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Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Requiem Jeu 29 Oct - 21:03 | |
| La lettre vient de Leon. Claude la relit encore. Leon leur raconte ce qui s'est passé, il leur dit que Tibère était abattu depuis quelques temps, qu'il avait souvent pleuré et qu'il les réclamait, David et lui. Il leur raconte leur sortie dans un bar, Tibère qui boit trop, Tibère qui sort dans la rue, qui agrippe un type et lui hurle dessus en disant qu'il va le tuer. Il leur raconte comment l'homme a sorti un couteau, comment Tibère n'a pas reculé une seule seconde, il insiste beaucoup là-dessus et la dernière phrase est : "Il est mort comme ça, il riait toujours et il n'a pas montré une seule seconde la moindre douleur."
Rien d'autre. Claude ne pleure pas. Il serre la lettre entre ses mains, la froisse. Autour de lui, tout est si calme... Autour de lui rien n'a changé. Lui, il est en train de s'effondrer tout doucement. Là, son coeur qui se serre et s'émiette. Là, son ventre qui est vide et douloureux. Là, ses mains qui attrapent sa tête et la pressent à étouffer. Tibère est mort. Claude lâche la lettre, il se courbe lentement vers le sol et se recroqueville à terre. Ses yeux sont grands ouverts, il ne pleure pas. Tibère est mort. Claude se relève et sort de la chambre. Il marche au hasard, il a ramassé la lettre et la tient contre son coeur. Ses jambes vacillent et il ne pleure pas. Trois coups de couteau dans la poitrine. Tibère est mort, Claude ne pleure pas et il va mourir lui aussi. C'est comme ça.
Il est arrivé. Pousse les grandes portes devant lui, entre dans la cuisine, il se cogne aux tables mais son visage ne change pas. Les larmes coulent enfin quand il se laisse tomber sur une chaise, il ne les sent pas mais elles dégoulinent sur ses joues. Il relit encore la lettre, elle est trempée et l'encre coule mais tout est encore lisible. Claude ouvre la bouche, il a quelque chose à dire qui ne sort pas. Le dire tout haut, ce serait admettre.
"Tibère est mort."
Immédiatement, Claude se laisse glisser sur le sol. Ses mains griffent l'air, l'air qui lui manque soudain. Tibère. Il voudrait penser à lui, mais tout est trop confus et puis, que dire d'autre que ce nom ? Ce nom qui est vide depuis hier, qui ne désigne plus qu'un cadavre. Ce nom qui avant, suffisait pour expliquer tout. Tibère, David et Claude. Sans lui, ça ne marche pas. Il ne reviendra jamais. Oh, le cœur serré comme s’il allait étouffer, comme il a mal, comme c’est terrible d’admettre ça, comme c’est douloureux. Claude veut crier, il ne peut pas. Il a la gorge trop serrée, alors c’est seulement une sorte de grognement qui sort de lui. Ses mains sont pressées contre ses oreilles, plus un son ne lui parvient à part ses propres soubresauts et ses pleurs. Là, dans ce silence bourdonnant, il répète encore une fois… « Tibère est mort. » et il l’entend distinctement malgré ses oreilles bouchées.
Claude est là, assis le dos contre un pied de table, recroquevillé et le visage baigné de larmes et ses lèvres forment sans cesse les trois mêmes mots, trois mots qui lui font aussi mal que les trois coups de couteau qui ont tué son meilleur ami. Il serre la lettre entre ses mains et il sait qu’il va mourir à son tour.
Peu à peu, il se calme, mais ça ne change rien à cette lucidité. La douleur est toujours là, lancinante et funeste, les larmes coulent toujours mais au-dessus de tout ça il y a cette lucidité. Oui, Tibère est mort et ils s’y attendaient tous. C’est certain, David est au courant, il l’a senti. Claude le sait. Il sait aussi que dans peu de temps, il va mourir. Ouais, il pourrait se relever, résister, oublier qu’il a envie de hurler et de se cogner la tête dans les murs, il pourrait faire le deuil et reprendre une autre vie et devenir quelqu’un mais non. Non. Il ne le veut même pas, ça vaut pas le coup. |
|  | | Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Mar 3 Nov - 20:51 | |
| [désolée du délai, fallait absolument que je me remette un minimum à jour avant de commencer de nouveaux topics ! Par contre, je voudrais juste rappeler que dans le forum, on écrit au passé, donc ça serait bien si tu éditais ton premier message… ^^]
Ca fait deux jours que Kennedy se sentait passablement déprimée. En fait, non, elle ne se sentait pas déprimée mais comme vidée. Un peu comme si on lui avait enlevé quelque chose sans qu’elle arrive à tout à fait comprendre quoi. Il y avait comme un trou en elle, un vide, et elle ne pouvait pas mettre le doigt dessus. Elle n’était pas désespérée, elle n’avait même pas pleuré. Elle ne pouvait pas vraiment dire que cette sensation s’apparentait à de la tristesse. Mais il y avait une sorte de manque. Comme si quelque chose lui avait été enlevée mais qu’elle ne savait pas quoi. Elle a passé ces deux derniers jours dans un état un peu second, à essayer de comprendre ce qui lui arrivait, avec cette mauvaise impression que quelque chose allait se passer, ou s’était passée, mais sans pour une fois pouvoir le voir. C’était très frustrant. Comme si son nez la grattait, ou quelque chose comme ça, elle était habituée à avoir des visions, pas à se dire qu’elle aurait dû en avoir une.
Elle était dans sa chambre, lovée dans un fauteuil, habillée d’un simple gros pull beige qu’elle mettait quand elle était seule et que le temps commençait à se raffraichir, et d’un jean. Elle lisait un livre, sur lequel elle n’arrivait pas à se concentrer, et avait attaché ses cheveux en une sorte de boule informe tenue par un gros chouchou. Elle n’était pas sensée ressortir aujourd’hui, elle avait décidé de se faire une journée toute seule, de peur que sa morosité soit prise comme une rechute, et que ses amis, voulant trop bien faire, recommencent à la couver. Elle tendit le bras vers sa tasse de thé, qui était posée sur le petit meuble où se trouvait la lampe de chevet qui lui permettait de lire (une lampe qui fonctionnait à une huile spéciale faite à Sywhaîd, et évidemment pas une lampe électrique) et commença à approcher la tasse vers elle, tout en continuant à lire, quand soudain, elle se figea. Le grattement de nez. Oh non !
Soudain, elle se courba avec un cri de surprise et de douleur mêlés. Le livre atterrit par terre, froissant quelques pages au passage. Au second spasme, elle se brûla la main et lâcha la tasse, qui se fracassa contre le sol en pierre. Merde, c’était sa préférée, celle qu’Arieh lui avait offert à Noël de deux ans auparavant, enfin, à Yule. Elle n’eut pas le temps de vraiment s’attarder sur la perte, parce qu’un nouveau spasme de douleur la prenait, accompagné de flashs de couleurs cette fois, de quoi vous faire regretter de ne plus être aveugle. Elle cria de nouveau, un peu plus fort, quand un mal de tête horrible lui fracassa le crâne. Au spasme suivant, insupportable, elle tomba à terre, et commença à avoir des images se profiler.
Ces derniers temps, ses visions étaient plus douces, moins violentes et destructrices que celle qui était en train de se passer. Elle avait toujours très souvent une migraine horrible après, mais sur le moment ça fonctionnait mieux. Ce jour-là, la vision semblait être revenue aux bases, quand au tout début elle n’était même pas capable de comprendre ce qu’elle voyait tellement c’était douloureux. Elle vit des sortes d’images très lumineuses, des flashs qu’elle ne comprenait pas. Une nouvelle secousse lui fit taper dans la table de chevet et la lampe vacilla dangereusement. Elle vit un visage, celui de Tibère, déformé par la folie. Elle grogna et se cabra de nouveau, sous une nouvelle vagues d’images et de douleur. Elle donna un coup d’épaule dans la table de chevet et cette fois la lampe tomba et se brisa. Il lui fallut encore plusieurs minutes pour sortir de sa crise de vision, et elle remarqua plusieurs choses.
1) Elle s’était coupé avec les débris de verre. Elle avait pleins de coupures sur la main et du sang tâchait son pull beige.
2) Elle s’était cognée contre un meuble d’une façon ou d’une autre, parce que son arcade sourcillière était douloureuse.
3) Ca sentait le cramé.
C’est cette dernière constatation qui la força à se relever beaucoup trop vite, ce qui déclencha une douleur terrible dans sa tête, derrière ses yeux plus particulièrement. Elle eut une nausée, mais se força à se contenir. Un pull à elle venait de prendre feu à cause de la lampe. Heureusement, elle connaissait plusieurs sorts anti-incendie. Elle dirigea son bras droit vers les débuts de flamme et elles furent arrosées copieusement. Elle vérifia qu’il ne risquait plus d’y avoir d’incendie (et grimaça en voyant sa tasse préférée cassée et un de ses pulls fétiches brûlés) avant d’aller à la salle de bain pour nettoyer ses petites blessures. Elle fut même obligée de faire un passage chez Elwin pour qu’il désinfecte tout ça. Il lui posa vaguement une question mais la jeune femme éluda, elle n’avait pas envie de s’épancher sur le fait que Tibère était mort, et que c’était ce qui lui donnait l’impression d’avoir été amputée depuis deux jours. C’était bien trop bizarre. Et puis, de toute façon, elle ne parlait jamais de Tibère, les gens avaient un regard bien trop douloureux quand elle le faisait.
Elle courut pour rentrer à la Ferme, histoire de se dépenser un peu. Elle portait des baskets toutes simples et était mal habillée, mais elle s’en fichait. Elle avait la main bandée et un début de coquard sur l’œil, mais ça ne la perturbait pas. Elle avait mal au crâne, plus que depuis très longtemps, mais elle se forçait à ne pas baisser les bras. Tibère ne gagnerait pas contre elle, pas même dans sa mort. Elle était en train de monter les escaliers quand, soudain, elle fut envahie d’une vague de désespoir. Elle fut surprise, mais réalisa, à son plus grand soulagement, que ce désespoir ne lui appartenait pas. Prise d’une impulsion, elle alla à la cuisine, et ce qu’elle y trouva ne l’étonna pas vraiment.
« Bad day, huh ? » demanda-t-elle avant de s’asseoir sur le comptoir qui, à cette heure de la journée, était vide. On pouvait voir sa main bandée, et son coquard semblait prêt à se révéler au monde entier, la vision l’affaiblissait et elle marquait plus rapidement, elle avait déjà remarqué cette étrangeté. « Il doit bien se marrer là-haut. Il m’a à moitié détruit la main, j’ai l’épaule douloureuse et je te raconte pas la migraine. Ah, il a failli foutre le feu pour de bon aussi. Dire que je pensais que je ne souffrirai pas à sa mort… »
Elle avait dit ça sur un ton… Disons qu’elle n’avait pas l’air vraiment méchante, juste un peu maladroite. C’était compliqué comme situation. Elle n’était pas triste à cause de la mort de Tibère. En fait, elle se sentait soulagée. Et une partie peu sympathique d’elle se sentait même comme victorieuse et terriblement heureuse. Et elle ne culpabilisait même pas. Tibère était un salaud, qui l’avait à moitié détruite juste pour le plaisir. Il était mort ? Et alors ? Elle, elle aurait à vivre toute sa vie avec ce qu’il lui avait fait. Sa mort, au moins, l’allégeait du lien qu’elle avait eu avec lui depuis qu’il l’avait violée, un lien psychique fort dû à ce qu’il lui avait fait et à ses dons de médiums. Combien de fois avait-elle fait des rêves qui n’étaient pas les siens ? Combien de visions centrées sur Tibère avait-elle faites ? Non, pour elle, c’était presque un jour de fête. Sauf qu’elle aimait bien Claude, d’une certaine façon, et qu’elle sentait qu’il était au bord du gouffre, à son tour. Elle aurait aimé pouvoir l’aider mais… Et bien… Elle était médium, mais ça s’arrêtait là. Le deuil, elle ne savait pas comment l’aborder. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Requiem Dim 8 Nov - 17:08 | |
| Claude se redressa brutalement en voyant Kennedy entrer. Elle, la victime de Tibère, celle par qui s’était révélée sa bestialité. Celle par qui s’était révélée l’acceptation de la bestialité chez Tibère. Il eut un étrange mouvement de recul, avisa ses blessures et s’immobilisa. Ces marques sur le visage de Kennedy apaisèrent son dégoût de la voir. Ces blessures, c’était de la souffrance, au moins un peu. Et c’était mieux, parce que Claude ne pouvait pas accepter un contact avec quelqu’un qui serait détaché, qui ne souffrirait pas. Dans son univers soudain envahi de souffrance, le calme et la tranquillité lui semblaient des incongruités. Et elles le dégoûtaient, elles lui inspiraient un mouvement de répulsion. C’était ainsi, la souffrance avait longtemps été son amante, celle qu’il comprenait et embrassait avec une haine horrifiée.
Il la laissa approcher sans bouger, l’écouta avec une colère grandissante.
« Mais qu’est-ce que tu racontes ? « Là-haut », mais il n’y a rien là-haut, c’est vide ! Tibère est pas en train de se marrer, il se marrera plus jamais, il est mort ! Il n’y a plus rien de Tibère maintenant, ni ici ni nulle part ! »
Claude s’était redressé, il avait élevé la voix avec un rictus amer. Si il y avait bien une chose qu’il refusait farouchement, c’était de camoufler cette vérité, la disparition totale de Tibère, derrière une idée, un concept. Tibère était mort et il n’y avait pas de ciel pour l’accueillir. Tibère était mort et c’était pour toujours.
« Voilà, il est mort ton bourreau. C’est fini. Et moi aussi je suis fini. Tout comme David. »
Il avait renoncé à crier, las et fatigué. Même en disant à Kennedy que son bourreau était enfin mort, il n’avait pas réussi à parer sa voix d’une ironie mordante. C’était tellement dur, tout ça, tellement dur. Il aurait voulu mourir.
A cet instant précis, à l’instant même où cette pensée se formulait dans sa tête, David fit irruption dans la cuisine, les cheveux ébouriffés. Il avait couru, ça se voyait, il avait couru partout pour retrouver Claude. Dans sa main gauche, il tenait un petit magnétophone à l’air désuet.
Il vit Claude, là au milieu de la cuisine, il vit son visage détruit et il comprit. David essaya de sourire et sur son visage, un rictus amer et douloureux se forma. David sut qu’il était parti, son joli sourire, il sut qu’il ne saurait peut-être plus jamais le faire.
Claude se tourna vivement vers lui et ils se firent face sans s’approcher l’un de l’autre. David eut un geste vague, il montra le magnétophone et dit qu’il l’avait reçu ce matin, dans une enveloppe, que ça venait de… de Tibère, sa voix dérapa sur son nom. « Qu’est-ce qu’il y a dessus ? » Claude interrogea d’une voix blanche, tendu. « Johnny Cash. Hurt. » David fredonna distraitement, « I will let you down, I will make you hurt.” Il vit les yeux de Claude s’agrandir démesurément mais il ne se rendait pas encore compte.
Claude marcha vers lui, il empoigna le petit magnéto et appuya sur un bouton. La chanson démarra, la voix de Johnny Cash résonnait sur les murs et les paroles frappaient dur. Claude pleurait sans discontinuer, il se laissa glisser à genoux. Quand la musique s’interrompit enfin, ils reprirent leur souffle. La poitrine des deux amis se soulevait en rythme, fort comme s’ils s’étouffaient dans leur peine.
« Putain… il avait prévu le coup. C’est son requiem, qu’il nous a envoyé. Il avait prévu son coup, merde ! »
David était complètement anéanti. Tibère avait tout prévu. Penser ça, c’est… c’est comme se rendre compte soudain qu’il s’est suicidé. Oui, c’est un suicide maquillé, c’est effroyable de se rendre compte de ça. David ne pleurait pas, pas encore. Il en était incapable, il n’avait pas encore compris, pas encore admis. Alors il resta là, immobile face à Claude qui se tenait la tête et se tordait les mains, recroquevillé sur le sol froid. |
|  | | Zofia Delindel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 321 Age: 27 Date d'inscription: 29/09/2007
 | Sujet: Re: Requiem Mar 10 Nov - 16:17 | |
| Zofia était en train de prendre son petit déjeuner, tranquillement installée avec Elio sur les genoux, lorsque Claude fit irruption dans les cuisines.
Tibère est mort. La phrase résonna un moment dans sa tête sans vraiment prendre de sens. Et lorsque finalement il en prit un...
« Mais quel con! »
Les émotions affluèrent, explosèrent. Un savant mélange de culpabilité, d'horreur, de tristesse, de soulagement. Elle faillit demander à Claude ce qui s'était passé, mais les mots moururent sur ses lèvres. L'italien souffrait, pas la peine d'en rajouter. Elle comprenait mieux la teneur de la dernière série de lettres envoyée par Tibère. En repensant à ce qu'elle lui avait dit, à la manière dont elle l'avait abandonné à son sort, choquée par ses ressassements et ses insultes, elle eut un instant de regret, avant de décider que de toute façon, elle ne pourrait rien y faire.
Choquée, elle ne dit rien durant quelques minutes et ne bougea pas, serrant Elio contre elle. Elio qui balbutiait des « qu'est ce qu'il y a maman? » d'un air inquiet, et à qui personne ne répondait. Zofia n'avait pas le courage de lui expliquer que son père, dont il ne pouvait pas se souvenir, était... mort?
Claude s'était laissé tombé au sol. La jeune femme enregistra l'information sans faire un geste vers lui pour l'aider. Chacun sa galère.
Finalement, après quelques minutes durant laquelle elle eut l'impression d'être assommée par le trop plein d'informations et de sentiments, elle parvint à se relever. Son visage n'exprimait rien, elle avait l'air complètement perdue, engourdie. Elle prit Elio contre elle, et, comme le petit garçon, que la situation non expliquée inquiétait, se mettait à sangloter, elle quitta la pièce, croisant Kennedy sans vraiment se rendre compte qu'elle était blessée et sans même faire attention à elle. _________________  |
|  | | Veronica Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 380 Age: 25 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Mer 11 Nov - 14:27 | |
| - Logan, chéri, are you in there ?
Entra une Veronica passablement échevelée et avec ce qui ressemblait vaguement à des traces de vomi séché sur une blouse qui, à part ça, était pourtant ravissante mais ne le serait sans doute plus si elle n’arrivait pas à ôter cette tâche par magie. Enfin, si Zelia n’arrivait pas à le faire, elle-même était complètement nulle en sorts ménagers. En attendant, Ava avait mangé (peut-être un peu trop d’ailleurs) et il fallait qu’elle retourne bosser. Or, Logan était elle ne savait où.
Pas ici, clairement.
Ronnie cala Ava plus confortablement contre elle quand elle prit conscience du spectacle qui s’offrait à elle. Claude était étendu sur le sol, clairement malheureux, voire désespéré. Kennedy près de lui, avec un pull quasiment dans le même état que sa blouse. Et David. Tout ça ne lui disait rien qui vaille. Deux empereurs avec cet air-là, c’était plutôt mauvais signe. Prise d’un mauvais pressentiment, elle s’approcha et demanda :
- Qu’est-ce qui se passe ? _________________ Have you seen a lady fairer? She comes in colors everywhere, She combs her hair, She's like a rainbow
The Rolling Stones |
|  | | Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Mer 11 Nov - 21:38 | |
| « Tibère est mort. » répondit Kennedy sur un ton qui aurait sûrement dû être un peu plus grave, et un peu plus respectueux aussi.
Seulement, Kay était un peu dépassée par les évènements. Quelque chose l’avait poussée à venir ici, et elle savait que Tibère était mort, en fait elle avait vu la scène et aurait pu la décrire aux deux Empereurs si elle avait été du genre sadique, mais ça n’était vraiment pas sa façon de faire. Elle aurait aussi pu leur dire à quel point Tibère était barré aux derniers instants de sa vie. Elle aurait aussi pu leur décrire ce qu’elle avait vu en lui… Mais elle avait déjà montré à Claude, et il ne l’avait pas très bien pris, même s’il semblait avoir réussi à le surmonter, puisqu’aujourd’hui il pleurait Tibère comme si ça avait été un saint. Tout ça rendait Kennedy un peu malade. Mais ça la rendait aussi un peu triste, parce qu’elle sentait la tristesse des gens. Elle avait senti les émotions de Zofia, mais n’était pas intervenue. Pour elle, Zofia était une tarée, au moins autant que Tibère. Elle savait que Zofia avait torturé Tibère après son coup d’éclat, elle l’avait vu en rêve. Elle ne pouvait pas apprécier la jeune femme, et la sentait de toute façon trop perturbée. Non, elle ne lui serait jamais sympathique. Claude était un peu trop chouineur pour qu’elle l’apprécie vraiment, mais au moins elle comprenait une partie de ce qu’il ressentait. Quant à David… Il lui faisait froid dans le dos. Ce qu’elle percevait de lui, ce qu’elle savait de lui à cause du lien qu’elle avait eu avec Tibère, lui donnait l’impression qu’il était le pire des trois. Elle frissonnait rien qu’en le voyant dans la même pièce qu’elle, et n’avait pas apprécié ce qu’elle avait senti dans la pièce depuis qu’il était entré. Heureusement, Veronica avait fait en sorte qu’elle ne soit pas trop longtemps seule avec les deux Empereurs, parce qu’elle n’aurait pas tenu, malgré l’impression qu’elle avait qu’il fallait qu’elle reste encore.
« Il a agressé quelqu’un à Rome. Mais sa victime savait se défendre pour une fois. Couteau dans l’abdomen, il est mort rapidement. »
Elle avait dit tout ça sur un ton presque professionnel. Et pour le coup, c’était plutôt normal, puisqu’elle avait vu ça en vision, ce qui faisait de cet évènement une sorte d’évènement professionnel pour elle. Elle ne réalisa pas à quel point ça devait être douloureux pour les Empereurs d’entendre ce qu’elle disait, et ne réalisa pas non plus qu’elle venait d’admettre qu’elle avait eu un lien fort avec Tibère tous ces mois, ce qu’elle avait caché à ses proches (et aux inconnus aussi) avec beaucoup d’énergie. Même Rachel avait fini par croire qu’elle ne subissait plus de répercussions du viol tellement elle avait travaillé dur pour le faire croire. Et ce jour-là, elle laissait tomber le masque malgré elle, devant deux personnes qui étaient des ennemis potentiel, et une nana dont elle ne connaissait rien, à part qu’elle avait été un peu trop proche de Tibère elle aussi, Kay l’avait senti durant ses nuits de cauchemars. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | Nath Clayton Sywhaîdien


Nombre de messages: 160 Age: 50 Date d'inscription: 29/03/2009
 | Sujet: Re: Requiem Mer 11 Nov - 22:25 | |
| Mais Veronica ne fut pas la seule à profiter des froides précisions apportées par Kennedy.
Quelques instants plus tôt, dans un couloir... une Zofia maigrichonne, trimballant un gamin bouclé et pleurnichant, avait failli rentrer dans un type lui aussi maigrichon, tout de noir vêtu, le crâne chauve, le teint pâle, un air naturellement nonchalant fiché sur son visage. Il ne l'aurait même pas spécialement remarquée, si elle n'avait pas fait un écart, au dernier moment. Il avait juste eu le temps de voir son profil engourdi, son air perdu.
Il avait plissé les yeux, à l'affût d'une mauvaise nouvelle comme un chien d'une proie bien grasse. D'où pouvait-elle bien venir, la rouquine ? Lazareus semblait opter pour une porte entrouverte, vers laquelle se dirigeait une belle blonde. Les cuisines. Bon, même s'il se trompait, il resterait toujours la blonde. Il hâta légèrement le pas, juste à temps, donc, pour entendre les précisions de Kennedy. Ronnie s'était avancée dans la pièce, et personne ne semblait avoir remarqué son apparition, dans l'encoignure de la pièce. Il analysa rapidement la scène. Le grand type en pleurs, la lettre entre les mains -tiens, tiens, notre ami polygame ! quelle bonne surprise ! Ça lui faisait penser, il fallait toujours qu'il rencontre la petite blonde -celle aux cheveux courts-, pour lui raconter innocemment ce que son cher et tendre faisait de ses nuits.
Il y avait la belle blonde, celle qui, de face, était aussi ravissante que de dos, mais qui, si les souvenirs de Nath étaient bons, était malheureusement fraîchement mariée, et même jeune maman (eurgh ; mieux valait ne pas savoir si ces jolies cuisses avaient ou non échappé aux vergetures). Et, last but not least, oh oh ! qui voilà ? Cette bonne vieille Kennedy. ils parlaient de Tibère. Ah, oui, Tibère le sympathique pyromane-violeur mental-banni avant que Nath n'ait eu l'infini plaisir de le rencontrer.
Ça y est. Les petites briques étaient empilées soigneusement les unes dans les autres. Nath hocha la tête avec un sourire appréciateur. La scène était tout de même délicieuse : l'ancienne victime, assistant au désespoir de l'ami -lui-même assez peu fréquentable, non ?- suite à la mort du bourreau. Et pourtant, elle n'avait pas l'air plus heureuse que ça. Mais que lui fallait-il, exactement ? Était-elle déçue de ne pas avoir elle-même planté ce couteau dans le ventre du Romain ?
"J'croyais qu'c'était plutôt long et douloureux, moi, les coups d'couteau dans l'abdomen", répliqua-t-il d'un air léger, haussant les épaules d'un air innocent. Il n'était pas assez cultivé pour rappeler les longues heures d'agonie d'un Henri III ou d'un Henri IV (la loi des séries ?) ; lui ne connaissait que celle de Tod, illustre inconnu de la jungle new-yorkaise, qui avait passé quelques heures assez désagréables derrière le bar d'un établissement qu'aucun guide touristique ne recommandait. Oui ben, on a les références qu'on peut.
Il se fichait pas mal que Claude puisse souffrir encore plus en entendant des réflexions pareilles ; ou plutôt, si c'était le cas, c'était plutôt tant mieux : une façon mesquine de se venger sans avoir à faire l'effort de courir après toutes les blondinettes à cheveux courts de la lande. Et s'il allait lui aussi se planter un couteau dans l'ventre ? Rhooo, non, franchement... n'était-ce pas un peu cliché ? Bah, si on voulait faire dans le grand spectacle gore, ça ne le dérangeait pas, lui qui avait si souvent soutenu Laz dans l'arène, de jouer les spectateurs passifs, pour une fois. Et puis les ennemis de ses amis n'étaient pas ses amis. Bon, Kay n'était pas vraiment son amie non plus, mais il la soupçonnait d'apprécier autant que lui leurs séances de piques verbales. Elle avait tourné la tête vers lui en entendant le son mélodieux de sa voix. Il haussa les sourcils.
"Ben quoi ? Si j'ai tout suivi, tu d'vrais plutôt t'réjouir, non ?"
[Désolée, Colin ^^ Je t'avais prévenue, mais tu peux lui faire bobo, si tu veux. Euh ; ne me le tue pas, s'il te plaît, c'est tout ^^] |
|  | | David Spinelli Ancien Personnage


Nombre de messages: 77 Date d'inscription: 16/01/2009
 | Sujet: Re: Requiem Jeu 12 Nov - 18:10 | |
| David suivit vaguement les allées et venues. Il ne vit Zofia que quand elle sortit, n’essaya pas de la rattraper parce qu’il n’avait rien à lui dire. Il vit entrer Veronica, tressaillit au son de sa voix fraîche qui appelait son mari : Veronica était belle et heureuse, c’était presque choquant. Il entendit Claude gémir, d’ailleurs, sangloter, et il eut envie de crier. Il entendit aussi Kennedy, elle exposait la situation d’une voix presque froide. C’est par elle que David apprit comment Tibère était mort et il détourna brutalement la tête pour cacher les larmes qui venaient enfin. Kennedy, la victime de Tibère. Kennedy, qui savait. Kennedy, qui voyait. David émit une exclamation étouffée à l’histoire du coup de couteau. C’était tellement… tibèrien, comme mort. Violent, rapide, stupide. Une mort instinctive, un simple gars qui avait voulu se défendre et avait tué, comme un réflexe. Et avec tout ça, le requiem qu’il venait de recevoir. Tibère avait-il prévu ? Savait-il qui il agressait ? David et Claude n’auraient pas de réponse : Tibère était mort et il ne parlerait plus. Les yeux au sol, baignés de larmes, David ne vit pas entrer Nath. Il ne le connaissait pas, de toute façon. Claude, les mains sur le visage, s’était rassis en s’appuyant sur un pied de table et pleurait sans discontinuer, comme si jamais il ne pourrait s’arrêter. Mais il regarda Nath, bien entendu, quand il parla.
Claude ne savait pas qui était cet homme, réellement. Il ne savait même pas son nom, ni sa vie, ni rien de lui. Il savait juste que Nath les avait surpris, Brise et lui, et qu’il faisait preuve d’une cruauté désintéressée. Le regard hanté, douloureux… Brisé… Il regarda Nath et tordit la bouche et murmura :
« Bien sûr… »
David, lui, s’était vivement retourné. Il épingla des yeux le nouvel arrivant, le jaugea en se demandant pourquoi il disait ça. Mais la colère qu’il aurait pu ressentir en l’entendant traiter la souffrance de Tibère de manière si désinvolte... la colère ne vint pas. Elle n’avait pas lieu d’être, parce que les Empereurs ne voyaient pas la souffrance comme la voyaient la plupart des gens. Tibère avait souffert, oui. C’était évident. Mais il l’avait voulu. La violence… la violence était la passion de Tibère, celle qui le tourmentait, le torturait et le faisait jouir. Il l’avait souvent prouvé, et dans la mort ça n’avait pas du changer. Essayant de maîtriser sa voix pour la rendre plus calme, en vain, David répondit :
« Oui, il a sûrement souffert. Mais il a voulu ça. Tu ne le connais pas, tu sais. C’est le genre de choses qui… » « Qui lui plaisent. »
Claude avait fini sa phrase d’une voix tendue, méconnaissable. En l’entendant David se demanda si c’était aussi son cas, cette terrible voix blanche. Sûrement. Il ne se donna pas la peine de corriger. Claude avait parlé au présent, mais il était encore tôt et il n’avait pas encore pris l’entière mesure de ce que signifiait cet évènement. Il aurait tout le temps de comprendre, ce n’était pas la peine de… d’insister. A la place, David s’adressa à Kennedy :
« Tu es contente ? »
Il n’avait pas été agressif, pas le moins du monde. Non, il n’avait exprimé qu’une curiosité détachée, comme s’il posait une question banale, pas tellement importante. Mais la réponse, elle… La réponse lui semblait capitale. Est-ce que Kennedy serait heureuse de sa mort ? Est-ce que c’était bien ? Est-ce que quelque part, le monde irait mieux sans Tibère ? Claude sembla comprendre ce à quoi David pensait, et il se redressa encore pour le regarder dans les yeux. David ne détourna pas les yeux. Il pleurait. Il ne fit pas un geste vers son ami et resta planté là, rigide, statufié. Le monde irait peut-être mieux, mais ce que David voyait dans les yeux de Claude, c’était une peine immense, dévorante. Ce serait la pire des conséquences de la mort de Tibère, ce visage défait et ces yeux immenses et cette tristesse qui jamais, jamais n’aurait de fin. Le monde irait peut-être mieux, mais il y avait des gens qui avait aimé Tibère à la folie, qui s’étaient perdus pour lui et par lui et qui désormais, ne retrouveraient plus la paix. |
|  | | Veronica Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 380 Age: 25 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Jeu 12 Nov - 18:49 | |
| [Ronnie n’a pas de vergetures ! Non mais^^]
Tibère ? Mort ? Dans ses bras, Ava se mit à chouiner et Ronnie se rendit compte qu’elle s’était crispée et avait involontairement serré sa fille trop fort contre elle. Elle murmura machinalement quelques bruits apaisants en passant sa main dans le dos du bébé et détacha hâtivement une barrette afin de libérer quelques mèches. Aussitôt, Ava cessa de pleurnicher et, après plusieurs tentatives infructueuses, parvint à se saisir des cheveux dorés qui tombaient devant son visage et se mit à jouer consciencieusement avec. Tibère était mort. Ronnie était sous le choc. Son visage affichait une neutralité dérangeante tandis qu’elle écoutait Kennedy décrire avec froideur la façon dont ça s’était passé. Une partie de son cerveau, celle qui continuait de fonctionner rationnellement, admira la puissance du don de voyance de Kennedy, qui lui permettait de voir avec autant de précision quelque chose qui se passait à des milliers de kilomètres. Une autre partie d’elle compatissait avec Kennedy qui se retrouvait contrainte d’assister à ce genre de scènes et de subir encore les répercussions de ce qu’elle avait déjà dû subir de nombreux mois auparavant.
Mais la plupart d’elle était comme anesthésiée. Elle n’arrivait pas vraiment à assimiler ce qu’elle venait d’entendre. Tibère. Mort. Un mois plus tôt, ils avaient parlé, elle l’avait entendu rire. Et maintenant, il était mort. Assassiné. C’était… dommage. Une fin tellement misérable. Il s’en serait voulu. Un sourire sans joie vint étirer ses lèvres. Quelle faute de goût, mourir misérablement assassiné dans une ruelle. Le meurtre, oui, un Empereur ne pouvait mourir qu’assassiné ou suicidé. Mais pas l’agression, pas la légitime défense. Une voix dans son dos la fit légèrement sursauter. Dans ses bras, Ava lâcha brusquement la mèche de cheveux avec laquelle elle jouait et tourna la tête vers Nath sur qui elle fixa ses grands yeux bleus avant de lui adresser un sourire renversant (le sourire de son père), de tendre ses bras vers lui et de se mettre à gazouiller furieusement. Ce qui eut au moins le mérite de sortir Veronica de l’espèce de transe dans laquelle elle était plongée. La contribution du nouveau venu était tellement cynique, tellement absurde, que Ronnie ne put s’empêcher de pouffer dans les cheveux fins de sa fille.
Après Nath, ce fut au tour de David de demander à Kennedy si elle était contente. Non mais ils en avaient du culot ! Après ce que Tibère avait fait à l’Américaine. Malgré les sentiments contradictoires qu’elle avait pu ressentir pour le Romain, elle n’avait ni accepté, ni pardonné ce qu’il avait fait à Kennedy. Parce que, part d’ombre ou pas part d’ombre, elle vivait selon un code moral et des principes très stricts, surtout en ce qui concernait l’utilisation de la magie sur autrui. Et elle aimait bien Kennedy même si elle ne la connaissait que très peu, à travers les quelques séances de travail qu’elles avaient eues ensemble quand la médium était aveugle. En tout cas, elle la respectait. Parce qu’elle savait, mieux que personne, quel genre de courage il fallait pour supporter de devenir aveugle et quel genre de courage il fallait pour supporter de retrouver la vue.
- Foutez-lui la paix, lança-t-elle alors d’une voix à la dureté inattendue, les yeux fixés sur David. Avoir de la peine ne donne pas tous les droits.
[Hum, je me rends compte qu'en Anglais, impossible de savoir qu'elle parle au pluriel donc, Touille, Nath peut ne pas le prendre pour lui si tu veux^^] _________________ Have you seen a lady fairer? She comes in colors everywhere, She combs her hair, She's like a rainbow
The Rolling Stones |
|  | | Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Ven 13 Nov - 11:14 | |
| [Veronica a inventé le moyen de ne pas avoir de vergetures après une grossesse ? Gosh ! Logan et elle vont être riches ! Ils vont pouvoir s’installer aux bahamas ! ^^]
La tournure des évènements ne plaisait pas vraiment à Kennedy. Assise sur son buffet, les bras le long de son corps, les mains posées sur le meuble, elle se retrouva pendant quelques secondes avec l’air d’une biche prise dans les phares d’une voiture. L’entrée de Nath n’en était pas la cause. D’une certaine façon, l’arrivée du sywhaîdien était une bonne chose pour Kay. Une sorte de soutien. Il était le seul, dans cette salle, à n’avoir jamais aimé Tibère, à ne ressentir aucun sentiment positif à son égard, et à ne pas regretter sa mort d’une façon ou d’une autre. Du moins, à part Kennedy. Et c’était agréable de ne plus être la seule. La réplique de l’homme sur les morts par blessure à l’abdomen fit même sourire Kennedy, malgré elle. Elle reconnaissait bien là Nath, et d’une certaine façon, elle avait besoin de ça. Qu’on la secoue. Elle n’avait aucune envie de pleurer Tibère, sauf qu’elle ressentait la peine intense des deux Empereurs, et celle, plus mitigée, de Ronnie. Assez pour s’en sentir triste à son tour. Le cynisme de Nath eut l’effet d’une claque, juste assez forte pour lui remettre les idées en place. Elle n’allait pas se mettre à porter le deuil du mec qui lui avait fait la pire chose possible et à cause de qui elle avait tellement souffert, quand même !
Même la question qui suivit ne la perturba pas plus que ça. Ca ressemblait bien trop à une question rhétorique et la californienne n’aurait jamais pensé que ça orienterait autant l’attention sur elle. Elle pensait assez innocemment que les Empereurs restant avaient trop de peine à gérer pour s’occuper d’elle et de ses états d’âme. Elle se trompait. Quand David lui demanda si elle était heureuse de cette mort, l’air de biche prise dans les phares d’une voiture apparut sur son visage et figea le reste de son corps. Il n’avait pas été agressif, ou moqueur, ou même provocateur. Il avait posé cette question d’une façon neutre, comme avec une curiosité très saine, comme s’il lui avait demandé de résoudre un problème mais pas un trop important non plus, une simple question. Et c’était ce qui faisait que Kay ne trouva rien à redire, n’eut aucune répartie. Parce que, ce qu’elle avait vécu à cause de Tibère, tant le viol que ses répercussions, n’avait rien de simple. Ca avait été une des épreuves les plus dures à surmonter de sa vie, et sa vie n’avait pas vraiment été pavée de simplicité depuis la fin de son adolescence. Elle avait souffert et souffrait toujours, en étaient témoins son bras blessé, son coquard (cette fois complètement développé) et la migraine qui, bien qu’encore discrète, apparaîtrait sûrement dans une heure ou deux après lui avoir laissé un faux répit. Et il y avait toutes ces images, toutes ces émotions qu’elle avait subies. Qu’elle subissait toujours. Tibère était mort, mais les cauchemars et les visions qu’il avait créés chez elle ne s’en iraient pas aussi facilement.
Elle fut surprise d’entendre Veronica la défendre. Le ton cinglant de la jeune maman lui fit l’effet d’une douche froide. Kay n’était pas le genre de personnes qu’on défendait. Normalement, elle s’en occupait toute seule. Et c’était aussi une des choses que Tibère avait réussi à lui enlever. Quand il l’avait violée, d’autres personnes s’étaient chargées de la défendre. Par la suite, elle avait eu une sorte de groupe de protecteurs, et avait eu du mal à réussir à reprendre sa vie en main, même si les protecteurs en questions n’avaient pas de mauvaises intentions. Kay n’était pas une victime. Elle avait toujours refusé de l’être. Mais quand Tibère était dans le coin, même seulement évoqué, elle en devenait une. C’était une des pires choses qu’il ait jamais pu lui faire, la rabaisser comme ça, lui enlever sa vie. Elle sourit et son sourire était annonciateur de mauvaises choses. Kay était quelqu’un de bien, profondément. Elle n’avait pas cette part d’ombre qui existait chez Ronnie. Mais elle avait du répondant, c’était une battante, Jena lui avait même dit un jour qu’elle était une guerrière. Elle était capable de se défendre. Elle tourna un regard plus doux vers Ronnie et lui dit :
« Merci. »
C’était sincère, même si dit un peu précipitamment, Kay n’avait aucune envie que quelqu’un d’autre intervienne et lui enlève encore son droit de réponse. Elle était là, elle n’était pas amorphe, elle pouvait agir. Elle sourit cependant à Veronica. Elle ne lui en voulait pas. Peu de gens avaient été aussi clairs dans leur prise de position face à ce que Tibère lui avait fait. La plupart trouvait ça horrible, mais se cachait derrière des principes fumeux. Certains avaient même voté blanc pour refuser le bannissement de Tibère, après ce qu’il lui avait fait. Etre soutenue était toujours agréable, surtout quand on se trouvait face à deux personnes qui, malgré la monstruosité de l’Empereur, n’étaient jamais revenus sur leur amour pour lui. Elle tourna un regard plein de défi vers David (Claude étant aux abonnés absents), et se releva. Elle était grande, sportive et belle. Et même si on pouvait sentir qu’elle n’était pas dangereuse, malgré son pouvoir, qu’elle ne ferait de mal à personne (quoi qu’on pouvait sentir aussi qu’il valait mieux ne pas la chercher trop longtemps), il y avait quelque chose d’impressionnant à la voir se tenir debout comme ça. Elle se tenait bien droit, dignement. Elle sourit, et cette fois le sourire n’avait rien de doux ou de gentil, il était tranchant. Comme les paroles qui suivirent.
« Mais c’est une veillée funèbre, non ? Partager nos pensées et nos souvenirs sur le défunt, c’est ce qu’on fait dans ce genre de situations, non ? » Elle grimaça d’un air mauvais. « Tibère m’a violée. Il a fait la pire chose qui puisse exister, il n’a pas juste violé mon corps, mais mon esprit. J’ai vu ce qu’il était réellement. J’ai continué à suivre ce qu’il pensait, ce qu’il ressentait, ce qu’il vivait pendant tous ces mois. Et le bannissement ne l’a pas vraiment calmé, croyez-moi. La violence. La perversité. La folie… Tout ça, ça a continué. Il a blessé des tas d’autres personnes, dont une gamine qui n’avait absolument rien fait et qu’il a enlevée et torturée, juste pour le fun et le fric. »
Kay n’avait pas suivi jour à jour les aventures de Tibère, ça ne marchait pas comme ça. Seulement, elle était liée à lui. Alors quand il vivait quelque chose qui lui apportait de fortes émotions, Kennedy les voyait, soit en vision, soit la nuit pendant des cauchemars. Ca n’était jamais aussi clair qu’on pouvait l’imaginer, pas une petite scène qu’elle voyait. Plutôt des flashs violents et intenses, mélangés à des visions de l’esprit de Tibère, de la folie et de ses sentiments. Alors elle avait du mal à démêler les fantasmes de l’italien, ce qu’il vivait vraiment… Mais comme les visions revenaient, les cauchemars aussi, elle finissait par réussir à comprendre, petit à petit, et comprendre apaisait un peu le retour des visions, malheureusement, parce que ça la poussait à ne pas pouvoir refouler tout ça comme elle l’aurait voulu.
Elle croisa ses bras devant elle, pas pour se protéger mais parce qu’elle frissonnait, à l’évocation de cette pauvre petite gamine qui avait croisé le chemin de Tibère.
« Il m’a violée. Mentalement. Devant tout le monde. Il m’a humiliée. Il a aussi blessé Rachel, qui s’est pris une giclée de son esprit parce qu’elle voulait m’aider. J’ai montré à Claude ce que j’ai vu, et si ça ne lui a pas suffit pour tirer un trait sur Tibère c’est qu’il est aussi taré et aussi dangereux que lui. C’était un malade. Je suis contente qu’il soit mort. A vrai dire j’irais même bien au pub me boire quelques bières s’il n’avait pas réussi à m’envoyer encore des visions de merde et que je n’avais pas la certitude d’avoir dans une heure ou deux tellement mal à la tête que j’aurais envie de crever à mon tour. »
Elle ne savait pas que Nath avait lui aussi des migraines, elle savait qu’il était mourant, mais ne savait pas ce qu’il avait, ses visions n’étaient pas toujours super précises, et pour le coup elle ne savait pas grand-chose de Nath. Elle secoua la tête, alla à un placard d’où elle sortit un verre qu’elle remplit d’eau au robinet tout en ajoutant :
« Je suis heureuse qu’il soit mort. Et soulagée, principalement parce que je me dis qu’il ne fera plus de mal. Et je trouve aussi que c’est bien fait pour sa sale gueule. Il l’a cherché. Il l’a mérité. On n’aurait jamais dû le laisser sortir d’ici vivant. Ce qu’il a fait par la suite, c’est en partie de notre faute. Trop facile de s’en laver les mains en le virant simplement de là où nous on est. Il a fait beaucoup de mal, et aurait pu faire encore pire. Il aurait mérité de mourir bien avant. »
Elle but une gorgée d’eau, se retourna, s’adossant à l’évier, et ajouta, le regard flamboyant de haine, et le ton cynique au possible :
« Et il aurait mérité de souffrir plus. Même si ça lui aurait sûrement fait plaisir, à ce malade. »
Elle soutint le regard de David. Elle préférait oublier que Ronnie et Nath étaient là, parler de son viol et du reste n'était pas forcément la chose la plus agréable qu'elle ait connue, mais c'était important, une partie d'elle le sentait. Et puis, oui, c'était une veillée funèbre, d'une façon ou d'une autre, et l'un des buts de ce genre de choses était de vider enfin son sac. Pour pouvoir avancer par la suite. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | Nath Clayton Sywhaîdien


Nombre de messages: 160 Age: 50 Date d'inscription: 29/03/2009
 | Sujet: Re: Requiem Mer 18 Nov - 23:14 | |
| Ces mecs étaient cinglés. Ça, c'était à peu près sûr. Cet air dont ils avaient parlé du plaisir que quelqu'un pouvait avoir à sentir un couteau lui trifouiller les tripes... Non mais franchement ; déjà qu'il avait du mal à comprendre qu'on puisse trouver excitant de se faire marcher dessus par une nana en talons aiguilles... Pour Nath, ils essayaient tout simplement de se consoler comme ils pouvaient. En imaginant, contre toute vraisemblance, que ce "fameux" Tibère avait "voulu" ce qui lui était arrivé ; comme si on préméditait de se faire prendre un mauvais coup.
Bien sûr -et Nath parlait en connaissance de cause - ça existait, les têtes brûlées qui fréquentaient toujours les pires endroits, et qu'on n'était pas surpris de retrouver... bon, plus souvent troués de balles ou achevés par la vilaine seringue, moins romanesque, sans doute, que l'arme blanche. Des gens dont on finissait par dire qu'ils "l'avaient bien cherché" ; mais il y avait aussi des gens qui passaient leur temps à jouer avec le feu, et qui ne se retrouvaient pas aux Urgences pour autant (en tout cas pas pour des trucs trop graves).
Ah, et puis il y avait aussi des gens qui n'avaient rien demandé, et qui se retrouvaient avec des saloperies incurables qui, elles, faisaient bien mal, et bien longtemps ; avec, en plus, ce petit côté sadique de ne même pas savoir quand on ne se relèvera pas de sa prochaine migraine. Ils trouvaient ça drôle ; ils trouvaient ça joli, la mort. Ils pourraient pleurer, se trancher la gorge de désespoir, en mettant plein de jolis jets de sang partout, peut-être ? Bande de connards. Et voilà que, maintenant, d'un ton détaché, il demandait à Kennedy si elle était contente. C'était tellement étrange... Nath avait de plus en plus l'impression d'être chez Guignol.
Et même s'il eut furieusement envie de rire, après la réponse de Kennedy, l'envie de dire quelque chose de stupide, comme balancer un candide "en somme, ça aurait fait plaisir à tout le monde ?"
Mais pour une fois, il n'allait pas en rajouter. Il se demandait ce que Kennedy faisait encore là ; peut-être que ça lui faisait du bien, ça lui permettait de se venger de ce que le cher Tibère lui avait fait ? Nath n'était pas un enfant de chœur, mais n'avait jamais donné dans le viol. Non, il n'était pas à ranger dans la même catégorie que le trio et, d'ailleurs, il n'avait pas du tout pris pour lui la réplique de Ronnie.
Il avait jusque là ressenti une certaine communion d'esprit avec ce Tibère dont on n'arrêtait pas de lui parler : la Brume elle-même lui avait dit qu'il avait été banni, et, depuis, même si ce n'était pas le sujet favori des Sywhaîdiens, on sentait bien, au détour de quelques conversations de fin de soirée, de détours de conversation rapidement évités, les yeux fuyants, qu'il les avait marqués assez durablement. Mais il n'y avait pas eu moyen de savoir exactement ce qu'il avait fait. En fait, ce Tibère ne lui ressemblait pas ; ce n'était pas juste un petit crétin dans son genre ; c'était un vrai dingue. Il jeta un coup d'œil en biais au couteau de Claude.
*Qui se ressemble s'assemble*
Mais pour l'heure, honnêtement, Nath se préoccupait davantage de la future migraine de Kay que d'un éventuel hara-kiri de la part de l'endeuillé. Oh, on ne pouvait pas vraiment appeler ça de l'empathie ; mais il se trouve que Nath savait exactement à quoi ça pouvait ressembler, une migraine ratatinée, qu'un coup de couteau dans le ventre, non. il savait juste qu'il aurait voulu baffer l'abruti qui aurait gâché ainsi la vie qu'il avait eu devant lui. Oui, gâché ! Et il ne fallait pas compter sur notre homme pour plaindre les pauvres petits amis suicidaires. Qu'il aille donc se faire faire une gâterie par une de ses blondes, le Claude, ça le calmerait.
"Bon, ben c'pas que j'm'ennuie, mais c'est que j'ai une... nouvelle à répandre, moi."
Il ne s'était pas débarrassé complètement d'un sourire léger, qui flottait paisiblement sur son visage. Déjà, il s'était retenu de dire "bonne". C'était tout ce dont sa compassion le rendait capable. Il toucha sa tempe du bout du doigt en guise de salut, lança un clin d'œil à Veronica, puis à Kennedy. Puis, il quitta la pièce.
[Désolée... je tournais un peu en rond, vu qu'il le connaissait pas, le Tibérounet...] |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Requiem Jeu 19 Nov - 18:08 | |
| Claude eut un sursaut en entendant la voix de Veronica, sa voix si dure. Ses mains glissèrent de son visage et il se remit à les regarder tous, sans plus pleurer mais avec un air… si perdu… David se tourna vers elle et l’observa comme s’il regardait une enfant un peu sotte. Ronnie n’avait pas du être regardée de cette façon bien souvent, à ce qu’il savait d’elle. Elle était douée et intelligente. Mais David méprisait le monde, elle y comprit, d’autant plus que pour lui ses protestations tombaient comme un cheveu dans la soupe. Prenant une voix glaciale, il lui jeta :
« Tais-toi, Veronica, tu comprends rien. »
Il reporta ensuite son attention sur Kennedy, guetta sa réponse. Elle était si importante, ils ne comprenaient donc pas ? Ils ne voyaient donc pas ? Claude aussi fixait Kennedy, d’un regard brûlant comme une fièvre. Il ne dit rien, mais David vit bouger ses lèvres comme s’il murmurait, comme s’il la priait de répondre. Quand elle se leva, il cessa de murmurer et ferma douloureusement les yeux pour l’écouter sans la voir. David ne bougea pas, resta très droit face à elle, prêt à entendre ce qu’elle pourrait dire. Quoi qu’elle dise. D’abord, elle avoua le lien qui existait encore entre elle et Tibère. David jeta un coup d’œil à Claude qui avait toujours les yeux fermés, il se remémora ce que son ami lui avait raconté. Les visions de Kennedy, qu’il avait partagées au mariage… Ils savaient tous les deux ce que Tibère avait fait après son bannissement. Ils l’avaient appris à Rome et n’avaient pas été tellement choqués. De la part de Tibère, c’était presque normal, c’était nécessaire pour lui cette violence, il avait besoin de faire tout ça. En devenant amis avec lui, les deux autres avaient accepté ça, et ils ne pouvaient plus revenir là-dessus. Ils n’y avaient même jamais vraiment pensé. Tibère était fou de manière ostentatoire, indéniable, mais on ne pouvait pas non plus nier la folie des deux autres, qui acceptaient sa violence.
Mais la suite… Claude serra les poings, Kennedy était contente de la mort de Tibère. Il gémit doucement, s’agita sans ouvrir les yeux, sans oser regarder cette fille qui était contente de la mort de son meilleur ami. David le regarda un court instant, se demanda si Claude n’allait pas devenir fou de douleur et de colère, et puis il se reporta sur Kennedy et ne la quitta plus des yeux. Quand enfin elle finit sa tirade, disant qu’elle pensait que Tibère méritait sa mort et aurait du mourir avant, David eut un très léger hochement de tête. Oui, il comprenait, mais ça lui faisait un mal de chien. Ça lui brisait le cœur, à vrai dire. Lui aussi soutint le regard de Kennedy. Bien entendu. Il n’allait pas détourner les yeux devant elle, il n’allait pas se laisser faire de cette façon. Avec un sourire complaisant… enfin, une imitation de sourire, plutôt un rictus ravagé… il confirma :
« Bien sûr… il aurait adoré… comme il aurait sûrement adoré tout ce que tu viens de dire… »
Un rire le secoua, froid, sans joie. Claude s’était relevé et avait enfin ouvert les yeux, pour les fixer sur Kennedy. Un regard plein de haine, comme celui qu’elle avait eu juste avant. Il releva le menton et répliqua, cinglant :
« Si c’est une veillée funèbre ou n’importe quelle merde de ce genre, alors moi… moi, j’affirme que Tibère était un bon ami. C’est notre ami. Moi, je l’aimais, et je l’aime encore et je l’aimerais toujours. Je comprends tout ce qu’il a fait, je comprends pourquoi, je comprends ce qui se passait dans sa tête. Il… il a compris, lui, que les humains ne sont que des bêtes comme les autres, même pires, et il a choisi de se laisser aller à ses pires penchants. Mais c’était un bon ami, et il y a des dizaines de personnes qui diraient la même chose. Tous ces gens qui le connaissaient comme nous on le connaît. Avant, il était plus tranquille. »
David confirma d’un mouvement lent de la tête. Oui, Tibère n’était pas quelqu’un de bien. Il était violent et méchant, il était fou. Mais il avait de bons côtés, c’était possible de l’aimer, bien sûr. Parfois, quand il se calmait et riait plus calmement, tous ces bons moments qu’ils avaient passé ensemble… Claude était là, les poings serrés, le visage fermé et le regard dur, il était prêt à repartir sur sa lancée, du genre cracher tout ce qu’il avait envie de dire, une sorte d’oraison funèbre. Mais il fut interrompu, Nath qui disait qu’il allait répandre la nouvelle. Claude tourna la tête vers lui, le regarda les yeux exorbités, il ne savait pas comment réagir à ça. David ne dit rien, il n’avait rien contre, Nath pouvait bien aller crier la nouvelle, au moins tout le monde serait au courant et y penserait. Ils repenseraient à Tibère et se remettraient à le détester. Claude, il ne se disait pas la même chose, il se demandait si c’était une bonne chose ou pas que tout le monde sache. La mort, il la connaissait assez mal après tout. Même David, il avait assassiné quelqu’un mais en vérité… les seules personnes assez proches pour que ça les touche réellement, c’était les empereurs. Maintenant que Tibère était mort, ils sauraient ce que c’était. Est-ce que la mort était vraiment romanesque comme toujours ils l’avaient pensé ? Est-ce qu’en parler, la dévoiler, c’était bien ? Ils n’étaient pas dans un livre et Tibère, il faut bien le dire, était mort comme un humain. Ce n’était plus une idée comme dans les histoires, c’était une vraie mort avec du vrai sang et de la douleur. Claude doutait, parce qu’il était bien plus lucide que les autres et il savait qu’il n’était pas dans un roman. Mais de toute façon, il n’eut le temps de rien dire. Nath était parti. Claude lâcha le couteau, il tomba à ses pieds avec un bruit clair –tsiing- et il le regarda. Le départ de Nath et cette bouleversante réflexion sur tout ça, le romanesque, ça l’avait un peu déboussolé. Il se rassit sur le sol et la première chose qu’il pensa c’est, putain je voudrais bien conduire une bagnole, là, conduire vite. Ou alors planer, ou partir, mais merde, qu’est-ce que je fous là ? Tout s’écroule. |
|  | | Logan Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 256 Age: 25 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Ven 20 Nov - 22:23 | |
| [Le petit jeu des chaises musicales…]
« Hey, tu sais quoi ? Tibère est mort ! »
Logan regarda son interlocuteur avec un air un peu perdu. Quoiça ? Il pouvait pas répéter le grand chauve là ? Nath, c’était ça son nom ? Qu’est-ce qu’il avait dit ? Nath, lui, semblait parfaitement savoir à qui il parlait…
« Ouais, un coup de couteau dans le bide, ils fêtent ça dans la cuisine, les Empereurs… Avec ta petite famille. »
Logan, qui était dans le hall, un plateau à la main, revenant d’avoir apporté une bonne assiette de soupe à Vlad qui était toujours salement enrhumé, ne fit soudain plus du tout attention à l’air narquois du quadra. Il lâcha plus qu’il ne posa le plateau, sur un meuble, ce qui permit au bol de ne pas se casser, et se précipita vers la cuisine comme sa vie en dépendait. A vrai dire, plutôt comme si la vie des deux personnes qui comptaient le plus pour lui en dépendaient. Il n’était pas très éloigné des cuisines, alors quand il fit irruption dans la pièce, et embrassa la scène d’un regard, il n’était pas tellement essoufflé. Par contre, le sang semblait avoir quitté son visage, il était terriblement pâle. On aurait pu croire que c’était à cause de l’annonce de la mort… Mais en fait c’était plutôt parce que sa femme et sa fille se retrouvaient avec les Empereurs au moment d’une telle annonce. Logan savait que Veronica pouvait se défendre, mais il savait aussi qu’elle n’était pas aussi forte que lui pour comprendre les comportements des tarés, elle n’y avait pas été autant confrontée que lui, c’était la principale différence, et ce qui faisait qu’il ne pensait pas qu’elle était en sécurité face à deux malades comme Claude et David (pour Logan, la folie qui les faisait aimer Tibère était au moins aussi dangereuse que la folie du mort en question). Il prit une inspiration et entra dans la cage aux fauves.
Il chercha le regard de sa femme et quand il le trouva, il fut soulagé. Elle allait bien. Il y avait des émotions fortes dedans, mais pas de peur, pas de trop grosse tristesse. Tout allait bien. Claude et David venaient de finir leur éloge de Tibère, heureusement, parce que Logan les aurait sûrement virés de sa cuisine pour dire de telles conneries, et l’arrivée du cuisinier avait plus ou moins fait un moment de flottement. Il avança, se baissa pour ramasser le couteau que Claude avait finalement laissé tomber, et le rangea avec calme. Il aurait voulu pouvoir lancer ce sort qu’il utilisait quand il y avait des enfants dans la cuisine, celui qui faisait qu’aucun objet en métal ne pouvait être utilisé sans qu’il ne le touche d’abord, mais il avait peur que les Empereurs prennent ça pour une provocation, ou pour une insulte. Non, en fait, il se fichait de les insulter, il ne voulait juste pas qu’ils en profitent pour délirer encore plus, plus vite cette scène serait finie, mieux ce serait.
Il s’approcha de Ronnie et Ava se mit à babiller joyeusement quand elle reconnut son père. Il déposa un doux baiser sur le haut de la tête de son bébé, puis un autre sur la joue de sa femme, et resta là, à côté d’elles. Derrière, il y avait Kennedy, un peu en décalé, et d’une certaine façon, Logan la protégeait aussi. C’était plus fort que lui, il avait toujours été protecteur, envers les plus faibles, envers les gens qu’ils aimait, envers toute personne qui en avait besoin. Mais il ne fit rien de plus, il ne voulait pas non plus insulter Kay en la protégeant trop ostensiblement, et même si personne n’arriverait à lui retirer de l’esprit que les deux Empereurs restants valaient bien le premier niveau folie, pour le moment, apparemment, ils n’avaient rien fait qui mérite vraiment qu’il se montre encore plus protecteur.
« Et maintenant ? » demanda-t-il simplement.
Il n’était pas aussi inconscient du fait qu’il venait de casser tout un grand discours presque philosophique sur Tibère et sur comment on pouvait encore l’aimer. Après tout, il avait assez fréquenté l’Empereur en chef pour savoir comment ces gars fonctionnaient. Seulement, il était hors de question, pour lui, de laisser la conversation s’éterniser. On était dans sa cuisine, il n’avait pas envie d’y passer la nuit. Tibère était mort ? Et alors ? Il ne réalisa cependant pas que sa question pouvait paraître plus… profonde que prévue. Parce que, oui, Tibère était mort, et maintenant, qu’allaient-ils devenir, ces deux, non trois pardon, ces trois personnes qui avaient été si liées à lui ? _________________ I'm in love with the sounds that you make and the ground that you walk on I'm running after you, Im in love with the way you make me wait, I just want to be catching up to you |
|  | | Veronica Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 380 Age: 25 Date d'inscription: 10/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Ven 20 Nov - 23:00 | |
| David ne savait pas la chance qu’il avait que les mains de Ronnie soit prises et, surtout, qu’elles soient prises par quelque chose qu’elle ne pouvait pas lâcher (quelqu’un en l’occurrence) parce que, dans le cas contraire, sa façon de la regarder, sa réplique cinglante lui auraient valu une correction dont il ne se serait pas remis rapidement et qui lui aurait fait oublier Tibère pendant un bon bout de temps. Ronnie avait été suffisamment ébranlée par la nouvelle et se sentait suffisamment confuse pour réagir de manière totalement excessive à ce genre d’attaque. Heureusement pour lui, donc, elle avait Ava dans les mains.
Ava dont elle couvrit les oreilles, comme par réflexe, quand Kay reprit la parole, pour l’empêcher d’entendre les horreurs que la médium racontait, même si la petite était évidemment bien trop jeune pour les comprendre. N’empêche. Inutile de souiller ses premiers mois avec ce genre de récits, pleins de gore, de folie et de douleur. Inutile qu’elle sache de quoi le reste du monde était capable. Pour l’instant, son univers ne se composait que de sourires et d’amour, ça changerait bien assez tôt, pas la peine de la laisser entendre parler de jeunes femmes violées, de gamines torturées, de fous violents. Pas question qu’une trace infime de ces horreurs n’atteigne les oreilles de sa fille. Tant pis si c’était irrationnel. Tant qu’elle pourrait la protéger, elle le ferait.
Ava s’agitait dans ses bras et elle lui tapota doucement le dos en émettant quelques bruits apaisants. La gamine avait de nouveau tendu les bras vers Nath quand celui-ci avait repris la parole et Ronnie se demanda furtivement ce qu’elle devait déduire de ce penchant étrange de sa fille pour les grands types chauves à l’air maladif et aux réflexions cyniques. Avant de se demander comment diable son cerveau pouvait se poser ce genre de questions dans la situation actuelle. Avant de revenir à ce que disait Claude et de laisser échapper un ricanement sarcastique.
- Pathétique, lança-t-elle d’un ton où perçait un mépris d’une souveraineté totale. Vous êtes pathétiques, l’un comme l’autre. Toi… regard baissé vers Claude, à lui chercher des excuses qu’il ne prenait pas la peine de se donner, et toi… regard glacial vers David.
Mais elle n’eut pas le temps d’aller au bout de sa pensée car la porte se rouvrit et son mari fit irruption dans la pièce. Aussitôt, Ava agita les bras et les jambes en gazouillant furieusement en direction de son père, et la dureté déserta les yeux de Veronica. Quand il les rejoint et les embrassa tour à tour, elle ferma brièvement les yeux pour savourer l’instant. Si elle avait parfois eu des doutes, ou des regrets, si elle avait parfois espéré que Tibère lui écrirait, comme il l’avait promis, tout disparut à cet instant. Elle savait qu’elle avait fait le bon choix. Que la voie de Tibère, aussi attrayante qu’elle ait pu être dans sa démesure et se grandeur, aussi repoussante qu’elle ait pu être dans sa violence et sa folie, n’était pas pour elle, ne l’avait jamais été et ne le serait jamais. Quand Logan demanda ce qui se passerait maintenant, elle rouvrit les yeux et, posément, déposa Ava dans les bras de son père.
- J’ai assez perdu de temps avec vous deux, lança-t-elle froidement.
Puis, résolument, elle s’approcha de David et, sans que quiconque ait eu le temps de faire ou dire quoi que ce soit, elle lui flanqua une gifle magistrale en travers de la joue. Le claquement de sa main sur la peau de l’Italien résonna dans le silence qui avait envahi la cuisine.
- Ne t’avise plus jamais de me parler sur ce ton, siffla-t-elle entre ses dents.
Puis, souveraine, elle fit volte-face, dans un élégant mouvement de cheveux. Elle n’avait pas laissé le temps à David de réagir et, vu son niveau de magie et le fait que l’homme qui l’aimait était présent, il aurait eu bien tort de tenter quoi que ce soit. Le dos droit et la tête haute, elle se dirigea vers la sortie, s’arrêtant une fraction de seconde pour serrer le bras de Logan :
- Je vais au pub, annonça-t-elle à la cantonade, et surtout à Logan, avant d’ajouter, avec un bref arrêt sur le seuil, Kennedy, si tu veux te joindre à moi avant ta migraine, tu es la bienvenue. _________________ Have you seen a lady fairer? She comes in colors everywhere, She combs her hair, She's like a rainbow
The Rolling Stones |
|  | | Kennedy Clayton Ancien Personnage


Nombre de messages: 255 Age: 27 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Sam 21 Nov - 13:35 | |
| Kennedy n’avait jamais été proche des Raines. Elle n’était pas leur ennemie, n’avait rien contre eux, mais n’était pas leur amie non plus. Pourtant, ce jour-là, ils avaient énormément monté dans son estime. Au point où elle se promit de leur offrir un baby-sitting gratuit à l’occasion (bon, Ava était adorable, autrement Kay n’y aurait même pas pensé). Elle était d’accord avec Ronnie sur tous les points. Ils étaient pathétiques, vraiment. Et ils n’avaient aucun intérêt, vraiment. Ils n’étaient que deux chouineurs ridicules qui ne savaient pas comment vivre sans leur gourou taré. Toute la sympathie qu’elle avait pu avoir, à un moment, pour Claude fondit comme neige au soleil. Il était ridicule. Même pas capable de réagir normalement.
Un sourire moqueur apparut sur son beau visage quand Ronnie gifla David. Ca avait quelque chose de défoulant. Et puis, surtout, c’était quelque chose qui l’avait démangée. La façon dont il lui avait parlé, la façon dont il avait parlé à Ronnie… Il l’avait bien méritée, cette claque. Et si Kay n’avait pas eu si mal à sa main droite, à cause des éclats de céramique qui lui avaient entaillé la chair, elle aurait sûrement été à la suite de Veronica. Bon, en fait non, ça aurait gâché la sortie de la californienne et Kennedy aimait les belles sorties, donc elle ne l’aurait pas fait. Elle se contenta d’avancer, de tapoter l’épaule de Logan d’un air compatissant, l’air de dire « good luck with these freaks », puis avança.
« Je viens, j’ai un truc à fêter. »
Elle allait avoir une migraine et boire n’était pas une très bonne idée, il aurait mieux valu pour elle qu’elle s’enferme dans le noir, mais elle n’en avait aucune envie. Elle se sentait enfin libérée, et sentait pour la première fois de sa vie qu’une menace sur le monde était éteinte. C’était stupide, Tibère n’avait pas d’envergure, mais Kay savait quel mal il pouvait faire, elle le savait d’expérience, elle était sincèrement heureuse qu’il soit mort, et qu’il ne soit plus une menace pour quoi que ce soit. Elle avait envie de fêter ça, même si ça voulait dire une migraine encore pire par la suite, elle survivrait, tant pis.
Elle s’arrêta quand même devant David, mais ne le gifla pas, encore une fois, ça aurait été gâcher la sortie de Veronica, elle le regarda pourtant dans les yeux et lui dit :
« Vous êtes malades, tous les deux. Vous n’êtes pas grandioses, ni magnifiques, ni même des Empereurus, vous êtes juste des tarés. Aucun intérêt. »
Elle secoua la tête, secouant sa queue de cheval dans un mouvement moins agréable que quand sa belle chevelure, lâchée, volait autour de son visage, mais d’un mouvement assez impérieux quand même. Puis, elle haussa les épaules, d’un air de dire qu’elle s’en lavait les mains, puis sortit, à la suite de Ronnie. Elle avait quelque chose à fêter. _________________ I wanna be a Kennedy I wanna be tall and handsome I\'d conquer the world and you\'d see me on television. |
|  | | Claude Valhubert Ancien Personnage


Nombre de messages: 152 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Requiem Dim 22 Nov - 17:52 | |
| Veronica, reprenant la parole, brisa les pensées confuses de Claude, il l’écouta rempli de colère parce qu’elle avait tort. Ce n’était pas tellement des excuses, c’était plutôt une façon de voir, une façon de vivre qu’avait Tibère, réellement, qu’il savait expliquer parfois mais il ne le faisait jamais. Mais de toute façon… Logan entra et Claude lui jeta un coup d’œil… terrorisé. Vraiment, empli de crainte, il sembla un peu se détourner comme pour se protéger. Logan, Claude ne lui avait jamais parlé en vérité mais il savait à peu près le lien qui l’unissait à Tibère. La haine, et ce Logan avait failli le tuer, Claude ne savait pas pourquoi mais il comprenait que l’américain n’aimait pas cette folie et qu’il essayait de protéger des gens en se méfiant de Tibère. C’était compréhensible, mais Claude avait peur de lui. David ne le connaissait pas, il savait l’histoire lui aussi mais il n’avait pas peur. Il ne voulait pas avoir peur. Et donc, c’est d’un regard assez hautain qu’il le regarda rejoindre sa famille, jauger la situation, tout ça. Et maintenant ? Quelle question. Il n’y aurait pas de maintenant, plus de décisions ni de plans, plus de futur ni d’envies ni de projets, plus rien de tout ça. Juste Claude ravagé et David en train d’essayer de se tenir droit. C’était ça la suite. Claude eut un sanglot en entendant la question, il n’essaya même pas de répondre. David, lui, regarda Logan dans les yeux et fit un geste du bras, comme pour dire : voilà, maintenant c’est ça.
Et il était donc là, les bras écartés et les yeux tournés vers le couple, quand il vit Veronica avancer vers lui et il n’eut même pas le temps de –ne serait-ce que- lui sourire qu’elle lui collait une gifle magnifique. Ça, c’était superbe. David leva lentement la main à sa joue, presque sous le charme. Il la regarda partir, ne se priva pas pour glisser un coup d’œil à ses jolies fesses et rêvassa un court instant. Regardez-moi cette princesse, tu m’étonnes que Tibère l’aimait. A l’instant où elle allait sortir, David éclata de rire. Pas le rire cinglé de Tibère ni même un petit rire fatigué pour évacuer la pression, non, un grand éclat bourré de mépris.
« Petite conne bouffie d’orgueil. »
Oh, lui aussi était orgueilleux, oh ouais. Mais ça, c’était… c’était tellement une scène de cinéma que David trouvait ça ridicule, et puis quoi on se protége comme on peut. Mais enfin, allons, qu’est-ce que c’était que ça, elle était vexée ou quoi la petite ? Pour qui elle se prenait, si on pouvait même pas lui dire qu’elle comprend rien alors que c’est la vérité ? David secoua la tête et se détourna quelque peu, un petit rire incrédule comme pour dire qu’il n’en croyait pas ses oreilles, et n’ajouta rien parce que c’était inutile. Claude jeta un œil vers Logan en se demandant comme il réagirait à ça, insultes sur sa femme, mais sa curiosité anxieuse fut détournée par Kennedy. Un truc à fêter. Sale petite… Un truc à fêter. Claude se leva d’un bond, une nouvelle fois. Il était furieux, la voix grondante de haine et les poings serrés, il en avait du mal à articuler tellement il était en colère.
« On est quoi ? Pitoyables ? Pourquoi ? Parce qu’on… parce qu’on pleure parce que notre ami est mort ? Qu’est-ce que vous voulez ? Qu’on fasse la fête ? Hein, t’as un truc à fêter Kennedy, mais je t’en prie, fête donc la mort du fou du village, c’est bien. Vous… vous… »
Il s’étouffait presque dans ses arguments et David, qui savait ce qu’il voulait dire, continua :
« Vous refusez d’accepter qu’on l’aime parce que vous, vous êtes sains. Vous êtes de l’autre côté de la barrière, hein ? On peut pas aimer Tibère, c’est contre-nature un si grand amour pour un si grand fou. On a pas le droit, on aime un monstre. »
Claude le coupa en élevant la voix, vibrant de rage.
« Alors regardez-vous, vous êtes là face à nous et tout ce que vous savez dire, c’est « bien fait, il était méchant » et nous on peut pas le pleurer. On est des merdes, parce que c’était notre pote ? parce qu’on l’a toujours suivi, putain on a peut-être été fous de le suivre mais moi j’veux crier parce que j’ai mal qu’il soit mort et je… et vous êtes là à dire que c’est bien et… »
Il pleurait, sa voix tremblait mais il voulait continuer :
« Et je vois pas pourquoi… vous ne comprenez pas… vous comprenez rien, vous êtes autrement, vous êtes là à… à juste nous détester et… et vous avez raison… bande d’enfoirés… vous avez raison on est dingues… mais c’est notre meilleur ami qui vient de mourir… »
David le regardait en silence et il n’avait plus grand-chose à dire. C’est vrai, ils avaient cautionné et aidé un homme dangereux pour la société, tout ça. Ils lui avaient donné leur amour le plus total et le plus confiant. Ils avaient été aussi malades que lui et ils n’avaient pas tellement de choses à dire pour défendre un homme qui avait fait tant de mal à cette communauté. Mais ils étaient tristes et c’était compréhensible, est-ce que personne ne pouvait juste saisir ? Est-ce qu’ils ne pouvaient pas simplement… ils n’étaient pas insensibles, allons, c’était leur ami d’enfance et un de leurs piliers qui était mort. Ça faisait mal, bordel. |
|  | | Logan Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 256 Age: 25 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Requiem Jeu 3 Déc - 22:26 | |
| Mais ça n’était pas auprès de Logan non plus qu’ils trouveraient de la compréhension et de la sympathie. Logan ne pouvait pas comprendre qu’on pleure quelqu’un comme Tibère. Quand son père mourrait, il ne le pleurerait pas. Il serait perturbé, triste sûrement, un peu, mais il ne le pleurerait pas. Son père était un monstre, il n’avait pas le droit à ce genre de réactions. Pour lui, Tibère c’était pareil. Peut-être même pire. Après tout, son père n’était pas un monstre avec tout le monde. Il y avait des tas de gens avec qui il était adorable, et ça n’était pas vraiment du cinéma. Son père aurait donné son bras droit pour sauver sa fille, son aînée, qui n’était même pas vraiment le sang de son sang vu qu’il l’avait adoptée. Par contre, envers Logan, il agissait plus ou moins comme un psychopathe. Aucune raison que Logan ne le pleure. Et Logan ne comprenait pas non plus comment sa sœur pouvait l’apprécier, faire comme si ce qu’il faisait à son frère n’existait pas… Bref, non, Logan ne serait pas la personne compréhensive sur l’épaule de qui Claude et David pourraient pleurer.
Pour le moment, il était surtout la personne sur l’épaule de qui Ava pleurait. C’était la seule réaction que Claude avait réussi à avoir avec son petit discours. Il s’adressait avant tout à Kennedy, et cette dernière était sortie avant qu’il n’ait parlé, mais il n’avait pas semblé s’en rendre compte. Les deux italiens avaient fait leur petit discours en la seule présence d’Ava et Logan, un bébé qui ne pouvait rien comprendre, et celui qui était arrivé en dernier et avait dit le moins de choses. Mais il en pensait beaucoup, et quand Ava se mit à pleurer, ce fut le signal. Il commença par la garder près d’elle, en la rassurant de petits bruits et de petites paroles, et le bébé ne fut pas long à se calmer. Ava avait un bon caractère. Un caractère déjà fort, sans aucun doute, mais plutôt chouette, tout le monde le disait, et pas seulement Logan qui n’était évidemment pas objectif du tout à ce sujet là.
« Vous devriez partir maintenant. » dit-il d’un ton dur. « Je n’ai pas envie de discuter de ça avec vous. Vous pleurez Tibère, tant mieux pour vous. Vous auriez mieux fait de pleurer pour Kennedy, pour Elio, pour Zofia, pour toutes ces personnes qu’il a blessées, détruites. »
Ca n’était pas une leçon de morale, Logan n’était pas moralisateur et ne l’avait jamais été. Il avait eu plus que sa dose de mauvaises fréquentations, de mauvais actes. Mais il avait ses limites. Et Tibère les avait tellement dépassées qu’il ne pouvait plus avoir une once de sympathie pour lui, même pas dans la mort.
« Dégagez maintenant. J’ai du boulot. »
Il déposa délicatement Ava dans le couffin qu’il avait toujours dans la cuisine à disposition, un joli couffin bien calé sur un plan de travail qu’il n’utilisait plus du coup, bien fixé histoire d’éviter les accidents. Ava se mit tout de suite à jouer avec les petits jouets qui se trouvaient au-dessus de sa tête quand elle était dans le couffin, et Logan ajouta, en se tournant de nouveau vers les Empereurs, plantant son regard dans celui de David :
« N’insulte plus jamais ma femme. »
La menace était claire. Oh David ne la prendrait peut-être pas au sérieux, après tout, Logan était sûrement une des personnes les moins flippantes et puissantes de Sywhaîd. Mais elle restait une réelle menace. Logan avait cassé la figure de mecs pour moins que ça. _________________ I'm in love with the sounds that you make and the ground that you walk on I'm running after you, Im in love with the way you make me wait, I just want to be catching up to you |
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