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| | Good girls go to heaven, bad girls take you there... | |
| | Auteur | Message |
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Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Mar 13 Oct - 12:10 | |
| 6 novembre. Assise sur le rebord de sa fenêtre, Juliet observe le dehors. Il fait nuit, et en fait elle ne voit pas grand-chose à part les lampadaires et quelques silhouettes dont les ombres s’étendent parfois assez pour qu’elle les voies du haut de son dixième étage. Elle soupire et s’emmitoufle encore un peu plus serré dans sa grosse couette. L’appartement qu’elle partage avec Ike n’a en fait rien d’un appartement, au mieux c’est une chambre de bonne. Ils n’ont qu’une pièce pour vivre, où il y a leur lit deux places, une petite table de jardin en plastique avec deux chaises et une sorte de meuble en carton sur lequel est posé une télé en noir et blanc qui déraille passé 21h (allez savoir pourquoi). Mais ce soir, l’appartement était sensé être un peu plus présentable. La brunette tourne un regard vide vers la table, qu’elle a mis tellement de temps à préparer. Il y a une nappe, une vraie, en tissu rouge. Des assiettes, les plus jolies qu’elle aies, bien blanches et presque pas ébréchées, et même des serviettes pliées version origami, qu’elle a mis quelque chose comme trois heures à faire parce qu’elle est vraiment nulle pour ce genre de conneries. De là où elle est, elle voit la cire des bougies couler sur la nappe mais elle n’arrive pas à se sentir concernée. Pas plus que l’odeur du poulet cramé venant de l’espèce de kitchenette qui se trouve dans une toute petite pièce à côté n’arrive à la sortir de sa torpeur. Elle entend la clé d’Ike actionner les diverses serrures (vu le quartier, avoir moins de cinq verrous serait un suicide) et un sourire mauvais s’affiche sur son visage, sans pour autant que ses yeux ne sortent de leur contemplation, ou même n’expriment la moindre émotion. Ses cheveux bruns sont parfaitement coiffés mais son maquillage a coulé, elle peut le voir dans le reflet de la vitre. Tout comme elle peut voir la porte s’ouvrir, et Ike entrer, de la démarche pataude qu’il a toujours quand il a passé sa nuit à boire. Elle tourne son regard vide vers la montre à deux sous (mais qui fait assez illusion pour pouvoir la porter au travail) qui est à son poignet droit et une nouvelle grimace apparaît sur son visage de poupée. Il est près d’une hee du matin. Tu m’étonnes que les bougies aient fondu. « Hello Ju-li-et ! » lance Ike avec cette voix pâteuse et joyeuse qui n’augure jamais rien de bon. « Would you kiss your Romeo ? »Même si c’était la première fois qu’on lui faisait, Juliet ne trouverait pas la blague drôle. Mais elle a toujours cette impression bizarre d’être complètement à côté de la plaque, comme si son esprit avait autant fondu que les bougies. Dans un mouvement lent et étrangement gracieux, sans même regarder vraiment Ike, et sa silhouette de footballer américain, alors que ses yeux sont posés sur lui, elle se hisse hors du rebord de la fenêtre. La couette lui fait une sorte de toge étrange qui dénude ses épaules, sur lesquelles ont peut voir deux bretelles rouges. « Une surprise ? Pour moi ? » demande Ike en voyant apparaître les bretelles en question, et en laissant couler un regard un peu surpris vers la table si joliment préparée, ou du moins qui était si jolie plusieurs heures plus tôt. Juliet peut sentir que son cerveau essaie de comprendre, qu’il se méfie. Quand il a bu, Ike, qui peut être si gentil quand il n’est pas occupé à être un enfoiré, devient complètement parano. La brunette a d’ailleurs vite pris l’habitude de ne pas le contrarier quand il est dans cet état… du moins la plupart du temps. Elle n’a jamais été très douée pour ne pas contrarier les gens il faut dire, elle a du mal à s’’en empêcher. « Non. » dit-elle d’une voix un peu éraillée et rêveuse. Tellement rêveuse qu’Ike la regarde d’un air étonné. On ne dirait pas qu’elle a dit non, plutôt qu’elle a posé une question. Et avec l’air de robot fatigué qu’elle arbore, c’est pas évident pour le Ike bourré qui se tient devant elle de comprendre ce qui se passe. Il s’approche et tire sur la couette qui n’oppose aucune résistance. Juliet se retrouve devant lui, habillée de ce déshabillé rouge qu’il aime tant, et qu’elle aime aussi, puisque c’est une de ces fringues qui la rendent la plus sexy. Ca n’a rien de très distingué, c’est sûrement un peu trop rouge pour ça, un peu trop criard, et ça montre sûrement un peu trop de son anatomie aussi pour figurer aux vêtements érotiques les plus classes de l’histoire, mais ça lui va bien. C’est joli, bien qu’un peu vulgaire. Et avec son visage de gamine innocente, ça ajoute même quelque chose à cette vulgarité, comme si elle était beaucoup trop jeune pour porter ça. « Tu vois bien que c’est une surprise pour moi. » Ike sourit, de ce sourire niais qu’il a toujours dans ce genre de situations et qui donne envie à Juliet de lui faire bouffer le déshabillé par le nez. Pourtant, c’est un sourire qui, la plupart du temps, est signe de paix. Un sourire qu’elle a appris à apprécier autant qu’elle le déteste, vu qu’il annonce en général plutôt une partie de jambes en l’air plutôt qu’un tabassage. Et au moins, vu l’alcool qui coule dans ses veines, c’est plus rapide. Pourtant, ce soir, elle déteste ce sourire plus que jamais. Elle se recule quand Ike essaie de l’attirer à lui et elle voit un truc passer dans son regard, quelque chose de mauvais, de dangereux, mais elle n’y prête pas attention, son propre regard commence tout juste à se réveiller. « La surprise n’est pas pour toi. Ou plutôt, elle l’était, mais il y a quatre heures, quand tu étais sensé rentrer à la maison ! » hurle-t-elle soudain, presque surprise de s’entendre crier. Ike aussi est surpris. C’est pour ça qu’il commence par essayer de l’amadouer. « Je travaillais, baby, faut bien que je ramène de l’argent si on veut se casser de ce trou, non ? »« Travailler ? » elle ne crie plus mais son ton est cinglant, ce qui est pire, au moins là on ne peut plus la taxer d’hystérie. Son regard est mauvais, moqueur, la pire combinaison auprès d’Ike, qui ne supporte pas qu’on se foute de sa gueule, comme il dit. « Tu rigoles ? Est-ce que tu sais au moins ce que ça veut dire ? T’es pas trop occupé à boire tout ce que moi je gagne à longueur de journée dans cette boutique minable ? »Il la regarde un instant avec un air perdu, puis le regard devient plus dur et il lui dit, sur ce ton de maître d’école qui pour le coup annonce la catastrophe imminente : « Jul’, j’ai été plutôt patient pour le moment. Apparemment, je t’ai blessé en rentrant tard sans te prévenir, alors je veux bien passer l’éponge. »Il s’approche et elle recule de nouveau. « Tu ne me toucheras pas ce soir Ike. En fait, je crois que tu ne me toucheras plus jamais. Regarde bien ce que tu as sous les yeux, parce que c’est fini. »« Jul’, ça suffit maintenant. Je ne sais pas ce que j’ai fait mais… »« Le 6 novembre ? Mon anniversaire ? J’ai ving-quatre ans aujourd’hui espèce de trou du cul ! Et j’ai passé ma soirée à t’attendre comme une idiote pendant que tu te saoulais et te tapais la salope de serveuse du bar du coin ! »Elle saisit le premier objet qui se trouve à côté, et qui s’avère être un vase, et lui balance à la figure. Elle vise pas mal, mais Ike a été quaterback, il a de bons réflexes, même avec autant d’alcool dans le sang. Il esquive et se jette sur elle avec un grognement furieux. Le premier coup l’assomme à moitié, mais ça ne l’empêche pas de se défendre, cette fois elle ne le laissera pas la frapper sans résister… _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Re: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Mar 20 Oct - 11:56 | |
| « Juliet, qu’est-ce que c’est que cette tenue ? »
Le ton offusqué de sa mère fait sourire Juliet. Mais c’est un sourire douloureux, il faut dire que sa lèvre inférieure va bientôt être déformée par un bel hématome, et elle en sent déjà le tiraillement désagréable. Son sourire est mauvais, il fait tâche sur son visage de poupée. Mais le visage est chiffonné, comme les cheveux, et comme la tenue en question. Son déshabillé en a pris un coup. Une des bretelles est cassée et Juliet a passé la moitié du chemin à retenir la partie droite de l’habit pour éviter de se retrouver nue. Heureusement qu’à deux heures du matin y a pas non plus foule dehors. A un moment, elle a quand même dû faire un détour, parce qu’elle a vu un petit groupe de mecs au bout de la rue, et qu’elle n’a pas voulu prendre de risques. A moitié nue, pleines de blessures et pieds nus, elle n’aurait pas eu la capacité de s’enfuir en cas de problème.
« Tu ne me fais pas entrer ? »
Sa mère la regarde d’un air un peu paniqué. Elle est emmitouflée dans un peignoir et la brunette peut voir que sa mère est à peine réveillée. Ah oui, les bonnes gens dorment à cette heure là de la nuit. Son sourire se fait encore plus mauvais.
« Mother ? Si tu ne me fais pas entrer, je hurle, et je suis à peu près sûre que Mrs Hendricks ne t’offrira plus de son christmas cake si elle est réveillée par ta fille à moitié nue à une heure indécente. »
Ellen Norton fait une sorte de sourire réflexe avant de se décaler. Juliet pose ses pieds nus et douloureux sur la moquette moelleuse de l’entrée et soupire. Même cette moquette lui fait mal aux pieds. Elle fait trois pas, d’une démarche rouillée qui n’a rien à voir avec sa démarche souple habituelle. Sa mère referme la porte et se tourne vers elle. Sous la lumière de l’entrée, la génitrice du trio Norton peut enfin voir sa fille… Et l’étendue des dégâts. Elle ne peut s’empêcher de pousser un hoquet de surprise, et porte une main à sa bouche. Ses yeux se sont écarquillés, légèrement, et Juliet sent une sorte de plaisir malsain à cette réaction. Le genre de plaisir qu’on a quand on met enfin le nez de quelqu’un dans sa merde.
« Juliet ! Mais qu’est-ce qui t’est arrivé ? »
« Oh tu sais… C’était peut-être mon anniversaire, en tout cas ça a été ma fête. »
Son rire est rauque et agressif, tellement que sa mère réagit comme si elle venait d’être giflée. Elle rit un instant puis se met à tousser et geindre.
« Je crois que ce salaud m’a cassé une côte. » Elle passe une main sur son buste. « Ou peut-être deux. »
« Je vais réveiller ton père. » répond Ellen, d’un ton aussi décidé que possible. « Il saura quoi faire. »
Juliet sourit méchamment et hausse les épaules.
« T’as qu’à faire ça, ouais. »
Elle sent le regard de sa mère sur elle et se dirige vers le salon. Elle s’affale dans le canapé en cuir beige en écoutant les pas légers de sa mère dans l’escalier. Même dans une situation comme celle-là, Ellen ne court pas, ça ne serait pas digne. Elle rit à cette pensée, et voit une goutte de sang tomber sur le beau canapé de sa mère. Oups. Un sourire amer perce sur son visage, avant qu’elle ne passe sa main sous son nez. C’est lui qui saigne. Elle se penche vers la table basse en érable et prends un mouchoir qu’elle entortille avant de le fourrer dans sa narine sans ménagement. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


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 | Sujet: Re: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Lun 26 Oct - 11:02 | |
| « Un peu de repos et tout ça devrait guérir très vite. » conclut le Dr Sheppard avec un sourire bienveillant.
Pourtant, il n’y a pas de quoi sourire. S’il a soigné les côtes cassées (deux) de Juliet grâce à un sort, il n’a pas pu faire de même avec le reste. Et comme John Norton a mis à peu près une heure à se décider à appeler son ami médecin (ou plutôt à choisir quel ami médecin il appellerait), Juliet est à présent couverte de bleus et d’écorchures. L’ami de la famille a tout de même pu lui donner une potion à avaler, qui va accélérer le processus de guérison. Mais comme Juliet est plutôt réfractaire à la magie, il n’a pas pu faire plus. Dire qu’une fois Will s’est fait renversé par une voiture, bon elle n’allait pas très vite mais quand même, et qu’une heure et demi après il était comme neuf. Juliet sens une bouffée de jalousie monter en elle, et au lieu de la refouler, elle s’y accroche. Ce genre de pensées fait du bien, ça aide à tenir.
« Ecoute, Juliet, je te connais depuis que tu es enfant. »
Elle lance un regard étonné au médecin. Il va lui faire une déclaration, ce vieux pervers ?
« Et je ne voudrais pas qu’il t’arrive du mal. Alors, si tu veux, je t’emmène au poste de police, je pourrai témoigner de tes blessures, je suis sûr que ça aurait du poids. »
Un sourire mauvais apparaît sur le visage de poupée battue de la jeune femme, mais cette fois elle le chasse rapidement, pour laisser place à un sourire faussement innocent.
« Pourquoi j’irais voir les flics, Doc’ ? Tu as entendu mon père… Je suis tombée dans l’escalier… »
Son sourire mauvais revient, impossible d’avoir l’air innocente trop longtemps ce soir, cette fois elle a vraiment cru qu’Ike allait la tuer, ça l’a pas mal ébranlée même si elle ne l’avouerait pour rien au monde. Le médecin la regarde avec un air peiné puis secoue la tête avant de sortir de la pièce. Il va faire son rapport à son père, en omettant bien sûr de lui dire qu’il a failli ébruiter l’affaire, malgré sa promesse. Ah vraiment ! On ne peut plus faire confiance à personne ! A cette pensée, Juliet rit et son rire est rauque, sec. Elle tourne un regard étonné vers le miroir qui reflète une personne bien différente de d’habitude. Elle a enfilé un jean et un sweat, et des baskets. Pas vraiment le look habituel de Juliet Norton, mais elle n’a pas assez de vêtements pour avoir jamais pensé à en laisser chez elle, ou du moins rien de plus que ces vieilles croûtes. Elle soupire. Elle a remonté ses longs cheveux bruns en une queue de cheval ridicule, mais ça c’est surtout parce que le doc avait besoin de pouvoir voir son visage pour le soigner. Elle lève sa main pour libérer sa chevelure puis hésite. Non, ce soir, elle restera comme ça, tant pis pour l’image, elle a besoin de se reposer, pour une fois elle peut laisser tomber le look.
Elle entend son père chuchoter avec le docteur. Elle ne peut pas percevoir ce qu’ils disent, mais elle sent que les choses vont dans le sens de son paternel. C’est toujours le cas de toute façon. Elle soupire et se laisse tomber sur son lit, enfin allongée. Cette chambre d’enfant est ridicule. Il y a encore les posters des groupes qu’elle aimait quand elle était adolescente aux murs. Depuis combien de temps elle n’a plus écouté les Take That ? Une éternité. Elle était une toute autre personne à l’époque. Elle frissonne et se met dans la position fœtale, encore la meilleure quand on a besoin de se reposer. Elle aimerait pouvoir parler à quelqu’un. Mais à qui ? Elle n’a qu’Ike dans sa vie. Mary est loin, elle l’a trahie des années auparavant de toute façon, elle n’a pas envie de lui parler. Will est parti lui aussi. Sûrement avec Mary dans leur village paumé chez les éleveurs de moutons. Elle espère qu’ils s’ennuient beaucoup.
Elle entend la porte s’ouvrir et se refermer. Le docteur est parti. Elle compte mentalement jusqu’à cinq, et à cinq, elle entend quelqu’un frapper à sa porte et ouvrir directement. Elle tourne le dos à la porte mais elle ait déjà qui c’est, ça n’est pas la première fois qu’elle vient se réfugier chez ses parents après ce genre de soirées, même si ce soir elle a vraiment craint pour sa vie.
« Le docteur a dit que tu irais rapidement mieux. » dit sa mère, en s’asseyant sur le rebord du lit.
« Je sais. »
« Il a aussi dit qu’il fallait que tu fasses attention, tu as toujours été maladroite mais… »
« Oui, maman, je ne tomberai plus dans l’escalier. Promis. »
Elle met tellement d’ironie et de méchanceté quand elle prononce l’expression consacrée que sa mère reste silencieuse quelques secondes.
« Ike était très inquiet pour toi. Il va venir te chercher. »
Juliet se redresse brusquement, un peu trop, ses côtes son encore un peu douloureuses même si elles sont réparées et elle s’en veut rapidement d’avoir été aussi réactive. Elle grimace, mais ne se laisse pas le temps de s’apitoyer et demande :
« Ike vient me quoi ? Me chercher ? Mais ça va pas non ! Je ne veux plus jamais le revoir ce connard ! »
« Juliet, on ne jure pas sous mon toit ! »
« Ta fille se fait pratiquement battre à mort et ce qui te choque c’est qu’elle jure quand tu lui annonces que le mec qui l’a frappée va venir la chercher ? »
« Mais qu’est-ce que tu racontes ! Tu as toujours été une menteuse, mais de là à porter de telles accusations. »
Evidemment, le ton d’Ellen est peu convaincant, il faut dire que c’est facile de dire à une gamine de six ans qu’elle ment quand elle raconte quelque chose de vrai, les enfants ça doute facilement, par contre une jeune femme de vingt-trois, non, vingt-quatre ans c’est pas aussi simple.
« Maman, je ne… »
« Tu es fiancée à Ike. Vous allez vous marier. Ca n’est pas une petite scène de ménage qui doit détruire tout ça. Il sera là demain matin pour venir te chercher, il a jugé préférable de te laisser te calmer une nuit. »
Sa mère dit ça comme si Ike était un ange, terriblement magnanime de laisser sa folle de future femme digérer leur dispute.
« Okay. Okay… » soupire Juliet, comme elle l’a toujours fait, abandonnant ses bonnes résolutions comme à chaque fois. « Je voudrais dormir maintenant. Je suis fatiguée. »
Sa mère l’embrasse sur le front et sort de la chambre, éteignant la lumière derrière elle. Juliet se couche et attend dans le noir que le sommeil regagne la maisonnée. Quand elle est sûre que ses parents se sont endormis. Elle se lève et ouvre sa fenêtre. Elle prend une inspiration et l’escalade, se retrouvant sur le toit de la belle maison de banlieue sans caractère que ses parents aiment tellement. Ado, elle a fait le mur comme ça des centaines de fois, sans que ses parents ne l’attrapent jamais. Elle croise les doigts pour que ça soit le cas encore cette fois. Elle a toujours été souple et silencieuse, elle ne met pas longtemps à arriver au sol. Elle tourne un regard un peu perdu vers la maison familiale et hésite un instant. Partir sera définitif, elle connaît trop ses parents pour ne pas le savoir. Un sourire moqueur apparaît sur son visage tuméfié et elle ferme son sweat, remontant la fermeture éclair jusqu’au plus haut et enfile la capuche. Le troisième enfant Norton a quitté le nid, définitivement lui aussi. Elle s’enfonce dans la nuit sans même savoir où aller, consciente qu’elle sauve sa vie, mais qu’elle la détruit en même temps. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


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 | Sujet: Re: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Dim 29 Nov - 17:58 | |
| Ca fait un petit moment qu’elle marche maintenant. Elle est dans une zone de bureaux. Le jour, c’est un endroit plutôt accueillant, où on peut voir des tas de personnes bien habillées sortir et entrer des bâtiments, parler dans leurs téléphones, hurler pour attraper un taxi. La nuit c’est… Etrange. Même Juliet finit par laisser sa colère de côté pour s’enthousiasmer de ces différences. C’est beau. Les bâtiments vides, mais éclairés, donnent un aspect presque fantomatique. Sûrement mauvais pour l’écologie tout ça, mais l’aînée des Norton n’a jamais été du genre à beaucoup croire au bio et à toutes ces conneries. Elle marche plus lentement, le nez levé vers les bâtiments. Ca doit être chouette de travailler là. D’avoir une belle vie, d’être riche… de pouvoir faire ce qu’on veut. De ne pas se retrouver à la rue à quatre heure du matin, habillé seulement d’un jean, d’un sweat et d’une paire de baskets… Alors même qu’on n’aime que les belles chaussures, escarpins à hauts talons. Elle soupire à cette pensée. Là-haut, la vie doit être douce, doit être belle. Ca doit être….
« Ouch… »
C’est une sorte de cri étouffé qui sort de son estomac plus que de sa gorge quand elle tombe. Ou plutôt, quand elle est percutée. Un éléphant au moins. Ou un camion. Ah non. Un homme en fait, qui la regarde avec un air complètement paumé. Ah ça, lui il est pas tombé, il a réussi à se rattraper.
« Non mais ça va pas la tête ? » hurle-t-elle d’une voix pointue qui se répercute dans la rue vide et fait sursauter le mec.
« La ferme ! » hurle-t-il à son tour.
Mais il ne fait pas peur à Juliet. Il a crié trop vite, trop fort, trop tôt. Il veut qu’elle se taise, mais il crie à son tour. Elle se relève. Les paumes de ses mains lui font mal, ainsi que son estomac, qui s’est visiblement pris le coin du carton que le mec tient dans ses mains. Elle regarde ses mains et il y a du sang. Encore… Elle soupire. Ca n’est vraiment pas sa soirée.
« Ty, tu m’expliques ce que tu fous ? »
Cette voix-là lui fait peur. Elle est basse, presque un chuchotement, mais il y a une autorité et une menace dedans qui font que le mec qui se trouve en face d’elle, Ty, sursaute, comme s’il avait été piqué à la fesse par un truc bien pointu. Elle se décale doucement, et l’homme qui vient de parler entre dans son champ de vision. Il n’est pas très grand. Il porte une veste en cuir, du genre veste de sport, des vêtements sombres et Juliet n’arrive pas à voir son visage avec la semi-obscurité de la rue. Elle se demande vaguement si l’inconnu ne le fait pas exprès, de rester dans cette lumière. Tout comme elle réalise que le mec qui l’a faite tomber ne s’appelle pas Ty.
« J’y peux rien, boss, elle m’est rentrée dedans. »
« Ouais, c’était moi qui courait sans regarder où j’allais, d’ailleurs c’est moi aussi qui suis tombée par terre, logique. » raille-t-elle.
Elle ne sait pas vraiment si c’est très intelligent de répondre comme ça. Elle comprend bien ce qui est en train de se passer, elle se retrouve en plein casse. Mais si elle ne réagit pas, elle risque de se faire piétiner avant d’avoir eu le temps de dire ouf. Et Ty n’a pas l’air bien dégourdi. Elle a plus qu’à espérer que l’autre ne soit pas un psychopathe qui croque des brunettes à la pleine lune.
« Bon, je lui suis rentré dedans, mais tu m’avais dit de me presser et… »
« Je ne t’ai pas dit de courir que je sache. Il me semble qu’on a déjà parlé de ça. »
De courir ? Un sourire s’affiche fugacement sur le visage de Juliet et elle est bien heureuse que sa capuche cache son visage, parce que pour le coup, le sourire en question est un peu trop victorieux. Ty n’est pas en odeur de sainteté. Elle devrait pouvoir se débrouiller.
« Désolé Boss. » répond piteusement ce dernier.
Il n’est vraiment pas très intelligent. En s’écrasant comme ça, il ne fait que montrer encore plus sa faiblesse, du moins c’est comme ça que le boss le prend d’après Juliet. Elle a toujours été du genre à bien comprendre les gens, d’un simple regard, ça lui a pas mal servi dans certaines situations.
« Enlève ta capuche. »
Elle fait mine d’hésiter. Elle a su dès qu’elle a compris qu’il ne la tuerait pas comme ça de sang froid qu’il lui demanderait, mais elle a choisi son rôle. Elle joue aux damoiselles en détresse, le genre à se chercher un caïd pour les protéger d’un autre caïd. Première fois qu’elle joue à ça, mais elle a besoin de protection, et d’un endroit où dormir, le temps de retomber sur ses pieds. Déjà, un plan germe dans son esprit, mais elle le laisse dans son coin, le temps de sauver sa peau pour commencer. Elle enlève doucement la capuche, comme à contre-cœur.
« Merde alors. »
Oui, ses bleus doivent être assez impressionnants. Ike ne l’a pas loupée, et elle a toujours marqué plutôt vite. Sans compter les pansements que le docteur lui a mis, et le nez qui a bien morflé. Pourtant, elle est certaine qu’il la trouve attirante. Elle a touché juste, il est du genre à vouloir protéger la veuve et l’orphelin, enfin, surtout la veuve, surtout s’il peut se la taper. Et malgré les blessures, il est évident que Juliet est plus que baisable. Elle est plutôt contente d’être habillée comme elle l’est, elle passe moins pour une pute tabassée par son mac, et l’inconnu risque moins de réfléchir à deux fois avant de l’aider.
Elle prend un air un peu blessé, mais plein d’humilité. Du genre biche perdue. Du genre « je sais que je suis une merde qui ne te mérite pas, mais aide-moi ! ». Pas trop suppliant. Il faut qu’il ait l’impression que l’idée vient de lui.
« Ty, finis ce que tu as à faire. »
Le Ty en question s’en va, sans trop comprendre, le crétin, ce qui se passe. Juliet, elle, sait que le tour est joué.
« Comment tu t’appelles ? »
Elle hésite un instant, et c’est encore une fois de la comédie, pour avoir l’air de se méfier un peu, parce qu’elle a beaucoup souffert et toutes ces conneries.
« A-Ann. » bredouille-t-elle.
« Salut Ann. Moi c’est Rob. »
Il avance et elle le voit. Il est roux, et vu le léger accent qu’il a, elle dirait qu’il est sûrement irlandais, ou qu’il se donne l’air de l’être. Il sourit, lui tend la main. Elle hésite de nouveau, la lui serre, et sourit, d’un sourire beaucoup plus innocent qu’il ne le serait si elle était honnête. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
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 | Sujet: Re: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Dim 29 Nov - 21:57 | |
| 10 décembre. « Sweet Anny ? On manque de bières par ici ! »Juliet grogne. Elle sait qu’elle a vécu pire, mais cette façon qu’à Rob de régulièrement trouver normal qu’elle lui rende service comme ça. Bon, okay, elle sait bien qu’elle n’est pas juste. Le plus ironique de tout ça est que Rob est le mec le mieux avec qui elle est sortie. Okay, c’est un cambrioleur, mais à part ça, il est plutôt correct. Il ne lui tape pas dessus. Ne l’humilie pas. Jusqu’à présent, ne la trompe pas à tours de bras. En général, il lui demande son avis sur le programme qu’ils regardent le soir, quand il est là, et il lui donne le fric dont elle a besoin pour sortir ou ce genre de choses. Il lui a même payé plusieurs tenues pas trop moches. Evidemment, impossible de retourner à son boulot, ni même de mettre le nez dehors, parce qu’elle sait qu’Ike la cherche. Elle a cru se libérer, le soir de son anniversaire, en partant de chez ses parents. En réalité, elle est toujours sous le joug de son ex. Le seul bon côté c’est que ses bleus ont eu le temps de cicatriser et qu’elle a figure humaine. Elle passe devant le miroir. Non, elle a plus que figure humaine. Elle porte une robe à fine bretelles, noire, décolletée mais pas trop, qui tombe sur le genou en une jolie dentelle un peu trop sage à son goût. Et un chauffe-épaule noir lui aussi, ainsi que des ballerines noires… Tout ça, ça n’est pas elle. Trop sage. Mais c’est comme ça qu’elle est pour Rob, alors elle continue son petit jeu. Elle passe de la chambre à la cuisine, prend un pack de bières, puis passe au salon. L’appartement dans lequel ils vivent est beaucoup plus grand que son ancien, et beaucoup plus chic. Non, pas à dire, Rob est un mec plutôt bien. Et quand elle arrive dans la salle, elle cherche son regard. Sauf qu’il n’a pas l’air emballé. Il hoche la tête et fait signe à Juliet qu’elle peut repartir. Normalement il a toujours un petit mot gentil pour elle, il la présente aux gens avec qui il travaille… Mais ce soir, ils ont tous l’air tendus. Et Rob a l’air d’avoir avalé un citron. Elle s’éclipse discrètement, et se replante devant l’émission stupide qu’elle était en train de regarder. Sauf que les problèmes de la gamine obèse ne l’intéressent plus du tout. Non, elle a bien compris ce qui se passe. Rob a des ennuis. Elle a un sourire mauvais. Elle attend ça depuis plus d’un mois. C’est enfin le moment. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


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 | Sujet: Re: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Dim 29 Nov - 22:30 | |
| Troisième fois. Troisième fois qu’il soupire au lieu de s’endormir. Cette fois c’est bon. C’est le signal. Juliet bouge un petit peu, puis demande, d’une voix douce et innocente :
« Honey ? »
« Oui, sweet Anny ? »
Il répond avec une voix tellement soucieuse que c’en est presque touchant. Il lui mâche tout le travail ma parole ! Elle soupire à son tour, se redresse, et rallume la lumière, pour trouver son cher sauveur dans une position presque fœtale, pas vraiment virile. Oulà, les ennuis sont graves, tant mieux, il en réfléchira d’autant moins.
« Tu as des… des problèmes ? »
Elle fait tout ce qu’elle peut pour avoir l’air innocent et complètement terrifiée par l’idée même que son petit-ami puisse avoir des problèmes. Con-cer-née. Mon cul ! Mais elle se débrouille bien. Elle sait montrer aux autres ce qu’ils veulent voir, elle n’est peut-être pas la meilleure comédienne du monde, si on est objectif, mais elle joue justement sur la subjectivité des autres. C’est justement son point fort.
Rob soupire, et se redresse un peu. Malgré les presque cinq semaines passées avec lui, elle n’arrive toujours pas à se faire à cette peau claire qu’il a. Okay, les Norton ne sont pas connus pour leur peau mâte, mais lui c’est carrément… Elle est tellement pâle qu’elle paraît translucide. Un rouquin. Il a fallu qu’elle tombe sur un rouquin. Et pas un rouquin presque brun, non, un vrai roux. Les tâches de rousseurs qu’il a sur le visage le font paraître plus jeune. Elle sait qu’il a une dizaine d’années de plus qu’elle. Et qu’en fait, il n’est pas irlandais, mais new-yorkais. Il a même eu une maîtrise là-bas, en philosophie. Il lui a dit un soir, quand ils échangeaient leurs secrets et ce genre de conneries. Evidemment, elle ne lui a dit ce soir-là que ce qu’il voulait entendre. Ann est une femme battue en fuite, dont le mari est un homme très important. Il ne lui a pas fallu longtemps pour comprendre que Rob se prend pour un vrai Robin des Bois. Il ne cambriole que des gens qu’il considère comme « mauvais ». Alors avoir comme petite-amie la femme d’un homme haut placé qui la battait… Oui, ça lui a plu. Tellement qu’il n’a pas posé énormément de questions en fin de compte.
« On a un de nos associés qui fait pression pour qu’on lui donne la thune qu’on lui doit. Sauf qu’on n’a pas cette thune, et que pour le moment on n’a aucune piste pour la récupérer. »
« Oh… »
Elle laisse quelques secondes passer, en profite pour se lover contre lui. Le contact avec Rob ne la dégoûte pas. Elle ne peut pas dire qu’elle l’aime bien, ou même qu’elle le respecte, mais il y a pire que lui. Elle sent qu’il se détend à son contact, et il commence même à passer une main dans ses cheveux bruns. Il a un truc avec les cheveux, il adore ceux de Juliet. Elle fait en sorte qu’ils soient toujours bien démêlés et entretenus pour lui, histoire qu’il puisse faire mumuse, ça ne mange pas de pain.
« Dis… Tu… Non laisse tomber. »
Elle dit la dernière phrase très vite avant d’enfouir sa tête contre le corps de Rob, comme si elle voulait se cacher. Il arrête son carressage de cheveux pendant un instant, puis demande :
« Quoi ? »
Il n’arrive même pas à cacher sa curiosité, ou son espoir. C’est assez pathétique de l’avis de Juliet, qui sent qu’elle a gagné. Il a vraiment besoin d’un job.
« Je… Disons que je connais un endroit que vous pourriez cambrioler. Des gens que je connais. Je sais quand ils sont absents, où ils cachent leurs objets de valeurs… »
Elle dit toujours ça avec le ton de quelqu’un qui veut aider, mais avec assez d’hésitations pour montrer que l’idée se développe d’elle-même. Tu parles Charles, mais l’important c’est que Rob y croie.
« Des objets de valeurs ? »
Elle prend quelques secondes, fait mine de réfléchir.
« Des bijoux, pas mal je pense. Et de l’argent liquide, deux, trois, peut-être quatre mille dollars, en cas de coups durs. Ils sont du genre à ne pas faire confiance à la banque… »
« Ils ont des sécurités ? »
« Une alarme… Mais je connais le code, il n’en ont pas changé depuis des années… »
Depuis l’année où ils ont installé l’alarme en fait, plus de sept ans plus tôt, mais ça elle ne le précise pas, elle n’est pas sensée si bien connaître ces gens.
« Et dans combien de temps on pourrait faire ça ? »
« Mardi. Ils vont jouer au bridge chez des amis. »
Elle attend. Les protestations. Les questions. Mais rien ne vient. Rob se contente d’embrasser le haut de son crâne et s’endort. Elle sourit. Il a encore mieux réagi que prévu. Plus que trois jours à tenir. Plus que trois jours à être prisonnière. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Re: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Dim 29 Nov - 22:48 | |
| 13 décembre. Elle entre dans la cabine téléphonique. Un objet tellement vieillot. Elle essaie de se rappeler quand elle en a utilisé une pour la dernière fois. Bien sûr, avant elle avait un portable. Mais elle l’a laissé quand elle est partie de chez elle, qu’elle a fui Ike. Elle sort un mouchoir de son par-dessus et nettoie rapidement le combiné, les microbes des autres non merci, surtout qu’elle sait quel genre de personnes passent leurs nuits dans cette boite, elle les a assez observées comme ça. Elle croise son reflet dans le métal du téléphone. Un fichu sur la tête, de grosses lunettes de soleil. Elle a l’air d’une clocharde. Elle sourit. Et compose le numéro. « Allô ? »
« Allô, Ike ? »Elle hurle presque, parle vite, tout dans son ton crie l’urgence et le soulagement. La peur aussi. « Juliet ? »Ike, lui, n’est pas très rapide, comme d’habitude, il n’a même pas encore l’air vraiment inquiet, il faut accélérer tout ça. « Oh Ike ! Chéri ! J’avais tellement peur de ne jamais pouvoir te reparler ! J’ai tellement peur de ne jamais te revoir, si tu savais, si tu savais ce que… »
« Juliet, on se calme, qu’est-ce qui se passe ? Putain, où t’étais depuis que tu t’es barrée de chez tes parents ? »Elle a un hoquet de surprise. « Barrée ? Mais pas du tout… Pourquoi je serais partie ? Ils m’ont kidnappée ! J’étais à ma fenêtre et ensuite… Oh Ike je ne me souviens plus ! Quand je me suis réveillée, je me suis retrouvée attachée à une chaise et ils… »
« Où tu es, comment ça se fait que tu peux téléphoner ? »Ca n’est pas du doute, Ike la croit, de toute façon il n’a sûrement jamais pu croire qu’elle s’était enfuie, après tout qui fuirait un homme aussi génial que lui ? Non, par contre, il y a de l’impatience. Il n’aime pas quand elle bavarde, elle le sait, c’est pas pour rien qu’elle le fait. « Je… J’ai réussi à avancer jusqu’au téléphone, j’ai eu du mal à composer le numéro mais… Ike, si tu savais ! Ils vont faire quelque chose de terrible ! »
« Quoi ? Juliet, nom de dieu !, accouches ! »Elle a un nouveau hoquet. Il aime avoir de l’autorité sur les femmes, elle le sait, et le fait qu’il en ait même quand elle panique va lui monter à la tête. Bon plan. « Je… Ils vont cambrioler mes parents. Ce soir. Ils sont déjà partis en fait… Ils m’ont forcée à leur dire… Tout, le code, le coffre…. Oh Ike je suis tellement dés… »
« Où es-tu ? »
« J’en sais rien… »
« Bon, j’arrive. Tiens-toi bien d’ici là, ne les laisse pas s’énerver. Tu peux être tellement horripilante parfois ! »
« Oui, je s… »*CLICK* Il a raccroché. Elle raccroche à son tour et sourit. Elle met le sac de voyage qu’elle a emmené ave celle sur le rebord où on peut poser des trucs dans la cabine, et se cache derrière pour regarder à travers la vitre. Deux minutes plus tard elle voit Ike sortir du bâtiment. Elle sait très bien ce qu’il va faire. Il va faire exactement ce qu’elle a prévu. Aller à la maison de ses parents, arrêter les voleurs, et leur faire cracher le morceau, faire dire où elle se trouve. Il n’a évidemment pas appelé la police, parce que le truc, avec Ike, à savoir c’est qu’il s’est toujours pris pour un cow-boy. En démontre la bosse sous son manteau. Il va enfin avoir l’usage de ce flingue qu’il a acheté si cher plusieurs mois plus tôt, pour leur « protection » soi-disant. Ce flingue qui lui a tellement fait peur, tous ces mois. Elle sourit, le voit démarrer, attend encore quelques seconde puis se dirige vers l’immeuble. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
|  | | Juliet Norton Sywhaîdienne


Nombre de messages: 61 Age: 26 Date d'inscription: 14/06/2009
 | Sujet: Re: Good girls go to heaven, bad girls take you there... Mar 1 Déc - 18:57 | |
| « Son of a whore… »
Quatre mille cinq cent dollars et des brouettes. PLUS DE QUATRE MILLE CINQ CENTS DOLLARS ! Elle n’arrive pas à y croire. Elle a même été obligée de s’asseoir sur le rebord de la fenêtre, le temps de reprendre ses esprits. Merde, tout ce fric. Tout ce fric qu’il a mis de côté pendant qu’il dépensait celui qu’elle, elle gagnait. Toutes ces heures supp’ tout ça pour qu’il puisse aller se saouler dans le bar d’en face, alors que lui il économisait dans son dos. Merde. Merde. Elle n’arrive pas à réaliser. Elle savait qu’il avait une boite mais elle ne l’a jamais vraiment cherché tout ce temps. Elle lui a fait confiance. Quelle conne !
« Merci mon pote. »
Elle sourit. Au moins, elle a du fric. Plus que prévu. Elle va pouvoir faire à peu près n’importe quoi. Enfin, c’est pas non plus sa retraite assurée mais elle va pouvoir aller plus loin que prévu. Au début, elle voulait aller à New-York. Maintenant…. Elle réfléchira plus tard. Elle vide la boite, la remet gentiment à sa place.
Sur le lit, toutes ses affaires se trouvent, rapetissées et mises dans un simple sac. Elle connaît ce sort depuis une éternité, c’est un des rares qu’elle maîtrise. Elle avance jusqu’au sac et le ferme d’un coup sec. Elle lance un regard vaguement intéressé à ce qui l’entoure. Cet appart ne lui manquera pas. Elle ne sait pas où elle va, mais elle va loin, c’est sûr. Elle prend le sac, claque la porte derrière elle, laissant un appartement dévasté. Toutes les affaires préférées d’Ike sont en petits morceaux. Tant pis pour lui. _________________ Sex is a weapon It\'s like a drug It gets him right into that grave that he just dug She\'s saying I\'m on the run I\'m chasing guys for fun... |
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