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 Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser

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Aiyana N. C. Fraser
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MessageSujet: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Sam 6 Fév - 16:02

"Aï? Debout!"

L'interpelée ouvrit un oeil pour regarder le faucon qui se trouvait au dessus de sa tête sur la tête du lit. Elle était obligée de se lever?

"Il est 11h30... Tu dois rendre la chambre à 12h"

Ah oui? Déjà? Comme si elle avait besoin d'une preuve, la jeune femme tendit son bras vers sa montre qui se trouvait sur la table de chevet à côté dit lit.

"Aye..." fit-elle en se cognant la main contre l'angle dudit meuble.

Elle replia son bras pour frotter sa main douloureuse et décida d'y aller autrement. A quoi bon se faire mal quand on pouvait utiliser la magie? Elle visualisa une main invisible qui souleva sa montre pour la déposer dans sa main.Elle rouvrit un oeil et sursauta. Chayton n'avait pas menti. Elle se redressa dans son lit, droite comme un "i". Oups... Il lui restait une demi-heure pour... Ranger tout le dawa qu'elle avait foutu dans cette chambre. Gloups... Tout ça pour choisir ce qu'elle allait porter pour affronter la quête... tout ça pour décider si elle porterait un col roulé ou un décolleté, une jupe ou un pantalon, des bottes ou des baskets, un blouson ou un trench-coat... Et... Elle ne savait toujours pas... Même si, à première vue, elle partait plus sur un cache-coeur sans doute un peu trop décolleté pour la saison, sur un jean serré et des bottes à talons hauts et larges. Bah... après tout... Allez... Assez tergiversé.

"Hem, hem... Il te reste un quart d'heure..."

En plus, il fallait qu'elle choisisse sa coiffure, aussi... Et là, on était pas rendus. Blonde? Brune? Tant qu'à y réfléchir, autant le faire en agissant. Elle jeta ses fringues dans ses valises ouvertes et éventrées, sans se préoccuper du rangement limite maniaque qu'elle avait organisé auparavant. Elle n'avait plus le temps pour ça. Même si elle savait qu'elle y repenserait plus tard, sans doute. Mais.. Elle était stressée. Trop stressée... Et si Oz n'était pas là? Et si elle ne voulait plus la voir? Et si elle l'avait complètement oubliée? Et si... Et si... A rien. Cela ne servait à rien de se prendre le choux maintenant pour ça. Elle finit par se rendre dans la salle de bains, 2 minutes avant l'heure fatidique. Tant pis pour le petit déjeuner. De toute façon, l'hôtelier l'avait bien prévenue... Il était servi jusqu'à 9h. Et il n'y avait pas de rab. Et ce n'était qu'une demi-pension. Pas de lunch donc. C'était l'inconvénient des B&B... Tant pis. Elle achèterait un club sandwich en partant dans un fastfood du coin. Et elle repenserait après à Oz...

"Tu es prête, Girlie?"

Elle tourna la tête vers sa moitié avant de poser la question fatidique:

"Blonde, ou brune?"

Le faucon se posa sur le rebord du meuble vasque et pencha la tête en avant, comme s'il était dépité par les préoccupations de son humaine. Et, d'une certaine façon, c'était le cas. Pourquoi pas lisses ou frisés, pendant qu'elle y était?

"Oui, tu as raison... Ca aussi, il faut que je le détermine..."

Il poussa un profond soupir avant de lâcher un "Je t'attends dehors laconique" et prit son envol. Au moins comme ça, il était sûr qu'elle se dépècherait. Quoique... Ce ne fut réellement que lorsque la femme de ménage pénétra dans la chambre en poussant des hauts cris parce qu'elle n'était pas partie et qu'elle avait oublié un string sur le montant du pied du lit qu'elle abandonna ce qu'elle faisait et resta blonde, avec une tignasse, certes, lissée, mais indomptable.

"Oups... Désolée... Je suis partie!" fit-elle en attrapant le string, qu'elle glissa dans la poche de son blouson en jean et ses trois valises, passant la plus petite sous son bras et prenant les deux autres dans ses mains.

Elle dévala les escaliers en courant, manquant de peu de verser les valises au milieu des marches. Mais elle parvint en bas sans encombres, même s'il lui fallut quelques pas pour s'arrêter. Elle fit un petit signe au type derrière le comptoir du B&B et sortit. Elle avait payé en arrivant. Le paiement se faisait à l'avance. Ainsi, pas de risque que les gens ne puissent pas payer à la sortie...

Survolée par son daemon, elle se rendit jusqu'à une station de taxis, taxi qui l'emmena le plus loin possible - après avoir fait le crochet par une sandwicherie, sandwich qu'elle mangea en cours de route - avant de la déposer. Il n'irait pas plus loin. Pas question. Elle paya la course en soupirant et jeta un oeil à sa moitié. Bien sûr, elle n'allait pas lui demander un coup de main pour porter ses affaires... Il ne maîtrisait pas encore suffisamment sa forme de singe. Même s'il était en bonne voie pour cela. Mais pas encore assez expérimenté pour porter un sac. Elle secoua la tête. Non, elle n'utiliserait pas la magie maintenant. Elle y avait trop recours déjà. En même temps... C'était bien pour ça qu'elle avait fait un mémoire sur la magie consciente et inconsciente. C'était bien parce qu'elle s'était rendue compte qu'elle l'utilisait en permanence, presque... Poussant un nouveau soupir, elle reprit ses bagages en main. Qu'est-ce qui lui avait pris de se charger autant? Ce qu'elle pouvait être sotte, des fois... Elle secoua la tête et recommença à avancer, à la rencontre de la Brume, pressée d'arriver, mais aussi horriblement stressée à l'idée de ce qui l'attendait de l'autre côté.

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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Dim 7 Fév - 12:57

Lorsque la jeune femme eut avancé quelques minutes dans la Brume, cette dernière finit par être moins dense. Elle se retrouvait à une sorte de croisée des chemins, avec un panneau par chemin possible. Ils étaient au nombre de quatre. Sur les panneaux en bois, étaient écrites en lettres dorées : « Amour », « Famille », « Amitié » et « Connaissance ». La jeune indienne n’aurait visiblement aucune précision sur ce que voulaient dire ces panneaux, il faudrait néanmoins qu’elle fasse un choix. Et une fois qu’elle l’aurait fait, elle devrait continuer à avancer sur le chemin, malgré trois visions terribles sur le thème qu’elle avait choisi qui la pousserait à vouloir rebrousser chemin.

[Ce sont des visions d’avenirs possibles, dans lesquelles le choix d’aller à Sywhaîd était un mauvais choix et dans lequel, donc, Aiyana est malheureuse à cause de ce choix, dans le « domaine » qu’elle a choisi.]

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Aiyana N. C. Fraser
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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Dim 7 Fév - 16:39

[fiou... j'espère que ça ira...]

La Brume qui l'entourait était dense. Etait-ce seulement la bonne route qu'elle avait prise? Elle n'en savait rien, ni ne voyait rien. Ce qui était, il fallait le reconnaître, plutôt gênant...

"Chayton? T'aurais pas un couteau? Non parce que je vois pas où je mets les pieds..."

L'interpelé sembla éclater de rire avant de répliquer, assez brusquement:

"De quoi tu te plains! Je vois pas où je mets les ailes! Et pourtant, j'ai meilleure vue que toi..."

Pas faux, en même temps... Elle leva la tête, essayant de distinguer son daemon dans cette purée de pois, mais rien n'y faisait. Elle secoua la tête et continua d'avancer en silence. Une chose était sûre, sa moitié était toujours là, avec elle. C'était déjà ça. Elle le sentait grâce à leur corde d'argent. Elle n'avait jamais regretté de l'avoir révélé. Aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle. Bien au contraire. Ce silence, cette opacité avaient quelque chose de flippant. Elle réprima avec peine un frisson d'angoisse tout en marchant, ses bagages manquant à chaque instant de lui glisser des mains. Avec le cadeau qu'elle avait apporté pour Marisol. Si tant était que celle-ci accepte de la voir. Et rien n'était sûr et certain de ce côté là...

Elle se mordilla la lèvre à cette idée, se demandant un instant si elle avait eu raison de faire ce choix. Mais ça n'était plus l'heure des questions. Ce n'était plus l'heure des doutes. Oui, elle avait fait le bon choix. Sans doute même d'ailleurs, puisqu'à cet instant, la Brume devint moins dense. Comme pour lui souhaiter la bienvenue et lui dire qu'elle avait eu raison. C'est, du moins, comme un bon présage qu'elle décida de prendre cet éclaircissement. Elle esquissa d'ailleurs un sourire avant de stopper sa route.

Devant elle, quatre chemins possibles. Devant elle, quatre panneaux. Un par chemin. Devant elle, quatre possibilités. Devant elle, quatre choix entre l'amour, la famille, l'amitié et la connaissance. Ou les connaissances? Trois des quatre panneaux tournaient vers le relationnel. Il aurait été surprenant qu'il n'en soit pas de même pour le quatrième.

Elle se retrouvait donc face à un choix. Face à quatre chemins. Elle qui avait toujours eu du mal à choisir. Elle regarda vers Chayton qui s'était posé sur un panneau. Celui de la famille. Etait-ce celui qu'elle devait suivre? Elle l'interrogea du regard, gardant le silence. Quel choix était le bon? Mais il ne répondait pas. Gardant lui aussi le silence, regardant tour à tour les trois panneaux et celui sur lequel il était posé, semblant, lui aussi, réfléchir à la situation. Ils se ressemblaient beaucoup tous les deux... Très indécis. Mais Chayton était, souvent, le plus prompt à prendre une décision. Après tout, c'était lui qui avait fini par lui dire qu'il fallait qu'elle vienne ici, à Sywhaîd. N'était-ce pas logique que ce soit lui qui choisisse? Visiblement pas. Et, d'une certaine façon, elle était entièrement d'accord avec ce point de vue. Il fallait qu'elle prenne ses propres décisions. Elle ne pouvait pas toujours dépendre de sa moitié. N'est-ce pas?

Mais comme c'était dur... La famille, l'amitié, l'amour, c'était trois domaines qui lui tenaient particulièrement à coeur. Les connaissances, ce qu'elle avait appris également. Mais Surtout les trois premiers points. Que privilégier, dès lors? Elle laissa de côté le chemin et le panneau connaissance. Non, vraiment, celui-là ne l'attirait pas. Ensuite... Pour le reste, le choix était plus dur.. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus dur.

Tirer à la courte paille? Encore aurait-il fallu avoir trois pailles sous la main... Et ce n'était pas le cas. Elle poussa un soupir. Jouer le chemin à pile ou face, ce n'était pas possible non plus. Il y avait trois chemins et, de toute façon, une pièce n'avait que deux côtés. Le problème restait donc entier. Et elle n'avait pas non plus de dé sous la main pour faire son choix.

La jeune femme se mit donc à tourner en rond, devant les panneaux pour prendre sa décision. Qu'est-ce qui était le plus important pour elle, au fond? Pourquoi était-elle venue à Sywhaîd? "POUR OZ!!" La réponse fusa, évidente. Mais ça ne résolvait rien de son problème. Elle s'arrêta devant les panneaux, bien incapable de déterminer la catégorie où Oz prenait place. C'est pourquoi, au final, elle choisit de suivre le chemin correspondant au panneau sur lequel était posé Chayton.

"La famille". Ca aussi, c'était particulièrement important pour elle... Et elle espérait ne pas faire un mauvais choix en s'éloignant autant des siens. Après tout, elle avait bien compris les sacrifices qu'elle faisait en venant à Sywhaîd... La mère d'Oz lui avait bien tout expliqué... Les brèches à chaque saison, le fait d'être coincé entre les brèches... Supporterait-elle seulement ça? Oui, elle le devrait. Pour son bien, pour Oz, pour leur amitié, pour leur... Pour leur quoi, au juste? Qu'y avait-il, au fond, entre elles deux? Elle n'avait jamais su comprendre ce qui les unissait. Elle avait fini par cataloguer ça en amouritié. Mais elle avait besoin de la réponse. Il fallait qu'elle sache. Et, pour ça, il fallait qu'elle avance. Il fallait qu'elle traverse cette Brume jusqu'à Sywhaîd.

C'est donc armée d'un courage nouveau qu'elle dépassa le panneau "famille" pour avancer sur le chemin correspondant. Ca ne pouvait pas être si terrible ce qui l'attendait derrière... N'est-ce pas? N'est-ce pas?

Il fallait croire qu'elle se trompait du tout au tout. Elle pensait que rien de mal ne l'attendait. Pourtant... Ce qui l'attendait était pire que tout ce à quoi elle s'attendait. Alors qu'elle marchait sur le chemin, elle fut assaillie par une vision. Tel un choc. Elle voyait ses proches, elle se voyait elle dans un futur indéterminé.

***

"Aiyana... Comment tu as pu partir? Tu n'étais pas là quand on a eu besoin de toi! Tu nous as abandonnés! Quand Maman est morte, quand Papa est mort... Winona était là, elle... Elle nous a épaulés. Elle était là alors qu'on aurait eu besoin de toi!"

La jeune femme eut un mouvement de recul. Que s'était-il passé? Qu'avait-elle raté pour que ses petits frères lui en veuillent autant? Elle regarda derrière eux et remarqua le cercueil. Un cercueil qui contenait le corps de sa soeur aînée. Winona était... Elle se précipita vers le cercueil pour prendre la main glacée de sa soeur. Que s'était-il passé?

"Elle s'est tuée à la tâche, pour nous... Toi, tu n'étais pas là... Toi, tu nous as abandonné et pour quoi? Pour une fille qui n'a jamais voulu de toi? Pour une fille qui t'a abandonnée et t'a tourné le dos?"

Ca faisait mal. Elle avait l'impression d'avoir reçu un coup de poignard. Elle n'avait pas écouté ses frères, quand ils lui avaient dit de laisser tomber. Que si elle n'avait pas de nouvelles de Marisol, c'était parce que celle-ci ne voulait plus d'elle. Que celle-ci l'avait oubliée. Et pourtant, elle avait foncé, tête baissée pour la rejoindre, pour la retrouver. Pour rien... Puisqu'elle l'avait rejetée. Et, maintenant, même sa famille la rejetait... Elle se retourna pour voir Jared, qui tenait les jumeaux par les épaules et Adriel et Chesmu devant eux. Esteban tendait le bras vers la porte. Comme s'ils la reniaient. Pourquoi? Pourquoi?

"Tu n'as jamais été comme nous. Trop... Différente... Ton besoin d'avoir cette chose avec toi... Tu n'es pas comme nous. Tu n'es pas des nôtres... Chilali l'avait accepté, cette différence, mais elle était bien la seule. Dégage..."

Aiyana se releva et recula d'un pas alors que Jared appelait des gros bras pour la faire sortir de force s'il le fallait.

"Mais... Mais... Vous êtes ma famille! Et... Et je suis là!"

"Non... Tu ne l'es pas. Tu ne l'as jamais été... Tu as toujours été une intruse..."

Ces mots, plus acérés que des lames de rasoir faisaient mal. Un mal de chien.

***

La jeune femme tomba à genoux tant le rejet était puissant et tant ça faisait mal. Tout le monde l'avait rejetée. A commencer par sa famille. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle n'était pas heureuse... Elle regarda Chayton qui s'était posé juste devant elle.

"Ca n'est pas vrai ma grande... C'est du faux... Ce n'est pas parce que tu vois ça que ça se réalisera... Au contraire.... C'est si tu abandonnes que tu seras malheureuse..."

Elle hocha la tête et se releva. Ce qu'elle venait de voir, ce n'était pas la vérité. Même si ça y ressemblait. Elle continua donc d'avancer. D'avancer vers son destin. Jusqu'à ce qu'une deuxième vision la chamboule un peu plus...

***

Elle était une vieille dame triste, et aigrie. Assise dans un fauteuil roulant, à une fenêtre, sa moitié était roulée en boule comme un chat sur ses genoux. Des poils blancs parsemaient son pelage. L'Aiyana du présent fronça les sourcils.

"Tu sais Chayton.... Je regrette d'avoir rejoint Sywhaîd... Marisol ne voulait pas de moi. Tout ce que j'ai réussi, c'est me mettre ma famille à dos. Pour quoi? Pour rien... Je n'étais pas là quand mes parents sont morts. Et quand Winona les a rejoints, ils m'ont tous tourné le dos... Et j'ai gagné quoi? Une vie de solitaire... Quand je me suis mariée, ça a été une erreur. Pratiquement tout de suite après, il s'est mis à me frapper. A me forcer. Et jamais, je n'ai pu me défaire de lui... Et mes enfants... Ils sont partis dès qu'ils ont pu... Ils ne sont jamais revenus me voir. Même après la mort de leur père. Ils m'ont abandonnée à mon triste sort. Paralysée dans ce fauteuil à cause de leur père... J'ai fait quoi? Hein, Chayton?"

Le daemon releva la tête vers sa moitié. Depuis des années maintenant, il avait abandonné sa forme d'oiseau. Paralysé comme sa moitié. Ca ne servait à rien de se faire du mal, vu qu'il ne pouvait plus voler. L'un comme l'autre étaient malheureux. Ils étaient tristes. Jamais ils n'avaient été heureux. Il ne répondit rien, se contentant de pousser un soupir à fendre l'âme.

***

Cette fois, ce fut Chayton qui se laissa glisser au sol. Vivre sans pouvoir voler? Non... Ce n'était juste pas possible! Et pourtant... Cette vision corroborait la précédente qu'avait eue Aiyana. Le daemon était désespéré. Mais il fallait tenir bon. Cette fois, ce fut Aiyana qui eut la force pour deux de continuer, même si ce qu'elle voyait donnait plus envie de faire demi-tour qu'autre chose.

"Non Chayton... Non... Tu as raison... Ce ne peut être vrai... Je ne me laisserais pas envoyer dans un fauteuil roulant... Tu dois le savoir... N'est-ce pas?"

Le daemon hocha la tête. Oui, il le savait. Mais si jamais un accident arrivait? Et si c'était le vrai futur qu'ils voyaient?

"Non! Non! Je me battrai pour que ça ne soit pas le vrai futur!"

A peine avait-elle dit cela qu'une nouvelle vision l'accapara. Elle n'avait même pas eu le temps de se relever pour continuer d'avancer.

***

"Sont... Sont-ils venus...?" demanda une vieille femme d'une voix faible.

Cette vieille femme, c'était elle, Aiyana. Sur son lit de mort, à en croire le prêtre qui se trouvait à côté d'elle et qui secouait négativement la tête. Des larmes de souffrance apparurent sur le visage de la vieille femme. Alors, même alors qu'elle mourrait, ses enfants ne venaient pas la voir... Avait-elle donc tout raté? Elle avait, pourtant, essayé au maximum de leur transmettre amour, tolérance. Mais non. Depuis trop longtemps, ils étaient en conflit. Parce qu'elle s'était laissée battre, parce qu'elle ne s'était rendue compte que trop tard qu'il les frappait aussi, alors qu'elle était déjà dans un fauteuil roulant. Et elle mourait, maintenant, seule. Alors qu'elle avait eu tout pour réussir. Son époux, elle l'avait rencontré là bas. A Sywhaîd. Si elle n'y était jamais venue, elle ne l'aurait jamais connu. Elle aurait eu une autre vie. Bien meilleure. Bien plus heureuse. Mais elle y était allée, allant à l'encontre des conseils de tout le monde. Elle aurait dû faire demi-tour, quand la Brume lui en avait laissé la possibilité. Mais non... Elle avait été trop têtue. Elle avait voulu continuer.

***

Elle fut, brusquement, ramenée au présent, à genoux, en larmes, en souffrance. Etait-ce donc ce qui l'attendait? Et pourquoi? Pour retrouver Marisol? Oz méritait-elle le sacrifice qu'Aiyana s'apprêtait à faire? Oz méritait-elle qu'Aï prenne le risque de gâcher sa vie entière? Ne devait-elle pas plutôt faire demi-tour? Elle repensa à des propos de la grand-mère de son amie. Celle-ci l'avait prévenue que la Quête était dure. Que la Brume tenterait de la décourager. Alors... Alors non. Elle ne devait pas abdiquer. Pas maintenant. C'était le signe qu'elle avait raison d'y aller. C'était le signe qu'elle attendait. Aiyana se releva, lentement et fit un pas en avant. Un pas vers l'inconnu en criant:

"NOOOOOOOOOOOOOOON Je n'abandonnerai pas!!!!!!"

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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Mar 9 Fév - 9:03

La Brume laisserait la jeune femme faire quelques pas en toute sérénité, le temps qu'elle récupère, avant qu'elle ne soit de nouveau confrontée à trois chemins et trois panneaux : "Amour" "Amitié" et "Connaissance"

Aiyana penserait sans doute devoir affronter la même épreuve mais, cette fois, quand elle aurait choisi son chemin, ce ne serait pas des images du futur qui l'assailleraient mais bien des visions du passé, des visions heureuses et nostalgiques. Pour continuer, elle devrait puiser dans ses motivations pour aller à Sywhaîd et ne pas se laisser tenter de repartir vers ces petits bonheurs.

[Voilà, sur le même modèle, trois ou quatre visions...]

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Aiyana N. C. Fraser
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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Ven 12 Fév - 19:01

Un pas, plus un pas, plus un pas, plus un pas... Cela faisait avancer, mine de rien... Elle avait fait quelques mètres. Chayton avait décidé de changer de forme. Il était devenu un chat. Quatre pattes, de la fourrure, des ronronnements, c'était plus facile pour réconforter sa moitié le cas échéant... D'ailleurs, il avait sauté dans les bras de la jeune femme pour être là, avec elle, le plus près d'elle possible. Le plus dur semblait passé, elle pouvait continuer d'avancer. Et... Pourtant...

"Amour", "Amitié", "Connaissance".

Trois chemins, trois panneaux. Il ne manquait que la famille, qu'elle avait pris auparavant. Aiyana se retourna, pour s'assurer qu'il n'était pas derrière elle, qu'elle n'avait pas tourné en rond, mais non. Elle fronça les sourcils, murmurant pour elle-même:

"Et après? Ca sera quoi? Amour et Connaissance? Jusqu'à ce que je n'ai plus le choix du chemin à suivre?"

Oui, amour et connaissance en dernier. Parce qu'une fois le premier choix fait, le suivant était plus facile. Après tout... Elle savait ce qui l'attendait, du moins, elle le savait... Clairement, pour elle, elle continuerait sur la même voie, selon le même schéma, jusqu'à avoir épuisé les quatre panneau. Elle s'attendait, encore, à des visions du futur. Tout aussi difficiles que les précédentes. Mais cette fois, elle serait parée. Elle ne se laisserait pas prendre. Elle crispa la mâchoire et commença à avancer sur le chemin de l'amitié. C'était un joli chemin.. L'amitié... L'amitié ou l'amour sans ailes

Spoiler:
 


L'amitié qui ne nous quitte pas, jamais, dans aucune de nos actions. Du moins, supposément. Quel serait le premier qui la trahirait dans cette vision du futur qui ne tarderait pas à arriver? Elle était prête à la recevoir, cette vision déprimante qu'elle ferait en sorte de ne pas voir se réaliser.

Mais elle ne s'attendait pas à ça... Pas à une vision du passé, si douce, si agréable, si chaleureuse qu'elle en resta sans voix, figé dans l'immobilité de la contemplation du passé.

***


"Salut! Moi, c'est Dyami!"

Une petite brunette, toute fine se retourna. Pour un peu, on aurait pu penser qu'un coup de vent suffirait à la faire s'envoler. Comme pour ces fleurs sur lesquelles on souffle en faisant un voeu... La petite fille esquissa un sourire et s'approcha du petit indien en sautillant, en voletant comme un oiseau, presque. Elle lui planta un bisou sonore sur la joue en riant.

"Moi, c'est Aiyana! Et là bas, tu as mes parents, et puis Parrain, aussi.."

Parrain, ou le père de sa soeur aînée. Mais chut... Il ne fallait pas le dire... A trois ans, on ne comprend pas pourquoi grand frère et les jumeaux ressemblent pas à Maman... Ni pourquoi Grande Soeur ne ressemble pas à Papa, mais ressemble à Parrain... On croit que ce sont les Esprits qui ont joué avec les ressemblances. Et, à cette idée, on éclate de rire... La petite fille replanta ses grands yeux gris-bleus emplis d'innocence sur le petit garçon face à elle puis désigna le terrain de jeu du doigt.

"On va jouer?" demanda la petite fille de sa voix chantante.

Le petit garçon, pour son plus grand plaisir accepta et lui prit la main d'autorité pour l'emmener jusqu'à la balançoire. Pas besoin de choisir, il venait de le faire pour elle. Et, en plus, il avait choisi d'office le jeu qu'elle préférait. La petite fille rit aux éclats alors qu'il imitait les grandes personnes et la galanterie, l'invitant à s'asseoir sur l'assise de la balancelle avant de la pousser.

"Plus haut! Plus haut!" criai-t-elle en riant.

Elle n'avait pas envie de s'arrêter. Elle voulait grimper jusqu'aux étoiles. C'était tellement joli, tout là-haut... La nuit était tombée déjà, mais ce n'était pas grave. Ils auraient dû être couchés depuis longtemps, mais ils continuaient à jouer. Profitant d'une fête de la réserve, ils auraient eu tort de se priver... Petits frères dormaient déjà, surveillés par Grand-Maman. C'était tout ce qui importait... Aiyana et son nouvel ami s'écartèrent un peu des grands et du feu et s'allongèrent pour regarder les étoiles, leur donnant des noms imaginaires dont certains resteraient pendant des années. Et puis là, comme ça, ils s'endormirent, blottis l'un contre l'autre. Les joies de l'enfance et de l'innocence... Une amitié éternelle était née entre ces deux là, en cette journée d'été, grâce à une impulsivité enfantine tellement mignonne et adorable. Et les parents dans tout ça? Ils avaient bien surveillé leurs rejetons. Et, au lieu de les réveiller pour les emmener dans leurs lits respectifs, ils s'étaient contentés de poser une couverture bien chaude sur eux. C'était tellement mignon...

***


La jeune femme se laissa tomber à genoux, se replongeant avec délices dans la chaleur de cette vision. Malgré son jeune âge de l'époque, elle n'avait rien oublié de ces souvenirs. Simplement, elle ne savait pas comment cette couverture avait atterri sur eux. Maintenant, elle savait. Mais elle n'eut pas le temps de s'apesantir dessus. Comme si son hésitation était palpable, comme si sa faiblesse était plus que jamais présente, une nouvelle vision l'assaillit.

***


"Dyami! Dyami! J'ai reçu ma lettre pour Tijuana!"

Enfin, elle était arrivée... La petite fille s'était précipitée chez son meilleur ami qui, lui, l'avait reçue depuis quelques jours déjà. Ils se connaissaient depuis longtemps maintenant et savaient depuis longtemps qu'ils étaient sorciers. Il ne leur restait plus qu'à attendre de recevoir la lettre qui prouverait qu'ils pouvaient étudier à l'école de Tijuana. Et, quand Dyami avait reçu la sienne, elle avait eu du mal à cacher sa déception, elle, de ne pas l'avoir reçue encore. Même lui, s'il était joyeux, il était triste pour elle, ses grands yeux noirs remplis d'incompréhension. Mais maintenant, c'était chose faite. Ils étaient à égalité. Comme toujours à l'école. Toujours assis l'un à côté de l'autre, toujours à s'aider, à s'entre-aider... Toujours fourrés ensemble, même lorsqu'elle veillait sur son cadet. L'autre étant à l'école normale. Pas celle de la communauté, mais celle des non sorciers. Mais maintenant, elle allait faire comme Winona. Elle allait aller à l'école des grands, avec Dyami.

Elle se jeta dans les bras de son ami qui la fit virevolter dans les airs. Comme toujours, elle éclata de son rire cristallin en mettant sa tête dans le cou de son ami jusqu'à le chatouiller de son souffle chaud. Et, comme d'habitude, ils finirent par tomber par terre en riant tous les deux aux éclats. Les joies de l'enfance et de l'innocence, lorsque tout est simple, lorsque l'on est trop jeune pour se poser des questions sur les liens qui vous unissent. Ils partaient la semaine suivante, pour l'école. Et, maintenant, elle commençait à avoir peur. Parce que ça allait la changer complètement. Comme s'il lisait dans ses pensées, Dyami la prit dans ses bras pour la réconforter. Mais peut-être partageait-il simplement sa crainte... Sûrement, même... La seule chose qui était rassurante, dans toute cette histoire, c'était qu'ils seraient tous les deux pour affronter la nouveauté. Winona serait en dernière année, et donc pas réellement une aide pour la petite Aiyana. Mais heureusement, son ami de toujours serait là avec elle... Ils se blottirent dans les bas l'un de l'autre, comme ils en avaient l'habitude quand ils étaient petits. Ce soir, Dyami dormirait à la maison. Comme à chaque fois, ils dormiraient ensemble. Mais l'adolescence n'était pas là, encore.... Ce n'était qu'une amitié très fusionnelle....

***


Ce nouveau souvenir lui arracha une nouvelle larme. Concrètement ? C’était la première fois qu’ils allaient être séparés, Dyami et elle. Jamais ils n’avaient été séparés jusque là. Pour dire la vérité, ils étaient dans la même université magique et étaient même colocataires. La larme n’avait pas encore fini de rouler sur sa joue que la troisième vision s’empara d’elle.

***


« Elle est partie, Dyami… Je ne sais pas où elle est, mais je crois que, cette fois, je l’ai perdue… » dit-elle en pleurant dans les bras du jeune homme.

Cette fois, elle en était sûre et certaine, elle avait perdu Oz. Cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait plus de nouvelles. Elle avait espéré que le hibou s’était perdu, qu’elle aurait une réponse à ses lettres, mais, après trois lettres sans réponse, elle devait bien se rendre à l’évidence… Marisol ne voulait plus entendre parler d’elle. Il fallait qu’elle le comprenne, qu’elle s’en rende compte et, surtout, qu’elle l’accepte. Mais c’était dur. Horriblement, dur. Et ça faisait mal… Des amis, elle en avait perdu, au fil des ans. Mais, jamais, ça ne lui avait fait aussi mal qu’aujourd’hui. Même d’autres genres de rupture n’avaient pas fait aussi mal… Alors pourquoi, cette absence de réponse d’Oz était-elle aussi douloureuse ?

Dyami, fidèle à son habitude, avait pris la jeune femme sanglotante dans ses bras pour la réconforter. Parce qu’il était là, parce qu’il serait là, toujours. Comme il le lui avait toujours promis. Et elle voulait le croire, parce qu’elle en avait besoin. Elle pouvait faire n’importe quoi, il était toujours là. Elle lui avait fait du mal plusieurs fois, sans le vouloir. Toujours, il avait pardonné. Toujours, il avait été là. Elle n’aurait pas pu trouver un ami plus fidèle. C’était impossible. Pour lui changer les idées, il l’emmena dehors. Chez un tatoueur. Son papillon sur le bras ? C’était de là qu’elle le tenait. De l’évidence qu’Oz ne voulait plus la voir. Plus entendre parler d’elle.

***


Maintenant qu’elle y repensait, heureusement qu’il avait été là. Sinon, que se serait-il passé ? Elle ne serait sans doute plus là aujourd’hui. Ce jour-là, elle avait failli faire une connerie, malgré les suppliques de Chayton. Et, au fond, peut-être la Brume avait-elle une raison de lui montrer précisément cette scène là… Peut-être qu’au fond, Marisol ne voulait effectivement plus entendre parler d’elle ?

Dyami avait accepté, résigné, le départ de la jeune femme pour l’Ecosse. Contre la promesse qu’elle le contacterait au moindre souci et qu’elle lui donnerait régulièrement des nouvelles. Il avait, même, promis de venir la chercher si les choses se passaient mal. Et, déjà, elle avait envie de le faire. Elle aurait voulu qu’il soit là avec elle. Elle avait l’impression de lui tourner le dos, de l’abandonner. Et pourtant… Même si cela aurait été facile, et sans doute plus simple à vivre, elle ne pouvait le faire. Elle devait continuer.

Elle se releva donc, pour faire un pas en avant, avant de s’arrêter, hésitante. Non. Il fallait qu’elle avance. Et la détermination de sa moitié était une bonne aide, pour ça… Il fallait le reconnaître. Elle reprit donc le chemin. Non, elle n’arrêterait pas. Si ça se trouvait, Oz avait eu un souci. Et avait eu peur de reprendre contact ? C’était possible ça… Non ? Oui… Elle préférait le croire. C’était la seule chose qui la faisait tenir depuis qu’elle avait pris la décision de venir ici.

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Ven 12 Fév - 20:47

Aiyana ne serait pas surprise, au bout de quelques mètres, d'arriver de nouveau à un croisement. Deux chemins cette fois. Et, évidemment, deux panneaux. Mais chacun d'eux portait la même mention: "Oz". Aucune autre indication, la jeune femme devrait y aller à l'instinct.

Si elle choisissait le chemin de droite, elle serait confrontée à une Marisol plus vraie que nature qui lui reprocherait sa venue à Sywhaîd. Si elle choisissait celui de gauche, ce serait une Marisol (toujours plus vraie que nature) qui lui expliquerait être absente de Sywhaîd et orienterait ses recherches dans une autre direction. Chacune des deux apparitions serait extrêmement convaincante et il faudrait à Aiyana beaucoup de volonté pour poursuivre sa route.

[Donc, tu choisis évidemment en connaissance de cause mais pas Aiyana^^ Pour toute question, mp.]

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Dim 14 Fév - 23:16

Elle avait continué d'avancer. Encore et encore. Ne réfléchissant à rien d'autre qu'au but de sa venue: Oz. Oz qu'elle voulait revoir. Oz avec qui elle voulait avoir une explication. Comprendre pourquoi son amie l'avait abandonnée. Pourquoi son amie ne lui avait plus donné signe de vie. Aponi finit par arriver, une nouvelle fois à une croisée des chemins. Bien évidemment... Elle secoua la tête. Elle commençait à en avoir marre de tout ça. Marre de ne pas savoir ce qui l'attendait. Faire des choix, ça n'avait jamais été son fort. Et là, elle se retrouvait face à un nouveau choix. Encore... A croire que la Brume cherchait à la rendre folle. Mais peut-être était-ce le cas, en fait...

Spoiler:
 


Puisqu'elle se retrouvait face à une croisée des chemin dont les deux panneaux n'étaient ni "amour", ni "connaissance", mais bel et bien... Oz et Oz. Deux chemins pour aller à son amie... Un facile et un difficile, peut-être? Plus de visions? Une épreuve physique, pour changer? Voilà qui allait lui faire du bien, après tout ça... Mais sans doute y avait-il un chemin plus simple... Restait à choisir. Sans savoir ce qui l'attendait. Et à dire vrai, elle commençait à en avoir marre, des choix.

"Hey! La Brume! T'en as pas marre de me faire faire des choix? T'as rien de mieux à me proposer?"

"T'aurais peut-être pas dû dire ça..."

Mais elle s'en foutait. Réellement. Elle n'en avait rien à faire. Elle était franche. Très franche. Trop franche. Cela lui avait joué des tours par le passé. Mais que faire de ça? Aiyana avait grandi. Elle avait vieilli. Mais au fond, elle était toujours la même. La même enfant qui ne supportait pas le rejet. La même enfant qui avait besoin que les siens soient réunis dans le même monde qu'elle. C'était pour ça, qu'elle avait voulu retrouver Oz. Pour retrouver tous les siens. Et, peut-être, les faire venir ici. Elle voulait réunir ceux qui peuplaient son univers autour d'elle. Pourtant, elle n'avait aucune certitude quant à l'accueil qu'allait lui réserver Marisol. Mais il fallait qu'elle la voit. Elle en avait besoin. Elle ne pourrait pas avancer sans voir son amie. Sans la retrouver, sans comprendre.

Alors, sans réfléchir, elle prit le chemin de droite. Ne sachant pas où il la mènerait, ni ce qu'elle aurait à traverser pour retrouver son amie. Mais elle était prête. Les épreuves endurées jusque là, difficiles à vivre, avaient laissé leurs traces sur le visage de la jeune femme. Les larmes continuaient de glisser le long de ses joues, sans qu'elle ne cherche à les retenir. Après tout, elle était seule, n'est-ce pas?

Non... Elle ne l'était pas. Elle ne l'était plus...

"Aiyana? Qu'est-ce que tu fous là?"

Aiyana releva la tête, se rendant seulement compte qu'elle l'avait baissée pendant sa marche. Et là, elle vit Oz. Celle pour laquelle elle avait enduré tout cela. Celle pour laquelle elle aurait donné sa vie. Un sourire éclaira le visage de l'indienne devenue blonde en ce matin de quête.

"Oz! Ma Marisol!" s'exclama-t-elle en courant vers celle-ci.

Mais l'air froid et distant de cette dernière la cloua sur place à quelques pas d'elle seulement. Oz, d'ailleurs, recula. Pourquoi? Un air d'incompréhension se peignit sur le visage de la métisse. Pourquoi son Oz reculait-elle? Pourquoi la regardait-elle ainsi? Pourquoi ce reproche dans ses yeux et dans sa voix? Le coeur d'Aiyana se serra instantanément.

"..."

Elle ouvrit la bouche, mais aucun son ne parvint à en sortir. De toute façon, quand bien même elle aurait pu sortir un son, celui-ci aurait été coupé par la voix froide et tranchante de Marisol.

"Tu ne comprends pas les silences? Depuis quand? Serais-tu devenue bête?"

Un coup de poignard dans le ventre ne lui aurait pas fait plus mal que ça. Mais il fallait croire qu'elle l'était devenue, bête, puisque c'est un air d'incompréhension qui se peignit sur le visage d'Aiyana.

"Si je ne t'ai pas donné de nouvelles, c'est bien qu'il y avait une raison, non? En plus, tu es allée faire chier ma famille pour me retrouver... Je ne peux donc être tranquille nulle part loin de toi? Il y a trois ans, j'ai cessé de t'écrire. C'est qu'il y avait une raison... Tu m'emmerdais!"

Aiyana avait l'impression que des milliers d'aiguilles plongeaient sans son corps, dans son coeurs, dans sa tête. Partout où cela faisait mal. De nouveau, elle voulut ouvrir la bouche, mais un geste agassé de Marisol la stoppa dans son mouvement.

"Je n'ai pas envie d'entendre ton verbiage inutile. Parler dans le vent, c'est tout ce que tu sais faire. Tout ce que tu as toujours su faire... Tu te fous de ce que peuvent dire et penser les autres... Tu as tellement peur de te faire rejeter... Et bien tu vois... C'est fait! Suis-je donc la première à te le dire en face? A être honnête avec toi? Je ne veux plus te voir! JAMAIS!"

Sous le choc, Aiyana tomba à genoux. Elle aurait donné sa vie pour celle qui se trouvait face à elle. Se sentir rejetée, haïe, même par celle qu'elle aimait le plus, c'était dur. Ca faisait mal. Elle qui gardait toujours la tête haute, elle qui affrontait toujours les difficultés ne put s'empêcher de baisser la tête. Elle ne voulait pas que Marisol voit ses larmes. Pourquoi ce rejet? Qu'avait-elle fait? Chayton vint se frotter contre elle en ronronnant, essayant de la réconforter. Mais sa moitié avait le coeur en miettes. Et il n'en était pas loin.

"O... Oz... Pour... Pourquoi?" parvint-elle à glisser entre deux sanglots et entre deux diatribes de celle qu'elle pensait, il y a quelques secondes encore son amie.

"Parce que tu me pourris la vie depuis trop longtemps... Parce que je ne veux plus penser au passé mais avancer. Et pour ça, je dois le faire sans toi... Alors pars.. Fais demi-tour. Rien de bon ne t'attends ici. A commencer par moi... Je te jure que si tu traverses cette Brume, je te pourrirai la vie..."

Aiyana releva la tête vers cette Marisol. Elle ne pouvait croire ces mots. C'était tellement loin de la Marisol qu'elle connaissait depuis si longtemps... Ce ne pouvait être vrai. Elle secoua la tête en essuyant ses joues et ses yeux rougis.

"Alors tu me pourriras la vie. Mais moi, j'ai besoin de toi..." dit-elle doucement, difficilement, en se relevant pour avancer.

Même si c'était dur. Même si elle devait en avoir le coeur brisé à vie. Elle ne voulait pas abandonner. Pas comme ça. Pas sans avoir une chance de comprendre, réellement, le pourquoi de ce rejet.

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Mer 17 Fév - 11:26

La Brume laissa le temps à la jeune Aiyana de reprendre un peu ses esprits, la laissant marcher sans aucune épreuve pendant une bonne demi-heure. Finalement, elle put voir une silhouette se détacher dans la Brume. L’apparition l’attendit patiemment et Aiyana se retrouva soudain face à une version plus âgée d’elle-même. Une version qui devait avoir dans les quarante-cinquante ans. Toujours jolie, mais avec une expression un peu amère.

« Tu crois que c’est vraiment le bon choix ? De quel droit t’imposes-tu à celle que tu aimes si elle ne veut pas de toi ? Tu vas la rendre malheureuse. Et tu ne te le pardonneras jamais. Crois-moi. »

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Mer 17 Fév - 12:07

Enfin, les choses semblèrent se calmer. Et Aiyana put avancer. Plus de croisée des chemins. Plus de choix. Plus de visions. Son visage était baigné de larmes. Des larmes de douleur, des larmes de regret, des larmes de chagrin. Tant d'émotions se manifestaient en elle. Tant d'émotions bouillaient en elle qu'elle ne savait laquelle écouter. Par trois fois, elle aurait pu faire demi-tour. Par trois fois, elle avait failli. Mais, par trois fois, son but avait été le plus fort. Par trois fois, elle avait tenu le cap. Elle avait tenu bon. Par trois fois, le besoin de savoir, le besoin de comprendre s'était avéré plus fort que tout le reste. Plus fort que toutes les difficultés auxquelles elle avait été confrontée.

A mesure que le temps de calme dont elle disposait se prolongeait, ses larmes se faisaient plus rares. Son regard plus déterminé. Elle avait la sensation, réellement, d'approcher de son but. Pourtant, elle marchait. Et marchait, et marchait... Et, jamais, la Brume ne diminuait. Tournait-elle en rond? S'était-elle perdue? Tournait-elle autour de son objectif? C'était ce qu'elle commençait à croire. Si cela continuait, la nuit allait tomber et elle allait se perdre pour de bon...

Mais, alors qu'elle pensait cela, une silhouette apparut dans la Brume. Une apparition bénie des dieux, à n'en pas douter. Aï ne doutait pas qu'elle fut bénéfique. Elle s'approcha rapidement pour être à portée de voix. Mais, tout aussi rapidement, l'apparition, qui n'était autre qu'elle-même plus âgée - elle reconnaissait ses yeux si particuliers - prit la parole, dévoilant par là la plus grande crainte de l'amérindienne.

"C'est mon choix.. Tu devrais le savoir, vu que tu es moi... Tu es la mieux placée pour savoir que je ne suis pas heureuse depuis trois ans. La mieux placée pour savoir que j'ai besoin de comprendre... Que j'implose... Que je me perds..."

Elle marqua un temps de silence alors que l'apparition enchainait qu'elle n'avait pas le droit, qu'elle allait rendre Marisol malheureuse et explosa:

"Alors quoi? C'est moi qui doit souffrir? C'est moi qui doit être malheureuse? Je pleure tous les soirs depuis trois ans! Combien de fois ai-je eu envie d'en finir parce que ce silence m'était trop douloureux! Combien de fois j'ai eu envie de me faire mal physiquement pour compenser de la douleur mentale! Parce que... Parce que je ne comprends pas pourquoi elle a fait ça! Parce que j'ai besoin de comprendre! Parce que! Parce que!

Les mots se bousculaient tellement dans sa bouche, sur sa langue, qu'elle n'arrivait même plus à parler. Puis, finalement, elle parvint à lâcher:

"MERDE à la fin! Je veux juste qu'elle m'explique! Pas la rendre malheureuse! Je veux qu'elle comprenne ce que je ressens et qu'elle me dise en face pourquoi elle ne veut plus me voir, me parler. Mais rien! Je n'ai rien eu! Pas même un 'vas te faire foutre'! Pas même une lettre me disant qu'elle ne voulait plus entendre parler de moi! Ce silence me tue! Ce silence me tue! Ce silence ME TUE!!!!!!!!!!" acheva-t-elle en criant alors que, de nouveau, les larmes affluaient à ses yeux.

Elle devait avoir l'air hideuse, mais elle s'en foutait. Elle avait besoin de Dyami. Elle avait besoin d'Oz. Elle avait besoin que les deux soient là, avec elle, auprès d'elle. Ce silence la tuait. De l'intérieur. Elle étouffait littéralement. Oh oui... Combien de fois avait-elle voulu en finir pendant ces trois ans... S'il n'y avait eu Dyami, elle ne serait pas là aujourd'hui. Parce qu'il y avait longtemps qu'elle ne serait plus là. A nouveau, elle se laissa glisser à genoux, se moquant totalement de montrer sa faiblesse aux yeux de celle qu'elle serait dans le futur:

"J'ai besoin de comprendre. Qu'elle m'explique. Et si... Et si... Et si vraiment, elle ne veut plus jamais entendre parler de moi, quand elle m'aura expliquer, je ferai en sorte de disparaitre à sa vue. Mais, au moins, je saurai. Mais, au moins, je pourrai essayer de passer à autre chose. Et, s'il le faut, je ferai en sorte qu'elle oublie ma venue. Je ne sais pas comment, mais je lui ferai oublier... Mais... Il le faut..."

Elle releva un visage baigné de larmes vers l'apparition pour conclure:

"Toi mieux que personne, tu dois comprendre ce que je vis, ce que je ressens depuis trois ans... Je ne suis pas complète... Je ne suis pas entière... Il... Il... Il faut que... Que je sache... Pourquoi..."

Cette fois, elle ne put pas continuer. Les mots ne voulaient plus passer. Ses yeux, qui avaient pourtant déjà trop pleuré, débordaient encore de larmes qui ruisselaient abondamment sur ses joues. Elle ne parvenait pas à les arrêter. D'ailleurs, elle n'essayait même pas. Elle en avait assez de lutter contre son chagrin. Et puis.. Dyami n'était pas là pour l'aider. Il était resté là bas... Mais elle savait qu'il lui aurait dit de ne pas abandonner. Alors, elle puisa dans ses souvenirs du jeune homme pour se relever et refaire face à l'apparition, silencieuse.

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Mer 17 Fév - 18:00

« Parce qu’elle ne t’aime pas. Parce qu’elle n’a pas besoin de toi. Voilà tout. Pas besoin d’aller chercher plus loin. Qu’est-ce que tu penses vraiment trouver là-bas ? Une Oz souriante qui te saute dans les bras ? Elle ne veut pas te voir. Elle ne répond même pas à tes lettres ! La raison est simple. Elle ne t’aime pas. Tu la dégoûtes, et plus tu chouineras, plus tu t’applatiras devant elle, plus elle te trouvera pathétique. » répondit le double d’Aiyana.

Et ce qu’elle disait semblait tellement vrai. Tellement logique. Et il y avait tellement de colère dans ce double qu’il était facile d’imaginer que, oui, lui avait affronté Oz, et s’en mordait à présent les doigts.

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Mer 17 Fév - 19:14

Aiyana commençait à perdre patience face à cette représentation d'elle-même et à ce que celle-ci lui disait. Que ce soit son moi futur, elle s'en foutait complètement. D'ailleurs... Si c'était son moi, aussi convainquante soit-elle... Où était Chayton? Elle regarda vers sa moitié qui feula d'incompréhension. Quoiqu'il en soit, malgré ses larmes, elle se releva.

"T'en sais rien! Oz est MON amie, pas la tienne!" cria-t-elle en faisant un pas en avant pour dépasser l'apparition.

Les paroles de celle-ci étaient dures. Elles l'avaient atteint en plein coeur. Mais elle refusait d'y croire. Même si cela sonnait juste. Elle ne pouvait, juste, pas croire ça de sa Oz. De son amie. De sa meilleure amie.

"Oz est ma meilleure amie. C'est comme ma soeur. Et même plus encore. Et je l'aime, oui... Et je ne peux pas, je refuse de croire qu'elle a pu tirer comme ça un trait sur près de 10 ans d'amitié. Ca n'est pas possible."

La jeune femme mettait de la rage, de la hargne, du dégoût. C'était ce que lui inspirait cette version d'elle-même. En tout cas. Elle s'approcha d'elle menaçante avant d'ajouter:

"Tu vas me faire quoi, si je décide d'avancer encore? Me dire que je ne suis qu'une merde peut-être? Tu es peut-être moi, mais je ne suis pas toi, MOI! Tu ne crois peut-être pas en l'amitié, mais moi j'y crois. Et ce qu'il y a entre Marisol et moi, même si je ne sais pas ce que c'est, j'y crois. Dans le fond, c'est peut-être toi, la lâche... C'est peut-être de ta faute si tu n'as pas réussi à retrouver son amitié..."

Les dernières phrases de l'apparition, pourtant, lui portèrent un nouveau coup, l'emplissant de rage et de fureur. A tel point qu'elle combla l'espace qui la séparait de l'apparition pour la frapper. Pour la gifler en hurlant:

"FERME-LA! ET LAISSE-MOI PASSER!!!! Je ne t'écoute pas. Je ne t'écoute plus! T'as rien à me dire. Tu n'es même pas moi, d'abord! Sinon... Où est Chayton!"

[tiens? un post court, pour changer Razz ]

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Mer 24 Fév - 9:13

L’apparition ne réagit pas à la gifle, ou plutôt, ce fut comme si cette gifle n’avait pas été importante. Elle resta là, bien droite, devant Aiyana, comme si toute la rage, toute la colère de la jeune femme ne l’atteignait pas. Quelques secondes passèrent, laissant flotter un silence retentissant après les cris de la jeune femme, puis l’apparition sourit. Un sourire qui n’avait rien de joyeux ou de chaleureux. Un sourire mauvais, méprisant.

« Tu crois que ça prouve que tu as raison ? T’énerver. Frapper. On dirait un chat qui se gonfle et qui feule pour faire peur à un adversaire qu’il sait plus fort que lui. »

La moquerie était loin d’être cachée, plutôt évidente même.

« Mais soit. Avance si tu le veux. Tu reviendras me voir quand tu sauras. »

L’apparition appuya sur le dernier verbe, tournant en même temps un regard plein de tristesse sur Chayton, mais n’en dit pas plus. Elle s’écarta légèrement, laissant la place à Aiyana pour continuer à avancer. Et quand elle le ferait, petit à petit, elle s’alourdirait, jusqu’à s’enfoncer dans le sol comme dans les sables mouvants. La solution lui paraîtrait rapidement évidente, grâce à la magie de la Brume. Pour s’alléger, elle devrait abandonner ce qui l’alourdissait. Ses possessions physiques, comme ses poids mentaux…

[Elle devra renoncer à ce qui est le plus important pour elle, émotions, idées, relations, mais aussi trucs tangibles. A toi de voir quand tu penseras qu’elle aura fait assez de sacrifices pour s’alléger assez pour continuer à avancer… mais vu le caractère d’Aiyana, il faudra pas mal de sacrifices… ]

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Dim 7 Mar - 16:15

"Vas te faire voir..."

Ce furent là les dernières paroles qu'Aiyana adressa à l'apparition. Quand elle saurait? Quand elle saurait quoi? Cette apparition racontait vraiment n'importe quoi. Aï laissa échapper un rire moqueur, sans même regarder l'apparition. Rien. Pas même un regard de mépris. Rien. Pas même un regard haineux. Alors que c'étaient pourtant les deux sentiments qui se battaient dans son esprit à l'encontre de cette femme, même si le doute semblait vouloir se mêler de la partie. Et si... Et si la Brume avait raison. Et si, réellement, Oz la haïssait? Et si, réellement, Oz ne voulait plus la voir?

Non. Elle chassa cette idée de sa tête pour avancer. Ce n'était, juste, pas possible.. Peut-être les lettres s'étaient-elles perdues en route? Elle aurait pu, après tout, contacter Oz avant de venir. Mais elle avait eu peur. C'était un fait. Elle avait eu peur de ne pas avoir de réponse. Venir, c'était plus facile. Venir, c'était pouvoir, plus sûrement, comprendre ce qu'il s'était passé. Pourquoi ce silence. Et si Oz avait rencontré quelqu'un? Tant mieux pour elle. Si Oz, réellement, ne voulait plus d'Aiyana, de son amitié, l'amérindienne repartirait. Mais si Oz voulait toujours de son amitié, alors elle resterait. Tout ce qu'elle voulait, c'était le bonheur de son amie. Mais elle avait besoin de comprendre.

Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle s'enfonçait dans le sol. Du moins, pas avant d'être bloquée par le sol Bloquée parce qu'elle était enfoncée dedans jusqu'aux genoux. Machinalement, elle avait remonté ses valises, qui étaient toujours avec elle, pour ne pas qu'elles trainent par terre. Machinalement, elle avait monté les genoux plus haut, pour pouvoir continuer à avancer. Mais là, elle ne pouvait plus. Elle se força à faire un autre pas, se disant que ce n'était qu'une illusion, mais non. Elle s'enfonça pratiquement jusqu'à mi-cuisses.

"Merde! Alors c'est ça, la Brume? Puisque tu n'arrives pas à me faire abandonner, tu vas me tuer? Après tout... Entre mourir par ta main et me laisser mourir par lâcheté parce que je n'aurai pas essayé de comprendre, de savoir, mon choix est tout fait... Je ne suis pas lâche. C'est pour ça que je suis ici. J'ai des questions, et je veux des réponses. Alors non, je n'abandonnerai pas..." cria-t-elle au vide qui l'entourait.

Mais elle ne put pas avancer davantage. A croire qu'elle était trop lourde, alors qu'elle n'avait pas un gramme de graisse. Peut-être transportait-elle trop de poids? Elle lâcha ses valises. Ce ne pouvait être que cela, n'est-ce pas? Ce ne pouvait pas être autre chose? Non... Certainement pas. Elle était vive d'esprit. Elle était intelligente. Mais jamais, au grand jamais, elle n'aurait songé à ce qu'elle allait devoir abandonner pour pouvoir continuer d'avancer.

Les bagages ne suffisaient pas. Avec un rire moqueur, elle enleva ses vêtements, comme elle le pouvait dans ce bourbier. Elle ne garda, pour tout sous-vêtement que la petite culotte en dentelle blanche qu'elle portait, et rien d'autre. Bien qu'elle ne soit pas pudique, elle plaça tout de même ses mains sur sa poitrine pour la dissimuler. Histoire d'éviter de tenter un voyeur brumeux. Car elle se méfiait de cette foutue Brûme. Mais toujours rien. Si elle avait pu lever les jambes pour enlever son pantalon et ses chaussures - et ses chaussettes, mais laissons ce détail peu glamour au placard -, elle n'avait pas pu faire un pas de plus.

Alors quoi? Quelles autres artifices possédait-elle? Sa couleur de cheveux? Elle revint à sa carnation naturelle. Un brun foncé, pratiquement noir. Mais cela ne changeait rien. Enlevant ses mains, elle se départit de ses bijoux, auxquels elle tenait, pourtant, énormément.

*T'as intérêt à me les rendre après, foutue Brume...* songea-t-elle, amère.

Mais rien ne changeait. Et pourtant, elle s'était allégée au maximum. Même si on ne pouvait pas dire que changer de couleur de cheveux était un allègement. Alors quoi? Niveau caractère? Niveau rancoeur?

Elle s'efforça d'oublier sa haine pour cette vieille folle qu'elle avait croisé sur sa route. Elle s'efforça d'oublier sa colère, sa rancoeur et sa haine. Mais cela ne suffisait toujours pas. Mais elle commençait à comprendre. Mais elle ne voulait pas.

Spoiler:
 


Son tatouage également s'effaça, comme si elle ne l'avait jamais fait. Dans un picotement douloureux, alors qu'elle essayait de gommer ce "poids" mental qu'était sa culpabilité de laisser Dyami si loin là bas. Elle serra les poings. C'était dur. C'était douloureux. C'était horrible. Et les larmes qu'elle avait fini par empêcher de couler revinrent de plus belle.

A nouveau, elle essaya d'avancer, mais sans succès. A nouveau, elle songea à des personnes qui lui étaient chères. Sa famille. Qu'elle abandonnait tout autant que Dyami en venant ici. Mais elle n'avait pas le choix. Elle le devait. Elle les contacterait. Elle leur écrirait. A eux tous. Il ne fallait pas qu'elle se sente coupable de venir ici.

Car oui, même si elle ne l'exprimait pas, elle se sentait coupable de les abandonner. Etait-ce cette satanée culpabilité qu'elel devait laisser de côté? Elle poussa un cri. C'était la faute de la Brume, après tout. C'était sa faute à elle si elle se sentait coupable. Dans ce cri, elle tâchait de tout oublier.

Mais cela ne suffisait pas, encore. A croire qu'il fallait encore qu'elle se sacrifie. Une petite voix résonna dans sa tête. Celle de Chayton.

"Sacrifie-moi. C'est plus important pour toi d'aller là bas et de comprendre. Sacrifie-moi. Je serai toujours avec toi, même si je ne suis plus là physiquement..."

Non... Non.. Ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas se sacrifier ainsi. Etait-ce pour ça que l'apparition, son elle du futur n'avait pas de daemon? Parce qu'il s'était sacrifié pour elle? Non... Non... Ses pleurs redoublèrent, alors qu'elle refusait d'envisager cette option Non, elle ne sacrifierait pas sa moitié.

"Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon! Pas lui! Jamais!" hurla-t-elle à la Brume.

Elle était prête à tout, pour avancer, mais pas à ça. Elle pourrait, plus facilement, abandonner son objectif que se séparer de sa moitié. Elle tendit les bras vers elle, toujours en chat, et il vint se blottir contre elle, lui aussi secoué de spasmes. Non... Rien ne les séparerait tous les deux. Rien ni personne. Elle n'était pas l'apparition. Elle était prête à tout, mais pas à ça... Même si c'était douloureux, elle préférait oublier le pourquoi de sa venue ici bas, et se concentrer sur ce qu'elle pourrait y trouver d'autre. Sans doute de l'apaisement. Sûrement. Elle en avait besoin. De trouver le calme quelque part... Enfin...

[j'espère que ça ira... S'il faut que je modifie un passage, que je rallonge un peu, pas de soucis^^]

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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Lun 8 Mar - 9:55

Aiyana ne s’en était pas rendue compte mais, petit à petit, le chemin était devenu plus solide, la rejetant petit à petit hors de la boue. Elle laissa ensuite quelques minutes au duo pour se remettre. Petit à petit, les choses non tangibles qu’elle avait abandonnées lui revinrent, elle retrouva sa mémoire, ses sentiments. Par contre, les vêtements, les bijoux, les possessions ne lui furent pas restituées.

Il ne lui restait visiblement plus qu’à continuer à avancer sur le chemin. Un chemin sur lequel, par trois fois, elle serait face à une tentation, quelque chose qui lui donnerait envie d’abandonner l’idée d’aller à Sywhaîd, pour une raison ou une autre. Evidemment, il n’y aurait que sa volonté pour ne pas rebrousser chemin.

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Aiyana N. C. Fraser
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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Lun 29 Mar - 11:31

Ce ne fut que lorsqu'elle fut complètement rejetée de la terre qu'elle se rendit compte qu'elle était, à nouveau, capable de marcher. Mais elle n'y tenait pas. Pas pour l'instant. Seule comptait la présence et la chaleur de sa moitié dans ses bras, même si celui-ci commençait à s'agiter, n'ayant pas l'habitude de telles démonstrations d'affection. En tout cas, une chose était indubitable: elle n'était pas prête aux mêmes sacrifices que son "double" pour parvenir au bout du chemin. Une différence cruciale entre elle deux s'il en était besoin. Finalement, lorsque Chayton parvint enfin à se détacher, elle reprit conscience de ce qui l'entourait, et du fait d'être, certes, nue, mais aussi pleine de bout. Et là, ce fut plus fort qu'elle. Un rire indubitablement nerveux, mais pourtant clair et doux, jaillit de sa gorge, s'envolant dans la Brume qui les entourait. Ce rire redoubla lorsque ses souvenirs et ses sentiments revinrent, se stoppant cependant net lorsque le dernier sentiment fit son apparition. Ce sentiment trouble pour Marisol, qui la poussait à avancer toujours plus, toujours plus loin.

Spoiler:
 


La jeune femme se releva et laissa Chayton se dégourdir les pattes. Elle aurait aimé, préféré, le garder contre elle. Mais c'était aller à l'encontre de leur indépendance commune. Car ils étaient tous deux foncièrement indépendants... Elle poussa un grand soupir et s'étira de tout son long dans sa nudité qui l'indifférait clairement. Il n'y avait personne autour d'eux, de toute façon...

Alors elle avança, droit devant elle sur le chemin à nouveau solide. Elle avançait, tranquillement, quoique restant sur ses gardes et puis, d'un coup, elle se trouva face à une fenêtre sur cour. Mais, contrairement au film d'Alfred Hitchock, elle n'allait pas assister à un meurtre. Non... C'était un Noël en famille. Un Noël futur, sans doute, un futur probable, puisqu'elle pouvait se voir, un peu plus âgée en compagnie de Dyami, et de deux enfants - leurs enfants ? - avec, aussi, toute la famille d'Ai et de Dyami réunis autour d'eux près d'un grand sapin de Noël. Comme elle était douce, cette vision... Un petit sourire apparut sur le visage de la jeune femme. De la nostalgie, de l'envie. Etait-ce ce qui l'attendait si elle renonçait à Sywhaîd? Elle posa la main sur la vitre de la fenêtre et celle-ci se troubla, comme si ce n'était qu'un passage possible pour rejoindre cette vie douce et pleine d'amour.

Pourtant, elle recula d'un pas. C'était trop facile. Gagner comme ça un futur de rêve? Sans même avoir à le façonner ou à lutter pour l'obtenir? Non... Non, elle ne pouvait pas accepter ça. Si ce devait être son futur, elle l'aurait en se battant pour l'obtenir. Elle l'aurait en vivant chaque parcelle de sa vie, même si elle devait souffrir pour l'avoir.

Alors qu'elle faisait ce mouvement de recul, la fenêtre se flouta, et devint comme une fumée devant ses yeux. Elle voulut la retenir, regrettant d'avoir été aussi brusque mais, lorsqu'elle tendit la main pour la toucher à nouveau, elle se volatilisa complètement, la laissant avec un sentiment de manque, avec le coeur serré.

Elle poursuivit donc son chemin, ne sachant trop ce qui l'attendait par la suite. Cette quête était, véritablement, celle de la souffrance morale. Elle aurait, pourtant, préféré la souffrance physique. Plus facile à supporter. Mais il fallait croire que ça aurait été trop facile. Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place, et avança jusqu'à se retrouver au milieu d'une bibliothèque géante. Le rêve éveillé pour toute personne possédant une soif d'apprendre comme la sienne.

Aiyana se tourna, se retourna, se re-retourna dans tous les sens. Les étagères montaient haut dans le ciel, comme si elle s'était trouvée face au haricot magique de Jack. Comme si ces livres montaient au dessus des nuages jusqu'au monde de la parfaite connaissance. Elle s'approcha des rayons jusqu'à toucher les tranches des ouvrages, lisant ainsi le nom desdits ouvrages. "Traité sur la daemorphie avancée par Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser et Chayton". La jeune femme eut un mouvement de recul. Qu'est-ce que c'était que cette histoire? Elle n'avait jamais écrit de livre! Et là, à côté! "La métamorphie au service de l'espionnage par Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser"! Et puis encore là! "Les flux pour les débutants par Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser"... Dans quoi était-elle tombée? Et tout ce monde, là? Ils étaient là pour quoi? Elle s'avança vers la foule et vit, sur une estrade, entourée de micros flottants, une femme visiblement charismatique et célèbre, qui se faisait interviewer. Quel ne fut pas son choc lorsqu'elle se rendit compte que c'était-elle!" Les questions fusaient autour d'elle.

"Madame Fraser! Vous êtes mariées, pourtant, vous menez tambour battant votre vie professionnelle en écrivant aussi bien des ouvrages pour sorciers que des ouvrages pour non sorciers. Comment réussissez-vous à mener cette double vie? Vous êtes vous dédoublée?"

Son double accueillit la remarque par un rire amusé et répondit que tout était une question d'organisation. La deuxième question qu'entendit Aiyana la fit redescendre sur terre et elle écouta la réponse en reculant.

"Madame Fraser. Vous n'avez jamais retrouvé votre amie d'enfance, n'est-ce pas? Que lui diriez-vous, si vous la rencontriez aujourd'hui?"
"Je crois que nos chemins se sont séparés il y a bien longtemps. J'ai essayé de la retrouver, mais je n'ai pu aller jusqu'au bout. Aujourd'hui, je ne le regrette pas. Bien sûr, je me demande ce qu'elle devient. Mais je pense que j'idéalisais trop tout ça. Tout ce qu'elle pouvait représenter pour moi. Si je la rencontrais aujourd'hui? Je crois que je lui dirai que j'espère qu'elle est heureuse. Et ce, très sincèrement, et qu'elle a réussi ce qu'elle voulait entreprendre. Et que je lui souhaite tout le bonheur du monde"

Aiyana recula brusquement. Les choses pouvaient-elles être aussi simples? Non... Sûrement pas. Sinon, elle aurait déjà oublié Oz. Elle serait déjà passée à autre chose. Elle aurait pu avancer, alors... Dans sa précipitation, elle percuta l'une des immenses étagères qui s'en retrouva déséquilibrée et commença à tomber sur elle. Aiyana se recroquevilla sur elle-même, se protégeant la tête de ses mains, mais rien ne tomba sur elle. Comme si... Tout avait disparu autour d'elle.

"Girlie? Tu fais quoi?" demanda Chayton près d'elle.

Elle rouvrit un oeil, écarta son bras pour voir autour d'elle. Rien, si ce n'était le néant, rien, si ce n'était le chemin, rien, si ce n'était la Brume qui les entourait. Elle poussa un soupir et se redressa, prête à continuer. Sauf que...

"C'est par où?"

Chayton poussa un soupir à fendre l'âme et s'avança sur le chemin, face à Aiyana. Celle-ci se redressa et reprit sa marche, se demandant ce qui l'attendait encore. Elle ne tarda pas à avoir la réponse. A côté de ce qu'elle venait d'affronter, c'était presque risible de voir ses étendues de vêtements griffés autour d'elle. Là, des Jimmy shoes, là, un sac YSL. Et là! Et là! Son regard se perdait sur tout ce qu'il y avait autour d'elle. Car elle avait un péché mignon: les vêtements. Et quand son regard se posa sur une lingerie Victoria's Secret, elle crut qu'elle allait se jeter littéralement dessus. Mais elle se contrôla. Elle se contraignit à avancer à pas mesurés. Un vendeur androgyne, très mignon dans son genre s'approcha d'elle pour la servir, ne prêtant nulle attention à sa nudité. Il était étrange de voir que, dans les deux visions précédentes elle avait été simple spectatrice, et là, actrice de ce qu'elle faisait. Mais elle n'était, pas réellement, en état d'y faire attention. Cette fois, également, Chayton était avec elle, marmonnant dans son coin.

"Cette lingerie vous irait à merveille... Vous devriez essayer"

Elle n'eut pas le temps de protester, de réagir, que l'ensemble Victoria's rouge et noir se retrouvait sur elle. Et il fallait avouer que oui, effectivement, il lui allait bien, comme en témoignait le miroir qui était apparu juste en face d'elle. Visiblement, le petit mignon était un rien sorcier. Il l'emmena un peu plus loin, lui montrant des jeans de marque pour s'arrêter finalement sur un modèle taille basse, serré au cuisses puis évasé. Pas pattes d'eph', mais juste évasé qui, lui aussi, lui allait à merveille. A croire que tout dans ce magasin irréel était fait pour elle, de même que le petit pull en laine légère qui suivit le même chemin que la lingerie et le pantalon, et ils furent tous rejoints par la paire de Jimmy shoes qu'elle avait vu à l'entrée.

Là encore, c'était trop beau. Surtout lorsque le vendeur déclara que, pour elle, tout était gratuit. Elle commençait à être d'accord avec Chayton qui grommelait dans son coin. Ce n'était pas normal. C'était trop... Tentant... Trop... Idéal... Elle fit demi-tour et s'enfuit en courant sur ses Jimmy shoes. Pourtant, elle n'alla pas très loin ainsi, puisqu'elle finit par trébucher lorsque les chaussures disparurent, de même que les vêtements. Elle roula au sol, s'égratignant quelque peu. Elle accueillit pourtant ces petites brûlures avec délivrance, presque avec bonheur, bien que ce soit tout de même douloureux. Ca, c'était... Vrai...

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Lun 29 Mar - 20:07

La Brume laissa encore quelques minutes à Aiyana pour respirer. Et soudain, une voix retentit. Une petite voix d’enfant, douce et légère.

« Un mot ? » demanda-t-elle.

Et ce serait le mot de la fin…

[Ton dernier message pour cette quête donc ! Enjoy !]

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Lun 29 Mar - 21:11

Aiyana resta un moment sur le sol, allongée un peu n’importe comment avant de se mettre sur le dos pour regarder vers le ciel, ou plutôt vers la Brume, et d’éclater de rire. Jusque là, elle n’avait pas flanché. Jusque là, elle avait tenu le cap. Espérons que cela continuerait. Et, enfin, il y avait un peu de douleur physique. Plus facile à supporter. Elle finit par s’arrêter de rire et tourna la tête vers Chayton qui, les oreilles couchées sur les côtés la regardait quelque peu… Etonné.

« Oui… Bon… C’est bon… J’ai besoin de lâcher du leste un peu… Nan mais tu m’imaginais vraiment, faire les boutiques à l’œil ? Même si j’adore la mode ? C’était juste… Pas crédible… »

« N’empêche, t’as joué les poupées barbie… Tu t’es laissée habiller… Même si t’as rien gardé. »

La jeune femme haussa les épaules, ce qui n’eut pas beaucoup d’effet puisqu’elle était allongée. Le silence s’installa, mais pas pour très longtemps, puisqu’une voix enfantine choisit justement cet instant pour retentir, lui demandant un mot. Un mot ? Aiyana se retourna pour se mettre sur le ventre, en appui sur ses avant-bras et regarda autour d’elle. Rien pourtant. Un mot ? Cela pouvait être beaucoup de choses, un mot… Elle se trouvait, donc, face à une nouvelle épreuve. Encore. D’un genre différent cependant.

Elle aurait pu jouer sur les mots, c’était le cas de le dire, en répondant très justement « mot », mais non. Un « bonjour », aussi, aurait pu être le mot choisi, mais il n’en était rien. La chose qu’elle avait le plus envie de dire à l’heure actuelle c’était bel et bien : « Où y a-t-il une douche, que je puisse me débarrasser de toute cette boue et de ce sang ? » Mais, là encore, elle n’en dit rien. Elle tourna la tête vers sa moitié qui semblait tout aussi dubitative qu’elle. Un « euh…. » faillit bien passer la barrière de ses lèvres, mais il ne fut que mental, et en échos, elle reçut un « aah » de Chayton. Avait-il voulu faire de l’humour ? Quoiqu’il en soit, c’était raté. Elle fixa le vide, face à elle, tout en s’éclaircissant la gorge :

« Et pourquoi pas deux ? »

*Très fin… Vraiment très très fin, Aï… Une pure merveille, ta trouvaille…* grommela Chayton dans sa tête.

Masi, une fois encore, elle ne répondit que d’un haussement d’épaules.


[Vuai! Et encore une quête d'achevée!]

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MessageSujet: Re: Quête d'Aiyana Nirvelli Chenoa Fraser   Mar 30 Mar - 11:25

« Ca n’est pas gentil ! » rouspéta la voix. « Je fais collection de mots, et tu n’as pas joué le jeu ! Tant pis pour toi ! »

Et sur ces mots, qui furent les derniers que la jeune femme entendit dans la Brume, cette dernière s’ouvrit et laissa place à un petit chemin… qui mènerait au fin fond du marais… petite vengeance de la collectionneuse de mots…

[Tu sais quoi faire ! Bon jeu !]

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