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Celesta Christobal Ancien Personnage


Nombre de messages: 222 Age: 28 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: A fortune cookie Lun 11 Jan - 23:40 | |
| Celesta avait eu une journée assez fatigante. Il faisait désormais tellement froid que la neige ne tombait plus, ou bien sous forme de minuscules flocons gelés vraiment pas agréables. Emmitouflés dans des couches de gros pulls et écharpes de fabrication locale, les Sywhaîdiens ne pouvaient échapper à certaines corvées en plein air, comme simplement rendre praticables les principales voies de passage de la lande : la route principale, de la rivière à la tourbière, mais aussi l'accès "intérieur" entre la ferme et l'école, le long des serres ; enfin -et c'est ce qui avait occupé notre Eurasienne préférée, un chemin d'accès jusqu'à l'embarcadère, car même si les eaux gelées emprisonnaient les barques de pêche, elles étaient aussi le chemin d'accès le plus aisé au verger, qu'il fallait entretenir même en hiver, et au zones les plus reculées de la lande. Et lorsqu'il prenait à la Brume l'envie de faire pousser des fraises voire des bananiers, ça pouvait lui prendre n'importe où, et pas juste au bord des chemins les mieux entretenus. Celesta s'était livrée à la corvée de pelletage aux heures les plus "chaudes" (ahem) de la journée, soi-disant pour que la neige soit moins dure sous la pelle. Mais une neige à moins 10 degrés, ça reste bien froid. Et pas évident à casser. Surtout avec la couche gants de soie + moufles sur les mains. Dire qu'au Nord de la Norvège, elle avait vu des filles se promener en petites robes printanières par -20°C... Mais l'esprit "sywhaîdien" n'était pas le même qu'à Norsken. Y faire trop de magie n'était pas recommandé, vu qu'elle était déjà très fortement concentrée ; de toute façon, ces derniers temps, Celesta était plutôt tentée par l'excès inverse... Mais elle s'était également aperçue que ne pas faire assez de magie, ce n'était pas bon non plus. En outre, elle avait des responsabilités, maintenant ; elle s'était engagée, auprès de Rachel, auprès de Will ; et auprès de Jena, bien entendu. Elle prenait son nouveau statut de "spécialiste" très au sérieux, même si cette vocation pouvait techniquement sembler être née à six heures du matin, après une nuit blanche. Elle avait passé la matinée en forêt, à étudier les arbres sur place. Elle n'était restée qu'à la lisière, mais quelques mètres dans des endroits où la couche de neige peut facilement atteindre le mètre de profondeur, même avec des raquettes, c'est sportif. En somme, Celesta avait bien mérité une petite soirée tranquille, au coin du feu, en compagnie de son cher et tendre. Il était évidemment hors de question que, ce soir-là, il le passe à sa table d'écriture... On était le 14 février, non mais ! Et même si elle n'était pas forcément à cheval sur les dates, plus que jamais, elle avait besoin de romantisme, de réconfort et de tendresse. Et tant pis si elle ne passait pas pour une super aventurière. Mais lorsqu'elle arriva jusqu'à la fabrique qui leur servait de maison, elle eut beau crier le nom du Lisboète, il n'y eut pas de réponse. Bien sûr qu'elle fut déçue. Ce n'était pas la fin du monde mais... elle aurait bien aimé qu'il soit là, qu'il la prenne dans ses bras, ce genre de choses tellement cucul-la-praline qu'elle ne les aurait avouées à personne sinon, à la rigueur, à l'intéressé (mais à voix basse). Elle avait retiré ses bottes pleines de neige, et, ses chaussettes humides laissant des marques sur le sol de granite, elle rejoignit le "coin salon" (un fauteuil défoncé, un plaid, une cheminée). Elle se laissa tomber dans le fauteuil en question, avec un profond soupir. C'est alors qu'elle entendit le craquement sous ses fesses ; et non, ce n'était pas le meuble qui avait cédé sous son poids-plume. Elle se redressa aussitôt, et découvrit les débris d'un de ces petits gâteaux chinois, dans lequel est caché un message supposé prédire l'avenir, ou porter chance, au choix. Sans bien comprendre, elle se hâta de tout ramasser dans la paume de sa main. Elle jeta les morceaux dans la cheminée, et s'assit pour dérouler le petit rouleau de papier qui était caché à l'intérieur. Une écriture qu'elle connaissait bien avait simplement inscrit : | la main mystère (hum) a écrit: | | "Ferme les yeux." |
[Forcément réservé... monsieur Breubreu ?] |
|  | | Abreu Sonhos Ancien Personnage


Nombre de messages: 57 Age: 35 Date d'inscription: 24/07/2008
 | Sujet: Re: A fortune cookie Ven 15 Jan - 12:04 | |
| [Tu vas en baver quand Zee et John seront là, je te préviens ! Pas de raison que je sois toujours celle qui doit être romantique :p ]
Abreu, pour le plus grand malheur de sa joueuse donc, était romantique. On aurait presque pu dire qu’il était le romantisme incarné, mais ça aurait été un peu too much pour le coup et aurait rendu ça assez désagréable, étouffant. La plupart du temps, son romantisme s’exprimait principalement par quelques fleurs cueillies et disposées joliment dans un vase que Celesta retrouvait à son retour à la maison. Ou alors un poème écrit rien que pour elle, qu’elle retrouvait sur l’oreiller d’Abreu quand ce dernier se levait plus tôt qu’elle, ou qu’il ne s’était pas couché mais avait à faire dehors. Il lui tenait la porte quand ils entraient dans un endroit, lui resservait à boire avant de se servir lui-même, lui tenait naturellement l’escabeau quand elle avait besoin de grimper dessus pour une raison ou pour une autre et qu’il était dans le coin, faisait souvent les repas et partageait les tâches ménagères au quotidien (bon ça n’était peut-être pas la chose la plus romantique mais c’était quand même appréciable, non ?). Bref, en général, le romantisme d’Abreu était spontané (ce qui était un des fondamentaux du romantisme selon lui) et plutôt dans les petites attentions que dans les gros délires que les américains aimaient tellement mettre dans leurs comédies romantiques.
La Saint-Valentin ne voulait pas dire grand-chose pour lui. A vrai dire, le portugais avait même plutôt tendance à considérer cette date comme antiromantique. Il n’y avait rien de moins spontané (mon dieu il se prend pour Colin Firth 0o) que de devoir fêter son amour pour une personne à une date fixe, décidée par des inconnus on ne sait combien de temps plus tard. Il n’y avait rien de moins romantique que d’imaginer que, ce soir-là, pratiquement tous les couples de la Lande iraient de leur petite célébration personnelle. L’année précédente, ils avaient fêté la Saint-Valentin en se contentant d’un repas un peu festif, en pique-nique devant leur petite cheminée. Et ça avait été parfait. Sûrement pas le moment le plus mémorable de leur histoire, mais un moment agréable et doux, ce qui était déjà bien pour une date imposée de ce genre d’après Abreu.
Alors, quid du petit gâteau ?
Et bien, cette année, Abreu avait décidé de faire des frais. Enfin, pas littéralement, mais de préparer une vraie surprise romantique de Saint-Valentin à Celesta. Pourquoi ce revirement de convictions profondes ? Tout simplement parce que sa chère et tendre vivait une période difficile et qu’il sentait qu’elle avait besoin qu’on la réconforte. Non en fait, ça n’était pas la seule raison. Celesta avait découvert qu’elle était stérile, à la dernière brèche, et elle avait du mal à s’en remettre. Jusqu’à présent, ils n’avaient jamais particulièrement parlé du fait d’avoir des enfants. Ils en voulaient tous les deux, et savaient qu’ils en auraient un jour, mais n’en avaient pas discuté. Ce qui avait rendu les choses encore plus difficiles. Apprendre que Celesta ne pouvait pas avoir d’enfants avait coupé court à toute discussion à ce sujet. Abreu avait été présent, l’avait soutenue, et lui avait dit qu’il y avait d’autres solutions, et qu’il se fichait d’avoir un enfant de son sang ou pas, n’empêche qu’elle était franchement ébranlée. Et n’empêche qu’Abreu aussi, même s’il refusait de le montrer à sa petite-amie. Elle avait déjà bien assez à gérer comme ça. Du coup, lui, il n’avait personne à qui parler de sa tristesse et de ses angoisses vis-à-vis de tout ça. Il passait lui-même un franchement mauvais moment et avait besoin de réconfort. Sans parler de leur couple, qui était en danger. Bien sûr, ils étaient toujours amoureux, ne s’engueulaient pas, continuaient à communiquer et tout le reste. Mais le Lisboète n’était pas stupide, ce genre de nouvelles étaient de celles qui pouvaient détruire une relation sans qu’on s’en rende compte. Il fallait être vigilant. Et redoubler d’efforts.
D’où le petit gâteau chinois, donc.
Abreu avait commencé à préparer cette Saint-Valentin près de cinq semaines plus tôt. Il avait envoyé des tas de lettres à des tas de personnes, pour essayer de trouver un moyen de faire fonctionner son idée. La solution avait été apportée par la meilleure amie de Celesta elle-même, la talentueuse et terriblement intelligente (pourquoi j’ai l’impression de m’envoyer des fleurs ?) Zelia. Ils avaient correspondu à un rythme conséquent pour préparer la surprise de ce soir-là, et Abreu s’était promis d’offrir quelque chose à l’anglaise pour la remercier, parce que sans elle il ne s’en serait pas sorti.
Invisible, grâce à un sort, Abreu attendit patiemment que Celesta ferme les yeux. Une fois qu’elle l’eut fait, il s’activa quelques secondes. L’eurasienne put sentir une sorte de vague magique, assez puissante, puis soudain tout se calma et l’énergie magique plus présente que d’habitude dans leur maison, était comme stabilisée.
« Tu peux ouvrir les yeux. » annonça la voix, pas vraiment mystère, grave et profonde du lisboète.
Et quand Celesta ouvrirait les yeux, elle se retrouverait face à… un grand verre d’un cocktail dont la couleur passait du jaune au rouge. Il y avait aussi, évidemment, un petit parasol coloré et même une tranche de fruit exotique, et une paille. Une fois qu’elle aurait réussi à passer outre cette vision étrange, elle comprendrait mieux pourquoi Abreu lui tendait un tel cocktail. De fait, ils n’étaient plus du tout dans leur maison, mais… sur une plage. Une plage ensoleillée, bien chaude comme il fallait, en sable fin, au bord de ce qui semblait être… la mer. Une mer bleue, presque turquoise, à en faire baver une carte postale. A quelques mètres du couple, il y avait une nappe étendue sur le sable, avec un repas tout à fait accordé avec le décor (fruits exotiques, viande grillée, plats épicés…). Et finalement, il y avait Abreu. Abreu qui portait un short de bain rouge avec des petits palmiers dessinés dessus, et une chemise hawaïenne ouverte, ce qui était un spectacle plutôt agréable. Sauf qu’évidemment, il n’était pas le seul. Celesta aussi se retrouvait en tenue de plage.
« Bonne Saint-Valentin ! » dit simplement Abreu avec un grand sourire.
Il avait un peu peur que Celesta n’apprécie pas la surprise, même si c’était peu probable. Il lança un regard rapide à Jana, qui était couchée avec plaisir dans le sable chaud. Il avait parfaitement réussi, après à peu près trois heures de sorts lancés, et des semaines de préparation. Dire qu’il n’avait jamais imaginé à l’époque des Chocolate Party à Norsken que les sorts que les organisateurs utilisaient puisse demander autant de travail… _________________ I'm not sleepy... |
|  | | Celesta Christobal Ancien Personnage


Nombre de messages: 222 Age: 28 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: A fortune cookie Lun 18 Jan - 20:52 | |
| Elle écarquillait les yeux ; regardant autour d'elle sans parvenir à y croire. La même incrédulité que lorsqu'à 11 ans, ayant appris qu'elle était une sorcière, elle avait vu tout autour d'elle les tableaux parler, les escaliers bouger, les anges flotter dans le plafond enchanté de la maison d'Uriel...Celesta n'était pas blasée. Et le fait de vivre à Sywhaîd un lieu certes bourré de magie, mais où la vie restait passablement "rustique", ne rendait ce genre de surprise que plus efficace.
"Mais, mais... mais Abreu..." répétait-elle, ébahie. Et ensuite, elle le regarda, lui ; et elle ne semblait pas beaucoup moins stupéfaite. Elle avait beau vivre également depuis quelques temps avec lui, et l'aimer depuis plus longtemps encore, elle n'en revenait toujours pas. Pas seulement du fait qu'il soit capable d'être extraordinairement séduisant en short et chemise hawaïenne ; mais qu'il la comprenne tellement bien.
Il savait qu'elle n'était pas à cheval sur les dates, que sous ses dehors cuculs et gentillets, elle n'aimait pas l'idée de se voir imposer un jour pour manger des biscuits en forme de cœur et s'entendre réciter des poèmes parfumés à la violette.
Et pourtant il avait deviné qu'elle avait besoin de cette soirée. Enfin, euh, entendons-nous, elle n'avait pas "besoin" du sable fin, de la viande grillée et de la petite ombrelle plantée dans le cocktail bicolore. Mais elle avait besoin d'un moment avec lui. Oh, elle savait qu'elle s'appuyait un peu trop pour lui, et de temps en temps, elle se disait qu'elle aurait dû moins se reposer sur son merveilleux petit ami, qu'un jour il en aurait assez, laisserait traîner ses chaussettes sales et se chercherait une copine plus solide, moins compliquée...
Mais elle était tellement émue, tellement touchée, tellement reconnaissante... elle se contrefichait du fait qu'elle portait, sur un maillot de bain bleu outremer, une robe de plage en éponge d'un rouge bien plus vif que les couleurs passées qu'elle revêtait à l'ordinaire, et également bien plus courte que ses tenues habituelles. Se dressant sur ses fines gambettes blanches ainsi joliment mises en valeur, et en perdant les petites tongs fleuries qu'elle avait aux pieds, elle se jeta au cou du Lisboète et, sa tête contre son épaule, l'étreignit avec ferveur.
"Abreu je t'aime".
Il y avait bien une petite pointe de tristesse dans cette étreinte, mais le plus désespéré, dans cette affaire, c'était Baile. Le changement de décor avait fait disparaître la cheminée, et, avec la cheminée, les petits débris de fortune cookie qu'il s'apprêtait à picorer avec allégresse... |
|  | | Abreu Sonhos Ancien Personnage


Nombre de messages: 57 Age: 35 Date d'inscription: 24/07/2008
 | Sujet: Re: A fortune cookie Lun 25 Jan - 12:11 | |
| « Je sais. » répondit Abreu avec un grand sourire amusé avant d’embrasser Celesta doucement. « Je t’aime aussi. »
C’était simple. Pas une grande déclaration à faire pleurer dans les chaumières. Pas un grand discours qui aurait duré des heures. Trois petits mots qui en disaient déjà bien plus sur ce que ressentait Abreu pour Celesta que n’importe quoi d’autre. Ca n’était évidemment pas la première fois qu’ils se le disaient, même s’ils n’étaient pas non plus du genre à se dire des je t’aime toutes les cinq minutes. Mais c’était important de se le dire dans la situation dans laquelle ils se trouvaient, du moins c’était ce que pensait Abreu. Parce que, malgré leur air tranquille, et leur vie pépère, ils étaient en train de traverser la première crise de leur couple, et s’ils n’arrivaient pas à se débrouiller pour la surpasser, il ne resterait sûrement pas grand-chose d’eux deux. Et Abreu ne voulait pas de ça. Jamais de la vie.
Il embrassa une seconde fois Celesta, un peu plus longuement, puis se détacha d’elle avec un sourire, tout en continuant cependant à la tenir par la taille doucement.
« Normalement, si je ne me suis pas trompé dans les sorts, on devrait même pouvoir se baigner. »
Son sourire s’était agrandi. Abreu était plutôt fier de ce qu’il venait de faire. Objectivement, il n’était pas un super sorcier. Enfin, il n’était pas Jena, ou Patrick, ou Veronica. Il connaissait pas mal de choses sur la théorie, mais en pratique il n’avait jamais été spécialiste en quoi que ce soit. Son domaine à lui c’étaient les langues, et l’écriture. Il était curieux de tout, ce qui lui permettait de comprendre pas mal de choses, mais c’était la première fois qu’il faisait un acte magique aussi lourd et aussi complexe. Il avait de quoi être content de lui, même si évidemment la prouesse magique n’était pas vraiment le principal souci du couple ce jour-là.
« Mais si on mangeait d’abord ? Je meurs de faim ! » _________________ I'm not sleepy... |
|  | | Celesta Christobal Ancien Personnage


Nombre de messages: 222 Age: 28 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: A fortune cookie Mer 27 Jan - 23:02 | |
| Cette dernière remarque fut saluée d'une trille enthousiaste. De la part de Baile, bien sûr, Celesta n'étant ni une grande mangeuse, ni du genre à manifester sa joie en sifflotant gaiement. Cependant, elle n'était pas non plus une rabat-joie indécrottable, et n'allait donc pas sèchement répliquer qu'il était imprudent de se baigner après avoir mangé, et que ç'aurait été dommage de s'embêter à faire un sortilège d'un tel degré de magie pour finalement ne pas en profiter parce qu'on avait eu la stupidité de se ruer sur les brochettes grillées.
Non. Sans être aussi bruyante que Baile, Celesta approuva elle aussi la proposition d'Abreu, et elle prépara deux assiettes appétissantes, pleines de toutes sortes de choses dont elle avait presque oublié le goût, à force de se contenter d'aliments Sywhaîdiens. Le rad ne consacrait pas les économies de la communauté à faire des provisions de papaye en tranches ou de piment de cayenne ; eh bien c'était tout de même un peu dommage, songeait Celesta en croquant dans une brochette d'ananas grillé, légèrement caramélisée.
Les minutes qui suivirent furent donc dévolues aux plaisirs de la chère, Bail picorant furieusement une assiette de biscuits exotiques prévus par le parfait et attentionné Lisboète à l'attention du goinfre passereau, tandis que Celesta savourait les mets de manière plus civilisée. Ce faisant, elle regardait avec ravissement son homme, s'amusant décidément de cette chemise hawaïenne, et en même temps toujours très émue de cet énorme cadeau surprise qu'il lui avait concocté. Mais même le parfum des épices exotiques ne parvenait pas totalement à masquer celui de la tristesse qui, ces derniers temps, ne quittait jamais entièrement la jeune femme. De fait, cette surprise était beaucoup trop belle, beaucoup trop extraordinaire. Et le moins qu'on pût dire, c'était que, ces derniers temps, elle n'avait rien fait pour vraiment le mériter.
Elle faillit le dire, mais ne voulait pas faire de peine à Abreu en gâchant sa surprise par de telles considérations. Alors elle se contenta de sourire.
"C'est vraiment parfait."
Mais patatras, en même temps qu'elle avait ouvert la bouche, une paire de larmes avait coulé sur ses joues, une depuis chaque œil. Grrrr mais Celesta !! Mais zut à la fin, le self control, c'était pas fait pour les chiens ! |
|  | | Abreu Sonhos Ancien Personnage


Nombre de messages: 57 Age: 35 Date d'inscription: 24/07/2008
 | Sujet: Re: A fortune cookie Sam 6 Fév - 22:33 | |
| Pendant quelques minutes, tout sembla bien se passer. Assis sur leur petite plage privée (et imaginaire), le couple mangeait tranquillement. Abreu se délectait de son ananas rôti, et de sa viande cuite à la broche. La nourriture faisait en fait partie du sort. C’était une des données qui compliquaient les choses, mais Abreu avait vu grand. Il n’avait pas imaginé manger une potée sur une plage paradisiaque, il y avait des manques de goût qu’il ne pouvait pas admettre. Il profita d’autant plus de cette nourriture qu’il avait étudié pendant des semaines pour réussir à la créer. Autant dire que ça permettait d’encore mieux profiter de tout ça.
Il souriait donc, doucement, tout en mangeant. Jana avait même elle aussi eu une assiette, mais une assiette de viandes, elle, carnivore qu’elle était. Et Abreu aurait pu rester ainsi pendant des heures, sans parler. Le silence n’était pas quelque chose qu’il craignait et Celesta et lui savaient passer du temps ensemble sans forcément toujours discuter, encore heureux autrement ça aurait vite été épuisant. Abreu était plutôt confortable dans ce silence de bon repas.
Quand Celesta le brisa, une sorte de frisson désagréable le parcourut, comme un mauvais pressentiment. Il leva ses yeux métalliques vers elle et… la vit pleurer. Une boule se forma dans sa gorge qu’il dut chasser par un déglutissement. Ils étaient assez proches l’un de l’autre pour qu’il puisse la prendre dans ses bras mais, pour le moment, elle semblait inaccessible. Il prit une inspiration et se contenta de poser sa main sur sa petite joue, effaçant ses larmes doucement.
« Je ne voulais pas… »
Sa voix mourut en même temps qu’il se rendait compte à quel point sa phrase était stupide. Et oui, même un petit-ami parfait comme Abreu Sonhos avait ses limites. Il se contenta de fixer Celesta dans les yeux, intensément, comme pour essayer de lui dire sans mot à quel point il l’aimait et à quel point il voulait qu’elle soit heureuse. _________________ I'm not sleepy... |
|  | | Celesta Christobal Ancien Personnage


Nombre de messages: 222 Age: 28 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: A fortune cookie Dim 7 Fév - 17:15 | |
| Celesta était énervée, vraiment énervée. Évidemment pas contre Abreu, comme toujours si parfait, mais contre l'insupportable tarte chouineuse à laquelle elle se réduisait, même transportée dans un paysage paradisiaque et occupée à se baffrer d'ananas caramélisé et de succulente viande parfumée et grillée à la perfection. Franchement, il y avait des jours où elle se trouvait épuisante.
Elle le laissa essuyer les larmes sur sa joue, ce geste si tendre et adorable ne faisant qu'attiser son agacement, tout en lui faisant esquisser un sourire pitoyable. Cependant, lorsqu'il ajouta qu'il était désolé, elle fronça les sourcils, et, attrapant sa main et la serrant aussi vigoureusement que le permettaient ses petits muscles, elle s'exclama : "Mais non !" d'un ton à la fois doux et passablement énervé. Heureusement, Abreu la connaissait sans doute suffisamment, et il était suffisamment subtil pour deviner que cette colère n'était pas tournée contre lui-même. Pourvu, bien sûr, que les larmes de Celesta n'aient pas kryptonisé ses facultés d'observation ni de déduction.
L'Eurasienne agitait les épaules et les mains avec lassitude, entraînant inconsciemment celle du Lisboète dans l'étrange ballet qui accompagna son petit laïus énervé.
"C'est moi qui suis désolée ! Franch'ment, je... J'suis trop nulle, on est là, dans cet endroit génial, super romantique et tout, et t'es là, et tu es toujours adorable, et je me sens vraiment bien, en plus, et je devrais profiter, et t'en baves déjà suffisamment d'habitude avec ma déprime débile, et... et voilà ! tout ce que je trouve à faire, c'est te remercier !"
Elle arrêta un temps de gigoter des bras, pour essuyer quelques larmes sur son autre joue, avec un énervement qu'on aurait à vrai dire pu considérer comme...assez mignon, s'il n'avait pas manifestement été l'expression d'une sourde détresse. Enfin, ça n'empêchait pas, d'ailleurs.
"Alors c'est moi qui suis désolée, d'abord. Mais c'est fini. Tout va bien." Elle inspira très profondément, tout en fixant le sol avec concentration. Puis, assez brusquement, elle releva la tête pour ficher ses jolis yeux noirs dans ceux (également plus que jolis) de son homme, et lança, visiblement prise d'une inspiration subite : "Allons nous baigner." Et se rendant compte qu'elle tenait encore la main du Lisboète, elle tira dessus pour qu'ils se lèvent.
"Si, si, j'en ai vraiment envie !"
[A toi de voir si Breubreu obtempère ^^] |
|  | | Abreu Sonhos Ancien Personnage


Nombre de messages: 57 Age: 35 Date d'inscription: 24/07/2008
 | Sujet: Re: A fortune cookie Jeu 11 Fév - 10:13 | |
| Ca n’était pas facile pour Abreu. Pas facile de voir Celesta aussi déprimée, aussi désespérée. Pas facile de la voir se sentir coupable, tant d’être stérile, que d’en être triste, ou du moins de ne pas réussir à le digérer. Pas facile de se dire que ce problème risquait de miner leur couple. Pas facile non plus d’imaginer qu’ils n’auraient jamais d’enfants à eux. Bien sûr, ils pouvaient adopter, et Abreu avait déjà commencé à se renseigner sur le sujet, même si la question d’avoir un enfant ne se posait pas encore, histoire d’avoir les clés en mains quand ce serait le cas. Mais ça n’était pas facile d’imaginer qu’ils allaient devoir galérer pour réussir à adopter un orphelin. Pas facile d’imaginer que ça les forcerait à quitter Sywhaîd (personne n’accepterait un dossier d’adoption venant d’une communauté aussi bizarre), même si objectivement Abreu n’avait aucun problème avec l’idée de déménagement, il avait toujours aimé découvrir de nouveaux endroits, bouger. Pas facile, finalement, de réussir à trouver quoi dire et quoi faire pour que les choses se passent mieux. On avait beau être Abreu Sonhos, obligé de prouver qu’on n’était pas parfait durant notre Quête, ça n’était pas facile de savoir comment réagir à une telle situation. Tellement pas facile qu’il avait beaucoup écrit à ses proches dernièrement, pour en discuter, et avoir les idées plus claires. Cracholiane, Zach, mais aussi sa mère (de bons conseils en général) ou même Zelia. Il avait besoin d’aide pour gérer la situation. Et de renforts. Il avait déjà décidé qu’ils iraient voir leurs familles respectives à la prochaine Brèche, histoire de se changer les idées et d’être entourés.
Abreu avait pleuré, lui aussi. Mais il ne savait pas bien pourquoi. C’était sûrement un de ces chagrins qui avaient des tas de raisons. Le fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants, mais aussi la tristesse de Celesta, la peur de la perdre, et l’impression d’impuissance. Tout ça lui avait fait verser plus d’une larme. Mais toujours seul. Pas pour une raison de fierté macho, mais plutôt parce qu’il ne voulait pas qu’en plus Celesta se sente coupable de le rendre triste. Elle avait déjà bien assez de fardeaux à porter comme ça.
Alors quand elle s’expliqua, Abreu la regarda avec un sourire compréhensif et la laissa finir sans intervenir. Il n’ajouta rien, et se leva quand elle le tira par le bras. Mais au lieu d’aller se baigner tout de suite, il l’attira fermement à lui (ça n’était pas très dur, Celesta était un vrai moineau à côté de lui) et la serra dans ses bras. Il en avait besoin au moins autant qu’elle, de ce contact. Sa mère lui avait dit de faire attention à ne pas se perdre dans la peur de trop mettre de pression à Celesta, à lui laisser de l’espace mais à ne pas non plus lui en laisser trop, de peur que leur couple n’en pâtisse. Il avait écouté ces conseils avec attention, et l’avait donc prise dans ses bras. Il la serra un petit moment, pas trop long, parce qu’il ne voulait pas lui donner l’impression, non plus, qu’il ne croyait pas tout ce qu’elle venait de dire. Puis, il l’embrassa sur le front, avant de la « relâcher » et d’enlever sa chemise rapidement, pas parce qu’il avait décidé qu’ils allaient s’envoyer en l’air histoire de se remonter le moral, mais parce qu’il ne voulait pas se baigner avec. Ensuite, il reprit la main de Celesta et ils allèrent se baigner. L’eau était chaude et claire. Elle était vraiment agréable. S’il y avait eu des algues, ou des petits poissons, l’illusion aurait été parfaite, seulement créer l’illusion d’un être vivant était quelque chose de beaucoup plus difficile, encore, que ce qu’Abreu avait déjà fait. Pas à sa portée.
[Si tu veux qu’on continue, vas-y, autrement ça peut être une conclusion ^^] _________________ I'm not sleepy... |
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