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David Spinelli Ancien Personnage


Nombre de messages: 77 Date d'inscription: 16/01/2009
 | Sujet: Something Must Break Lun 9 Nov - 18:48 | |
| Something Must Break - Joy Division attention, là c'est mon groupe préféré !
Un jour ou l’autre, Claude savait que tout ça serait fini. Bien entendu qu’il le savait, ils étaient tous les trois trop fous, trop insouciants, trop inconscients. C’est la seule idée qui lui venait, la seule qu’il s’autorisa pour se protéger : il savait que ça arriverait. Cela ne l’empêcha pas d’être complètement soufflé par cette mort brutale. Complètement détruit, privé de raison, obligé d’associer tous ses meilleurs souvenirs à un homme désormais mort. Atone, vidé, il marchait sans regarder personne, sans dire un mot, courbé et maigre. Et quand on lui parlait, il détournait pudiquement les yeux, les lèvres serrées en une moue amère qui ne le quittait plus.
David ne savait pas quoi faire et n’était même pas sûr d’avoir le droit de faire quoi que ce soit. Après tout, c’était prévu, hein. C’était couru d’avance, ça devait arriver un jour ou l’autre et il savait depuis toujours que Claude serait trop faible pour faire face. Trop sensible, peut-être ? Oui, sûrement. Lui, David, il ressentait cette perte avec la même force, la même acuité. Il en passait des nuits blanches, il en pleurait chaque jour, il en avait mal au ventre à force d’y penser. Mais il restait debout. Si Claude jouait son rôle en se délitant lentement, David devait jouer le sien en restant droit et en le soutenant. C’était pour cette raison qu’il surveillait de près son meilleur ami et l’empêchait de se faire du mal. Il avait besoin de lui, il avait besoin de s’en occuper. Sinon, que deviendrait-il ? Désoeuvré, que ferait-il dans ce monde désormais privé de Tibère et de Claude ?
C’est cette terrible idée, celle d’une vie où il n’aurait pas pu sauver Claude (à défaut de Tibère), qui le décida à aller voir Jena. Son raisonnement était le suivant : Claude ne devait pas mourir, ou David devrait suivre. Or, Claude voulait mourir. La solution était donc de l’en empêcher, de n’importe quelle manière.
Quand il se présenta devant la porte de Jena, il était habillé tout de noir, sobre et accablé d’une douleur manifeste. Il avait maigri, son visage était creusé et pâle, ses mains tremblantes et son éternelle assurance n’avait plus l’air que d’un rôle tenu par habitude. Il frappa deux petits coups à la porte et quand elle s’ouvrit, sourit à Jena. Ce n’était plus qu’une pâle copie de son éblouissant sourire, surmontée de deux yeux au regard hagard, mais la tentative était honorable.
« Salut, Jena. Je… je voudrais te demander un service. C’est à propos de Claude. Il veut mourir, tu le sais ? »
Le sujet était vite amené sur le tapis, mais David n’avait pas la force d’attendre encore, ni assez de foi pour engager une conversation. Non, il ne venait parler à Jena que pour lui demander de l’aider, pour rien d’autre, et c’est ce qu’il voulait signifier en entrant si vite dans le vif du sujet. |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 493 Age: 37 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Something Must Break Lun 9 Nov - 19:19 | |
| [Hiii Joy Division !]
« Et donc c’est comme ça que Traolin a expliqué sa théorie sur les flux interno-internes et externo-internes. »
« Oui, mais dans ce cas, ça ouvrirait la porte à des flux externo-externes et externo-internes, non ? »
« Oui, c’est le problème. D’autant plus qu’il est prouvé qu’il n’y a aucun lien entre les flux externes et les flux internes d’une personne, alors que Traolin essaie de prouver qu’il y a des liens dans le sens interne-externe en passant par une démonstration qui prouverait ce qu’on sait déjà faux, le lien dans le sens externe-interne. »
« C’est intéressant. La théorie, pas la démonstration je veux dire. »
« Oui, c’est pour ça que Traolin est écouté un peu partout dans le monde, mais le problème c’est que… »
« … la plupart des gens ne comprend pas assez bien les flux pour voir l’erreur dans sa démonstration, et donc il y a un risque d’une vague de théorisations et de cours basés sur une démonstration fausse. »
Zephira hocha la tête, apparemment contente de voir que Jena était arrivée à la même conclusion qu’elle. Assises chacune dans un des fauteuils du bureau, elles discutaient depuis bien deux heures de MC, de leurs connaissances communes, de Sywhaîd. Enfin, surtout de MC en fait. Elles étaient de Grandes Spécialistes, assez élevées pour profiter à chaque fois qu’elles étaient en présence de personnes pouvant comprendre leur charabia. Alors que Jena allait ajouter quelque chose, Zephira tourna presque imperceptiblement le regard vers la porte et la tsigane eut juste le temps de suivre son mouvement avant de n’entendre qu’on frappait. Jena et Zephira se connaissaient depuis longtemps, et la belle brune était habituée aux étrangetés de sa camarade, elle ne posa aucune question. A Sywhaîd, Patrick non inclus, elle était celle qui savait le plus de choses sur le passé et les particularités de la magnifique blonde, elle était aussi celle qui se posait le moins de question. Jena avait été élevée dans l’acceptation de l’autre, et la curiosité malsaine ne faisait pas partie de sa personnalité.
Elle se leva, posa sa tasse de thé sur une table et ouvrit la porte. Elle se retrouva alors nez à nez avec David, qui ne lui laissa pas le temps de dire grand-chose avant d’entrer dans un sujet qui n’était pas vraiment fait pour être abordé entre deux portes. Jena ouvrit la porte en grand, et Zephira entra dans le champ de vision. Elle s’était déjà relevée et s’approcha de la porte. Le contraste n’en était que plus saisissant. A gauche, Jena. Habillée d’un short en jean et d’un simple poncho noir en laine (sous lequel se trouvait un débardeur de la même couleur), les cheveux courts et noirs, plusieurs tatouages dispersés sur son corps. A droite, Zephira, magnifique blonde aux yeux gris-vert-marron dégageant une aura étrange, habillée d’un pantalon en tweed gris, taille haute, et d’une chemise d’homme rentrée dedans, et d’une simple veste de costume noir. Elles étaient toutes les deux belles, chacune dans son style. Renversante pour Zephira, sans qu’on comprenne bien pourquoi, presque parfaite. Et sexy en diable pour Jena, piquante, presque vénéneuse.
« Je dois partir de toute façon. » annonça Zephira. « On se voit plus tard. » Elle se tourna vers David, qu’elle ne connaissait pas, et lui dit, sur un ton doux et sympathisant : « Condoléances. »
Elle n’ajouta rien et partit. Jena, elle, laissa la place à l’italien pour entrer dans son bureau. Une fois qu’il se fut exécuté, elle referma la porte, se réinstalla dans son fauteuil, et demanda :
« Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? »
Elle n’était pas certaine de pouvoir faire quoi que ce soit. Elle n’avait jamais été proche des Empereurs et ça lui convenait très bien, aucun des trois ne l’attirait, ils étaient trop… Disons qu’elle les trouvait malsains, à des tas de niveaux, et Jena avait beau ne pas être du genre à juger, elle avait tout de même son avis. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | David Spinelli Ancien Personnage


Nombre de messages: 77 Date d'inscription: 16/01/2009
 | Sujet: Re: Something Must Break Lun 9 Nov - 20:57 | |
| David resta là, très droit, face à ces deux femmes magnifiques. Le regard qu’il aurait pu avoir, appréciateur, ne vint pas. Il ne viendrait plus, ou pas avant très longtemps, et David n’avait pas envie de faire l’effort. Il ne les regarda presque pas, à vrai dire, figé dans une douleur digne mais hébétée. Il remercia d’un signe de tête austère les condoléances de Zephira. Il ne la connaissait pas, ne savait pas qui elle était et ne pouvait qu’accepter. Que dire d’autre, franchement ?
David entra plus franchement dans la pièce, s’assit sur une chaise face à Jena et la laissa aller fermer la porte, le regard braqué droit devant lui.
« Hé bien… Claude… Claude ne supporte pas la mort de Tibère. Il n’arrive pas à se relever, je crois qu’il n’en a même pas envie. »
David soupira, détourna le regard. Il chercha un instant où le poser, puis finit par fixer ses mains en essayant de ne pas se mettre à pleurer. C’était difficile.
« Il veut mourir et je… je suis là, à le suivre partout et essayer de l’en empêcher et je ne sais pas quoi faire. »
Quand il leva la main pour la passer dans ses cheveux, le tremblement s’était communiqué à tout son bras. La chaise émit un léger craquement, gagnée par le frémissement de David.
« Je ne sais pas comment faire. J’ai ma propre peine à accepter et… c’est dur. »
David ne parlait jamais de ce genre de choses. Il cachait toute faiblesse et était endurci à se montrer le plus détendu et calme possible, en toutes circonstances. Mais aujourd’hui, ce n’était plus possible. Tibère était mort. Il prit une grande inspiration et se décida enfin à poser la question pour laquelle il était venu :
« Il m’a dit que tu avais arrêté Tibère en le plongeant dans un sommeil magique. Alors… tu pourrais faire la même chose, pour Claude ? »
Oui, David voulait plonger son meilleur ami dans le coma pour mieux le maîtriser. Oui, c’était horrible, oui c’était inhumain et il n’en avait pas le droit. Mais David n’avait pas peur des solutions extrêmes, et il ne savait plus quoi faire d’autre que de mettre Claude en pause. Il n’avait plus d’autre solution, comme le jour où il avait tué Pierre Valhubert dans un mouvement de panique. Là, dans ce bureau et face à Jena, c’était la même chose. David paniquait.
« Juste le temps de reprendre mes esprits. Juste le temps que je sois capable de m’occuper de lui… Si il meurt avant… oh, si il meurt, Jena. Ce serait… »
David essaya de sourire. Bravement. Et puis ses yeux s’emplirent de larmes qu’il voulut cacher en plaçant sa main tremblante devant son visage. Ça devenait trop dur, ça devenait impossible de se tenir lui-même. Il avait été si doué pour ça, avant… |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 493 Age: 37 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Something Must Break Mer 11 Nov - 13:25 | |
| Au début, tout allait bien. Jena, le regard plein de sympathie, écoutait David en hochant la tête. Elle ne connaissait pas les Empereurs, mais en savait assez sur eux pour pouvoir imaginer ce que la mort de Tibère avait pu créer chez Claude et David. Et puis, Jena lisait les flux. David n’aurait même pas eu besoin de dire un mot pou qu’elle sache à quel point il était proche du gouffre. Elle avait assez croisé Claude, errant sans but, pour avoir eu la possibilité de voir que, pour lui, le point de non-retour était proche. Toute la première partie, donc, fut accueillie comme David avait dû s’y attendre : avec un regard compatissant et une compréhension. Jena n’était pas la femme la plus psychologue du monde, mais elle savait reconnaître une profonde peine quand elle en voyait une. Bien sûr, chez les Tesulah la mort était vue d’une façon différente. Ils ne croyaient pas vraiment à une vie après la mort, mais ils voyaient la mort comme une fin naturelle de la vie. On fêtait les morts plus qu’on ne les pleurait. Et même si on était triste d’avoir perdu une personne chère, on le prenait avec une sorte de philosophie étrangère à la culture occidentale. La mort n’était pas glauque, pas triste, pas désespérée chez les Tesulah. Elle était juste naturelle. Quand Jena avait perdu son père, elle s’était sentie triste, et mélancolique, mais elle avait aussi su reconnaître un acte naturel et avait vécu son deuil comme n’importe quel Tesulah le faisait : en assistant à une grande fête de cinq jours, les cinq jours du deuil, et en se réunissant ensuite quarante jours plus tard avec sa famille pour célébrer une fois de plus la mémoire de son père. Elle trouvait cette façon de faire bien plus saine. Malgré le chagrin de la perte d’une personne, on vivait quand même la mort plus facilement quand on n’en faisait pas un tabou.
Par contre, la seconde partie des propos de David changèrent l’attitude de Jena du tout au tout. Elle se redressa, perdit son attitude compatissante et, même, l’instant de quelques secondes son regard se fit plus dur. Oh nul doute que sa réponse serait négative. Mais il y avait quelque chose d’étonnant à voir Jena si fermée. Elle qui était toujours ouverte, même trop ouverte parfois selon les critères occidentaux, semblait soudain aussi fermée qu’une huître. Une attitude que personne, ici à Sywhaîd, ne lui avait encore vue. Une attitude que peu de gens lui avaient vue, durant ses trente-cinq années de vie. Quand elle parla, sa voix était froide, d’une froideur tout aussi inédite que tout le reste.
« Non. »
Pourtant, elle comprenait. Pas la demande, c’était ce qui s’approchait le plus d’un crime dans son esprit, mais elle comprenait certaines des raisons. Elle pouvait imaginer à quel point David était perdu. Et à quel point il voulait aider son ami. Mais la demande était inacceptable pour elle. Elle qui acceptait tellement de choses des gens, trop parfois, ne pouvait accepter cette faveur-là. Elle ne pouvait même pas accepter qu’on l’évoque. Et tout dans son attitude le disait.
« Je pourrais le faire. J’en suis capable. Mais c’est hors de question. Quand je l’ai fait pour Tibère, ça n’était pas pour le protéger, mais parce qu’il blessait d’autres personnes, et qu’il fallait l’arrêter. Claude ne blesse personne, à part lui-même. Et je n’ai aucun droit de le mettre dans un coma magique pour le forcer à arrêter. C’est son corps, sa vie. Je n’ai aucun droit dessus. Et tu n’as aucun droit non plus. S’il venait me voir, pour que je le mette dans le coma, je le ferai. Mais toi, tu n’as aucun droit sur sa vie. »
Jena était en colère. Et ça se voyait. Pas une petite colère, pas une colère choquée de petite fille bien morale qui voit le mal devant elle. Non, une colère plus forte. Parce que, Jena se trouvait devant une trahison. David voulait trahir Claude. Le prendre par surprise, le mettre dans un coma pour l’empêcher de vivre sa vie. Et dans l’échelle de valeurs particulière de Jena, c’était une des pires choses possibles. Pour elle, même Tibère n’était pas allé aussi loin dans ce qu’il avait fait. Il avait blessé des gens, il avait violé Kennedy, il avait voulu détruire Sywhaîd, et c’était grave, tout ça était très grave. Mais il n’avait pas trahi ses amis. Il n’avait trahi personne, peut-être même pas la Brume, puisqu’il n’avait rien promis à personne. Ce que David faisait était beaucoup plus grave. Il voulait enlever sa capacité de choix à Claude. Il voulait le protéger malgré lui. Et quelqu’un qui chérissait autant l’indépendance que Jena ne pouvait que détester cette idée. Sans compter le fait que ça allait totalement contre sa vision de la déontologie sorcière. Jena avait de grands pouvoirs, de grandes connaissances, et malgré son air de tarée, elle considérait comme primordial de savoir qu’avec de tels pouvoirs, venaient de réelles responsabilités. Elle n’avait jamais abusé de ce qu’elle savait, et considérait comme impossible à accepter que quelqu’un lui demande de le faire. Sa colère était donc palpable, une sorte de fureur sourde qui bouillonnait en elle, et qui ne s’était pas calmée quand elle ajouta :
« Tu ne peux pas gérer ta peine en même temps que la sienne ? Personne ne te le demande. Il n’y a que Claude qui doive gérer la peine de Claude. Que Claude qui ait la responsabilité de Claude. S’il décide de mourir, tu peux essayer de l’aider, tu peux essayer de lui faire retrouver le goût à la vie. Mais tu n’as aucun droit de l’en empêcher comme tu veux le faire. Si Claude décide de mourir, il a le droit de le faire, c’est sa vie. »
C’était une vision assez étrange, qui montrait que les Tesulah étaient quand même loin d’être des occidentaux comme les autres. Jena n’avait jamais rencontré personne ayant les mêmes conceptions qu’elle sur des sujets aussi importants que la vie et la mort, par exemple. Elle savait qu’elle faisait partie d’une culture à part. Mais une partie de ce qu’elle disait était vrai. David n’avait aucun droit de vie ou de mort sur Claude. Et surtout…
« Tu es égoïste. Tu ne penses pas pouvoir survivre sans Claude. C’est pour ça que tu veux le préserver, même si ça veut dire lui enlever son droit à la décision. Ca n’est pas de l’amour. L’amour c’est essayer d’aider les gens, de les entourer, s’oublier pour eux. Toi, tu ne penses qu’à toi, et au fait ridicule que tu penses devoir mourir si tes deux amis sont morts. La réalité c’est que tu n’es pas assez fort pour avancer. Et pour accepter que vos routes se sont séparées et que maintenant tu ne peux pas faire grand-chose à part attendre de voir si celle de Claude rejoindra la tienne finalement, ou s’arrêtera définitivement. »
Jena n’était pas quelqu’un qui jugeait les autres. Pourtant, aujourd’hui, elle s’approchait de ça plus que jamais. Mais malgré tout, ça n’était pas un jugement. Plus un constat qu’autre chose. Jena acceptait la faiblesse. C’était bien la seule chose qui faisait qu’elle n’avait pas réagi encore plus violemment à la demande de David, comme en allant voir le Rad. Parce que ce qu’il venait de lui demander était très dangereux. Un acte magique impardonnable. Une menace pour Sywhaîd. Elle sentit d’ailleurs qu’elle avait besoin d’ajouter :
« S’il arrive quoi que ce soit d’étrange à Claude, à part un suicide en bonne et due forme, mon vieux, il t’arrivera des bricoles. Et crois-moi, pas des bricoles agréables ou administratives. Ce n’est pas le membre du Rad qui te parle là, parce que ça n’est pas au membre du Rad que tu es venu t’adresser, tu ne peux que savoir que le Rad n’accepterait jamais une telle mesure. Tu espérais que la Tesulah accepterait. C’est elle qui te promet des emmerdes, et crois-moi, les Tesulah ne rigolent pas avec ce genre de choses. »
Ca pouvait avoir l’air d’une over-reaction, mais Jena parlait avec une froideur et une assurance qui ne laissaient place à aucun doute. Elle réagissait à la mesure de ce que David avait osé venir lui demander. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | David Spinelli Ancien Personnage


Nombre de messages: 77 Date d'inscription: 16/01/2009
 | Sujet: Re: Something Must Break Mer 11 Nov - 18:18 | |
| La froideur de Jena, en quelque sorte, remit les choses à leur place. Ou plutôt, ce refus leur accorda une place bien plus facile à tenir. Jena refusait, elle était glaciale, et David n’abandonnait pas son idée. La suite, organisée autour de leurs intérêts, serait plus facile pour David. Plus lisible, déclarée. Jena disait non, David disait oui, voilà qui organisait la discussion.
Jena était en colère, oui. C’était étonnant à voir, ça aurait pu effrayer, mais ça n’inspirait à David qu’une envie de se rebeller et de lui faire ravaler ses arguments quelle qu’en soit la manière. Cette femme n’avait rien compris. Il resta assis dans la chaise, les moins croisées et le regard dur. Braqué sur le visage de la gitane, il souriait avec amertume, la laissait parler et bouillonnait de haine et de colère et de journées entières de souffrance depuis la mort de Tibère. Il débordait de sentiments d’une effarante violence et surtout, il était braqué, complètement acculé face à Jena. Elle refusait. Qu’est-ce qu’il allait faire ? Quand enfin, Jena conclut en lui prédisant des ennuis en cas de problème, David bondit. Il bondit littéralement, une sorte de sursaut qu’il l’arracha de son siège et le laissa là, à demi relevé. Les poings serrés sur les bras de la chaise, David rétorqua d’une voix cinglante :
« Va te faire foutre ! S’il arrive quoi que ce soit, qu’est-ce que tu vas faire, hein ? Tu crois que j’ai peur d’une fille comme toi ? Tu as des principes. »
Son reniflement de mépris, sur la dernière phrase, rappelait furieusement Tibère. Tibère qui pensait qu’il fallait renier tout principe pour être libre et capable de faire quoi que ce soit.
« Tu veux quoi ? Qu’il vienne te demander lui-même, que ça aie l’air d’une décision ? Qu’est-ce qu’il y a, c’est l’image qui te froisse ? C’est ça ? Oh oui, ça aurait l’air tellement moins despotique si c’est Claude qui vient demander, ça soulage la conscience, mais ça change rien à l’acte. »
Pour David, il fallait désormais agir. Il fallait prendre les choses en main.
« Tu sais très bien qu’il ne te demandera jamais ça. Il s’en fout, lui, c’est moi qui m’occupe de tout pour lui. Y compris de sa vie. Alors je fais quoi, là ? Je le laisse crever ? »
Dans sa colère, des larmes jaillissaient de ses yeux. Il était debout désormais, il criait presque et il détestait la nuance de supplication qui perçait dans sa voix.
« C’est nos lois ! C’est comme ça que ça marche, tu peux pas aller contre ! Tu peux pas ! Tu me parles de l’amour comme si tu savais, toi. Comme si tu pouvais savoir ce que c’est que… »
Son visage se tordit hideusement de douleur et il continua dans un crachat agressif :
« Tu ne sais rien ! Tu sais pas comment ça marche pour nous, tu sais pas de quoi j’ai peur et tu sais rien de l’amour que je porte à Claude. Alors ne dis rien. Tes arguments ne tiennent pas devant nos lois. »
David savait qu’il n’avait pas le droit de demander ça, il savait que c’était révoltant. Une partie de lui, aussi, savait qu’il se protégeait surtout lui-même en faisant ça. Il se protégeait de l’éventuelle souffrance d’un échec, il se protégeait de la peine de Claude, il essayait de trouver le repos en niant pendant quelques instants le fait que Claude était un être pensant. Oui, il voulait oublier ça, oublier les pensées de Claude, les arrêter, stopper ce tourbillon qui les embarquait trop vite. Tout allait trop vite et David paniquait. Il voulait arrêter Claude et prendre l’autorité complète pour décider de la suite de la vie de son ami. C’était tyrannique, c’était interdit et contraire à beaucoup d’idéaux, c’était digne des extrémismes et ça ne faisait pas peur à David. En cas de force majeure, il avait toujours été partisan d’agir pour limiter les dégâts, quitte à devenir un despote. Même et surtout pour ses amis. David au pouvoir, ça aurait signifié l’arrêt de mort d’un peuple, comme ça aurait été le cas avec Tibère, mais pour des raisons très différentes. Tibère aurait détruit par haine, David aurait opprimé avec pragmatisme. Etait-ce pire ? sûrement. |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 493 Age: 37 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Something Must Break Mer 11 Nov - 21:10 | |
| Jena n’avait pas bougé. Elle était restée, lovée dans son fauteuil, sans même sursauter, pas même un tout petit peu, même pas quand David avait bondi. Elle n’avait pas bougé sous la colère de l’Empereur, sous sa fureur, sous son désespoir. Elle le regardait, une expression froide figée sur son beau visage. Quand David eut enfin fini de cracher son petit venin, un sourire tranchant apparut sur le visage de Jena et, soudain, David bascula. Doucement, sans réelle violence, il fut poussé contre une des bibliothèques de Jena, celles qui prenaient tout le mur qui se trouvait derrière David. Il était poussé par une puissance magique importante, humaine mais parfaitement maîtrisée, et il ne pouvait rien faire contre. Jena se leva, doucement, et souplement s’approcha de lui, ses pieds nus avançant sur la pierre glacée du sol sans une seule hésitation. Elle utilisait les flux pour maintenir David dans une sorte de toile d’araignée, qui l’empêchait de bouger. David ne faisait pas de Magie Canalisatrice, ses flux n’étaient pas libérés, il avait besoin de son médium pour faire de la magie. Mais surtout, il avait besoin d’un accès aux flux, et Jena le lui coupait, comme elle l’avait coupé à Tibère le fameux soir, avant de l’endormir magiquement.
« Des principes ? » gronda-t-elle, comme si elle n’avait pas écouté la suite du discours et s’était arrêtée là.
Elle sourit, et ce sourire était dangereux. Ses yeux, noirs, semblèrent briller soudain d’une illumination qui n’avait rien d’agréable, qui ne présageait rien de bon. Quand on parlait de gitane, la plupart des gens imaginaient de belles femmes cruelles. Jena ressemblait à ce stéréotype à ce moment précis. Et d’une certaine façon, c’était ce qu’elle était. Les Tesulah étaient des gens bien différents de tous ceux que David avait pu rencontrer. Très différents dans leurs mœurs. Dans leur culture, leurs coutumes. Mais aussi dans leur façon de penser en elle-même. Et l’Empereur aurait dû s’en méfier. Parce qu’il avait réveillé la Tesulah qui sommeillait en Jena, cette tsigane pratiquement assimilée, malgré quelques bizarreries.
« Tu crois me connaître parce que m’as vue ces derniers mois dans le coin jouer à la petite prof modèle ? Tu crois que parce que je ne veux pas plonger Claude dans le coma pour des raisons, disons, éthiques, tu sais ce que je ferais ou ne ferais pas ? Vous êtes tous tellement condescendantes, tellement pédants, vous les Lyoubos. »
Elle avait craché ce dernier mot. Ca voulait dire… En fait, ça voulait dire sédentaire dans la langue de Jena, ou du moins une version insultante des sédentaires. Les Tesulah appelaient sédentaires tous ceux qui ne faisaient pas partie de leur peuple, sédentaires ou non. A vrai dire, ils avaient un respect plus poussé pour les tribus nomades que pour les sédentaires, et le mot que Jena venait d’utiliser n’avait aucun respect. C’était plus ou moins l’une des pires insultes qu’un Tesulah pouvait dire à un autre. C’était un terme raciste aussi, et Jena ne l’utilisait que vraiment peu souvent. Mais ce jour-là semblait être le jour de tous les dangers. Parce que, oui, elle n’utilisait pas non plus sa magie contre les gens comme elle le faisait avec David normalement. Elle avait des principes, il avait raison. Seulement… Elle était une Tesulah. Ses principes ne fonctionnaient pas comme ceux de la plupart des gens.
« Tu te sens tellement supérieur parce que tu crois pouvoir aller jusqu’au bout ? Tu n’as pas peur de vouloir mettre ton meilleur ami dans le coma. Tu as déjà tué. Et alors ? Tu crois être le seul ? Je viens d’un peuple où tuer votre mari peut vous donner une réelle légitimité et un statut plus important, du moins si vous le faites comme et quand il le faut. Alors ne fais pas comme si tu savais jusqu’où je peux aller, et comme si tu savais que tu peux aller plus loin encore. »
Jena ne parlait pas souvent du meurtre qu’elle avait commis. Mais il n’y avait pas de culpabilité ou de traumatisme derrière ce fait. Si elle n’en parlait pas, c’était qu’en général ça n’allait pas avec la conversation, et parce qu’elle avait appris à éviter de trop montrer ses particularités tesulah aux sédentaires, pour ne pas les effrayer. Quand elle avait parlé du meurtre de son mari, une lueur assassine et vengeresse avait brillé dans ses yeux, rien n’aurait pu donner l’impression qu’elle affabulait. La gentille et marrante Jena, la prof un peu tarée qui se mettait à poil à toute occasion et n’était jamais contre un peu de gnôle, une clope ou un coup vite fait derrière le pub n’était plus. Jena, la femme violée qui avait tué son ex-mari par vengeance avait pris sa place. Jena qui avait abandonné son fils à sa sœur et n’avait jamais regretté de ne pas l’avoir gardé, Jena qui avait travaillé avec l’Organisation à plusieurs reprises, sur des missions qui n’étaient pas du genre à figurer dans les rapports.
« Qu’on se mette bien d’accord. » Elle resserra son étreinte, enfin, l’étreinte des flux, juste assez pour avoir l’attention de David. Elle se tenait seulement à quelques millimètres de lui, mais ne le touchait pas. Elle était ce qu’elle était, mais elle n’était pas folle, elle n’était pas sadique, et si tout ça réveillait une émotion bien enfouie en elle, sa libido n’était pas concernée. « Sans même y réfléchir vraiment, je pense à une dizaine de personnes capables de mettre Claude dans le coma, ou quelque chose de ce genre, pour que tu puisses le contrôler comme tu le souhaites. En creusant un peu, je suis à peu près sûre qu’on monte à pratiquement une cinquantaine de personnes capables de faire quelque chose te permettant de l’empêcher de le tuer malgré lui, quoi que ce soit. La plupart refuserait, mais il en reste une bonne partie qui le ferait. Si quoi que ce soit d’étrange arrive à Claude et, crois-moi, je serai alors la première à m’en rendre compte, je te promets que quelque chose d’autre t’arrivera. Et qu’en plus je trouverai le moyen de libérer Claude. Je me fiche de ce que tu penses. Tu crois que j’ai des limites, et que mes principes m’empêchent de te faire du mal ? Try me. I’ll end you. »
Ca ne voulait pas vraiment dire qu’elle le tuerait. Jena ne savait même pas ce qu’elle lui ferait, mais il serait puni, les Tesulah ne rigolaient pas avec les menaces. Une fois qu’ils en proféraient une, c’était comme une malédiction, elle se réalisait. Du moins, si la personne en face faisait ce qu’il ne fallait pas faire. Ce que Jena venait de dire était presque une malédiction en bonne et due forme. Même si elle changeait d’avis par la suite, elle était trop Tesulah dans ses principes pour ne pas respecter sa « promesse ». C’était quelque chose d’inscrit en elle par sa culture.
Elle s’éloigna d’un pas, relâcha un peu les « liens » de David, et ajouta :
« Tu parles de vos lois. Les lois des Empereurs. Elles ne valent rien. Tibère est mort de ne pas s’en être rendu compte à temps. Crois-en quelqu’un qui vit selon des lois qui lui sont étrangères depuis des années. Ne pas respecter les lois d'une société dans laquelle on vit est stupide. Du moins tant qu’on n’a pas une bonne raison de le faire. Et là tu n’en as pas. Claude veut mourir. Encore une fois, s’il le veut vraiment, il mourra, c’est comme ça. L’amour c’est aussi accepter les choix de l’autre, même quand ils vous blessent. »
Elle recula d’un pas encore, se trouvant donc à seulement deux petits pas de David, et le relâcha complètement. Elle se tenait devant lui, bien droite, l’air toujours aussi menaçante.
« Tu devrais déjà être puni rien que pour avoir dit que je ne connaissais rien à l’amour. Les Tesulah ne rigolent pas avec ça. Mais je mets ça sur le compte de la peine. Et de l’incompréhension culturelle qui est, je l’espère, réparée à présent. »
Elle sourit et rien dans ce sourire n’était sympathique. Elle savait que quelqu’un comme David ne pouvait pas accepter de telles menaces et une agression de ce genre sans suites. Mais elle ne le connaissait pas encore assez pour savoir s’il allait lui bondir dessus et essayer de la tuer là maintenant ou s’il se vengerait plus finement plus tard. Elle était prête à répondre quelle que soit la réaction. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy
Dernière édition par Jena Solomiya le Ven 20 Nov - 23:33, édité 1 fois |
|  | | David Spinelli Ancien Personnage


Nombre de messages: 77 Date d'inscription: 16/01/2009
 | Sujet: Re: Something Must Break Jeu 12 Nov - 21:28 | |
| David n’avait pas tellement résisté à Jena. Il la sentait, sa puissance, il savait qu’il ne pouvait rien faire. Il n’aurait aucune chance, pas contre ça et contre elle dans cet état. Et il lisait dans les yeux de cette femme qu’elle était en colère et décidée. C’était suffisant pour le dissuader de tenter quoi que ce soit. Il se laissa donc aller, regarda ses sourires, l’écouta attentivement. Quand elle dit, en plutôt qu’elle sous-entendit qu’elle avait tué son mari, David ne fut pas surpris, pas le moins du monde. Quelques minutes auparavant, il aurait été étonné. Depuis qu’il la voyait face à lui, depuis qu’elle le regardait dans les yeux avec sa colère, il y croyait sans hésiter. Jena était dangereuse, David l’acceptait, il ne pouvait rien faire. Elle était plus forte que lui, d’accord, admis. Et David pesa sa menace à son juste poids, réfléchit en un éclair. Elle ne mentait pas. Cela eut pour effet de calmer David. Il releva le menton, la toisa d’un regard brûlant de mépris. Oui, elle était forte, mais lui était empereur, et nulle menace ne lui ferait jamais réellement peur. C’était une question de fierté. Il savait qu’elle avait la puissance de le maîtriser, et il refusait d’en avoir peur. Tant pis s’il devait aller trop loin et subir une punition, tant pis.
« Nos lois valent autant que les autres, et elles ne concernent que nous. Tu sais, j’ai eu une longue discussion avec Tibère, avant sa mort. Il me parlait de la liberté absolue, celle qui n’est arrêtée par aucune règle, aucune vie ni aucun sentiment. Voilà nos lois. C’est comme ça que nous nous portons un immense amour : nous sommes amants de la liberté, et notre seule concession est de laisser de la place aux deux autres. »
Sa voix avait été docte, posée. Son regard fier et hautain. Il sentit les liens se dénouer et se frotta distraitement les bras en continuant :
« Peut-être que tu connais l’amour. Mais pas le nôtre, il est au-delà. Alors tu ne sais pas si j’ai le droit ou non de prendre toute la conscience de Claude sur moi. Le transformer en objet, quel répugnant procédé, n’est-ce pas ? Mais il est nécessaire, Jena. On dit toujours que les gens doivent vivre, on les protège, hé bien je veux protéger Claude. C’est une solution ultime, mais pour lui je me salirais les mains sans hésiter. Il me détestera, mais je vais lui sauver la vie. »
Il regarda Jena, sourit bien plus aimablement qu’elle. Il se vengerait un jour, c’était presque certain. S’il en trouvait le temps. Pour l’instant, ce serait idiot, elle le maîtriserait et son acte aurait été inutile. Mais plus tard… oui, ça viendrait. Pour l’instant, autant mettre ça de côté. |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 493 Age: 37 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Something Must Break Ven 20 Nov - 23:48 | |
| Plus tard. Très bien. A vrai dire, Jena, en bonne Tesulah, aurait préféré que David tente quelque chose contre elle tout de suite, au moins ça aurait été réglé. Le peuple dont elle était issue avait comme une de ses plus profondes croyances le fait qu’une vengeance était sacrée. Elle savait à quel point ça pouvait être dangereux, et savait qu’à présent il faudrait qu’elle fasse attention. Elle qui avait vécu à Sywhaîd, depuis son retour, en presque parfaite innocence, sans réellement faire attention à ce qu’elle faisait et quand, devrait de nouveau regarder où elle mettait les pieds. Ca n’était pas une idée agréable. Jena avait dû faire attention à ce qu’elle faisait toute sa vie. Même quand elle retournait chez les Tesulah, elle faisait attention. La mère de son ex-époux avait juré de venger son fils, et même si elle était à présent très vieille, et maladive, ça ne voulait pas dire qu’elle n’essaierait pas un jour. Non, dehors, Jena marchait sur des œufs. A présent, elle devrait être vigilante ici aussi. Oh, elle n’était pas autant effrayée par la perspective de vengeance de David que de celle de la vieille mère à moitié aveugle du père de son fils, après tout, les femmes Tesulah étaient cruelles, c’était connu. David lui, aux yeux de Jena, n’était qu’un gamin qui jouait aux Empereurs. Pas grand-chose.
Elle se détendit néanmoins, montrant ainsi qu’elle avait saisi que l’homme ne l’attaquerait pas ce soir, puis retourna s’asseoir. Elle prit une gorgée du thé qu’elle buvait avant que David ne fasse irruption dans son bureau, reposa la tasse, et répondit :
« Tu es un idiot. Tu te contredis d’une phrase à l’autre, tu es loin de la réflexion saine, tu es sûrement aussi fou que Tibère. Chez moi, la folie a quelque chose de saint, mais vous trois vous arrivez à la pervertir, en y ajoutant des soi-disant codes. Tu parles de liberté, tu dis que votre seule concession est de laisser de la place aux deux autres… Où est la place de Claude si tu l’empêches de vivre comme il le veut ? Où est sa liberté à lui ? Tout ça n’est que crânerie. En fait, tu es comme n’importe qui. Tu es terrifié à l’idée que tes amis décident de mourir et te laissent seuls. Ca ne fait pas très Empereur. Et encore moins amoureux de la liberté. »
Elle haussa les épaules et fit glisser un plaid rouge et gris du dossier de son fauteuil et s’enroula dedans, elle avait froid soudain.
« Je n’ai pas grand-chose à ajouter. Je me fiche de tes soi-disant principes qui ne tiennent pas debout. Je me fiche de tes arguments à la mords-moi le nœud. J’ai dit ce que j’avais à dire, s’il arrive quelque chose à Claude, tu le paieras cher, plus cher que tu ne le crois. Je ne vois pas pourquoi tu es toujours dans ce bureau. »
Elle leva un sourcil intéressé, un geste très professoral, qui semblait demander « As-tu quelque chose à ajouter pour conclure ce bel exposé ? ». On aurait presque pu oublier la Jena qui avait fait son apparition quelques minutes plus tôt. Mais David aurait été bien bête de l’oublier. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | David Spinelli Ancien Personnage


Nombre de messages: 77 Date d'inscription: 16/01/2009
 | Sujet: Re: Something Must Break Dim 22 Nov - 18:10 | |
| David comme toujours, écouta poliment Jena et s’appuya contre le mur pour lui jeter un œil quand elle eut fini. L’air désinvolte comme si rien de tout ça n’avait d’importance, il l’observa de haut et répliqua d’une voix tranquille :
« Tss… Mais bien entendu que je crève de peur. Tu le sais bien. Je ne veux pas qu’il meure. Et puis, situation de crise, tous les moyens sont bons. D’ailleurs, tu crois vraiment qu’il est libre, Claude, là ? Il est en pleine dépression. Il ne sait pas ce qu’il fait, crois-moi. Moi, je sais. »
Même quand il avait avoué, en toutes lettres, qu’il avait peur, qu’il était paniqué, il ne s’était pas départi de sa voix calme et posée. La panique, ce moment où chez David tout tourne mal. Il ne savait plus quoi faire. A part sortir de là et abandonner cette femme qui lui était inutile.
« Je me fous de tes menaces et je n’ai pas peur de toi. Je n’ai peur que de perdre Claude, mais toi… je ne vois pas ce que tu pourrais me faire, tu sais, au pire je meurs. Je ferais ce que je veux. »
Il allait parler avec Claude, s’il réussissait à l’atteindre. A le faire discuter. Ça, c’était parce que Jena l’avait fait réfléchir sur tout ça, et qu’il comprenait désormais que ce serait mauvais de forcer Claude. Mais… mais si il continuait comme ça à vouloir mourir et à tout faire réellement pour que ça arrive, Claude serait prévenu : David prenait les choses en main et comme toujours quand il paniquait, ça allait faire mal.
« Alors on verra bien ce qui se passera. Ça dépend de Claude. S’il meurt… »
Il n’y avait pas de fin à cette phrase, mais David jeta un dernier regard à Jena, douloureux. Empli de doute et de regrets. Un regard qui disait des trucs qu’il nierait même avoir pensé, et qui disait à quel point il était perdu dans tout ça. Enfin, l’italien claqua la porte, fit quelques pas dans le couloir et envoya son poing dans le mur. Il n’y avait pas d’échappatoire. |
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