
|
|
| | Auteur | Message |
|---|
Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Problems Jeu 24 Déc - 16:56 | |
| Sex Pistols - Problems
Il y avait quelqu'un dans la chambre de Léola. Claude avait remarqué ça la veille, en revenant d'une balade nocturne -il avait vu la fenêtre illuminée et une silhouette, et il avait eu ce sentiment que... qu'elle était revenue. Il ne se trompait pas de fenêtre, non, parce qu'il avait pris l'habitude de regarder si Léola dormait ou non pour savoir s'il pouvait aller voir Brise. Mais si elle était revenue, pourquoi Léola ne donnait-elle pas de nouvelles ? Pourquoi n'était-elle pas venue le voir ? Est-ce qu'elle savait pour Brise ? Plus important, est-ce qu'elle savait pour Tibère ? Claude décida d'aller voir, dès le lendemain de cette découverte. En plein milieu de l'après-midi, il remonta le couloir jusqu'à sa chambre pour aller frapper à la porte et savoir, au moins savoir. Habillé de noir comme toujours depuis ce funeste jour de novembre, Claude avançait d'une démarche languissante, désinvolte parce qu'il se foutait de sa fatigue et de son... délabrement. Aucune importance. Même le fait que Léola, si elle était bien de retour, le voie comme ça. De toute façon, il n'avait pas grand-chose à lui dire, à part lui annoncer que Tibère était mort, et qu'il ne voulait plus que se laisser aller. Et qu'il allait partir. Et pour Brise... il ne savait pas. Peut-être lui dirait-il, ou peut-être pas. Si Nath avait accompli sa promesse, elle le savait déjà, et Claude s'en foutait, il était trop détruit pour se soucier d'une chose pareille.
Arrivé devant la porte, il la regarda quelques secondes, comme pour se rappeller de ce qu'il était venu faire là. Puis, levant le bras, il frappa quatre coups décidés et recula pour aller appuyer son dos contre le mur d'en face. Ainsi installé, il fixa d'un oeil distrait la porte, attendant qu'elle s'ouvre sur... Léola ? |
|  | | Léola Velvethone Etudiante


Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Re: Problems Jeu 31 Déc - 14:31 | |
| La jeune fille était assise dans le fauteuil face à la porte, les jambes croisées, et fixait le panneau de bois comme si elle essayait de voir à travers. Depuis la veille, elle surveillait l’entrée de la chambre d’un regard fixe, mi-indifférent mi-fiévreux, ne sachant pas très bien si elle voulait qu’elle s’ouvre ou qu’elle reste indéfiniment close. Probablement un peu de chaque, étant donné qu’elle avait l’impression ridicule qu’elle allait se déliter en un instant si Brise ou Claude venait à apparaître soudainement sous la forme d’une punition divine.
Ses cheveux, lâchés, se répandaient en désordre sur ses épaules et sa nuque, bien que démêlés une heure plus tôt avec un soin qui frisait la manie. Une fois cette corvée achevée, elle avait dû trouver autre chose à faire pour ne pas devenir dingue, et avait décidé de changer entièrement de tenue. Elle portait donc maintenant un pantalon large en toile noire, surmonté d'un dessus écarlate et d'un boléro, noir également. Les ongles de la jeune fille martelaient en cadence l'accoudoir du siège, ajoutant inconsciemment à sa nervosité. Elle n'était pas médium, mais elle était loin d'ignorer qu'il y avait de plus en plus de chances pour que cette foutue porte s'ouvre d'un instant à l'autre.
Strictwise, moins tendu, somnolait sur le sol.
Quand des coups retentirent sur le panneau en bois, dix minutes plus tard, Léola se figea, tandis que son daemon relevait le museau, aux aguets. Elle resta immobile quelques secondes, avant de se redresser lentement et de se diriger vers la porte à pas mesurés. Elle hésita à l'ouvrir, puis, sachant très bien qu'elle allait inévitablement finir par le faire, actionna la poignée.
- Bonjour, articula-t-elle en un souffle précipité, avant même d'avoir eu le temps d'identifier son visiteur.
C'était Claude. Évidemment. La punition divine.
Incapable de trouver quelque chose à dire, elle l'observa. Il était tout habillé en noir. Ce fut le seul point qu'elle put énoncer avec objectivité. Les autres observations étaient trop douloureusement impliquées dans des sentiments qu'elle avait résolu d'éteindre complètement pour ne pas finir sa vie dans un asile de fous.
Il n'avait pas l'air bien. Comme d'habitude, ne put-elle s'empêcher de remarquer avec un soupçon d'amertume. Que voulait-il ? Mystère. Lui avouer la vérité ? Elle la connaissait déjà. S'excuser ? Elle s'en fichait. Il devait l'avoir deviné, quoiqu'il ne pouvait pas savoir que Strict' lui avait tout raconté. Il venait peut-être simplement jouer les jolis cœurs comme si rien ne s'était passé, et lui raconter ses malheurs de pauvre meurtri.
Léo se racla la gorge, émettant un son infime qui ne parvint pas à étouffer le silence qui s'était installé. Évitant soigneusement de croiser son regard, elle s'enquit :
- Vous désirez ? _________________  |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Problems Jeu 31 Déc - 15:42 | |
| Claude eut un sourire douloureux en la voyant. Il avait eu l’intention de faire mieux, ouais, mais dès le premier regard il avait vu que quelque chose n’allait pas. C’était évident, d’ailleurs, rien n’allait bien et rien ne pouvait aller bien avec toute cette merde qui leur tombait dessus. Il fut surpris par son entrée en matière, eut un petit rire incrédule. Il avait amorcé un mouvement pour aller vers elle, la toucher, l’embrasser peut-être ? Mais cette façon qu’elle avait d’éviter son regard, tout ça, il ne pouvait pas passer si facilement ce genre de barrières, surtout pas dans l’état dans lequel il était. Et donc, interrompant son mouvement, Claude se laissa retomber contre le mur où il s’appuyait, et il la regarda pensivement.
« Te voir, bien sûr. »
Et ? Claude hésita, un peu. Que dire de plus ? Léola n’avait pas tellement l’air d’avoir envie de le voir, hein, et il se doutait de la raison. Elle savait, pour Brise et lui, c’était sûr.
« Tu… ça fait longtemps que tu es là ? Je ne savais même pas… »
Il était presque intimidé, maintenant. Que dire à cette fille qui savait qu’il l’avait trompée, que lui dire alors qu’il avait tellement envie de parler d’autre chose… Il savait bien que Brise devait être le sujet qui obsédait Léola en ce moment-même, mais Claude voulait parler de Tibère, des nouvelles, de ce qu’il allait faire et de ce qui allait se passer. Redressant le menton, Claude épingla Léola du regard, longuement. Comme s’il se demandait ce qu’il allait faire d’elle, maintenant. Les mains dans les poches de son jean noir –noir de deuil –les yeux à demi fermés et cernés, parfaitement immobile, Claude semblait réfléchir intensément à ce qu’il allait dire. Et finalement :
« Tu es au courant ? »
Au courant de quoi ? De la mort de Tibère, ou de l’adultère ? Claude lui-même ne savait pas. Il verrait, il verrait avec la réponse, et à ce moment là il saurait quoi dire. Mais là… il y avait trop de choses, trop… c’était trop compliqué. Il fallait être méthodique. II essaya d’étouffer le petit sourire qui lui montait aux lèvres… cet insupportable petit sourire insolent… mais il était irrépressible. Un réflexe… |
|  | | Léola Velvethone Etudiante


Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Re: Problems Dim 3 Jan - 21:12 | |
| La voir. Eh bien... Il la voyait. D'ailleurs elle était persuadée que maintenant qu'il avait vu à quel point elle était ravie de le trouver sur le pas de sa porte, il allait littéralement exploser de joie et l'emmener au pays des rêves sur son poney magique. Euh, qu'escomptait-il, au juste ? Qu'elle lui... tombe dans les bras ? Il devait sûrement s'attendre à une cruelle déception.
Alors comme ça, il ne "savait même pas". Chacun ses omissions, pas vrai ? Elle n'allait pas le prévenir de ses allées et venues alors que lui ne daignait même pas l'informer du nombre de jeunes filles en fleurs qu'il détroussait par monts et par vaux.
Elle enfonça ses mains dans ses poches sans répondre, et finit par planter son regard dans celui de Claude, qui la fixait d'ores et déjà. La nuance qu'elle y discerna, par trop tranquille ou alors détachée, lui déplut totalement et immédiatement.
- Oui, finit-elle par souffler au terme d'un long moment, le visage neutre. Tu voulais que je l'ignore ?
Malgré elle, elle haussa un sourcil perplexe. Il ne se comportait ni en amant surpris, ni en traître repentant, ni... En fait, il se comportait en absolu connard. Non ? Il pouvait au moins être... franc. Elle savait qu'elle s'ajoutait à une longue liste. Elle savait que c'était fini. Et elle savait que la liste ne s'arrêterait ni avec elle ni avec Brise - un brin réconfortant, d'accord. Alors, le moins qu'il pouvait faire, c'était dégager de sa chambre et la laisser exécuter le programme fixé pour son retour en Écosse : épanouissement, santé, études, etc. Elle ne voulait pas "le voir", elle.
La jeune femme s'appuya d'un coude contre le chambranle de la porte, continuant de fixer le Romain d'un air un peu vague.
- Si tu as quelque chose à me dire..., suggéra-t-elle. Je te donne... onze minutes et vingt secondes ?
Elle eut ce qu'on appelait un sourire intérieur à l'idée que Claude puisse se souvenir de ce que ce chiffre pouvait représenter. Un peu crispé, le sourire intérieur. Et entièrement inapparent en surface. Léola restait impassible, devant sa porte.
- Parce qu'après, poursuivit-elle dans un murmure étranglé, je ne veux plus te parler, plus du tout.
Sa tête s'inclina contre le bois sans qu'elle puisse l'en empêcher. _________________  |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Problems Mar 5 Jan - 16:08 | |
| Claude fut soulagé en entendant que oui, elle était au courant, parce qu’il n’aurait pas à lui faire comprendre, lui expliquer qu’il l’avait trompée, tout ça. Au moins, il n’aurait pas à faire ça, au moins elle savait déjà. Quand à savoir s’il voulait qu’elle l’ignore…
« Je ne sais pas. Je m’en fous. Si j’avais été sûr que tu puisses comprendre que j’aime deux femmes de façon égale, je t’aurais tout dit, depuis le début. Je te le promets. Mais tu n’aurais pas compris… je ne sais même pas si tu comprends, maintenant. »
Il avait dit ça sur un ton neutre, comme elle, sans cesser de la regarder dans les yeux avec cet air perplexe. Son visage se modifia quelque peu à la suite des paroles de Léola. Un sourire se dessina sur ses lèvres pâles, un sourire provocateur. Onze minutes, ces mots avaient une certaine résonance en lui mais elle était faible. Il se doutait que ce devait avoir un sens, un sens en rapport avec eux deux, mais… mais après tout, il n’avait pas le temps de se creuser la tête, il n’avait que onze minutes et même si son sourire signifiait qu’il pensait que c’était assez long, autant ne pas perdre de temps. Mais ce que lui dit ensuite la jeune femme souffla son sourire et lui laissa l’air sombre. Plus jamais. Plus jamais, jamais lui parler ? Un vrai jamais, un définitif ? Oui, il le savait, elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas qu’il l’aimait encore. Il fit un pas en avant, un unique pas parce qu’il avait cru qu’elle allait tomber, mais non. Non, simplement sa tête qui s’appuyait sur la porte et ses cheveux qui tombaient sur son épaule, et Claude qui aurait rêvé de continuer à marcher sans dire un mot. Mais il ne pouvait pas. Il resta donc immobile, les yeux fixés sur elle comme sur une bête qui risque de s’enfuir à tout moment, et il parla d’une voix calme :
« Je ne sais pas comment je pourrais te justifier ça, Léola. Je t’aime, tu sais, et sur ça je ne mentirais pas, ce serait… non, je ne mens pas sur ça. Je t’aime. Et ouais, je t’ai trompée, et ça n’empêche rien, je te l’ai dit tout à l’heure, je peux aimer plusieurs femmes en même temps, et de la même façon. »
Il s’interrompit, se passa la main dans les cheveux, l’air tourmenté. Soupira, puis reprit :
« Je… je l’ai rencontrée cet été… et elle m’a plu, ok ? Tu comprends ? C’est juste ça, ça veut pas dire que je t’oubliais ou que je ne t’aime plus. Je sais que maintenant ça n’a plus d’importance, et je suis sûrement en train de dire un truc qui va encore plus t’énerver, mais c’est la vérité. »
Il redressa la tête, soudain, et le sourire ironique et insolent refit son apparition, et sa voix se fit soudain plus moqueuse…
« Et puis… il y a des choses avec lesquelles on ne parlemente pas, ma chère… »
…tandis que sa main glissait lentement et ostensiblement vers son sexe. Voilà qui était dit, même si ce n’était pas très fin ni très sympathique. Mais immédiatement après, sans transition, le dos de Claude s’affaissa de nouveau et il détourna les yeux en soupirant, et une expression de douleur intense figea son visage.
« Et il y a autre chose dont il faut que je te parle. » |
|  | | Léola Velvethone Etudiante


Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Re: Problems Mer 6 Jan - 8:48 | |
| Je t'aime, je l'aime aussi, je ne mentirais pas sur ça... Mais quel exemplaire baratineur. Léola ne chercha pas à retenir un rictus haineux, tandis que, derrière elle, Strictwise s'efforçait de ne pas sauter à la gorge du Romain, restant prudemment en retrait. Toute la sympathie qu'il avait commencé à éprouver à son égard s'était soudainement évaporée quelques semaines plus tôt. Et de le voir, là, par l'entrebâillement de la porte, à jouer le joli coeur et les âmes torturées, ça lui en coûtait de réprimer ses instincts meurtriers. Léo, tout à coup, semblait avoir décidé de donner libre cours aux siens. Pâle de fureur, les jointures serrées, elle hésitait entre envoyer son poing dans la figure de Claude, et claquer la porte pour éclater en sanglots en toute dignité. Tout ce qu'elle risquait, c'était des représailles dans un cas, et la perte de son estime de soi dans l'autre.
Finalement, elle éclata d'un rire glacial, sans qu'il se donne la peine d'interrompre sa tirade. Tu ne comprends pas Léola, singea-t-elle en pensées, tu ne peux pas comprendre, tu ne comprendras jamais... Mais pourquoi Son Altesse Impériale l'Incompris ne daignait-elle pas lui transmettre quelque chose à sa faible portée ?
Jusqu'à présent, elle se maîtrisait plus ou moins. Mais elle allait inévitablement finir par hurler comme une démente et lui mettre une beigne, parce qu'elle n'était pas du genre à contrôler ses humeurs, alors que lui, là, n'avait pas l'air de trop mal le vivre si on y regardait bien. Elle ferma les yeux, se refusant de contempler un visage aussi horriblement familier, ou de permettre au sien de trahir ses émotions.
- Je me doute que toi, l'empereur, tu peux sûrement aimer des milliards de femmes en même temps, persiffla-t-elle. Mais pour le reste du monde, ça n'est pas comme ça. Toi tu es juste incapable de faire des choix.
Pour preuve, en onze minutes vingt il n'avait pas été fichu de lui parler rupture. Or elle ne se laisserait pas aimer à moitié.
Elle rouvrit les yeux, au moment où il glissait son délicat sous-entendu, lequel lui occasionna un état de choc de quelques secondes. Ah, d'accord, cet enfoiré irait donc jusqu'à la rendre responsable de ses multiples galipettes. N'était-elle pas censée lui demander pardon, au fond ? Une larme traversa sa joue de part en part. Le fait était qu'elle mourait d'envie de lui demander pardon. Pour tout un tas de raisons aberrantes, elle s'était montrée idiote et infantile, et elle ne pouvait s'empêcher de penser que... Enfin, qu'elle avait pu s'attendre... Elle ne pouvait s'empêcher de penser comme David.
Le visage strié de larmes, elle recula d'un pas, la main posée sur la poignée de la porte.
- Je ferai ta pute le jour où j'aurai un mec en face de moi, parvint-elle à articuler, criant presque.
Avant que la porte ne claque, il affirma qu'il avait quelque chose à lui annoncer, de visiblement plus capital que ce qu'ils avaient pu se dire jusqu'à présent, puisqu'il ne pouvait apparemment pas se confier à sa poupée gonflable, mais elle ne voulait plus l'entendre. Elle venait de décider que son temps était écoulé.
- Textoo, chantonna-t-elle en pianotant du pouce sur un téléphone imaginaire.
Cette fois, elle claqua la porte et se laissa à nouveau tomber dans son fauteuil, le visage ruisselant. |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Problems Mer 6 Jan - 10:49 | |
| Oh, ça c'était bien envoyé. Faire la pute. Bonne réplique, ça et les larmes et sa colère manifeste. Hostilités déclenchées. Claude sourit, et heureusement que Léola était rentrée et avait claqué la porte, parce que ce sourire n'était pas joli à voir. Une sorte de rictus sardonique et moqueur plus qu'un véritable sourire. Oh non, il ne la laissera pas se tirer comme ça. Sans réfléchir trop longtemps, dans un mouvement qui ressemblait plutôt à un transport, Claude se rua sur la porte et l'ouvrit pour découvrir Léola qui pleurait dans son fauteuil. Il s'avança dans la chambre, se rendit compte avec indifférence que son horrible sourire était toujours accroché à ses lèvres, et qu'il ne pouvait pas s'empêcher de la couver d'un regard impertinent.
"C'est ça pour toi, faire l'amour ? C'est faire la pute ? Merde, Léo... T'as plus douze ans."
Secouant la tête, il eut un ricanement, il ne pouvait pas s'en empêcher et tant pis si ça foutait la merde, tant pis si ça lui explosait toutes ses chances de lui adresser de nouveau la parole. C'était tellement... nul. Cette histoire d'une affligeante banalité...
"Et oui, je suis incapable de choisir. Exactement. Pourquoi je choisirais ?"
Et ça, ce n'était pas une question rhétorique. Pourquoi choisirait-il ? Il était libre, non ? Et il aimait les femmes, toutes, et la vie autant qu'elles.
Mais il y avait un autre sujet à aborder, capital celui-ci. Léola n'avait pas l'air d'être au courant de la mort de Tibère, et Claude voulait qu'elle sache. Elle avait été son amie, après tout, et puis... et puis tout le monde devait savoir, c'était si énorme, Tibère mort, fini, froid et immobile. Il se passa la main sur les lèvres, encore une fois, elles finissaient par saigner tellement il faisait ce geste. Baissant les yeux sur elle, il regarda Léola gravement et sembla réfléchir quelques secondes. Comment dire ça ?
"Je t'ai dit que je devais te parler d'autre chose. C'est important."
Quelques instants de silence, le temps d'un coup d'oeil autour de lui, le temps de s'agiter un peu, et puis soudain il l'épingla du regard.
"Tibère... Tibère est mort. Il y a plus d'un mois. Il a été tué d'un coup de couteau."
Serrant les lèvres, Claude s'empêcha d'émettre cet espèce de sanglot qui lui montait à la gorge à chaque fois qu'il évoquait ça. Il avait pâli encore plus, si c'était possible, et ses yeux semblaient immenses sur son visage, deux yeux rougis et vitreux et empreints d'une douleur qu'il était incapable de maîtriser et qui le rongeait.
"Je vais partir au printemps, avec David, faire un long voyage et m'arranger pour crever sur la route. Ne crois pas que je dis pour te faire pitié, tu sais. Je ne cherche pas la pitié, même si c'est ce que certains croient. Et maintenant, je sais que tu t'en fous, que je parte, mais je voulais que tu saches... C'était ton ami, non ?"
Il rit un peu, une réaction assez hors-sujet, mais c'était nerveux. |
|  | | Léola Velvethone Etudiante


Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Re: Problems Mer 6 Jan - 16:04 | |
| Tibère mort. Elle redressa la tête, un sourire hagard et désabusé aux lèvres, et observa le Romain qui déblatérait de nouvelles inepties dont elle avait maintenant l'impression qu'elles ne la concernaient plus. Un temps s'écoula, durant lequel elle le considéra d'un air indifférent, puis, tout d'un coup, elle éclata de rire, un long rire moqueur qui emplit toute la pièce.
- Tu mens, Claude, intervint-elle entre deux hoquets, je ne sais pas pourquoi, mais tu mens.
Elle voyait qu'il n'essayait pas de la récupérer en l'apitoyant, il n'essayait même pas de la récupérer du tout. Elle ignorait le but de cette fable ridicule, mais elle ne s'y laisserait certainement pas prendre. Tibère mort. Est-ce qu'il ne pouvait pas trouver plus réaliste ? Ou au moins faire un effort de crédibilité, plutôt que de se tenir là, les traits contractés comme une femme enceinte ? Et le coup de couteau, bien sûr. Pouvait-on demander à cet illuminé d'inventer autre chose qu'un sanglant assassinat ?
- Non, ce n'est pas mon ami, prit-elle toutefois la peine de rectifier. Je l'apprécie beaucoup, mais il me méprise trop pour qu'on soit amis.
Elle s'extirpa du fauteuil, et tituba un moment avant de se rasseoir, faute de savoir pourquoi elle s'était levée. Peu soucieuse de ses gestes imprécis, elle se laissa aller contre le dossier, les joues encore humides mais les yeux secs, arborant à son tour un rictus narquois.
- Ce n'est pas mon ami. C'est ton ami. Va donc le rejoindre, va.
Le daemon-renard, qui s'était approché de sa moitié, sembla approuver ses paroles par le coup d'œil qu'il lança à l'Italien. Léo, elle, redevenait grave, s'appliquant à s'enfoncer autant que possible dans le regard de Claude.
- Mais ne me prête pas des intentions comme ça. Je t'aime, et si tu pars vraiment, je vais être au moins un peu triste, même si je dirai le contraire.
Elle inclina légèrement la tête, et continua à l'observer comme si sa vie en dépendait, mais aussi comme si elle souhaitait au plus au point qu'il quitte cette pièce sur-le-champ.
- Je voudrais que tu ne partes pas et que tu m'aimes, et faire l'amour avec toi, et avoir des enfants. Mais ça, ce sont des rêves de petites filles de douze ans.
Se redressant à nouveau, elle fit un pas incertain vers le Romain, sans cesser de le fixer. Sa main s'envola, légère comme une plume, et elle posa ses doigts sur son front tendu, comme si elle y cherchait une incertitude, une preuve du mensonge.
- Alors... redis-moi que Tibère s'est fait tuer, et on verra qui de nous deux doit grandir, proposa-t-elle. _________________  |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Problems Mer 6 Jan - 19:53 | |
| Oh, cette petite idiote. Si c’était un mensonge… si ça pouvait en être un… Sous le choc Claude resta immobile, de longues secondes à ployer sous ce rire et à se demander comment pourrait-il supporter une telle réaction. Aussi insouciante, aussi bête, à côté de la plaque. Plus détestable encore, peut-être, que la joie de Kennedy, parce que Léola ne prenait même pas l’évènement à sa hauteur. Léola n’y croyait pas et elle riait, comment pouvait-elle ? Là, il ne se souciait plus des gestes de Léola, et de leur imprécision et du fait qu’elle semblait sur le point de tomber, il s’en foutait parce qu’elle riait sans se rendre compte… Et quand enfin, elle finit par lui dire de le rejoindre, il ouvrit la bouche comme pour parler mais ne dit rien, parce qu’il écoutait la suite de ses paroles. Mais, le rejoindre, ouais, il en rêvait, il lui manquait plus cruellement que jamais, il en crevait de le rejoindre mais il ne pouvait simplement pas et pour ça, il aurait eu envie de détruire, d’exploser la Brume, mais il ne pouvait pas. Se rendait-elle compte ? Se rendait-elle compte de sa cruauté et du désir mordant qu’elle agitait sous ses yeux, et qu’il ne pourrait plus jamais assouvir ? Et pour ce qui était du reste, et de faire l’amour et de s’aimer, même si son traître de cœur battait à ces mots, il allait d’abord falloir surmonter sa colère et sa tristesse.
Claude regarda Léola face à elle, tendu sous sa main, l’air sauvage. Il prit une longue inspiration, déglutit, tordit les lèvres et recula d’un pas.
« Tibère s’est fait tuer. »
Sa voix avait été calme, calme et neutre jusqu’à la limite, et il l’atteignait maintenant et elle se mettait à enfler jusqu’au cri.
« Il est mort, merde, il est mort et je ne mens pas, jamais je… ouais, je voudrais le rejoindre, mais je peux pas. Il est mort ! Bordel ! Tibère, crevé, enterré… T’as pas l’droit de pas me croire ! Regarde-moi ! »
Il pleurait, maintenant, des larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues creusées et allaient se nicher au coin de ses lèvres, des lèvres blanches serrées de douleur, et une détresse écrasante sur ses épaules. Claude franchit la distance qu’il avait mise de lui-même entre eux deux, posa une main sur l’épaule de Léola, penchée sur elle pour être à son niveau et pour qu’elle voie ses yeux et qu’elle comprenne enfin.
« Regarde-moi… tu comprends ? »
Qu’elle comprenne, par pitié.
« C’est pour ça que je dois partir, même si… tu sais, ce que tu disais, que tu voudrais qu’on s’aime encore et… moi aussi je voudrais bien, mais je n’ai plus rien à construire ici. C’est fini. »
|
|  | | Léola Velvethone Etudiante


Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Re: Problems Lun 11 Jan - 20:09 | |
| Bordel, qu’est-ce qu’elle l’aimait. Cette pensée envahissait son esprit, cohabitant avec une autre pensée, horrible, ridicule, comme deux trains emplissant une gare de leurs bruits assourdissants sans que personne ne leur prête attention. Deux vacarmes qui la laissaient le regard vague, une main inconnue sur son épaule, sans comprendre ce qu’il arrivait, sans rien comprendre.
À ma gauche Tibère. Mort. À ma droite, Claude. Claude qui part, que cette pauvre jeune fille ne reverra plus jamais peut-être, à qui elle a dit qu’elle l’aimait et qui s’en va quand même, Claude qu’elle déteste. Tibère qu’elle déteste aussi. Un peu. Mais qu’elle voudrait tellement revoir pour avoir l’impression… Claude va partir, elle devrait peut-être… le retenir ? Elle a beau mentir, elle ne veut pas qu’il meure, elle ne veut pas… Il est mort, ce n’était pas son ami, elle l’a dit, elle n’a aucune raison de se laisser emporter dans son tourbillon, elle sait que ce serait complètement insensé, et qu’elle n’en sortirait pas. Claude. Choisir vite, entre une foutue romance torturée, et arrêter de croire à tout cet écheveau de fatalités factices.
Léola, hébétée, hocha imperceptiblement la tête. Il était tout près, elle pouvait le retenir. Et si elle faisait ça, il resterait et elle s’embarquerait dans un nouveau drame à devenir dingue. Elle chercha son regard, essayant à tout prix de durcir le sien. C’était fini. C’est lui qui l’avait dit.
- J’te crois, marmonna-t-elle au hasard. J’te crois. Mais tu vois, j’ai les yeux trop secs, ajouta-t-elle avec un mouvement furtif.
Elle n’avait plus le courage de pleurer des litres pour le compte de Tibère. Pourtant elle savait que ça lui aurait fait du bien, disons, qu’elle se serait épuisée et qu’elle se serait endormie sans s’en rendre compte, et puis à son réveil Claude serait parti, mais ses yeux ne faisaient que piquer désagréablement sans que ça serve à rien, avec tous ces cils humides qui battaient inutilement, et lui qui était toujours là, fragile. L’arme fatale. La belle fragilité de Claude, son désespoir déstabilisant qui la prenait à la gorge.
Léola émit un léger soupir, une expiration discrète qui s’échappa de ses lèvres sans qu’elle ait pu la retenir. Elle hésita à poser sa main sur l’autre, celle qui pesait sur son épaule, puis se dit que ça n’avait pas beaucoup d’importance et frôla ses doigts froids avec un sourire pâle.
- Désolée, je sais que tu aimerais que je sois aussi triste que toi. Mais moi j’avais déjà une vie où Tibère ne signifiait rien du tout, et je vais juste la continuer toute seule. Je regrette au maximum de ne plus pouvoir... le voir.
Elle observa une pause, brièvement effarée par la peine qu’elle savait ses paroles capables de provoquer, mais continua sans se permettre de quelconques remords. Après tout... quels comptes devait-elle rendre à Claude, maintenant ? Un futur parfait inconnu.
- Et que… toi non plus. Mais bon, c’est comme ça, on sait tous que la vie est injuste, ajouta-t-elle dans une tentative d’humour formidablement ratée.
Elle se sentit horrible de l’abandonner aussi explicitement. C’était égoïste. Et raisonnable. Elle avait probablement un peu peur, aussi, de ce caractère définitif que revêtait sa décision, de son aspect froid et inhumain, de ce que pouvait bien coûter au final le respect des institutions intemporelles du bon sens et de l'instinct de survie.
Léola fit un effort pour hausser les épaules dans un geste d’impuissance indifférente relativement convaincant, et eut l'impression de soulever deux montagnes. Qu'il parte. |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Problems Mar 12 Jan - 18:24 | |
| Claude avait commencé de se redresser quand elle avait dit qu’elle le croyait, ça ne servait plus à rien après tout qu’il soit si près d’elle. Elle voulait qu’il parte. Mais quelque chose dans son regard… Il la laissa frôler ses doigts, et eut un sourire triste et du se retenir pour ne pas essuyer ses yeux avec sa manche… mais de toute façon elle était si près, si près de lui qu’elle le verrait, qu’il pleurait. Il ne pouvait pas s’en empêcher, comme il ne put s’empêcher de reculer un peu parce qu’elle n’était pas si triste. Et elle le disait. A travers ses larmes perçait un sourire amer et il s’efforça de dire que non, c’était pas si grave, et que de toute façon personne sauf David pourrait être aussi triste que lui, mais à quoi bon ? A quoi bon dire tout ça ? Elle voulait qu’il parte.
Claude aimait encore Léola. A sa grande horreur, il avait voulu se débarrasser de tout ça mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas oublier cet amour même s’il avait cru que sa douleur serait suffisamment grande pour couvrir tout ça. Non, elle ne couvrait pas, et il sentait les mots de Léola le frapper encore plus fort et il savait qu’il le méritait. Il se sentait mal. Il avait enlevé sa main de l’épaule de la jeune femme, et il avait même commencé à reculer pour partir, mais non. Figé les yeux fixés sur elle, il ne bougeait pas, il ne pouvait pas partir comme ça. Pas comme ça, comme un adieu. Pendant plusieurs secondes, il hésita sans un mot. Rien à dire. Mais à faire… Non, il ne partirait pas comme ça. Claude avança, d’un pas. Il était un peu plus grand que Léola, et il se pencha sur elle la main posée sur sa nuque, et il ne lui laissa pas le loisir ni le temps de bouger. Et il l’embrassa. Doucement, tendrement, comme une première et dernière fois. Il s’en serait voulu de ne pas le faire. Et puis, se redressant, il la lâcha et eut un sourire… tellement triste.
« Je suis désolé de… désolé pour tout. Je t’aime. »
Simplement.
« Mais tu le sais, qu’avec moi tout tourne mal. Même si j’voudrais tellement être encore avec toi, et vivre et… mais je dois partir. Je suis tellement détruit, tu comprends ? C’est pas ta peine, et avec moi tu devrais la vivre… »
Si tout pouvait être plus simple… s’il pouvait laisser, lâcher prise, s’il pouvait aller mieux, se sortir de ça, si Léola était plus forte et si elle pouvait le porter sur ses épaules jusqu’à ce qu’il se relève, s’il avait au moins envie de se relever, si Tibère n’était pas mort, si… Mais non. Et il n’y avait rien à faire face à cette fatalité qu’il acceptait en lui. |
|  | | Léola Velvethone Etudiante


Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Re: Problems Mer 13 Jan - 15:47 | |
| Léola se laissa embrasser sans protester contre le mélo de la situation. Quand on pensait à tous ces gens prêts à "surmonter la mort", à "affronter tous les obstacles" et toutes ces conneries hollywoodiennes, et quand on pensait à lui, lui qui ne comprenait juste pas que, merde, il ne fallait pas courir après les morts, ils faisaient de piètres amoureux transis. C’était à pleurer. Elle avait bien vaguement essayé de se soustraire à son étreinte, n’avait pas été assez rapide, ou pas assez convaincue. Mais quelle était l’importance de toutes ces gesticulations, sourires vides et autres ? Aucune… Ça aussi c’était à pleurer.
Elle avait hésité à dire quelque chose, puis avait laissé tomber. Ça ne valait même plus la peine d’argumenter, et de toute façon, elle n'y pensait plus : elle était en train d'essayer de se convaincre qu'elle l'embrassait pour la dernière fois. Pour voir l'effet que ça faisait. Ses mains se refermèrent sur les manches du Romain.
Non, cette situation n’échappait pas à la règle des scènes d'au-revoir à tout jamais. Avec une petite musique de fond signée Joe Dassin, elle aurait été complète :
"On s'est aimés comme on se quitte Tout simplement, sans penser à demain… À demain qui vient toujours un peu trop vite Aux adieux qui quelques fois se passent un peu trop bien."
Tableau parfait. La jeune héroïne éperdue emprisonnant tendrement la taille de son amour éternel dans ses bras, serrant autant qu'elle peut, et lui murmurant, le visage enfoui dans son cou, et sans pour autant le laisser partir :
- Oui, d’accord. Au revoir.
Ultime contradiction risible. Un navet total, mesdames et messieurs.
Tout à coup, elle se décida. La jeune femme posa à nouveau ses lèvres, d'autorité, sur celles de l'Italien, et glissa doucement sa main dans son dos, sous sa chemise noire. C'était trop bête. Mais elle ne voulait pas que ça s'arrête, là, de cette manière. Claude qui refusait les choix. Elle qui ne parvenait pas mieux à en faire. Troisième point à pleurer, et toujours pas de larmes en vue. Cette fois, elle l'embrassa vraiment comme si c'était sa dernière chance.
- Pars pas comme ça, souffla-t-elle. D'accord, pars, si tu veux, mais juste pas comme ça. |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Problems Sam 16 Jan - 12:07 | |
| Claude baissait la tête sur la chevelure de Léola, et la laissait serrer sa taille sans frémir. Il ferma brièvement les yeux à son assentiment, sa façon de dire au revoir mais sans le lâcher. Pourquoi ne pouvait-il pas choisir la simplicité ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement rester là, et essayer d’aller mieux, et réussir ? Allons. Question rhétorique, il savait la réponse : parce qu’il refusait de choisir. Il refusait de choisir la simplicité, il préférait consommer sa peine, l’affronter et la grandir lui-même et se détruire lui-même. Bien sûr, il se laissa embrasser, et il répondit à son baiser, et elle put sentir les muscles de son dos se crisper sous ses doigts. Léola. Il posa les mains sur ses épaules, de chaque côté les doigts presque enfoncés dans sa peau. Et il la repoussa pour la regarder dans les yeux. Avait-il le choix ? Oui. Oui. Mais il ne voulait pas le prendre. Il avait quelque chose à sacrifier, il avait une décision à prendre.
« Léola… »
Il avait murmuré, las. L’air désolé.
« A la brèche, je partirais. Je ne reviendrais pas. Je veux me suicider. Parce que Tibère est mort. »
Tout était clair, n’est-ce pas ? Il se baissa un peu, la regarda dans les yeux avec une sollicitude dont il avait oublié être capable. L’air brouillé, un peu, l’air grave et perdu, mais il était sûr d’une chose, c’est qu’il voulait tout mettre au clair.
« Tu m’en veux, hein ? Pour Brise. Réfléchis, Léo. Je… je veux pas te manquer. Bientôt, je serais plus là et rien ne changera ça. Dis-toi que je suis condamné à mort, et réfléchis. Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu veux me dire ? »
Oh, c’était quoi toutes ces conneries ? Pourquoi il l’embrassait pas, là, pourquoi il la prenait pas dans ses bras, pourquoi il réfléchissait ? Mais il avait besoin de clarté, besoin de lui dire et de l’entendre répondre qu’elle n’avait plus d’espoir, comme lui, et qu’elle s’en foutait de la suite, comme lui. Sinon, ce serait trop triste. |
|  | | Léola Velvethone Etudiante


Nombre de messages: 304 Age: 27 Localisation: Sywhaîd Date d'inscription: 02/11/2007
 | Sujet: Re: Problems Sam 13 Fév - 15:59 | |
| Tant pis, ça me fait gerber mais je poste ^^ (je vais essayer de vendre aux Feux de l'Amour)
Il semblait tenir à la regarder dans les yeux, tandis qu'elle ne supportait plus de voir jusqu'au fond des siens. Curieuse manie pour dire toutes les choses qui font mal, cela paraissait indispensable.
Elle avait envie de tousser, le nez tout près du cou de Claude, c'était la première fois qu'elle prêtait attention à son odeur, de tabac et d'autre chose. Cette odeur qui emplissait tout, remplaçait tout... Elle secoua imperceptiblement la tête : une odeur bientôt disparue, pourquoi s'en préoccuper maintenant ? Un détail aussi insignifiant... Il fallait s'occuper des questions, encore des questions, alors que sa main s'agrippait au dos tendu de Claude, comme s'il s'agissait de son seul point d'accroche lors d'une périlleuse ascension, comme si elle voulait s'incorporer à sa chair, comme si... Les questions.
- Si je t'en veux, souffla-t-elle en essayant de toutes ses forces de retrouver cette portion de son cerveau consacrée à la réflexion rationnelle. Va savoir... Il y a cinq minutes j'étais prête à te tuer. Maintenant que je sais que tu...
Tiens, il lui restait donc des larmes en réserve. Elle s'était crue complètement asséchée. Aride.
- ... t'en "charges"...
Pauvre idiote éplorée, elle n'en menait pas large avec son cadavre entre les bras. Une gamine naïve, qui ne s'attendait pas à ce que la mort lui tombe dessus, encore moins par la porte de sa chambre et sans faux à la main. Une foutue résignée incapable de choisir à la place des autres et de garder ceux qu'elle voulait auprès d'elle.
Qu'est-ce qu'elle foutait là ?
Qu'est-ce que tu veux me dire ?
Rien, elle ne voulait plus parler. Il devait comprendre ça, elle ne voulait plus parler et s'enfoncer encore, encore dans ces évocations de suicides et de douleur, de Brise, de Tibère... Elle voulait lui et elle, muets, et vivants.
- Je t'ai déjà dit tout ce que je voulais te dire, hoqueta-t-elle. "Au revoir." Pour le reste...
... quoi ? Elle ne savait plus. Ses phrases n'avait plus rien de cohérent, elle n'y prêtait plus attention.
- S'il te plait, fit-elle au hasard, sans savoir ce que cette prière signifiait. Peut-être juste arrêter de la fixer, dans les yeux, comme ça. |
|  | | |
Sujets similaires |  |
|
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|