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 I Put My Trust On You

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Claude Valhubert
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MessageSujet: I Put My Trust On You   Sam 28 Nov - 14:34

Joy Division - A Means To An End

Claude refaisait surface, et il réussissait, aussi étonnant que ça puisse paraître. Bien entendu, il n’allait pas mieux. Au contraire, il avait même pris d’effrayantes résolutions et était décidé à s’y tenir. Il avait enfin accepté le fait qu’il recherche la souffrance. Une fois ceci fait, il pouvait vivre plus libre et dans une plus grande connaissance de lui-même. C’était mieux.

Il était bien décidé à partir au printemps, sur la route. En attendant, il se baladait dans Sywhaid, seul ou avec David, s’ennuyait, fumait beaucoup et rêvassait à la possibilité de demander une quelconque came à Donnaio, le fournisseur des nuits romaines. Pour l’instant, il ne l’avait pas encore fait. Ça viendrait, ou pas.

Donc, Claude se reprenait. On pouvait le voir, arpentant tous lieux, de nuit comme de jour. Le visage fermé, pâle et maigre, les gestes inachevés. L’air perdu et en même temps dangereusement décidé. Il marchait, fumait, buvait un peu trop et réfléchissait. Il ne parlait plus beaucoup, même à David.
Aujourd’hui, Claude était seul, sans David. Tout de noir vêtu, l’air morne et malade, auréolé de la fumée d’une cigarette, on aurait dit une apparition de mauvais augure tandis qu’il s’acheminait vers la maison des Norton. Son idée était d’aller voir Will, qu’il avait apprécié lors de leur dernière rencontre. Il avait envie de parler à quelqu’un de sympathique, et d’oublier un temps sa douleur. Même si plus jamais il ne serait le Claude enjoué et insouciant qu’il avait été, il voulait être capable de parler à des amis et… peut-être de rire avec eux. Will, Will l’aiderait peut-être. C’était un type bien.

Claude finit par arriver à la maison Norton. Il hésita une seconde à l’idée de se retrouver face à Marybeth, mais tant pis. Décidé, il frappa à la porte en essayant de sourire.

(Willyyy ?)
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Will Norton
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Ven 4 Déc - 9:52

[Désolée pour le délai ! Avec la préparation de l'hiver, le calendrier de l'avent et mes recherches de boulot, j'ai mis plus de temps que prévu à faire le tour du forum ^^]


Si Claude avait mieux connu Marybeth Norton, il aurait su qu’il n’avait aucun souci à se faire. De fait, la jeune femme n’était jamais chez elle pendant l’après-midi. Elle avait bien trop à faire dans sa serre pour rester chez elle. Dimanches exclus, évidemment, le dimanche était la journée familiale, même Will était sommé de rester à la maison pour une journée ensemble. C’était assez cheesy et Will trouvait souvent ça assez ridicule, mais à vrai dire, ça lui plaisait aussi. Cette famille qu’ils formaient, une famille bizarre et déséquilibrée, lui permettait de mieux vivre que sa vraie famille, celle dans laquelle il avait grandi. Il respectait beaucoup les efforts que sa sœur faisait pour donner un vrai air de maison familiale à leur bicoque (une des plus grandes habitations de Sywhaîd, mais une bicoque quand même, on restait à Sywhaîd, hein). Ca ne l’empêchait pas de râler quand Mary refusait qu’il sorte le soir trop tard ou quand elle refusait qu’il aille voir Rachel le dimanche (enfin, elle ne savait pas que c’était Rachel qu’il allait voir, elle refusait qu’il aille voir qui que ce soit).

Will venait de finir de remplir la feuille d’exercices de maths que Mary lui avait donnée à faire, dernier exercice d’une matinée plutôt bien remplie, et il savourait le fait d’avoir, pour une fois, fini largement dans les temps. Se concentrer tout seul sur plusieurs matières en un court laps de temps était quelque chose de très compliqué pour l’adolescent, et avoir réussi cette fois-ci était une vraie victoire. Qu’il fêtait en mangeant une pomme… Oui, bon, y avait plus sympa comme moyen de fêter une réussite, mais Will n’avait pas touché à la drogue depuis qu’il avait rencontré les deux empereurs, et à l’alcool depuis une soirée où il avait trouvé une bouteille d’armagnac dans un foyer, quelques semaines auparavant. A vrai dire, plus ça allait, moins il en avait envie. Pour la première fois de sa vie, Will avait des raisons de vouloir être clean, et il avait de vrais soutiens, ça changeait beaucoup par rapport à ce qu’il avait déjà vécu. Pour la première fois de sa vie, Will vivait une désintox sérieusement, pensant de plus en plus à réellement arrêter la drogue, et pas seulement pour que Mary le laisse habiter avec elle, mais parce qu’il voyait de moins en moins d’intérêt à s’envoyer en l’air avec des psychotropes. Oh, il y avait évidemment des jours sans, mais aujourd’hui, il se satisfaisait largement de sa pomme qui, en plus, était une très bonne pomme. Les fruits et légumes, ici, étaient meilleurs que tous ceux qu’il avait pu manger avant. Il se mettait à aimer les légumes, à avoir envie de légumes, lui qui avant ne jurait que par les pâtes et les patataes. Un tout nouveau Will était né.

Un tout nouveau Will qui alla ouvrir la porte quand on y frappa, jetant son trognon de pomme dans la poubelle au passage. Il portait un jean bien coupé, un pull en laine rouge, à col roulé, et une sorte de gilet de costard gris par-dessus. Oh cette tenue n’était pas une révélation du changement qui s’était opéré en lui, non, c’était une tenue qu’il aimait bien porter. Il avait une affection particulière pour les baggys et associés, mais il aimait aussi quelques tenues plus classes. Et comme il était sensé voir Rachel en fin d’après-midi, il avait eu envie de faire un petit effort, on ne fréquentait pas une fashionista sans se sentir coupable quand on arrivait avec un baggy déchiré plein de peinture et un sweat à l’effigie de son groupe de rock préféré.

« Oh, Claude, salut ! » dit-il, en priant pour que ce soit bien Claude, le nom de l’Italien, ils avaient fumé ensemble et les deux prénoms étaient un peu embrouillés dans sa tête. « Tu veux ent… »

Il avait naturellement commencé à faire le mouvement de laisser la place à Claude pour entrer dans la maison, mais s’arrêta au beau milieu d’un air un peu gêné. Non, ça n’était pas une bonne idée. Dans la liste des mauvaises idées, des idées pouvant énerver Mary, ça faisait même sûrement partie des dix gagnants. Marybeth n’avait pas confiance dans les Empereurs, Will le savait, et elle avait ses raisons après tout. Elle se devait d’être méfiante, elle avait deux fils (oui, pour Will, ça y était, Fred était aussi le fils de Mary), et un petit-frère à protéger. L’idée d’être protégé par Mary plaisait et déplaisait tout autant à Will, mais ça ne changeait rien. Si elle apprenait qu’il avait fait entrer un des Empereurs dans sa maison, Mary lui arracherait les yeux. Et elle le saurait. Et même si elle ne le savait pas… L’adolescent respectait trop sa sœur pour faire ce genre de choses dans son dos. D’autant plus que, oui, les Empereurs pouvaient très bien être dangereux. Et Will ne se pardonnerait jamais d’avoir mis Connor et Fred en danger si jamais il arrivait quoi que ce soit.

« Non, mauvaise idée. Je vais chercher mon manteau plutôt. »

Il sourit et disparut quelques fractions de secondes. Il n’y avait que quelqu’un comme Will, à l’aise quoi qu’il arrive, pour laisser passer l’idée que quelqu’un n’était pas le bienvenu chez lui sans le faire d’une façon vexante ou blessante. Enfin, Claude pouvait très bien mal le prendre, mais Will l’avait fait avec un tel naturel et une telle gentillesse qu’il était difficile, comme toujours, de lui en vouloir. Il réapparut avec une veste en jean doublée de peau de mouton. Une ancienne veste de Fred, qu’il n’aimait plus depuis qu’il avait compris que c’était de la peau de mouton dans la doublure, ces adorables moutons qu’il avait aidé à tondre ! Du coup, Will et lui avaient échangés leurs vestes, une veste en jean toute simple pour Fred (qui de toute façon portait toujours plusieurs pulls vu que Mary le forçait à bien se couvrir), et la veste doublée pour Will.

Il sortit et claqua la porte derrière lui. Un petit clic se fit entendre quand la porte se verrouilla. S’était un sort que Mary avait installé, pour éviter tout accident, ou toute créature ou quoi que ce soit de ce genre, quand la dernière personne sortait, la maison se verrouillait. Will était plus ou moins persuadé que Mary faisait ça aussi par méfiance envers certains sywhaîdiens (dont les Empereurs très certainement) mais il ne lui avait jamais demandé. Marybeth gérait la sécurité dans leur maison, c’était naturel, après tout, c’était la mère de famille, non ?

« Alors, quoi de neuf ? » demanda-t-il une fois de nouveau près de Claude.

Il avait une sale mine. En fait, il ressemblait plus que jamais à un junkie, et Will aurait eu du mal à croire qu’il ne se droguait pas en ce moment.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Ven 4 Déc - 20:16

Claude était resté immobile devant la porte alors que Will ouvrait. Il eut à peine un mouvement de soulagement en voyant arriver son pote et pas sa grande sœur. Et il ne bougea pas d’un poil alors que Will semblait vouloir lui proposer d’entrer, puis se raviser.
Ouais, Marybeth n’aurait sûrement pas été d’accord. Bien entendu, ils étaient et seraient toujours les amis de Tibère, ceux qui étaient fous de l’aimer, fous tout court. Quelle merde… et personne pour comprendre… Claude avait envie de crier sur Marybeth et tous les autres et de leur dire que non il n’était pas fou, que non il ne leur ferait pas de mal, qu’il était juste ravagé de douleur. Mais personne pour comprendre.
Et il était trop las pour tout ça. Tant pis, tant pis pour lui si Marybeth Norton et n’importe qui d’autre le voyait comme un fou, tant pis. Il n’entrerait pas dans cette maison, et tant que Will voulait bien passer du temps avec lui, ce ne serait pas important. Tant qu’il y avait tout de même des gens à qui parler…

L’italien se mit lentement en route sur le chemin, sans choisir de réelle destination : il laissait ce soin à qui ça intéressait, pour lui il pouvait bien aller n’importe où. Ils étaient enfermés après tout.
Quoi de neuf ? Que répondre ? Que dire ? Rien de neuf, non, plus jamais rien de neuf à part cet éternel choc : Tibère est mort. Claude prit une longue inspiration, ralentit le pas et pressa une main sur son visage. Sa peau était tendue sur sa face maigre, et il se sentait misérable.

« Tibère est mort. C’était mon meilleur ami. Je ne m’en remets pas et j’ai envie de crever à chaque instant, mais je tiens bon. »

Résumé de la situation. Oh, ce n’était pas très poli peut-être de venir déposer sa merde aux pieds de son pote, comme une foutue offrande. Mais que dire d’autre ? Il n’allait tout de même pas sourire et faire comme si tout allait bien, ce serait une énormité.

« Tu as peut-être entendu parler de lui. Tu dois savoir que c’était un malade, hein ? Et peut-être bien que comme tout le monde, tu ne comprends pas qu’on soit si horriblement perdus, David et moi. Mais… »

Il baissa la tête, cessa de parler. Ça ne servait à rien de déballer cette histoire encore et encore. Soit Will comprenait ce qu’il voulait dire, soit il ne comprenait pas, tant pis encore une fois.

Ils marchèrent quelques temps en silence, Claude allumant cigarette sur cigarette sans sembler se rendre compte qu’il fumait. A chaque bouffée, sa main tremblante remontait le long de son menton et il serrait le filtre entre des lèvres blanchies, en dessous de deux yeux au regard traqué. Un sale état, ouais.

« A la Brèche, je vais me tirer et faire un tour en Europe, histoire de vivre autre chose. Avec David, sûrement. Ce sera bien, hein ? »

Pour un peu, il aurait proposé à Will de venir, mais quelque chose lui disait que l’autre ne suivrait pas. Trop… oh, il ne savait pas.
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Will Norton
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Lun 14 Déc - 11:05

Will ne répondit pas, pas tout de suite en tout cas. C’était compliqué tout ça. Il savait qu’il n’aurait pas dû comprendre ou même compatir. Après tout, Tibère était mort et d’une certaine façon c’était mieux pour tout le monde. Et l’adolescent n’aurait pas dû comprendre qu’on puisse être peiné par cette mort. Tibère était un malade. Il avait essayé de détruire l’Ecole. De tuer des gens. Il en avait blessés plusieurs. Rozen avait failli perdre un œil et avait souffert pendant des mois. Kennedy… Il l’avait violée, sûrement de la pire façon qui soit. Et Will ne pouvait pas compatir pour un mec comme ça. Par contre, oui, il pouvait compatir à la peine de Claude. C’était peut-être déjà trop, mais il pouvait le faire. Sûrement parce qu’il n’avait pas connu Tibère. Parce qu’il était arrivé après. Et parce que ses proches n’avaient pas été touchés par sa folie. Sûrement aussi parce qu’il savait comment on pouvait s’attacher aux mauvaises personnes, même si lui avait toujours été plus clair à ce sujet que les Empereurs, qui continuaient à chérir leur amour pour Tibère malgré tout, alors qu’ils auraient dû se rendre compte de l’anormalité de la situation, qu’ils auraient dû accepter de faire profil bas, rien qu’en respect pour les gens que Tibère avait blessés. Si Will avait assisté à la scène qui avait eue lieu quand ils avaient appris la mort de l’Empereur, il n’aurait pas compatis. Il aurait détesté l’idée de faire encore souffrir Kennedy, de se positionner en victimes alors que les victimes étaient présentes. Ca lui aurait semblé inhumain. Méchant.

Mais il ne savait rien de tout ça. Il avait appris la mort de Tibère par Mary, qui l’avait elle-même appris de Logan, sûrement dans une sorte de discussion entre « parents ». Logan était venu une ou deux fois discuter avec Marybeth à la serre, Will l’y avait croisé. A croire que le fait d’être père lui faisait se poser des questions dont il cherchait les réponses chez des personnes plus expérimentées. Leurs deux situations étaient tellement différentes que Will se demandait ce qu’ils pouvaient bien se dire mais il n’en avait pas parlé avec Mary, elle était plutôt du genre à ne pas répandre les rumeurs ou ce genre de choses. D’ailleurs, Will n’avait appris la mort de Tibère que parce que Mary l’avait annoncée à Mathys (qui avait des raisons de vouloir savoir quelque chose comme ça), alors qu’il était dans la même salle qu’eux. Bref.

« Y a quelques années, à D.C., mon dealer principal s’appelait Irvin. »

Il sourit à ce souvenir. Irvin. Non mais c’était quoi ce prénom ? Il n’en avait jamais rencontré avant ou après.

« Il était super sympa. Complètement barge, mais un genre de barge charismatique, tu vois ? Il était drôle, plutôt cultivé, sympa. Enfin, il était super violent aussi. Une fois il a démonté un bar à mains nues tellement il était énervé à cause du mec qui tenait le bar qui l’avait arnaqué. Enfin bref… Moi pour moi c’était surtout le mec sympa, un peu taré sur les bords, il avait jamais été vraiment violent devant moi. »

Il savait que c’était différent de Tibère, les Empereurs l’avaient vu dans ses pires jours et avaient accepté de continuer à l’aimer, ce que Will n’aurait pas pu faire, il était un peu particulier dans sa relation aux gens mais il avait ses limites.

« Un jour, il a provoqué une bagarre et s’est pris un sale coup à la tête. Il est pas mort. Il est toujours vivant… Enfin, si on peut dire, vu qu’il est dans le coma depuis trois ans en gros, un légume. Je suis toujours triste quand je pense à lui. C’était mon pote, malgré tout. Je sais que je devrais pas être triste, parce que c’était un salaud, violent, pas quelqu’un de bien. Mais moi je l’ai surtout vu comme un mec marrant, sympa, qui était toujours prêt à aider ses potes. »

C’était une vision tronquée, il le savait, mais ça n’était pas quelque chose de raisonnable. Il haussa les épaules, pour chasser l’image d’Irvin dans un lit, branché à des tas de machines. Il n’était allé le voir qu’une fois, de peur que les autorités le chopent, mais ça avait été plutôt choquant, surtout pour le jeune ado qu’il était à l’époque, pas vraiment habitué à l’idée de mort et compagnie.

« L’Europe c’est bien. » ajouta-t-il avec un sourire. « Vous avez des destinations de prévues en particulier ? Je suis jamais allé autre part qu’en Angleterre et aux USA perso. »

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Lun 14 Déc - 17:27

Claude écouta religieusement l’histoire de Will. Oh, hé bien il connaissait. Et non, Will ne devait pas se sentir coupable, ou un truc dans le genre, d’être triste. Claude n’allait pas tout réexpliquer, mais la moindre des choses qu’on peut dire c’est qu’il comprenait exactement l’histoire. Presque la même que lui, sauf que Claude avait vu de quoi était capable Tibère. Claude savait parfaitement tout ça, et il s’en foutait complètement tant qu’il pouvait encore aimer son pote tranquillement.
Il ne répondit pas, mais eut un petit bruit de gorge, marquant qu’il avait entendu l’histoire et qu’il n’avait rien à en dire. Quelle réponse aurait-il pu donner ? Alors, il laissa passer et préféra continuer sur l’Europe, moins risqué n’est-ce pas ?

« Hum…. Les pays de l’Est, tu sais, Roumanie, Hongrie… peut-être la Russie ? et puis, le Nord, Norvège, Finlande… redescente par la Hollande… ensuite, la France, l’Espagne, et puis peut-être les Etats-Unis. Si on est encore vivants. »


Il rit, un peu. Un rire jaune. Puis s’arrêtant, Claude sortit de ses poches une feuille et du tabac, puis un petit morceau marron et dur et un briquet. Debout au milieu du chemin, il se mit à brûler et effriter son shit, lança un coup d’œil à Will et proposa :

« Ça te dit d’en fumer un petit ? »


Et il sourit doucement, accentuant sans le vouloir ses joues creusées et ses yeux caves et rougis. Les mains jointes autour de la flamme, les épaules retroussées comme un gosse timide ou comme un malade en pleine douleur, merde quoi, il était fini. Rongé comme par une peste.

« Tu sais, je vais peut-être essayer d’écrire à un ami, à Rome. Si je lui demande, il va m’envoyer ce que je veux, je parle bien sûr de drogue. Si t’en as envie, on pourrait… il a du LSD, tu sais ? C’est pas beau, ça ? »

Claude chantonna « Lucy in the sky with diamonds… », regarda autour de lui et éclata de rire, les yeux plissés, sûr de lui et d’apporter une bonne nouvelle à Will.

« Ça améliorerait un peu l’ambiance dans le coin, hein ? T’en penses quoi ?»

Oui, Claude était presque sûr que son pote acquiescerait sans souci. Quoi, quand on a pris de la drogue une fois, arrêté ou non, on a toujours envie, c’est comme ça. Et l’idée que Will veuille réellement, de sa propre volonté, arrêter la drogue, ça ne l’avait même pas effleuré.
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Will Norton
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Mer 23 Déc - 12:09

Le « si on est encore vivants » fit frissonner Will. Il voyait bien que Claude n’allait pas bien, il avait déjà vu des gens, des potes, être dans cet état. C’était plutôt courant chez les junkies, la plupart finissait par tomber bien au fond du trou. Will, lui, n’avait jamais été du genre suicidaire. Il n’allait pas toujours bien, il lui arrivait de déprimer sévère, mais le suicide il n’y avait jamais pensé. Oh bien sûr, se droguer, aussi jeune que lui, c’était une façon de se détruire, de se tuer à petit feu. Mais Will avait toujours gardé une sorte d’espoir malgré tout, un espoir qui faisait qu’il avait toujours eu tendance à s’arrêter quand il voyait qu’il était trop sur la mauvaise pente, au moins pour quelques temps. Il ne fit cependant aucune réflexion. Il savait que ça ne servait à rien. Et même s’il aimait bien Claude, il n’était sûrement pas assez proche de lui pour réussir à le remettre d’aplomb, si même son meilleur ami n’y arrivait pas…

Il vit Claude sortir ce qu’il fallait pour rouler un joint et son cœur s’accéléra. Il n’avait pas touché à la drogue depuis la dernière fois qu’il avait vu les deux Empereurs, et il n’avait même pas eu de possibilités à le faire jusque là. L’alcool, oui, il avait bu une ou deux fois mais il n’avait jamais été alcoolique, boire risquait de lui donner envie de prendre de la drogue, mais rien de plus. Alors que là… Alors que la bonne odeur de shit se répandait dans l’atmosphère… La tentation était forte. Terrible. Il prit une inspiration, essaya de calmer les battements de son cœur qui s’était emballé. Il fallait être raisonnable. Très raisonnable. Penser à toutes les raisons qu’il avait de ne pas craquer. Heureusement, ça allait bien en ce moment. Il avait Rachel. Il s’était mis à bosser. Il était plutôt content de ce qu’il vivait… Est-ce qu’il avait vraiment envie de craquer ? De retomber là-dedans ? De souffrir encore plus du manque par la suite ? Il soupira et passa une main derrière sa tête.

« Non. » finit-il par soupirer, plus tendu qu’il ne l’avait été depuis des semaines. « Merci mais non. »

Il disait non au joint. Et non au LSD. Bon, le LSD il aimait bien, il en avait déjà pris pleins de fois, mais ça n’était pas ce qu’il préférait. L’héro, c’était plus son truc. Le LSD il flippait un peu depuis qu’un pote d’un pote avait fait un bad trip et était passé par la fenêtre. Bon, lui il n’avait jamais eu de problème avec le LSD mais ça avait quelque chose de flippant, quand même. Il soupira et sourit à Claude d’un air un peu désolé :

« J’ai arrêté. Et pour le moment, j’aime être clean, tu vois ? J’ai envie d’essayer. Suivre le droit chemin, toutes ces conneries. »

Il sourit de nouveau. Il ne voulait surtout pas avoir l’air moralisateur ou quoi que ce soit. Il ne détestait rien de plus que les anciens junkies qui devenaient plus moralisateurs que ceux qui avaient toujours été cleans. Il haussa les épaules.

« Mais vas-y hein, c’est pas un problème. »

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Sam 26 Déc - 18:24

Claude partit d’un éclat de rire éraillé, moqueur et totalement dénué de la moindre joie. Non, il n’y avait rien de drôle, et pourtant son rire enflait et devenait énorme et de plus en plus malsain. Toutes ces conneries, exactement, Will avait raison de dire ça. Le droit chemin, voyez-vous ça. Comme s’il existait encore.

« Le droit chemin, hein ? Et l’espoir au bout, n’est-ce pas ? »


Un dernier ricanement ponctua sa voix railleuse, et il alluma son splif. Tirant dessus avec délectation, Claude releva le menton et couva le jeune homme du regard, il soufflait la fumée avec délicatesse comme pour le toiser.

« Tu en crèves d’envie, ça se voit. Enfin bref, très bien. Ne fume pas, tu es sur la bonne voie. »

C’est la voix morne qu’il avait félicité Will pour sa toute nouvelle abstinence et en effet, il manquait d’enthousiasme. Faut dire que la situation ne se prêtait pas exactement à une lueur d’espoir, et quelle que soit cette lueur il ne pouvait s’empêcher d’avoir envie de l’éteindre. Enfin, par amitié pour ce sympathique Will, il n’allait pas tout détruire.
Recommençant à marcher d’un pas lent, Claude fuma quelques secondes en silence et puis demanda :

« Alors, tu t’embarques pour le monde merveilleux des gens responsables et sains ? Finie, la came. C’est beau, tout ça, tu vas devenir quelqu’un de respectable et tu pourras te dire que t’as survécu à ta putain de jeunesse. »

Puis, dans un murmure presque inaudible :

« Tu as de la chance. »

Oui, Will avait de la chance. De la chance d’avoir sa sœur, d’avoir envie d’arrêter la came, d’avoir réussi à fuir de son hôpital, et il avait aussi de la chance d’être sympathique et agréable et de la chance que les gens aient envie de l’aimer, et que lui-même aie envie de s’aimer. Claude n’avait rien de tout ça, et il n’en voulait pas, sauf au fond de lui. Claude avait David, envie de reprendre la route et de se détruire, Claude se détestait et Claude, surtout, n’avait pas le moindre espoir en quoi que ce soit. Il n’en voulait plus. Et même s'il avait pris une voix sarcastique et qu'il semblait se moquer de cette décision et de cette future vie que se préparait Will...

« Oui. Comment tu as fait ? »

Ça aussi, il l’avait demandé d’une toute petite voix, et tant pis si Will n’entendait pas. D’ailleurs, il regrettait sa question, elle ressemblait beaucoup trop à un appel à l’aide alors que non, il ne voulait pas d’aide. Ni rien.
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Will Norton
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Sam 2 Jan - 15:09

Le rire de Claude jeta comme un froid. La mâchoire de Will se contracta tellement fort que son tendon apparut sous sa joue ferme. S’il avait été violent, il aurait sûrement collé un pain à l’italien, heureusement pour tous les deux, l’adolescent n’avait jamais été d’un tempérament bagarreur, autrement il en aurait été fini de leur début d’amitié. N’empêche, ça ne faisait pas vraiment plaisir d’entendre ce rire moqueur quand on essayait de faire ce qu’il fallait faire. Will n’était pas habitué à ce qu’on se moque de lui, il était du genre sociable et les gens avaient tendance à vite le respecter, en plus de l’aimer. Alors quand il parlait d’être clean, alors qu’il était plutôt fragile à ce sujet, qu’il ne savait pas exactement où il en était ou pourquoi il en était là, entendre ce rire de hyène n’était pas vraiment la réaction la plus chouette. Un peu plus et il se serait barré. Surtout quand Claude lui dit qu’il en crevait d’envie. Oui, et alors ? Qu’est-ce que ça pouvait faire ? Il avait envie de lui hurler qu’il avait bien le droit, de se sortir de cette merde, et que c’était pas parce que lui ne voulait pas s’en sortir, qu’il préférait se détruire et qu’il avait des envies morbides, que ça voulait dire qu’il devait entrainer tout le monde dans la tombe.

Sauf qu’évidemment il ne dit rien. Parce que Will était quelqu’un de profondément gentil et sensible. Et que quand on le blessait, son premier réflexe, contrairement à ses deux félines grandes sœurs, n’était pas de blesser en retour. Il se contenta de serrer les dents, de serrer les poings dans ses poches, et d’attendre que la tempête passe. Parce qu’il était aussi quelqu’un de sensible qui imaginait bien que si Claude riait, c’était tant pour se moquer que parce qu’il n’avait pas lui-même la force de prendre ce genre de résolutions. Si Will avait été un peu plus orgueilleux, il en aurait tiré un sentiment de domination. Là, tout ce qu’il arrivait à faire, au-delà de sa colère, était de se sentir triste pour Claude et de se demander comment aider quelqu’un qui ne voulait visiblement pas l’être.

Survivre à sa jeunesse. Il leva un sourcil interloqué à cette phrase. C’était… comme un nouveau concept à intégrer. Pour la première fois, parler de devenir adulte ne semblait pas complètement absurde ou idiot à Will. Il avait toujours été très adolescent à ce niveau-là, le genre James Dean qui n’imagine pas que la mort peut le toucher lui, ou quoi que ce soit de ce genre. Qui se croit, d’une certaine façon, immortel. Et pourtant, maintenant, il n’avait pas tant de mal que ça à penser à quand il serait adulte et se dirait qu’il avait eu de la chance de s’en sortir. Oh il n’y avait pas vraiment pensé jusque là, mais Claude venait de lui souffler une image qui, pour une fois, lui semblait possible. La transe zoomorphique qu’il avait faite à l’automne y était sûrement pour quelque chose. Il s’y était vu adulte, pas mal de fois, et petit à petit l’idée avait fait son chemin. Etre adulte. Avoir sa propre famille. Un boulot. Etre heureux, la plupart du temps.

« Mon neveu. » répondit-il presque à sa propre surprise.

Will n’était pas du genre très introspectif. Il pensait beaucoup aux autres, était capable d’essayer de les comprendre et d’y passer des heures. Par contre, lui, il avait toujours été comme quantité négligeable. Alors quand la réponse était venue naturellement, il avait presque été surpris. Si on lui avait demandé ce qu’il aurait répondu à cette question, il aurait sûrement imaginé qu’il aurait répondu Marybeth. Après tout, c’était elle qui lui avait dit qu’elle ne l’accepterait pas chez lui s’il reprenait la drogue. Au début, il avait pensé qu’il faisait ça pour elle, ou à cause d’elle. Qu’il acceptait les règles du jeu qu’elle imposait, pour pouvoir vivre avec elle. Et là, il répondait que c’était Connor la raison. Pourquoi ?

« Tu sais, j’ai toujours trouvé que la drogue était… Enfin, j’ai jamais vu ça comme un truc qui détruisait ou un truc dangereux. Pour moi, c’était un moyen de m’amuser, et je ne faisais de mal à personne. J’ai jamais proposé à quelqu’un qui ne se droguait pas de tester, j’ai jamais vendu. Bref, j’étais une sorte de junkie clean si on peut dire. »

Il sourit à cette évocation. Ce terme, ça n’était pas lui qui l’avait inventé, mais Nina. Une des filles avec qui il avait trainé pendant une période. Une presque quadra, qui se droguait toujours mais qui était encore assez lucide la plupart du temps pour considérer qu’il y avait quand même une façon morale de se droguer. Des choses qu’on pouvait faire en continuant à pouvoir se regarder dans une glace, et d’autre non. Will avait toujours été plutôt d’accord avec elle. Même si le fait de dire que se droguer n’était que se détruire soi était faux, ce qu’on faisait avait toujours des conséquences.

« Sauf que maintenant, y a mon neveu. Si tu le voyais… Il veut tout faire comme moi. Il passe son temps à essayer de jouer de ma guitare, il veut des baggy et il parle tout le temps de trucs que j’aime… Bref, un vrai mini-moi. Et je m’en voudrais beaucoup s’il faisait vraiment comme moi, et qu’il tombait là-dedans. La dernière chose que je veux, c’est qu’il devienne un junkie. »

Il sourit, d’un air attendri. Il aimait Connor. Et maintenant qu’il vivait avec lui, oui, ça changeait beaucoup de choses. Il était son oncle et il avait des responsabilités. Il en voulait pas rendre Connor malheureux ou le détruire ou quoi que ce soit de ce genre.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Sam 2 Jan - 18:04

Claude eut, une nouvelle fois, violemment envie de rire, mais il ne le fit pas parce qu’il avait la gorge serrée. Son neveu. Son neveu ? Du genre, Will qui devenait un tonton responsable et qui voulait faire attention, parce qu’il y avait un petit garçon là, un futur ado, un futur adulte, et tout ça… c’était tellement… couru d’avance… tellement responsable et réglo de la part de Will…

« Oh. »

Il n’avait pas su quoi dire d’autre que ce petit « oh » étranglé, et un mouvement de tête incrédule. Enfonçant les mains dans les poches, Claude tira sur son pétard et rejeta la fumée vers le ciel.

« Hé bien… c’est très bien, tout ça. C’est très… euh… respectable. »

Cette fois, ce n’était plus pour se moquer qu’il avait hésité, mais parce qu’il était pris de court. Will était bien plus réglo que ce qu’il avait pensé, en vérité. Faire ça pour le gosse… s’y tenir réellement comme il semblait le faire… Ouais, c’était bien. C’était bien pour lui.
Il y avait juste une chose qui le chiffonnait. Claude était plus âgé que Will, de plusieurs années, mais il était loin de prendre les mêmes résolutions que lui, et ces résolutions étaient précisément ce qui l’effrayait. Devenir adulte ? Avoir une famille ? Une vie ? Un travail ?

« Mais, euh… Tu vas te ranger dans le droit chemin, tout ça. Mec, ça me semble… effrayant. Même pour Elio, je le ferais pas. »

Elio, seul enfant de son entourage, et donc seul outil de comparaison. Allez… c’était presque un mensonge, Elio n’était pas qu’un « outil de comparaison », Claude l’aimait. Il avait fini par l’admettre, il aimait ce gosse et il retrouvait le sourire de Tibère… C’était un amour un peu malsain, peut-être, c’était chercher son meilleur ami dans son fils, peut-être, mais il aimait quand même ce petit. Mais heureusement que Zofia s’occupait de lui, Claude en aurait été incapable. Même David n’aurait pas pu, il aurait rendu le gosse totalement cinglé.

« Tu m’impressionnes, j’avoue. »


Et l’italien retomba dans un silence songeur, le temps de quelques pas.

« Et avec ta sœur, tout ça ? ça gaze ? J’ai cru comprendre qu’elle nous aimait pas trop… elle a même menacé Tibère de le tuer, à l’époque où il a largué Zofia. Sale histoire, encore. »

Pas de reproche dans sa voix, et de toute façon… Il y avait eu une époque où Claude se promettait que si Marybeth s’attaquait à Tibère, il répliquerait sévèrement. Mais maintenant il était trop tard pour ça, et ça n’avait plus d’importance.
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Will Norton
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Sam 9 Jan - 19:13

Will écouta Claude réagir à son explication sans rien dire. Il avait eu envie de rire quand l’italien lui avait dit qu’il était respectable. Will Norton, respectable ? Mon dieu ! Les Norton n’étaient pas vraiment connus pour leur respectabilité, enfin du moins pas la génération de Norton de Will. Entre la mère célibataire, la manipulatrice vulgaire et l’ado junkie, on pouvait pas dire qu’ils auraient fait le bonheur d’une série d’Aaron Spelling. Après, oui, on pouvait respecter Will, parce qu’il avait passé sa vie à toujours faire attention à ne pas blesser les gens, il était quelqu’un de bien, au fond. Quelqu’un qu’on pouvait respecter, oui. Pas quelqu’un de respectable par contre, pas dans le sens classique du terme.

Il sourit quand Claude compara leurs deux situations. C’était très différent. Elio n’était qu’un bébé, enfin, il était très petit encore, Claude ne pouvait pas encore tout à fait se rendre compte d’à quel point il l’influençait. Et puis… Et bien c’était différent, voilà tout. Will aimait Connor plus que tout au monde. Quand il l’avait rencontré, il avait eu l’impression qu’un vide se comblait en lui. Ca avait été une sorte d’électrochoc terrible. Quelque chose de magique. Et chaque jour, il aimait le gamin un peu plus, ne se voyait pas vivre sans lui. Il était à peu près certain qu’il continuerait à vivre avec Marybeth encore plusieurs années, rien que pour continuer à vivre avec Connor, ce petit garçon qu’il aimait tellement. Alors, ça n’était pas comparable à Elio, visiblement. Autrement Claude n’aurait jamais parlé de mourir. Il n’aurait pas pu faire ça à ce petit garçon. Il n’aurait pas pu continuer à se détruire comme il le faisait…

Seulement, le sourire s’effaça quand Claude se mit à parler de Marybeth. Même avant qu’il ne mentionne l’épisode de la menace, le visage de Will s’était fermé. Si l’ado ne laissait pas l’italien entrer chez sa sœur, il considérait sincèrement qu’il n’avait pas à parler d’elle, ou de sa relation avec elle, à l’empereur non plus. A vrai dire, Will aimait bien Claude, sincèrement. Mais il ne lui faisait pas confiance. Pas assez pour le laisser entrer chez sa sœur, pas assez non plus pour parler de sa sœur. Et quand Claude évoqua la menace que Mary avait faite à Tibère, Will s’arrêta tout bonnement de marcher. De nouveau, sa mâchoire était crispée, son tendon ressortant à travers sa joue. Il prit une grande inspiration par le nez, et dit d’une voix blanche :

« Je ne veux pas parler de Mary, mec. Je t’aime bien, vraiment. Mais tu laisses ma sœur en dehors de nos affaires. Et tu ne mens pas à son sujet. »

Okay, Will savait, au fond de lui, que Claude ne mentait pas. Principalement parce qu’il n’avait aucune raison de le faire, l’adolescent le savait bien. Et puis, il connaissait Marybeth. Bien sûr, il aurait aimé réellement croire que sa sœur était incapable de menacer qui que ce soit de meurtre. Ou même, qu’elle pouvait le faire mais pas sérieusement. Pourtant, c’était sa sœur. Il la connaissait, il l’aimait. Et il la comprenait. Il savait qu’elle était de capable de quelque chose comme ça, et qu’elle était capable de le penser sincèrement… Voire même de le faire par la suite. Marybeth était comme ça. Elle protégeait les gens qu’elle aimait, elle était capable d’aller jusqu’au bout pour ça. Pas seulement pour des raisons nobles, mais pour tout un tas de raisons très différentes les unes des autres. Mais il ne pouvait pas admettre qu’il le pensait. C’était impossible. En tant que frère, il devait donner l’impression qu’il ne pensait pas que sa sœur était capable de quoi que ce soit de ce genre. Quitte à risquer une amitié.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Mar 12 Jan - 20:31

Claude s’était retourné avec étonnement en ne sentant plus Will marcher à ses côtés, et ses yeux s’écarquillèrent encore plus en le voyant si énervé et en entendant sa voix. Et ses mots. Mentir, hein ? Comme si… comme si c’était impossible. Claude avait cru Tibère immédiatement, et pas parce que c’était son meilleur ami. Mais parce qu’il savait…sentait que Marybeth était capable de ça. Fallait pas se mentir à soi-même, surtout.
Il eut un petit rire, murmura :

« Et c’est toi qui m’accuses de mentir… »

Mais n’alla pas plus loin, et recula d’un pas en rendant son sourire plus affable. Les mains levées en geste de contrition, il reprit :

« Ok, mec. Ok. Rien sur Marybeth. Je voulais juste faire la conversation, tu sais. »

Il se remit à marcher, démarche lente et désinvolte, et autant passer l’éponge sur ce regrettable écart. Trouver un truc à dire, n’importe quoi.

« Euh, et sinon. Les amoures ? »

Sujet épineux s’il en était, à propos de Claude. Léola disparue, trompée avec Brise, tout ça. Et l’envie de profiter et de tester, et de connaître des filles… David, aussi, qui avait bien envie de trouver quelqu’un dans le coin, ils en parlaient encore peu de temps auparavant.

« Moi ça va, j’ai une copine et une amante, on peut dire que je suis paré. Pas pareil pour David, il commence à se demander si sa belle gueule a perdu tout charme. Quoique à l’anniv’ de Laura il avait commencé à engager conversation avec une fille… mais ça a rien donné. J’crois qu’elle avait un mec. »

Claude rêvassa quelques secondes, puis jeta un coup d’œil à Will avant de continuer :

« Je sais pas si tu vois, une blonde… style bien foutue… Je sais plus son nom, un truc en « elle »… Michelle ? Raquel… Rachel ? Bref. T’as pas une idée d’une fille sympa, histoire de lui venir en aide ? »

Bien une discussion de mec, ça.

(mdr le mec qui enchaîne les gaffes)
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Will Norton
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MessageSujet: Re: I Put My Trust On You   Ven 15 Jan - 10:34

[mdr XD]

« Bof… Tu sais, je connais pas beaucoup de filles dans le coin, une fois passé ma sœur. Enfin, celles que je connais ne sont pas libres en général. »

Il haussa les épaules et sourit d’un air amusé. Il n’avait rien dit sur Rachel. Qu’aurait-il pu dire ? Il couchait avec elle depuis un moment maintenant, et il savait que même s’ils n’en avaient jamais parlé, ils étaient tous les deux plus ou moins fidèle à leur histoire, quelle qu’elle soit. Il connaissait assez Rachel pour savoir que, même si c’était une femme particulièrement libre, elle n’était pas du genre à faire du mal aux gens exprès. Du coup il n’avait pas particulièrement peur de la voir coucher avec d’autres, même s’il n’était pas tout à fait certain que ça lui aurait fait du mal, à vrai dire il ne savait absolument pas où il en était de ce côté-là. Et il ne savait pas non plus où en était Rachel. Le fait qu’elle n’ait pas cédé à David lui avait fait plaisir, fugacement, d’une certaine façon, avant qu’il ne réalise que, connaissant la canadienne, c’était simplement que David ne devait pas lui plaire. Et de fait, Will avait du mal à imaginer quelqu’un pouvant craquer pour lui et pour David en même temps, ils étaient très différents, tant physiquement qu’au niveau de la personnalité, des attitudes, de la façon de voir les choses. Et comme Rachel lui avait déjà parlé de Tobias, brièvement, Will savait que ça n’était pas lui l’excentricité dans les histoires amoureuses (ou autres) de Rachel.

Bref, il n’avait donc rien dit sur elle. Il ne se voyait pas se pavaner en disant que, lui, il avait réussi à avoir cette fille que David (pourtant objectivement plus beau, plus assuré et beaucoup plus expérimenté) n’avait pas réussi à draguer correctement. Ca aurait été d’autant plus ridicule qu’il n’avait rien fait pour « avoir » Rachel, vu que c’était elle qui était venue le voir et qui l’avait dépucelé sans autre forme de procès. Bref. Passons. Will n’était de toute façon pas du genre à se vanter de ce genre de choses, il respectait trop les gens pour faire ce genre de choses, trop les femmes en particulier, grandir entouré de deux grandes sœurs à caractères très forts vous donnait une image de la femme légèrement différent de ce que les hommes étaient sensés penser d’elle, selon les films ou ce genre de conneries.

Quant au reste, ça n’était pas de la mauvaise volonté. De fait, toutes les femmes qu’il côtoyait un tant soit peu étaient des femmes prises. Marybeth ? Avec Mathys, et de toute façon Will n’aurait pas été caser sa sœur avec David, il avait ses limites. Celesta ? Avec Abreu, et de toute façon même si elle avait été seule, l’adolescent pouvait presque parier qu’elle n’aurait pas été sensible aux charmes de l’italien. Asa ? Libre, mais dans une histoire compliquée avec Adam, d’après ce que Will en savait, et de toute façon il ne voyait pas vraiment un couple David/Asa. Les Empereurs étaient des mecs chouettes, qu’il aimait bien, mais ils n’avaient pas l’air super respectueux des nanas (cf. la situation amoureuse de Claude, qui en plus avait l’air de s’en réjouir). Et Will était à peu près sûr qu’Asa n’était pas le genre de nanas qui se laissaient marcher sur les pieds. Bref, il avait croisé quelques autres nanas, mais ne les connaissait pas assez pour pouvoir conseiller quoi que ce soit.

« On pourrait demander au gérant d’organiser genre une soirée speed dating, je suis sûr que ça rendrait service à pas mal de sywhaîdiens. » dit-il, avec un sourire amusé collé à son visage juvénile. « Ou alors on pourrait créer une agence de rencontre sywhaîdienne. Je vois déjà la pub. « Vous passez vos journées à faire des corvées et n’avez pas le temps d’avoir une vie sentimentale ? Nous sommes là pour ça ! ». »

Il rit d’un rire parfaitement sain, imaginant les affiches (roses évidemment) placardées un peu partout dans Sywhaîd, et les sywhaîdiens venant par dizaines leur parler de leurs envies. Oulà, en plus, ça pouvait marcher !

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