars se faisaient plus long, plus terrifiants.

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Lun 8 Mar - 10:03

La petite fée lui lança un baiser de sa petite main et son tableau disparut en une pluie de paillettes après qu’elle lui ait fait un petit clin d’œil mutin. Quand au satyre, il lui sourit et le salua, d’un salut très théâtrale, avant que le tableau ne disparaisse lui aussi, ne laissant pendant quelques secondes qu’une empreinte lumineuse en forme de F. Finalement, le centaure hocha brièvement de la tête, et son tableau disparut à son tour, laissant Gabriel seul…

Mais pas pour longtemps, puisqu’une voix grave et puissante retentit derrière lui.

« Pourquoi m’avoir choisi, petit homme ? »

Le centaure se trouvait derrière lui, grand, impressionnant. Il était musclé, et magnifique. Plein d’une fierté et d’une sagesse qu’il semblait improbable de trouver chez un humain. Il était impressionnant, mais pas menaçant.

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Mer 10 Mar - 16:23

Gabriel adressa aux tableaux un signe de la main. Décidément cela ne l’avait pas avancé à grand-chose. Et il se retrouva de nouveau seul dans l’envahissant brouillard. Il tressaillit quand une voix caverneuse et puissante se fit entendre. Il fit un bond en arrière tant il fut surpris et se retourna rapidement pour faire face à un centaure.

Un vrai centaure, impérial et majestueux. La créature se tenait fièrement devant lui. Les yeux du garçon s’écarquillèrent et ses prunelles laisseraient transpirer une admiration non feinte, il n’avait jamais encore vu un centaure en chair et en os. L’auguste centaure prit la parole et demanda pourquoi lui et pas la fée ou encore le satyre.

Gabriel prit une profonde respiration et se mit à réfléchir, de toute évidence dire qu’il l’avait choisi car il avait une sympathie pour les centaures était hors de propos, cette réponse aurait pu sembler déplacée ou assez peu pertinente.

Au fond quelle raison avait poussé le garçon à choisir le centaure plutôt que la fée ou le satyre. La fée était trop joyeuse trop innocente, cela ne lui correspondait pas, le garçon malgré ses quinze ans avait déjà trop vécu, trop appris que le monde n’est pas joyeux et encore moins innocent.

Il ne se considérait pas vraiment comme malheureux mais plutôt comme privé, privé d’innocence, privé d’amour. Il était à cent lieux d’avoir une vision de la vie comme celle des fées. Il était désabusé.

Le satyre quand à lui représentait le vice, le péché et la luxure. Il lui rappelait la peur, la douleur, l'impuissance. Et ces souvenirs là, il n'en avait pas véritablement envie. Ce personnage était déjà plus proche des idées de Gabriel, mais il avait bien fait la distinction, le satyre est une créature « méchante » avec un fond d’une nature très douteuse. Pourquoi prendre le risque de compliquer encore un peu plus son épreuve ?

D’autant plus qu’il pourrait sans peine identifier son père à un satyre. Son père, il serait sans doute fou de rage en ne voyant pas sa progéniture rentrer, et s’il le retrouvait ? Qu’était-il capable de lui faire ? Sa grand-mère avait beau avoir de l’influence elle ne pourrait pas empêcher son père de le chercher.

Que répondre ? Et pourquoi cette question ? Gabriel avait beau être impressionné par le centaure, il décida de jouer une carte qu’il n’avait que rarement utilisée. Il répondit d’un ton calme dénué de tous sentiments superflus

« Faut-il une raison pour chacun de nos choix ? »

Il baissa les yeux ayant du mal à soutenir le regard impérial du placide centaure.

« La vie ne nous laisse jamais le choix de toute façon. Tout est déjà écrit…»

Le défaitisme et le fatalisme étaient des amis avec lesquels il dansait depuis des années, et pour cause. La vie ne lui avait apporté que de la douleur. La douleur, Sa douleur, une souffrance semblable à des milliers d'aiguilles qui vous transperce à l'intérieur, ce désespoir qui ne trouve aucune rédemption, aucune paix, il fallait s'en défendre. Chacun trouvait son moyen de survivre. C’était comme ça.

Le choix appartient à celui qui le prend, Gabriel avait été déchu de ce droit bien des années auparavant, son père décidait pour lui, il ne se rendait pas compte que le centaure attendait peut être sa propre réponse. Sa réponse sincère.

« Vous les centaures êtes des créatures sages et braves, nous ne vous laissez pas faire. Tout ce que je voudrais être. »

Avoua t’il. Sur cette phrase il se tut ressassant ses souvenirs. Attendant la suite des événements

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Dim 14 Mar - 19:44

"Tu n'es qu'un poulain d'humain ; il est bien compréhensible que tu aies encore du chemin à faire sur la voie de la sagesse ; avoir conscience de ses faiblesses est déjà une grande force", fit le centaure d'un ton neutre, hochant la tête avec gravité comme pour confirmer ce que venait de dire Gabriel.

"Nous autres centaures avons des capacités bien supérieures à vous, c'est vrai. Nous savons lire dans les astres les destinées du monde. Mais les vôtres, celles comme la tienne, n'y sont pas inscrites. Elles sont des grains de sable. Si je n'ai qu'une chose à te dire, petit homme, c'est ceci : te concernant, rien n'est écrit.

Et maintenant, à toi de prendre la parole. Dis-moi pourquoi tu penses que ta place est ici. Sois convaincant."


Il ne précisa pas s'il parlait du fait de se trouver dans la Brume, ou d'espérer entrer sur Sywhaîd : ce serait à Gabriel d'interpréter la question à sa manière, mais ces deux points se rejoignaient sans doute.

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Mar 16 Mar - 22:43

Gabriel écouta sagement le centaure les yeux toujours baissés s’imprégnant des paroles de la créature comme si elles eussent été parole divine. Ainsi donc le destin des hommes n’était pas écrit ? Il devait tracer sa voie lui-même. Évidemment, c'était plus simple de trouver un autre coupable que soit même. La vie, le hasard, le destin pourquoi pas... Il se laissait aller à se décharger un peu de son propre fardeau. Mais la plupart du temps il se voyait simplement comme le propre geôlier de sa vie. Victime et bourreau de sa propre existence. Incapable de prendre le dessus.

Le destin n’est pas écrit, il n’y a des futur que ce que nous faisons, était-ce le message que voulait faire passer le sage centaure ?

Perdu dans ses pérégrinations Gabriel analysait la situation, malgré lui il commençait à ressentir une certaine pression, était-ce cette Brume opaque qui lui donnait la désagréable sensation d’être enfermé, ou bien la voix grave du centaure ? Non. En fait c’était l’enjeu.

Gabriel était un être solitaire, peu enclin à écouter les conseils, il n’était pourtant pas d’un naturel têtu, mais n’avais que trop pu rarement faire confiance pour écouter les plus grands et les plus sages. L’admiration qu’il vouait à la race des centaures ajouté à l’atmosphère avait un effet bénéfique sur l’angelot dont les idées tourbillonnaient à la vitesse de l’ouragan.

« Je serai vantard de dire que je suis sûr que ma place est ici. Vous savez, je n’ai jamais su où était ma place. On ne m’a pas vraiment laissé le choix. Je ne suis même pas sûr d’avoir une place quelque part… »

Il sourit pour lui-même à cette évocation, le sourire triste du type qui veut garder la face contre les affres de la vie sans vraiment y arriver.

Toujours ce fatalisme au goût amer, celui qui fait grimacer les enfants pas sages. Gabriel manquait de confiance en lui, mais à juste cause. On avait beau l’avoir envoyé à Sywhaîd pour le protéger, il y à peine 30 minutes il ne savait même pas où se situait l’île. Il aurait été fanfaron de prétendre que sa place était ici. Il se rappela tout de même que le centaure voulait qu’il soit convaincant. Avec sa voix de soprano à moitié étranglé par le stress qui se distillait en lui il n’avait pas vraiment du être convaincant.

« Mais si on n’essaye pas on ne peut pas être sûr, c’est comme avec les épinards, au début avec la texture on croit que ce n’est pas bon, mais en fait c’est pas mal, le tout c’est d’essayer. »

Il se mordit la langue.

Stupide.

Pensa-t-il. A parler sans réfléchir voilà qu’il venait de répondre à une question déterminante pour son avenir en le comparant à une branche d’épinards. Surtout qu'il détestait les épinards.

Pauvre crétin.

Il rougit comme une tomate sous le soleil. Il aurait bien voulu disparaître dans la Brume. Le gamin n'en menait pas large, le journée avait été longue et certainement beaucoup trop chargée en émotions. Et comme tout le monde devant une situation inédite, il ne savait pas du tout comment réagir. Le coup de la branche d'épinards le montrait assez bien.

Débile.

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Ven 19 Mar - 7:45

Le centaure ne souriait pas.

Mais il ne semblait pas choqué non plus pour autant par cette histoire d'épinards. En fait, il continuait tout simplement de regarder et d'écouter Gabriel d'un air très attentif. Et lorsque ce dernier eut achevé, il répondit à son tour :

"Tu sembles donc estimer que nos actes seuls peuvent faire la démonstration de notre place dans le monde. Ceci viendra en son temps.

Mais tu n'es, depuis le début de notre rencontre, pas avare en termes dépréciatifs à ton égard. La vantardise ne mène nulle part. La confiance en soi mène loin. Donne moi 5 qualités qui te caractérisent."

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Dim 11 Avr - 22:15

Gabriel sourit malgré lui à la réponse du stoïque centaure, la créature imposait et Gabriel se sentait vraiment petit, mais pour la première fois depuis longtemps il sentit une poussée aussi vive que puissante de courage naître en lui et plongeant ses beaux yeux marrons dans ceux du centaure il lui répondit d’une voix dénuée de sentiments impitoyablement neutre tout en le pointant du doigt.

« Et il y a quoi à part nos actes ? Je pourrais vous dire que je suis loyal, intègre, pas bête du tout, travailleur et malin, mais qu’est-ce que ça prouve ? »

Cet interrogatoire et les réflexions métaphysiques du centaure commençaient à agacer un peu l’angelot, le centaure avait beau être sage, détenait t’il la science infuse pour autant. Gabriel se sentait un peu oppressé dans cette brume, il regrettait à présent d’avoir choisi le centaure, la fée aurait peut être été d’une compagnie plus plaisante.

Gabriel était un garçon loyal ne laissant pas tomber les autres et plein de droiture, la justice était son utopie à lui et il se surprenait parfois à rêver d’être un juge de paix dictant la sagesse et l’honnêteté par delà les mers et les monts. Il n’avait jamais été un lâche, malgré les dires se son père il se savait être quelqu’un de loyal.

A Poudlard par exemple il n’avait jamais laissé tomber un camarade, quitte parfois à prendre des retenues, comme lors d’une virée nocturne avec l’un de ses camarades de dortoir où il avait croisé l’un des professeurs et qu’ils s’étaient mis à courir dans les couloirs. L’autre était tombé et Gabriel s’était arrêté pour le relever laissant le temps au professeur de les rattraper, la retenue qu’il avait récoltée n’était rien en comparaison des coups qu’il avait reçu de son père.

Ce douloureux souvenir fit naître la colère qui mit à bouillir dans les veines du garçon, de quel droit ce centaure l’interrogeait t’il ? Gabriel serra des dents et répondit d’un ton à la limite de l’agression.

« Et ça vous fait quoi de savoir ça, on s’en fout, laissez moi rentrer à Sywhaîd, je n’ai plus le choix et foutez moi la paix avec vos questions, et arrêtez de me poser des questions inutiles. »

Le garçon laissa échapper une larme qu’il se força de retenir du mieux qu’il put, il était à un stade où il était vraiment terrifié, si le centaure ne le laissait pas rentrer il devrait retourner à Manchester, que lui ferait son père ? Il le tuerait peut être, ou il ne reverrait jamais sa mère. Le centaure faisait naître des peurs en lui qu'il n'avait jusque là jamais connu, Gabriel était terrifié par son père et le centaure commençait en fin de compte à l’effrayer.

D’une voix tremblante le garçon ouvrit la bouche et doucement il s’excusa auprès de l’auguste créature.

« Pardon. »

Le garçon s’assit au sol et ouvrit son sac, il y plongea la main et chercha son porte feuille, il en tira une photo, sur la photo un homme à l’air sombre dans un costume cravate impeccablement taillé, l’homme avait l’air austère et stricte à la frontière du terrifiant.

« Si je suis ici, c’est pour le fuir, vous devez me laisser rentrer, il me tuera sinon »

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Lun 12 Avr - 21:21

Le centaure fixait le jeune garçon d'un air totalement impassible. Le seul changement notable dans son apparence était qu'il avait croisé les bras. Il posa rapidement les yeux sur la photographie que lui tendait Gabriel, mais ne cilla pas. Il fixa à nouveau le jeune homme.

"Nous autres centaures raisonnons autrement que les humains. La pitié n'existe pas dans notre vocabulaire. Par égard pour ton jeune âge, cependant, je réitèrerai, une seule et unique fois, ma demande : donne-moi 5 qualités qui te caractérisent."


La créature gratta impatiemment le sol poussiéreux du bout de son sabot avant droit.

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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Jeu 15 Avr - 23:12

Gabriel rangea la photo après l’avoir une dernière fois regardée, comme pour intensifier sa détermination, à ne plus retomber entre les griffes de son père et de l’Ordre de Pierre, il ne savait que trop bien qu’il finirait par succomber à la pression paternelle et embrasserait certainement à un moment ou un autre les idées noire de la secte antédiluvienne.

« Je suis quelqu’un d’honnête. »

Déclara l’adolescent en gardant le plus de dignité possible après la scène qu’il venait d’offrir au centaure. Honnête, oui Gabriel l’était sans aucun doute possible. Il n’avait jamais fait de tord à ses proches ou aux autres d’ailleurs, il avait toujours eu peur des conséquences, le monde comportait beaucoup trop de gens malhonnêtes et il ne voulait pas leur ressembler, et même si la couardise avait sans doute un rôle à jouer dans l’intégrité de l’anglais, c’était un des principes que lui avait enseigné sa grand-mère : L’honnêteté paye toujours lui disait t’elle, peut être que aujourd’hui ce précepte allait se vérifier.

« Puis je suis loyal envers mes amis, mes quelques amis.. »

Pointe d’amertume, Gabriel n’avaient en fait que peu d’amis, non pas qu’il fût un garçon associable, mais avec le temps il s’était replié sur lui-même, créant un bulle hermétique autour de lui dont seuls quelques rares personnes pouvaient écarter les parois. Victor peut être la personne qui à Poudlard était le plus proche de lui. Il lui avait toujours été fidèle et dans la virée nocturne c’était lui. Malgré ça il ne lui avait jamais dit la réalité de son existence, de peur de le perdre, cela aurait été trop dur. Beaucoup trop dur, Gabriel n’en avait jamais eu le courage même quand les questions fusaient sur les marques de coups et la mélancolie ambiante.

« Après je pense que je suis sans doute très travailleur. »

Et pour cause Gabriel était un élève très studieux, encouragé par sa mère, menacé par son père il avait toujours eu à cœur de travailler sérieusement en cours et aussi à la maison, chez son père c’était la peur qui lui donnait des ailes. Chez sa mère, c’était sa gentillesse et son sourire qui poussait l’angelot à faire de son mieux, et puis sa grand-mère lui avait souvent répéter, » le monde est peuplé de fainéants, si tu veux réussir travaille ! »

Le silence, un de ces blancs terrible comparable à la page blanche de l’écrivain, Gabriel ne voyait plus trop quelle qualité mettre en avant. Si il était sûr des trois premières, il risquait de s’aventurer sur une pente trop glissante en continuant, pourtant il n’avait pas le choix. Un simple regard sur le centaure qui semblait prêt à charger le lui rappela. Il fallait trouver.

« Je pense être quelqu’un de débrouillard. »

C’était une qualité où il ne prenait pas trop de risques, ce n’était d’ailleurs pas faux. A vrai dire le garçon savait se sortir des situations difficiles. Il trouvait les bonnes idées aux bons moments.

Une goutte de sueur perla sur son oreille. Il était à court d’idées, il alternait à présent son regard entre le centaure et le sol dans un parfait métronome, la pression montait à grande vitesse dans les veines de l’adolescent. Son cœur s’emballait ! Il n’avait pas d’autres qualités. Il n’en voyait vraiment aucune autres. Pourtant sans réfléchir et pour satisfaire la requête de la Brume et de son avatar il finit par dire du ton le plus convaincant possible malgré un gros scepticisme quand la qualité qu'il allait mettre en avant.

« Je suis courageux. »

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Ce serait si bon d'être esclave ! Ne pas avoir à se prendre en charge... Oublier la brûlure de la liberté...
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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête de Gabriel Gordon   Ven 16 Avr - 10:43

Le centaure le regarda pensivement pendant un long moment avant de répondre :

- Oui. Je n'en doute pas.

Son regard sévère ne quittait pas le jeune garçon. Au bout d'une très longue minute de silence totale, le centaure reprit :

- La Brume te protègera de tes poursuivants. Je te souhaite de trouver la tranquillité d'esprit sur la Noble Lande.

Et, sur ces mots, il fit volte face et partit au galop. Gabriel pourrait alors suivre le sentier sous ses pieds et déboucherait rapidement juste devant le pub.

[Bravo pour cette Quête^^ Tu peux poster l'arrivée de Gabriel dans les fabriques proches. Bon jeu !]

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Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.


-Blaise Pascal.
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Quête de Gabriel Gordon

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