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 Quête de Karen Killingsworth

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Karen Killingsworth
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MessageSujet: Quête de Karen Killingsworth   Sam 31 Oct - 19:13

“ I wonder how, I wonder why

Yesterday you told me 'bout the blue blue sky

And all that I can see is just a yellow Lemon tree “


Chantant haut et clair, bien qu’un peu faux sur certaines notes, il faut l’avouer, une jeune femme d’une vingtaine d’année, vingt-et-un en réalité, mais on ne va pas chipoter pour si peu, avançait, ou plus exactement gambadait, dans la champagne écossaise, se rapprochant paisiblement de la zone où, si elle avait bien tout compris, se situait Sywhaîd et, juste avant la Brume. D’après ce qu’elle avait compris dans le dernier village qu’elle avait traversé, et où elle avait passé la nuit pour, de façon tout à fait accessoire, se lever aux aurore afin de voir le soleil se lever, la Brume se dresserait sur sa route…et elle ne « pourrait pas la manquer ». Voila qui tombait bien dans la mesure où, cours mis à part, Karen pouvait se révéler remarquablement distraite.

Debout, aux aurores donc, Diarisio et elle s’étaient lances à l’assaut de la champagne, chantonnant doucement au départ, puis de plus en plus fort à mesure qu’elle prenait conscience que, de toute façon, elle était quasiment toute seule, exception faite de son daemon qui, aimant justement cette chanson, faisait le refrain en cœur. Réveillant sans doute un ou deux oiseaux, voir peut-être un renard et quelques lapins, elle continua joyeusement :

“I'm turning my head up and down

I'm turning, turning, turning, turning, turning around

And all that I can see is just another yellow Lemon tree

Sing...”


Quand soudain, face à elle, surgissant presque à l’improviste, Karen plus attentive aux paroles de sa chanson qu’au reste, la Brume… Limite très claire dans son paysage, qui eut pour effet de la faire se figer net et, dans le même temps, d’arrêter sa chanson : devant elle, du brouillard, un horizon bouché…aucune visibilité…peu de bruit… Et, derrière elle, une campagne rougeoyante. Les arbres, dont les feuilles se paraient de leurs couleurs automnales dans un large éventail de rouges et de oranges, souriaient au ciel dont les tons, du fait de l’heure matinale, semblaient s’associer à ce festival coloré.

L’heure du choix était finalement venue : entrer ou ne pas entrer ? Question stupide s’il en est une : personne ne se promenait par hasard dans ce coin de l’écosse, à fortiori aux aurores. Tout à fait d’accord avec sa propre théorie, délaissant la campagne chaleureuse, elle s’enfonça donc dans la Brume, cessant de gambader, mais reprenant sa chanson, un ton plus bas ceci dit, pour ne pas troubler la possible solennité de l’instant, et marcha un moment avant de s’arrêter, pour consulter Diarisio du regard :

« -On fait quoi là, en fait ?parce que y’a pas foule !
-se présenter ?
-ah…pas faux ! »


Un regard à gauche, un regard à droite : non, décidément, c’est bien vide par ici ! Vide, et silencieux, voila qui n’incitait pas à pousser la chansonnette. Souriant malgré tout, le fait que le paysage sois devenus brumeux n’tait pas non plus signe d’une désolation profonde et d’un évènement dramatique en approche hein, on n’allait tout de même pas se torturer l’esprit pour rien n’est-ce pas ? Eh ben non !

« -Je me présente, Karen Killingsworth, Londonienne, cherchant à atteindre Sywhaîd ! J’ai cru comprendre qu’il fallait se présenter, enfin je crois, et passer une quête, enfin c’est ce qu’on dit, et il parait que c’est vous, la Brume, qui allez me la faire passer alors…Me voilà ! »

Hum Hum…Pas fameux comme introduction, mais aller donc parler à du vide vous ! Même en était une incorrigible bavarde, c’était tout de même difficile. D’autant que ce n’était pas comme si elle allait se lancer dans un grand monologue vu que, en théorie, y’avais quelqu’un d’autre…enfin bref !
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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête de Karen Killingsworth   Lun 2 Nov - 11:04

Personne ne répondit à Karen. Du moins pas directement. Il y eut cependant bien une réaction. La Brume s’ouvrit un tout petit peu pour montrer à la jeune femme un chemin de terre battue. Vu qu’elle ne pouvait rien voir d’autre autour d’elle, il semblait tout à fait évident qu’il fallait qu’elle l’emprunte.

Plusieurs minutes d’une marche dans la Brume (pas vraiment la marche la plus agréable, même si la Brume lui laissait voir où elle mettait les pieds), la brunette se retrouva soudain dans un verger… Qui n’était pas vraiment un verger puisqu’il n’était en fait composé seulement de citronniers. De grands et magnifiques citronniers, tous remplis de beaux citrons bien murs et bien jaunes. L’endroit était plutôt accueillant, et plutôt joli, et sûrement assez original, ça n’était pas tous les jours qu’on se retrouvait au milieu d’un jardin plein de citronniers.

A une des branches était accrochée un petit mot. D’une écriture régulière et soignée, était écrit :

Citation:
Bienvenue dans ta Quête, Karen !
Tu trouveras ici assez de citrons pour faire une bonne citronnade. Il y a tous les autres ingrédients et outils sur la table.


Au moment où Karen lut cette phrase, une belle table en bois apparut au milieu du jardin, avec ce qu’il fallait dessus, les citrons en moins, pour faire une citronnade. Il y avait même une recette, au cas où.

Citation:
Il faut que tu remplisses le pichet pour que ta Quête continue.
Amuses-toi bien !



La lettre n’était pas signée. Et la précision du pichet était un peu étrange. Mais Karen la comprendrait bien vite. A chaque fois qu’elle cueillerait un citron, elle revivrait un mauvais souvenir. A chaque fois qu’elle en presserait un, elle revivrait un bon souvenir. Heureusement, les citrons étaient bien juteux.


[Tu peux faire une ellipse, pour ne pas avoir à raconter tous les souvenirs. Cependant, il faut au moins trois bons souvenirs, et trois mauvais souvenirs.
Arrête-toi quand elle a fini de faire la citronnade et que le pichet est bien rempli !]

_________________
Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.


-Blaise Pascal.
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Karen Killingsworth
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MessageSujet: Re: Quête de Karen Killingsworth   Lun 2 Nov - 16:49

Chouette ! Malgré son introduction plus que déplorable, il semblerait qu’il y ai bien quelqu’un, ou quelque chose, dans les parages : sous ses yeux intrigués un passage venait de s’ouvrir. Bien que ce ne soit pas le moment, ni même le sujet, Karen prit le temps de remarquer que la terre du chemin semblait sèche ce qui, dieu merci !, préserverait ses jolies bottes et éviterait que sa charmante jupe, très blanche, ne change de couleur pour s’harmoniser avec le paysage. Bon, c’est vrai, porter une jupe blanche en plein automne, quand il pleut, qu’il fait froid, et qu’il y a du vent n’est pas forcément la meilleure des idées mais bon… C’est joli ! Et, le matin même, ça lui semblait être une excellente idée : il serait toujours temps d’innover si jamais il se mettait brusquement à pleuvoir.

C’est donc sur ces considérations, bien éloignées de la quête qu’elle était déjà, sans même s’en douter, en train de passer, que la jeune Londonienne emprunta le passage. Bien que la Brume ait eu la bonté de lui laisser visible le sol, elle se prit régulièrement les pieds dans des racines, trébuchant beaucoup mais ne tombant jamais, avant de finalement déboucher dans une clairière emplie de citronnier [pendant un moment je me suis demandé ce qu’un citronnier pouvait bien faire dans la brume…c’était pourtant évident^^ »].

« Alors ça c’est génial ! T’a vu un peu Diarisio ? Pile poil la chanson !!!Et, en plus, il fait beau ! Regard un peu, on se croirait en plein été ! Franchement, pourquoi nous a-t-on parlé de quête très dure et très éprouvante ? C’est plutôt chouette ici ! Il ne manque plus qu’une balançoire, du genre deux cordes et une planche de bois, accrochée à l’un de ces citronniers, et le tableau serait idyllique !!! »

Moins enthousiaste, ledit Diarisio eu tout de même la bonne idée d’examiner le paysage au lieu de se contenter vaguement de l’effleurer : son attention fut alors attirée par un message, leur souhaitant la bienvenue dans leur quête. Ravie de cette charmante marque d’attention (non, vraiment, elle ne comprenait pas d’où venait le côté sombre de la quête !) elle vit la table apparaitre, avec du sucre, de l’eau, le fameux pichet, et une nouvelle feuille. Finissant rapidement de lire le premier message, elle se dirigea donc vers la table, pour s’intéresser de plus près à la recette, sans s’inquiéter plus avant de la fin du premier mot.

Ben oui, soyons logique : pour faire une citronnade, faut bien remplir le pichet, sinon comment voulez-vous la boire ? Les gens d’ici étaient bien gentils, mais visiblement pas très logiques ! Allons bon : tout était sur la table, sauf l’essentiel ! Comment espéraient-ils qu’elle fasse une citronnade sans citrons ?

« -Peut-être avec ceux qui sont dans les arbres ?
-très fin Diarisio…vraiment…et à ton avis, je fais quoi ? Je saute dans l’arbre ?
-Voila qui n’est pas si compliqué ! Admire, et prends-en de la graine, little girl ! »


Sitôt dit, sitôt fait, voila son daemon qui monte dans l’arbre le plus proche et l’observe narquoisement :

« -Trop dur pour toi ? »

Oh, voila qui n’allait pas se passer comme ça ! S’agrippant à une branche basse, et dédaignant ainsi les citrons à portée de main (c’est tellement plus drôle de grimper dans les citronniers !) elle se hissa avec force bruits, jurons bien sentis, et éclats de rires, à hauteur de son daemon, avant de triompher :

« -Tu vois que je sais le faire ! Et maintenant, le citron ! Selon la recette, il en faut trois… »

Impatiente de découvrir ce qui arriverait après la citronnade, et pas méfiante pour deux sous, elle se saisit du fruit, et se figea dans l’instant, prise par les images qui défilaient.

Agée d’un peu plus de 16 ans, Karen se trouvait dans la cour principale de l’école, un beau jour d’automne. Visiblement contrariée, elle se disputait avec des camarades de classe. Le ton monta rapidement, sans que l’on puisse distinguer l’objet de la dispute, ni même savoir qui avait raison. Furieuse, la jeune fille prit à témoin ses amis, leur demandant de la retenir s’ils ne voulaient pas qu’elle s’énerve réellement et, selon ses propres termes, ne « pète un câble » et fasse regretter à ses imbéciles d’avoir osés l’ouvrir ! Malheureusement, aucun soutien de ce côté-là :
« -Tu sais, Karen…ils ont peut-être…enfin…pas tort ? Et puis… c’est pas…pas grave…»

Se retournant brutalement, elle manqua s’étouffer de colère et cria :

« oh, alors selon toi, je suis incapable de faire quoi que ce soit hormis ce que nos professeurs nous ont enseignés ? Ni toi ni eux ne savent ce qu’est la magie, la vraie magie ! Tu veux du vent ? Vous voulez du vent ? Ben vous allez en avoir ! »

Oubliée, la frêle jeune fille, aimable et souriante. Oublié la joie de vivre, la désinvolture. Oubliée aussi la patience… et la prudence. Sortant sa baguette de sa poche, négligeant les regards narquois, ceux qui l’avaient provoqué, et inquiets, ses amis, elle commença à l’agiter, cherchant à retrouver sa concentration. Une brise, légère tout d’abord, puis un grand vent se levèrent. Ce qu’elle n’avait pas prévue, c’était la tempête, naturelle celle-là, qui couvait, et se déclencha justement à cet instant précis. Ce qu’elle n’avait pas prévue non plus, c’était la branche d’arbre, morte, mais solide, qui s’envola et percuta à la tête sa meilleure amie.

Blessée, celle-ci passa plusieurs jours à l’infirmerie avant de s’en remettre, tandis que Karen se rongeait les sangs. Inutile de préciser que, si leur amitié perdura encore quelques temps, rien ne fut pareil…Inutile également de préciser qu’elle fut priée de s’en tenir au programme, de cesser ses excentricités, et de laisser cette magie à ceux qui savaient la contrôler…Inutile enfin de s’éterniser sur la punition, étalée sur trois mois, durant laquelle elle dut aider à la bibliothèque pour dépoussiérer les vieux ouvrages…


« -qu’est-ce qui ne va pas ?
-hum ? »


Perturbée, le visage sombre, et toute bonne humeur envolée, Karen regarda Diarisio comme si elle venait juste de le remarquer, et murmura :

« -Rien c’est juste…ce citron…j’sais pas, un truc. J’ai repensé à ce moment, tu sais, à l’école, quand j’ai blessée…Jessica…
-ah…C’est peut-être un sort lancé au citron. Te faire vivre les choses auxquelles tu penses le plus ?
-j’aurais pas pensé à ça alors…Bon, tant pis : Faut remplir le pichet, allons-y ! »


Sautant lestement au sol, sans toucher aux autres citrons, elle s’approcha de la table, mis le sucre, l’eau, mélangea un peu et, une fois le citron coupé en deux, commença à le presser, avant de se figer à nouveau.

Cette fois, nulle cour emplie de feuilles mortes ou de branches, bien que l’on soit toujours dans l’école. Proche de l’étang, situé à quelque mètre des bâtiments scolaires d’où s’échappaient des notes de musiques, Karen était sous un arbre, en tenue de soirée, une robe d’une blancheur immaculée, et souriait à un garçon…

Son premier baiser…Loin d’être triste, la scène la rendit rêveuse, et elle faillit en oublier de presser son citron. Intrigué, pour ne pas dire franchement perturbée, elle finit tout de même par reprendre pied avec la réalité, et regarda le pichet avec suspicion : mais que diable se passait-il avec ces citrons ?

« -humm…A ton avis, Diarisio, qu’est-ce que je vais trouver dans le prochain citron ?
-la seule chose que j’espère, c’est que ce ne soit pas à nouveau ce bellâtre de noël !
-oh…Il était beau pourtant…et tellement gentil…
-oui, m’enfin il avait su rester simple ! Pas très futé quand même ce garçon ! »


Karen éclata de rire, et ne riposta pas : il faut dire que ce n’était pas tout à fait faux…Enfin bref. Tout désir d’acrobaties douchés par les deux précédents souvenirs, Karen préféra garder les pieds sur terre et, allant près d’un autre arbre, les citrons étaient peut-être plus accueillant là-bas, elle se contenta donc de lever la main pour en cueillir un nouveau. Bien lui en prit : le souvenir, loin d’être agréable, la fit grimacer :

L’école était loin cette fois, elle avait un peu plus de 17 ans, tout juste sortie de l'école, et elle découvrait pour la première fois la sensation, désagréable, de se faire humilier et huer en public, lors d’une représentation de magie. Elle en était tellement nerveuse que, une fois n’est pas coutume, elle avait perdu ses moyens et tout fait de travers. Suite à cela, elle était partie en catimini de ladite représentation, était retournée chez ses parent, et avait mis plus d’une semaine avant d’oser sortir à nouveau, préférant durant ce temps-là se cacher sous ses édredons, et refusant de recevoir qui que ce soit.

Le pressage du citron, une nouvelle fois, fut bien plus agréable que la cueillette :

Agée d'un peu plus de 18 ans, étudiante pétillante, parcourir l’Europe à la recherche d’un enseignant possible en magie canalisatrice, traverser l’Italie, geler en Russie, et danser en Espagne, avant de tomber, un an plus tard et bien plus proche de chez elle qu’elle ne l’aurait imaginé avant de partir, sur Kelli, calme, posée et réfléchie, qui accepta dans un sourire de l’accueillir chez elle et de lui enseigner ce qu’elle savait.

Un nouveau sourire éclaira le visage de Karen et, comme la fois précédente, le bonheur de cet instant chassa en partie la détresse née du cauchemar précédent. Observant la cruche avec attention, et examinant la recette pour être sûre de ne rien oublier, elle n’avait pas l’intention de recommencer, elle regarda le pichet, au deux-tiers plein. S’écartant, elle pencha la tête d’un air contemplatif et s’assit à même le sol, face à un troisième arbre (sait-on jamais, le dernier était peut-être plus sympa que les deux précédents). Pas stupide, elle avait compris qu’elle risquait fort de se retrouver confrontée à une nouvelle expérience désagréable, et n’y tenait pas particulièrement.

Mis à part son refus de vivre d’autres expériences désagréables, elle avait une idée relativement précise de ce qui risquait de lui tomber sur le coin de l’esprit, ce qui la convainquait très fortement de ne pas toucher à un citron de plus. Réflexion faite, elle commençait à comprendre ce que certains entendait par le terme quête : finalement, ce n’était pas une banale balade en forêt, ni même une expérience culinaire classique.

« -Allez Karen, du courage ! Il serait dommage de reculer ici non ? Tu voulais entrer à Sywhaîd, ce n’est pas le moment de reculer… »

Oui, bien sur, il avait raison mais…Un soupir lui échappa, et elle se leva, se dirigea rapidement cers l’arbre et tira le dernier citron d’un geste rapide, espérant que, peut-être…Et bien non. Une nouvelle fois, qu’elle espérait bien être la dernière, les images se bousculèrent dans son esprit, la représentant, il y avait à peine quelques mois, en train de se disputer violemment avec Kelli concernant la suite de son apprentissage. Cette dernière, habituellement calme, semblait avoir perdu patience et exhortait Karen de cesser d’être aussi pressée et de faire montre de plus de patience et d’indulgence. D’accepter les échecs également et de bien vouloir cesser de se buter sur l’idée qu’elle était parfaite. Et Karen, également contrariée, c’est un euphémisme, de répliquer que les flux étaient censés suivre la pensé de chacun et non pas agir un coup comme il faut et un coup lui exploser au visage. Et que, non, ce n’était pas qu’elle faisait preuve d’impatience mais que, si cela ne fonctionnait pas, et bien ce n’était pas de sa faute !

La scène s’était très mal finie, Kelli lui enjoignant d’apprendre la patience et de ne revenir la voir que lorsque cela serait fait…Ou de trouver un autre professeur bien que, selon elle, peu de gens accepteraient quelqu’un d’aussi peu humble face à ses propres erreurs. Revenant sur terre, enfin sous le citronnier, elle essuya machinalement une larme au souvenir de cette rupture dont, elle le savait, elle mettrait sans doute un moment avant de se remettre. Ceci dit, cela avait au moins eut le mérite de la convaincre d’être un peu moins pressée…mais bien trop tard : sa fierté, entre autre, lui interdisant de revenir vers son premier professeur. Plus tard, peut-être, avec un peu plus de maturité…
Vint enfin le moment de presser le dernier citron, et le dernier souvenir : Chaleureux, et sans aucun lien avec les précédent, celui-ci lui rappelait un noël en famille, moment privilégié où l’intégralité de sa famille se retrouvait dans la maison, immense, de ses grands-parents, maison magnifiquement décorée, lors de l’ouverture des cadeaux. La neige tombait à l’extérieur, tous étaient en pyjama et les exclamations, entrecoupées d’embrassades, de cris de joie et de chants de noël agitaient la scène.

Enfin, la carafe était pleine, et la citronnade terminée.

[désolée pour la longueur...on dira que c'est parce que j'aime la citronnade Smile ]
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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête de Karen Killingsworth   Mar 3 Nov - 10:10

[C’est parfait au contraire !]

Un petit mot apparut à côté de la carafe, laissant à peine le temps à Karen de savourer sa réussite, et la fin de cette première épreuve. L’écriture était la même.

Citation:
Félicitations !
Mais la Quête n’est pas terminée. Et si tu buvais un verre de citronnade à présent ?


Un verre apparut au moment où la jeune femme lut cette phrase. Un verre assez grand.

Citation:
Il te faudra beaucoup de volonté pour réussir à tout boire, et il ne faut pas une goutte restée dans ce verre pour passer à la suite !
Amuse-toi bien !



En fait, quand Karen boirait son verre, à chaque nouvelle gorgée, elle penserait à un nouvel argument la poussant à rebrousser chemin et à ne pas s’installer à Sywhaîd. Pour réussir à boire tout le verre, il faudrait qu’elle oppose un argument la poussant à y entrer.

[Alors, le verre fait facilement une douzaine de gorgées disons, mais tu peux ne donner que six arguments contre et y opposer six arguments contres. Logiquement, ça devrait être ascendant, de l’argument le moins valable à celui le plus dur à contrer… Bon jeu !]

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Karen Killingsworth
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MessageSujet: Re: Quête de Karen Killingsworth   Lun 9 Nov - 13:53

« Félicitation ! »

Gé-ni-al ! Enfin quelque chose d’encourageant ! Sur le point de se remettre à chanter, et à danser tant qu’elle y était, elle se retint suffisamment longtemps pour lire la suite. Ooooh… Pas terminé ? Flute alors, après tant de moment à souffler le chaud et le froid, elle aurait bien voulu qu’on lui donne une direction à suivre, doit vers Sywhaîd de préférence… Enfin, on n’allait pas s’en faire pour si peu. Qu’est-ce qu’il racontait ce papier à la fin ? Boire…mouai…avec un verre sa serait mieux… ah, justement, puisqu’on en parle, le voila.

Visiblement, ici, on voyait les choses en grand : loin d’être un verre de taille classique, il lui faisait plus penser à ceux qu’on servait dans les bars et les cafés durant l’été. A bien y réfléchir, c’était un verre normal… pour une citronnade ! Bah ! Aucune raison de s’inquiéter n’est-ce pas ? Si on voulait qu’elle boive, c’était surement pour se remettre de ces émotions, et le courage demandé concernait sans aucun doute le grand volume de citronnade à boire.

« -On ne risque rien, pas vrai Diarisio ? »

Puis, sans attendre la réponse, elle remplit généreusement le verre, ravie de voir la couleur translucide du breuvage, signe qu’il était réussit, et en prit, sans plus attendre, la première gorgée. Les effets, encore une fois, ne tardèrent pas, et un doute fit soudain irruption :

« -Et si on s’habituait pas au climat ? C’est vrai, il fait un temps affreux en écosse… Comparé à l’Italie…
-Tu as passé deux mois en italie, pas deux décennies. Et puis, il fait aussi mauvais en Angleterre qu’en Ecosse… Tu bois ou tu testes là ? »

En effet, pensive et cherchant à voir si, en effet, le climat était le même, elle avait cessé de boire pour tutter son verre, ne faisait ainsi que peu diminuer son volume. Convaincu qu’elle était partie dans une idée stupide elle continua donc à boire, qu’est-ce qu’elle était bonne cette citronnade quand même !, et enchaina :

« -Pas faux…Pas faux, mais, dit, et si j’étais seule ?
-seule ?
-eh ben oui ! Et si les autres ne m’aimaient pas ?
-les autres ?
-mais ouiiii : les sywhaidiens ! Ceux qui sont déjà à Sywhaid !
-aaah, les autres… De toute façon, on ne peut pas plaire à tout le monde !
-oui mais…
-et puis, si tu restes aimable et que tu souris, ça devrait pas t’être trop difficile, y’a pas de raison. »

Moui, encore une fois, pas faux non plus…Seulement voila…

« -Et si les autres me manquaient trop ?
-les autres ?
-tu te moques de moi ? Je parle de papa et maman bien sur ! Et de mes amis ! Tu sais, ceux que je laisse derrière moi ? que je ne verrais plus avant…un mois ? deux mois ? peut-être trois ? ou peut-être…jamais ?
-là, oui, je vais me moquer de toi : t’es rarement aussi ridicule ! Et puis d’abord, depuis quand es-tu aussi pessimiste ? Tu as bu quelque chose avant de venir ? »

Oups. Là, elle sentait venir le sermon sur la seule chose qui les opposait : l’alcool et ses dangers…Eh, minute papillon ! Elle avait rien bu avant de venir ! A peine prit le temps de prendre un café avant de s’élancer à l’assaut de la campagne écossaise !

« -Rien bu du tout ! Enfin, à part la citronnade mais ça ne compte pas ! »

A peine eut-elle terminé qu’elle se mit à observer son verre avec suspicion : plutôt optimste, ça ne lui ressemblait pas d’être aussi hésitante…Et puis, s’il y avait quelque chose dans cette citronnade, ce n’était certainement pas de l’alcool : elle aurait été euphorique, pas pessimiste. Humant, avec grands bruits, la citronnade, elle tacha donc d’y trouver quelque chose de particulier, une odeur inhabituelle par exemple. Ben non, rien a faire.

Ah mais oui ! Mais c’est bien sur ! Les citrons ! Ils étaient bizarres, et si quelqu’un les avaient ensorcelés ? Et que cela avait ensorcelé la citronnade ? Elle avait été triste… puis joyeuse…et maintenant pessimiste ? Ah peut-être… Oh mais alors…ensuite…elle serait optimiste ?Voyons voyons…y’avait eu trois souvenirs tristes…trois joyeux…bon, si on suit la logique, il y aurait donc trois interrogation pessimistes : le climat…les sywhaidiens…la famille… Yeah, ça faisait trois !

Ravie d’avoir trouvée la solution de ce mystère, et persuadée qu’elle avait enfin finit, elle reprit son verre et en prit joyeusement une nouvelle gorgée, regrettant de ne pas avoir de paille, c’était quand même plus pratique. Cependant…

« Et s’il ne se passait jamais rien ?
-J'te demande pardon ? »

S’il avait été en-train de boire, comme Karen, nul doute que le chat noir s’en serait étouffé sur place : persuadé lui aussi qu’elle avait trouvé la solution de l’épreuve ou, en tout cas, leur point commun, voila qu’elle lui posait une autre question, encore plus étrange que les précédente ! Certes, l’inactivité tapait sur les nerfs de sa moitié…certes, elle avait besoin de sortir, de s’activer, de s’amuser… Mais enfin, depuis quand « autarcie » était-elle synonyme de « couvent » ?

« -A mon tour de te demander si tu te moques de moi ! C’est une autarcie ! Au-tar-cie ! Les gens vivent sans avoir besoin de l’extérieur, sa ne signifie pas qu’ils ne vivent pas ! Ils sont humains avec les mêmes besoins que n’importe qui ! Mais à quoi penses-tu ?
-A des fêtes…enfin entre autres hein ! Y’a pas que sa ! Ah mais s’ils vivent tout seul… il faut qu’ils cultivent de quoi manger alors ?[le temps que l’info monte au cerveau…triste quand même !]Je vais peut-être pouvoir tester le jardinage alors ! Oh sa va être drôle ça ! Ceci dit… Et si la prof ne voulait pas de moi ? Qu’est-ce que je vais faire ?
-repartir ? Refaire ta vie ailleurs ?
-Ah mais non ! Sa va pas du tout ça ! Tu es sensé me soutenir, pas me dire de partir ailleurs ! Et puis d’abord, c’est toi qui m’as conseillé de venir ! Et puis je veux pas aller voir ailleurs ! C’est ici que je veux être !!! »

En voila une idée ! Contrariée, elle ne remarqua même pas que le désir de venir à Sywhaîd, un peu superficiel au départ, après tout là ou ailleurs…, s’était transformé en une réelle envie d’y accéder. D’autant qu’une autre idée, terrifiante celle-là, venait de faire son apparition, au moment même où elle terminait son verre :

« -Et si on me renvoyait ? Et si on me disait : mlle Killingsworth nous sommes désolé, Sywhaîd ne veut pas de vous, bon retour ?
-Je ne sais pas. Et si on ne te le disait pas ?et si on te disait bienvenue ?
-Oui, mais si on me disait bon retour à Londres ?
-Et pourquoi ?
-Comment ça « et pourquoi ? » ? Je suis sérieuse Dari !
-Moi aussi : et pourquoi on te dirait cela ? Qu’est-ce que tu leur aurais fait ?
-Hummm… Rien. Enfin je suppose. Oui c’est vrai ça après tout ! Je suis jolie, intelligente, gentille…Enjouée… Généreuse…serviable...
-modeste ?
-Non ! Ah, ne te moques pas ! Ce que je voulais dire, c’est que je pourrais les aider s’ils en ont besoin ! Je ne sais pas faire grand-chose à part m’amuser et étudier, et rigoler, mais si on a besoin d’aide, pour grimper dans un citronnier par exemple, ou pour s’occuper d’enfants…y’en a là-bas ? Bah, y’en a partout ! Ou pour quoi que ce soit d’autre, je pourrais les aider. C’est vrai que c’est basique et que tout le monde le fait, mais c’est toujours plus agréable d’être à plusieurs !
-Enfin !
-quoi enfin ?
-j’ai cru que tu ne redeviendrais jamais toi ! »

[... ... ... Je voyais pas tellement comment la faire jouer aux questions/réponses toute seule, donc c'est son daemon qui, la plupart du temps, joue la voie de la raison... J'espère que c'est bon ! Ou sinon, j'éditerais ^^]
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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête de Karen Killingsworth   Mer 11 Nov - 10:39

A nouveau, un petit mot apparut sur la table, près de la carafe à présent vide. Et comme de bien entendu, l'écriture était toujours la même.

Citation:
Félicitations ! Ta motivation semble de taille à te permettre de déplacer des montagnes ! Mais pour réussir à sortir de cette clairière, ce sont les arbres qu'il te faudra déplacer...


Effectivement, en regardant autour d'elle, Karen se rendrait compte que le sentier par lequel elle était arrivé avait disparu... les arbres étaient assez semblables, tout autour du verger, mais s'en aller par quelque direction que ce fût, ç'aurait été se perdre dans une Brume opaque et glacée...

Mieux valait soulever le petit morceau de papier, et examiner ce qui était inscrit de l'autre côté.

Citation:
sept arbres je veux aligner ;
trois arbres font une rangée
six rangées je dois former
pour m'en aller du verger...


Effectivement, lorsqu'elle aurait réussi l'énigme, Karen découvrirait la sortie : le seul arbre à appartenir à trois rangées à la fois tournerait autour de lui-même, et s'enfoncerait dans la terre, un peu à la manière d'un tire-bouchon. Curieusement, la terre semblerait alors tout à fait normale... mais une grosse croix blanche serait tracée sur le sol.

Bien sûr, Karen pourrait trouver tout ceci étrange. Mais le fait qu'elle avait été capable de pousser relativement facilement des arbres de plusieurs centaines de kilos, dans le genre, c'était assez étrange aussi, non ?

[Voilà ! La disposition des arbres peut être à peu près décrite avec des mots, mais si tu préfères faire un joli dessin sur paint c'est possible aussi ; Karen peut ne pas y arriver, ce ne sera pas rédhibitoire, mais il faut qu'elle fasse des efforts, quand même. Les arbres peuvent être poussés, mais ça demande quand même un peu d'efforts, donc mieux vaut réfléchir un peu plutôt que de s'épuiser à les pousser dans tous les sens. Karen peut utiliser le sol comme brouillon, pour essayer ses alignements.]

_________________
Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi.


-Blaise Pascal.
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