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Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Kiss Kiss Bang Bang Sam 23 Jan - 11:23 | |
| [Ceci se passe cinq ans avant l’arrivée de Zee et John à Sywhaîd. Et quelques jours après le topic warrior and pilot…]La porte s’ouvrit dans un grincement à vous en faire sauter les plombages. Un paquet fut balancé avec violence sur le sol en terre battue et la porte se referma, toujours dans ce grincement insupportable. Plusieurs bruits de verrous plus tard et le silence relatif revint dans la cellule. Un silence qui fut bien rapidement brisé par un grognement. Le paquet bougea et rampa un petit peu avant de se redresser. Zee n’avait pas vraiment l’air d’avoir passé une bonne journée. Son pantalon de treillis était taché de terre et de sang, son débardeur était plein de sueur, de poussière et de sang, quant à sa coiffure, elle n’avait plus rien à voir avec celle qu’elle arborait au début de ce contrat. Elle avait perdu sa barrette à un moment donné et ses longs cheveux bruns étaient particulièrement décoiffés, plaqués sur la racine à cause de la sueur, de la chaleur et de la saleté, mais partant très vite n’importe comment, ses boucles semblaient même moins régulières que normalement. Les mains toujours attachées dans le dos par des menottes, elle s’approcha d’un des murs sales de la cellule. Il n’y avait pas de barreau, ils étaient complètement enfermés, dans le noir, seulement éclairés par plusieurs rayons de lumières venant de la porte qui n’était pas parfaitement à la bonne taille, même si elle était aussi assez forte pour qu’on ne puisse pas l’ouvrir, William et Zee avaient essayé quelques heurs plus tôt, avant que leurs ravisseurs ne les emmènent pour leur « interrogatoire ». Avec un soupir, Zee se laissa glisser contre le mur, doucement. Le mur la maintenait en position assise plus facilement, il faut dire qu’elle n’était pas dans un très bon état. Elle avait une sorte de blessure au niveau de la tempe, qui avait plutôt abondamment saigné, avant que ça ne sèche en partie. C’était cette blessure là qui l’avait assommée avant qu’elle ne puisse vraiment faire quoi que ce soit durant l’embuscade. Juste avant, un de leurs adversaires lui avait collé un pain qui lui avait fendu sa belle lèvre pulpeuse. Si elle avait été du genre à se torturer, elle aurait sûrement pensé à cette scène comme à un moment où tout avait foiré, où ils n’avaient pas fait ce qu’ils auraient dû faire. La vérité était qu’ils n’avaient rien pu faire, ils ne pouvaient pas prévoir l’embuscade, tout leur plan reposait sur la discrétion, ils avaient été discrets… Mais quelque chose avait foiré. « John ? » appela-t-elle en regardant vers la silhouette avachie du pilote. Ils étaient tous passés par la case « interrogatoire ». John avait été le premier, parce qu’il avait eu le malheur de ne pas retenir une de ses réflexions débiles au moment où ils étaient venu chercher leur première victime. Quand ils avaient pris William, ils avaient pris Zee avec, et elle n’avait pu qu’entrevoir rapidement un John en mauvais état. « John, ça va ? » Elle prit une inspiration douloureuse. Ils ne l’avaient pas beaucoup frappée, proportionnellement à ce qu’ils avaient fait à ce pauvre William… Mais elle avait quand même une épaule très douloureuse et sûrement une ou deux côtes fêlées. Leurs ravisseurs réfléchissaient comme de terribles machos, et étaient persuadés qu’elle était forcément la femme d’un des deux hommes. Ils avaient semblé décider qu’elle était celle de William, et s’étaient bien amusés à le torturer devant elle… Jusqu’à ce que… « John, tu peux tenir debout ? Va falloir qu’on se tire, et je vais pas pouvoir te porter. » dit-elle d’un ton professionnel. Tout en parlant, elle regardait autour d’elle, histoire d’essayer de mettre un point final à l’idée qu’elle avait. « Tu peux tenir une arme ? » _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | John Arbuthnott Sywhaîdien


Nombre de messages: 38 Age: 37 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Sam 23 Jan - 14:24 | |
| "Silhouette avachie" était encore une formulation un peu trop positive de l'état dans lequel se trouvait le vaillant Écossais. "Loque humaine" eût été plus proche de la réalité. Décidément, ces rebelles n'avaient aucun sens de l'humour ; et John avait beau être un professionnel, il n'avait pas la guerre dans le sang, au point de savoir que ça ne sert à rien de lancer des petites vannes au milieu d'une séance de torture, sinon à enrager encore plus ses charmants tortionnaires. Ils s'en étaient donné à cœur joie, alors même qu'il leur était assez rapidement apparu qu'il ne s'agissait que du pilote, qu'il n'était donc pas le chef de l'opération ni l'heureux détenteur d'un numéro de téléphone permettant d'identifier les sympathiques commanditaires de l'opération, et que ce n'était pas lui non plus qui avait décidé de la planque de ces bloody diamants.
La moitié de sa figure oscillait entre le bleu et le rouge sombre ; il l'avaient bourré de coups plus réglementaires entre le cou et le bassin, au point que la douleur avait fait craindre à John, sur le coup, qu'ils ne lui aient fait éclater un bout de rate ou de foie. Mais il avait à coup sûr une paire de côtes cassées, qui appuyaient sur son poumon et gênaient sa respiration. Manquant d'imagination, ils s'étaient contentés, au niveau des jambes, de quelques coups dans les genoux et les tibias, sans casser ces derniers, heureusement. En revanche, ils lui avaient sévèrement amoché les pieds avec leur connerie d'huile bouillante.
John était tassé sur lui-même dans un recoin très sombre de leur cellule, mais devinait que ça ne devait pas avoir une très jolie gueule. A défaut de crème ou de bisou magique anti-bobos, il s'était contenté d'adopter une position un peu tordue, pour ne pas trop appuyer sur ses côtes tout en plaquant la paume de ses pieds contre une partie froide du mur.
Il était encore à moitié inconscient lorsqu'ils avaient embarqué Zee et William pour la suite des réjouissances. Il n'était pas mécontent de revoir le premier paquet revenir lui tenir compagnie. Il avait eu trop de difficultés à trouver cette position pour bondir aussitôt de joie sur ses pieds cloqués pour saluer le retour de cette bonne vieille Zeynep, cependant. Wonderwoman semblait s'en être plutôt bien tirée. Probablement la seule femme qui pouvait rester belle dans un état pareil. Mais le cerveau de John savait rester lucide en toutes circonstances, côtes éclatées ou pas, et Zeynep ou pas (l'une des principales qualités d'un aviateur digne de ce nom). Ce n'est donc pas parce qu'il aurait été en plein délire qu'il fit à la guerrière la réponse suivante :
"Oh, Zee, j'peux même tenir une banane si ça peut t'faire plaisir. J'suppose que t'as oublié d'rapporter l'café ?"
Il n'adoptait pas le ton rieur ordinaire. Il avait plutôt l'air mal en point, et désabusé. Il n'était pas stupide ; il savait faire la différence entre les chiffres deux et trois, et devinait que si Zeynep avait commencé à échafauder un plan d'évasion avant le retour de William, ce n'était pas parce que ce dernier se serait soudainement révélé le vilain traitre qui les avait vendus à leurs doux geôliers. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Sam 23 Jan - 14:47 | |
| « J’avais peur que ça te rende trop nerveux. » répondit Zee sur un ton qui était à peu près l’égal de celui de John.
Zeneyp avait de l’humour, même si la première rencontre entre le pilote et elle ne s’était pas vraiment passée de façon à le montrer. Mais depuis, John avait pu le voir. Il faut dire que l’humour de Zee était un humour qui se manifestait surtout dans ce genre de situations. Ils avaient bien besoin de dire des conneries pour ne pas désespérer, c’était une méthode de survie assez efficace. Elle prit une inspiration et commença à s’agiter. Le rayon de lumière était à moitié sur elle, elle était bien plus visible que John ne l’était. Et ce que le pilote put voir fut un spectacle assez bizarre. Zee commença par s’éloigner un peu du mur. Puis, elle prit une grande inspiration, et poussa ses bras en arrière au maximum. Elle avait une épaule qui semblait à moitié luxée, voire proche d’être démise, ce qui rendait l’opération très douloureuse. Mais Zee était capable de laisser la douleur de côté dans la plupart des situations, surtout quand sa vie était en jeu. Elle grogna quand même, le plus doucement possible, elle ne voulait pas attirer l’attention de qui que ce soit sur eux, s’ils se faisaient remarquer trop tôt, c’en serait fini d’eux.
Et la douleur n’allait pas se calmer. Elle posa ses mains sur le sol et appuya dessus pour se soulever à quelques petits centimètres au-dessus de la terre battue. Après une nouvelle inspiration profonde, elle poussa sur ses pieds. Elle avait mal à l’épaule, et mal à ses côtes, mais elle se força à faire ça le plus rapidement possible, sans s’arrêter, de peur de rester coincée dans sa position. Elle se retrouva rapidement avec les bras devant elle, sous ses cuisses. Le plus dur restait à venir. Elle regroupa ses jambes contre elle, et força ses bras au maximum, le plus haut possible. Le spectacle avait quelque chose s’assez gracieux, on y voyait la souplesse de la jeune femme, mais personne n’était vraiment là pour apprécier. Elle s’agenouilla. Ses bras étaient devant elle. Toujours attachés, et pour le moment ils n’avaient aucun moyen de les détacher, mais au moins ils étaient devant. Ce qui voulait dire qu’elle pourrait plus facilement se battre. Et qu’elle pourrait manier une arme aussi.
Toujours à genoux (elle avait trop peur que trop de mouvements n’attire l’attention des gardes), elle avança jusqu’à John. Il lui avait dit qu’il était capable de faire ce qu’elle lui demandait, et elle avait confiance en lui, grâce à ce qu’elle avait vu depuis le début de ce contrat qui avait tellement mal tourné, mais elle devait quand même s’en assurer. Zeneyp Fitzpatrick n’était pas du genre à faire confiance en aveugle à quelqu’un quand sa vie était en jeu.
Elle s’agenouilla à côté de John. Elle pouvait le voir à présent. Il n’était pas vraiment dans un très bon état. C’était même plutôt un euphémisme. Elle soupira.
« On va attirer les gardes à l’intérieur. Tu fais l’appât, ils entrent, je les démonte. Ils ne sont que deux, je vais pouvoir m’en sortir. Mais après ça, je vais avoir besoin de toi en soutien. J’ai bien vu comment est le bâtiment, on a des chances de s’en sortir. » Elle s’arrêta une seconde, puis déposa doucement, avec une délicatesse qu’on n’attendait sûrement pas de Zeneyp Fitzpatrick, sa main sur la cuisse de John et dit d’une voix douce : « Je veux récupérer le corps de Will, mais tu n’es pas obligé de m’aider. Je te demande seulement de m’aider jusqu’au couloir où ça bifurque entre la sortie et la salle où ils nous ont emmenés. »
Penser que Will était mort était… Douloureux. Plus encore que son épaule, ses côtes, sa lèvre, sa tempe ou quoi que ce soit d’autre. Zee avait perdu un ami. Et dans ses yeux, qu’on voyait briller dans la pénombre, il y avait une lueur assassine. Il était clair qu’elle ne comptait pas vraiment aller récupérer la dépouille discrètement ou en douceur. Il était clair aussi qu’elle ne comptait laisser leurs tortionnaires s’en sortir vivants. La guerrière était de sortie. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | John Arbuthnott Sywhaîdien


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 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Sam 23 Jan - 16:58 | |
| Argh, Fitzpatrick ! C'était bien le moment de faire de l'humour ! Il n'était pas pince-sans-rire, lui, et quand on lui sortait une répartie pareille, alors qu'il avait les côtes cassées, ça faisait fichtrement mal. Mais ça faisait du bien aussi, à vrai dire. Ils avaient effectivement besoin de décompresser, vue la situation. C'était ça ou fondre en larmes, ce qui aurait juste été encore plus douloureux, et les aurait rendus totalement incapables de sauver ce qui restait de leurs peaux.
Deux carcasses bien amochées, mais bien vivantes, et accrochées à l'existence, comme le prouvaient bien les réactions de John au retour de Zee. Parce qu'il y avait bien un spectateur à ses étirements sophistiqués, et même si le spectateur en question avait un œil à demi fermé par un gigantesque hématome qui lui boursouflait la paupière, le second, lui, n'avait rien perdu du spectacle. Rho, c'était bien le moment de s'extasier sur sa souplesse, tiens. Quand elle éclaterait en deux coups de cuillère à pot la tronche de leurs gardiens, là, oui, il pourrait applaudir (en pensée, parce que les mains liées dans le dos, allez battre des mains, vous...).
Il admirait sa beauté, mais son courage aussi, ayant lui-même du mal à supporter la simple idée de se tenir sur ses deux pieds, alors qu'il n'était pas supposé être la dernière des chiffes molles. Il serra des dents lorsqu'elle glissa douloureusement les mains à travers l'étroit étau de ses bras. Il lui sembla qu'il pouvait deviner aussi la douleur intérieure qu'elle devait refouler, en même temps que la physique. Il avait travaillé pendant des années avec William, mais de loin ; c'était un agréable collègue, alors que pour elle, c'était un véritable ami. Et c'était lui que ces enfoirés n'avaient pas été fichus de torturer proprement, qu'ils avaient tué par maladresse, la laissant seule avec cette andouille de pilote blond et écossais. Seuls... A vrai dire, une part de lui ne détestait pas complètement l'idée.
C'était perturbant. Mais ils étaient seuls, oui, tous les deux, vulnérables et shootés à l'adrénaline. Et elle était agenouillée près de lui, avait posé avec douceur sa main sur sa cuisse. A ce contact, il ferma l'espace de quelques secondes l'œil qui ne l'était pas déjà.
Le corps de William... William, mort. Il avait besoin d'accorder quelques secondes de pieux silence à cette pensée.
"Je te savais pas sentimentale, Zee." Il rouvrit l'œil, lui sourit. Il vit son regard brillant, et, toute maculée qu'elle était de poussière et de sang coagulé, la trouvait magnifiquement belle. Il lui faisait confiance, aussi ; si elle disait qu'ils avaient une chance, il avait tendance à la croire. Et il savait aussi que même sans avoir sa force, il saurait lui aussi faire abstraction de la douleur, le temps qu'ils se tirent de ce pétrin. N'arrivait-il pas déjà à laisser vagabonder son esprit vers la beauté et la tendresse, alors qu'il n'aurait dû être empli que de douleur, de tristesse et de vengeance ? |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Mar 2 Fév - 13:48 | |
| « Si tu le dis à qui que ce soit, je te tue… » répondit Zee avec une grimace qui aurait pu être un sourire si son épaule ne lui avait pas fait aussi mal à ce moment précis, et si elle avait pu s’empêcher, quelques secondes au moins, de penser à William et à la fin horrible qu’il avait eue.
William était un ami. Un ami depuis de longues années. Mieux que ça, un ancien camarade. Une des rares personnes qui comprenaient ce que Zee disait quand elle parlait de l’IRA, de la guerre qu’ils avaient menées. Un de ceux qui ne s’était jamais trahi, qui n’avait jamais trahi la cause, même quand ils avaient dû abandonner, même quand ils avaient tout perdu. C’était un ami fidèle, quelqu’un en qui elle avait eu confiance, et même dans ses amis, c’était quelque chose de rare. Elle venait de perdre quelqu’un qu’elle considérait comme faisait partie de sa famille. Et c’était bien plus douloureux qu’une épaule luxée, que des côtes cassées, ou même que l’idée qu’elle ne s’en sortirait peut-être pas. Elle avait mal. Et elle était en colère. Elle voulait se venger. Elle n’avait jamais été du genre à torturer, mais pour une des rares fois de sa vie elle réalisa qu’elle se serait sûrement perdue dans cette idée s’il n’y avait pas eu John. Non pas qu’elle fût déjà folle amoureuse de lui, non, mais il était là. Et ça permettait à Zee de rester humaine, malgré la douleur et la folie meurtrière qui la dévorait. Oh elle se vengerait. Mais elle le ferait le plus proprement possible. Parce qu’elle n’avait jamais été comme leurs tortionnaires, elle n’avait jamais pris plaisir à la souffrance des autres. Elle n’avait jamais fait ça pour s’amuser. William non plus. Et elle voulait honorer sa mémoire, pas salir encore ce qu’il avait été.
Elle prit une inspiration. Dans quelques secondes, John appellerait les gardes, et ils lutteraient pour leurs vies. Elle n’avait pas menti, ils avaient des chances de s’en sortir… Mais ces chances n’étaient pas majoritaires. Oh elle s’était sortie de situations au moins aussi inextricables. Mais la chance jouait toujours un rôle important dans ce genre de contextes. Et elle n’était pas sûre que la chance soit de son côté, cette fois. Si elle avait été réellement croyante, elle aurait sûrement prié, pour demander à Dieu de l’aider. Mais elle avait vite compris que la religion n’était pas pour elle. Elle n’avait pas la foi. Elle croyait en elle, en ses capacités, et pensait que la chance ferait le reste. Ca n’avait jamais été dans sa nature d’attendre paisiblement la mort, elle lutterait jusqu’au bout, elle ferait de son mieux. Et elle voyait, dans le regard bleu de John qu’il en ferait de même. Peu de gens avaient cette capacité, la plupart se reposaient sur les autres en pareille situation, ou préféraient faire l’autruche. Elle réalisa soudain qu’elle appréciait réellement le pilote. Qu’il était de ces personnes qui méritaient son respect. De ces personnes à qui elle pouvait faire confiance et qui, encore une fois, étaient rares.
Prise d’une impulsion, elle colla ses lèvres pulpeuses à celles de l’écossais, sans même lui laisser le temps de réagir. Elle l’embrassa avec une passion et une fougue que seuls de telles situations peuvent provoquer. L’adrénaline était un aphrodisiaque puissant, plus puissant que n’importe quel autre, et Zee eut du mal à mettre un terme à leur baiser, un peu plus et elle en aurait oublié qu’ils avaient mieux à faire. Heureusement, ils étaient en piètre état, et attachés, ce qui la força bien à s’arrêter. Elle prit une nouvelle inspiration, et se leva souplement, sans même cligner des yeux sous la douleur que son corps lui communiqua. Elle se dirigea vers la porte de la cellule, se positionnant de façon à pouvoir prendre les gardes par surprise, et fit un simple hochement de tête vers John. Elle avait annulé la douleur, elle avait annulé l’envie de l’embrasser. Tout ce qu’il restait était ce qu’elle savait faire mieux que personne : se battre, survivre. Se venger. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | John Arbuthnott Sywhaîdien


Nombre de messages: 38 Age: 37 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Jeu 4 Fév - 22:51 | |
| John aurait pu lui promettre de garder ça pour lui ; il aurait pu, encore moins subtilement, lui dire qu'il réfléchirait en temps et en heure à un chantage approprié. Mais même si Zee l'avait, depuis le début de la mission, habitué contre toute attente à ces pointes d'humour subtil, il était capable de se rendre compte que, cette fois, ce n'était pas franchement de l'humour véritable, mais un cache-douleur. En tout cas c'est ce que pensait John ; qui n'était évidemment pas le dernier des insensibles, mais pas non plus le fils (ou arrière-petit-fils, disons) de docteur Freud.
Lui en tout cas n'était pas franchement d'humeur à se rouler par terre de rire. Il avait mal partout, il était dans une situation désespéré, un membre proche de son équipe venait de mourir, probablement dans des souffrances atroces... Pourtant il n'avait pas non plus de pleurer. Ça devait être l'instinct de survie. Il n'avait pas non plus spécialement envie de se venger, ce n'était pas dans son caractère, même s'il n'avait pas non plus été proche de William que Zeynep l'avait été et que ça devait compter. En tout cas il avait surtout cette dernière en tête, qui avait l'avantage d'être tout près de lui, bien tiède et bien vivante.
Bouillante de vie, oui, de sang et de passion. Que John croyait entièrement tournée vers la vengeance, jusqu'à ce qu'elle pose brusquement ses lèvres sur les siennes. Il n'eut même pas le temps de se dire "oh mon dieu, les lèvres de Zee" ; comme la belle guerrière, il se perdit complètement pendant ces quelques secondes que durèrent le baiser. Peut-être même davantage, car il n'eut même pas, quant à lui, suffisamment de contrôle sur la situation, ou sur lui-même, pour y mettre finalement un terme. Trop sentimental, le Jojo. Ou pas assez professionnel ; peut-être que c'était ça, ce qui distinguait un simple pilote d'une mercenaire professionnelle.
John ne pensa même pas aux raisons qui pouvaient pousser une personne aussi mesurée que Zee, qui a priori ne l'appréciait pas plus que ça et lui avait accessoirement cassé le nez lors de leur première rencontre, à lui rendre plutôt deux fois qu'une les expressions de désir qu'il ne pouvait s'empêcher de manifester. Il ne pensa à rien du tout. Il ne se rendit même pas compte que, pour sa part, il était manifestement déjà sérieusement accro à la belle irlandaise, et pas uniquement d'un point de vue purement physique. Et lorsqu'elle décolla finalement ses lèvres, il sembla surpris de se découvrir au milieu de cette cellule de fortune sordide, surpris d'avoir mal partout. Il étouffa un soupir de douleur tandis que Zeynep, déjà, se levait, avec une souplesse féline. Elle était prête. Elle n'attendait que lui pour démarrer les hostilités.
D'ici quelques minutes, quelques secondes, ils lutteraient pour leur vie, sans retour en arrière, sans pouvoir penser à quoi que ce soit d'autre qu'à l'action, à la guerre, à frapper juste et fort. Il n'aurait plus le droit de penser à elle pendant ce temps-là, sous peine de mort. Il se releva rapidement, ce qui lui valut de geindre à nouveau : il n'était ni si souple, ni si courageux, lui. Ouille. Il la regarda, toute prête qu'elle était, à l'affût comme un tigre, ses yeux seuls brillant dans la semi-pénombre. Elle hocha la tête, et même s'il savait ce que ce signal signifiait, il parcourut quand même les quelques mètres qui les séparaient, pour se poster devant lui.
"He is worth nae weel, That can bide nae wae"*, murmura-t-il gravement.
Il se pencha pour l'embrasser, et tant pis si elle pensait déjà vengeance, tant pis s'il risquait de se faire fracasser le nez une seconde fois. Un baisser très doux, très différent des quelques secondes de folie qu'ils venaient de partager. Très tendre, au contraire, et très rapide. Peut-être que ça risquait de déconcentrer la guerrière, peut-être qu'elle le lui reprocherait, mais lui, il en avait besoin. Il n'était pas animé par la vengeance ; mais l'idée d'avoir embrassé Zee, et même, mieux encore, qu'elle l'ait embrassé, le rendait merveilleusement heureux. Et il n'y avait que ça pour lui faire vraiment oublier la douleur. Il n'y avait que cette idée pour le faire rire aux éclats, ce qui était précisément son plan.
La pauvre Zeynep se demanda peut-être si elle avait eu raison de parier sur leurs chances de survie en voyant le joli blond rejoindre le centre de la cellule, en éclatant de rire. Un vrai fou rire, tout à fait crédible ; le genre de trucs qui pouvait laisser croire qu'il était complètement siphonné. Mais c'était précisément le but de l'opération : les gardes ne se seraient pas déplacé s'il avait simplement hurlé, ou tambouriné à la porte comme un forcené. Ils ne parlaient pas suffisamment bien anglais pour qu'il puisse par la tchatche les convaincre d'ouvrir cette satanée porte, et il n'était de toute façon probablement pas assez beau parleur pour ça non plus. Le rire était quelque chose d'universel. Et tant pis si ça faisait horriblement, mais horriiiiblement mal aux côtes.
*Qui ne veut aucun mal, Ne mérite aucun bien. (proverbe Ecossais) |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Dim 7 Fév - 21:29 | |
| Zeneyp ne s’y était pas attendue, c’est le moins de le dire… La méthode de diversion de John n’était… comment dire… n’était pas vraiment orthodoxe. Quand il s’était levé et approché d’elle, elle s’était sérieusement demandée s’il avait bien compris le plan, parce que, non, il n’était pas sensé prendre les gardes par surprise avec elle. Quand il l’avait embrassée… Euh, bon, okay, John avait échappé de peu à un coup de poing dans le nez (déjà bien amoché ahem). S’il n’avait pas été John, et que ça n’avait pas été déjà si agréable de l’embrasser quelques secondes plus tôt, Zee l’aurait sûrement recadré d’une façon peu agréable. Non mais oh ! On n’était pas au club med non plus ! Il croyait vraiment qu’ils allaient s’envoyer en l’air en attendant que les gardes entrent ? Bon, admettons, la belle guerrière oublia tout de même une partie de ses questions intérieures vu que… Ben… John l’embrassait. Okay la métisse n’était peut-être pas la femme la plus romantique du monde, mais résister à un baiser aussi tendre était quand même compliqué. Zee restait une femme, dessous sa carapace épaisse de dure à cuire.
Quand John arrêta de l’embrasser, Zee leva un sourcil (on ne lève jamais assez ses sourcils) et le regarda se mettre au centre de la cellule avec un air un peu sceptique. Qu’est-ce qu’il allait faire ? Soudain, il éclata de rire, et Zeneyp comprit. Un sourire amusé apparut sur son visage. Non, elle n’y aurait pas pensé, mais ça n’était pas bête. Et ça allait forcément fonctionner, qui ne viendrait pas voir ce qui se passait en entendant un prisonnier rire comme ça ?
Pas leurs ravisseurs en tout cas. Heureusement pour les côtes de John, ils ne tardèrent pas à entrer dans la cellule. La porte s’ouvrit, mais la métisse ne se précipita pas tout de suite vers le duo qui venait d’entrer. Si elle y allait trop vite, ils auraient le temps de réagir. Evidemment, si elle y allait trop lentement, ils auraient le temps de se préparer à son attaque. Mais heureusement, Zee était une professionnelle. Elle reconnut le moment précis où il fallait attaquer, et se précipita.
Les deux hommes étaient grands, musclés, aussi noirs que l’ébène et ils étaient armés, évidemment. Mais pris par derrière, ils n’étaient pas plus dangereux que n’importe qui. Zee prit son élan et assomma à moitié le premier d’un coup de coude dans la tempe. En fait, c’était moins réussi qu’elle ne l’aurait aimé. Elle aurait préféré l’assommer, mais avec ses mains attachées, elle ne pouvait pas prendre autant d’élan qu’elle l’aurait voulu. L’homme fit mine de se retourner mais, heureusement, Zee n’était pas du genre à se laisser surprendre si facilement. Elle balança ses deux mains et percuta sa mâchoire. Elle ajouta un coup de genou dans l’estomac qui enleva tout l’air à l’homme et l’assomma cette fois pour de bon.
Seulement, le deuxième homme avait eu le temps de comprendre ce qui se passait. Alors que son partenaire s’effondrait au sol, il grogna et porta sa main à une sorte de long couteau qu’il portait à la hanche. Zee lui colla un coup de pied sans réel élan, qui percuta sa main juste assez fort pour qu’il le lâche. Attachée comme elle l’était, et bien trop proche de l’homme, Zee n’était pas vraiment dans les meilleures dispositions pour un corps à corps. Elle se rapprocha de lui le plus possible, histoire de ne pas lui laisser l’avantage, et lui colla un coup de boule en plein dans le haut du buste. Il ne bougea que d’un centimètre ou deux, il faut dire qu’il était une vraie masse, avec plus d’une tête de plus que la métisse, qui était elle-même déjà plutôt grande. Elle soupira. Le corps à corps n’était pas la chose qu’elle faisait le plus souvent. Elle savait se battre, elle avait appris, bien sûr, mais elle avait tendance à mieux se débrouiller avec des armes… Et si possible pas avec les mains attachées.
Elle fit basculer son poids et le balança sur l’homme avec son épaule. Ca n’eut pas tellement d’effet, à part le plutôt agréable de déstabiliser un peu l’homme au moment où il essayait de lui coller un pain, ce qui permit à Zee d’éviter sa main qui ressemblait à une massue.
« C’est pas vrai…. » grogna-t-elle.
Les mains attachées, que pouvait-elle faire ? Même voler une arme à l’homme ne serait pas d’une grande utilité. Elle soupira et esquiva un nouveau coup de poing en reculant. L’homme était en train de la repousser vers le coin de la pièce où elle ne pourrait pas faire grand-chose. Elle tourna un regard vers John mais ce dernier était occupé avec le premier homme, qui venait tout juste de commencer à se réveiller. Oh et puis de toute façon John ne serait pas d’une grande utilité, il était en pire état qu’elle et ses mains à lui étaient carrément attachées dans le dos. Si elle ne se dépêchait pas de se débarasser du sien, il y avait même des risques pour que John ne s’en sorte pas, d’autant plus qu’elle ne savait absolument pas à quel point il savait se battre. Elle ne put s’empêcher de se sentir coupable. Elle n’avait pas assez bien assommé le premier mastodonte, il n’aurait pas dû se relever aussi vite ! A essayer de faire les choses vite…
Son dos toucha le mur. Merde. Merde. Merde. Elle regarda autour d’elle. Elle n’avait rien pour l’aider. Elle n’avait rien pour. Elle regarda un peu au-dessus de l’épaule de l’homme et sourit. Ca ne loupa pas, persuadé que John l’attaquait par derrière, il pivota brusquement et Zee se précipita sur lui. Elle monta sur son dos et passa ses bras par-dessus sa tête pour lui passer autour du cou. Elle grimaça en le faisant, son épaule lui faisait terriblement mal mais pour le moment elle ne pouvait rien faire à ce sujet. L’homme était un bon combattant, il eut le réflexe de se jeter le plus fortement possible contre le mur ce qui explosa l’épaule de Zee encore plus fort, et en plus lui fit perdre son souffle.
Mais si l’homme était habitué à se battre, Zeneyp elle était une guerrière. Quelqu’un de tenace et d’obstiné. Mais surtout, elle savait déjà qu’elle luttait pour sa vie, alors que l’homme n’avait pas encore tout à fait réalisé. Zee restait une femme, il ne devait pas être habitué à prendre les femmes pour des adversaires de taille. Il se propulsa de nouveau contre le mur mais Zee s’agrippa plus fortement à lui, l’enserrant de ses deux longues jambes musclées au niveau de la taille. Elle serra les dents, respira du mieux qu’elle le pouvait, et tira sur ses bras. Le cou de taureau de l’homme se retrouva soudain complètement comprimé par le métal des menottes de Zee. Il grogna et se débattit mais Zeneyp était trop bien accrochée. Elle entendait des bruits de lutte mais elle était incapable de l’aider pour le moment. Elle espérait juste qu’il réussirait à tenir.
L’homme se balança de nouveau contre le mur. Il perdait trop d’énergie à bouger comme un crétin, il essayait toujours de la désarçonner alors qu’il aurait mieux fait de saisir son arme pour essayer de la tuer. Il avait perdu trop de temps, encore peu et… il tomba à genoux. Cette fois il avait agrippé la chevelure crépue de l’afro-irlandaise et tirait aussi fort qu’il le pouvait. Quelques secondes plus tôt, ça aurait pu marcher, mais il n’avait plus d’oxygène frais dans les veines depuis un tout petit peu trop longtemps pour avoir assez de forces. Et Zee était quelqu’un de vraiment, vraiment terriblement obstiné.
Quelques secondes plus tard, Zee était accroupie au-dessus du corps de l’homme et cherchait les clés pour ouvrir ses menottes. Elle les trouva dans sa poche de pantalon et libéra ses bras avec un soulagement qu’elle n’oublierait pas de si tôt. Mais elle n’avait pas fini. Elle lui enleva l’espèce de pistolet qu’il avait à la taille et s’éloigna. Alors que le premier assaillant semblait avoir pris le dessus sur John, elle lui fracassa le crane avec un simple coup de crosse porté exactement au même endroit. Il s’écroula sur John, pas prêt de se relever. Après avoir aidé John à se libérer du corps, elle lui enleva les menottes.
« Ca va ? »
Ils n’avaient pas beaucoup de temps avant que quelqu’un ne passe devant leur cellule, pas vraiment le temps de s’attarder en effusions. Zee était d’ailleurs déjà en train de dépouiller les deux cadavres de leurs armes. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
|  | | John Arbuthnott Sywhaîdien


Nombre de messages: 38 Age: 37 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Dim 7 Fév - 22:49 | |
| Le bisou magique avait suffisamment opéré pour permettre à ce cher John de produire un fou rire tout à fait crédible le temps des quelques longues et douloureuses secondes qu'il fallut à ces empotés de gardes pour venir voir ce qu'il se passait. Il n'aurait pas cru pouvoir supporter une pareille douleur dans les côtes sans s'évanouir, et se dandinait d'un pied sur l'autre dans le but vain de ne pas appuyer sur ses brûlures. Mais notre apprenti mercenaire commençait à découvrir la notion de second souffle, et se surprit, lorsque les mastodontes firent irruption dans la cellule, à leur raconter sa blague préférée, celle des trois steaks hachés dans la forêt. Malheureusement, il n'eut pas le temps de la leur raconter jusqu'au bout, vu qu'il fut interrompu par un coup de coude bien placé -ou considéré comme tel par John.
Mais visiblement, ça ne suffisait pas, et l'Écossais regarda avec intérêt comment Zeynep corrigeait à sa manière un coup de coude raté. Ah, pas bête, de viser la mâchoire, et carrément brillant, le coup de l'estomac. Ah, s'il avait été un peu plus expérimenté, le John, il se serait occupé de l'autre mercenaire, mais il était en formation accélérée, hein. Il avait trouvé plutôt malin le coup du fou rire, et il ne fallait pas lui demander trop de génie dans la même journée. Surtout une journée où il se faisait embrasser par Zeynep Fitzpatrick. Mais nom d'un chien, ce n'était pas le moment de penser à cette coupure sur ses lèvres. Youhou ! John !
L'homme encore debout venait de faire mine de dégainer son arme blanche, un geste paré de justesse par Super-Zeynep. John se recula par réflexe, rejoignant l'homme assommé... ou qu'il croyait tel ; il regardait Zee se battre, en retenant de petits gémissements en voyant que le combat ne tournait pas aussi franchement à l'avantage de la belle guerrière qu'ils ne l'auraient espéré. il réfléchissait également bel et bien à une façon de lui venir en aide, mais leurs gestes étaient extrêmement rapides, et lui, il avait mal partout, les mains dans le dos, alors à part se fracasser le crâne en se jetant tête baissée façon bélier dans l'estomac du géant... Il fallait juste que Zee se décale et...
"Aaaaargh"
Le geôlier assommé, que nous appellerons "n°1" pour plus de commodités, avait retrouvé connaissance et, profitant de la distraction de ce pauvre John, lui avait brusquement saisi le mollet des deux mains et le lui avait tordu, provoquant, outre une vive douleur dans le tibia de notre (hem) héros, la chute de ce dernier, dont la tête vint heurter le mur de la cellule. Ouille. Cela ne l'assomma pas, mais il fut suffisamment surpris pour ne pas avoir un bon réflexe, et, en tombant, écrasa douloureusement sous lui ses mains déjà un peu amochées. Nouveau cri de douleur, alors même que, de leur côté, Zeynep et n°2 menaient un combat violent, froid et quasiment muet.
On reconnaissait les professionnels et, mauvais signe, n°1 n'était lui-même pas extrêmement bavard, faisant déjà mine de saisir quelque chose contre sa cuisse tout en fixant John d'un regard... de tueur.
"Aaah, mais non mais non !"
John agita frénétiquement les gambettes, ce qui fit par bonheur valser l'arme un peu plus loin. Dommage que le déclencheur n'ait pas été percuté sous le choc, et qu'une balle n'ait pas accidentellement tué net n°1 ; tout le monde n'était pas Jar-Jar Binks, comme notre Écossais chéri en faisait l'amer constat. Son adversaire avisa le pistolet, mais il ne fit pas mine d'aller le récupérer. Au lieu de ça, il commença à se redresser, sans que John puisse cette fois lui envoyer ses sanguinaires coups de pieds (hem) ; une fois debout, sans se presser, il lança à John un large sourire vicieux de vrai méchant, tout en levant le mollet pour saisir le manche de la longue lame effilée à souhait qui y était fixée. John se terra contre le mur ; ça commençait à sentir le roussi. Et cette fois, un bon éclat de rire ne le sauverait pas... mais Zeynep, si.
Paf, crac, boum, veni vidi vici, et n°1 lui tomba dessus, sans que John puisse faire autre chose que rentrer la tête dans les épaules et serrer les dents pour s'empêcher de hurler. Putain de bordel de saintes roubignoles de Saint Andrew , il avait mal partout, mais il préférait ça au sort encore moins rigolo auquel il venait d'échapper de justesse. Il terminait de visionner le film de sa vie lorsqu'il vit réapparaître la tête de Zee, qui venait de le libérer du corps de n°1, et se glissait à présent derrière lui pour lui ôter les menottes. Il profita de ce laps de temps pour retrouver un semblant d'usage de son cerveau. Pas suffisamment cependant pour qu'il ait l'idée d'embrasser Zeynep en guise de remerciement, encore moins pour regretter de ne pas avoir vraiment fait figure de mâle fort et protecteur éventuellement envisageable comme petit ami sur le moyen voire long terme.
Non, la première chose qui se remettait en route, chez lui, c'était l'humour. après s'être massé les poignets d'un geste assez ridiculement éculé, John se remit douloureusement sur les pieds, pendant que Zeynep ramassait couteaux, pistolets et autres joujoux gracieusement offerts par leurs geôliers.
"Ah, chic, on a l'droit à des accessoires pour le niveau 2 ?" articula-t-il en tachant d'ignorer suffisamment les diverses douleurs qui lui soufflaient de s'évanouir gentiment dans un coin en attendant que ça se tasse un peu. Son regard fut attiré par la gorge de n°2, qui dégoulinait encore de sang. Eh, on a dit qu'on tournait pas de l'œil, Jojo. |
|  | | Zeneyp Arbuthnott Sywhaîdienne


Nombre de messages: 38 Age: 40 Date d'inscription: 02/12/2009
 | Sujet: Re: Kiss Kiss Bang Bang Mer 10 Fév - 21:38 | |
| « Si on survit jusqu’au niveau 3, on loue une chambre et on n’en sort pas pendant une semaine. » répondit Zee, avec une sorte de sourire qui ferait très certainement comprendre à John qu’elle ne parlait pas de louer une chambre pour jouer au rami.
Néanmoins, nous n’en étions pas encore là. Pour le moment, il s’agissait de survivre justement. Après avoir plus ou moins partagé les armes, en fonction des capacités de chacun, Zee rouvrit avec précautions la porte de la cellule. Il n’y avait personne dans le couloir, mais ça n’était pas étonnant, à part les deux gardiens, Zee n’avait vu personne quand elle avait été accompagnée à la salle d’interrogatoire. Sauf qu’une fois passé le coin du couloir, les choses se compliquaient. Elle se tourna vers John et lui expliqua rapidement son plan, enfin, la seconde partie du plan, donc, vu qu’il avait déjà vu la première en exercice.
Ce qu’ils firent ensuite, peu de gens sont là pour en témoigner. En fait, à part John et Zee, et peut-être deux survivants chanceux, personne. Ils firent ce qu’ils avaient à faire pour récupérer le corps de William et, ensuite, lui permirent d’avoir un enterrement correct. William n’avait plus de famille, ses deux camarades d’armes furent les deux seules personnes présentes… Et une fois qu’ils eurent fini ce triste travail, ils louèrent bel et bien une chambre, n’en sortirent d’une dizaine de jours plus tard… Et ne se quittèrent pplus. _________________  Mama\'s got a real bad temper... |
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