AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 When she was twenty-two, her future was bright...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: When she was twenty-two, her future was bright...   Sam 23 Jan - 12:24

Assise sur le rebord de la fontaine, qu’elle avait préalablement déneigé d’un coup de bracelet magique, Kennedy regardait l’eau couler. La fontaine était magique, l’eau y était pure et fraiche à toutes les saisons, à tous les moments et c’était plutôt étonnant de voir l’eau couler alors qu’en cette fin d’hiver tout était encore gelé et enneigé. Kennedy aimait cette fontaine. Ou plutôt, elle l’avait aimée, au début de sa vie à Sywhaîd. A l’époque, il n’était pas rare de l’y voir, assise, qu’il fasse chaud, froid, ou même qu’il pleuve, un bouquin en mains, ou juste quelques minutes à observer la vie sywhaîdienne. Ce jour-là, il n’y avait pas grand-chose à observer dans la cour centrale, à part l’eau qui coulait.

Ca faisait longtemps que les sywhaîdiens avaient perdu l’habitude de croiser Kennedy assise sur le rebord de la fontaine. Un an en fait, jour pour jour. Même aveugle, elle continuait à venir, à écouter l’eau tomber et les gens s’activer. Mais après ce qui s’était passé, après ce qu’elle avait vécu ici, elle n’avait plus jamais eu envie de se poser sur le rebord de la fontaine pour le plaisir. Il n’y avait plus de plaisir à voir cette eau couler. Quoi qu’elle fasse, elle continuait à repenser à Tibère, à cette nuit horrible qui avait changé tellement de choses dans sa vie, qui l’avait presque rendue folle et qui continuait à la blesser, même un an plus tard…

Elle prit une inspiration. Elle portait un très beau pantalon en faux daim marron foncé, des boots adorables, et un poncho mauve clair qui lui allait très bien, avec un col roulé, auquel elle avait assorti son bonnet et ses mitaines. Elle avait chaud, mais elle n’était pas très à l’aise. Elle se forçait depuis pratiquement le début à passer par la cour centrale, et à ne pas l’éviter comme elle avait envie de le faire, mais ça ne changeait rien. Cet endroit ne lui apportait plus la paix et le plaisir qu’il lui avait apporté pendant pratiquement deux ans… Il lui faisait froid dans le dos. Il lui rappelait Tibère, et la mort de ce dernier n’avait pas changé grand-chose à ça…

[Kika ?]

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Youlika Manthoulis
Blanchisseuse
Blanchisseuse


Nombre de messages: 126
Date d'inscription: 27/07/2008

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Lun 25 Jan - 21:27

Kika, pour sa part, traversait plus que régulièrement cette même cour centrale. Pour une raison qui lui échappait, les gérants se succédaient, mais sembler persister à estimer qu'elle était particulièrement apte à s'occuper des travaux de lessive. Peut-être parce qu'elle était tellement maigre qu'on n'imaginait pas (et on avait en cela bien tort) que ses membres fussent adaptés à des travaux trop physiques ; peut-être parce que ses mains semblaient si sèches qu'elle ne semblaient pouvoir être encore abîmées par des bains répétés au lavoir, situé le long de la rivière, derrière le préau.

Pour la soixante-septième fois au bas mot, donc, l'Hellène s'en revenait vers l'école, les bras vides, car elle avait laissé les draps à sécher sur place, dans un vaste appentis destiné à cet effet. Elle passait distraitement sur le dos de sa main le majeur de son autre main. Il ne s'agissait ni d'un geste ordurier, ni d'un toc particulièrement saugrenu, mais le doigt en question portait le tatouage grâce auquel elle pratiquait la magie. Et en l'occurrence, à défaut d'avoir de l'aloé vera sous le coude, elle s'hydratait les mains avec les moyens du bord. Eh non, elle n'était pas surhumaine, elle aussi les séjours prolongés dans l'eau glacée lui bousillaient l'épiderme...

Le tatouage en question avait la forme de la lettre "K". L'initiale en question ne correspondait pas à "Kika", même si c'était ce qu'avait expliqué l'Hellène à ceux qui l'avaient interrogée à ce sujet ; elle se voyait mal leur expliquer qu'une école intégriste et élitiste tatouait celles qui parvenaient à réussir un examen à l'âge de treize ans, et que l'initiale de ce tatouage était définie en fonction d'un adjectif établi selon le caractère et le potentiel de chacune des élèves en question. Qu'importait, après tout ; un K, donc. Tout à fait de circonstance, donc : car qui se trouvait donc là, qui sinon K...ennedy ?

Youlika s'arrêta net ; puis la rejoignit à pas rapides. Elle se planta à quelques mètres devant elle, et croisa les bras. Elle semblait plus raide et froide que jamais, vêtue de noir, du châle à la robe ; seules ses bottes beiges fourrées de laine, jolis spécimens made in Sywhaîd, détonnaient un peu. Voire rendaient un peu ridicule la posture de l'Hellène. Mais elle ne semblait pas en avoir cure ; fronçant les sourcils, elle déclara laconiquement :

"Tu ne devrais pas rester là."

Pour les bonjour, bonsoir, beau temps pour la saison, on repasserait.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Sam 6 Fév - 12:29

« Pardon ? »

Les yeux écarquillés, Kennedy regardait l’apparition. Enfin, Youlika, quoi. Parce que bon, Kennedy connaissait la grecque. Oh pas personnellement. Mais elle savait que c’était elle qui l’avait plongée dans le sommeil, puis veillée, le fameux soir. Seulement, depuis, elle ne l’avait pas revue. Elle avait pensé un instant à offrir quelque chose à Kika pour la remercier… Mais que pouvait-on offrir à quelqu’un qui vous avait plongé dans le sommeil ? D’autant plus quand l’idée ne vous plaisait pas. Parce que, oui, sur le moment ça avait été un soulagement. Mais dans l’absolu, l’étrange jeune femme ne lui avait pas demandé son avis avant de le faire et malgré tout, ça ne plaisait pas à Kennedy. Elle n’aimait pas l’idée qu’on s’occupe d’elle de force, qu’on lui assène un coup de magie sur la tête pour l’endormir ou quoi que ce soit de ce genre. Oh bien sûr, d’un autre côté, si elle avait été assez cohérente dans sa douleur pour ça, à ce moment là, elle aurait sûrement supplié pour qu’on l’endorme. Mais quoi qu’il en soit, la façon dont la grecque l’avait fait d’autorité lui avait filé froid dans le dos. Assez en tout cas pour qu’elle finisse par abandonner l’idée d’aller remercier Kika.

« Pourquoi ? »

Elle assortit sa question d’un sourcil relevé. Elle était sincèrement intriguée. La posture de Kika lui donnait, malgré tout, une sorte d’autorité étrange à laquelle, même quelqu’un d’aussi indépendant que Kennedy, avait du mal à résister. Quand Kika lui avait parlé, elle avait failli s’excuser, dire qu’elle allait repartir de toute façon. Elle s’était évidemment retenue, Kennedy n’aimait pas qu’on lui donne des ordres, ou même obéir d’une façon générale. Mais ce réflexe l’avait encore plus perturbée que l’idée que Kika l’ait endormie sans la prévenir. Il y avait définitivement quelque chose qui n’allait pas chez la grecque. Et Kay n’arrivait pas à mettre le doigt dessus.

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Youlika Manthoulis
Blanchisseuse
Blanchisseuse


Nombre de messages: 126
Date d'inscription: 27/07/2008

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Sam 6 Fév - 19:00

Youlika ne s'offusqua pas de ce sourcil froncé. Pas plus qu'elle ne s'était offusquée de ce que Kennedy ne lui ait pas reparlé du fait qu'elle l'avait mise à l'abri de l'intrusion mentale de Tibère, qu'elle l'avait ensuite portée jusqu'au préau et avait veillé sur elle à son réveil. L'Hellène ne raisonnait pas de cette manière, en termes de dus, mais en termes de devoirs. Le viol sous toutes ses formes était sacrilège, elle avait elle-même tué de sang-froid l'homme qui s'était, autrefois, comme dans une autre vie, introduit dans ses appartements. Il était logique qu'elle ne laisse pas Tibère faire, et comment aurait-elle pu imaginer que Kay puisse lui en vouloir de ce qu'elle n'ait pas pris la peine de demander d'abord : "excuse-moi, mais, si tu m'entends, est-ce que tu veux que je te vienne en aide ?"

Non, Kika estimait n'avoir fait ni plus ni moins que son devoir, et ne mériter pour cela ni remerciements, ni reproches. Elle n'aurait pas évoqué l'incident si... si elle ne s'était pas précisément trouvée dans la cour centrale en compagnie de Kennedy, et si sa précédente remarque n'y était pas directement liée. Ne semblant donc pas noter le ton un peu intrigué de la californienne, notre grecque préférée (après George Michael) poursuivit sur le même ton calme :

"Ce n'est pas prudent que tu restes seule ici ; je suis intervenue trop tard et je n'ai pas modifié ta mémoire. Peut-être il faut que tu parles de cela qui s'est passé, mais pas que tu le ressasses solitairement."


Elle ne souriait toujours pas ; elle avait de la compassion, bien sûr, pour la jeune femme, mais ce n'était pas dans sa manière de faire de l'exprimer. Non, Kika, dans l'absolu, n'avait rien d'une infirmière aux petits soins.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Mer 10 Fév - 17:30

« Euh… » répondit, très à propos, Kennedy.

Elle qui avait la langue tellement bien pendue, normalement, était laissée totalement muette par les paroles de Youlika. Bon, déjà, il fallait qu’elle les comprenne. Son cerveau se mit en mode « déchiffrage des paroles d’une fille à l’accent à couper au couteau qui ne parle pas super super bien anglais » mais ce ne fut pas tellement long. Youlika était quand même compréhensible, il ne fallait pas exagérer. Mais comprendre le sens des paroles n’aidait pas vraiment à savoir ce qu’il fallait répondre. Du moins pas dans ce cas. Ou du moins, pas consciemment, parce que la grande gueule de Kennedy se mit soudain à répondre avant que la Californienne n’ait vraiment eu le temps d’y réfléchir :

« Je préfère qu’on ne modifie pas ma mémoire, merci bien. »

Le ton était un peu cassant et Kennedy se mordit la lèvre, visiblement coupable. Elle détestait l’idée qu’on tripatouille dans son cerveau, et elle avait de bonnes raisons pour ça, après tout elle avait été violée mentalement en public, ça n’aidait pas à accepter qu’on joue avec sa matière grise ou son psychisme.

« Enfin… Je veux dire… Euh… »

Mais Kay n’était pas quelqu’un de méchant. Un peu trop honnête. Un peu pimbêche parfois, un peu peste sur les bords, souvent très énervante. Mais elle n’était pas bien méchante au fond. Elle n’aimait pas particulièrement blesser les gens, sauf quand ils avaient fait quelque chose pour, et en général ses rancunes ne duraient pas plus de cinq minutes (à part quand il y avait une raison très importante mais c’était rare). Alors elle essaya très vite d’adoucir ce que son inconscient l’avait poussée à dire. Sauf qu’elle ne savait pas très bien comment le faire… Elle joua distraitement avec une de ses mèches de cheveux, emprisonnées dans le bonnet, puis ajouta :

« C’était horrible, j’aimerais que ça ne soit jamais arrivé. Mais je ne veux plus jamais qu’on touche à mon esprit. Je ne veux plus jamais qu’on y change quoi que ce soit. Se souvenir, c’est peut-être ce qui fait de moi un être humain. »

Cette phrase était à double sens. Après tout, Kay avait toujours du mal à digérer le fait que sa partie hybride soit si développée.

« Avec qui tu veux que j’en parle ? Avec toi ? »

Il n’y avait pas de moquerie dans ce ton… Mais pas mal de scepticisme. Après tout, elles ne se connaissaient pas, pourquoi Kika voudrait-elle que Kay se confie à elle ? Et pourquoi la californienne accepterait-elle ?

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Youlika Manthoulis
Blanchisseuse
Blanchisseuse


Nombre de messages: 126
Date d'inscription: 27/07/2008

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Dim 14 Fév - 18:49

Si Kennedy et Youlika avait eu l'occasion de traîner ne serait-ce qu'un tout petit peu ensemble, la californienne se serait épargné une morsure de lèvre inutile. Toute ironie était plus ou moins perdue pour le specimen très particulier d'Hellène qui lui faisait face, fût elle prononcée sur un mode comique ou critique. Aussi la réplique de Kay ne recueillit-elle ni sourcil froncé, ni moue vexée, mais... un hochement de tête, parce que Kika, elle non plus, n'aurait pas aimé qu'on lui modifie la mémoire. De toute façon, elle n'aurait pas été en mesure de le faire.

Même les filles d'Hermès ne recevaient pas ce type d'enseignement. Le sommeil dont elles pouvaient frapper leurs victimes mettaient ces dernières à l'abri de toute manipulation mentale, y compris de la part de l'ensommeilleur. Ce qui avait d'ailleurs, au passage, été précisément le but de l'intervention de Youlika lors de cette fameuse soirée où Tibère avait changé durablement le point de vue de nombre de Sywhaîdiens sur leur jolie et paisible Lande.

S'il lui était arrivé de manipuler d'autres hommes ou femmes, cela avait toujours été de leur vivant, et sans autre arme ni artifice que des mots. Elle pouvait transformer des humains en animaux, mais même réduits à l'état de porcs ou de chevaux, ses victimes restaient conscientes d'elles-mêmes. Non, si tordue que puisse paraître l'Hellène, si nourrie qu'elle fût d'esprit de vengeance, elle n'aurait jamais pu faire quelque chose comme violer mentalement quelqu'un : parce qu'elle ne savait pas le faire, et ne voulait pas l'apprendre. Elle sourit à Kennedy, ce qui était une manière de la rassurer sur ce point -mais le message n'allait évidemment pas forcément de soi. Elle hésita à le formuler verbalement, à lui dire que ce n'était de toute façon pas dans ses habitudes de s'insinuer dans l'esprit des autres, mais l'américaine avait repris la parole.

Le scepticisme de sa question n'échappa pour le coup pas complètement à notre grecque préférée (ex aequo avec Georges Moustaki ?), mais elle l'interpréta de travers. Elle ne pouvait pas comprendre que Kennedy puisse ne pas avoir une envie folle et délirante de confier des choses aussi douloureuses et intimes à une inconnue dans son genre, pas spécialement chaleureuse ni sympathique, il faut bien le dire. Pour elle, le problème se posait uniquement sur un plan médical, et la seule question à se poser était de savoir si elle, Youlika Manthoulis, était ou non apte à recueillir de telles confidences, si le fait qu'elle ait "soigné" Kennedy, du moins qu'elle l'ait endormie et placée à l'abri d'un violeur pyromane, pouvait biaiser les choses. A cette question prosaïque, Kika pouvait pour sa part répondre "non" sans hésitation. Elle ne tenait pas particulièrement à jouer la confidente, et n'avait pas dit cela pour que son interlocutrice le lui propose. Mais puisqu'elle le faisait, il lui semblait qu'effectivement, rien ne s'y opposait.

"Si tu veux ; oui," répondit donc tout simplement la grande brume, en haussant les épaules, ce qui fit légèrement voleter les franges noires de son châle.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Jeu 18 Fév - 10:07

C’est un silence qui accueillit la réponse de l’hellène. Un silence qui dura un petit moment. Kennedy, se mordant la lèvre d’un air embêté, ne savait pas exactement quoi faire. Elle aurait pu refuser la proposition, après tout si elle voulait parler elle avait Arieh, Jake, Rachel… Ou même Nath, sauf que depuis le moment où elle s’était confiée à lui et qu’ils avaient couché ensemble ils ne s’étaient pas vraiment revus. Pourtant, Kennedy n’évitait pas le new-yorkais, mais elle avait fini par se dire que, lui si. Elle le laissait tranquille pour le moment, consciente qu’il n’en fallait pas beaucoup à notre chauve préféré (ex-aequo avec Yul Brynner) pour se sentir oppressé par une présence féminine. Mine de rien, ça lui manquait, la présence de Nath. Il était une des rares personnes à ne pas la traiter en victime. Une des rares personnes à agir avec elle comme il agirait avec n’importe qui. Depuis un an, c’était quelque chose de très rare pour Kennedy. Même ses amis voulaient tout le temps la ménager, même sans s’en rendre compte. Ils étaient tous trop gentils, trop attentionnés, trop…

« Je ne veux pas être une victime. »

Elle avait dit ça sur un ton énervé, de colère, plus que de souffrance. Elle souffrait d’être cette fille qui avait été violée par Tibère devant tout le monde. D’être celle qui avait, selon tous les sywhaîdiens, le plus souffert de la folie de l’italien. Même les deux Empereurs restants avaient pitié d’elle, compatissaient, même s’ils étaient trop tarés pour renier pour autant leur ami qui bouffait maintenant les pissenlits par la racine. Elle n’en pouvait plus des regards compatissants. Des gens qui semblaient toujours s’attendre à ce qu’elle se mette à pleurer, ou à se lamenter sur son sort. Oh elle avait pleuré, plus qu’à son tour. Mais elle ne voulait pas être cette personne. Elle voulait redevenir Kay Brooks, la vraie, l’unique. C’était ce qu’elle avait ressenti, un peu, avec Nath, mais il faisait le mort avant l’heure alors…

« J’ai parlé en long, en large et en travers de ce qui m’est arrivé ce soir-là. Mais tout ce que ça fait c’est de donner l’impression aux gens que je suis une victime, que je suis fragile. Ils me protègent, tous. Mais je ne veux pas être protégée. Je veux… Je veux être quelqu’un de normal, pas la fille violée en public. »

Elle releva le menton. Elle avait refusé de laisser les larmes apparaître dans ses yeux, ou les sanglots briser sa voix. En fait, elle venait de dire tout ça sur un ton tellement décidé, obstiné, qu’on aurait presque pu se demander comment cette fille pouvait être, justement, cette victime de la folie d’un sywhaîdien. Elle avait l’air forte, mais elle avait aussi l’air perdue. Comment pourrait-elle changer l’image que les gens avaient sur elle, après l’horreur de ce qui s’était passé ? Elle en avait assez d’être un symbole, mais pouvait-on échapper à ce genre d’images ?

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Youlika Manthoulis
Blanchisseuse
Blanchisseuse


Nombre de messages: 126
Date d'inscription: 27/07/2008

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Dim 7 Mar - 15:04

Et voilà qu'elle se mordillait encore la lèvre ; étonnant qu'elle en ait encore, si elle avait ce tic en permanence. Voilà ce que se disait Kika, pendant se long silence que laissa planer la californienne après qu'elle lui eût fait sa proposition. Ou plutôt, qu'elle n'eût pas répondu négativement à sa question, parce que "proposition", c'était un bien grand mot.

Et alors que l'Hellène était sur le point de conclure que Kennedy, de son côté, ne voulait en fin de compte surtout pas lui parler, mais ne savait pas comment le lui dire, alors qu'elle s'apprêtait, donc, à tourner les talons en maudissant l'andouille qui l'imaginait trop faible pour supporter un si "horrible choc"... l'Américaine répondit enfin. Et d'une façon qui ne pouvait que faire naître un sourire sur les lèvres de son interlocutrice. son ton était dur, presque agressif. Pas celui d'une petite chochotte, et, justement, Kika avait du mal à supporter les petites chocottes. Elle comprenait parfaitement bien ce que voulait dire la jeune femme. Cela pouvait paraître paradoxal de la part de quelqu'un qui essayait, la plupart du temps, de paraître plus effacée qu'elle ne l'était en réalité, mais elle n'aurait pas non plus supporté des années de passer pour un petit moineau fragile. Alors elle se résignait à prétendre n'être rien d'autre qu'une fille un peu bizarre et timide.

"Ça me paraît bien naturel", répliqua-t-elle donc, en se retenant de hausser une nouvelle fois les épaules. "Je détesterais aussi. Heureusement les gens par ici ne pensent pas que je suis ce genre de fille. Ou alors je leur prouve que non."

Elle passa une main derrière son dos, se saisit rapidement du poignard qui y était dissimulé. Elle désigna nonchalamment la lame, alors frappée par un éclat de lumière, et posa son index sur la pointe effilée de la lame. A vrai dire, elle n'avait pas montré cette arme à grand-monde. Elle avait d'autres manières de montrer qu'elle n'avait besoin de l'aide de personne. Mais Kennedy, c'était différent. Elle trouvait très intime ce que la californienne venait de dire, et il lui avait semblé logique, en échange, de faire un aveu du même niveau. Quelques années plus tôt, elle se serait simplement félicitée d'avoir obtenu cette information, l'aurait gardée précieusement au chaud, au creux du secret, pour pouvoir au cas où s'en resservir plus tard. Mais qu'elle en ait conscience ou non, Kika avait déjà beaucoup changé depuis qu'elle avait quitté la Grèce, et le cocon douteux de son école.

"Peut-être qu'il faut que tu trouves le moyen pour leur montrer", suggéra-t-elle, en rangeant le poignard dans son étui.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: When she was twenty-two, her future was bright...   Jeu 1 Avr - 12:58

« Il me faudrait au moins un katana planqué sous le manteau… » soupira Kennedy, de l’amusement pétillant dans le regard.

Néanmoins, quelques secondes plus tôt, elle avait accueilli la « confession » de Kika avec un sérieux bien différent. Elle ne savait pas trop comment prendre cette apparition de la lame de la jeune femme. Savoir qu’ici, à Sywhaîd, quelqu’un se baladait avec un poignard constamment à portée de main, sur lui carrément, était un peu flippant. Oh bien sûr, Kay n’en était pas à sa première découverte de ce genre sur ses camarades. Elle savait que beaucoup cachaient des choses, que peu d’entre eux était réellement ce qu’ils semblaient être. Et elle s’y était faite. Ou du moins elle avait fini par ne plus y penser tout le temps et par ne plus en être si flippée que ça. Mais Youlika et son poignard… Elle ne savait pas comment l’interpréter. Etait-elle sensée faire confiance à la grecque ? Décider qu’il était normal qu’elle ait une arme sur elle, pour une raison qu’elle ignorait ? Ou alors devait-elle éviter la jeune femme à partir de maintenant, comme elle évitait les empereurs à cause de cette folie qu’elle sentait en eux ?

Elle se releva. Elle n’avait pas envie de s’éterniser, de s’appesantir encore sur le sujet. Et puis, elle n’était pas sûre d’avoir tellement envie de passer un peu plus de temps avec Youlika. Cette fille était…. Bizarre. Et oui, Kay avait de plus en plus l’habitude de fréquenter des gens hors-normes, mais à chaque fois il lui fallait un peu de temps pour accepter leurs bizarreries. Au fond d’elle, une toute petite partie de ce qu’elle était, continuait à rêver à une vie normale et à des fréquentations qui n’avaient pas un poignard caché sous leurs vêtements… Elle sourit cependant à la jeune femme, et se surprit elle-même en lui disant, avec chaleur :

« Merci. »

Elle ne savait pas elle-même pourquoi elle remerciait Youlika. Pour l’avoir endormie, le soir en question ? Pour avoir discuté avec elle aujourd’hui ? Pour lui avoir donné un bon conseil ? Comme elle était incapable de répondre à cette question, elle haussa les épaules, sourit une nouvelle fois, et partit, décidée à passer du bon temps, d’une manière ou d’une autre. Elle l’avait bien mérité. Et c’était peut-être ça, aussi, le moyen de ne plus être vue comme une victime…

[Si tu as envie d’ajouter quelque chose, vas-y, autrement verrouille ^^]

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

When she was twenty-two, her future was bright...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Ma future armure
» lis et maggie FUTURE
» Alternative Future
» Naissance d'une future belle amitié [Arthur Stevenson]
» When she was twenty-two, her future was bright...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: L'école :: La cour centrale-