AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 [ME] Cours II : espace sacré élémentaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Patrick Winter
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 61
Date d'inscription: 14/04/2009

MessageSujet: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Jeu 31 Déc - 15:46

C'était une fête de sainte Brigitte glaciale ; un premier février comme on aime les passer au coin du feu, bien au chaud. Voire au fond de son lit, ce qui était précisément l'endroit où se trouvait la pauvre Rozen en cet instant. Son précédent stage, donné dans une serre pas bien réchauffée, lui avait causé une grippe carabinée ; ou quelque chose de ce genre. En tout cas quelque chose qui, de l'avis d'Elwin, la condamnait à rester au lit, bien au chaud, pendant au moins une semaine. Toute promenade, par exemple au milieu de ruines couvertes de neige, lui était formellement interdite. Et pour que quelqu'un comme Elwin dise un truc du genre "non mais ça va pas la tête", c'est que la grippe était sérieuse.

Pourtant, il y avait bel et bien quelqu'un qui attendait les participants du cours sur l'espace sacré élémentaire, au milieu des ruines. Un professeur du jour tout à fait qualifié pour donner ce cours. Il devait avoir, de loin, de faux airs de créature bizarre des ruines, avec sa grande silhouette enveloppée dans une cape sombre. Mais c'était un de ses vêtements les plus chauds, qu'il avait utilisés notamment à Norsken. Il espérait que les élèves avaient eux aussi prévu de quoi se couvrir, parce qu'il avait repris ce cours au dépourvu, et n'avait donc pas eu le temps de faire le tour de la lande pour retrouver les personnes répondant aux noms que lui avait indiqués Rozen. Ce n'étaient pas des "anciens de Norsken".

Patrick avait déblayé au milieu des ruines un grand cercle ; la neige y était soigneusement tassée, et il avait délimité l'endroit avec quatre piquets de bois. Bref, il avait bien travaillé. A ses pieds, son daemon, une femelle Yorkshire répondant au doux nom de Heulwen, l'avait encouragé pendant ce dur labeur. Elle avait aux pieds quatre petits chaussons de laine, des cadeaux offerts par Zelia avant son départ de Sywhaîd : elle s'était prise de pitié de la petite chienne, en la voyant peiner sur la route gelée des fabriques à la fin de l'automne.

"Bienvenue à toutes et à tous", fit Patrick aux participants rassemblés autour de lui. il n'y avait pas de siège, ils étaient donc tous debout.

"Posez donc vos effets personnels dans ce coin du cercle. Pour ceux que je ne connais pas encore, je m'appelle Patrick, et je remplace Rozen pour ce cours. Comme on ne se connaît pas, j'aimerais savoir ce que vous savez des éléments ; et par ailleurs, si vous sauriez dire, par rapport au soleil, où se trouvent les différents points cardinaux."

Le "soleil" en question n'était pas visible, ce jour-là. Il ne neigeait pas, mais le ciel était d'un triste et uniforme blanc laiteux. Entre ça, le froid et le ton glacial du professeur, ce cours ne s'annonçait pas très... réchauffant.

[NB : précision, il n'est pas nécessaire de décrire pour le moment les "effets personnels" que vous amenez, ça viendra par la suite !]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Sam 2 Jan - 22:44

Heureusement que Kennedy s’était bien couverte parce que, de fait, l’ambiance n’était pas très réchauffée en ce jour de la Sainte Brigitte. Elle portait un pantalon en daim marron, de grosses bottes en cuir (sous lesquelles elle avait enfilé plusieurs chaussettes), plusieurs pulls, plus un poncho blanc cassé en laine très épaisse et à col roulé, et un bonnet assorti, dont ses longs cheveux bruns s’échappaient gracieusement. Elle avait aussi des gants, évidemment, elle n’aurait pas aimé perdre quelques doigts rien que pour un cours de magie élémentale.

Cours qui ne serait visiblement pas donné par Rozen. Quand elle était arrivée, Kay avait salué Patrick en imaginant qu’il était un des participants au cours, ça n’aurait pas été la première fois que les élèves seraient arrivés avant les profs dans un cours sywhaîdien. Elle avait été étonnée de le voir prendre la parole et annoncer qu’il serait le prof. A vrai dire, Kennedy n’était plus aussi branchée rumeurs qu’avant, et si elle avait son propre réseau (merci les visions) elle n’avait pour le moment eu aucune information sur Patrick Winter. Enfin, si, elle savait qu’il était avec Zephira, il aurait fallu être aveugle (et Kay ne l’était plus) pour louper ça. A part ça, elle ne savait rien sur lui.

Elle ne savait pas pourquoi il remplaçait Rozen, Patrick ne l’ayant pas précisé, mais elle ne fut pas particulièrement curieuse à ce sujet, Jena laissait des tas de personnes assurer ses cours à sa place, ça n’était pas si choquant que ça. Elle posa donc son sac de voyage qui contenait ses objets personnels et écouta l’introduction du professeur d’un jour sans se poser plus de questions. Il avait l’air assez froid mais Kennedy imagina que l’impression bizarre qu’il lui filait était due au fait qu’il était sûrement un peu angoissé à l’idée de donner un premier cours à Sywhaîd, elle lui sourit d’ailleurs d’un air encourageant, sans se douter à quel point elle était à côté de la plaque, et fut la première à répondre pour le soutenir, même si les autres participants n’étaient pas du genre à bouffer les nouveaux venus pour autant.

« Je suis Kennedy. » commença-t-elle, pensant que le professeur apprécierait le fait de connaître le prénom de ses étudiants d’un jour. « Je ne sais pas grand-chose des éléments, ça n’est pas mon domaine. Je ne sais même pas mon élément dominant… Je sais juste que, théoriquement, même s’il y a des éléments dominants dans chaque chose, il faudrait quand même qu’il y ait des quatre éléments pour que ça fonctionne. Enfin… Je crois. »

Elle leva un sourcil fin et parfaitement épilé, en signe de doute. Il lui semblait bien avoir entendu ça mais elle n’était plus certaine. Bref, elle haussa les épaules et ajouta :

« Pour le Soleil, théoriquement je sais à peu près oui. Enfin, je sais si c’est le lever, le coucher ou midi pile au Soleil. Mais dans la journée non je ne sais pas… Enfin, je sais pas non plus vraiment avec le lever et le coucher, je confonds toujours entre l’Est et l’Ouest. »

Elle eut un sourire désolé assez auto-moqueur avant de hausser de nouveau les épaules.

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anthony Delanay
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 206
Age: 28
Date d'inscription: 20/07/2008

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Mar 5 Jan - 14:16

Quand Tony, habillé comme à son habitude, arriva sur place il comprit. C’était donc ça ! Il était passé voir Rozen un peu plus tôt et l’avait trouvée en piteux état. Une bonne grippe selon elle. A voir la tête de la prof, Anthony aurait plutôt penché pour une mauvaise mais passons. Ils avaient alors décidé de reporter un peu la séance d’ébénisterie de l’après-midi, après tout, Tony pouvait bien s’entraîner sans Rozen quelques jours encore. En revanche elle lui avait affirmé que le cours dans les Ruines serait maintenu et quand il avait voulu l’en dissuader, Delanay s’était heurté à une vraie tête de mule qui l’avait chassé à coup de mouchoirs. Mais en arrivant dans les ruines, Tony réalisa avec soulagement que Rozen ne ferait pas le cours. Enfin, soulagé qu’elle ne sorte pas par ce temps et dans son état quoi. Il avait beau ne pas être hyper démonstratif, il l’aimait bien la Roro !

La vue de Mr. Winter en place et lieu de Rozen, transporta Anthony quelques années en arrière, alors qu’il arpentait les couloirs de Tryllestarven, parce que oui, il y avait bien un « ancien de Norsken » à ce cours. Il se souvint des cours de Forces Elémentales dans les plaines du Zephyr et de la démarche droite du professeur, restée quasiment inchangée. Il avança vers le duo, salua Kay d’un sourire et Patrick d’un « Bonjour Professeur » emprunt de respect. Bergamote sauta lestement de l’épaule de son humain pour finir en douceur dans la neige. Il regarda Heulwen puis baissa la tête en guise de soumission comme il l’aurait probablement fait avec le daemon de Rozen si elle en avait eu un.

Quand tout le monde fut arrivé –ils n’étaient pas beaucoup finalement- Tony suivit la consigne et alla poser son sac à l’emplacement indiqué, avant de retourner à sa place entre les deux filles (hé hé). Pendant que Kennedy se présentait et faisait pas de ses connaissances, Anthony se demandait si son ancien prof l’avait reconnu et comment se présenter. Voilà bien un truc qui ne l’avait encore jamais préoccupé jusqu’à maintenant.

- Moi c’est Anthony… Delanay, précisa-t-il quand ce fut son tour de parler.

Il est vrai qu’à Norsken, Anthony était plus souvent appelé par son patronyme que par son prénom, d’où la précision qu’il s’était permis d’apporter.

- Personnel’ment mon élément c’est la Terre. Et j’arrive à utiliser les trois autr’ éléments à peu près équitablement. J’ai fait faire c’tatouage un peu après avoir quitté Tryll’.

Là, même s’il ne remettait pas sa tête, Patou ne pouvait plus avoir de doute quant à la présence de Tony sur le glaçon norvégien. Il montra rapidement l’Ouroboros à Patrick –les filles n’étaient pas là pour mater son poignet, si ?- avant de le cacher à nouveau sous sa veste en jean matelassé.

- C’est un tatouage de Terre.

Il laissa passer une seconde histoire de se rappeler la deuxième partie de la question et enchaina en se tournant vers Kennedy.

- Pour c’que j’en sais, la Soleil se lève à l’Est et s’couche à l’Ouest. Et j’crois qu’il est au Zénith vers deux heures de l’aprèm… Par contre, sans montre et sans soleil… J’vois pas trop c’qu’on peut faire.

Il savait que la mousse poussait au Nord aussi. Ca plus le soleil d’Est en Ouest… ça lui avait toujours suffit. Enfin surtout qu’à l’Armée ils avaient des montres réglées sur le satellite, du coup si on savait l’heure et qu’on voyait à peu près le soleil (même une ombre très légère), on arrivait à trouver les points cardinaux… mais sans montre… ?
Il haussa les épaules en guise de conclusion. Bien qu’habillé chaudement –jean, pull noir, veste en jean matelassée et rangers- il était hors de question de sortir les mains des poches pour le moment.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Rachel Berenson
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 142
Age: 22
Date d'inscription: 10/07/2008

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Ven 8 Jan - 23:13

Rachel s’était naturellement placée à côté de Kennedy en débarquant dans les ruines mais, le temps qu’elle pose ses « effets personnels » à l’endroit désigné, Anthony avait débarqué et par un jeu de chaise musicale qu’elle ne s’expliquait pas, il s’était retrouvé entre elles deux. Bon, elle n’allait pas s’en plaindre non plus, il n’était pas moche (bel euphémisme) même si sa réputation d’intouchable le précédait et elle n’avait pas non plus prévu de passer tout le cours à papoter. Même si effectivement Kennedy et elle s’étaient peu vues ces derniers temps et qu’elle aurait bien aimé une séance de leurs pas-vraiment-conversations-de-filles d’autrefois, ce n’était ni le lieu ni le moment. Surtout que Rachel avait promis à Jake de prendre les cours et les stages plus au sérieux, après son petit sermon. Elle était là pour apprendre.

Elle était là pour apprendre mais Rozen n’était pas là pour enseigner apparemment puisque le British de service s’était annoncé comme professeur du jour. Ce n’était pas pour choquer Rachel qui avait bien compris le système, elle était juste vaguement surprise, en général, ils étaient prévenus à l’avance en cas de professeur inédit. Elle ne s’était pas attendue à trouver Jena au stage sur les cosmétiques par exemple. Mais la question ne valait pas vraiment la peine qu’on s’y arrête.

- Mon élément dominant est le feu, répondit-elle quand ce fut son tour.

Elle ne se rappelait plus d’où elle le savait mais elle n’avait absolument aucun doute sur le sujet. Elle se tut assez lamentablement après ça mais, vu que Kennedy avait déjà parlé de l’équilibre des quatre éléments et Anthony du fait que le soleil se levait à l’est et se couchait à l’ouest. On avait donc fait le tour de ses connaissances sur le sujet et elle ne voyait pas trop quoi ajouter. Ah si.

- Et je m’appelle Rachel.

_________________


Her flesh is smooth and supple
And velvet as the night
Her eyes are shot with diamonds
A mouth full of delight


Mick Jagger
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patrick Winter
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 61
Date d'inscription: 14/04/2009

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Mer 13 Jan - 23:49

Techniquement, Patrick non plus n'était pas venu pour mater le poignet d'Anthony, mais de fait, il fut extrêmement intéressé par le tatouage de son ancien élève. Il l'avait rapidement resitué comme tel, certes assez aidé par la... mention de son nom de famille, puis de "Tryll'" par Anthony. A sa décharge, quittant l'endroit le plus loin de tout qui fût pour rejoindre le second endroit le plus loin de tout qui fût, il ne s'attendait pas vraiment à y retrouver un de ses anciens élèves. Oui, Patrick était vraiment très intéressé, et il passa plusieurs fois sa main au-dessus du tatouage élémentaire, à quelques centimètres de lui, pour en ressentir les effets.

Cependant, il n'oubliait pas qu'il avait un cours à donner ; et se promettant de reparler à l'occasion avec Anthony de ce fort intéressant tatouage, il le remercia -avec sa froide politesse habituelle, puis laissa s'exprimer sa dernière élève.

"Une dominance de feu, une de terre ; quant à moi, c'est l'eau qui est mon élément dominant. Et je peux supposer, à votre ton humoristique", ajouta-t-il en direction de Kennedy, "que l'élément air occupe une place au moins relativement importante dans votre carte élémentaire".

Il y avait quelque chose d'assez incongru, voire de franchement comique, à voir ce grand bonhomme à la silhouette élancée et plutôt impressionnante, parler d'humour de cette voix à la fois grave et comme atone. Anthony ne serait pas forcément plus surpris que ça ; pour Rachel et Kennedy... eh bien, de toute façon, c'était comme ça, mais pour sûr, ça devait leur changer de Rozen.

"C'est une configuration idéale. L'espace élémentaire que nous allons constituer correspond au cercle que j'ai dégagé ; il s'organisera autour de quatre points. A chacun de ces points correspondent : un élément ; une saison ; une couleur ; un thème de vie ; et bien entendu, un point cardinal."

La voix de Patrick était ferme et posée, effectivement très différente de la manie qu'avait l'habituelle professeur de magie élémentaire d'avaler la moitié de ses mots. L'Anglais parlait d'une façon très claire, au contraire, chacun des termes était articulé, comme découpé par son accentuation purement britannique. Ce qui, soi dit en passant, n'était pas plus mal, parce qu'au niveau du rythme général du cours, ça n'était pas aussi "tranquille pépère" qu'avec cette bonne vieille Roro. Patrick était sans doute un bon professeur, mais dernièrement, il avait principalement enseigné à des étudiants spécialistes de deuxième ou troisième cycle.

"Cet exercice est donc une excellente occasion de vous apprendre comment repérer la position du soleil et de vous repérer par rapport à lui. Ce que vous avez dit est exact, à l'exception de l'heure du zénith, qui est variable, et ce situe en cette saison plutôt en fin de matinée."

Il leva les yeux vers un point du ciel qui, sans doute, devait être celui où se trouvait l'astre en question, mais très franchement, ce n'était guère évident pour un œil de néophyte.

"Il existe en vérité plusieurs méthodes pour ce faire ; mais puisque nous sommes tous sorciers, le plus simple est de vous enseigner un sortilège de boussole."

Patrick s'exécuta de fait, en tendant sa main gauche à plat devant lui. Suite à quoi, il sortit sa baguette magique et tapota son majeur, son poignet, son pouce et le point le plus à droite de sa paume ; enfin, il effectua un mouvement plus ou moins circulaire ; une pluie légère de petites étincelles dorées semblèrent s'échapper de la baguette, pour faire scintiller les points tapotés.
"Nord", fit Patrick. Enfin, il posa sa baguette à plat sur sa main, où elle tournoya quelques instants pour finalement pointer très clairement dans une direction ; qui bien entendu, était le Nord.

Les stagiaires furent alors invités à reproduire le sortilège. Il n'était en soi pas bien complexe, mais tous ne disposaient pas de leur propre baguette magique, et, dans ce cas, ils durent, après avoir effectué le sortilège -au besoin avec la baguette prêtée par Patrick, poser une simple brindille, aussi droite que possible, sur leur paume. Cela fonctionnait également, mais la brindille tournait plus longtemps, hésitait, et paraissait se fixer de manière moins précise. Enfin, cela fonctionnait plutôt correctement.

Ils avaient testé le sortilège en se plaçant au centre du cercle, et en cherchant la position de l'Est ; c'est sur ce point qu'ils se retrouvèrent, une fois qu'ils eurent tous réussi ce premier exercice.

"Nous allons à présent dessiner ensemble notre espace élémentaire. La conjugaison des points cardinaux, des éléments, des couleurs et des thèmes de vie créera une sorte d'équilibre central ; les flux magiques y sont atténués par l'équilibre entre les éléments, ce qui rend le lieu propice tant à la méditation, à la rêverie, qu'au simple repos. N'importe qui pourra donc ensuite venir profiter de cet endroit."

Patrick ne s'étendit pas sur les bienfaits de la méditation ni, plus surprenant de sa part, sur les liens entre le cercle et l'esprit dans diverses civilisations, à commencer par les celtes. Mais ils avaient un cercle à construire.

"Voici donc l'Est ; je vous propose d'essayer de deviner à quoi ce point cardinal doit être associé ; ensuite, nous irons voir ce qui peut correspondre, parmi les objets personnels que vous avez apportés."

Et Heulwen, me direz-vous ? Eh bien... elle les regardait faire, plutôt sage, pour une fois ; il faut dire que cela lui faisait tout drôle de voir Patrick retrouver ce rôle de professeur.

[Je vous laisse jusqu'à la fin du mois, soit deux semaines et demi ; j'espère que ce n'est pas trop short pour vous, mais c'est un cours relativement dense.]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Mar 19 Jan - 13:58

Kennedy avait été la dernière à faire l’exercice de recherche du nord et, très franchement, le fait d’avoir déjà eu trois personnes qui avaient trouvé le point cardinal avant elle l’avait un peu refroidie. Elle s’était donc contentée de faire le sort, d’attendre que la brindille se décide à se fixer, puis d’aller retrouver le groupe. Bon, dans l’absolu, c’était plutôt chouette d’apprendre un sort de ce genre, ça pourrait lui être utile si un jour elle se perdait dans les bois ou quelque chose comme ça. A quelques années de ça, Kay n’aurait jamais imaginé pouvoir un jour avoir besoin d’un sort de ce genre, mais les bouleversements que sa vie avait connus lui avaient au moins permis d’intégrer le fait qu’on n’était jamais sûr de rien… Et qu’il valait mieux savoir des choses inutiles plutôt que de ne pas savoir ce dont on avait besoin à un moment opportun de sa vie. Bref, même si elle ne prit pas un plaisir de malade à faire ce sort, elle fit tout de même en sorte de s’en souvenir. Elle avait toujours eu une bonne mémoire et de bonnes capacités dans le domaine scolaire et magique, pas pour rien qu’elle avait été une bonne élève, à l’époque maintenant relativement lointaine du lycée.

« Mhhh… L’Est… » marmonna Kennedy, réfléchissant à la question de Patrick, mais se retrouvant du coup malgré elle en position de première participante, fichue manie de réfléchir à haute voix ! « Et bien euh… L’Est c’est mhh…. Enfin, pour un américain, pour un californien, l’Est c’est l’Europe… Et euh l’Europe c’est… La culture, la tradition… Et euh… C’est aussi… Bon en fait je n’en ai aucune idée. Je pense que l’hiver est pour le nord, l’été pour le sud, donc j’aurais tendance à dire euh… Disons le printemps pour l’Est, si on part dansx l’idée qu’on tourne dans le sens des aiguilles d’une montre ? Et donc du coup j’associerai l’air, le vert et le thème de la naissance. »

Elle sourit, d’un grand sourire pleins de belles dents, avec un air adorable en plus qui semblait vouloir l’excuser de sa façon si peu scientifique d’émettre des hypothèses. Mais Kay n’y connaissait rien en Magie Elémentale, elle ne savait même pas à quelle couleur on associait un élément ou ce genre de choses. Du coup, elle y était allée complètement au pif, et au bluff.

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anthony Delanay
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 206
Age: 28
Date d'inscription: 20/07/2008

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Dim 31 Jan - 22:49

Anthony ne fut effectivement pas étonné par la façon d’agir et de parler du professeur. En fait, il accueillait ces « retrouvailles » avec une certaine nostalgie mais n’eut pas le loisir de s’appesantir sur le sujet. Le coup des éléments associés à tout un tas de trucs lui rappela un cours où ils avaient du associer la bile à il ne savait plus trop quoi. Tony n’avait jamais excellé au jeu des associations d’idées. Bah… tant pis.

Il hocha la tête lorsque Patrick évoqua le sortilège de boussole. Il en avait déjà entendu parler mais ne le connaissait pas lui-même. A l’Armée il avait eu de vraies boussoles et par la suite il n’avait pas eu besoin de trouver son chemin, ou du moins pas de chemin nécessitant carte et boussole quoi. Attentif, Anthony reproduisit le sortilège en inversant les mains puisqu’il était gaucher. Il tendit donc la main droite et imita le professeur avant de poser sa baguette sur le dos de sa main. « Nord ». Le médium tourna rapidement, quelques courts instants avant de se stabiliser selon le même axe que celui du Professeur. Cool.

Par la suite, Tony, Patrick et les filles se retrouvèrent sur le point Est et Kennedy fit quelques suggestions que le jeune homme approuva d’un hochement de tête.

- J’suis d’accord pour la saison. Encore que j’en mettrais pas ma main à couper. ‘Fin… J’veux dire, il m’parait logique que l’Nord soit associé à l’hiver avec le coup du froid et tout. L’Ouest c’est plus l’couchant, les couleurs chaudes genre automne, du coup oui, l’Est s’rait plus le printemps et l’Air s’rait l’élément du coup. Pour la couleur, j’sais pas trop, sans doute que l’vert s’adapte bien oui. Ou un bleu clair. Et comme thème de vie… Oui, la naissance, ou la jeunesse.

Il haussa un sourcil pour conclue sa brillante prestation, qui n’avait fait que reprendre les suggestions de Kennedy. Ben ouais, il préférait la pratique aux blablas… et alors. Il fallait de tout pour faire un monde, non ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patrick Winter
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 61
Date d'inscription: 14/04/2009

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Lun 1 Fév - 19:37

"Bonnes intuitions", approuva Patrick, qui avait rejoint ses étudiants à l'est du cercle.

"Vous avez en effet restitué à chaque point cardinal son élément ; et pour ce qui est du thème de vie, vous êtes tout proches. L'est est bien le lieu de la jeunesse, mais les Celtes associent cela à l'idée de croissance, d'abondance et de prospérité, plutôt qu'à la fraîcheur et à l'enfance en elles-mêmes. Et le vent d'Est étant considéré comme le plus favorables, il lui attribuaient la couleur pourpre, royale. Pour en revenir à nos thèmes de vie, nous allons donc placer ici des symboles de choses qui nous "enrichissent", dans tous les sens du terme. Il peut notamment s'agir de la présence de certaines personnes, par exemple.

Suivez-moi, nous allons maintenant voir ce qu'il en est de chaque point, et en profiter pour "tracer" le cercle ; en allant vers le sud, donc."


Précédant ses trois étudiants, le professeur du jour avait pointé sa baguette magique sur le sol, traçant ainsi une sorte de sillon argenté au fil de ses pas. Il leur recommanda de marcher à l'intérieur du cercle ainsi tracé.

Le sud était donc associé au feu ; mais dans la tradition celtique, le feu en question, imbas, était avant tout celui de l'inspiration, de la musique, du chant et de la poésie. Le vent du sud, lui aussi favorable, était associé à l'éclat d'un blanc lui aussi royal. La passion et les aspirations des étudiants activeraient ce point du cercle.

Vint ensuite l'ouest qui, pour sa part, apportait selon les celtes un vent morose associé à un brun grisâtre. Ce lieu de crépuscule étant également considéré comme celui où, le soleil plongeant dans l'inframonde, l'accès à la sagesse devient possible, c'est ce thème de vie qui serait développé ici : les étudiants déposeraient les symboles des savoirs qu'ils maîtrisent et de ceux auxquels ils souhaitaient être davantage initiés.

Enfin, ils parvinrent au dernier point, celui du nord, de l'eau et de l'hiver. C'était là le lieu de minuit, du champ de bataille, associé à un vent de couleur noire. Les étudiants devraient donc ici réfléchir aux défis de leur vie, et aux forces qui, selon eux, leur permettraient de les affronter.

Ils revinrent au point de l'Est ; le sillon argenté tracé par Patrick se mit à scintiller de plus belle une fois que le cercle fut parfaitement refermé. Ils pouvaient maintenant sortir du cercle, ils demeureraient "liés" à l'énergie magique de l'espace sacré. Par exemple, pour aller chercher leurs effets personnels, et en répartir à chacun des points d'énergie. Patrick leur précisa que pour se déplacer de l'un à l'autre, ils devaient continuer de procéder dans le sens giratoire, de l'est vers le sud, du sud vers l'ouest, et cætera.

Par ailleurs, ils devaient le faire simultanément, et expliquer les symboles choisis. Comme le rappela Patrick, il s'agissait d'une œuvre collective.

[Vous avez un mois ! En cas d'éclaircissements nécessaires, vous me mettez un MP ; mais dans l'absolu, vous pouvez prendre au sens le plus large possible les catégories de Patrick. Et bien sûr, vous n'êtes pas obligés d'utiliser tous les objets que vous avez apportés. N'hésitez pas à recourir à des symboles. Un ou deux objets par point sont largement suffisants. Bon courage !

Précisions :
- Les étudiants font le tour ensemble, donc ils savent ce que signifient les objets placés par les autres, et pourquoi ceux-ci les placent, ce que signifient les symboles qu'ils mettent.

- A priori les objets ne seront pas récupérés par la suite. Si vous pousez la question à Patrick, c'est ce qu'il vous répondra.]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Dim 7 Fév - 17:07

Kennedy alla chercher son sac de voyage avant de revenir dans le cercle. Elle avait ratissé plutôt large, ne se donnant comme seule limite de ne pas prendre des objets qui lui étaient trop importants, parce qu’elle ne pensait pas qu’ils pourraient les récupérer par la suite. Elle avait déjà brûlé son diadème de Prom Queen en même temps, niveau séparation avec des objets symboliques forts, elle avait déjà donné. Mais Kay était quelqu’un qui n’avait pas trop de problème avec l’idée de séparation, donc malgré tout, elle avait trouvé pas mal d’objets et avait largement de quoi répondre aux quatre propositions du cercle.

Elle s’arrêta devant le premier point, celui de l’Est. Qu’avait dit Patrick déjà ? Les choses qui nous enrichissaient ? Dans tous les sens du terme ? Kay se mordit l’intérieur de la joue tout en réfléchissant. Qu’est-ce qui l’avait enrichie ? Financièrement, pas grand-chose, elle avait plutôt eu tendance à s’appauvrir plus les années étaient passées. Elle avait grandi dans une grande villa d’une petite ville tranquille de Californie, en ayant accès à tout ce qui pouvait lui faire envie. Gâtée. Avec une carte de crédit dès ses douze ans, et pas mal de fonds dessus… Et son père avait tout perdu, ce crétin, parce qu’il avait légèrement oublié de payer ses impôts depuis… euh… toujours. Enfin bref. Elle devait avoir à peu près trois mille dollars sur son compte en banque, ce qui était loin d’être énorme. Pas pour rien qu’elle n’était pas retournée aux USA depuis qu’elle était arrivée en Ecosse… Enfin, la cécité avait beaucoup joué aussi mais bref.

N’ayant pas d’illumination subite, elle fouilla dans son sac. Bon, alors, qu’est-ce qui pouvait symboliser l’enrichissement… Qu’est-ce qui l’enrichissait. Toujours en se mordant l’intérieur de la joue, elle observa les objets qu’elle avait amenés. Finalement, elle se décida pour une photo (ou plutôt un double, elle avait pas mal de photos dans son sac et avait demandé à Logan de lui faire des doubles pour éviter de perdre des photos qui lui étaient trop chères). Dessus, il y avait les Berenson et Arieh, c’était une photo qu’ils avaient fait prendre par elle ne savait plus quel autre sywhaîdien durant l’été, tous ensemble souriant et s’amusant. Il y avait beaucoup de soleil et ils étaient tous habillés avec des tenues de vacances. Bref, c’était un très bon souvenir.

« J’ai choisi cette photo parce que, vu que j’ai les poches aussi trouées que possible, j’aurais tendance à dire que c’est l’amitié qui m’enrichit ces derniers temps. » Elle hésita un instant, puis ajouta tout de même un brouillon sur lequel elle avait écrit. « Des recherches que j’ai faites sur la divination. J’imagine qu’à défaut d’avoir des dollars dans mon portefeuilles, je m’enrichis en connaissance… »

Elle grimaça d’un air assez comique et attendrissant à la fois. Oui, Kay aimait l’argent. Mais elle se débrouillait finalement assez bien sans, même si elle ne le réalisait pas forcément. Comme elle avait été la première à intervenir, elle suivit les explications des autres puis fut la première à se diriger vers le point suivant. D’après Patrick, c’était le point du Sud, de la passion et de l’aspiration. Alors là c’était un point qui lui posait plus de problèmes déjà. Quelle était sa passion ? Au lycée, elle aurait répondu le cheerleading. A L.A., elle aurait dit la comédie. Et ici alors ? Quelle était sa passion ? La divination ? Pas vraiment… Enfin. Elle aimait ça, vraiment. Mais elle l’étudiait plus par nécessité qu’autre chose. Elle avait besoin de savoir comment ça fonctionnait, pour pouvoir le maîtriser. Objectivement, si on lui avait demandé si elle préférait continuer à étudier la divination ou avoir de nouveau une vie normale, elle n’aurait sûrement pas hésité longtemps. Oh ça aurait sûrement entraîné des regrets, parce que ça l’intéressait, malgré tout, et que ça faisait partie de sa vie depuis près de trois ans….

Quant aux aspirations, ça n’était pas beaucoup plus clair… Elle aspirait à contrôler son don. Elle aspirait à trouver une aspiration. Euh… Est-ce que c’était une aspiration ça ? Elle fronça le nez. Pour le coup, elle laissa les autres participants lui passer devant, n’écoutant qu’à moitié leurs explications. Non, ce point lui posait vraiment des problèmes. Finalement, elle se força à faire un choix, et déposa sur le point une carte de tarot. C’était une carte de son ancien tarot en fait, qu’elle avait amené dans le sac, puisqu’elle en avait un magnifique offert par Jake et Rachel à son anniversaire. Elle déposa la carte de l’Etoile. Sa carte. Celle qui la symbolisait.

« La carte de l’Etoile. » dit-elle d’ailleurs. « C’est moi. Et c’est le tarot à la fois. Ce qui s’approche le plus d’une passion en ce moment dans ma vie… Et mon aspiration. Apprendre à savoir qui je suis. »

Elle secoua la tête avec un sourcil levé d’une façon ironique. Il n’y avait que Kay pour dire des choses qui pouvaient avoir l’air aussi cucul avec un air aussi « normal ». Comme si elle ne se rendait pas compte du ridicule, et que du coup ce ridicule n’arrivait pas à la toucher. Son sac toujours sur l’épaule, elle avança avec les autres vers le troisième point. L’ouest. Kennedy réfléchit à comment Patrick l’avait défini. La sagesse ? Merde. Est-ce qu’elle était sage ? Certainement pas. Elle était bien trop jeune pour ça. Elle soupira. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien mettre pour la sagesse ? Elle fouilla dans son sac puis déposa deux objets à terre.

« La feuille d’acception à Brown. » dit-elle avec un sourire un peu crispé. « Le fait de ne pas pouvoir y aller m’a rendue sûrement plus sage… Moins du genre à imaginer que tout était dû. »

Parler de soi comme ça n’était pas un problème pour Kennedy. C’était quelqu’un de très lucide et de très franc, elle avait même peut-être un peu trop tendance à dire ce qui lui passait par la tête. Elle désigna ensuite le deuxième objet :

« Dans le sachet, il y a du gravier du toit. J’ai eu une conversation sur ce toit qui m’a permis de relativiser beaucoup de choses. Avec Brogan. »

Elle sourit de nouveau. Cette fois, elle n’avait pas été tout à fait honnête. Bien sûr, elle avait vraiment eu une conversation avec Brogan qui lui avait permis de se remettre un peu sur les rails. Et il y avait aussi eu cette conversation avec Kath, au tout début, quand elle était arrivée. Elles avaient discuté et la rouquine lui avait donné un peu d’espoir… D’une certaine façon, c’était une bonne idée de mettre du gravier. C’était un endroit où Kay passait beaucoup de temps, où elle réfléchissait beaucoup, où elle faisait des rencontres… et s’envoyait en l’air avec Nath, ahem. Elle tourna un regard un peu amusé vers Rachel, à qui elle avait raconté l’évènement. Ben quoi ? Elle n’avait pas quarante amies filles ! Et Kay avait toujours été du genre à aimer se confier… même d’une chose pas vraiment explicable.

Bon. Le nord. On oublie Nath et notre seule expérience sexuelle en plus de trois ans et on se concentre sur l’exercice. Alors, le nord c’était… les défis de notre vie et les forces qu’on avait pour les faire. Okay, très bien. Elle réfléchit un instant. Son défi ? Réussir à gérer son don ? Non, pas vraiment. Enfin, c’était un de ses défis, mais elle ne voulait pas non plus considérer que c’était son défi sur sa vie, ça serait bien trop triste. Elle hésita un moment, puis sortit une photo d’elle. C’était un peu égocentrique, mais elle s’en fichait. Ca n’était pas nouveau en même temps, tout le monde savait que c’était un des petits défauts adorables de Kennedy Brooks.

« Mon défi, avoir une vie normale, comme à l’époque où j’ai pris cette photo. C’était juste avant la graduation. Avant que tout dérape. » Elle sourit d’un air un peu nostalgique mais se reprit vite et ajouta. « Et ma force. Moi. »

Cette fois, le sourire était amusé mais plein d’une force tranquille à la Kennedy Brooks. Oui, elle était sa seule force. Ca non plus ça n’était pas nouveau.

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Rachel Berenson
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 142
Age: 22
Date d'inscription: 10/07/2008

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Lun 8 Fév - 17:04

[Pardon du tour raté...]

Il n’avait pas fallu très longtemps à Rachel pour maîtriser le sort en lui-même mais la baguette prêtée par sa mère ne réagissait ni avec la même précision, ni avec la même subtilité que la sienne propre. Encore une fois, elle compta les jours jusqu’à la réalisation de son propre médium et fronça les sourcils devant un résultat encore trop élevé. Ce manque de précision fit qu’elle s’y reprit à plusieurs fois avant d’obtenir un résultat qu’elle put juger satisfaisant. Elle finit en fait juste avant Kennedy même si celle-ci eut l’impression d’avoir réussi bien après tout le monde.

Bon. L’Est. A quoi l’associait-elle ? Contrairement à Kennedy, Rachel réfléchissait en silence et, tandis que son amie déroulait son raisonnement, les pensées de la blonde Canadienne suivaient une toute autre direction. Elle, l’Est, elle l’associait instinctivement à l’été, à l’élément feu, du rouge, l’adolescence. Elle allait d’ailleurs faire part de ces réflexions quand Anthony prit la parole pour acquiescer à ce qu’avait dit Kennedy. Rachel ravala donc sa langue. Anthony était un spécialiste de Rozen, il devait savoir de quoi il parlait, inutile donc de se rendre ridicule. D’ailleurs, après avoir vérifié d’un coup d’œil qu’elle n’avait rien à ajouter, le prof s’empressait de confirmer. Elle avait donc bien fait de se taire.

Sur les talons de Kennedy, Rachel alla récupérer le sac contenant ses « objets personnels ». Après avoir consulté Kennedy, elle non plus n’avait rien pris de trop précieux, au sens propre ou au sen émotionnel du terme, histoire de ne pas se faire avoir si elle ne pouvait pas les récupérer par la suite. D’ailleurs, elle demanda confirmation à Patrick et il s’avéra qu’elle avait eu raison de raisonner de la sorte.

Bon. L’Est. Ce qui l’enrichissait. Bonne question. Elle cessa un instant de fouiller dans son sac pour regarder ce que choisissait Kennedy et reconnut la photo pour avoir la même. Un sourire vint éclairer son visage tandis qu’une stupide boule d’émotion se formait dans sa gorge. Bon. Pas le moment de s’attendrir. Qu’est-ce qui l’enrichissait, elle ? Elle finit par mettre la main sur ce qu’elle cherchait. C’était une carte de Sywhaîd, recopiée à la main par elle-même, donc pas super bien faite mais elle n’avait pas voulu en prendre une vraie. Elle la déposa sur la photo de Kennedy et précisa :

- Je suis venue à Sywhaîd précisément pour apprendre, pour enrichir ma communauté d’origine des savoirs et traditions d’ici alors… Sywhaîd.

Et ça englobait beaucoup de choses. Les travaux pratiques, apprendre à tricoter et tout ça, les gens qu’elle y avait rencontrés, les rencontres d’ailleurs un peu insolites, comme Galaad, les amis, les amants. Oui, Sywhaîd l’enrichissait. Après avoir demandé à Patrick si un seul objet suffisait, elle laissa la place à Anthony. Puis emboîta le pas à Kennedy vers le point du Sud. Passion et aspirations avait dit Patrick. Ha. Bonne question. Pour la passion, elle avait quelques objets qui convenaient. Mais les aspirations ? Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle comptait faire de sa vie. A quoi aspirait-elle ? Kennedy avait fini et Rachel jeta donc sur le tas l’ancien ruban de ses pointes.

- La danse, précisa-t-elle dans un sourire.

Sa première passion. Elle en faisait depuis ses cinq ans. Et, même si elle avait arrêté depuis Sywhaîd, elle continuait de s’exercer régulièrement pour ne pas tout oublier et pouvoir reprendre quand elle partirait. Elle fouilla encore un peu dans son sac et en ressortit un vieil exemplaire de Vogue dont elle avait pris soin d’arracher les pages intéressantes avant de l’ajouter à sa sélection. Elle le laissa tomber.

- La mode.

Contrairement à Kennedy, ses choix ne nécessitaient pas beaucoup d’explication. Elle adorait la danse, elle adorait la mode. Cela pouvait la faire paraître comme une fille évaporée et superficielle mais c’était ce qui la passionnait. Et ceux qui s’arrêtaient à cette première impression étaient rapidement détrompés. A leurs dépens généralement. Restait le plus dur. Ses aspirations. Une feuille de papier attira son attention et elle eut une moue qui disait clairement « pourquoi pas ? » et elle laissa tomber le dessin d’éléphant sur le petit tas. Cette fois-ci, une explication s’imposait.

- L’éléphant est mon totem familial. Il représente ma famille et, par extension, ma communauté dans son ensemble. J’aspire à être digne d’eux. A les rendre fiers.

De nouveau, elle laissa la parole à Anthony avant de rejoindre Kennedy à l’Ouest. La sagesse. Bon sang, c’était bien compliqué tout ça. Tandis qu’elle réfléchissait à ce nouveau thème en farfouillant dans son sac, Rachel écouta les explications de Kennedy et releva la tête juste à temps pour croiser le regard amusé de l’Américaine et y répondre d’un sourire complice. Ça oui, il n’y avait pas que Brogan qui l’aidait à relativiser sur ce toit ! Hum. Mince, c’était son tour. Bon, elle allait devoir se résoudre à opter pour la simplicité et l’évidence. Elle sortir donc une photo d’identité de Jake (elle était sûre qu’elle trouverait à la caser ce soir) et la posa sur le petit tas.

- Jake, mon cousin, précisa-t-elle pour ceux qui ne le connaissaient pas. Il m’encourage à m’instruire, il me garde sur le droit chemin. Il m’aide à rester sage. Il me pousse à vouloir le devenir. Et il est, pour moi, l’incarnation de la sagesse. Même s’il a juste vingt ans. Et il me laisse le convaincre de pas être trop sage quand il le faut...

Heureusement que le Jake en question n’était pas là. Rachel n’en aurait sûrement jamais autant dit en sa présence, ce qui aurait quelque peu gâché l’exercice. Une fois qu’Anthony eût fini, elle migra vers le Nord, dernier point cardinal et écouta Kennedy parler de son défi d’avoir une vie normale. Et de sa force, elle-même. Rachel aurait pu en dire autant, sur ce dernier point mais n’avait même pas pensé à prendre une photo d’elle-même, ce qui était quand même un comble. Bon, son défi. Son défi, c’était d’arriver à se contrôler au quotidien, la Brume l’avait bien senti. Et, partant, d’arriver à devenir quelqu’un de bien. Pas juste quelqu’un de bien quand on creusait et qu’on dépassait la couche de froideur. Quelqu’un de bien tout court. Bon. Comment symboliser ça ? Tiens, elle ne se rappelait pas avoir pris ça. Bon, ça irait, si on poussait un peu le symbolisme. C’était un pendentif en forme de goutte d’eau, un cadeau de Tobias. Au moins, elle en serait débarrassée.

- L’eau. Parce que mon défi est de me calmer, de me contrôler. Et l’eau symbolise la maîtrise je trouve. Surtout que mon élément dominant est le feu donc l’eau, c’est ce qui permet de calmer le feu.

Et puis elle déposa une deuxième photo de Jake (son instinct lui avait soufflé qu’elle en aurait besoin de plus d’une).

- Encore Jake. Mais aussi Tom, son frère jumeau, Marco, son meilleur ami, Cassie, ma meilleure amie… Mon entourage. Les gens qui comptent pour moi, ceux qui m’aiment. C’est eux qui m’aident à me canaliser quand j’y arrive pas toute seule…

Pfiou. Enfin fini ! Elle n’était pas fâchée de laisser Anthony parler encore une fois, elle aurait détesté conclure sur une note aussi niaise.

_________________


Her flesh is smooth and supple
And velvet as the night
Her eyes are shot with diamonds
A mouth full of delight


Mick Jagger
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anthony Delanay
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 206
Age: 28
Date d'inscription: 20/07/2008

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Jeu 11 Fév - 16:06

[Tu s'ras penduuue ! Pendu, pendu pendu ! Et toi aussi le Québecois !... Hem... pardon! ^^]

Tony emboita le pas aux deux jeunes femmes et récupéra son sac tout droit sorti du surplus de l’Armée. N’ayant rien demandé à personne, il avait amené pas mal de choses, certaines personnelles et importantes pour lui, d’autres moins, histoire de pouvoir choisir le moment venu. Visiblement il avait bien fait, comme l’en attesta la réponse du Professeur à la question de Rachel. Il suivit le petit groupe vers le cercle, prenant soin de marcher à l’intérieur comme l’avait précisé Patrick et, par galanterie, laissa les deux filles commencer.

Okay… L’Est. Quelque chose d’enrichissant. Pendant que les filles cherchaient de leur côté, Tony fouilla lui aussi dans ses objets personnels. Il trouva une pièce d’un euro mais jugea ça trop simple. Et puis, comme Kennedy venait de le mentionner, lui non plus n’avait pas les poches pleines d’argent, c’était donc une mauvaise idée. Finalement il trouva un ou deux trucs susceptibles de faire l’affaire. Il écouta la participation des deux filles, observant leurs photos et quand Rachel eut terminé il enchaîna. A la main il tenait deux choses : une photo et un dessin de la volière. Sur la photo, Anthony était parfaitement reconnaissable malgré le treillis militaire qu’il portait. Il posait au milieu d’une vingtaine de soldats dans un décor montagnard plutôt aride. Malgré la neige tout autour d’eux, chacun des vingt (et quelques) soldats arborait un sourire fier. Certains avaient l’air complice et se tenaient par les épaules. Tony laissa tomber la photo sur les deux autres avant de préciser :

- C’était deux ans avant que j’quitte l’Armée. C’est l’Armée qu’a fait d’moi c’que j’suis. ‘Fin en partie. J’lui dois beaucoup. C’tait une sacrée expérience.

Sa mâchoire se crispa imperceptiblement avant qu’il n’enchaine sur son deuxième objet : le dessin de la volière.

- C’est un dessin d’Vladimir. C’est la volière, ici, à Sywhaîd. Parc’que j’pense que Sywhaîd m’enrichit aussi. La communauté, tout ça… C’est quelque chose qu’on croise pas tous les jours. Et puis j’ai appris pas mal de chose depuis qu’j’suis arrivé. J’apprend un métier… c’pas rien.

Il se fendit d’une petite grimace ironique avant de signaler qu’il avait finit. Bon. Il y avait encore tout un tas de choses qui l’enrichissaient mais il n’allait pas tout mettre non plus hein ?! Suivant. Ils passèrent au point Sud. Point des passions (de la Passion ?) et des aspirations. Pour ça il avait l’objet idéal. Il secoua un peu son sac pour changer les objets de place et trouva enfin ce qu’il cherchait. Quand Kay et Rachel eurent finit, que Kay eut posé sa carte de l’étoile et Miss Maple Leaves, son ruban, son… « Vogue » ? et son dessin, Tony sortit l’objet de son sac. Il s’agissait de trois petites hirondelles en bois sculptées d’un seul tenant et reliées entre elles par les ailes. Il y avait une grosse hirondelle –de la taille de la paume de sa main-, une moyenne et une petite, comme les trois ours d’un vieux conte qu’il avait déjà lu. Cet objet, c’est lui qui l’avait sculpté. Il n’y avait pas très longtemps. C’était une ébauche. Un raté. En effet, la plus grosse des hirondelles déplorait l’absence d’un morceau de son aile gauche. Tony l’avait recommencée depuis, et cette deuxième version, il comptait bien la garder jalousement. Il posa l’objet en bois sur le petits tas et se redressa.

- C’est un truc que j’ai fait y’a pas longtemps. En fait depuis deux, trois ans j’ai découvert que j’aimais bien travailler l’bois et tout ce qui touche un peu à l’élément Terre, mon élément donc. Bref coup d’œil à Patou qui était inconsciemment à l’origine de la vocation de Tony pour l’étude des éléments et des trucs en rapports avec la nature. C’est d’venu une passion j’pense et d’puis peu, une vocation… enfin p’t’être…

Il désigna les hirondelles avant d’ajouter :

- Les hirondelles ça marche aussi pour les aspirations. Parc’que j’aspire à faire un métier en rapport avec le bois, la sculpture magique etc… Et puis… Il se racla la gorge. Pour moi les hirondelles c’est l’symbole de la famille. La famille que j’aim’rais avoir quoi.

Il n’en dit pas plus. En réalité, les trois hirondelles était le symbole de la famille qu’il avait eut… avant de la perdre. Mais ça, il ne comptait pas en faire part lors d’un cours. Il suivit alors le Professeur, Rachel et Kennedy vers l’Ouest, suivi par Bergamote qui ne loupait rien de l’exercice mais se tenait tranquille, derrière son humain.
Bon, la sagesse maintenant. Pour le coup Tony était partagé. Peu de personnes représentaient la sagesse à ses yeux. Dans son esprit traditionnel, le Père était censé être cette figure stable sur laquelle on se repose, mais pour le coup, il n’avait jamais connu le sien, du moins il ne s’en souvenait pas. Alors qui d’autre ? Quels sages ? Pour lui un sage était une personne dotée d’une vaste connaissance du monde, en qui il avait une totale confiance.
Alors, deux personnes lui vinrent à l’esprit. Il fouilla dans son sac et tira un cliché animé d’un vieux bonhomme moustachu au daemon-chat.

- C’est Charles Beauprés. C’est le sorcier qui m’a appris à travailler l’bois dans les Alpes. Il a toujours été d’bon conseil. Il connait tout un tas d’choses étonnantes. Il suit son ch’min sans s’encombrer de c’qu’il y a autour. Il vit simplement mais il est heureux. J’pense qu’il a tout compris d’la vie.

Il fouilla au fond de sa besace et en tira une petite pierre noire. Elle était brute, anguleuse et avait des reflets légèrement verts.

- Et ça, ça vient de Norsken, ajouta Anthony en glissant un coup d’œil à Patrick. C’est une des pierres que j’ai ramn’é d’là-bas. C’est juste que pour moi, la seconde figure qui r’présente la sagesse c’est Bjorn. Un des esprits d’l’île. C’était pas forcément le plus sage des quatre Esprits qu’il y avait là-bas, mais c’est celui qui m’a fait confiance et c’est à lui que j’rest’rai fidèle.

Sooo… Séquence émotion dis-donc ce cours ! Il fut cependant ravi de suivre le groupe au Nord du cercle. Cela signifiait : bientôt la fin du déballage. Que signifiait ce point en revanche ? La participation de Kennedy le remit sur les rails : défis et force. Il passa une main dans ses cheveux –qui commençaient à être « long »- et trouva l’idée. Quand Rachel eut terminé d’exposer ses forces et défis. Il hocha la tête, ne trouvant pas son commentaire plus niais que ceux qu’il avait fait jusqu’à présent (et la guimauve n’était peut-être pas finie). Bon. Finissons-en, pensa-t-il. Il donna un coup de boots dans le sol. Non il n’était pas en colère… Vous allez voir. Il donna un coup de pied et s’accroupit pour saisir dans sa main… un peu de terre. De la terre fraîche –c’est le cas de le dire- qu’il posa juste à côté des photos et du pendentif, histoire de ne pas les salir, au cas où.

- Pour moi, l’défi c’est d’arriver à utiliser mon élément au maximum. C’pas une question de calme ou d’énergie, juste que j’sens qu’ça fait fortement partie d’moi et donc que j’veux l’maitriser.

Il était toujours accroupi et machinalement sa main s’était posée sur son daemon. Il caressa le dos de Bergamote et l’illumination fut. Il ne savait pas si c’était très correct ou politiquement carrément tabou, toujours est-il qu’il déposa un poil gris-brun du daemon sur la poignée de terre qu’il avait posée à l’instant. Il l’enfonça un peu pour ne pas qu’il s’envole avant de se redresser en essuyant ses mains sur son jean.

- Ma force c’est mon daemon. Y’a tout un tas d’événements auxquels j’aurais jamais pu faire face sans lui. Il regarda Gami, sourit et ajouta, ma force c’est lui.

Bergamote attrapa sa queue entre ses pattes, comme chaque fois qu’il était centre d’une attention qu’il ne réclamait pas. Il fut d’ailleurs content que tous ces humains se dirigent à nouveau vers l’Est, l’oubliant un peu. Ouh… c’était joli ce cercle tout scintillant !

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patrick Winter
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 61
Date d'inscription: 14/04/2009

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Sam 27 Fév - 18:23

Patrick avait suivi les étudiants, et réalisé l'exercice en même temps qu'eux. Là encore, cela pouvait paraître assez étrange de voir un professeur réaliser humblement un tel exercice en même temps que ses "élèves", alors même qu'il s'agissait tout de même de dévoiler des choses relativement intimes sur soi. Enfin, cela aurait paru tout à fait naturel si Rozen avait assumé son rôle de professeur, au lieu d'être clouée au lit par la fièvre. Mais voir ce grand escogriffe de Patrick, si froid, si auréolé de mystère, déposer sans gêne aucune ses propres petits trésors personnels à chacun des points pouvait de fait être quelque peu... déroutant. En même temps, ceux qui le connaissaient déjà n'en étaient pas à la première excentricité de la part de l'Anglais.

Il passait toujours en dernier, et, avant qu'ils ne quittent chaque point, y déposait une petite boîte en bois, cylindrique, d'une trentaine de centimètres de diamètre, de la couleur correspondant dans la mythologie celtique. Sur le couvercle de chacune d'entre elles était sculpté un triangle correspondant à un des éléments, ainsi qu'un mot celte. De très jolis objets qu'Anthony reconnaîtrait, puisque Rozen les lui avait commandés quelques jours auparavant. Mais elle avait chargé Wren de la sculpture et les avait peintes elles-mêmes, pour conserver l'effet de surprise au menuisier. Chaque boîte était réalisée dans un bois différent.

Lorsque les quatre points eurent été parcourus, Patrick déposa donc une ultime boîte de couleur sombre sur le point du nord, au niveau du sillon qu'il avait tracé lors du tour précédent. Puis il fit signe aux étudiants... de se diriger à nouveau vers le point de l'est. Mine de rien, c'était la troisième fois qu'ils entamaient ce petit tour (mais ce n'était évidemment pas par hasard ; tant qu'à exécuter des rituels celtes, autant le faire à fond).

"Nous allons à présent nous répartir les points, en fonction des éléments auxquels ils correspondent. Kennedy, donc, nous te confions le point de l'est, et de l'air ; par élimination, mais je pense qu'il devrait te correspondre. Tu vas devoir t'imprégner des différents objets que nous avons laissés ici, des idées qu'il représente, et les placer, au fur et à mesure, dans cette boîte en érable. Tu n'as pas à t'inquiéter de la taille : ils disparaîtront dedans, sans problème. Une fois qu'ils seront tous dedans, que tu estimeras t'être autant que possible imprégnée de l'idée d'enrichissement, de croissance, d'abondance, de printemps... tu refermeras la boîte. Quand tu te sentiras prête.

Si cela fonctionne, le couvercle se soudera de lui-même à la boîte. Et tu pourras rejoindre le centre. Te mettre dans un état d'esprit "aérien" devrait t'y aider. Je pense que cela doit être assez proche des sensations que tu ressens lorsque tu pratiques la divination, il s'agit d'un art forcément très lié à cet élément."


Patrick se tourna ensuite vers les deux autres étudiants.

"La procédure sera exactement la même pour vous. Vous avez l'avantage de connaître votre élément dominant avec certitude et de pouvoir vous appuyer sur lui pour réaliser l'exercice. Quant à moi, je m'occuperai évidemment du point du nord. Si vous n'avez plus de questions, nous allons terminer le tour du cercle et nous nous retrouverons... au centre."

Ils laissèrent Rachel au sud, puis Anthony s'arrêta à l'ouest. Enfin, Patrick rejoignit seul le point du nord, et déposa l'un après l'autre, lent et concentré, les différents objets dans sa boîte noire. Avant de rejoindre le cercle, à peu près en même temps que les étudiants du jour.

***
Citation:
EST/printemps/air/Blàth ("abondance")
boîte de bouleau - ce qui nous enrichit - Kennedy

- photo des Berenson, d'Arieh et de Kennedy : l'amitié
- brouillon de recherches sur la divination : la connaissance

- carte de Sywhaîd : Sywhaîd (ses savoirs, ses traditions)

- photo d'Anthony en treillis avec d'autres soldats : l'armée
- dessin de la volière par Vladimir : Sywhaîd, sa communauté, ce qu'il y a appris

- un sachet de thé earl grey : l'Angleterre, les racines de Patrick
- une baie d'églantier (poil à gratter) : l'humour

***

SUD/été/feu/Séis ("chant")
boîte d'érable - passions et aspirations - Rachel

- la carte de tarot de l'Etoile : Kennedy (savoir qui elle est) et le tarot

- rubans de pointes : la danse
- un exemplaire de Vogue : la mode
- dessin d'éléphant : la famille et la communauté de Rachel

- hirondelles sculptées : la sculpture du bois et l'aspiration à la famille

- un bâton de cannelle : la cuisine et l'aspiration à développer ses émotions
- une photo de Zephira (non commentée)

***

OUEST/automne/terre/Fis ("savoir")
boîte de chêne - sagesse - Anthony

- la feuille d'acceptation à Brown : le fait de ne pas y être allée
- un sachet contenant du gravier du toit : une conversation avec Brogan pour relativiser (etc.)

- photo de Jake : apprend à Rachel à être "sage"... ou pas

- Charles Beauprès : mentor de Tony
- pierre de Norsken : la sagesse de Bjorn

- diplôme de professeur de la BIPTE : les connaissances de Patrick en magie élémentaire, et la décision d'être parti de l'institution et de ne plus garder ce diplôme

***

NORD/hiver/eau/Cath ("bataille")
boîte d'if - défis et forces pour les affronter - Patrick

- photo de Kay avant la graduation : retrouver une vie normale

- un pendentif en forme de goutte d'eau : réussir à se calmer, à se contrôler
- Photo de Jake : l'entourage de Rachel qui l'aide à se "canaliser"

- de la terre fraîche : réussir à maîtriser son élément
- poils de Bergamote : son daemon

- poils d'Heulwen : son daemon
- une grenade (fruit) : vivre la vie avec intensité


[Questions par mp !]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Rachel Berenson
Sywhaîdienne
Sywhaîdienne


Nombre de messages: 142
Age: 22
Date d'inscription: 10/07/2008

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Jeu 18 Mar - 19:55

Rachel fut abandonnée au Sud. Du côté du feu, de l’été, des passions et des aspirations. Elle commença par fermer les yeux et s’imprégner de toutes les images qu’elle pouvait associer à l’été. Les glorieux couchers de soleil au Texas, Noël en Australie, les nuits absurdement claires et étoilées du Canada. Ce faisant, elle isolait en elle l’élément feu, comme elle avait appris à le faire au cours d’un de ses stages, sentant une douce chaleur l’envahir, de l’énergie venir l’habiter, des fourmillements lui parcourir les bouts des doigts.

Alors elle se sentit prête à s’imprégner des valeurs qu’elle devait y associer. Le plus simple, lui sembla-t-il, serait de commencer avec les objets qu’elle avait elle-même choisis. Elle ramassa le ruban déchiré de ses pointes. Un vrai ruban de petite ballerine, en satin rose, à peu de chose près identique à celui que sa mère avait noué autour de sa cheville, lors de son premier cours de danse, alors qu’elle était âgée de cinq ans. Apprendre la danse classique dans une communauté Darkholme n’avait pas été chose facile. Trois fois par semaine, sa mère la conduisait dans la ville la plus proche, au studio de danse de Miss Marley. Et, quand elle avait commencé ses stages, un des impératifs était la possibilité de trouver un endroit où pratiquer pendant au moins deux heures par semaine. Ce qui était plutôt compliqué car le second impératif était qu’elle, Jake et Tom ne devaient en aucun cas être séparés. Mais ça en valait la chandelle. Elle se rappelait encore l’émotion, le stress, le bonheur de son premier ballet, sur scène, la sensation de voler avec ses entrechats parfaitement maîtrisés. Ce bonheur de sentir chaque muscle de son corps, de savoir le maîtriser, de produire de la beauté sans l’aide d’aucun outil, sinon une éventuelle musique ou un éventuel partenaire. S’étant baignée dans ses souvenirs pendant une longue minute, elle lâcha le ruban dans la boîte d’érable.

Elle récupéra ensuite le vieux Vogue. Un sourire vint jouer sur ses lèvres. Elle se souvenait de ce premier défilé, vu par hasard sur une chaîne du câble, quand elle s’était cassé le bras au ski et qu’elle s’ennuyait dans sa chambre d’hôpital. Le choc. Yves Saint Laurent. Là encore, le choc de la beauté. Et la découverte qu’elle possédait un don qui lui permettait de créer de la beauté, non pas, comme pour la danse, à force de travail et d’efforts, mais simplement en suivant son instinct. Elle lâcha le magazine dans la boîte et, bien qu’il fût beaucoup plus large, il entra sans problème.

Enfin, elle prit le dessin de l’éléphant. Sa mère, ses sœurs, ses cousins, son oncle. Sa famille. Sa communauté. Ils lui manquèrent soudain avec une férocité surprenante et difficilement soutenable. Elle avait l’habitude d’être loin d’eux, évidemment, mais pas pendant des périodes aussi longues. Sans Jake, elle aurait vraiment eu du mal à aller jusqu’au bout. Malgré sa ténacité légendaire, son courage légendaire etc. Grâce à Jake, elle avait la force de continuer sans que ça ait l’air si dur. Le but semblait atteignable : accumuler des connaissances, revenir à sa communauté, à sa famille, avec une vraie plus-value, être un vrai atout pour cette communauté qui l’avait élevée d’une façon qu’elle trouvait formidable. Voilà ce à quoi elle aspirait. Le dessin tomba aussi dans la boîte, avec précision.

Jusqu’ici, ça avait été facile. C’était ses passions, elle les connaissait intimement, forcément. Maintenant, il fallait qu’elle arrive à faire la même chose avec des objets qui lui étaient étrangers, qui ne signifiaient rien pour elle. Qu’elle arrive à ressentir ce qu’ils signifiaient pour d’autres.

Elle commença par la carte de tarot de Kennedy. Ce serait plus facile. Elle connaissait bien Kennedy. Mieux que bien. Elles étaient amies, d’une, aussi improbable que ça puisse parfois paraître. Et un étrange phénomène magique les avait liées pendant plusieurs mois de sorte que Rachel ressentait avec force et intensité tout ce que ressentait Kennedy. Elle pouvait donc facilement s’identifier à elle. D’autant qu’elle n’était elle-même pas tout à fait humaine. Elle descendait d’un métissage de sorciers et de créatures. Comme Kennedy. Elle, ça faisait partie de son identité profonde. Kay, par contre, devait encore l’accepter, l’apprivoiser. Mais elle pouvait comprendre cette aspiration, s’y identifier, l’intégrer, et déposer la carte dans la boîte.

Là par contre, ça devenait vraiment compliqué. Mais elle était dans l’ambiance, elle sentait la force de son élément en elle et elle savait qu’elle pouvait y arriver. Elle se saisit de la sculpture d’Anthony. La famille. Oui, une aspiration à la famille, ça faisait sens, elle pouvait se l’approprier sans problème. Elle n’avait pas spécialement envie de se marier et d’avoir des enfants dans un futur proche mais, dans l’absolu, c’était quelque chose qu’elle voulait, profondément. Elle voulait des enfants et des enfants qui connaîtraient quelque chose d’aussi beau que la fratrie qu’elle formait – paradoxalement – avec ses cousins. Pour l’amour de la sculpture en lui-même, difficile de s’en imprégner mais elle pouvait mettre ça en parallèle avec la danse, c’était aussi une forme d’art. Oui, elle pouvait y arriver et elle déposa précautionneusement l’objet dans la boîte.

Restait Patrick. Le bâton de cannelle d’abord. Elle laissa de côté l’aspect cuisine et préféra se concentrer ms sur l’autre commentaire, plus surprenant, moins compréhensible. Développer ses sentiments avait-il dit. Elle pouvait s’identifier. Non pas qu’elle ne souffre de la même pathologie étrange qui semblait affecter Patrick mais elle avait parfois du mal avec l’empathie, la compassion, ce genre de choses. Elle s’impatientait rapidement, était assez intransigeante. Et savait qu’elle devait travailler dessus. Alors elle pouvait comprendre, et jeter la cannelle dans la boîte. Ne restait que la photo de Zephira. Le plus dur pour la fin. La dernière passion. L’amour. A qui pouvait-elle penser pour trouver une émotion semblable à ce que partageaient Patrick et Zephira ? Pas à Will. C’était trop indéfini. Pas à Tobias. C’était… eh bien… fini, elle devait l’admettre. Alors elle pensa à son oncle et sa tante, les parents de Jake et Tom, un modèle de couple, après plus de vingt ans de mariage, unis par une profonde affection, tendresse et complicité. Alors Zephira put rejoindre la boîte à son tour.

Sous ses yeux, le couvercle de la boîte se souda de lui-même et un sourire victorieux éclaira son visage. D’un pas vif et ferme, elle rejoignit le centre du cercle, constatant ainsi qu’elle était la première à le faire.

_________________


Her flesh is smooth and supple
And velvet as the night
Her eyes are shot with diamonds
A mouth full of delight


Mick Jagger
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anthony Delanay
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 206
Age: 28
Date d'inscription: 20/07/2008

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Dim 21 Mar - 10:38

Anthony avait d’abord laissé Kennedy à l’Est et Rachel au Sud avant de s’arrêter à son tour au point Ouest. Il y avait toujours le petit tas d’objets et l’une des boîtes qu’il avait confectionnées. Il faut dire que Rozen avait bien gardé le secret et, en notant la commande de celle-ci, Tony avait été loin de se douter de leur utilisation finale. Il avait plutôt pensé à des boîtes pour condiments et/ou ingrédients magiques. Loupé !
Il s’accroupit et observa attentivement les objets qu’il avait devant lui. Il savait de source sûre que la boîte cylindrique qu’il avait sous les yeux était en bois de chêne, facilement reconnaissable. Il savait aussi qu’il n’avait ajouté à la boîte aucun sortilège que ce soit, mais, selon les dires de Patrick, il était certain qu’un enchantement avait été ajouté. Un ou plusieurs d’ailleurs.

Tony soupira. Il était donc là, à l’Ouest, synonyme d’Automne. La Terre. La sagesse. Et il fallait qu’il s’imprègne de ce sentiment de sagesse pour faire siens des objets qui ne lui appartenaient pas. Alors, comme Rachel, Anthony commença par fermer les yeux et tâcha de visualiser tout ce qui pouvait lui rappeler la Terre, l’automne et la quiétude que cela évoquait pour lui. Il imagina d’abord la lande aux herbes hautes roussies par le soleil, la forêt aux feuillus rougeoyants, le vent encore tiède, parfois frais. Il pouvait presque sentir le parfum de l’humus dans les sous-bois après une bonne averse.
Peu à peu sa respiration et son pouls ralentirent. Il faisait corps avec son élément, inconsciemment, sans le solliciter réellement. La Terre l’apaisait, il se sentait bien. Alors il rouvrit les yeux doucement, pour ne pas perdre cette sensation de quiétude et de sérénité.

Il passa en revue les différents objets et se décida pour la feuille d’acceptation à Brown de Kennedy. Il se remémora ses paroles d’alors. Que c’est le fait de n’avoir pu y aller qui l’avait rendue plus sage. Qu’elle s’était alors rendue compte que tout ne lui était pas dû. Tout n’est pas forcément acquis d’avance et pour toujours. Si Tony ne connaissait pas Brown –qui devait être une école, hein ?- il imaginait plutôt bien le sentiment que Kay avait pu ressentir. Lui aussi avait découvert, à ses dépends, que tout ne se passait pas toujours comme on l’avait prévu. Que même une chose acquise devait être entretenue et protégée sous peine de disparaître prématurément. La mort de Lauren ne l’avait pas véritablement rendu plus sage, mais il y avait bel et bien laissé son insouciance. Il dirigea la feuille vers le cylindre qui l’absorba dans un éclair de lumière opalescente.

Il se saisit ensuite du sachet de graviers que Kennedy avait piqué sur le toit de la ferme. Une conversation pour relativiser, ça Tony pouvait tout à faire se l’approprier. Il en avait eu quelques unes, avec Vladimir, avec Charles, avec sa mère aussi. Aucune ne l’avait totalement réconforté mais toutes partaient d’une bonne intention et il appréciait le geste. Et n’était-ce pas un peu sage de savoir reconnaître les qualités des autres ? Il déposa le sachet dans la boîte avant de passer à l’objet suivant.

Cette fois c’était la photo de Jake qu’il tenait entre ses doigts. Anthony estimait le jeune homme. Il lui avait toujours fait bonne impression. La Gentleman’s Night prenait parfois une tournure intéressante lorsqu’ils avaient l’occasion de discuter un peu. Il imaginait bien l’impression de sagesse que décrivait Rachel. Pour sa part Jake ne le rendait pas plus sage et il ne le remettait pas dans le droit chemin comme il le faisait –apparemment- pour sa cousine, mais Tony avait déjà connu ça avec d’autres. Sa mère d’abord, qui lui avait inculqué un certain nombre de valeurs et l’Armée, ensuite, qui l’avait effectivement recadré alors qu’il était sur la mauvaise pente. Enfin, Lauren l’avait calmé à sa manière. Alors qu’il n’était qu’un jeune chien fou Tony s’était senti important et investi d’une mission plus importante encore : aimer la jeune femme et la protéger. Mission à laquelle il avait passablement échoué.

Delanay déposa la photo de Jake dans le cylindre de bois qui brilla faiblement, avant de s’emparer du diplôme du Professeur. Pour lui, ça représentait la sagesse que Patrick détenait. Tout le savoir qu’il avait accumulé pour en arriver là. Et la sagesse qu’il fallait pour retransmettre ses connaissances à des élèves. Il ne connaissait pas réellement l’impression que cela faisait d’enseigner, mais l’imaginait assez bien.
A ça venait s’ajouter la décision de quitter l’institution, de ne plus garder ce diplôme. Tony en ignorait les raisons –et ça ne le regardait pas- mais il imaginait que les valeurs du professeur avaient été mises à mal. Lui aussi avait vécu ça, même si de manière différente. A la mort de Lauren, tous avaient voulu qu’il remonte à cheval, qu’il se remette en selle et continue sa vie comme si de rien n’était ou presque. Mais lui n’avait pas pu. Il n’aurait pas pu continuer à faire semblant de soutenir des valeurs, des actes pour lesquels le cœur n’y était plus. Il avait alors suivi ce que son cœur lui disait et avait quitté l’Armée. Ca n’était pas réellement de la sagesse pour lui. Il avait fait ce qu’il devait. Probablement comme Patrick. Tony laissa alors le diplôme se faire absorber par le cylindre non sans avoir préalablement jeté un coup d’œil à son détenteur. Ne le regretterait-il pas ? Certainement que non.

Tony inspira longuement. Il refit le plein de son élément se concentra à nouveau sur la Terre et sur le sentiment de sagesse qui y était associé. Et quoi de mieux pour se remettre dans le bain que de regarder le visage joufflu et moustachu de Charles Beauprés ? Son mentor. Après Norsken, alors que sa vie n’était un pointillé mal défini, Charles lui avait montré une voie à suivre. Sa voie à lui en l’occurrence, mais qu’Anthony avait su faire sienne et qui l’avait conquis. Charles avait tâché de recoller les morceaux de son apprenti, dans les grandes lignes, comme un vase réparé temporairement au ruban adhésif. Il lui avait ouvert les yeux sur autre chose que sa petite personne et avait su tirer d’Anthony des talents insoupçonnés. Il avait été son mentor, sa source de sagesse personnelle. Et la photo vint rejoindre le reste dans la petite boite de chêne.

Finalement, Anthony prit la petite pierre noire, anguleuse, aux reflets verts. La pierre de Norsken. Et Bjorn. Bjorn qui, des quatre esprits de l’île n’était pas le plus sage. Ce brave Skog aurait plus probablement mérité ce titre honorifique. Mais pour Tony, c’est Bjorn qui avait sa confiance et sa totale dévotion. Il était son autre maître. Celui qui avait su lire en lui et lui accorder une chance. Celui qui lui avait accordé sa confiance et avait cru en ses capacités. C’était ça, un sage, pour Anthony. Il déposa alors délicatement la pierre dans le cylindre en chêne, qui comme le reste, s’engouffra dans une lumière opalescente.

Toujours emprunt de cette sensation de sagesse, le menuisier referma le couvercle du cylindre qui s’illumina de l’intérieur avant de « s’éteindre » complètement. Quand Tony le testa, le couvercle ne bougea pas : il était bel et bien soudé. L’opération avait fonctionné. Tony se releva et rejoignit Rachel et les autres, au centre du cercle.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kennedy Clayton
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 255
Age: 27
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Mar 23 Mar - 10:19

Kennedy fut, donc, la première à être abandonnée à son point cardinal, face à des objets dont elle était sensée ressentir la force et le symbole pour les faire glisser dans une boite trop petite. Elle soupira, mais ce soupir était accompagné d’un sourire. Exactement ce genre de sourires qui la rendaient irrésistibles, un sourire qui alliait force et faiblesse, qui en fait représentait presque parfaitement l’équilibre qui avait toujours existé en elle. Elle ne savait pas exactement comment procéder. Oh Patrick avait expliqué, aussi précisément que son tempérament d’anglais (ou du moins ce que Kay appelait intérieurement son tempérament d’anglais) lui avait permis, bien plus précisément certainement que si ça avait été Rozen qui avait donné ce cours, comme prévu. Mais Kennedy n’avait pratiquement jamais utilisé son élément. En fait, elle ne savait même pas avec certitude quel élément était dominant dans son équilibre magique, même si tout le monde semblait considérer que ça devait être l’air, et que, oui, l’idée lui plaisait bien. Alors utiliser… Elle soupira une seconde fois, passa sa main droite dans sa belle chevelure, puis s’assit souplement en tailleur, face à la boite et aux objets.

Avec une grimace touchante, elle observa chacun des objets, les prenant dans sa main, cherchant à se souvenir ce que chaque personne avait dit à ce sujet… Ce que chaque personne avait semblé ressentir en déposant l’objet. Pour la seconde partie, Kay n’était peut-être pas la mieux placée. Elle n’avait jamais été la personne la plus psychologue qui existât. Loin de là même. Bien sûr, ses années à L.A., à galérer, à souffrir, puis ses années à Sywhaîd, pas vraiment meilleures, lui avaient ouvert les yeux, avaient enlevé une bonne partie de sa carapace de princesse pourrie gâtée qui n’aurait fait attention qu’à elle. Et son don de médium la rendait beaucoup plus empathe qu’elle ne l’aurait souhaité, même si elle ne le maîtrisait pas vraiment.

Elle finit par reposer les objets. Elle avait bien compris qu’il fallait qu’elle mobilise l’air, mais elle ne savait pas le faire aussi bien que ses trois camarades (qu’il était étrange de considérer Patrick Winter comme un camarade ! mais elle ne s’attarda pas sur l’idée). Elle décida donc de procéder, sans le savoir, comme Rachel et Anthony, en pensant au printemps. Le printemps était une saison qu’elle avait toujours aimée. Bien sûr, la saison de Kennedy était plutôt l’été, avec sa chaleur parfois étouffante, ses orages, et ses longues soirées… Mais elle aimait le printemps. Chaque année, elle avait l’impression de renaître en même temps que la végétation et que la faune. Chaque année, elle attendait cette libération avec une impatience de plus en plus croissante. Le printemps lui redonnait le sourire, lui permettait de revivre. Elle se concentra sur cette idée, ne sachant pas vraiment si c’était ce qu’elle était sensée faire, mais pensant qu’après tout, on lui demandait de penser au printemps, et que le printemps pour elle c’était principalement ça. Elle pensa aussi à la lumière, qui revenait enfin. Aux plantes, qui fleurissaient, aux belles odeurs de rosée, d’herbe fraîche, de fleurs… Aux bruits des oiseaux… Aux soirées qui s’allongeaient. Aux levés plus matinaux, avec la lumière… Mais aussi, d’une façon plus frivole, aux vêtements plus légers, plus agréables, plus colorés, qu’elle pouvait de nouveau mettre.

Sans qu’elle ne s’en rende compte, elle s’était mise à sourire. Elle baissa les yeux sur la boite et réalisa qu’elle était encore loin du compte. Elle devait penser à ce qui l’enrichissait, c’était l’idée liée à ce point. L’enrichissement… Oui, le printemps l’enrichissait. De bonheur. D’espoirs. C’était toujours la période où elle reprenait ses projets en main, où elle en refaisait. C’était une saison dont elle se nourrissait, tant des ambiances, que de la lumière. Elle utilisait toute cette énergie pour sa vie à elle. Elle s’enrichissait. Au moment où elle fit le lien, une lumière opalescente se mit à émaner doucement de la boite, montrant qu’elle était prête à recevoir les objets. Kennedy se détendit et observa de nouveau les offrandes, cherchant à commencer par un objet qu’elle pouvait facilement comprendre.

Etrangement, elle ne commença pas par un de ses propres objets. La première chose qu’elle prit fut le sachet de thé de Patrick. Il l’avait déposé en parlant de l’Angleterre, de ses racines. Et s’il y avait une chose que Kay pouvait comprendre, c’était bien l’attachement à la terre natale. Elle aimait la Californie plus que tout. Elle était californienne avant d’être américaine. Californienne avait d’être quoi que ce soit d’autre. Elle aimait Riverdale plus que tout. Et L.A., malgré les années difficiles qu’elle y avait passées. Et même si Sywhaîd était un endroit qui comptait pour elle, son chez soi à présent, et sûrement pour longtemps encore, ça ne serait jamais pareil. Elle pensa à tout ça. A tout ce que la Californie lui avait apporté. Et elle pensa à l’Angleterre aussi. Elle avait du mal à imaginer qu’on puisse être attaché à cette île humide, mais elle se força à se mettre dans la peau de Patrick. Lui qui était aussi fortement anglais qu’elle était californienne. Et comme elle avait mobilisé l’air, élément proche de ses dons de médiums, son don s’activa et elle eut comme des petits flashs de Patrick, à Londres, aussi heureux qu’il pouvait l’être, lui qui ne ressentait que peu de choses. Elle fut troublée par ces flashs. Elle n’avait pas compris, jusqu’à présent, à quel point Patrick était handicapé. Elle avait bien vu que quelque chose n’allait pas, mais elle avait pensé qu’il avait eu une enfance difficile ou quelque chose comme ça, pas qu’il était aussi coupé de ses sentiments. Mais cette compréhension l’aida, aussi. Parce que l’Angleterre était quelque chose d’important pour Patrick, lui qui avait du mal à ressentir. Ca donnait encore plus de forces à ce sachet de thé qu’elle déposa dans la boite, qui brilla légèrement avant de l’avaler.

Elle prit plusieurs inspirations avant de continuer. Si son don avait décidé d’être de la partie, ça risquait de devenir rapidement éprouvant. Kay s’était habituée à ses visions, aussi bien qu’on puisse s’habituer à quelque chose comme ça, mais elle n’était toujours pas à l’aise avec l’idée d’entrer dans l’intimité des gens sans le contrôler. Ces derniers mois, elle avait fini par plus ou moins pouvoir arrêter les visions quand elle ne voulait pas les avoir, du moins quand elles n’étaient pas trop fortes, pas trop violentes. Mais si elle faisait ça, elle se couperait de l’air, très certainement, et l’exercice ne fonctionnerait pas. Elle glissa son regard brun sur les autres participants. Elle savait déjà à peu près tout ce qu’il y avait à savoir sur Rachel, à cause de ce lien qui les avait unies après que Tibère les ait attaquées. Quant à Patrick, à part ce problème avec ses sentiments, elle imaginait qu’il n’y avait pas grand-chose à découvrir… Et Anthony ? Il n’avait pas l’air d’être quelqu’un capable du pire… Elle réfléchit un instant. Après tout, elle n’aurait jamais pensé que Zephira ait pu avoir un passé aussi sombre avant de se retrouver confrontée à sa vision… Mais ça avait été dû à un manque d’expérience en la matière. Elle vivait à Sywhaîd depuis près de trois ans, elle avait fini par apprendre à se méfier de certaines personnes… Et le menuisier ne faisait pas partie de celles-là.

Elle décida donc de continuer l’exercice. Afin de ne pas être trop éprouvée, elle embraya sur l’objet que Rachel avait déposé. La carte de Sywhaîd. Pour le coup, ça n’avait rien de compliqué. Pour Rachel, Sywhaîd l’enrichissait à des tas de niveaux. Et c’était le but, après tout, elle faisait un stage ici, pour enrichir sa communauté de nouvelles connaissances. Et puis, elle s’enrichissait d’expériences aussi. Pour Kennedy, Sywhaîd l’enrichissait de la même façon. Connaissances. Expériences. Apprentissage de sa propre personne… Elle ne mit même pas une poignée de secondes à s’imprégner de toutes ces idées tellement elles lui étaient proches et déposa la carte dans la boite, qui l’accueillit alors qu’elle était deux fois trop grandes… La magie avait parfois de bons côtés.

Elle n’avait pas eu de vision, mais elle ne s’était pas attendue à en avoir. Elle en avait eu des tas sur Rachel, assez pour que son don la laisse tranquille en présence de la belle blonde pendant un bon moment. Elle décida d’embrayer sur un objet d’Anthony vu qu’un de ses objets avait à peu près la même idée que la carte de Sywhaîd de Rachel. Elle prit donc le dessin de la volière et s’imprégna de nouveau de l’idée de communauté, d’enrichissement grâce à elle. Ce ne fut pas compliqué, et n’entraîna aucun flash, elle sourit d’un sourire victorieux et déposa le dessin dans la boite, entraînant un léger brillement avant intégration.

Elle soupira, devant les objets qui restaient. Elle commençait à se demander par quel bout le prendre. Oh elle aurait pu mettre ses objets à elle, mais elle craignait que son don lui joue un tour et lui propose des flashs, et elle n’en avait pas envie. Elle décida donc de repasser à Patrick, et à sa baie d’églantier (ou du moins qu’il avait définie comme telle, parce que Kay ne connaissait pas la plante en question). L’humour. Kay en avait à revendre. Un humour léger, parfois teinté d’ironie. Un humour assez californien en fait. Elle se mit dans un état « léger », le genre d’état qui lui donnaient envie de rire, de faire de l’humour, et déposa la baie avec soulagement, toujours pas de vision, elle serait tranquille pour Patrick visiblement, ce qui l’arrangeait bien.

Elle prit la photo d’Anthony. Il était terriblement beau dessus, en uniforme, avec ses camarades. Il y avait une sorte de joie et de force qui se dégageaient de cette photo, qui saisit Kennedy un moment. Elle pouvait presque voir le groupe s’amuser, se chamailler, s’entraîner. En fait, elle le vit. Dans une succession d’images. Elle y vit un Anthony différent. Plus léger, moins posé. Un Anthony plus jeune, plus fou. Quand les flashs s’arrêtèrent, elle se demanda vaguement ce qui avait pu se passer pour que le jeune militaire devienne ce menuisier taciturne. Elle soupira et réalisa que l’enrichissement de cette armée ne devait pas être seulement positif. Elle se concentra donc sur cette idée et déposa la photo dans la boite.

Il ne restait plus que ses objets. Elle commença par le brouillon. Oui, Sywhaîd l’enrichissait d’une connaissance qu’elle aurait sûrement eu du mal à trouver autre part. Oh, ça n’était pas Brown, c’était sûr, mais elle y avait appris des tas de choses. Elle aurait presque pu faire une thèse sur la divination. Jena lui avait d’ailleurs parlé d’équivalences et ce genre de choses, de publications, mais Kay n’en avait pas envie. Elle ne voulait pas être reconnue comme une spécialiste dans la divination. Quelle gloire y avait-il là-dedans ? Elle soupira et déposa le brouillon dans la boite. Cet apport là était doux-amer. Elle aurait préféré ne pas avoir à l’avoir…

Et finalement, la photo. Elle aimait cette photo. C’était la preuve qu’elle n’était pas aussi seule qu’elle avait parfois l’impression de l’être. Que lui apportaient ses amis ? Ils lui apportaient des tas de choses. Une certaine stabilité. Un soutien. Des rires. De la complicité. De la chaleur humaine… Elle pensa à tout ça, et se retrouva soudain bien plus émue que prévu. Tellement que ses yeux s’embuèrent quand elle déposa la photo dans la boite et que cette dernière se souda, dans un dernier éclair de lumière.

Elle se leva souplement, reprit une contenance, puis rejoint le centre du cercle à son tour. Elle était la dernière, mais elle ne s’en rendit pas vraiment compte. Elle avait pris son temps, et avait réussi l’exercice, c’était le principal, non ?

_________________


I wanna be a Kennedy
I wanna be tall and handsome
I\'d conquer the world
and you\'d see me on television.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patrick Winter
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 61
Date d'inscription: 14/04/2009

MessageSujet: Re: [ME] Cours II : espace sacré élémentaire   Jeu 25 Mar - 20:53

Patrick observait, impassible, Kennedy qui lui souriait à pleines dents. une vraie publicité pour dentifrice, cette photo. Il n'avait eu aucun mal à monopoliser son élément eau, bien sûr ; mais s'approprier les sentiments des autres participants, évidemment, constituerait une autre paire de manches. Cette photo, c'était le passé, et Patrick tâchait pour sa part de regarder uniquement vers l'avenir. Son passé, il se réduisait pour une grande part à une page noire et vide. Pas vraiment de quoi être nostalgique, donc. Mais la "vie normale", cela pouvait lui parler davantage. Il avait lui-même apporté la grenade pour évoquer l'envie de vivre avec intensité. Il estimait que les deux se rejoignaient. Ils voulaient tous deux évoluer, aller quelque part. Patrick prit le fruit et la photo, et les jeta d'un même geste dans la boîte, où ils disparurent comme avalés par les ténèbres.

C'était une technique qui valait ce qu'elle valait, mais il semblait à Patrick que dans son cas, mettre en commun plusieurs objets serait plus simple, et donc plus efficace. Il prit la photo de Jake, cette fois, et la terre apportée par Anthony. La terre, le calme, la stabilité, le sang-froid et les racines : voilà un rapport rationnel, qu'il arrivait à établir. Anthony, lui aussi, voulait aller quelque part. Et Rachel savait qui pouvait l'y aider. Encore une fois, Patrick se concentra, et encore une fois ce fut assez difficile pour lui. Heureusement qu'Anthony ne souhaitait pas maîtriser l'élément air ou feu, pour le coup cela aurait été vraiment délicat. La sagesse comme combat ; Patrick avait beau avoir démissionné d'un poste prestigieux d'une non moins prestigieuse institution, il pouvait s'accrocher à cette idée. Il finit par jeter les deux objets dans la boîte, lorsqu'il sentit qu'il était suffisamment investi par ces idées. Ils y disparurent, preuve que cela ne fonctionnait pas si mal.

Dans la foulée, il ajouta le pendentif de Rachel, celui en forme de goutte d'eau. Pour le coup, cela ne fut pas difficile...

Et restaient les poils de daemon. Tony et lui s'étaient accordés à voir dans leur daemon une force qui leur permettait d'avancer. Là encore, c'était donc un de ces rares sentiments dont Patrick pouvait relativement facilement se laisser envahir. En adressant un regard tendre à Heulwen, il se saisit des deux petits sachets de poils, et les jeta à leur tour dans la boîte.

Finalement, il la referma, et le couvercle se scella magiquement, preuve de la réussite de l'opération. Alors, Patrick alla attendre ses étudiants au centre du cercle. Il n'eut pas à attendre longtemps, car il avait lui-même été relativement long pour parvenir à s'imprégner des sentiments étrangers.

"Félicitations à tous, et merci pour votre participation. L'espace élémentaire est maintenant achevé. Il faudra encore quelques heures pour que les éléments s'équilibrent. Ensuite, n'importe qui pourra revenir ici. Se placer au centre permet d'être dans la zone la plus équilibrée, et ainsi de trouver un terrain propice à la méditation ou au repos. Vous savez quant à vous à quoi correspondent les quatre points ; si vous souhaitez réfléchir plus particulièrement à l'un des aspects qu'ils symbolisent, vous saurez où vous déplacer dans le cercle."


Ces quelques explications données, Patrick déclara que le stage était terminé. Il invita donc les étudiants du jour à lever le camp, tandis que lui-même rejoignait la chambre de Rozen pour prendre de ses nouvelles.

[Merci pour votre super participation ! Je suis ravie qu'on ait réussi à faire l'exercice complètement et jusqu'au bout, j'espère que ça vous a plu !]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

[ME] Cours II : espace sacré élémentaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [PRC] Liberateur Sacré
» La magie élémentaire
» [En cours] L'eau ça mouille
» Cours sur la fellation :
» L'art de la guerre ( en cours )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: Extra-jeu :: Archives des cours :: Magie Elémentale-