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| | Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... | |
| | Auteur | Message |
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Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 40 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 12:10 | |
| [Ecrit pendant la nuit de l'écriture d'hier. Donc désolée pour les moments mal écrits, ça a été écrit entre 21h30 et 4h du mat...]
« Aaron ? Aaron Carpenter ? »
« Lui-même. » Répond Aaron avec un sourire professionnel. « Qui le demande ? »
« Je suis Wilfried Göttenberg. Warren m’a parlé de toi. »
Aaron repose son verre sur la table en bois et regarde l’homme avec un peu plus d’attention. Grand, bâti comme une armoire à glace, il est plutôt du genre à filer les chocottes à n’importe quelle rombière. Mais Aaron n’en est pas une. Il sonde quelques instants le regard trop bleu de son interlocuteur et sent que l’homme ne ment pas, ce qui, franchement, ne l’avance pas à grand-chose. Warren peut lui avoir parlé de lui pour des tas de raisons, ça ne veut pas dire que c’est un homme de confiance.
« Et qu’est-ce qu’il a dit, exactement ? »
Il sourit en posant cette question, mais l’autre ne se laisse pas avoir, c’est un professionnel, il sent toute la menace qui pèse sous cette question. Alors il prend son temps. Il tire la chaise qui se trouve en face d’Aaron et s’assied en face de lui. Il sourit, le même genre de sourires faussement bénins que l’ancien prêtre vient de lui servir, et lui dit :
« Il m’a dit que tu pouvais être utile pour un job que je dois faire. Il m’a dit que tu étais débrouillard, discret, et que tu te débrouillais en situation de violence. »
« Le genre violence à mains nues ou violence je tue tout le monde avec mon super flingue ? »
« Plutôt violence à mains nues, contre trop de gens pour que ça soit tout à fait raisonnable. »
Aaron sourit, fait signe à Joey de servir un verre à l’homme, puis dit :
« Là mon pote, tu m’intéresses… » _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i]
Dernière édition par Aaron Carpenter le Sam 14 Nov - 14:20, édité 1 fois |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 12:24 | |
| May 1986. Winnipeg, Canada. Aaron aged 15. « Hey ! Mais c’est Frère Aaron ! »Aaron se figea, soudain pris d’un mauvais pressentiment. A vrai dire, le fait que la voix de James Cullighan fut aussi railleuse, et le fait qu’il ait utilisé ce surnom tendaient à prouver qu’il ne l’appelait pas pour boire une tasse de thé. Les ricanements de toute sa bande de copains détruisirent toutes les illusions qu’Aaron pouvait encore se faire à ce sujet. Il décida de les ignorer, et allongea le pas. Il était grand, approchant déjà du mètre quatre-vingt-dix qui serait sa taille d’adulte, mais il n’avait que quinze ans. Il faisait grandi trop vite, et n’était pas franchement sportif, ce qui se voyait. A vrai dire, Aaron était maigre. Et les longs pantalons noirs serrés qu’il portait, ainsi que les t-shirts noirs tous simple n’aidaient pas à lui donner l’air plus massif. Ni à chasser de la tête de ses petits camarades l’une des bizarreries de ce monde : à quinze ans, il voulait être prêtre. En fait, il avait toujours voulu l’être. Et ses camarades ne s’en étaient jamais remis. « Hey ! Frère Aaron ! C’est pas très gentil d’ignorer ses amis. La bible ne dit pas quelque chose à ce sujet ? »James n’était pas vraiment le mec le plus cultivé du Canada, ou même de Winnipeg, mais il savait trouver les mots qui touchaient juste quand il s’agissait d’harceler quelqu’un. Le surnom, déjà, Frère Aaron, c’était lui qui l’avait trouvé. Et toute l’école de le reprendre en chœur, même les gens qui ne cherchaient pas particulièrement à embêter qui que ce soit. Aaron avait beau lui dire qu’il appartenait à un ordre qui n’appelait pas les prêtres « frère machin », ça ne changeait rien, la blague était trop bonne. Comme le fameux « la bible ne dit pas quelque chose à ce sujet ? » que James plaçait dès qu’il le pouvait. Même l’autre jour, devant le prof de math, quand Aaron avait résolu un problème et que James lui avait demandé si la bible ne disait pas quelque chose à propos du fayottage. Pourtant Aaron n’était pas un fayot. Futur prêtre, oui, mais il ne fallait pas pousser. Il s’arrêta en soupirant avant de se retourner. Affronter James, et ses six copains dont Aaron ne connaissait même pas le prénom (ils étaient seulement comme une sorte de meute de vautours pour lui, rien de plus). Il dépassait James de quelques centimètres, mais ce dernier était beaucoup plus musclé. Aaron passa une main faussement calme dans ses cheveux, mi-longs, avant de ficher son regard brun dans celui du crétin qui le harcelait depuis des semaines. « Hey, frère Aaron…. Dis-moi... Les prêtres ne sont pas sensés écouter leur prochain. Etre polis, ce genre de choses ? »« Leur prochain oui, les crétins non. »C’était presque sorti tout seul, et le sourire ironique qui accompagna cette réplique s’effaça relativement vite, remplacé par un air étonné. Aaron était quelqu’un de rebelle, il l’avait toujours été, malgré ses envies de prêtrise, mais il était aussi capable de se contrôler, ce qui, d’après Thomas, le prêtre de sa congrégation, était le principal. Sentir un feu de rébellion bouillir en soi n’était pas un problème, tant qu’on arrivait à le contenir. Les hommes étaient faibles, ils avaient tous des défauts, ils étaient humains. Aller contre ces défauts était ce qui les rapprochait du divin. Agir comme il fallait, et non comme on le voulait, voilà un des crédos de Thomas, qu’Aaron avait adopté très jeune. « Alors là mon vieux, futur prêtre ou pas, tu vas payer. »Evidemment, James avait toujours eu l’intention de provoquer une bagarre, et il savait qu’Aaron ne pouvait pas répondre, il était non-violent, vu qu’il voulait être prêtre, cette réplique n’était qu’une excuse. N’empêche, l’ado aurait tout fait pour ne pas l’avoir lancée, histoire de ne pas provoquer son bourreau. « Oh boy… » Soupira-t-il. Il vit, sur les côtés, deux potes de James se rapprocher, sûrement pour le tenir pendant que le chef de la bande s’amuse un peu. C’était hors de question. Ses jambes réagirent plus vite que son cerveau, et Aaron leur fila entre les doigts. Il se mit à courir et entendit, quelques fractions de seconde plus tard, les autres revenir de leur surprise pour le poursuivre. Il regarda autour de lui, paniqué. Ca n’était pas la première fois qu’on voulait lui casser la figure, mais en général il s’en sortait avec un coup de poing, un bleu ou deux… Là, il sentait que James allait passer un moment à le frapper, et son instinct de survie réagissait. Il tourna à droite subitement, suivant le chemin qu’il prenait quand il allait au lycée, toujours à pieds. Il traversa une rue, sentant qu’il ne tiendrait pas longtemps ses poursuiveurs à distance, puis pénétra dans une ruelle par laquelle il passait tous les jours, à quelques mètres de chez lui. « Ca sert à rien. Le trouillard a dû rentrer chez l… »Le grand blond qui parlait se retrouva soudain balancé au sol par une jolie barre de fer qui venait de percuter sa mâchoire. Tout le groupe s’arrêta soudain. Ils étaient entrés dans la ruelle, et n’avaient pas vu Aaron, et pour cause, il était caché derrière un empilement de boites en carton. Mais il avait soudain jailli et utilisé une sorte de barre de fer comme une batte de baseball pour en faire voir trente-six chandelles à un des leurs. Ils avaient l’air tellement ahuris que c’en était presque drôle. Non, en fait, c’était drôle. Aaron sourit d’ailleurs, ce qui augmenta la peur que ses adversaires ressentaient. Ils n’avaient pas pensé que le futur prêtre puisse se défendre. Encore moins avec une barre de fer. Encore moins comme ça, en ayant une chance de leur faire mal. Deux d’entre eux reculèrent, mais James, lui, grimaça, une grimace de fureur qui ne lui allait pas vraiment bien. « Je suis à peu près sûr que la bible dit quelque chose à propos de ne pas taper son prochain... » Lança Aaron, restant vigilant, mais sentant un feu étranger lui chauffer le sang. Il eut ce qui était sûrement le sourire le plus cynique qu’il ait jamais eu, et ajouta : « Mais le travail d’un prêtre est d’interpréter la bible. Et je suis à peu près sûr que par « prochain », Dieu ne parlait pas des crétins de votre genre. »James grogna et deux de ses acolytes lui foncèrent dessus. Aaron n’était pas habitué au combat. Mais il avait, sans le savoir, quelques prédispositions, qui lui seraient bien utiles à certains moments de sa vie. Il frappa le premier des deux balaises qui arriva à droite d’un coup sur l’épaule, près du cou, et le coup était tellement fort que l’adolescent s’effondra sans demander son reste. Le second fut un peu plus résistant, ou alors le coup qu’Aaron lui assena sur le nez fut un peu moins puissant, le futur prêtre dut le refrapper une seconde fois, sur le haut du crâne pour qu’il s’effondre. « Aaron ! Mais qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Hurla sa mère quand il entra dans le salon, où elle était en train de faire un peu de repassage (avec sept enfants, un peu de repassage était une sorte d’euphémisme). Il faut dire qu’il était sacrément amoché. Son arcade sourcilière était ouverte (cela lui vaudrait ses deux premiers points de suture), sa lèvre déjà bien enflée, il était rouge, et serait bientôt bleu, sur plusieurs endroits de son visage. Son t-shirt était tâché de terre et d’un peu de sang (même si, comme il était noir, ça ne se voyait pas tellement) et son pantalon, lui, avait été déchiré quand James l’avait explosé contre un mur. Pourtant, il souriait, et c’était peut-être ce qui inquiétait le plus sa mère. « T’aurais dû voir les autres types. » grogna-t-il avec un sourire amusé. « Aaron ! »L’air estomaqué de sa mère lui remit un peu les pieds sur terre. Il venait de se battre. De taper des hommes, et surtout, d’aimer ça. Si ça n’était pas un péché, il voulait bien devenir Saint Aaron, protecteur des bagarreurs. Il soupira, trop grisé par cette nouvelle facette de sa personnalité qu’il venait de découvrir pour réussir à vraiment prendre un air contrit. « Oh laisse-le tranquille, m’man. T’as pas entendu ? Les autres types ! Ca fait des semaines qu’ils se moquent de lui et le cherchent. » Intervint Alba, qu’Aaron n’avait même pas remarquée. Alba était sa grande sœur de deux ans son aînée, une des triplés de la famille. Elle était plutôt jolie, brune, un peu ronde et un visage plein de vie. Elle était aussi celle qui, pour le moment, avait apporté le plus de problèmes à la maison. Rien de bien grave, un peu de rébellion adolescente et quelques engagements un peu choquants pour la famille traditionnaliste qu’ils étaient, surtout quand elle manifestait pour que les lycéens aient des préservatifs, pour protéger du SIDA, dont on parlait surtout encore comme de la maladie des homosexuels, et que l’Eglise condamnait (les préservatifs, sur le SIDA elle semblait un peu moins claire… Heureusement, Thomas n’était pas de ce genre de prêtres là, il était plutôt moderne.). Elle passa une main dans les cheveux de son petit frère et les ébouriffa d’un geste habituel, qui normalement énervait Aaron plus que tout, mais qui aujourd’hui était le bienvenu. « Ca n’est pas une raison. Jesus… » « Yeah, well, Jesus wasn’t here, mama. » répondit Aaron sur un ton cinglant. Pendant quelques secondes, on entendit une mouche voler dans l’appartement, et rien de plus. Ann et Aaron Carpenter se regardaient, aussi choqués l’un que l’autre par ce qui venait de sortir de la bouche du garçon le plus adorable de cette famille. Alba, elle, le regardait avec un air mi-amusé, mi-moqueur. Quelque chose dans ses yeux brillait, qu’Aaron ne réussit pas à interpréter, mais qu’il retrouva à plusieurs reprises, à chaque fois que sa face la plus sombre ferait surface, comme pour cette première expérience. Finalement, Aaron baissa les yeux, et dit, très sincèrement : « Je suis désolé. Je ne voulais pas dire ça… J’ai eu peur. Ils voulaient vraiment me faire mal. Ils m’ont vraiment fait mal… Et je sais que ça n’était pas bien… Mais j’ai voulu leur faire mal à mon tour. »« Ca n’est pas bien. Non. Mais c’est humain. Tu aurais dû nous en parler, si quelqu’un t’embête à l’école, tu dois nous en parler… »La voix d’Ann s’était adoucie, d’ailleurs elle finit ses conseils en prenant son fils dans ses bras. Aaron croisa le regard d’Alba et l’ironie qu’il y vit le fit presque frissonner. Il décida de la mettre sur le compte de cette capacité qu’avaient les parents de toujours croire qu’il était possible de vraiment leur parler des problèmes que vous aviez avec les gens de votre âge, plutôt que sur autre chose, de plus profond, et de moins agréable. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i]
Dernière édition par Aaron Carpenter le Sam 14 Nov - 14:27, édité 2 fois |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 12:28 | |
| « Et ensuite ? »
« Quoi ensuite ? »
Michael le regarde comme s’il était un parfait abruti. Autour de la table ça a l’air d’une pensée généralisée. A part Wilfried, ils le regardent tous comme s’il avait dit la pire bêtise possible. Mais il s’en fiche. Un sourire moqueur s’affiche sur son visage agréable et il explique :
« Ensuite. Une fois qu’on a récupéré la cargaison. Qu’est-ce qu’on fait ? »
« On le revend. »
C’est Justin qui a répondu et Aaron lui sert un regard aussi moqueur que son sourire. Il ne prend même pas la peine de cacher la raillerie qui se trouve dans sa voix quand il objecte :
« Que je sache, un masque de pouvoir aztèque ça se coupe pas en cinq. Et on ne peut pas vraiment repartir tous les cinq en tenant le sac non plus. Je suis désolé de briser votre rêve de bisounours mais comment savoir que celui qui part avec le masque ne va pas se garder tout l’argent pour lui tout seul ? »
Il voit les trois autres membres du quinquet, les trois autres engagés par Wilfried, commencer à se regarder en chiens de faïence et il ne peut s’empêche de se dire que l’allemand est soit un vieux roublard dont il faut se méfier, soit quelqu’un de pas très malin. Il a monté une équipe faite de gens très capables, ça oui, mais qui ne se connaissent pas, ne se font pas confiance, et sont terriblement différents. Justin, le génie informatique complètement associable. Michael, la brute qui voudrait qu’ils aillent tous au pub tous les soirs mais qui a l’air complètement obsédé par l’argent. Et Dr Nichols, un archéologue, ou quelque chose comme ça, qui a au moins cinquante-cinq ans et qui les prend tous de haut, tout en étant terrifié par leurs côté dangereux. Sans parler de lui. Et de Wilfried donc, soit un imbécile, soit quelqu’un de très doué. Parce que, s’il veut récupérer l’argent pour lui tout seul, il n’a pas grand-chose à faire, à part attendre que l’équipe ne fonctionne plus en équipe, ou qu’ils se sautent tous à la gorge. Et s’il veut bel et bien partager, il doit être un peu bête, d’imaginer qu’un tel groupe puisse vraiment fonctionner ensemble. Mais il n’a pas l’air d’être né de la dernière pluie, Aaron a du mal à l’imaginer stupide.
« Parce que c’est moi qui vais garder et revendre le masque. » répond Wilfried avec une autorité teutonne qui lui va plutôt bien, mais qui n’aide pas Aaron à lui faire confiance. « Je vous ai embauchés, j’ai mis mon nom en jeu. Je serais stupide de ne pas vous donner votre part, je ne pourrais plus jamais travailler après ça. »
Ils semblent tous plutôt convaincus par l’explication. De fait, Wilfried a un nom plutôt connu dans le domaine des casses archéologiques… Mais Aaron connaît la valeur du masque, et il ne peut s’empêcher de se dire que l’allemand pourrait très bien prendre sa retraite là-dessus. Et s’il la joue assez fine, personne n’aura besoin de le savoir. Il se promet de le garder à l’œil. Etre vigilant est une des clés de ce qu’il fait, se contrôler, ne pas se laisser dépasser par les évènements… _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i]
Dernière édition par Aaron Carpenter le Sam 14 Nov - 14:29, édité 3 fois |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


Nombre de messages: 85 Age: 40 Date d'inscription: 19/04/2008
 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 12:41 | |
| 07.04.1989. Indepedance Day at Michigan’s Lake, USA. Aaron aged 18. « Ah ! C’est donc là que tu te cachais ! »Aaron sursauta avant de tourner un regard un peu effrayé, et un peu coupable aussi, vers la porte de sa chambre. Ou plutôt, de la chambre qui était la sienne quand il venait dans cette maison de vacance au bord du lac Michigan. Une chambre plutôt petite, qui portait encore la trace de ses années d’enfance, avec les posters des séries qu’il regardait à l’époque, des films et des groupes qu’il adorait. Il se sentit d’ailleurs légèrement gêné à l’idée que Sara puisse voir le poster de George Michael qu’il avait accroché là quand il avait quelque chose comme, quoi ?, dix ans peut-être ? Avant qu’il ne comprenne toutes les allusions sexuelles des chansons de GM en tout cas… Et avant qu’il ne change radicalement de goûts, aussi. Mais comme il ne passait que quelques semaines dans cette maison tous les ans, il n’avait jamais trouvé important de décrocher le poster. Ou d’enlever les maquettes stupides de vaisseaux spatiaux qu’il avait faites. « Je ne me cache pas… C’est juste que… »« Qu’un futur prêtre ne fait pas la fête ? »Il haussa les épaules, presque vexé, du moins jusqu’à ce qu’il voie l’air faussement innocent de Sara. Toujours dans l’encadrement de la porte, elle lui sourit d’un air taquin, la tête légèrement penchée sur le côté, comme si elle essayait de voir en lui. Il haussa de nouveau les épaules, d’un air plus décontracté, et lui dit : « Un futur prêtre peut faire la fête… Mais un futur prêtre qui doit se lever à cinq heures demain matin pour aider le club des résidents d’été à préparer le weekend familial, non. »« Ah… Aaron. Si raisonnable. »Elle sourit de nouveau et il sent quelque chose d’étrange, une chaleur se répandre en lui. Quand elle avait dit son prénom, il avait cru que son cœur allait exploser. Ca avait été comme si ce prénom n’avait jamais été prononcé par personne d’autre. Bref instant, mais terriblement intense. « Je ne suis pas toujours raisonnable. » bougonna-t-il vaguement, sachant très bien qu’il n’avait aucun argument ou exemple pour étayer ce qu’il disait, de fait, il était sûrement l’ado tout récemment bachelier le plus raisonnable au monde. Et la plupart du temps, il trouvait ça plutôt bien. « Et toi, pourquoi tu te caches ? »Sara haussa les épaules à son tour. Elle était vraiment jolie, Aaron l’avait déjà remarqué à plusieurs reprises. Plutôt petite, au contraire de toutes ses sœurs (les Carpenter étaient plutôt faits sur un grand modèle), elle portait en général de jolies robes légères, surtout en été, qui n’avaient rien de vraiment provocantes, qui étaient sages, mais qui lui allaient très bien. Elle avait de longs cheveux blonds, qu’elle remontait souvent en chignon, comme ce soir-là. Et ses yeux gris étaient du genre de ceux dans lesquels on aurait pu se perdre. Tout ça, évidemment, Aaron l’avait remarqué. Il restait un homme, même s’il voulait être prêtre. « Disons que c’est devenu un peu trop intense là-bas. Ils en sont au troisième fût… Audrey s’est endormie sur le canapé. Alba a disparu. Et Alexis fait la fête… Sauf que je ne connais personne à part les Carpenter dans le coin… Donc j’ai cherché quelqu’un avec qui discuter. Une tête connue. »Elle sourit de nouveau et, après une petite hésitation, entra dans la chambre. Le bruit de la musique était assez fort, ce qui expliquait sûrement qu’elle refermât la porte, c’était tout à fait logique, surtout après avoir parlé de vouloir du calme et de la discussion. Mais Aaron ne put s’empêcher de frissonner. Pendant les quatre ans que Sara avait été la meilleure amie d’Audrey, la deuxième des filles des triplés Carpenter, et pendant les trois étés qu’elle avait passé avec eux à la maison du lac, il n’avait jamais été dans une pièce tout seul avec elle, encore moins dans une pièce fermée, alors qu’en bas un groupe d’ados faisait la fête, et que ses parents étaient à une soirée bridge chez des amis. Il déglutit et se dit qu’il avait sûrement déglutit beaucoup trop fort, il n’y avait aucun moyen pour que Sara ne l’ai pas entendu, malgré le bruit sourd que la musique continuait à faire dans la chambre. La jeune femme, plus âgée de deux ans de plus qu’Aaron, alla s’asseoir sur son lit, la seule place où elle aurait pu s’asseoir, puisqu’il était lui-même assis sur son fauteuil, près de la fenêtre. Il reposa son livre sur la table qui se trouvait à côté de lui. Il avait essayé en vain de poursuivre sa lecture de Moby Dick, mais le bruit et l’excitation ambiante l’avaient empêché de se concentrer, ce qui lui avait presque fait regretter de ne pas s’être joint à ses trois frères et sœurs restants, Alan, Anthony et Amanda, pour aller au cinéma. Seulement, Indiana Jones et la dernière Croisade, il l’avait déjà vu au début de l’été, et n’avait aucune envie d’y retourner, au contraire d’Amanda et Anthony qui avaient apprécié la proposition de leur aîné. Bon, en fait, il aurait sûrement été plus malin d’y aller quand même mais passons. « Tu lis quoi ? »« Moby Dick. » dit-il avec un sourire un peu nerveux. « Enfin… J’ai à peine commencé à vrai dire, je ne sais même pas si ça me plaît ou pas. »« Je l’ai lu pendant ma première année de FAC. J’ai beaucoup aimé. On en reparlera quand tu auras fini si tu veux, je voudrais pas te gâcher le plaisir. »Il hocha la tête d’un air un peu perdu. Il parlait souvent littérature avec Sara mais là, c’était différent et il le sentait. Il avait toujours été plutôt doué pour lire les gens, et ce qu’il lisait chez la meilleure amie de sa sœur le terrifiait. En fait, ça n’était pas la première fois. Ca faisait des mois que c’était le cas, mais jusqu’à présent, il avait pu l’ignorer, vu qu’il ne l’avait croisée que quelques minutes par-ci, par-là. Rien de bien concluant. Là, il était seul dans sa chambre, avec elle et… « Tu es sûr ? »« Sûr ? »Il ne suivait plus, et revint sur terre un peu abruptement, tandis que Sara se réinstallait bien en face de lui, toujours sur le lit. « Pour la prêtrise, et tout. »« J’ai été accepté au séminaire. J’y entre en septembre. »Sara secoua la tête d’un air impatient, avant de sourire d’un air un peu moqueur, et Aaron comprit tout de suite pourquoi. Il ne lui avait pas répondu. Et en plus, il avait eu un ton tellement peu assuré. On aurait presque dit qu’il avait posé une question plus qu’il n’avait affirmé, ce qui ne lui arrivait pratiquement jamais, Aaron était un bon orateur, c’était un de ses talents naturels, et Thomas disait que c’était une des choses qui l’aideraient dans sa vocation. « Oui mais, tu es sûr de vouloir devenir prêtre ? »« Euh. Oui. Je veux être prêtre depuis que j’ai… neuf ans ? »Elle hocha la tête d’un air un peu embêté et Aaron se retrouva à prier pour que le sujet soit enterré. Il allait d’ailleurs changer de sujet, et avait même ouvert la bouche, quand elle reprit : « Mais tu vas faire ça toute ta vie ? »« C’est comme ça que ça marche, en général… »Elle lui sourit et il sentit de nouveau cette vague de chaleur et de bien être. Son cœur s’accéléra quand leurs regards s’accrochèrent et il fut heureux que son agressivité ne se soit finalement pas trop sentie dans sa dernière réplique. Il était tellement perturbé par cette situation qu’il n’avait même pas réussi à être aussi incisif qu’il l’avait voulu. « Je t’aime bien, tu sais ? » Il s’apprêta à répondre quelque chose, mais Sara lui fit signe de ne pas parler tout de suite. Elle le regarda dans les yeux et c’était trop perturbant pour qu’il l’interrompe de toute façon. « Je veux dire, je te trouve gentil, et attirant. Tu es plus cultivé que la moitié des mecs que je rencontre à la FAC, et plus drôle que la plupart des gens que j’ai connus. Je trouve que c’est un gâchis. Vraiment. Je veux dire… Tu pourrais faire tellement ! »« Etre prêtre est une grande responsabilité Sara. C’est pas comme si je voulais faire quelque chose de futile et d’inutile. Je veux aider mon prochain, le guider. »« Oui mais… Oh merde, Aaron, tu sais bien ce que je veux dire ! Les prêtres donnent leur vie à Dieu, tu ne vivras jamais comme quelqu’un de normal ! Tu ne seras pas heureux ! »Il y avait quelque chose de douloureux dans ce qu’elle disait, Aaron pouvait se rendre compte qu’elle prenait son propos très à cœur, et c’était bouleversant, d’une certaine façon. Ca n’était pas la première fois qu’il avait cette discussion avec quelqu’un, mais c’était la première fois qu’il avait l’impression que ses arguments n’étaient pas valables. Il détestait voir Sara autant retournée. Il se glissa à côté d’elle, et lui passa le bras autour de l’épaule pour la réconforter, elle qui était au bord des larmes. « Je serai heureux, vu que c’est ce que je veux faire. C’est ma place. »Elle renifla, et releva son regard vers lui. « Tu dois me prendre pour une idiote… Je… Je suis croyante. Je respecte les hommes d’Eglise… C’est juste que… Je t’aime bien. »Il hocha la tête, perdu dans les yeux de la jeune femme, comme s’il savait ce que ça voulait dire. Aucune fille ne lui avait jamais dit ce genre de choses. Jamais avec ce regard triste, et cette palpitation dans leur décolleté, que, non, il n’avait pas pu s’empêcher de remarquer. Elle se blottit contre lui et pleura un peu, avant de relever de nouveau la tête vers lui. Leurs visages n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre et Aaron pouvait sentir son odeur. Une odeur légère et fraîche, une des odeurs les plus agréables qu’il ait jamais connues. « Euh… Je… »Il ne sut jamais ce qu’il s’apprêtait à bredouiller. Ses lèvres se retrouvèrent empêtrées dans leur premier baiser, et Aaron ne pensa plus à ce qu’il voulait dire à Sara. Son cerveau partit en vacances, pour une fois, laissant à son corps et ses hormones le soin de prendre la direction des opérations. Alors que Sara se blottissait encore plus contre lui, il l’enserra dans ses bras, déjà bien musclés par des mois à faire des travaux pour une œuvre caritative et à entraîner l’équipe benjamine de base-ball. Le fait de sentir son corps sous sa robe, la chaleur de sa peau sous le tissu léger, manqua de lui faire perdre les pédales. Et le baiser se prolongea, devenant de moins en moins tâtonnant, de plus en plus agréable. Il sentit les mains de Sara passer sous son t-shirt, et un frisson presque dévastateur le parcourut. Il n’avait jamais ressenti ça. Jamais ressenti cette urgence, ce besoin de toucher l’autre, de le sentir. Il s’y abandonna totalement, laissant Sara, bien plus expérimentée en la matière, lui enlever son t-shirt et le pousser sur le lit. Allongé sur le dos, il n’eut le temps de reprendre qu’une inspiration avant que Sara vienne se mettre sur lui et l’embrasse de nouveau. Il était loin d’être passif cependant, vu qu’il se remit à la caresser, d’abord le dos, puis, petit à petit, des zones plus basses de son anatomie. Elle se frottait sensuellement contre lui et il perdit bien le contrôle de ce qu’il faisait, cédant complètement à un appel de la nature ancré en l’Homme depuis des millénaires… « Non je… non ! »Il se précipita hors du lit, torse-nu, le jean ouvert lui tombant sur les chevilles et manquant de le faire trébucher. Il remonta son caleçon, s’agrippant à lui comme à une bouée de sauvetage, et prit plusieurs inspirations, fixant Sara, toujours sur le lit, visiblement surprise, sans savoir quoi lui dire. Elle était magnifique. Et terriblement attirante, avec sa robe ouverte, laissant voir une poitrine qui sortait du soutien-gorge qu’il avait lui-même malmené. La belle chevelure blonde de la jeune femme semblait vouloir au moins autant s’extirper de son chignon que la partie basse de son anatomie voulait s’extirper de son caleçon. Il rougit violemment à cette idée, et se détourna, faisant un demi-tour sur lui-même, un peu trop violemment, au point qu’il dut se rattraper au fauteuil, son jean était toujours sur ses chevilles. Il se baissa brusquement et remonta le pantalon. Il lui fallut plusieurs longues secondes pour refermer la braguette, vu comme il était stressé, et il n’osa même pas se retourner pour voir ce que faisait Sara. « Hey… C’est pas grave… » Dit-elle justement, d’une voix douce et compatissante. C’en était presque trop. Non, en fait, c’en était trop. Des larmes montèrent soudain aux yeux d’Aaron et, toujours face à la fenêtre, il se mit à sangloter. Après ce qui venait de se passer, ou plutôt de ne pas se passer, il se sentait terriblement vide. Comme si on lui avait enlevé quelque chose, une chose magnifique qu’il n’avait pu qu’entrevoir, qu’il n’avait même pas vraiment eue mais qui le hanterait toute sa vie. Il déglutit et essaya de se calmer, mais rien n’y faisait. La musique continuait à faire une sorte de bruit de fond sourd et quand il ouvrit la fenêtre, pour avoir un peu d’air, mais aussi pour éviter d’avoir une raison de se retourner vers Sara, le bruit s’intensifia. Don’t You (Forget About Me), de Simple Minds, fit soudain irruption dans la chambre, et un sourire ironique apparut sur le visage d’Aaron. Il ne risquait pas d’oublier Sara, ça non. Elle, elle oublierait sûrement cette scène, mais lui… Ca le hanterait. Il faisait trop chaud dehors, l’air ne vint pas, et il continua sa crise de nerfs, et de conscience, sans même se rendre tout à fait compte qu’il n’était pas seul. Une main se posa soudain sur son épaule nue et il frissonna. Il se retourna et se retrouva face à Sara, qui faisait plus d’une tête de moins que lui et qui le regardait avec ses grands yeux gris pleins de compréhension. « C’est rien… je comprends… »« Non tu… »« Shhh… »Elle lui tendit son t-shirt et Aaron l’enfila avec une sorte de soulagement désagréable. Il était de nouveau habillé. Elle aussi, elle avait remis sa robe, et tout le reste, elle était même coiffée de nouveau. Il soupira et il s’affala dans son fauteuil alors que les larmes se remettaient à couler. « Ca va passer, tu vas voir. » lui souffla Sara, alors qu’elle le prenait dans ses bras, dans une étreinte qui n’avait plus rien à voir avec celle qui avait précédé. Sauf que ça ne passerait pas, et il le savait. Il ne pourrait s’empêcher de repenser longtemps à cette nuit, comme d’un moment où il avait pu changer de vie, être autre chose, et qu’il avait refusé. Pas par conviction, pas parce que c’était ce qu’il voulait, mais par simple peur de ne pas être à la hauteur… _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 14:19 | |
| Tout est silencieux dans la maison, et Aaron peut entendre les pas, pourtant légers et discrets, de ses compagnons. Il avance jusqu’à un boitier et fait signe à Justin. Ce dernier ne met pas longtemps à venir à bout de l’alarme spéciale que le milliardaire qu’ils cambriolent a fait mettre en place pour la pièce où il entrepose les plus belles pièces de sa collection. Si Aaron n’y connaît pas grand-chose en informatique, il s’y connaît assez pour reconnaître un génie. Et Justin en est un. Un soir, pendant qu’ils préparaient ce job, il a réussi à faire boire l’informaticien, assez pour lui faire analyser son don. Le jeune homme croit que c’est quelque chose de naturel. Il dit que ça lui vient comme ça. Et Aaron n’est pas un sceptique. Après tout, Jordan a ce même genre de talent avec les flux.
Il entre dans la pièce et s’approche de l’étagère. Le milliardaire a un masque, mais aussi des reproductions, et il paraît qu’il met parfois les reproductions en vitrine, c’est un moyen de dire aux cambrioleurs que ça ne sert à rien de venir le voler. C’est pour ça qu’ils ont été obligés d’emmener le Doc avec eux. Aaron lui fait signe d’approcher et lui ouvre d’un coup de pinces en métal le meuble. L’homme prend le masque, commence à l’observer. Il l’analyse pendant plusieurs longues secondes, durant lesquelles le canadien se demande s’ils vont devoir planter la tente ici.
« C’est le vrai. »
Aaron sourit et fait signe à l’équipe de sortir. Ils sont presque sortis quand, soudain, un cri retentit. Aaron tourne la tête vers l’escalier et voit une jeune femme se mettre à courir. Il lui court après, mais elle s’enferme dans une pièce et il entend l’alarme se mettre en route. Il n’a pas le temps de s’occuper d’elle, de toute façon le mal est fait. Il redescend, pestant intérieurement contre Wilfried, qui leur a dit que la maison serait vide, et alors qu’il arrive au milieu de l’escalier, il se fige. Ils ne sont plus seuls. Une demi-douzaine d’hommes les braque avec leurs flingues. Et vue leur dégaine, ils n’ont rien de flics ou d’agents de sécurité. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 14:36 | |
| March 1995. Mazaruni, Guyana. Aaron aged 24. « Vous allez vous plaire ici, mon Père. »« Je vous l’ai déjà dit, appelez-moi Aaron. »« Bien, Père Aaron. »Aaron soupira. Il n’était arrivé que depuis une heure dans ce village, accompagné d’un guide de la paroisse de la grande ville la plus proche (à plusieurs dizaines de kilomètres quand même), que déjà Aaron se cognait à un problème d’incompréhension culturelle. Sierra, la jeune femme qui s’occuperait de sa maison (une petite cabane qu’on appelait maison par ici), n’avait pas l’air de vouloir 1) l’appeler Aaron, 2) le regarder dans les yeux, 3) le traiter comme un humain comme les autres. On l’avait prévenu, les villageois de ce genre de régions étaient très croyants. Et comme ils n’avaient que rarement accès à la religion, vu qu’en général il n’y avait pas assez de prêtres pour qu’ils en aient un spécialement pour leur village, Aaron était un peu trop bien accueilli. Il avait un peu trop de cadeaux de bienvenue, surtout venant de villageois qui avaient autant de mal à joindre les deux bouts. Dans cette région montagneuse de la Guyane, chaque centime se comptait, et ils avaient offert à Aaron leurs plus grandes richesses. « Vous avez gardé trace des personnes qui m’ont offert tout ça ? »Il désigna les cadeaux qui se trouvaient un peu partout dans la cabane. Il y avait des couvertures, des légumes, quelques animaux morts, quelques-uns vivants. Il y avait même des bijoux, ce qu’Aaron avait du mal à comprendre. Il était habillé d’un pantalon noir et d’une chemise noire de prêtre, au col blanc, et il ne voyait pas quel bijou pourrait aller avec ça. Ses cheveux, coupés courts juste avant le départ, auraient sûrement à repousser, il ne se voyait pas vraiment prendre le pick-up que les Frères lui avaient donné pour aller chez le coiffeur à plusieurs heures de là toutes les deux semaines. De toute façon, après avoir fait une visite rapide du village, il avait bien compris qu’il aurait autre chose en tête que ses cheveux. Ce qui était plutôt bien, ça n’était pas pour rien qu’il avait choisi ce genre d’affectation. « Bien sûr, Père Aaron. »« Aaron. Juste Aaron, Sierra. Vous pourriez leur rendre ces cadeaux ? »« Mais, Aaron… » Elle buta sur le mot mais s’adaptait vite. Elle était jeune, et semblait intelligente, elle serait sûrement d’une grande aide. « Ce serait une insulte pour eux. »Il soupira. Il parlait espagnol, et on l’avait formé sur la culture hispanique, sans compter les recherches qu’il avait faites sur la Guyane en particulier… Mais rien ne l’avait préparé à commencer son travail par ce dilemme. S’il acceptait les cadeaux, il acceptait quelque chose qui ne lui appartenait pas, et spoliait ses ouailles. S’il les refusait, il risquait de les vexer. C’était à s’arracher les cheveux. « Ils en ont besoin plus que moi. » trancha-t-il. « Mais je vais venir avec vous, ça fera une occasion de rencontrer les villageois, et je leur expliquerai moi-même que j’accepte le geste, mais pas les denrées. »Il retourna chercher son manteau, un long manteau en cuir marron, et surprit un sourire chez Sierra. Elle se retourna rapidement pour commencer à répertorier les cadeaux, mais ce qu’il avait vu sur son visage était bien un air appréciateur. Il connaissait un peu l’histoire du prêtre qui avait été à sa place avant lui, et il savait pourquoi on l’avait forcé à changer d’endroit, personne ne le lui avait dit clairement, mais il avait compris que la corruption était plus ou moins avérée. Pas pour rien si Thomas l’avait conseillé à ce poste. Aaron était sorti premier de sa promotion, et il avait un dossier sans faille. Son confesseur savait quelles étaient ses forces mais aussi ses faiblesses, et l’appât du gain n’en était pas une. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 14:40 | |
| « Euh… »
Justin ne dira jamais rien de plus que cette onomatopée stupide. L’un des gardes en noir lève un flingue et tire sur le gamin. Un trou de la taille d’une clémentine prend forme sur son front quand la balle le transperce. Aaron n’a rien le temps de faire, il ne crie même pas, n’a aucune réaction, à part un léger sursaut. Un des gardes le tient en joug, ce qui n’était déjà pas rassurant quelques secondes plus tôt, mais qui maintenant est un vrai cauchemar. Il garde bien ses mains levées, pour montrer qu’il est de bonne volonté.
« Le masque. Donne-le nous. »
C’est celui qui a tué Justin qui parle, en pointant son arme sur le Dr Nichols. Ce dernier pleure, se recroqueville sur lui-même. Pas des réactions très viriles selon Aaron mais, hey, on a tous nos périodes difficiles, non ?
« Tu vois bien que ce mec est en train de se liquéfier tellement tu lui fais peur. S’il avait le masque, il te l’aurait donné. »
Sa bouche a parlé avant qu’il ne le réalise vraiment. Ca a toujours été son genre d’intervenir dans des situations stupides où il aurait mieux fait de la fermer. Il n’aime même pas particulièrement Nichols et sa mort ne l’attristerait pas tant que ça à vrai dire, mais on ne se refait pas, surtout pas à l'âge qu'il a.
« Et qui t’es, toi ? »
« Aaron Carpenter, Sir, big damn hero… »
Il ponctue sa phrase d’un signe discret envoyé à Michael, qui n’attendait que ça pour se lancer dans la bagarre, et prend appui contre le mur et la rembarre de l’escalier pour balancer ses deux pieds dans le garde qui le tenait en joug. Il n’a rien vu venir, et s’effondre sans demander son reste. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 14:45 | |
| 08.30.1998. Mazaruni, Guyana. Aaron aged 27. « Allez Aaron ! S’il te plaît ! »Sierra lui tendait les mains, une couronne de fleurs dans les cheveux. Il pleuvait depuis plusieurs jours, entrecoupé de moments secs, mais ça n’avait pas empêché les habitants de Mazaruni de danser et de chanter ce soir-là, comme prévu. C’était une fête traditionnelle, la fête du 30 août. Et Aaron y assistait pour la troisième fois. Il soupira et secoua la tête. « Tu sais bien que je danse comme un canard boiteux ! »« Comme un canard en bois boiteux, tu veux dire ! » ajouta Suelo, et on en aurait presque oublié, avec son ton sympathique et gentiment moqueur, qu’il avait fait partie de ceux qui avaient mal vu l’arrivée d’un prêtre étranger sur ses terres. « Allez, mon Père, danse ! » « Je t’ai dit un million de fois de m’appeler Aaron ! »Il se leva cependant, se laissant entraîner dans une danse dont il aurait dû connaître les pas, vu toutes les fois où il avait vu ses ouailles la danser, et combien de fois Sierra avait réussi à le forcer à la danser lui aussi. Mais il était un très mauvais danseur. Il y avait quelque chose de trop sensuel dans la danse qu’Aaron rejetait, sûrement parce qu’il ne voulait pas laisser cette partie de lui s’exprimer, de peur de tomber dans des excès impardonnables. Il se mit à danser d’une façon qui n’avait rien de souple ou de gracieuse. Heureusement, Sierra était une sacrée danseuse, elle, et le spectacle en était relativement équilibré du coup. Les villageois se mirent à taper en rythme avec les quelques danseurs qui évoluaient sur la « piste », soit la place centrale du village. Rien de bien grand, ou de bien chic, mais un endroit qu’Aaron avait fini par aimer, profondément. Comme il aimait profondément les habitants du village, tous, même le vieux Consuelo qui l’appelait toujours Blanco, comme s’il ignorait que ça voulait dire blanc, lui qui parlait parfaitement espagnol. Ils dansèrent et quand un éclair zébra le ciel, des exclamations retentirent, mais personne ne rentra chez lui. Aaron avait déjà vu ça, les villageois n’avaient pas peur des éléments, ils vivaient avec comme les citadins vivaient avec les voitures ou les trains. Il était devenu comme eux, et ne fit pas attention au grondement du tonnerre qui suivit, dansant avec plaisir et une certaine innocence avec Sierra, fêtant avec elle l’arrivée prochaine de son enfant, qu’elle lui avait annoncé dans la matinée, lui disant que sa belle sœur pourrait la remplacer quand elle serait trop enceinte pour nettoyer sa maison. La musique s’arrêta et Aaron fit un baise main à Sierra. La jeune femme adorait quand il faisait ça, même si elle faisait comme si elle trouvait ça complètement stupide, comme toujours. Il la ramena à son mari, qui la regardait avec des yeux remplis d’amour (tout le monde savait qui dirigeait leur maison, mais même les vieux les plus machos n’osaient pas se moquer, Sierra faisait bien trop peur pour ça), et rendit la main de la jeune femme à son époux avant de s’incliner légèrement. « A votre futur enfant. Qu’il ait une belle vie pleine de danses. Et qu’il survive aux assauts de sa furie de mère ! »Tout le monde éclata de rire, sauf Sierra qui, bien évidemment, fit semblant d’être vexée. Il lui sourit et, soudain, vit de la panique dans ses yeux. Il sentit le tremblement sous ses pieds quelques fractions de secondes plus tard seulement, et tourna le regard. Il ne comprit pas tout de suite ce qu’il voyait. Quelque chose avançait vers eux. Comme une énorme vague… « Aux abris ! De la boue ! Tout le monde à l’Eglise ! » Hurla-t-il, conscient que l’Eglise était le seul bâtiment assez solide pour pouvoir résister à un tel assaut. Il agrippa Sierra par le bras et se mit à courir, vérifiant d’un coup d’œil que les autres suivaient bien… _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 14:58 | |
| « Mais qui c’était ces mecs ? »
Enfin à la planque, une sorte d’entrepôt abandonné, Aaron s’autorise un sourire. Michael lui paraît tout de suite bien plus sympathique. Quand on risque sa vie avec quelqu’un, et qu’on arrive à la sauver, tout de suite, ça crée des liens. Un minimum. Il s’assied contre une caisse en appuyant bien sur sa blessure au ventre, recevoir une balle fait toujours aussi mal que dans son souvenir, et répond :
« Je sais pas. Pas des flics. Pas de la sécurité. »
« Feds ? »
Michael est occupé à se bander le bras, où il a reçu une balle lui aussi. Malheureusement, Dr Nichols n’est pas un vrai médecin, et de toute façon il est dans les vapes. Il s’est évanoui au début de la bagarre et il a eu de la chance que les mecs en noirs ne l’aient pas tué. En fait ils l’ont plus ou moins oublié. Et il a surtout de la chance qu’Aaron et Michael ne l’aient pas oublié, eux.
« Je pense pas non plus. Ils n’ont pas parlé de nous arrêter… »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? Où est Justin ? »
Wilfried vient de les rejoindre, à l’heure prévue, et a l’air passablement inquiet. Très inquiet. Et surpris aussi. Mais encore une fois, Aaron n’est pas sûr que ça soit pour les bonnes raisons. Il se relève, en tenant de sa main gauche son côté, pour éviter que le sang ne coule trop. Il est couvert de blessures, la bagarre a été intense, ils ont tous l’air d’avoir été renversé par un camion. Et à vrai dire, Aaron a un peu l’impression que ça a été le cas. Les mecs étaient entraînés, très entraînés, ils savaient leur affaire. Et si Michael et lui se sont enfuis, c’est au moins autant grâce à la chance qu’à leurs capacités.
« Justin est mort. » répond Michael d’une voix plate, sûrement due au contrecoup de l’adrénaline.
Mais un click retentit et Wilfried tourne la tête. Aaron lui fait face et tient un flingue, volé à ses agresseurs, qu’il vient d’armer, pointé sur le cœur de l’allemand.
« Si tu nous disais ce qui vient de se passer, Wilfried ? » articule-t-il, essayant de faire en sorte d’être compréhensible malgré la douleur de sa blessure au ventre. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:03 | |
| 09.09.1998 Mazaruni, Guyana. Aaron aged 27. « Tiens bon, Sierra, ça va aller. »« Non… Ca n’ira plus jamais… Duba… Et le bébé… »Si Aaron avait eu encore de quoi pleurer, il l’aurait sûrement fait à chaudes larmes à présent. Mais il était à sec. Ca faisait plusieurs jours qu’il était à sec à vrai dire. Il n’arrivait plus à pleurer. Il n’arrivait même plus à en avoir envie. Il avait découvert à quel point le désespoir était éloigné de la bonne vieille tristesse. A quel point le désespoir pouvait vous rendre sombre, pouvait vous empêcher de ressentir ce que vous vouliez. Il n’avait plus de larme pour pleurer les morts, et ils se comptaient par dizaines. Il n’avait même plus une larme pour pleurer le mari de Sierra, Duba, qui était mort durant la coulée de boue quand un des murs de l’Eglise s’était écroulé sur plusieurs villageois. Il n’avait plus de larmes pour pleurer le bébé que Sierra avait fini par perdre, à force de vouloir aider les autres. Il n’avait réussi à empêcher rien de tout ça. Ni la maladie que la jeune femme avait contractée à cause de la fatigue, de la malnutrition, de l’eau croupie. Ni celles qui ont emporté des dizaines de personnes. Le village était un vrai tombeau et Aaron ne savait plus quoi faire des morts, au point où il avait fini par les entreposer dans ce qui restait de l’Eglise. Principalement parce que c’était relativement fermé, et que ça ne touchait par leur eau. « Il faut survivre, Sierra. Parce que je ne pourrais jamais continuer sans toi. J’ai besoin de toi ici, tout le monde a besoin de toi ici. »« Tu as toujours eu tendance à l’exagération… Il n’y a plus de tout le monde… Il n’y a plus que toi en bonne santé. Le miracle du prêtre… »« Arrête. »Elle sourit doucement, et ce fut la seule chose qui poussa Aaron à ne pas lui en vouloir. « Si tu n’es pas malade, il y a une raison, Aaron. Tu crois peut-être que c’est injuste, mais s’Il a voulu que tu vives… »« Il veut aussi que tu vives. »« Je ne crois pas… »Il la regarda un instant un silence. Ses beaux cheveux bruns étaient ternes, sa peau mâte était devenue pâle. Elle avait été affaiblie par sa fausse couche, et par la maladie qu’elle avait attrapée avec le froid, l’humidité, et tout le reste. Mais elle était toujours terriblement belle. La vie ne l’avait pas quittée, elle était toujours vivante, elle respirait la vie même dans ses derniers instants. Il croyait que son cœur avait déjà été brisé plusieurs jours auparavant, il réalisa qu’il s’était trompé. C’était à ce moment précis qu’il se brisait, et plus rien ne serait jamais pareil. Il regardait cette femme, qui le voyait avec les yeux de la foi, de l’Amour, et il sentait son cœur se briser dans sa poitrine. Il aimait Sierra, comme une sœur, comme une meilleure amie. Elle ne méritait pas de mourir. Personne ici n’avait mérité ce qu’il subissait. Lui inclus. « Tu me promets… Tu me promets que tu vivras bien ? Que tu honoreras Dieu, pour le cadeau qu’il ta fait ? »« Cadeau ? » murmura-t-il, sans pouvoir s’empêcher de sentir une haine monter en lui, mais essayant de la cacher à la jeune femme. « La vie. C’est important. Il te veut vivant… »« Sierra, très franchement, je ne crois pas qu’il veuille quoi que ce soit, à part nous faire chier. Tu vas vivre aussi, et quand on sortira d’ici, et que tu seras guérie, on ira dilapider tout mon fric à Las Vegas, on s’amusera, et on oubliera un peu ce vieux connard. »Elle sourit d’un air triste et passa une main sur la joue du prêtre. Le contact était terriblement déprimant, parce que c’était une façon de dire que, non, ils n’iraient jamais jouer à Las Vegas, et qu’ils le savaient tous les deux. Aaron sentit une vague de haine l’envahir, une vague de colère contre son impuissance aussi. Il prit une inspiration. « S’il te plaît… La prière…. »Il frissonna, comme un spasme de dégoût, prit une inspiration, et récita la prière. Pour la première fois, ce ne fut d’aucun réconfort. Ce ne furent que des mots, rien de plus… _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:07 | |
| « Je comprends pas. »
Michael ne comprend peut-être pas, mais il ne bronche pas quand Aaron braque leur patron, ce qui est plutôt bon signe, jusqu’à ce moment précis le Canadien n’était pas certain d’avoir la loyauté du gorille.
« Pour un coup parfait, il y a un peu trop de choses qui ont déconné. » Explique Aaron tout en braquant toujours Wilfried qui, lui, est impassible. « D’abord, il y a eu cette fille, présente alors que personne ne devait être là. Elle a mis l’alarme en route, mais ce ne sont ni des flics, ni la sécurité qui sont venus, mais six mercenaires déguisés en ninja. Là bien avant que l’alarme n’ait eu le temps de les appeler. Et évidemment, ils ont tué Justin, sans même lui demander quoi que ce soit. »
« Justin ? »
« Le seul capable de recambrioler cette maison avec une autre équipe, puisque le seul à connaître tous les systèmes de sécurité de la maison grâce aux infos de Wilfried. »
« Comment ils l’ont su. »
« Notre ami ici présent le leur a dit, puisque c’est lui qui les a embauchés, n’est-ce pas Wilfried. »
Michael tourne un regard plein de suspicion vers leur employeur, et ce dernier semble hésiter un instant, avant de sourire et de taper dans ses mains.
« Ca, je suis impressionné Aaron. Quand j’ai demandé à Warren de me conseiller quelqu’un pour surveiller que l’opération se passe bien, quelqu’un qui avait du muscle et de la débrouillardise, je n’ai pas pensé qu’il me conseillerait un cerveau. »
Une partie d’Aaron est soulagée de découvrir que son vieux pote ne l’a pas trahi. Une autre se promet de faire passer l’idée à Warren de donner son nom à tous les maniaques qui passent dans le coin.
« Que veux-tu, je suis un génie. Mais un génie à qui il manque des éléments. Je ne comprends pas pourquoi tu as fait tout ça. Tu voulais juste t’amuser à jouer au master mind ou alors tu avais un but précis ? »
« L’argent, évidemment. » répond Wilfried en haussant les épaules. « Partager des millions en cinq c’est différent de payer six mercenaires sur un prix fixe. J’aurais gagné au change. »
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:10 | |
| 09.09.1998, later. Mazaruni, Guyana. Aaron aged 27. « C’est tout ? »L’air perdu du sauveteur aurait été comique s’il n’avait pas été si tragique. Il faut dire qu’ils n’étaient qu’une vingtaine, en plus d’Aaron, à avoir survécu à leurs dix jours sous la boue. Et Aaron était le seul en bonne santé. Celui qui venait après lui, dans l’échelle des rescapés, était Miguel, un simple bras cassé, et cassé seulement deux jours plus tôt, et pas ouvert, donc tout à fait réparable, même s’il aurait sûrement une certaine déformation par la suite. Les autres étaient tous plutôt amochés, blessés, malades… Aaron, lui, à part pas mal de fatigue, physiquement, n’avait aucun problème. Rien du tout. Il ne souffrait même pas de la malnutrition, il avait bien perdu quelques kilos mais rien de plus. Un vrai miracle. « Vous avez mis dix jours à arriver jusqu’à nous. Vous vous attendiez à un comité d’accueil ? » Il y avait de la colère dans sa voix, une colère sourde, et l’homme recula, il était visiblement doté d’un bon instinct de conservation. Evidemment, ça n’était pas de sa faute s’il avait mis tellement de temps. Les secours avaient été aussi vite qu’ils l’avaient pu, avec leurs moyens, et vu où le village était placé. Mais ça ne changeait rien à la colère d’Aaron, qui était en colère contre la terre entière ces jours-ci. Il était toujours sous le choc de ce qu’il venait de vivre, et ne réalisait pas encore très bien la portée de tout ça. Il était instable, perdu, et il n’y avait pas de cellule psychologique, même pas un prêtre pour venir avec les premiers secours pour conseiller Aaron. Il était là, bien portant, et voyant les secours commencer à évacuer les corps de ses ouailles qu’il n’avait même pas pu enterrer correctement. Il se retourna et vit un des sauveteurs se signer en le regardant avec des grands yeux pleins d’un sentiment qu’Aaron ne réussit pas à déchiffrer. « Pourquoi tu as fait ça ? »« Miracle ! Vous êtes un miracle ! Vous n’auriez jamais dû survi… »L’homme ne finit jamais sa phrase, le poing d’Aaron ayant rencontré sa mâchoire à une vitesse beaucoup trop rapide pour que le choc soit sans conséquence. L’inconnu fut projeté au sol, sous les regards ébahi des autres sauveteurs. Sans rien ajouter, Aaron monta dans un des véhicules qui allait amener les quelques survivants à un hôpital en ville. Il ne prononcerait pas un mot pendant tout le voyage, et se ferait déposer au centre ville. Là, il prendrait un train pour la capitale. Là, il prendrait le premier avion. Dans l’avion, toujours en état de choc, il se rendrait compte qu’il portait toujours son habit de prêtre, et cette idée le rendrait malade. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:12 | |
| « Aaron, je suis désolé, tellement désolé ! »
C’est à peu près tout ce que Warren répète depuis deux heures qu’Aaron, Michael et le Dr Nichols (toujours à moitié des vapes) sont arrivés chez lui. Ils ont eu de la chance de l’y trouver, il voyage énormément lui aussi. Il a appelé un de ses potes docteur, un vrai docteur, et ce dernier est en train de soigner la blessure d’Aaron, après avoir fait celle de Michael. Il extirpe la balle de son côté et l’ancien prêtre pousse un grognement douleur.
« Laisse tomber. La prochaine fois, évite de donner mon nom aux inconnus, vraiment, je n’ai pas besoin de travailler à ce point-là. »
Warren hoche de la tête avec un air désolé. Aaron fait un signe à Michael qui sort quelque chose d’un sac et le dépose sur la table devant Warren.
« T’aurais un acheteur pour ça ? »
« Un masque de pouvoir aztèque ? Tu déconnes ? »
« Out of your league ? »
Warren hoche la tête de nouveau, d’un air plus désolé encore. Il pense sûrement à la commission qu’il aurait pu se faire sur un objet de ce genre. Mais Michael ne lui en laisse pas le temps, ils ont été assez doublés pour ce soir, il range l’objet dans le sac, et lance un regard interrogateur à Aaron.
« Pas de problème, on va trouver, j’ai des tas de contacts. Il est hors de question qu’on se soit fait tirer dessus gratuitement. » _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:20 | |
| December 2003. New-York, USA. Aaron aged 32. « Mr Carpenter ? Aaron Carpenter ? »« Ca dépend qui le demande. » répondit Aaron avec un sourire ironique, tout en jaugeant son interlocuteur. Il s’agissait d’un homme de plutôt petite taille, habillé d’un costume trois pièces bon marché, puant la mousse à rasé, qui portait un bouc et se dégarnissait. Il avait de petites lunettes rectangulaires et, malgré son apparence plutôt ridicule, avait une sorte d’auras d’autorité. Aaron ne mit pas longtemps à reconnaître en lui un représentant de l’autorité, quelle qu’elle soit, et il râla intérieurement contre sa manie de faire le malin. S’il avait dit non, peut-être que la nabot serait parti. Il fit signe à Joey de lui resservir un whisky, et resserra son étreinte sur Judy, qui se tenait sur ses genoux. « Je suis Mitchell Reyes, détective privé. Je viens de la part de votre famille. »Le verre d’Aaron tinta un peu trop fort quand il toucha le zinc du bar. Il avait crispé sa main sur Judy, un peu trop fort, et la jolie petite blondinette habillé tellement court que ses vêtements auraient presque pu être vendus dans le rayon sous-vêtements poussa un petit cri de surprise. « Désolé, hon’. » dit-il machinalement. « Tu veux bien me laisser avec monsieur ? Je crois que Mina voulait te parler. »Judy grogna vaguement, déposa un baiser sur les lèvres d’Aaron, et se dirigea vers Mina, sa sœur jumelle, habillée aussi court qu’elle. Les deux jeunes femmes avaient pas mal permis à Aaron de s’amuser depuis qu’il était arrivé à New-York. Il était entre deux contrats de deal et pensait à bientôt devoir se refaire au jeu s’il voulait pouvoir continuer à venir dans ce bar, mais pour le moment, ça allait, il se sentait bien. Peut-être un peu trop bien d’ailleurs, vu qu’un détective privé de la trempe de Mitchell-costard-trop-grand-Reyes l’avait retrouvé. Il soupira et s’adressa à Joey : « Tu sers la même chose à mon ami ? »Il fit ensuite signe à l’ami en question de s’asseoir à côté de lui. Le duo était plutôt étrange. Rien que les silhouettes étaient assez différentes pour donner l’impression d’une pub sur la différence. Aaron sourit à cette idée, puis demanda : « Alors, pourquoi ils vous envoient ? »A vrai dire, il n’était pas aussi détendu qu’il en avait l’air. Sa famille avait envoyé un privé… Pourquoi faire ? Allaient-ils le forcer à rentrer au bercail et à reprendre l’habit de prêtre ? Peu probable. Est-ce qu’ils le cherchaient pour lui annoncer une mauvaise nouvelle ? Son cœur, pourtant bien moins réactif qu’à une certaine époque, bondit à cette idée. Non, pas de mauvaise nouvelle. Il n’en voulait pas. Il n’avait pas repris contact avec sa famille ces cinq dernières années, mais ça ne voulait pas dire qu’il les détestait. C’était juste qu’il avait trop changé pour leur imposer sa présence. Il préférait se souvenir d’eux comme ils étaient à l’époque où il correspondait à ce dont cette famille avait besoin. Ca faisait huit ans qu’il ne les avait pas vus, puisqu’il n’était jamais rentré au Canada pendant les trois ans où il avait été en Guyane. A l’époque, il leur écrivait, mais les lettres n’arrivaient pas toujours, et mettaient des mois à traverser ces quelques milliers de kilomètres… Non, ça faisait longtemps qu’il n’avait plus vraiment de famille, les voir débarquer de nouveau dans sa vie, sous l’apparence d’un nabot au costume mal ajusté était quelque chose d’assez désagréable, et de plutôt terrifiant. « Ils veulent que vous acceptiez de les voir. » dit l’homme après avoir pris une gorgée de whisky. « Et je veux que Britney Spears vienne me faire un petit strip-tease sur ce comptoir. On n’a pas toujours ce qu’on veut. »Le détective le regarda un instant, prit une nouvelle gorgée, avant de répondre : « Je sais qui vous êtes, Aaron Carpenter. J’ai passé des mois à vous poursuivre, à récolter des informations. Vous êtes un malin. Vous avez un bon instinct de survie, autrement vous ne seriez plus là, vu les histoires dans lesquelles vous vous fourrez. Votre famille veut vous voir. Elle vous enverra des privés jusqu’à ce que vous acceptiez, et vous le savez. Ils savent que vous êtes ici, et auront sûrement quelqu’un d’envoyé ici d’ici à demain. Cette fois vous pouvez toujours partir. Mais la prochaine fois… Je vous retrouverai. Et je ne viendrai pas vous voir pour vous le dire. Alors vos frères et sœurs, peut-être vos parents même, débarqueront directement, et vous n’aurez pas le choix. »« Okay. Je me suis trompé. »« Comment ça ? »« Vous n’êtes pas aussi abruti que je l’ai cru au premier abord. J’aurais dû m’en douter. C’est Alba qui vous a embauché, n’est-ce pas ? »« Comment l’avez-vous deviné ? »Aaron sourit, et ce fut sa seule réponse. Il déposa des billets sur le comptoir, se leva, et, avant d’être trop éloigné pour que l’homme l’entende, dit : « Dites-leur de ne pas venir. Je serai à Winnipeg dans les trois jours. »« Si vous ne venez pas… »« Et bien, vous me retrouverez. C'est votre job, non ? »Il sourit, mais son sourire était sans joie. Il aimait sa famille, mais il ne voulait pas la revoir. Le fait qu’Alba ait engagé ce détective, cependant, ne pouvait vouloir dire qu’une chose. Il n’avait pas le choix. Alba était la plus obstinée des Carpenter, et ça n’était pas peu dire. Elle ne lâcherait pas prise tant qu’il n’apparaîtrait pas à la porte de la maison familiale. Il enfila son manteau brun et prit une inspiration avant d’affronter le froid du mois de décembre new-yorkais. Il allait devoir affronter celui du Canada dans peu, ainsi que tout un tas d’autres choses, et ça ne le ravissait pas. Assez pour qu’il oublie les jumelles pour un soir, il avait d’autres chats à fouetter. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:23 | |
| « Et partagé en trois, ça fait… »
« En trois ? »
Aaron tourne un regard neutre vers Michael. Ce dernier a été tellement agressif dans sa question qu’on aurait dit un grognement plus que du langage humain.
« Dr Nichols, toi, et moi. Trois. »
« Je ne vois pas… »
Aaron fait glisser discrètement sa main droite vers son holster, où se trouve toujours le flingue qu’il a volé trois jours plus tôt aux faux ninjas de Wilfried. Le mouvement est presque imperceptible, et le click de la sécurité qu’il enlève ne s’entend pas, il y a trop de musique autour d’eux. Joey lui lance un regard, du bar, sentant visiblement la tension de la scène. Il en a vues d’autres, et souvent avec Aaron, il sait que l’ancien prêtre fera tout pour essayer de calmer le jeu, on évite de s’entre-tuer trop souvent dans son bar préféré. Ca pourrait attirer des ennuis à force.
« Est-ce qu’on va avoir un problème Michael ? » demande Aaron, conscient que si la baraque décide que oui, ils sont dans une merde assez importante.
Le Dr Nichols semble s’en rendre compte lui aussi. Il se ratatine sur son siège, et cherche des yeux un moyen de s’en sortir entier. Il ne brille pas vraiment par son courage, mais il est au moins assez intelligent pour comprendre ce qui est en train de se passer. Pendant quelques secondes, Aaron et Michael s’affrontent du regard. Finalement, le gorille grogne et baisse les yeux.
« Non. Bien sûr que non. »
« Bien. Donc en trois ça fait… » Il sourit et la tension semble s’échapper d’un coup de la petite tablée. « Beaucoup, beaucoup d’argent. »
Il tend leurs parts à Micheal et au Doc, et observe l’homme plein de muscles du coin de l’œil, l’air faussement détendu. Mais Michael ne fait rien, il regarde les billets, et sourit d’un air content. Le dos d’Aaron se détend un peu, et il remet la sécurité sur son flingue, avant d’enlever sa main de l’arme et de boire enfin une bonne gorgée de bière.
« Gentlemen… Ca a été un plaisir de travailler avec vous. »
Il tend son verre et ils trinquent. Aaron offre ensuite une tournée, avant de s’en aller, se disant qu’il ne vaut mieux pas tenter Michael trop longtemps, il pousse d’ailleurs le Docteur à prendre ses distances lui aussi. Le job n’a pas été facile, pourtant, il se sent bien. Il a toujours mal un peu partout, et sa blessure au ventre ne sera pas guérie avant un moment, mais il a du fric, et il s’en est sorti. C’est le principal. _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:26 | |
| 12.13.2003. Winnipeg, Canada. Aaron aged 32. « Ah ! C’est donc là que tu te cachais ! »Aaron tourna un regard surpris vers l’encadrement de sa chambre d’enfant. Ici, rien n’avait vraiment changé. Ses groupes d’adolescent étaient toujours affichés aux murs, et il y avait une bibliothèque remplie de tous les livres qu’il avait lus durant son adolescence, et ses débuts en tant qu’adulte, ce qui faisait une bonne série de bouquins. Il était d’ailleurs en train de feuilleter un des livres en questions, assis dans son fauteuil, quand la voix de Sara l’avait tiré de sa rêverie. Une Sara qui avait vieilli de quatorze ans, mais qu’il aurait reconnue même si elle n’avait pas été ici, comme écho d’une autre scène. Elle était toujours aussi belle. Quelques rides de plus, mais aussi une assurance qu’elle n’avait pas eue à l’époque. Ses cheveux étaient plus courts, au carré, et tombaient joliment autour de son beau visage de trentenaire. Elle portait une robe un peu moins adolescente, mais toujours aussi légère et Aaron sentit une sorte de réminiscence de ce qu’il avait ressenti ce soir là. Un sourire moins cynique qu’à l’habitude apparut sur son visage, quand il répondit : « Je ne me cache pas… C’est juste que… »« Un ancien prêtre ne fait pas la fête ? »Elle sourit et, soudain, il se rappela ce que ça faisait d’avoir dix-huit ans et de… De quoi ? De vouloir une femme assez pour remettre toute sa vie en cause ? Et ensuite avoir trop peur de ne pas être à la hauteur et revenir sur ce qu’on avait fait. Il soupira, et son sourire vacilla légèrement. Il secoua la tête. Non, il n’avait plus dix-huit ans. Et même si ça faisait exactement trois heures qu’il était dans cette maison, il n’avait qu’une envie, s’en échapper. Ses parents attendaient qu’il se confie. Ses frères et sœurs avaient tous des vies qui n’avaient rien à voir avec la sienne… Même Alba, la rebelle de toujours, était plus rangée que lui. Ils lui en voulaient tous, de ne pas les avoir contactés, d’avoir disparu. Mais ils étaient juste assez intelligents et l’aimaient assez pour ne pas le lui reprocher vraiment. Ce qui était presque le pire de tout ça. Il méritait qu’on lui en veuille. Il le savait. Et il se complaisait dans ce rôle de salaud. Si on lui tendait la main, il ne savait pas quoi faire. L’accepter ? La refuser ? Il avait envie de partir, de retourner à sa vie, de chasser cette famille et tout ce qu’elle symbolisait de sa vie. Mais il n’arrivait pas à s’y résoudre. « Qu’est-ce que tu lis ? » demanda Sara, qui venait de s’asseoir en face de lui sur le lit qu’il avait si chastement occupé durant une bonne partie de sa vie. Il sourit, un sourire un peu moqueur, et lui tendit le livre. Elle éclata d’un rire cristallin quand son regard lut le titre. Moby Dick. Elle posa le livre sur la table de nuit et demanda, après avoir arrêté de rire : « Tu m’attendais, alors ? »« Je t’espérais, plutôt. »Elle pencha la tête sur le côté, et Aaron sentit son cœur bondir comme il l’avait fait des années auparavant. Cette expression qu’elle avait, qui donnait l’impression qu’elle essayait de lire en vous, c’était irrésistible. Et ce qu’il y avait de plus agréable était qu’elle n’en jouait pas. Si elle avait visiblement pris de l’assurance sur des tas d’autres choses, ce tic là restait inconscient. Ca ne la rendait que plus désirable. « Pourquoi ? »Il plongea son regard dans le sien. Les rôles n’étaient plus les mêmes. Ce soir-là, elle avait mené le jeu. Aujourd’hui, il n’était plus un futur prêtre qui avait décidé de vivre sa vie chaste. Il pouvait assumer ce qu’il ressentait. Un sourire apparut sur son visage, quand il lui répondit : « Tu es la seule affaire à régler que j’aie ici. »« Je ne suis pas sûre d’aimer être une affaire à régler. »Il se laissa glisser vers elle, se retrouvant à genou devant elle, un air de défi sur le visage, et lui dit : « Oh si. Je peux te le promettre… »Elle sourit et il se redressa pour l’embrasser, l’entraînant dans un mouvement fluide dans le lit. La douceur de ses lèvres, l’odeur de sa peau, rien n’avait changé durant toutes ses années. Et l’effet que ça lui faisait non plus. Une fois de plus, il sentit que son cerveau ne dirigeait plus les opérations, mais cette fois il y était un peu plus habitué, il n’y aurait pas de retour fracassant de la matière grise. Il laissa glisser ses mains expertes le long du dos de la jeune femme, sentant sa peau chaude sous le tissu léger et se plaqua un peu plus contre elle encore, appréciant le contact de leurs deux corps. Alors qu’elle passait les mains sous son t-shirt, prête à le lui enlever, il ouvrit sa robe, tout en continuant à l’embrasser, prenant ce qu’elle lui avait offert quatorze ans auparavant, et qu’il avait été trop trouillard pour accepter… _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
|  | | Aaron Carpenter Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: Take me out to the black, tell 'em I ain't coming back... Sam 14 Nov - 15:28 | |
| Il sort du bar, avance dans la ruelle. Il se tient droit, malgré la blessure au ventre, il n’a jamais été du genre à se courber. Son long manteau brun contient une bonne dose d’argent, et il se sent léger. Il est à la moitié de la ruelle, et réalise qu’il ne sait même pas vraiment où aller, quand soudain il entend un craquement. « Hey ! Mais c’est frère Aaron ! » raille une voix dans son dos. Il s’arrête, et fait glisser une main vers son holster avec un soupir. Pourquoi rien ne fonctionne jamais comme il faut ? FIN. (pour le moment...) _________________ Take my love, take my land Take me where I cannot stand I don\'t care, I\'m [i]still free You can\'t take the sky from me...[/i] |
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