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Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: [Pub] Transmission Mar 24 Nov - 20:37 | |
| Ia était devant le pub. Habillée d’un chaud manteau de fourrure grise, très russe comme style, elle fixait la devanture comme pour la faire ployer sous son regard. Elle hésitait un peu à entrer, mais il lui semblait que ce lieu était parfait pour ce qu’elle voulait. Et que voulait-elle ? Hé bien, parler. Pour l’avancée de ses chroniques à propos du genre humain, il lui fallait de la matière, tout ça. Les livres, ça ne ressent rien, c’est pas suffisant. Il lui fallait parler avec des humains, les interroger mine de rien. Et même si ça signifiait leur révéler ce qu’elle était… tant pis. Son travail était trop passionnant, et puis elle avait appris à accepter de se confier, de faire confiance.
Toujours aussi inexpressive, Ia finit par pousser la porte du pub et entrer en silence. Elle salua d’un signe de tête le tenancier, Jeremy à ce qu’elle en savait, et lui demanda un verre de vodka en allant s’asseoir à une table. Comment allait-elle faire pour nouer le contact avec un des clients ? La russe balaya la salle du regard, à la recherche de quelqu’un qui aurait l’air sympathique. Il y avait bien ce type, là. Il était souriant, ce qui était le signe des gens accueillants, comme elle l’avait remarqué. Même si il y avait plusieurs types de sourires… bon, non, ça suffit de tout analyser comme ça. Le type était souriant, point. Il lui inspirait confiance. Se levant lentement, Ia s’approcha de lui, les pas silencieux et le visage de marbre. Elle n’avait pas fait un bruit et s’assit au bar à côté de l’homme en posant délicatement son verre sur le comptoir.
« Bonsoir. »
Ia avait depuis longtemps abandonné l’idée de modifier sa voix morte, ou d’essayer d’afficher une émotion, mais n’empêche qu’elle regrettait parfois de sembler si froide. D’être si froide, même. C’était dur pour les premiers contacts. Comment expliquer ce qu’elle voulait ?
« Je m’appelle Ia. Je voudrais te parler. Tu veux bien ? »
Voilà, elle respectait parfaitement les codes, non ? Se présenter, puis dire pourquoi on était là, puis demander si on ne dérangeait pas.
(Adaam ?) |
|  | | Adam Carter Ancien Personnage


Nombre de messages: 99 Age: 26 Date d'inscription: 28/02/2009
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Mar 24 Nov - 20:55 | |
| - Ho, tavernier, une autre chopine, si tu veux bien !
Hilare, Jeremy remplit de bière le verre vide d’Adam et reprit ensuite sa corvée de vaisselle. Depuis le départ de Susan, il était débordé de travail, il serait temps de penser à lui trouver une remplaçante. Heureusement, en attendant, Adam était toujours prêt à se dévouer pour lui tenir compagnie, à condition que les robinets à bière restent ouverts. Et il restait souriant même quand son pote le barman devait vaquer à ses occupations et le laissait seul au bar, en tête à tête avec son verre.
- Wo.
Ce fut d’ailleurs durant l’un de ces moments, alors que Jeremy était parti débarrassé une table qu’Adam sursauta tout à coup, surpris d’entendre une voix venant du tabouret à sa droite qui, jusqu’à preuve du contraire, était inoccupé. Preuve du contraire, une fille s’y était assise pendant qu’il avait le dos tourné. Une fille qui ne pouvait qu’être la fille cachée de Patrick Winter à en juger par son visage de marbre et sa voix dénuée de la moindre chaleur. L’espace d’un instant, le regard d’Adam se fit traqué, comme un petit lapin qui aurait entendu hurler Rouky. Mais, la sociabilité étant une seconde nature chez lui, Adam retrouva bien vite le sourire (même si, des spécialistes es sourires d’Adam aurait trouvé celui-ci un peu hésitant et crispé).
- Euh… ouais ? Ouais, pas de problème. Je m’appelle Adam. T’es nouvelle ?
Un Jeremy hilare l’observait de loin, clairement ravi de sa gêne face à l’étrange jeune femme à qui il venait de servir une vodka. Pas question de lui venir en aide, il resta dans son coin pendant qu’Adam l’ignorait superbement et lançait à… Ia, donc, un sourire encourageant. La pauvre enfant avait l’air étrange, autant ne pas la brusquer. _________________ You're the first, you're the last, my everything... (Barry White) |
|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Mer 25 Nov - 18:09 | |
| Ia se rassura en entendant l’humain se reprendre et accepter d’engager la conversation. Bien entendu, on ne la faisait pas à ses instincts, et elle sentait la crispation du jeune homme comme s’il envoyait des signaux. Mais ça, elle pouvait le comprendre en ayant observé les humains, c’était une réaction courante. Par contre, plus rares étaient ceux qui se montraient tout de même sociable. C’était encourageant.
« Non, je suis là depuis plusieurs mois. »
Là, il allait sûrement falloir s’expliquer… et ce serait de toute façon nécessaire si elle voulait en venir aux sujets qui l’intéressaient sans que l’autre la prenne pour une folle. Ia réfléchit un instant à comment elle allait s’exprimer, se résigna –incapable de trouver la meilleure façon de dire –et opta pour la simplicité :
« Tu n’as pas du me voir souvent, je vis parfois dans la forêt. Je suis une créature. Une araignée. »
Ia savais que beaucoup d’humains n’apprécient pas les araignées. Etonnant comme ils ne voient pas la beauté de ces huit pattes… Mais elle le disait quand même, sa nature profonde, quitte à ce que l’humain face à elle soit effrayé ou mal à l’aise. C’était tellement naturel… enfin, elle n’allait pas jusqu’à révéler ses réelles origines, à savoir les descendants d’une sorte de démon tout droit sorti d’une fosse souterraine et atroce. Ça, c’était un peu trop pour le fascinant folklore humain, qui s’effrayait des démons.
« Je ne ressens pas les émotions humaines et votre race m’intéresse. J’écris des chroniques destinées à mieux vous comprendre. J’ai besoin de parler à des humains pour ça. »
Voilà, clair, simple et concis. Ia tout craché. Assise sur sa chaise, elle essayait de réduire au maximum les « ondes » qu’elle dégageait, celles qui jetaient un malaise. C’était difficile, car elle ressentait l’hésitation d’Adam, mais elle pensa s’en tirer assez bien. Suffisamment pour que ça soit presque imperceptible, sauf si l’homme était sensible. Très droite sur son siège, elle avala une franche goulée de sa vodka et la reposa sans paraître sentir l’alcool lui brûler la gorge. |
|  | | Adam Carter Ancien Personnage


Nombre de messages: 99 Age: 26 Date d'inscription: 28/02/2009
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Mar 1 Déc - 16:34 | |
| - Ah.
Oui, oui, on sait, Adam nous avait habitué à être plus loquace et plus fin que ça mais que pouvait-on répondre à une fille qui était là depuis plusieurs mois et qu’on voyait pour la première fois alors même qu’on vivait dans une communauté complètement autarcique, hein ? Je vous le demande !
- Ah.
Idem. Comment réagissait-on à l’annonce que celle qu’on avait prise pour Patricia Winter junior était en fait une femme-araignée. Quand on était aussi aristocrate et aussi britannique que lui, évidemment, on gardait son flegme et on se contentait d’un « Ah » presque intéressé. Adam n’avait rien contre les araignées, fondamentalement. Pas qu’il en soit fan mais il était plutôt du genre à les virer dans le jardin qu’à les écraser, quoi. Il n’avait rien non plus contre les hybrides, théoriquement. Mais bon, quand on venait de la haute londonienne, même quand on était sorcier, on n’en rencontrait que peu. Et, se faire dire, de but en blanc, qu’on discutait avec une nana qui était aussi une araignée, c’était pas évident à avaler de but en blanc.
- Oh.
Bon, on évoluait. Mais, pour être honnête, là, il commençait à être franchement intéressé, passé le premier choc de parler à une araignée. Parce que l’araignée était une intellectuelle, on rencontrait pas ça tous les jours. Une araignée anthropologue, en fait. Plutôt cool après tout. Bel esprit.
- Euh, ouais, ok, pas de problème. Si je peux t’aider… De quoi tu veux parler ? _________________ You're the first, you're the last, my everything... (Barry White) |
|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Mar 1 Déc - 19:30 | |
| Ia tourna le regard vers son verre, s’absorbant dans sa réflexion. Elle n’était pas très psychologue, et n’avait aucune idée de la façon dont elle pourrait amener une conversation naturelle et libre. Comme cela était arrivé avec Zelia. Réfléchissant, elle décida de commencer à parler, se disant que l’autre deviendrait peut-être plus loquace.
« J’ai déjà écrit quelques pages. Sur vos sentiments, sur l’amour, sur la guerre. Tu peux les lire à la bibliothèque, si ça t’intéresse. Si tu as une idée particulière sur ces sujets, tu peux m’en faire part. »
Pendant presque toute la conversation, Ia n’avait pas regardé Adam dans les yeux, mais prise dans son explication, elle tourna ses yeux vides vers lui. La voix très légèrement plus animée, l’air moins crispée, mais rien dans le regard. Morne, vide, mort même, d’un bleu glacier.
« Il y a des sujets qui me posent problème. La philosophie… l’art. La beauté… La conscience de la beauté. Je lis beaucoup et j’ai trouvé des choses étonnantes. »
Une nouvelle fois, la Russe s’abîma dans une assez longue réflexion. La beauté. Ia se disait que si elle comprenait la beauté, et surtout ce qu’elle déclenchait chez les humains, elle comprendrait l’art. Et peut-être même l’amour.
« Cet homme, Baudelaire. Il a écrit des poésies, et il parle de la Beauté. Les humains et mon espèce, nous en avons finalement une vision assez semblable. Mais chez vous, elle suscite des réactions… des émotions… Comment expliquer ? »
Ia n’avait décidé d’orienter ses recherches vers la Beauté que depuis peu, exactement en lisant un poème de l’humain Baudelaire. Elle avait lu attentivement l’ouvrage, étonnée de voir en quoi résidait la Beauté, étonnée parce qu’elle comprenait parfaitement. Pour une fois, elle comprenait. Bien sûr, ces figures et ces métaphores, ces règles dans l’écriture, c’était assez dérangeant, mais le fond… la pensée de cet humain… Ces créatures étaient donc peut-être plus proches qu’elle ne le croyait. Oui, après la lecture de ce livre, Ia ne doutait plus que la difficulté dans la Beauté, ce serait de comprendre comment cette même chose pouvait déclencher des réactions si différentes selon l’espèce. Ce ne serait jamais un enfant de Mordred qui produisait d’aussi exquises variations, et pourtant ils avaient la même vision de la chose, le même ressenti.
« Je comprends ce que dit Baudelaire, même sans émotions, parce que je sais que si une chose devait déclencher en moi des sentiments si forts, ce serait la même chose que vous. L’effroi et la décomposition, comme il le dit dans son livre. »
Ce porte-parole de l’espèce humaine, cet humain doué de génie, il avait expliqué ce qu’était la Beauté et Ia en était ravie. Elle murmura soudain, d’une voix morne et étrange :
« Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme, ô beauté ? »
Braquant soudain un regard intense sur Adam, elle lui confia soudain le soin de lui expliquer :
« Pourquoi un humain sait-il écrire des choses pareilles sur la beauté, et pas ceux de mon peuple ? Pourtant, nous trouvons belles les mêmes choses, n’est-ce pas ? Mais nous, nous n’avons pas cette conscience… »
En vérité, il n’y avait qu’une chose que Ia, dans son analyse, avait oubliée : et si ce Baudelaire était une exception, une anomalie ? Et si la beauté était ailleurs, chez les autres humains ? Mais, trompée par ses propres ébauches de sentiments, elle avait arrêté sa réflexion en trouvant naturel ce que disait le poète.
(j'ai galéré comme une malade à expliquer ce que je voulais dire, dis-moi si c'est pas clair ! ^^) |
|  | | Adam Carter Ancien Personnage


Nombre de messages: 99 Age: 26 Date d'inscription: 28/02/2009
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Mer 2 Déc - 19:27 | |
| [Adam est réfractaire a la philosophie donc moins t'es claire plus il divague^^ Je me suis bien éclatée sur ce message !]
Ouha, elle avait déjà commencé à écrire des chroniques sur l’espèce humaine. Adam ne savait pas trop s’il était impressionné par le travail et l’intelligence que ça requérait ou un peu flippé par l’idée d’être observé, en tant qu’espèce, par une araignée à figure humaine. Dans le doute, il se contenta d’une moue appréciative et d’une gorgée de bière, ça suffirait. L’amour, la guerre, il pourrait sans doute en dire un rayon sur le sujet, il vivait les deux en permanence avec Asa, il était presque un expert en la matière. Il esquissa un sourire qui tourna à la grimace quand Ia enchaîna sur les sujets dont elle souhaitait discuter avec lui.
Philosophie, art, beauté. Aïe. Adam avait le malheur d’être doté d’une mère passionnée par ce genre de sujet qui avait, outre ses études de philosophie et d’histoire de l’art à Berlin, obtenu une licence de littérature française à Paris (cursus qu’il avait d’ailleurs interrompu par son arrivée, ce qu’il avait toujours pris comme une preuve anticipée de son rejet de ce genre de matières). Malka Carter avait longtemps essayé d’initier son fils aux subtilités de la pensée philosophique, aux mystères de l’art contemporain, à la beauté de la poésie française, mais avait fini par abandonner tant il était clair qu’Adam n’avait nullement hérité de sa sensibilité à ce genre de choses et qu’elle devait déjà s’estimer heureuse qu’il soit mordu de livres, quoiqu’elle regrettât qu’il ne lise qu’en Anglais. Ce à quoi il rétorquait qu’il y avait trop de temps différents en Français et trop de déclinaisons en Allemand et que rien ne remplaçait l’Anglais. Et que, si elle n’était pas contente, elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. Elle aurait dû l’élever à Paris ou à Berlin, plutôt qu’à Londres.
Le nom Baudelaire suscita donc bien une réaction dans l’esprit de notre cher Dadam. Sa mère en était évidemment fan et il avait lu Les fleurs du mal il y avait quelques années de cela. Enfin, la traduction anglaise évidemment. Ia avait dû lire celle-là aussi, quelle personne (ou créature) saine d’esprit irait lire l’ami Charles dans sa langue maternelle ? A part les Français eux-mêmes évidemment mais ceux-là était déjà irrécupérables de toute façon. Et puis, qui pouvait témoigner qu’Ia était saine d’esprit et n’était pas (tout était possible chez les araignées) française. Hiiiii ! L’idée était terrifiante, mieux valait ne pas s’y attarder.
Donc, Baudelaire, descripteur de Beauté. Beauté provocatrice de sensations et de réactions. Mais le Beau était subjectif, non ? Et inutile, non ? Quel sombre idiot avait proféré ça déjà ? Encore un Français sans doute. Bref. Oui, voir quelque chose de beau provoquait des réactions, mais tout le monde ne trouvait pas les mêmes choses belles. Sa mère se pâmait toujours devant un tableau du salon qui, pour lui, ne montrait que du bleu (il y avait sans doute des nuances de couleur mais elles étaient perdues à ses yeux de daltonien et, de toute façon, ça ne changeait pas grand-chose, ça restait des coups de pinceau bleu, il faisait la même chose à quatre ans.) Et les réactions que provoquait, disons, au hasard, la beauté d’Asa, n’était pas les mêmes chez les hommes et chez les femmes. C’était bien compliqué tout ça. Il n’avait pas prévu de cogiter autant ce soir, ça méritait une autre gorgée de bière.
Pourquoi ? Bonne question. Pourquoi Baudelaire savait-il écrire ce genre de choses et pas le peuple araignée ? Pourquoi les araignées avaient-elles conscience de la beauté mais ne ressentaient aucune émotion devant elle ? Pourquoi n’avait-il jamais croisé Aishwarya Rai alors que, supposément, il n’y avait que six degrés de séparation entre lui et n’importe qui dans le monde ? Tant d’interrogations, si peu de réponses !
- Euh… ouais.
Lamentable.
- Enfin, Baudelaire, c’est un cas particulier, c’est comme Shakespeare, tu vois ? Ces mecs, c’est des génies. Je peux t’assurer que, moi, tu me mets devant une feuille et la beauté, et je suis pas capable d’écrire des choses de cette qualité…
Haussement d’épaule.
- Si ça se trouve, chez toi, il y en a aussi qui en sont capables, non ? C’est juste pas la majorité. Ou c’est peut-être pas assez encouragé dans ta, euh, communauté ?
Eclair de génie.
- Ah ouais, aussi, je sais pas si t’es au courant mais Baudelaire était complètement shooté à l’opium, ça a peut-être joué… _________________ You're the first, you're the last, my everything... (Barry White) |
|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Mer 2 Déc - 20:50 | |
| Oh. Un drogué. Baudelaire, un drogué ? Etonnant. Ia décida de répondre de façon méthodique :
« Non, personne dans mon espèce n’en serait capable. Je suis moi-même une exception : dans la Brume, j’ai passé quelques minutes dans la peau d’une humaine, et c’est ce qui me permet de vous comprendre un tant soit peu. Si tu avais rencontré d’autres gens de mon espèce, tu comprendrais. Nous ne ressentons rien. Sauf ça.»
Ia augmenta délibérément la puissance de ces ondes… ces ondes qu’elle créait, indéfinissables, et qui mettaient tout le monde mal à l’aise… Nausées, oppression, malaise... Avec ses semblables, c’était un moyen d’exprimer des sentiments, mais les humains ne comprenaient pas. Ia expliqua :
« Tu te sens mal ? C’est à cause de moi. Voilà le seul sentiment que nous sommes capables de véhiculer entre nous. »
Ia eut un sourire de pantin, hideux. Elle n’avait pas fait ça par méchanceté, juste pour montrer. Une sorte de contrepartie, comme pour apprendre des choses à Adam en échange de sa bonne volonté. Une fois ceci dit, elle ramena son aura à un niveau supportable pour le jeune homme et reprit dans le vif du sujet :
« Baudelaire était un drogué ? Alors… mais est-ce que tu trouves belles les mêmes choses que lui ? »
Eclair de génie de son côté également. Ia n’avait pas imaginé qu’il y avait des humains qui n’aimaient pas les mêmes choses que l’homme Baudelaire. Elle n’y avait pas pensé, tout à son accord parfait avec le poète. Oh, comme c’était compliqué. Les humains et leurs différences…
« Et puis, la drogue. Je ne comprends pas. Pourquoi ? A quoi cela sert-il ? »
Ça aussi, c’était une énigme. Elle savait qu’il y avait dans cette communauté des gens en proie à la drogue, ou qui l’avaient été. Elle le sentait obscurément, une étrange fragrance aigre qui ne lâchait jamais ces gens là. Les proches de ces gens leur faisaient des reproches, et eux-mêmes semblaient malades. Pour le sujet de la drogue, son spécimen favori était le jazzman américain qui s’était sevré sur le territoire sywhaidien. Il avait l’air détruit par la drogue. Alors pourquoi ?
« Je ne comprends pas pourquoi certains humains se font du mal. Mais… mais ce Baudelaire… il était comme les autres, un drogué détruit ? Pourtant, il écrit des choses que je sens, moi-même, je sens qu’elles sont belles. »
Un nouveau sujet à traiter, la drogue. En plus de la philosophie et de la Beauté… Ces humains et toute leur énorme culture, et toutes leurs pensées et leurs inventions…
« J’ai tellement de mal à vous comprendre. » |
|  | | Adam Carter Ancien Personnage


Nombre de messages: 99 Age: 26 Date d'inscription: 28/02/2009
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Ven 4 Déc - 20:50 | |
| Whoa. Ne rien ressentir. Weird. Sauf ça… sauf ça, quoi ? Adam la regarda un instant avec un air d’incompréhension. Et puis… d’un coup, son sourire s’effaça. Il commença à se sentir vraiment mal, une sensation semblable à ce qu’il avait ressenti en voyant pour la première fois son grand-père à l’hôpital, faible, pâle, relié à des machines, impuissant. Un sentiment de mal-être profond. Il releva les yeux vers Ia. C’était elle ? Il aimait autant qu’elle arrête, merci. Ce qu’elle eut la bonté de faire. Adam eut un sourire légèrement gêné et, pour reprendre contenance, vida le contenu de sa chope, déjà plus qu’à moitié vide. La transition vers Baudelaire fut rapide et Adam eut du mal à émerger et à se rebrancher sur la conversation en cours. D’autant qu’Ia passait du coq à l’âne sans aucune transition et qu’il fallait s’accrocher pour la suivre. Il se répéta mentalement ses questions pour essayer d’y répondre ensuite : différentes perceptions de la beauté, pourquoi la drogue, pourquoi se faire du mal, pourquoi les génies détruits…
- Ouais ben t’en fais pas pour ça, t’es pas la seule…
Il s’était légèrement esclaffé en entendant sa dernière réplique pleine de découragement car, au final, il se rendait compte, qu’à la réflexion, lui non plus ne comprenait pas bien son espèce. Ia était sans doute mal tombée, il devait y en avoir, des Sywhaîdiens qui avaient lu Kant, Descartes, Schopenhauer, Nietzsche et consorts et qui pourraient lui répondre de façon plus adéquate. Toujours souriant, Adam fit signe à Jane, qui donnait souvent un coup de main à Jeremy quand le pub était blindé, de lui resservir une bière. Puis il tourna de nouveau toute son attention vers la femme-araignée.
- Je crois que tu vas vraiment avoir du mal à faire des généralités sur l’espèce humaine. Parce que bon, je sais que c’est un cliché, mais chaque individu est très différent. Prends la Beauté. Avant de me demander si j’en ai la même vision que Baudelaire, dis-toi que pas deux personnes dans ce bar pourraient se mettre d’accord. Sauf exception, genre Scarlett Johansson. Mais bon, déjà, ça varie d’un mec à l’autre et, ensuite, ça varie au cours de ta vie. Tu vois, quand j’étais gamin, je trouvais ma maîtresse super belle. Récemment, j’ai revu des photos de classe et… ben… disons que j’ai changé d’avis. Et puis, ça dépend vachement de ta culture, de ton éducation. Tu vois, ma mère a fait des études d’art donc elle a une sensibilité que moi j’ai pas et elle trouve des trucs beaux qui, moi, me touchent pas du tout. Et puis, ça varie d’un pays à l’autre aussi. Et selon les époques. Genre, à une époque, les femmes, on les trouvait belles quand elles étaient voluptueuses, voire même grosses. Ensuite il y a eu Jane Birkin. Enfin, il y a plein d’exemples comme ça. Tu peux pas définir la Beauté en général, avec un grand B. C’est trop personnel. Bon, après, c’est vrai qu’il y a des trucs sur lesquels tout le monde s’accorde. Genre Baudelaire j’imagine. Mais bon, je Anglais, alors j’aurais plutôt tendance à te parler de Shakespeare. Mais, euh, voilà quoi.
Il s’autorisa une longue gorgée de bière et adressa à Ia un sourire penaud pour s’excuser de ce discours trop long et passablement embrouillé. Puis ébouriffa ses cheveux bruns d’un geste machinal et haussa les épaules.
- Après… je dis pas, il y a sûrement des gens qui te donneront des réponses plus abouties, il y a des philosophes qui ont réfléchi toute leur vie à ce genre de questions…
Nouvelle gorgée de bière.
- Et, euh, ah ouais, la drogue. Là, je vais pas pouvoir trop t’aider, je suis ultra clean comme mec. J’ai fumé une fois un joint et, franchement, j’ai pas trop vu l’intérêt. Je suppose que les drogués sont des gens un peu fragiles psychologiquement, tu vois, qui ont besoin d’un échappatoire parce qu’ils arrivent pas à affronter la réalité. Alors, même s’ils savent que ça les détruit, ben, je suppose qu’ils considèrent que les moments d’évasion en valent la peine.
Haussement d’épaule.
- Enfin… je sais pas trop… _________________ You're the first, you're the last, my everything... (Barry White) |
|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Sam 5 Déc - 11:10 | |
| Ia écouta Adam dans un silence total, essayant d’intégrer tout ce qu’il lui disait. Première chose, il avouait ne pas très bien comprendre sa propre espèce. Comme c’était étrange… pourtant, lui fonctionnait comme les autres, il aurait dû… est-ce que ça signifiait que les humains étaient si compliqués que ça ? Ensuite, la beauté. Personnelle et changeante… elle aurait dû y penser. Ils trouvaient belles des choses différentes, malgré certaines choses dont la beauté était acceptée comme indéniable. Scarlett ? Ce devait être une jolie humaine. Comme cette Zelia. Et puis, la philosophie. Les « philosophes qui devaient être capables de donner une réponse plus aboutie ». Donc, la philosophie, c’était… oui, c’était ça. Les humains étaient incapables de se comprendre eux-mêmes, ils étaient trop complexes, et ils faisaient appel à des humains supérieurement intelligents pour réfléchir sur des questions insolubles. Seuls les humains étaient capables de se poser tant de questions, seuls les humains et une araignée géante anthropologue. Ha, ces créatures déteignaient sur elle. Et enfin, la drogue. Le mal-être… Oui, les humains devaient se sentir mal parfois, se poser trop de questions, avoir trop de pensées et de sentiments. Trouver leur univers trop petit.
Tant de renseignements, sans rien approfondir, juste des pistes qu’elle pouvait suivre comme en chasse.
« Oui. Des gens faibles. Ou alors trop… trop sensibles ? Je confonds souvent faiblesse et sensibilité. La nuance… »
Et puis, sa propre culture qui ne s’embarrassait pas des sentiments, son espèce qui était d’une dureté de pierre. Ia savait que d’autres, de son espèce, voyaient les humains comme de pauvres créatures geignardes… avouons-le, elle-même, avant de passer la Brume et son changement de forme… Mais reprenons :
« Tu as dit tout à l’heure que la beauté était différente pour chacun… mais il y a tout de même des critères récurrents, n’est-ce pas ? Enfin… des choses qui plaisent au plus grand nombre… je voudrais savoir à quoi ressemblent les choses qui vous plaisent en général. »
Une pause légère, puis :
« Moi, j’aime… les ténèbres et le vide… si tu pouvais visiter le pays d’où viennent mes ancêtres, tu comprendrais. Des étendues mornes et désolées, peuplées de charognes et de ce que vous appelleriez des monstres et des démons. Voilà ce qui plait à mon espèce. »
Elle ne se rendait pas compte une seule seconde de la différence énorme avec ce qu’aimaient les humains. Non, pour elle c’était naturel et elle ne serait pas étonnée une seule seconde si Adam lui répondait : « Ouais, moi aussi ! ». C’était même à cette réponse qu’elle s’attendait. |
|  | | Adam Carter Ancien Personnage


Nombre de messages: 99 Age: 26 Date d'inscription: 28/02/2009
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Dim 13 Déc - 16:25 | |
| [Désolée, c'est court, mais tu mets Dadam à rude épreuve^^]
- Ah, ouais… euh… ben, nous pas trop.
Damned, que recommandait l’étiquette ? Il avait l’impression fâcheuse de commettre un faux pas, comme s’il déclarait en plein milieu du dîner que l’hôtesse avait un goût de chiotte si l’on se fiait à sa décoration de table (quelle idée d’avoir plié les serviettes en forme de cygnes ?) Ia serait-elle blessée d’apprendre que cette humanité qu’elle étudiait jugeait atroce ce que le peuple araignée trouvait beau ? Il ne pouvait pas le dire comme ça en tout cas. Du tact Adam, du tact.
- Euh, comment dire ? Les humains, disons qu’on est plus branchés lumière, couleurs, grands espaces. Genre… euh, le Grand Canyon, les forêts tropicales, les montagnes enneigées, la mer, les poissons, tout ça…
Rah, bon dieu, que c’était compliqué de définir la beauté. Adam se félicita en silence de n’avoir jamais tenté une carrière dans la philosophie, il n’en serait jamais sorti vivant. En attendant, il avait le désolant sentiment de n’être d’aucune utilité à Ia et ça l’embêtait un peu.
- Euh, ouais, voilà. Il y a d’autres sujets que la beauté qui te branchent ? Parce que là je crois que j’ai épuisé mes ressources… _________________ You're the first, you're the last, my everything... (Barry White) |
|  | | Ia Devuška-Pauk Ancien Personnage


Nombre de messages: 82 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: [Pub] Transmission Dim 13 Déc - 20:22 | |
| Ia hocha silencieusement la tête. Vexée ? Non. Pas son genre à vrai dire. Mais c’était surprenant. Les forêts, les paysages, les bêtes qui servent de nourriture… mais, où trouvaient-ils leur amour pour tout ça ? Dire que c’était des choses aussi mornes qui leur plaisaient et leur inspiraient tout ça. Oui, c’était surprenant, réellement. Elle fit un épouvantable sourire plein de bonne volonté à Adam, puis vida son verre d’un trait et grimaça.
« J’ai beaucoup de sujets. Souvent, des mots qui m’interpellent. »
Elle réfléchit quelques secondes. La beauté ne semblait pas inspirer Adam. La philosophie non plus. Que demander ? Tellement de choses à comprendre.
« Je vais te dire ces mots, et tu vas choisir. »
La russe sortit un stylo minuscule de la poche de son manteau, attrapa une serviette en papier et écrivit dessus d’une écriture soignée mais microscopique. A chaque fois qu’elle disait un mot, elle le rajoutait sur la feuille, comme un aide-mémoire.
« La politique. La démocratie. La guerre ? »
Là, elle marqua une pause et pour la première fois, sembla montrer une expression qui ne soit pas qu’un masque sur un visage de statue. Et cette expression n’était qu’un mécontentement presque méprisant. Plantant son regard glacier dans celui du jeune homme, elle gronda :
« C’est une des choses les plus stupides dont j’aie entendu parler. Qu’avez-vous dans la tête ? »
Et puis, détournant le regard, elle reprit son stylo et continua sa liste comme si de rien n’était :
« L’argent, et cette chose que vous appelez le capitalisme. Est-ce que tu ne trouves pas ça bizarre que la majorité de votre peuple déteste le « capitalisme » comme système, et qu’il soit tout de même imposé comme mode de vie ? Vous ne pouvez donc pas changer ? Qu’est-ce que cette invention ? »
Ia ne comprenait pas tellement certains comportements défiant le bon sens. Les humains qui s’entassent dans des logements pourris, ou ceux qui vivent dans la rue alors qu’il y a des appartements de libres (qui ne voulait pas les laisser y vivre ? eux-mêmes, ou des chefs dénués de logique ?) Elle ne comprenait pas la consommation de masse, qui engrosse les gros et appauvrit les maigres. Elle ne comprenait pas les armes de destruction massive, qui détruisent des masses entières de membres de la race qui pourtant ne sont pas une menace. Elle ne comprenait pas les guerres d’idéologie, ou comment des humains peuvent se détruire pour une opinion abstraite qui n’influence physiquement pas leur vie. Elle ne comprenait pas non plus le métro, le travail acharné, les économies, les systèmes bureaucratiques, l’intolérance, la violence gratuite et sans but, le foot, et même cette chose qu’on appelle Dieu. Et ça, elle pressentait que ce serait un gros morceau.
Et elle avait dit tout cela à Adam, griffonnant un mot important de temps en temps (« armes… idéologie… système… Dieu. »), déroulant sa pensée sans réfléchir. Est-ce que les humains étaient capables, eux, de trouver un sens à tout cela ? Le lui donnerait-il, ce sens ?
(choisit le sujet que tu veux, si quelque chose t'interpelle... ou sinon, freestyle ^^) |
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