AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 Leave

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Leave   Sam 14 Nov - 11:21

[Nuit d'écriture du 13 au 14 Novembre, désolée d'avance pour les éventuelles fautes]

Nothing could be bring me closer.
Nothing could be bring me near.
Where is the road I follow?
believing, leave.


« Votre écharpe, mons… »

La femme ne termina pas sa phrase, glacée par le regard de celui qui avait failli quitter l’hôpital en laissant une très belle écharpe de soie. Derrière son comptoir, elle se crispa légèrement, et lui tendit simplement l’accessoire, sans un mot, du bout des doigts, comme si elle avait craint le contact des mains de cet homme. Elle en avait pourtant vu d’autres, en 25 ans à l’accueil du L.J. Schwartz Hospital. Des blessures telles qu’on ne pouvait guère en voir que dans le principal hôpital magique de la côte Est des Etats-Unis. On n’imagine pas tout ce que les gens sont capables de faire, avec une baguette magique –ou sans, d’ailleurs. Rien que dans la matinée, elle avait eu droit à un bonhomme qui s’était greffé un tentacule rosâtre sur l’estomac en guise de troisième bras, à une espèce de harpie –au sens propre- qui crachait une fumée hétérogène par tous les trous de son organisme, à trois gamines pleurnicheuses collées par le bout du nez (les parents ne surveillaient donc pas leurs médiums magiques ?)… Et ça avait été une matinée plutôt calme.

Mais la tête de ce type… Il n’avait pas besoin de tentacule pour être effrayant. Il avait le lézard, pour ça. Pas une petite bestiole, non, un gros machin à collerette, avec deux petits yeux mordorés qui vous fixaient d’un air cruel. Un daemon, l’avait mentalement étiqueté la secrétaire, tout en se demandant où il avait récupéré cette énorme balafre qui lui barrait le visage.

L’homme récupéra son écharpe. Il n’avait rien dit, mais elle ne respira à nouveau qu’une fois qu’il eut tourné les talons, et se fut dirigé vers la porte de sortie, d’une démarche nonchalante. Un frisson lui parcourut l’échine, qui n’avait rien à voir avec la température encore assez fraîche, de fait, de ce début de mois de mars. Elle espérait bien ne plus le revoir, ce type ; elle se surprit à espérer que son air maladif, son crâne chauve, sa peau grêle, étaient bel et bien les symptômes d’une maladie qui renverrait cette paire de reptiles dans l’inframonde dont ils ne pouvaient que provenir.

« Et qu’on ne les revoit plus »
, murmura-t-elle, tout en jetant un rapide coup d’œil au dossier.

« Clayton, Nathanael ». Elle fit la moue, fronça légèrement le nez, comme si elle s’était attendu à un nom moins commun, plus… machiavélique. Un nom de monstre. Elle haussa les épaules, appliqua les quelques coups de tampon requis, et rangea le dossier.

Son souhait serait exaucé : elle ne les reverrait effectivement plus jamais, ni Nath Clayton, ni son glaçant daemon. Ce qu’elle avait vu dans ses yeux, ce qui l’avait effrayée, c’était la mort, ni plus ni moins.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Re: Leave   Sam 14 Nov - 11:23

That's what keeps me,
That's what keeps me,
That's what keeps me down,
to leave it, believe it,
leave it all behind.


Le corps en sueur, Nathanael se retira, avec une espèce de grognement satisfait. Il ôta d’un geste fatigué les deux préservatifs, les posa sur le sol, à côté du lit, indifférent à la moue de son amante, restée immobile, les bras le long du corps, à le regarder faire. Il s’attendait bien sûr à ce que ce soit elle qui le jette, et, bien sûr – bien sûr, oui - elle le ferait.
Elle ne lui en voulait pas : ils avaient fonctionné comme cela depuis le début. Il n’avait jamais prétendu au statut de prince charmant, ça, on pouvait dire que, dès le début, il avait mis les points sur les i. Il n’était même pas du genre à s’engager. Il n’était pas du genre à être fidèle. Et il n’était pas du genre à la remercier pour ce qu’elle faisait pour lui. Le ménage, la bouffe, c’était elle. Même les tâches traditionnellement « masculines », c’était pour sa pomme, du genre changer une ampoule ou un joint de plomberie. Et dans l’appartement assez merdique qu’ils partageaient, ça représentait pas mal de boulot, mine de rien. Elle était là aussi pour supporter sa mauvaise humeur quand il était déçu de ses combats ; elle préparait l’alcool, les compresses, les baumes pour Lazareus. Au début, Nath avait dit qu’il avait peur de mal les préparer, que son niveau magique était trop mauvais pour ce genre de manipulations, vu qu’il avait arrêté Poudlard au bout de deux ans. Objectivement, elle était meilleure que lui, mais il aurait été capable de le faire.

*En même temps, il est crevé ; il est quatre heures du matin, il a passé la nuit à combattre, c’est normal que je sois là pour lui ; et même pour son putain de lézard*

Oui, elle était là lors des (rares) défaites. Elle préférait ces soirées là. Parce que, même si Nath était dans ces cas-là d’une humeur absolument exécrable, elle sentait qu’il avait besoin d’elle. Oh, il ne la frappait pas, il arrivait encore très bien à la faire pleurer juste par des mots. Et parfois, lorsqu’ils avaient épuisé lui les sarcasmes, elle les larmes, ils faisaient l’amour presque avec tendresse. Ça n’arrivait quasiment jamais, en cas de victoire. Parce que ces soirs-là, à son retour, l’odeur vulgaire de ses putes imprégnait ses vêtements autant que celle de l’alcool et de la sueur. Il était rassasié, sans doute content de pouvoir tirer un coup sans avoir à vérifier que sa petite amie tordue n’avait pas par hasard trafiqué les préservatifs.

Des rais de lumière jaunâtre venus de la rue faisaient au corps maigre et nu de Nathanael, recroquevillé en fœtus sur le lit, des rayures de zèbre. Elle l’aimait, ce sale con. Lui prétendait qu’il aimait juste trouver une maison propre et un plat chaud en rentrant chez lui, mais on ne restait pas trois ans avec une personne qu’on n’aime pas. Il n’était pas expansif, mais il l’aimait forcément, oh, peut-être un peu moins qu’elle, mais ça viendrait, peu à peu. Elle n’espérait plus en faire un amant fidèle, mais… un père, peut-être ?

Elle se coucha sur le côté ; ce n’était pas le moment de penser à ça. Demain, elle devait se lever tôt, pour préparer le petit déjeuner de Nath, avant sa visite médicale. Il devait y aller à jeun, mais elle lui ferait des pancakes, elle les lui mettrait dans une boîte, avant de partir bosser à la boutique. Il pourrait les manger sur le chemin du retour. Ces visites trimestrielles ne le mettaient jamais de très bonne humeur, mais de petites attentions de ce genre pouvaient adoucir son caractère. Si en plus elle ne rentrait pas trop tard, de son côté, ils pourraient même peut-être se faire une toile. Elle s’achèterait du pop-corn, il piquerait dedans en expliquant que ce serait toujours ça de moins sur ses cuisses. Bon, il ne fallait pas rêver d’un resto, ce n’était ni son anniversaire, ni la saint-Valentin. Mais un bon hot-dog, acheté à un vendeur ambulant, et dégusté sur les marches d’un perron… Oui, ça pourrait donner une soirée très sympa. Elle sourit, et jeta un dernier coup d’œil à Nathanael, avant de s’endormir, comme toujours très rapidement.

Ce fut la dernière fois qu’elle le vit.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Re: Leave   Sam 14 Nov - 11:32

I lost myself, I lost them.
heartache calling me.
I lost myself in sorrow
I lost myself in pain.
I lost myself in gravity,
Memory , leave, leave.


« Sharleene ? Sharleene Clayton ?
- Euh… ouais ? »


Derrière le bar, la fille a l’air intrigué, mais relativement sympathique, en tout cas autant qu’on peut l’être face à une inconnue qui débarque sur votre lieu de travail, échevelée, les vêtements trempés par la pluie, un gros sac à dos de randonneur sur le dos à faire fuir les rares clients de ce début d’après-midi. Celle qui a répondu au nom de Sharleene est une fille de taille moyenne, mince, voire maigre, les cheveux noirs coupés au carré, quelques jolis piercings disséminés sur son visage, sur le nez, sur la langue, sur l’arcade sourcilière. Elle est assez maquillée, mais on devine qu’elle a la peau pâle – beaucoup plus que les autochtones, c’est sûr. Leur mère, à Nath et elle, doit avoir la peau claire, elle aussi, ne peut s’empêcher de penser Lorraine.

A part ça, ils ne se ressemblent pas beaucoup, elle ne l’aurait pas reconnue sans les indications des voisins – qu’elle n’a pas comprises sans mal d’ailleurs, elle n’avait jamais parlé un mot de portugais avant de débarquer au Brésil. Peut-être y a-t-il un petit quelque chose, au niveau de l’expression, de cette manière de regarder les gens avec une certaine distance… Mais peut-être que c’est simplement parce qu’en l’occurrence, elle doit faire peur. Trois mois de pérégrinations à travers le pays, sac au dos, même quand on est une sorcière, il y a mieux pour se maintenir en forme. Sa manucure et sa couleur de cheveux en ont pris un sacré coup. Mais il fallait qu’elle vienne, c’était ça ou la France. Et elle s’est dit que Nath serait plus du genre à aller chez sa sœur que chez sa mère.

Un large sourire s’est épanoui sur son visage, lorsque son interlocutrice a répondu par l’affirmative. Même si Nath a choisi la France, ce sera facile, maintenant, de le retrouver. Parce que sa sœur l’aidera, elle ; il n’y a plus de prétexte de distance qui tienne, maintenant : elle rencontre la famille de son homme. De son ex, corrige mentalement une petite voix dans sa tête, qu’elle s’empresse de faire taire. Trop tard. Les angoisses ressurgissent. Et si Sharleene ne disait rien ? Si elle refusait de l’aider ? Qu’a pu lui dire Nath, à son sujet ?

Elle l’imagine, se balançant dans un hamac, verre à la main, lancer à sa sœur partie rechercher la carafe de pina colada pour le remplir à nouveau, lui lancer, désinvolte, que si une fausse blonde nymphomane vient la voir jusqu’au fin fond de son trou brésilien – parce qu’elle en serait capable, la salope -, qu’elle soit assez gentille pour lui dire d’aller bouger ses grosses fesses ailleurs, vu qu’elles sont loin de valoir celles des autochtones. Sharleene a droit à une pause d’ici une petite heure, ça laisse à Lorraine le temps, tout en sirotant un jus d’oranges un peu tiède, d’imaginer comment Nath a pu la dépeindre, oui. Elle commence à être assez forte, à ce petit jeu, même si, bien sûr,elle est toujours en-dessous de la réalité lorsqu’elle s’essaie à deviner les vacheries de son cher et tendre. Elle ne peut s’empêcher de trouver qu’en son genre, il était brillant. Exécrable, oui ; il avait l’air de détester tout le monde, mais il l’avait choisie comme petite amie –ou, du moins, il avait accepté qu’elle le choisisse comme tel, et qu’ils vivent ensemble, ce qui revient au même.

Mais quoi qu’ait pu dire Nath, Sharleene ne l’a pas envoyée paître. Elle termine bel et bien de rendre la monnaie à un couple d’amerloques en goguette, et la rejoint à sa table.

« Bon. T’es qui ? »

Ca a le mérite d’être direct. Encore un trait de caractère familial ; ça fait frissonner Lorraine, elle hésite. Mais elle n’a pas fait tous ces kilomètres pour reculer au dernier moment.

« Je… je cherche Nathan. Enfin, Nath », corrige-t-elle, en se souvenant qu’elle est le seul à utiliser le premier diminutif –diminutif que l’intéressé n’a d’ailleurs jamais approuvé. Elle voulait quelque chose qui lui soit propre, qu’ils se partagent, comme un petit nom d’amour secret. Et elle n’avait pas osé aller jusqu’au petit lapin rose d’amour en sucre…

Sharleene continue de la regarder d’un air sceptique.

« Nath ? Mon frère Nath ? Mon frère Nath-que-j’ai-pas-vu-d’puis-bien-dix-ans ? » précise-t-elle avec un petit rire pas vraiment méchant, mais qui semble quand même vouloir dire qu’il faut être un peu tarée pour être venue la voir pour ça. Malgré le jus d’orange, Lorraine a soudain l’impression d’avoir la gorge très sèche. Elle se sent pitoyable, mais ne peut que hocher la tête, tremblant sous l’effet de la désillusion. Elle voit bien qu’elle s’est trompée : non seulement son Nathan n’a pas été chez sa sœur, mais il ne semble même pas l’avoir prévenue de son départ précipité. Pourtant, elle ne peut que hocher la tête, et se lancer dans des explications confuses.

« Il… Il a disparu du jour au lendemain… Je… j’ai pensé qu’il devait m’en vouloir de quelque chose, mais… j’voulais qu’on s’explique, lui et moi. Je sais que je peux être fatigante, je comprends qu’il ait besoin de respirer, et… » Elle se mord les lèvres. Sa voix diminue et monte de quelques degrés dans la gamme. « S’il veut rompre, je peux comprendre, mais… il ne peut pas partir comme ça ! Je veux dire… on a vécu trois ans ensemble. Ca n’est pas rien, ça ! J’ai… j’ai quand même mérité un peu d’égards ! Ne serait-ce que de me dire qu’il partait ! Est-ce que… est-ce qu’il a eu peur que j’sois hystérique ? Je sais que je suis collante, mais… »

Elle s’interrompt, parce que Sharleene s’est mise… à sourire. Même pas méchamment. Pas non plus de manière compatissante. Elle sourit, juste. Elle se balance en arrière, sort de sa poche un paquet de tabac et une feuille, pour s’en rouler une. Lorraine la regarde faire, et à voir son regard écarquillé, on croirait qu’elle pense que cette cigarette est la clé qui va résoudre son problème. Sharleene lui demande du feu ; elle hésite, puis claque dans ses doigts pour produire une étincelle magique. La jeune femme y allume le petit cylindre, sur lequel elle tire quelques bouffées, avant de prendre enfin la parole.

« Chais pas où il est, Nath, désolée. Ecoute, euh…
- Lorraine
- …Lorraine. Chais pas c’qui t’a pu faire faire tous ces kilomètres pour retrouver mon cher frère, mais… il a jamais estimé devoir quoi qu’ce soit à personne, tu sais. En fait, il en a toujours fait à sa tête ! »


Elle rejette la tête en arrière, souffle une bouffée de fumée, et éclate de rire.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Re: Leave   Sam 14 Nov - 11:37

It's under, under, under my feet.
The scene spread out there before me.
Better I go where the land touches sea.
There is my trust in what I believe.


Lorsque la vieille Kerenn entrelaçait les branches de pommier et les brins de chrysanthème, qu’elle y accrochait harmonieusement quelques rubans vermillon, ça semblait l’enfance de l’art. Et pourtant, lorsque la fillette tâchait de l’imiter, rien ne tenait en place. Les branchages s’obstinaient soit à faire de gros paquets trop laids, soit, plus simplement, à tomber, avec un petit « flaf » lamentable. Elle serrait des poings, trépignait, assez têtue pour s’acharner encore une fois, puis une autre. Kerenn souriait, de ce sourire doux qui avait tellement effrayé la petite, autrefois, à cause des nombreuses dents qui y faisaient défaut. Elle savait qu’il était inutile d’essayer de proposer son aide à sa jeune camarade : Sharleene n’avait que huit ans, mais elle était déjà une vraie tête de mule, dotée d’un sacré caractère. Oui, avec Nathanael, son grand frère, ils faisaient la paire.

De drôles de choses pouvaient se passer sur Sywhaîd, territoire magique entre tous. A l’approche de Samhain, les mystères étaient plus nombreux encore ; il devenait presque banal d’arriver au réfectoire, et de raconter qu’on avait discuté avec une fée fleur, ou qu’on avait aperçu dans les marais des ragondins jouer de l’harmonica. Mais la coïncidence qui se produisit ce jour-là était assez extraordinaire pour figurer au palmarès des événements les plus surprenants qu’ait vécus la vieille Kerenn sur la Noble Lande. Car alors qu’elle pensait à ce garnement de Nath, reparti à la fin de l’été à Poudlard pour y entamer une troisième année de scolarité chaotique, qui donc toqua à la porte, et y fit, l’air de rien, son apparition ?

« Naaath ! »


Sharleene avait ouvert des yeux grands comme des soucoupes, avant de sauter au cou de son frère. Celui-ci avait ricané, avant de desserrer de force l’étau des bras de la petite fille autour de sa nuque. Elle l’avait mené à sa création, il avait décrété que c’était nul à chier –et honnêtement, même si elle l’aurait exprimé différemment, Kerenn devait reconnaître qu’il n’avait pas tort. Et puis, il l’avait aidé à terminer sa décoration samhainienne, comme si de rien n’était, comme si rien n’était plus normal que de voir débarquer un adolescent dans son village, au beau milieu d’un trimestre scolaire. Ce n’était pas juste une petite fugue, un petit break de quelques jours, histoire de revoir les siens. La Brume qui protégeait Sywhaîd, mais qui enfermait aussi ses habitants, ne se rouvrirait pas avant Noël.

Sharleene lui avait demandé, tout en travaillant, ce qu’il faisait là, pourquoi il était revenu. D’un ton paisible, il avait répondu quelque chose dont Kerenn se souviendrait jusqu’à sa mort :

« Parce que j’avais envie ».

Et il en avait bel et bien fait à sa tête.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Re: Leave   Sam 14 Nov - 11:45

I know it well, ugly and sweet
A temper man who said believe in his dream.

That's what keeps me
That's what keeps me
That's what keeps me down
I sent it on an airline plane
I sent it off in an airplane
that never left the ground.


« 10, 20, 30, et 40, qui font 100 », compta Pierre Sullivan sur le comptoir, en alignant les petites coupures froissées sur le comptoir, avant que Nath ne les fourre dans la poche de son jean, une bière dans l’autre main. Il oublia de remercier son ami et patron du soir. Des années que Pierre le faisait jouer dans son club à peu près toutes les semaines, sans que les performances musicales du « chanteur » ne fassent augmenter pour autant sa clientèle de manière significative. Pendant quelques minutes, ils burent en silence – de l’eau gazeuse, pour le patron du bar. Mais ce dernier prit finalement la parole, d’une manière originale.

« Ca fait combien d’temps, Nath ? »

L’autre reposa sa chope, et haussa un sourcil interrogateur ; il avait un peu de mousse collée au-dessus de la lèvre supérieure.

« Combien d’temps qu’tu vivotes avec ce pseudo-groupe ? »

Pierre savait que tout autre que lui aurait risqué de se prendre un poing dans la figure, rien que pour avoir remis en cause la valeur du « groupe » dans lequel officiait Nathanael. Il se força à rester les yeux fixés dans ceux de son interlocuteur, à ne pas prêter attention au daemon, dont il devinait pourtant la collerette hérissée. Il n’arrivait pas à se faire au regard du lézard. Ne pas le regarder, non.

« Ca va faire bientôt 10 ans… tu compt’ faire un gâteau, pour l’occasion ? » répondit finalement Nathanael, d’une voix traînante, en crispant légèrement sa main sur l’échine de son daemon ; il devait être en train de lui intimer l’ordre de ne pas sauter à la gorge de son « ami », songea Pierre en réprimant un frisson. Mais il savait qu’il avait pratiquement partie gagnée : si Nath ne lui avait pas encore renversé sa bière à la figure, c’est qu’il était bel et bien disposé à une discussion même relativement désagréable. Il inspira, et, après avoir avalé une petite gorgée d’eau gazeuse, répliqua :

« Je me demandais plutôt quand tu allais te décider à passer à autre chose. Tu n’es pas un chanteur, Nath Clayton. T’as une voix intéressante, tu chantes juste, mais… tu feras jamais une grande carrière. »

Il vit la chope de bière trembler ; le poing de son ami se crisper autour de l’anse. Il se prépara à esquiver un coup, qui ne vint pas. Entre les dents, d’un ton qui se voulait désinvolte, mais qui ne l’était pas, Nath émit une sorte de grondement rauque ; à moins que ce ne fût le lézard ?

« C’est c’que j’veux faire ; alors c’est c’que j’ferai. Et j’t’emmerde. »

Le chauve fit mine de mettre la main à la poche de son jean, comme pour en extirper les billets que lui avait donnés son ami, ou du moins celui qui se prétendait tel. Mais il se ravisa, en songeant que son loueur avait promis de le mettre à la porte s’il ne lui filait pas très rapidement au moins une partie des six mois d’arriérés de loyer qu’il lui devait.

« On fait pas toujours c’qu’on veut, Nath, y s’rait temps qu’un grand garçon comme toi l’comprenne », fit Pierre, cette fois rassuré ; Si son interlocuteur ne lui avait pas encore explosé le nez, c’est qu’il ne le ferait plus, en tout cas pas ce soir. « J’te dis qu’tu feras jamais carrière, je sais de quoi je parle. T’aimes peut-être la musique, mais pas plus que ça. Tu t’impliques pas dans c’que tu fais. Tu fais ça un peu comme tout, en dilettante. Ca fait la différence. T’aurais une voix exceptionnelle, ça pourrait suffire. Mais… bon, t’as un timbre intéressant, j’dis pas. Simplement
-Ca va, j’ai compris l’idée. Tu pouvais simplement dire qu’tu m’vires, tu sais. « Un grand garçon comme moi » aurait pigé l’message. Tu m’offres quand même la bière ? »


Sans attendre la réponse, Nathanael s’empara cette fois fermement de sa chope, et but goulument plusieurs gorgées du breuvage ambré. Il était loin de le savourer autant qu’à l’ordinaire. Il ne savait pas vraiment pourquoi il n’avait pas encore frappé Pierre. Probablement parce que, d’une certaine manière, il sentait bien l’incohérence qu’il y aurait eu à reprocher à quelqu’un de faire preuve de franchise avec lui, alors qu’il ne se privait pas lui-même pour sortir à tout un chacun ses quatre vérités. Peut-être qu’il était juste pas encore assez ivre pour essayer de cogner un type moins crevé, moins saoul et en meilleure forme physique que lui.

« J’ai un ami barman dans Queens. Il cherche un serveur. »

Nathanael éclata d’un rire malsain. Un serveur. Lui. Merci la promotion ! Un job de merde, ouais, à décharger des caisses de gnole toute la journée, et encore, même pour ça, ce cher vieux Pierre n’oserait probablement même pas le recommander directement ; il se contenterait de lui indiquer le plan, sachant déjà que Nath finirait par planter le truc, comme d’habitude.

Il rota, et cracha un « ah ouais ? » immature à souhait, avant de se laisser glisser du haut du tabouret de bar. « J’ai une meilleure idée : si t’allais l’enculer d’ma part, ton copain de Queens ? »

Il fit un doigt à Pierre, tendit le bras pour permettre à Lazareus de grimper dessus, et il quitta le bar.

Pierre ne revit plus jamais Nathanael.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Re: Leave   Sam 14 Nov - 11:49

shifting the dream
charging the scene
I know where I marked the signs
Suffer the dreams of a world gone mad
I like it like that and I know it


Nath traînait encore dehors ; bien sûr, Manhattan était devenu beaucoup plus sûre ces dernières années qu’encore dix ans auparavant, mais quand même, ce n’était pas une très bonne idée de s’attarder comme ça à une heure si avancée de la nuit – du matin ? On avait beau dire que les grandes métropoles comme New York ne dorment jamais, le quartier qu’arpentait le sorcier était plutôt désert. C’était à l’extrême ouest de l’île, en face des lumières floues de la rive du New Jersey. Un lieu qui, aux yeux des non-sorciers, ressemblait à une série d’entrepôts sans autre intérêt que d’être encore à peu près déserté par les touristes –à part ceux qui se seraient perdus à la sortie d’un des ferries. Il n’y avait pas qu’un seul quartier sorcier, dans la grande pomme, mais plusieurs, disséminés dans les différents districts. Celui dans lequel errait Nathanael en était à peine un. Il n’était encore envahi que par la jeunesse underground ; c’était le genre d’endroit où on peut trouver des herbes illégales, des animaux venimeux, et autres artéfacts maléfiques très rigolos.

C’était aussi là où se trouvait le bar de Pierre.

Enfin, c’était un lieu de villégiature pour clochards un peu bizarres. Comme celui qui eut la (très) mauvaise idée, ce soir (ce matin ?) là, de demander une pièce à Nath de manière un poil insistante. C’était un type très jeune ; blond, avec trois poils de barbe un peu roux, sous la lueur de l’enseigne lumineuse d’un marchand de pièges à souris. Il portait les reliefs d’un smoking, nœud papillon compris, qui lui donnaient l’air de sortir tout juste d’une soirée bien arrosée. Le fatras de cartons et de couvertures auquel il était adossé témoignait cependant du contraire.

Ce jeune homme, donc, avait évidemment un nom, que Nathanael n’apprendrait que le lendemain, dans le journal, mais que nous dévoilerons dès maintenant : il s’appelait Theodore Carter, et il avait décidé de quitter du jour au lendemain le penthouse luxueux qu’occupaient ses parents à Boston, non pas pour se faire offrir un petit studio trendy dans Greenwich, mais pour se débrouiller… tout seul. Mine de rien, Theodore (Ted, si vous préférez), se débrouillait mieux qu’il n’y paraissait.

Il n’avait pas l’air d’un vrai clochard, et ça intriguait suffisamment les passants pour qu’ils s’arrêtent, se laissent séduire par sa tchatche – Ted avait fréquenté les meilleures écoles privées, il avait suffisamment de culture pour soutenir des conversations ; il était malin, aussi, et se plaçait aux bons endroits. Sa bonne mine rassurait les vieilles dames, faisait fantasmer les demoiselles. Son daemon, un adorable singe capucin, faisait le reste. Il ne se rendait dans le quartier sorcier que pour s’y procurer certaines drogues, et, parfois, pour dormir.

Lorsqu’il vit passer Nathanael, ce soir-là, il était déjà très tard ; ils étaient seuls, dans les rues, ce qui créait une sorte de complicité entre eux, du moins du point de vue de Ted. D’autant que, perché sur l’épaule de l’inconnu, se trouvait un gros lézard que le daemon du clochard identifia immédiatement comme un « collègue ». Ted appela Nath. Mais celui-ci venait de se disputer avec celui qui, ces dernières années, avait été sa principale source de revenus. Il venait de se manger ses avertissements, selon lesquels jamais il ne serait chanteur. C’était suffisamment pénible, voire traumatisant, pour qu’il ne remarque pas qu’un crétin de clochard l’appelait.

Ted crut que Nath faisait semblant de ne pas l’entendre, pour ne rien lui donner. Il haussa la voix, sans que l’autre ne réagisse, n’entendant d’autres sons que les paroles, en écho, prononcées par Pierre quelques instants plus tôt. Ted s’énerva ; la présence de Laz lui garantissant qu’il ne s’attaquait pas à un non-sorcier, perdu par erreur dans le quartier, il enfila son médium, un anneau de hêtre qu’il planquait soigneusement la plupart du temps pour ne pas se le faire voler. Et il lança à Nath un sort de croc-en-jambes.

Celui-ci ne s’y attendait pas, et s’écroula par terre. Ses genoux s’écrasèrent sur le sol les premiers, puis le bas de ses paumes. Son daemon, plus vif, sauta à terre avant la chute. Tous deux regardèrent autour d’eux ; l’animal fut le premier à repérer Ted, qui les observait, goguenard. Nath voulut courir vers son agresseur, mais Lazareus avait été plus rapide. Et le clochard ne s’était évidemment pas attendu à ce que la magie vienne du daemon. Il ne s’était pas méfié, et fut bien surpris de se retrouver à son tour plaqué au sol par un sortilège de glu, alors même que sa victime était encore en train de se relever maladroitement.

Les choses s’enchaînèrent très vite. Le singe avait compris ce qui s’était passé ; il bondit sur le lézard, et voulut le prendre à la gorge. Mais ce dernier avait des réflexes extrêmement affûtés ; il s’était retourné, la gueule ouverte, et les deux rangées de petites dents pointues qui hérissaient sa mâchoire se refermèrent sur des poils et de la chair. Pour la première fois, Lazareus sentit le goût salé du sang d’un autre daemon sur sa langue. Mais ce serait loin d’être la dernière fois.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Re: Leave   Sam 14 Nov - 11:55

Midnight hands, my eyes are still
I walk into the scene
Shoot myself in a different place
Leavin'


« C’était impressionnant.
- Quoi, t’as jamais vu d’ambulance ?
- J’te parle pas de l’ambulance, abruti. »


Nathanael releva la tête, les sourcils froncés. Il n’aimait pas les gens qui parlaient par énigmes, comme pour paraître plus malins. Et cette pouffiasse semblait faire partie de la catégorie en question.

Il lui devait une assez fière chandelle : sans elle, il serait sans doute bêtement resté près du daemon blessé et de son humain, qui ne valait guère mieux, même si les blessures, chez lui, n’étaient pas aussi visibles. Elle avait surgi de nulle part, l’avait entraîné à travers les rues du quartier, jusque chez elle. C’était elle aussi qui avait sorti les compresses, ainsi que la pommade à appliquer sur le cou de Lazareus, là où le singe avait laissé les marques de ses doigts minces. C’était bénin ; mais c’était la première fois que son daemon était blessé, et Nath ne savait pas comment réagir. Il avait été pris à la gorge, lorsque le singe s’était jeté sur le lézard. Il avait eu l’impression d’étouffer, avant d’éprouver un plaisir cruel, lorsqu’il avait senti l’adversaire lâcher son étreinte, et son daemon se régaler d’un aliment nouveau, euphorisé aussi par l’adrénaline. Et puis il était resté là, stupidement. Lazareus avait mis du temps à desserrer les mâchoires. Mais il ne semblait pas se soucier autant que Nath de savoir si sa simiesque victime avait ou non survécu à ses blessures. En tout cas, il avait perdu beaucoup de sang. Laz en était couvert. Pas très discret. Oui, heureusement que la fille s’était trouvé dans les parages.

« Très bien. Diiiis-moi. Tu parles de quoi ?
- De la bataille, bien sûr. Ton lézard. C’est un vrai tueur. »


Elle avait dit ça comme un chat se pourlècherait les babines. Un sourire carnassier aux lèvres. C’était presque effrayant, mais Nath trouvait ça assez sexy. Elle était petite, moins d’un mètre 55, à vue de nez. Son visage n’était pas très harmonieux : des lèvres mal dessinées, des yeux un peu rapprochés, le nez épaté. Elle avait une véritable forêt de cheveux bouclés, teints en orange vif. Son teint était très mat, l’un de ses grands-parents était probablement noir. Objectivement, elle n’était pas jolie, et plate par-dessus le marché, quand Nath avait un sérieux faible pour les gros seins.

Et visiblement, elle était un peu folle. Bon, il ne serait pas rongé de remords pendant des semaines pour ce qu’il avait fait, après tout ce mec l’avait agressé et n’avait eu que ce qu’il méritait. Mais de là à se réjouir du spectacle… Il échangea un regard avec son « tueur », qui plissa les yeux, l’air fatigué.

« Bon, soit tu m’dis où tu veux en v’nir et pourquoi tu nous a am’nés ici, soit on s’tire.

- Très bien. Je voudrais que tu participes à un combat, vendredi prochain. Un combat de daemons. J’me charge de t’inscrire, en échange d’un p’tit pourcentage sur les 1 000$ qu’ya à s’faire. Disons qu’tu gardes… 700. Ca m’semble très honnête, vu qu’normal’ment, on peut pas participer sans un garant.
- Ha ! Ben voyons. Ca m’semble une belle arnaque, ouais. Tu crois qu’Laz va s’faire déchiqu’ter just’ pour tes beaux yeux, et qu’tu vas en plus t’faire 300 billets sur not’ dos just’ en t’tournant les pouces ? »


La jeune femme ne s’était pas départie de son sourire. Et, ignorant le ton scandalisé de son interlocuteur, elle haussa les épaules.

« Techniquement, toi aussi, tu te tourneras les pouces. Et puis, en échange, je vous loge ici, en attendant. Je vous briefe sur vot’ adversaire, j’sais où trouver l’info. Et c’t’un gros avantage, de savoir à qui on a affaire à l’avance. J’m’occupe aussi des soins ; tu sais même pas comment s’fabrique c’te pommade ; c’est pas la même qu’pour les humains, tu sais. Et puis, ça paie ma conscience, aussi ; j’devrais t’dénoncer, pour c’que t’a fait, d’t’aleur… »

Elle regarda Nath d’une telle manière qu’ils éclatèrent de rire de conserve. Lui, parce qu’il aimait son aplomb ; elle, parce qu’elle savait qu’elle avait trouvé son champion. Elle croyait alors que leur collaboration pourrait durer des années.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nath Clayton
Sywhaîdien
Sywhaîdien


Nombre de messages: 160
Age: 50
Date d'inscription: 29/03/2009

MessageSujet: Re: Leave   Sam 14 Nov - 12:10

Longed for this to take me,
Longed for my release
Waited for the coming
leavin', leave.

Leave, leave.
Leavin', leavin'


« Je croyais qu’on avait dit que ce s’rait ton prix d’consolation pour si tu perdais.
- Mais on n’pouvait pas perdre.
- Et ?
- Ecarte les cuisses. »


En ricanant, elle obtempéra, et laissa Nathanael, encore tout suant de son premier combat officiel, la prendre, assez violemment, contre le mur des coulisses. Il ne passa pas par quatre chemins ; il la souleva un peu du sol ; elle enroula ses jambes autour de sa taille comme un petit serpent. L’euphorie de la victoire mêlée à la tension sexuelle qui s’était développée silencieusement entre eux lors de ces quelques jours rendit ces trois courtes minutes terriblement excitantes.

Mais dès leur petite affaire terminée, Nath referma sa braguette et précisa :
« C’était mon p’tit cadeau d’adieu. »

Encore le long du mur, quelques mèches de cheveux collées au front, elle écarquilla les yeux, incrédule.

« T’avais raison, ça m’plaît bien, c’t’histoire de combats d’daemons. Mais techniqu’ment, j’ai plus b’soin d’toi. Ton pote m’a pratiqu’ment supplié d’rev’nir la s’maine prochaine. »

Elle ne pouvait pas croire qu’il faisait ça. Il la laissait tomber, ce connard.

« J’te dénonc’rai », menaça-t-elle, la voix sifflante. « J’préviendrai la police, pour Ted.
- Tu peux pas ; tu t’es portée garante, pour l’premier combat. Garante d’mon intégrité morale. Faut lire les règlements, ma belle. »


Il avait raison, évidemment ; bien sûr, ce putain de règlement. Pas vraiment un truc sur lequel les organisateurs de combats de daemons étaient trop à cheval. Mais la police, si. Du moins, ils viendraient fouiner, si elle les avertissait, pour Nath et Ted. Et il avait raison : techniquement, c’était elle qui avait le plus à perdre.

« Sans rancune, chérie. Mais t’es vraiment pas mon type. »

Il fourra les trois cents billets qui représentaient sa part dans le décolleté de la jeune femme, et disparut.

***

REM - Leave

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Leave

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Gamma ~ "I won't leave you alone."
» Section absences, arrivées et leave
» Leave yourself behind, beat inside me, leave you blind... {pv Dean&Johnny} ;
» « Just tonight I won't leave, I'll lie and you'll believe » ? Scott J. Huston
» « Live fast, die young, and leave a beautiful corpse. » | Joshua A. Kingsley

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: Extra-jeu :: Petites histoires-