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 Après douze

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Après douze   Dim 20 Déc - 20:52

[Ce topic suit directement cette petite histoire]

Au milieu de la clairière gelée, dans une souche d’arbre qu’elle avait débarrassée de la couche de neige qui la recouvrait, l’Hellène en exil avait creusé douze trous. Pour ce faire, elle avait simplement posé son doigt sur le bois durci, celui sur lequel elle avait reçu, après son succès à l’examen, le tatouage rituel qui lui permettait de faire de la magie. Il s’y enfonça douze fois comme dans une motte de beurre frais. Dans chaque petit trou, Kika avait déposé un caillou noir, et, solennellement, avait à chaque fois prononcé un verbe, en grec ancien :
- aposbésô (j’éteindrai)
- aleipsô (je cirerai)
- pharmakeusô (j’intoxiquerai)
- klepsô (je volerai)
- mèkanèsô (je trafiquerai)
- diallaksô (j’échangerai)
- khéô (je verserai)
- lusô (je délierai)
- anoiksô (j’ouvrirai)
- temô (je couperai)
- drupsô (j’écorcherai)

Vint le dernier caillou ; le trou était fait, et Youlika s’apprêtait à l’y déposer. Mais elle resta quelques instants la main en l’air, tenant la petite pierre noire entre le pouce et l’index, pensive. Elle n’avait toujours pas résolu le cas de la dernière Servante ; celle de sa maison, celle d’Hermès. La seule qui n’eût pas fait partie du conseil qui l’avait exilée : celle qui officiait à cette époque avait été remplacée. Si la logique avait été respectée, c’était la propre rivale de Youlika qui lui avait succédé ; celle qu’elle soupçonnait, précisément, d’avoir ourdi la machination, d’avoir introduit l’homme dans la chambre de la trop rigoureuse postulante au prestigieux poste qu’elle convoitait.

Paradoxalement, la plus responsable, donc, tout en étant en apparence la seule innocente. Comment se venger d’une opération aussi machiavélique ? Comment faire payer le prix à celle qui avait commis le pire des crimes, un quasi-fratricide, en s’attaquant la première à une fille de sa propre maison ?
Cela faisait exactement un an que Youlika, dite Kika, se trouvait dans ce village perdu, mûrissant patiemment sa vengeance à l’abri, et elle l’ignorait encore.

- timôrèsô (je punirai), dit-elle finalement, en enfonçant rageusement le petit caillou noir dans le dernier interstice.

[Topic réservé]

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Après douze   Sam 26 Déc - 17:09

« Des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous… » fredonna alors une voix derrière Youlika, en français dans le texte, s’il vous plaît.

La voix en question n’était pas vraiment habituellement utilisée pour le français, mais plutôt pour de l’anglais aux accents du sud des USA. La plupart des gens auraient trouvé étrange d’entendre Waylon fredonner une chanson aussi ancienne et française, on l’imaginait plus facilement chanter de la country, et on l’avait d’ailleurs souvent entendu le faire. La chanson française du siècle dernier, c’était plutôt inédit, du moins si on s’en référait aux personnes présentes à Sywhaîd, peut-être qu’il avait déjà fait le coup plus tôt, et que la personne était partie, après tout.

Il entra dans la clairière, comme un roi en sa demeure, et d’une certaine façon c’était plus ou moins le cas, puisqu’il était le seul, l’unique, et sûrement le dernier garde-chasse de Sywhaîd. Il portait le même jean que la dernière fois, la même chemise ouverte. Cette fois, il n’était pas blessé, il n’avait même pas un seul bleu sur la peau qui était apparente, même si elle était parfois bleue du fait des tatouages qu’il portait. Il était pieds nus, malgré la neige, et ne semblait même pas s’en rendre compte. Il n’avait pas l’air d’avoir froid. A vrai dire, ça n’était pas si étrange que ça, la plupart des sorciers savaient faire des sorts de réchauffements très efficaces, même si la plupart des sywhaîdiens évitaient d’utiliser la magie trop souvent à cause de la saturation de magie dans ces lieux.

« Alors, dis-moi ma petite cherry. A qui tu vas faire tout ce mal ? Pas à d’honnêtes sywhaîdiens j’espère ! Ce serait vraiment trop horrible ! »

Il avait dit ça sur un ton convaincu… Enfin, un peu trop surjoué pour être tout à fait honnête, et un peu trop souriant pour qu’il ait vraiment l’air d’avoir peur pour les sywhaîdiens. Ca pouvait être expliqué de tas de façons. Il se fichait des sywhaîdiens. Ou alors savait que Kika ne leur ferait pas de mal. Ou alors même disait ça plus ou moins au pif et ne croyait pas vraiment qu’elle allait faire de mal à qui que ce soit, après tout, elle n’avait parlé que grec, et personne n’avait jamais entendu Waylon parler grec. Il pouvait tout de même avoir compris l’essentiel, le rituel de la jeune femme pouvait être compris si on avait assez de bases en culture magique, ou qu’on savait lire les gens selon leurs attitudes. Et certains disaient que Waylon était particulièrement capable dans cette dernière catégorie d’aptitudes. Certains disaient même qu’il l’était un peu trop, disant parfois exactement ce qu’il fallait au bon moment… Peut-être même, chuchotait-on parfois au coin d’un feu, quand les nuits étaient longues et qu’on s’ennuyait un peu trop, peut-être même qu’il savait lire dans les esprits.

« Missed me ? » ajouta-t-il, son accent du Texas (aujourd’hui c’était le Texas) bouffant la moitié des mots. Il accompagna évidemment cette dernière question d’un clin d’œil plein de sous-entendus. La dernière fois qu’ils s’étaient vus, et ça n’était pas si loin de cette clairière, disons qu’ils avaient passé un bon moment. Non ?

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Après douze   Dim 27 Déc - 17:16

Il pouvait débarquer dans son dos, sans prévenir, par surprise ; il pouvait parler grec ancien, chanter en français, roter en mogol, et prendre tous les accents qu'il voudrait, de l'helvétique au québécois, elle l'aurait reconnu les yeux fermés. Elle ferma les yeux très fort, et, tout en serrant les dents, sourit. Elle avait espéré et appréhendé cette rencontre. Cela faisait exactement un an qu'elle l'avait rencontré et haï pour la première fois ; elle n'était pas du tout certaine que cela ait eu une influence dans la présence du garde-chasse dans cette clairière, mais elle aimait l'idée. En tout cas, elle, elle avait bel et bien eu cette petite idée derrière la tête.

Oh, ce n'était pas vraiment ce qu'on aurait pu prendre pour du romantisme échevelé ; après tout, elle avait aussi organisé cette petite cérémonie de creusage de trous au nom de ce solennel amour des dates précises, et les projets qu'elle nourrissait à l'égard de ses anciennes consœurs pouvaient être qualifiés de beaucoup d'adjectifs, mais dont "romantique" ne faisait assurément pas partie. Non... Youlika avait tout simplement un peu trop mangé de rituels à heures et dates fixes dans sa jeunesse.

Elle se releva lentement, et le moment où elle se retourna vers lui coïncida avec celui où il lui demanda s'il lui avait manqué. Et elle souriait toujours. Maudite Aphrodite, oui, elle était bien contente de le voir, toujours aussi sauvagement séduisant, même sans les bleus et écorchures sur son visage - voire davantage ? C'était à débattre. En tout cas son torse imberbe donnait envie d'y dessiner une longue courbe rouge sombre, du bout de l'ongle. Ou juste de l'effleurer paisiblement avec le gras du doigt ?

"Bien sûr que non, je ne ferais pas ça à des Sywhaîdiens", répondit-elle d'un ton neutre. Ou avec une absence de ton, donc, si l'on préfère. "Peut-être que je pourrais faire cela à une personne, cependant, pour m'entraîner ?"

Elle avança vers lui ; la première fois, c'est elle qui avait eu les pieds nus, dans ses minces sandales, rougis par le froid. Mais lui ne semblait pas en souffrir.

"En cela, Piotreck, tu penses que tu m'aurais manqué ?" demanda-t-elle une fois arrivée à sa hauteur, en levant la tête pour le regarder dans les yeux, d'un air légèrement défiant. Mais elle souriait, toujours. Malgré elle, d'ailleurs, mais passons. Parce que Kika était le genre de personne qu'offusquait l'idée de ne pouvoir s'empêcher de sourire à l'idée de revoir quelqu'un, surtout quand le quelqu'un était un demi-sauvage, dont l'humanité n'avait pas été formellement prouvée jusqu'ici.

En revanche, Youlika n'était visiblement pas offusquée par le fait de saisir Waylon par le seul point d'accroche disponible n'impliquant pas de douloureux pinçon, à savoir le haut du jean du garde-chasse, pour l'obliger à se pencher légèrement vers elle, ni par l'idée de l'embrasser furieusement ; euh, oui, oui, sur la bouche, bien évidemment. Écoutez, déjà, elle ne l'avait pas mordu, ni pincé, ni ne lui avait fait bobo d'une quelconque manière.

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Après douze   Sam 2 Jan - 16:49

Si Youlika n’était pas d’un romantisme échevelé, Waylon n’était pas non plus connu pour l’organisation de petits repas en amoureux ou de sorties pour observer un coucher de Soleil sur le Loch. En fait, il n’était même pas connu pour avoir eu une seule relation suivie. Il avait couché avec pas mal de sywhaîdiennes, en général une fois, ou alors de façons très très espacées, du genre à plusieurs mois d’écart, ou même plusieurs années. Et jamais il n’avait partagé quoi que ce soit avec elle, pas même un petit-déjeuner, encore moins une conversation post-coïtale. Non, Waylon en matière d’amour était réputé pour plutôt se contenter du sexe, et faire l’impasse sur le reste. Sûrement pour ça que la plupart des « bonnes sywhaîdiennes » avaient tendance à ne pas l’approcher, de peur de tomber dans ses griffes et d’avoir ensuite à en rougir. Visiblement, Youlika ne regrettait pas leurs ébats pourtant pas vraiment racontables, pas même dans une conversation entre filles (mais la grecque n’était pas vraiment du genre à participer à ce genre de conversations).

N’empêche que quand Kika l’embrassa, Waylon se laissa faire… quelques fractions de secondes. Avant de, à son tour, prendre quelques libertés. Du genre, poser une de ses mains directement sur la partie la plus charnue de la mince silhouette de l’hellène (celle qui se trouvait à peu près à la moitié du corps, derrière elle), et de poser l’autre sur sa nuque avant d’y effectuer une pression assez forte pour que leur baiser devienne un peu plus dans le genre de ceux qu’ils avaient échangés jusqu’ici. La violence n’était pas encore aussi poussée que la dernière fois qu’ils s’étaient rencontrés, mais c’était un avant-goût plutôt fidèle. Ou un après-goût, selon ce qui se passerait par la suite.

Il la lâcha avec une brusquerie presque plus choquante que n’importe quelle violence qu’ils avaient pu échanger, presque comme s’il la rejetait, du moins s’il n’avait pas eu un sourire canin accroché au visage (quoi que, connaissant Waylon, il aurait peut-être souri en la repoussant). Il ne s’écarta que de très peu, laissant une distance tellement courte entre eux qu’ils pouvaient sentir leurs souffles quand ils parlaient.

« Un an, hein ? L’heure du bilan ? »

Les questions étaient plutôt… Disons que le fait qu’il se souvienne qu’elle était arrivée il y a un an aurait pu montrer qu’il se souciait d’elle, d’une façon ou d’une autre. Seulement, il n’avait pas l’air vraiment intéressé par la réponse. Il était trop occupé, avec un sourire toujours mi-figue, mi-raisin, à fixer le bas de son cou, un des endroits les plus fragiles du corps humain, à la fixer comme un prédateur, ou plutôt, comme s’il avait voulu y plonger ses dents, que ça soit pour une question de prédation ou pour une activité plus… ludique.

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Après douze   Dim 3 Jan - 12:44

Un an, oui... et environ six mois, depuis leur dernière rencontre. Et rien ne semblait avoir changé entre eux. Il était... toujours le même, sale, sauvage, animal, qu'on avait envie de tuer sur place autant qu'on voulait qu'il vous fît l'amour. Il l'avait rejetée si violemment que l'Hellène en avait eu le souffle coupé.

Comment diable s'était-elle rapidement retrouvée si proche de lui, de sorte qu'elle devait lever les yeux pour fixer les siens ? Et son odeur musquée, de sueur et de terre, lui montant déjà à la tête et affolant ses sens ? Elle croisa les bras et recula d'un pas. Geste qu'elle ressentit plutôt comme le douloureux arrachement de ses pieds au sol ; ce n'était pas facile, mais nécessaire. Elle se serait agrippée à son cou, et se serait détestée pour ça. Elle n'aurait pas supporté qu'il la rejette si brutalement une seconde fois, et l'aurait méprisé s'il ne l'avait pas fait.

"L'heure de passer aux choses sérieuses", siffla-t-elle entre ses dents. Elle ne parvenait pas vraiment à calmer sa respiration, ni les battements précipités dans sa poitrine. Un petit pas, un ridicule petit pas, c'était encore beaucoup trop proche. Mais elle ne reculerait pas davantage. Elle voulait continuer de sentir son inquiétant regard sur sa gorge, comme si, effectivement, sa bouche s'y était collée, que sa langue s'y était promenée, et qu'il avait -ou non- résisté à l'envie d'y mordre.

Et Youlika, malgré elle, haussait légèrement la tête et allongeait le cou, comme pour tenter un peu plus le garde-chasse. Elle était encore gonflée de toute la frustration, de tout le désir de vengeance, qui l'avaient animée lors des secondes précédentes. Cela ne faisait que renforcer les sentiments, quels qu'ils soient, qu'elle ressentait vis-à-vis de Waylon. De ce qu'il lui avait fait, un an auparavant, ne s'était-elle pas également promis de tirer vengeance ?

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Après douze   Dim 10 Jan - 16:42

Une sorte de grognement bizarre sortit de la gorge de Waylon. Typiquement le genre de choses qui pouvaient faire douter de l’humanité du garde-chasse. Le regard avec lequel il continuait à dévorer la nuque de Kika, maintenant encore plus facilement atteignable, n’était pas beaucoup mieux que le grognement dans le genre. Soudain, d’un mouvement tellement vif qu’il en fut presque imperceptible, il déposa sa grosse main sur la nuque de l’hellène et l’agrippa. Assez fort pour que la nuque en devienne rouge, pas assez pour que la jeune femme ne puisse plus respirer. Sa main était rugueuse, et pas vraiment délicate dans sa façon d’agripper la jeune femme. Elle semblait lourde, comme si Waylon s’appuyait à moitié sur Kika. Son regard, lui aussi, avait changé de place, très rapidement, plongeant de nouveau dans celui de la jeune femme.

« Les choses sérieuses, hein ? » répéta-t-il, fredonnant pratiquement ces mots d’une façon étrange.

Et avec une force qui aurait sûrement paniqué plus d’une représentante de la gent féminine de Sywhaîd, il ramena Youlika à lui, la cognant contre son propre corps sans même sembler se rendre compte de la rudesse et du choc. Il continua à la tenir par la nuque, bien collée contre lui, et agrippa son dos avec son autre main, comme pour la maintenir prisonnière.

« Quelque chose de précis en tête, Cherry ? » gronda-t-il.

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MessageSujet: Re: Après douze   Mer 13 Jan - 19:33

...

De nouveau, un mouvement si brusque qu'elle ne l'avait pas vu arriver ; mais elle était collée contre lui, et sentait, surtout, sa main, comme une patte énorme et puissante, lui écraser la nuque au point de lui faire mal. Elle en eut à nouveau le souffle coupé, alors même qu'il lui aurait suffit de serrer un peu plus les doigts pour l'empêcher tout à fait de respirer. L'air passait, techniquement ; de manière un peu saccadée, soit, mais probablement pour des raisons plus psychologiques que physiques.

Elle n'était pas une gentille Sywhaîdienne bien élevée dans la chaleur d'un foyer aimant et bien-pensant, mais elle avait tout de même peur, à l'idée que le garde-chasse pouvait, s'il lui en prenait la soudaine fantaisie, lui briser le cou rien qu'en resserrant un peu son étreinte. Elle était également, et c'était loin d'être contradictoire, terriblement excitée par la proximité brutale qu'il avait établie entre eux, par ses grognements sauvages, par son regard de fauve plongé indécemment dans le sien. Alors, oui, forcément, elle avait un peu plus de mal à respirer. Un an plus tôt, il la portait sans ménagement sur son épaule, façon sac de pommes de terre ; avaient-ils beaucoup progressé, depuis ?

Lorsqu'il plaqua son autre main sur son dos, prise d'un frisson, elle ferma les yeux et se mordit les lèvres. Il lui semblait que les vibrations les plus basses de la voix de Waylon se répercutaient dans tout son maigre corps. C'était délicieux, et elle ne put réprimer un sourire de plaisir, tout en gardant les lèvres fermement crispées, serrées l'une contre l'autre. Si elle l'avait pu, elle aurait rejeté sa tête vers l'arrière, pour offrir sa gorge, sa bouche, à l'irrésistible brute, mais il la tenait trop fermement serrée. Elle ne put que rouvrir les yeux, les lever à nouveau vers lui d'un air de défi.

"Timorèso", répéta-t-elle, dans le peu de souffle que lui laissaient les circonstances. "Et comme tu as vu, je suis très imaginative."

Elle leva brutalement la jambe droite pour l'enrouler aussi fermement qu'elle le pouvait autour de celles du garde-chasse, resserrant ainsi encore un peu plus leur étreinte. Elle aurait voulu être plus musclée, être capable, rien qu'avec sa cuisse, de lui faire mal. Il se trouve qu'elle n'avait jamais regardé la télévision de sa vie, ni n'avait croisé sur son chemin de salle de cinéma ; elle ne pouvait donc craindre d'être comparée à une James Bond Girl - concept qui de toute façon lui échappait, évidemment, totalement. Ouf. Les bons côtés d'une éducation "saine" et rigoriste.

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Après douze   Mar 19 Jan - 11:01

Un sourire plus canin que jamais, le côté « sauvage » du canin en tout cas, apparut sur le visage de Waylon, qui fit brutalement glisser, la main qu’il avait collée dans le dos de l’héllène jusqu’à sa cuisse, en passant évidemment par la partie la plus charnue de son anatomie. Il ne s’y attarda pas, et fit glisser sa main avec une pression tellement forte qu’il put sentir la peau de Kika tirer sous elle. Sans ménagement, il souleva la jeune femme, la faisant monter jusqu’à un peu plus haut que son niveau à lui. Il la soulevait en ayant une main sous une seule de ses jambes, ce qui ne devait pas être très confortable, mais ils n’étaient pas à ça près, n’est-ce pas ?

« Et comment tu comptes me punir ? »

Le fait que Waylon comprenne le grec n’était peut-être pas la chose la plus surprenante au monde. Nous avons déjà dit que certains sywhaîdiens pensaient qu’il pouvait lire dans les gens, et peut-être que ça expliquait qu’il semble capable parfois de comprendre n’importe quelle langue. Ou alors, il y avait une explication plus simple (peut-être que Waylon avait vécu en Grèce ?) ou plus tordue (peut-être qu’il n’était pas humain, tout simplement ?). N’empêche que sa question semblait pleine d’une menace à peine voilée. Il ne l’avait pas précisé, mais la suite logique de la question était « alors que je suis celui qui domine ? ». De fait, à ce moment précis, Waylon aurait pu tuer Kika d’une simple pression sur sa nuque, qu’il tenait toujours fermement. Ou même en la balançant contre un arbre. Il était fort, très fort, et l’être humain est plus fragile qu’on ne le pense. Il n’en aurait pas fallu beaucoup pour que Kika trouve sa fin dans ces bois… Et qui aurait été la pleurer ? Qui aurait été enquêter sur sa disparition ? Waylon n’aurait sûrement jamais eu d’ennui pour ça, n’est-ce pas ?

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Après douze   Jeu 21 Jan - 23:04

Le problème de Kika (s'il n'y en avait qu'un..) était précisément qu'elle trouvait très excitante l'idée que Waylon puisse, l'espace d'une seconde, lui écraser la trachée ou lui éclater le crâne contre le tronc le plus proche. D'une certaine manière, cette perspective la faisait rester -en dehors du fait que, très prosaïquement, elle était légèrement coincée, là. Okay ; totalement prisonnière. Et même pas dans une position terriblement confortable. La main du garde-chasse sous sa cuisse lui tirait terriblement la peau, et l'autre l'étouffait à moitié, ce qui n'était guère plus agréable, à ceci près qu'à elles deux elles la retenaient tout contre lui.

Et puis il parlait grec. Comprenez-vous ? Il parlait grec. Et peu importe comment cela se faisait ; il parlait grec. Il pouvait avoir torturé à mort un pauvre petit ressortissant hellène jusqu'à ce qu'il daigne lui donner quelques cours de grammaire, ça n'avait pas d'importance : il parlait grec. Peut-être pas le grec ancien, mais enfin... la langue c'était sa patrie, son foyer, c'était chez elle. Bien sûr, il ne lui suffisait pas de fermer les yeux et de prononcer quelques mots en grec pour croire sentir le parfum des oliviers mûrs, ou la tiédeur du soleil sur sa peau ; mais pouvoir partager avec quelqu'un, fût-ce un demi humain aux grognements et aux manières de bête, rien qu'un mot... Elle se sentait moins exilée, moins arrachée à la Grèce, à l'existence. Elle se sentait vivante.

La dernière fois qu'ils s'étaient vus, ils s'étaient aimés d'un manière raide et violente qui lui avait, dans une moindre mesure, donné ce même genre de sentiment : dans les bleus sur ses jambes, dans les écorchures rouges de son dos, elle avait senti, vivante, pulser son sang. Elle avait aimé ce sentiment, mais ne s'était pas sentie proche du garde-chasse comme elle l'était à cet instant. Même la haine vengeresse à son égard ne le lui rendait pas aussi proche que le fait qu'ils puissent tous deux s'exprimer dans cette même langue. Est-ce que Waylon parlait juste grec, ou est-ce qu'il savait ce que cette langue pouvait représenter pour une autochtone exilée ? Est-ce qu'il fut dès lors surpris, lorsqu'elle enroula sa seconde jambe autour des siennes, ses bras autour de son cou, avec une souplesse qu'elle ne lui avait guère démontrée jusque là ?

"Tu parles grec ; je t'accorde un répit. Et je pense que d'ici là, tu préfères la surprise."

Sa voix était rauque, légèrement sifflante ; elle respirait encore avec difficulté, et elle avait mal. Mais elle était heureuse, et elle souriait d'une manière assez inédite.

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MessageSujet: Re: Après douze   Lun 25 Jan - 13:46

Si Waylon s’étonna de cette souplesse soudaine, il n’en laissa rien paraître. A part peut-être un sourire canin tout à fait waylonien qui apparut sur son visage. Il avait l’air d’apprécier en tout cas. Visiblement, même s’il semblait aimer la guerre, le garde-chasse semblait plutôt enclin à faire l’amour. Même si ça n’excluait pas une certaine violente, on est un homme des bois ou on ne l’est pas. Mais bon, de fait, Youlika n’aurait jamais cédé aux avances d’un beau Roméo doux et romantique, n’est-ce pas ? Il était tout à fait probable que Waylon se contentât en fait de suivre les inclinations de la grecque, de fait il n’était pas particulièrement réputé pour ses habitudes sado-maso, même s’il avait beaucoup de rumeurs qui couraient sur lui et sur ses habitudes, quel qu’en soit le domaine.

« Une surprise. Ca me va. » dit-il avec son accent trainant.

Il appuya ensuite fortement sur la nuque de la jeune femme, la forçant à approcher sa tête de la sienne, puis plaqua ses lèvres contre celles de la jeune femme. Ca n’avait rien d’un baiser civilisé, il était au moins aussi violent que les premiers qu’ils avaient échangés, des mois plus tôt. Au moins aussi sensuel aussi. Particulièrement excitant, d’autant plus que la main de l’homme qui se trouvait sous la cuisse de Youlika glissa dangereusement vers une zone moins neutre de son anatomie, n’ayant plus besoin de la maintenir contre lui.

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MessageSujet: Re: Après douze   Dim 31 Jan - 21:00

Excitant ? Et comment ! Youlika ne pouvait physiquement serrer davantage les cuisses autour des hanches du garde-chasse, mais elle l'aurait fait si elle avait pu, en sentant se déplacer dangereusement la main de ce dernier vers, comment dites-vous, "une partie moins neutre de son anatomie". Il lui fallait faire preuve d'une grande force morale pour ne pas bâillonner purement et simplement la toute petite voix qui, dans sa tête, lui rappeler qu'elle détestait copieusement cette brute de Chien Enragé, lorsqu'il l'embrassait de cette manière purement sauvage, sensuelle et passionnée. Oh, oui bien sûr, elle s'en vengerait mais... plus tard, oui, plus tard.

On ne pouvait pas tout faire à la fois, et là, elle voulait juste s'abandonner à ses caresses furieuses, ne se concentrer que sur les sensations que lui procuraient ses lèvres, sa langue, ses mains. Cela requérait vraiment toute son attention. Ce qu'elle ressentait était mine de rien assez différent de ce que lui avait procuré leur dernière entrevue, où Waylon l'avait poussée jusqu'à un certain degré de colère avant de passer à des "caresses" qui n'en méritaient guère le nom. De l'extérieur, si cette nouvelle entrevue, comme la précédente, avait eu des spectateurs, ils n'auraient probablement pas trouvé le scénario très différent.

La fureur rendue par Kika dans ce baiser partagé n'avait en vérité pas grand-chose à voir avec cette envie rageuse de lui faire mal qu'elle avait ressentie la première fois. Au risque de radoter, il parlait grec : il pouvait être le plus sale, le plus violent, le plus rustre des Sywhaîdiens, il était techniquement le seul qu'elle n'aurait pas qualifié de barbare. Et la complicité nouée tant par la langue que par cette série de rencontres secrètes la faisait sourire. Cela ne voulait pas dire qu'elle plaisantait en lui promettant sa vengeance ; mais elle la lui accorderait comme un honneur, et s'appliquerait à la mettre à hauteur des sensations qu'il lui procurait présentement.

Oui, Kika souriait, et pas uniquement intérieurement ; il y avait même une certaine beauté dans ses traits durs, son visage long et maigre, ainsi déformé par la contrainte à laquelle la soumettait Waylon, le plaisir et la joie qu'il lui procurait. Une sorte de mélange étrange de sauvagerie brute et de douceur féminine et fragile.

"A ton tour... je crois... de te retrouver dans la neige !" articula-t-elle ainsi, la voix dure, mais tout sourire, entre deux chocs de leurs lèvres les unes contre les autres. Non, Waylon n'avait pas à s'en faire pour cette histoire de vengeance : parce que Kika n'oubliait rien, et certainement pas les circonstances de leur première rencontre.

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MessageSujet: Re: Après douze   Dim 7 Fév - 12:43

L’homme des bois et la grecque jouèrent alors une sorte de remake de leurs premiers ébats. Légèrement différent néanmoins. Déjà, Youlika fut un petit peu plus active, du fait qu’il ne s’agissait plus d’une première fois tardive et surprise. Ensuite, sans entrer dans les détails techniques, la dynamique ne fut pas du tout la même. Comme l’avait précisé Kika, c’était à Waylon de se retrouver dans la neige. Au lieu de s’adosser brutalement à un arbre, comme quelques mois plus tôt, cette fois ils s’allongèrent, d’une façon tout aussi brutale, mais le corps musculeux de Waylon amortit le choc. Dans la neige, bientôt nu, parce que cette fois ils prirent le temps d’enlever une bonne partie de leurs vêtements, Waylon ne sembla cependant toujours pas souffrir du froid, alors même qu’aucun sort de réchauffement ne fut visible sur lui.

Mais ce mystère ne suffit sûrement pas à attirer l’attention de la jeune femme. Waylon et elle étaient, du moins semblait-il, tout à fait à ce qu’ils faisaient. Leur façon de s’aimer n’avait pas perdu sa violence, ça aurait été mal les connaître que d’imaginer ça, mais cette fois le garde-chasse prit un peu plus son temps. A croire qu’il voulait fêter dignement l’anniversaire de l’arrivée de Youlika. Il laissa plus longtemps ses caresses, bien que toujours assez rudes, parcourir le corps de la grecque. Il l’embrassa plus longtemps et laissa plus de temps passer avant de passer le stade de l’excitation. C’était peut-être aussi une façon de la torturer. De fait, il y avait quelque chose de douloureux à attendre le dernier moment pour enfin prendre en compte le désir de Youlika et de l’apaiser juste au moment où ça ne semblait plus supportable.

Quelques minutes (bien plus longues que la première fois) plus tard, Waylon se trouvait couché à même la neige, Youlika serrée un peu trop étroitement contre lui. Il poussa un soupir de contentement puis, sans ménagement, poussa son amante sur le côté, dans la neige. Il ne fit cependant aucun mouvement pour se relever, ou même se rhabiller (il ne portait même plus sa chemise, même s’il ne se souvenait pas du moment où elle avait été enlevée, elle aussi). Il s’étira et posa une main sur son estomac, tatoué, avant de soupirer de nouveau.

« Si tu veux t’venger maintenant, Cherry, c’est le moment. Je ne pourrai même pas t’en vouloir. » dit-il sur un ton moqueur presque insupportable.

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Après douze   Dim 7 Fév - 19:30

Fiou. Quelques minutes de galipettes avec Waylon Walsh, ça vous laissait vidée, pantelante, euphorique. Kika ne broncha pas après que le garde-chasse l'ait assez brutalement repoussée à côté de lui, sur le mélange de neige tassée et de terre froide qu'ils avaient créé sous eux ; son propre corps était assez mal en point, sa peau ayant pris une jolie teinte rose écrevisse, dans cet explosif chaud-froid, et étant ponctuée façon dalmatien de petites taches noires d'humus. La relative violence de leurs ébats rendait presque douce la température glacée du sol, et tandis que son amant s'étirait, l'Hellène fit de même, poussant même un petit soupir de satisfaction, à croire qu'elle se prenait pour un gros chat lové sur un tapis moelleux, devant un bon petit feu tiède de cheminée. Elle n'aurait pas cru que le sexe puisse être plus délicieux qu'il ne l'avait été lors de cette lourde journée d'été, six mois auparavant, mais elle revoyait à présent son jugement.

Ce n'est que lorsque Waylon prit la parole que sa petite cherry (grr) tourna à nouveau la tête vers lui. Elle leva une jambe pour lui frapper l'intérieur de la cuisse du bout du pied.

"Tu sais parfaitement que ça ne compterait pas, si tu es consentant", répliqua-t-elle d'un ton qui paraissait sérieux ; Kika n'était pas du genre à se préoccuper du ton de ses interlocuteurs, et sûrement pas de celui de Waylon, qu'elle commençait à connaître assez (hum, hum) pour savoir qu'on ne pouvait en tirer aucune conclusion.

Elle creusa les reins, plia les genoux, et se releva rapidement, avec une souplesse dont Waylon ne pouvait décemment plus s'étonner, après les quelques délicieuses minutes qu'ils venaient de passer. Debout, Kika fit quelques pas pour ramasser les sangles de cuir qui lui permettaient de maintenir sa petite dague derrière son dos, et dont elle ne se séparait (presque, hum), jamais. Elle enfila l'espèce de sommaire baudrier, tournant le dos au garde-chasse, offrant à vrai dire à celui-ci un spectacle probablement assez sexy. Ce faisant, elle poursuivit sa petite variation sur le thème "le concept de vengeance selon Youlika Manthoulis".

"Et je te le dis, tu auras droit à une vraie vengeance réfléchie et élaborée ; tu mérites quelque chose de soigné."

Elle se retourna à cet instant, ayant fini de boucler les bandes de cuir, pour adresser un large mais un peu inquiétant sourire à son excellent amant. elle avait tout de même une façon très personnelle de faire des compliments. Elle fit un pas supplémentaire pour attraper ce qui ressemblait à présent à un grand torchon noir trempé, mais était en vérité ce qui restait de sa robe. Elle la saisit par une des fines bretelles, la porta par-dessus son épaule et rejoignit Waylon, toujours allongé dans la neige comme s'il s'était agi du plus moelleux des matelas. Sans être couvert de bleus ou d'écorchures diverses, il était décidément très attirant. Mais elle ne pensait pas céder pour autant à l'envie de remettre le couvert : elle était tout à fait comblée, merci bien, et n'avait d'ailleurs pas eu le moindre scrupule à se laisser aller à exprimer bruyamment le plaisir que lui avaient procuré leurs tumultueuses galipettes.

Non, pour cette fois, elle se contenta de regarder Waylon en souriant, et de poser malicieusement, ou dangereusement, l'orteil sur le nombril de ce dernier. L'idée, même totalement illusoire, qu'il fût à sa merci, était plutôt agréable.

"Dis-moi un mot, juste un... Un mot sur toi."

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MessageSujet: Re: Après douze   Ven 12 Fév - 10:39

Quand Kika lui répondit, à propos de la vengeance, la seule réponse de Waylon fut une sorte de ricanement, unique, qui ressemblait presque à un jappement. Il n’avait pas l’air d’avoir peur, pas le moins du monde. Il avait au contraire l’air de beaucoup s’amuser. Pourtant, il n’avait pas l’air de mettre particulièrement l’idée que la grecque se venge de lui en doute. Il paraissait juste trouver ça très drôle, excitant même très certainement.

Et il garda cet air amusé par la suite, même s’il ne répondit pas à ce que Youlika lui demanda. Au lieu de ça, il resta là, couché, sur le dos, une main sur son estomac, nu comme un ver, sans avoir l’air de se sentir particulièrement gêné. Waylon n’était pas pudique, c’était une des rares choses qu’on savait réellement sur lui, sans aucun doute possible. Il n’était peut-être pas aussi « exhibitionniste » que Jena, mais il se baladait torse-nu les trois quarts du temps et n’avait aucun problème à enlever le bas pour une raison ou une autre. Ce qui faisait que les gens ne s’offusquaient pas de ces tendances à la nudité était qu’il y avait bien d’autres choses qui les poussaient à s’inquiéter de la présence de Waylon. A la limite, qu’il se mette à poil régulièrement n’était que le cadet de leurs soucis à son propos.

Finalement, après ce silence relativement long, il se releva. Il récupéra son jean, sa chemise, et au lieu de les enfiler, se contenta de les rouler en boule sous son bras. Avec ce froid, il était étonnant d’imaginer qu’il puisse tenir encore un moment comme ça, mais c’était Waylon Walsh, garde chasse de Sywhaîd, il valait mieux arrêter très vite de s’étonner à son sujet ou on finissait par choper des insomnies. Il se dirigea vers les arbres, comme quelqu’un qui rentre chez lui, mais avant que son derrière (plutôt agréable à regarder) ne disparaisse tout à fait, il lança de sa voix trainante :

« Jackson. My name, my real name’s Jackson. »

Et il disparut sans plus d’explication, laissant la jeune grecque toute seule face à ce dilemme : fallait-il le croire, ou non ? Après tout, il était connu pour les histoires plus étranges les unes des autres qu’il avait racontées à son sujet. Il n’avait même pas précisé s’il parlait de son prénom ou de son nom de famille, mais il avait répondu, c’était déjà ça, non ? Même si bien sûr la véracité de cette réponse était plutôt improbable connaissant l’animal.

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