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| | You carry hate that I don't feel... | |
| | Auteur | Message |
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Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: You carry hate that I don't feel... Mer 7 Oct - 16:00 | |
| What Have You Done ? –Within Temptation.
Le problème de l’automne, surtout à partir d’après samhain, était que le temps était de plus en plus froid et que donc les gens ne se baladaient plus le soir. Au lieu de ça, ils squattaient les salles communes de la Ferme, jouaient à des jeux, lisaient, discutaient... Ce soir-là, toutes les salles étaient pleines et Galaad n’avait pas eu le courage de s’incruster. Le problème n’était pas qu’il allait se sentir seul, en fait même s’il n’avait pas d’ami très proche (à part Zofia, Rozen, Skyler et Asa qu’il considérait comme proches même si c’était compliqué), mais plutôt l’inverse. Il y avait trop de monde dans ces foyers, trop de personnes prêtes à lui parler… Mais aussi trop de personnes pleines de sentiments et de pulsions que le Loup sentirait et qu’il aurait envie d’utiliser. Bref, de quoi donner la migraine à l’albanais qui ne se sentait pas la force pour cette fois de supporter tout ça.
Comme il n’avait pas non plus envie de s’enfermer dans sa chambre (il passait la majeure partie de son temps dans cette pièce et finissait par devenir claustrophobe), il était allé au dernier étage et avait cherché une pièce où s’installer pour quelques temps. Il avait trouvé une petite pièce avec deux fauteuils moelleux, une cheminée et vue sur la Lande. Plutôt agréable. Il s’y était donc installé et s’était mis à… Tricoter. Avec de très grosses aiguilles et une très grosse laine, tout droit sortie de la tricoterie. En fait, Galaad essayait de faire autant de corvées que possible depuis quelques temps, alors on l’avait collé à pas mal de corvées qui ne demandaient pas trop d’effort physique. La tricoterie, par exemple, mais il ne supportait pas de passer tout ce temps avec toutes les nanas qui y étaient toujours, et du coup il emmenait souvent du boulot avec lui pour le faire à un autre moment.
Vu qu’il avait un bras handicapé, il avait une technique de tricotage assez particulière. Il calait l’aiguille sous le bras et bougeait son épaule pour que le mouvement fonctionne. Un point à l’envers, un point à l’endroit, il tricotait à un rythme relativement lent mais ça ne lui posait pas de problème, il avait tout son temps. Le Loup était hypnotisé par ce genre d’activité et il s’était assoupi dans sa tête, ce qui fait que Galaad se sentait plus léger que d’habitude. Le tricot était particulièrement facile puisqu’il faisait un simple plaid, il n’avait donc rien de compliqué à faire. Et quand il entendit la porte s’ouvrir, il n’eut même pas le sursaut de crainte et d’exaspération qu’il avait parfois quand quelqu’un arrivait alors qu’il voulait être seul…
[Vitalinounet ? ^^] _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Mer 7 Oct - 21:00 | |
| Vitali non plus n’était pas un fanatique des grands rassemblements. Sa nature très méfiante lui interdisait de fréquenter trop de monde à la fois… Mais une étrange mélancolie commençait à le prendre : il avait besoin de parler à des gens. Il avait besoin d’une vie sociale, et surtout… Surtout, il avait besoin du pardon. Ces derniers temps, ce qu’il avait fait le hantait, parce qu’il avait aimé travailler pour la mafia et se demandait s’il saurait reprendre une vie normale. Il se voyait, là, entouré de tous ces gens si purs par rapport à lui, et il avait envie de laver sa conscience et ses mains.
Le russe cherchait, pour s’abîmer dans ses réflexions, une salle vide et isolée. Il avait déjà repéré celle du dernier étage, soudain déserte, et s’y dirigea tout naturellement. La salle était déjà occupée. Vitali ne put retenir un mouvement de recul, mais entra en voyant que c’était un simple jeune homme qui de plus, faisait du tricot. Il salua l’homme d’une lourde voix aux inflexions de l’est, s’installa dans le fauteuil et demanda :
« Je ne te dérange pas ? »
En relevant les yeux sur l’albanais, Vitali se figea. Il y avait quelque chose qui le dérangeait, qui crispait ses nerfs de paranoïaque. Quelque chose dans le regard, dans les gestes, quelque chose. Son regard bleu se durcit instantanément et il croisa les mains sur ses genoux sans baisser les yeux.
« Je m’appelle Vitali. Je crois qu’on ne se connaît pas… »
Sa voix avait sonné avec nonchalance. Il reprenait ses marques, ou plutôt ne les avait jamais perdues : se montrer tranquille et surtout pas nerveux. |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Mar 13 Oct - 16:20 | |
| Si Vitali était tout à fait capable de cacher ce qu’il ressentait, et de paraître tout à fait détendu, il avait face à lui un lycanthrope, dont le Loup s’était éveillé dès que le russe avait fait intrusion dans la pièce. Et si Galaad était inexpressif, c’était principalement parce qu’une partie de son visage était paralysée (les cicatrices étaient cachées par la barbe en grosse partie maintenant, ce qui lui permettait de moins user des crèmes masquantes faites par Zofia) et que de toute façon il était trop occupé à maîtriser le loup pour montrer ses émotions. Dès que Vitali était entré, le Loup s’était mis à grogner sourdement dans l’esprit de Galaad, le forçant à quitter sa tranquillité d’esprit pour le maîtriser. L’animal n’était pas totalement terrorisé, mais il n’aimait pas l’aura qui se dégageait du Russe. Pire, il n’aimait pas son odeur. Une odeur que Galaad considéra comme métallique, une odeur dérangeante, même si les humains normaux ne la sentaient pas, les sens de l’albanais étaient décuplés par la présence du Loup, et souvent c’était plus handicapant qu’autre chose.
Quand le russe demanda s’il dérangeait Galaad, ce dernier se contenta de secouer négativement la tête. Non, Vitali ne le dérangeait pas, même s’il dérangeait le Loup. Comme à son habitude, Galaad ne dit rien, attendant simplement que l’autre engage la conversation s’il le souhaitait. Il n’avait jamais été très loquace, sûrement en partie parce qu’il était bègue, et il était devenu carrément taciturne depuis que Loup était là. En fait, les discussions dans sa tête l’occupaient assez pour qu’il ne s’occupe pas de celles qui se passaient en dehors. Ou du moins, qu’il n’en provoque pas.
« Galaad. » répondit-il, lui aussi son accent albanais ressortant plus fortement puisque le Loup mobilisait une bonne partie de sa concentration, il en avait d’ailleurs aussi oublié de bégayer. « Russe ? » ajouta-t-il avec une ébauche de sourire. Entre slaves, on se reconnaît. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Dim 25 Oct - 10:10 | |
| "Russe, en effet."
Vitali eut un sourire tranquille, mais ses yeux suivaient les mouvements de Galaad comme un chat épierait un oiseau. Si le Loup avait senti quelque chose en Vitali, lui-même ne se sentait pas exactement à son aise. Il avait une impression, diffuse, de danger. Un peu comme s'il se retrouvait soudain en face d'un de ses vieux amis, ceux qui voulaient le tuer, ceux qui étaient dangereux comme lui.
"Toi aussi ? De quel coin ?"
Il était curieux de savoir d'où pouvait bien venir cet étrange jeune homme. Il avait l'air à moitié handicapé... et surtout, il avait ce regard... Vitali le soutint quelques secondes, sourit doucement. Il était intrigué, vraiment. Et il reprenait de vieilles habitudes, les muscles prêts, le regard dur, le coeur battant à tout rompre.
"A se demander ce qu'on fout là, si loin du pays, hein ?"
Sa voix a été calme, lente et précautionneuse. C'est risqué, de dire ça. Une phrase comme ça, c'est le genre à attirer les questions sur lui, sa vie, son passé. Peut-être bien que c'est ce qu'il cherche, à la fin. Peut-être bien qu'il veut se libérer. |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Mer 28 Oct - 20:57 | |
| « Albanais en fait. De Tirana. » répondit Galaad, avec une ébauche de sourire.
Parler de l’Albanie était un des passes temps préférés du lycanthrope. Il aimait son pays, il aimait sa ville natale, et toutes celles dans lesquelles il avait vécues. Il aimait la campagne Albanaise, dans laquelle il avait passé des heures à faire du camping, même si ça s’était fini d’une façon plus que tragique. L’Albanie était l’une des choses de son ancienne vie qui lui manquaient le plus. Il aimait Sywhaîd, c’était un bel endroit, et il pouvait y trouver une certaine paix qu’il ne trouverait pas en Albanie, pas pour le moment en tout cas. Mais ça restait un endroit qui le retenait prisonnier. Un endroit où il ne pouvait parler sa langue maternelle. Un endroit où la plupart des gens ne savaient même pas placer son beau pays sur une carte. Galaad n’était pas quelqu’un de très fier ou orgueilleux, mais à chaque fois que quelqu’un levait un sourcil interrogatif quand il nommait son pays, il sentait son cœur de fendre un peu plus. Il y avait sa famille dans ce pays, les gens qu’il aimait le plus au monde. Et surtout, il y avait lui, son ancien lui. Un garçon gentil, loin des ennuis, qui étudiait la littérature anglaise du XIXème siècle. Une personne qui était morte une nuit de Pleine Lune.
Mais le plaisir d’évoquer, même brièvement, son pays fut de courte durée. Déjà, Galaad dut lutter pour que le Loup se calme. Si Vitali était habitué à sauver sa vie auprès des humains, et auprès d’humains terriblement dangereux, il n’était visiblement pas habitués à se préserver auprès de loups, et encore moins auprès de Loup-Garous. Une des choses à ne pas faire en présence d’un lycanthrope, sous sa forme humaine ou non, était de le défier si le besoin ne s’en faisait pas sentir. Dans cette pièce, Galaad avait réussi à tenir assez le Loup pour qu’il n’y ait pas eu de combat de dominance… Sauf que Vitali avait fait une erreur qui aurait pu lui être fatale en soutenant le regard de l’albanais. Contre ce genre de provocations, même le jeune humain ne pouvait pas faire grand-chose. Le Loup, à l’intérieur, gronda et Galaad eut déjà bien du mal à ne pas laisser son corps gronder à son tour. Le Loup de Galaad était un dominant. Un Alpha. S’il avait été dans une meute, il aurait rapidement pris le commandement, ou serait devenu un Second. Soutenir son regard était une erreur terrible, la plupart des gens ne le faisaient pas par instinct, à cause de l’impression étrange que Galaad, et son visage partiellement inexpressif, leur faisait. Galaad lui se cachait souvent derrière sa timidité et ne cherchait pas le contact visuel. Heureusement, ce fut bref et l’albanais réussit à contrôler son Loup. Vitali détourna le regard et cela suffit à calmer un peu le Loup. Pas énormément, parce que ce détournement n’était pas une soumission, plutôt une façon de remettre à plus tard le combat. Galaad soupira intérieurement. La plupart des humains n’avaient aucune idée de ce que leur corps disait. Ils faisaient attention à leurs paroles, à leurs expressions, mais pas aux autres signaux. Et ils ignoraient à quel point ça pouvait être dangereux.
Il haussa les épaules et se força à sourire doucement aux paroles qui suivirent. Il ne voulait pas que Vitali se rende compte d’à quel point ils avaient frôlé la catastrophe. Il enchaîna donc, se forçant à faire la conversation pour éviter que l’entretien ne parte de nouveau vers des combats de regards et d’autres choses moins agréables encore.
« Homesick ? Ce pays, ce village est bien différent de ce que sont nos pays… La mentalité. La façon de fonctionner, de voir les choses. Nous n’avons pas les mêmes… codes. »
Il avait hésité sur le dernier mot. Principalement parce que la nationalité était un sujet compliqué à Sywhaîd. Le village était en Ecosse, et principalement composé d’anglophones, mais il y avait quand même de pas mal de nationalités différentes, et la culture restait assez ouverte.
« Parfois… » Ajouta-t-il, tellement occupé à calmer son Loup qu’il ne bégayait pas, mais qu’il ne se rendait pas compte non plus qu’il en disait plus qu’il n’avait voulu à la base. « Parfois je me demande ce qui peut pousser quelqu’un à quitter son pays. Sa famille. Ses racines. »
Il n’avait pas dit « ses amis », parce que très franchement, il n’en avait jamais eu beaucoup. Galaad avait toujours été plutôt solitaire, et quand il avait eu son « accident », ses proches s’étaient restreints à son père, sa mère et sa sœur. A Sywhaîd, il avait quelques « proches », mais c’était différent. Pas vraiment des amis. Juste des gens qui savaient des choses sur lui et, parfois, avec lesquels il aimait passer un peu de temps, mais ça c’était plus rare. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Jeu 29 Oct - 18:05 | |
| Vitali, décidément, était perplexe. Il était aussi effrayé. C’était étrange, face à ce gamin, mais il avait vraiment une certaine montée d’adrénaline… Ce regard, merde, ce regard. Il l’avait soutenu, et ça avait été étrange. Le russe sourit comme en réponse à l’Albanie dont parlait Galaad, mais en vérité il était juste en train de donner le change. Si Galaad ne voulait pas que Vitali sente à quel point ils étaient passés près d’une catastrophe, hé bien… Vitali ne voulait pas que Galaad sache à quel point il le sentait dangereux. A quel point il se méfiait de lui. Non, en vérité, rectifia l’ex-mafieux en pensée, il ne se méfiait pas vraiment de Galaad. Mais il sentait le danger, et il sentait qu’il devait faire attention avec lui, et que ce garçon méritait un certain respect. Il sentait qu’ils étaient proches, à un certain niveau.
« Oui. La fameuse « âme russe »… Ici, ils sont différents. »
C’était le moins que l’on puisse dire… et c’était encore plus difficile pour Vitali qui était paranoïaque, surentraîné et habitué à être discret, méfiant, taciturne. Le fait de parler à un slave le soulageait grandement, plus que ce qu’il aurait cru. Mais tout de même… il y a un fossé entre un homme honnête et un homme comme Vitali, qui se joue des lois sans scrupules. Et pourtant, des scrupules, il aurait du en avoir, avec la Mafia. La gangrène de son pays, voilà ce qu’était la mafia, et malgré tout il s’y était plu.
« Tellement de choses… ça fait des années que je travaillais à Londres… pas le choix, il faut survivre. »
Vitali eut un petit rire et releva les yeux pour observer Galaad. Il se carra dans son fauteuil, les yeux fixés sur lui… et finit par sourire. Le sourire de Vitali était assez inattendu, bien plus accueillant que ce qu’on pouvait penser en le voyant si rigide.
« Un de ces jours, je retournerais là-bas, en Russie. Ce pays me manque… et pourtant, quand j’ai du aller en Angleterre, je n’ai pas protesté. C’est ça, l’âme russe, on sait qu’on a pas le choix et qu’il faut s’adapter, tu sais bien. »
Il soupira longuement et s’alluma une cigarette.
« Pourquoi tu es ici, toi ? Une fuite ? Une fille m’a dit que beaucoup de gens fuyaient quelque chose en venant ici. »
Il s’était un peu penché en avant, très légèrement parce qu’il ne pouvait pas se permettre les débordements, tellement il était distant avec tout le monde. Mais ce jeune homme, Vitali sentait qu’il lui ressemblait, au moins un peu. Ça lui faisait du bien et ça le rassurait. |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


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 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Mer 11 Nov - 12:45 | |
| Galaad comprenait ce que Vitali voulait dire. C’était la première fois qu’il discutait avec quelqu’un qui, ici, se sentait, comme lui, amputé d’une partie de lui du fait qu’il n’était plus dans son pays. La plupart des gens avec qui il avait discuté étaient soit des natifs de Sywhaîd, soit des gens très habitués à voyager et à vivre à des tas d’endroits. Bon, à vrai dire, Galaad n’avait pas parlé à grand monde, il n’était pas très bavard et les gens avaient tendance à ne pas avoir particulièrement envie de parler à ce garçon étrange qu’il était devenu. Mais ça ne changeait rien au fait que ça faisait plaisir de discuter avec quelqu’un qui comprenait, qui pensait comme lui. Il hocha la tête à plusieurs reprises, tout en continuant à Tricoter. Malgré ses mouvements lents, il était assez habitué à tricoter pour pouvoir le faire sans regarder son ouvrage.
La question de Vitali le surprit. Inconsciemment, Galaad n’avait pas classé le Russe dans les personnes qui étaient du genre à poser des questions qui pourraient être gênantes. Il ne s’était pas attendu à ce que l’ancien mafieux se livre autant, même si on était loin de la discussion à cœurs ouverts encore, et ne s’était pas attendu à devoir se livrer, même un peu, en retour. Il prit une inspiration discrète, finit son rang, retourna son tricot, et répondit, toujours sans bégayer, le Loup étant bien trop éveillé en lui pour ça :
« Il y a trois ans, j’ai eu un accident, en Albanie. » En disant ça, il désigna brièvement de sa main valide la cicatrice qu’on pouvait voir poindre sous sa barbe, près de la tempe, si on regardait un peu attentivement. Une énorme cicatrice, que Galaad avait longtemps cachée grâce à des baumes magiques, et qu’il cachait maintenant derrière une barbe. « Un accident grave. J’ai été dans le coma, pendant quatre mois. Et ensuite j’ai passé six mois à l’hôpital. A Londres, dans un hôpital spécialisé. Quand j’en suis sorti, il fallait que j’aille dans un endroit pour me reposer et finir de guérir. Sywhaîd m’a été conseillé. En fait, c’était à peu près le seul endroit qui correspondait. »
Il haussa les épaules, celle de son bras handicapé bougeant beaucoup moins que l’autre. Il avait parlé d’accident, et finalement avait été plutôt sincère. Bien sûr, il n’avait pas dit qu’il était lycanthrope, mais c’était une information qu’il évitait de révéler à trop de personnes. On lui avait bien dit, quand il avait découvert l’existence du monde magique au réveil de son coma, que même dans un endroit aussi particulier que Sywhaîd, la plupart des gens avaient des a priori sur les loup-garous. Une sorte de haine ancrée dans les croyances les plus profondes. La plupart des gens pensaient que les loup-garous étaient forcément des créatures maléfiques. Et Galaad, d’une certaine façon, pouvait comprendre pourquoi. Les Loups ne fonctionnaient pas du tout pareil que les humains, et ces derniers avaient forcément du mal à les comprendre.
« Je crois que j’ai fui mon ancien moi. » ajouta-t-il, lui-même surpris par ce qu’il acceptait de dire, il ne parlait pas beaucoup, et rarement à des inconnus. Il savait ce qu’il disait, il l’avait compris depuis un moment, mais il fut surpris de s’entendre le dire à cet inconnu. « La normalité que j’avais, avant. Mon accident a tout remis en question. Aller à Sywhaîd était un moyen de guérir, mais aussi… de fuir tous ces changements, d’une certaine façon. Je suis en stand-by ici, je ne me pose pas de question, je ne fais que me soigner, en attendant d’avoir à affronter les changements. »
C’était vrai. Et Galaad n’en était pas fier. Mais il en avait besoin. Il avait besoin de fuir tout ça, le temps de maîtriser le Loup. S’il était retourné dans sa vie d’avant, il n’aurait pas survécu aux attaques de sa partie bestiale plus de quelques jours. Il fallait qu’il se pose un moment, qu’il apprenne à gérer le Loup, et après il pourrait reconstruire sa vie. Une chose à la fois.
« Et toi ? Tu fuis ? » demanda-t-il, sans sourire, mais sans que ça donne un aspect désagréable ou agressif à son visage. Galaad ne souriait plus facilement, et ça donnait quelque chose de naturel à son non-sourire, pas comme chez quelqu’un de souriant. Il n’y avait rien d’inquisiteur dans cette question, juste un renvoi naturel. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Mer 11 Nov - 18:16 | |
| Vitali posa un regard sans jugement sur les cicatrices de Galaad. Il connaissait ça, les cicatrices. Ça avait du être un terrible accident, car le jeune homme semblait véritablement mal en point. Il avait l’air disloqué, parfois, dans certains de ses mouvements. C’était étrange à regarder, mais Vitali trouvait ça… agréable. Une certaine harmonie dans les gestes… c’était peut-être pour ça qu’il s’était crispé, qu’il l’était toujours autant. Il se voyait en miroir, en jeune homme détruit et dangereux. Et comme lui Galaad fuyait. Le russe hocha très lentement la tête, il comprenait ce que voulait lui dire l’autre. Se poser, réfléchir, trouver la suite de l’histoire. Oui, c’était ça. Exactement.
Il réfléchit longuement à ce qu’il allait répondre, ensuite. Fuyait-il ? Oui. Devait-il le dire ? Devait-il expliquer ? Vitali se souvint de son état d’esprit avant qu’il arrive dans cette pièce et soit distrait par l’intriguant albanais. Il avait besoin… il avait besoin de dire. Et il savait que Galaad comprendrait.
« Oui. Je fuis. De manière bien plus terre-à-terre, puisque je fuis des gens qui sont à mes trousses. »
Un soupir imperceptible souleva sa poitrine. Croisant les mains, il baissa les yeux sur les tatouages qui barraient ses phalanges, sur ses poignets qui laissaient deviner le reste. Ces tatouages resteraient. Son passé aussi.
« Je travaillais dans la mafia. Russe, les vori v’zakone… J’étais ce qu’on appelle un homme de main. J’étais un tueur. »
Puis, d’une voix si basse qu’elle en devenait presque inaudible, fondue dans les rumeurs de l’école autour de lui. Si Galaad n’avait pas été un lycan, il n’aurait peut-être pas entendu que…
« Je suis un tueur. »
Il n’avait tellement pas honte… c’en était presque honteux. Il avait participé, comme tous les autres. Contourné l’économie, contribué à l’économie souterraine, à la pauvreté du pays, il s’était sali les mains pour une part du gâteau et une place au chaud. Il s’était sali les mains pour faire quelque chose, parce qu’il s’était retrouvé là et qu’il était doué. Il ne regrettait pas. Mais il avait besoin de parler.
« Chez les vory, il y a un code… j’ai tué le patron, tu sais. Alors je dois mourir. J’ai eu la chance d’être endurci à survivre, et je suis arrivé ici. Moi aussi, j’attends que ça se tasse. »
Son regard bleu implacable se posa sur celui de Galaad, le jaugea quelques secondes et se reporta sur ses mains. |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Ven 20 Nov - 23:32 | |
| Quelques années plus tôt, Galaad n’aurait pas compris. Il aurait été proprement horrifié par cet aveu, aurait sûrement eu du mal à finir la conversation, et aurait finalement évité Vitali par tous les moyens par la suite. Mais Galaad n’était plus le jeune homme innocent et pur qu’il avait été avant la nuit fatale où un loup-garou l’avait à moitié dévoré. Il était un prédateur à présent, une partie de lui l’était en tout cas. Il n’eut pas l’air surpris parce que Vitali lui avoua. Il avait reconnu le prédateur chez le Russe, même s’il n’avait pas mis de mot dessus, et donc avait plus ou moins su, sans le savoir, que l’homme était un tueur. Il laissa passer quelques secondes, d’un silence seulement coupé par les craquements de la cheminée, et par les bruits extérieurs, avant de répondre d’une voix sourde.
« Beaucoup de gens sont des tueurs sans le savoir. Il faut être dans un contexte particulier pour savoir si on est capable d’enlever la vie de quelqu’un ou pas. »
Il n’avait l’air ni de juger ça, ni non plus de trouver ça particulièrement bien. En fait, il était aussi inexpressif que d’habitude, oubliant de répercuter ses émotions sur son visage qui, avant, avait été si souriant. Lui-même avait découvert qu’il était un tueur. Oh bien sûr, la plus grande partie de cette facette venait du Loup… Mais il y avait bien une partie de lui qui voulait tuer. Qui aimait chasser, qui rêvait de tuer les moutons quand il passait à côté. Tuer des humains était une idée plus complexe moralement, mais Galaad savait à présent qu’il en serait capable, si le bon contexte se présentait à lui. Il l’avait découvert en découvrant cette noirceur qu’il avait toujours eue en lui, et que le Loup n’avait fait que révéler. Ca ne voulait pas dire pour autant qu’il allait un matin se réveiller et devenir le premier Ted Bundy Sywhaîdien. Non, c’était juste qu’il se savait capable de tuer. Et ça faisait de lui un tueur.
« Pourquoi tuer ton boss ? » demanda-t-il, de nouveau sans curiosité malsaine, seulement parce que ça semblait la question à poser.
Et de nouveau, son regard ne reflétait aucun jugement. Pourtant, la mafia était quelque chose d’immoral. Une des pires choses qui existaient, et les pays de l’Est en souffraient assez pour le savoir. Galaad était contre l’idée de la mafia. Mais aujourd’hui, il pouvait comprendre qu’on entre dans la Mafia pour survivre. Son instinct de survie était décuplé par l’expérience de presque mort qu’il avait eue. Il savait qu’il s’accrocherait à la vie quoi qu’il arrive, même s’il devait revenir sur sa morale pour ça.
Et en quoi tu es différent de l’animal dans ce cas ?
Il ne répondit pas au Loup. Ca n’était pas la peine. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Dim 22 Nov - 20:01 | |
| Vitali hocha très lentement la tête, appréciant à sa juste valeur la calme réaction de Galaad. Il avait raison, d’ailleurs. On ne peut pas savoir avant si on est capable ou non de tuer, lui-même avait fait son premier meurtre à l’âge de 16 ans et il… il n’avait pas été si choqué que ça, à vrai dire. Ce n’était pas une histoire de violence, juste une sorte de pragmatisme, de stoïcisme extrême qui faisait qu’il avait bien vécu cet acte, parce qu’il le savait nécessaire à sa survie. Il semblait que Galaad pensait de la même façon.
Quand l’albanais posa la question logique, mais à laquelle il n’avait pas pensé, Vitali le regarda attentivement, le fixa. Pendant de longues secondes, il le jaugea d’un regard froid, sans détourner les yeux, comme absorbé par une réflexion intense et importante. Tout à l’heure, quand il avait regardé Galaad dans les yeux, il s’était passé un truc… une sorte de réaction… Vitali essayait de la provoquer de nouveau, juste pour voir. Au bout d’un moment, il sembla satisfait et regarda enfin ailleurs, vers la fenêtre.
« Je n’ai pas fait exprès. Il a explosé, il était en train de m’engueuler parce que j’avais mal garé la bagnole. C’est nul, hein, comme histoire. Je l’ai fait exploser, et depuis je suis un ennemi. »
Vitali eut un léger sourire, amer.
« C’est dommage. J’aimais ça. »
Comme poussé par une envie inexplicable et subite, le Russe tira soudain sur le col de son t-shirt, dévoilant deux étoiles au dessus de son cœur.
« Tu vois ces étoiles ? Elles disent que j’appartiens aux vori v zakone, mais mes anciens camarades veulent maintenant me tuer, c’est la Loi. Elle est sévère et dure, et plusieurs fois je l’ai moi-même mise en application. Je ne pourrais plus retourner à Londres, ou en Russie, sauf en me cachant. »
Il relâcha son vêtement, replaça son col sur les étoiles, alluma une cigarette en passant une main nonchalante dans ses cheveux.
« Tu as déjà eu affaire avec la Mafia ? Là-bas, dans ton pays ? »
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|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Jeu 3 Déc - 20:49 | |
| « Non. » répondit Galaad et sa voix était un peu sèche.
Il faut dire que Vitali l’avait défié. Il l’avait regardé dans les yeux, trop longtemps pour que ça soit anodin. Et Galaad n’avait évidemment pas détourné le regard. Il ne le pouvait d’autant plus qu’il savait que l’homme était un assassin, un prédateur. Il avait espéré que le Russe détournerait le regard avant que le Loup ne pète complètement un plomb. Il n’avait aucune envie de se battre avec Vitali. Il n’avait pas peur de lui, pas sur un combat à mains nues, ou même avec des armes, parce qu’il savait qu’il était plus fort. Un lycanthrope était bien plus fort qu’un humain normal. L’entraînement de Vitali, son expérience, jouaient en sa faveur. Mais la force pure de Galaad était une arme plus mortelle encore. Un loup-garou pouvait casser le cou d’un humain normal très facilement. Un Loup-garou tapait instinctivement là où ça ferait mal. Et si l’Albanais avait une silhouette presque chétive, maladive, d’un homme handicapé, quand le Loup prenait le dessus, il n’avait plus aucun problème, et était aussi souple et rapide que n’importe quel lycanthrope.
S’il ne voulait pas se battre contre Vitali, c’était parce qu’il l’appréciait, d’une certaine façon. C’était la première fois qu’il discutait avec quelqu’un pouvant comprendre sa partie la plus sombre. Oh bien sûr, c’était compliqué, et être lycanthrope était très différent d’être un tueur de la mafia. Mais il y avait des points communs. Ils se comprenaient. Alors quand une vague de puissance se dégagea de Galaad, et que le Loup gronda en lui, prêt à prendre les commandes, l’Albanais, lui, espérait que Vitali détournerait le regard. Ce qu’il fit. Au tout dernier moment. Juste avant que la situation n’échappe au contrôle des deux slaves.
Il eut du mal à calmer le Loup. Le problème, encore une fois, était que le Russe avait détourné le regard, mais ne s’était pas réellement soumis. Et ça ne plaisait pas au Loup. En fait, ça ne plaisait pas à Galaad non plus, mais le plus important était que ça ne plaisait pas au Loup. Du coup, Galaad eut du mal à garder le contrôle, et n’écouta qu’à moitié ce que Vitali disait. Tout ça était presque invisible, l’Albanais oubliant comme souvent de montrer sur son visage ce qui se passait à l’intérieur de sa tête, et de son corps. Encore heureux, parce qu’autrement il aurait sûrement eu l’air d’un schizo échappé de l’asile. Il ne reprit le fil que quand Vitali posa sa question, et donc répondit assez sèchement, ne contrôlant pas encore très bien son corps. Il prit une inspiration, et ajouta, d’un ton moins sec, plus neutre, et avec une sorte de petit sourire :
« Mes parents sont tous les deux professeurs d’université. On n’est pas riches, on n’est pas pauvres.. On n’a aucune influence. La mafia n’a jamais eu besoin de nous. »
Il secoua la tête et ses mèches brunes suivirent le mouvement. Il avait hâte d’aller dans cette meute donc Rozen lui avait parlé. Il ne pouvait plus vivre comme ça, ou il finirait complètement fou. Il avait besoin de mieux comprendre ce qu’il était, de l’assumer. Mais surtout, il avait besoin de la présence des siens.
« Un ami de mes parents a un restaurant. Ils le lui ont brûlé trois fois déjà. Il refuse de payer leur taxe pour être protégé. Il tient bon. »
Le respect qu’il avait pour cet homme pouvait s’entendre dans ce qu’il disait. Ca n’était peut-être pas la chose la plus intelligente que de dire à un ancien homme de main de la mafia qu’on respectait quelqu’un qui la défiait ouvertement, mais Galaad n’avait pas peur de Vitali. Et, surtout, il respectait cet homme, oui. Parce que résister à ce genre de personnes, quand on n’a rien pour le faire et tout à perdre, c’était de l’héroïsme pur. Et que, même s’il pouvait comprendre le parcours de Vitali, Galaad était contre la mafia. Ca, ça n’avait pas changé, malgré le Loup, ce qui était sûrement bon signe. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Ven 4 Déc - 17:43 | |
| Vitali jetait des coups d’oeil curieux en direction de Galaad, intrigué. Etrange phénomène… cette force… ce regard… comment expliquer ? Il comprenait qu’il avait en face de lui quelqu’un qui était clairement dangereux, et n’arrivait pas à concilier cette conviction avec le jeune gars démoli qu’il voyait.
Le russe reprit le petit sourire du jeune homme quand il dit que la mafia n’avait pas eu besoin de sa famille. Les gens de l’autre côté, ceux qui ne connaîtraient jamais la famille, à moins de la chercher. Des gens différents d’eux, foncièrement. Les yeux dans le vague, il aspira pensivement la fumée de sa cigarette et nota le ton du gosse quand il évoqua le type au restaurant. Et la taxe de protection. Oui, il comprenait ce respect. Lui-même, il respectait ces gens qui tenaient bon et qui refusaient de se prostituer, mais quand il les voyait mourir pour leur conviction, il ne pouvait que les regarder, goguenard. Et se dire : « Voilà des gens qui ont des idées, mais qui ne savent pas qu’il faut parfois les oublier pour survivre. » Oh, il comprenait ceux qui étaient contre la mafia, oui. Mais ces gens ne savaient pas qu’il faut survivre coûte que coûte, et quoi, si en plus on peut avoir de l’argent, beaucoup d’argent, pourquoi se gêner ? Tant pis pour les autres, ceux qui ont des convictions et qui ne veulent pas faire partie du jeu. Lui, il aimait ça.
« Oui… Il y a des gens comme ça… C’est un beau geste, mais est-ce que ça vaut le coup de mourir pour pousser un cri dans le vide ? »
Elle était là, la mafia. Enracinée, ancrée. Oh, on pouvait bien lutter. Mais elle ne partirait pas, s’adaptant peu à peu…
« Ce type, pour finir, soit il devra partir, soit il sera tué. Est-ce que ça vaut le coup ? Il ne peut pas gagner. »
La voix douce et veloutée, Vitali regardait ses mains en parlant, songeant à tous ceux qui étaient morts par elles. Ils étaient nombreux, oui. Et parmi eux, des traîtres, des résistants comme l’ami des parents de Galaad, des membres de mafias ennemies, divers mauvais payeurs et autres. Et il songeait aussi à l’étonnant Galaad. Une fois décidé, Vitali releva lentement les yeux et demanda d’une voix plus douce encore :
« Qu’as-tu fait ? Qu’as-tu fait de ta vie pour avoir ce regard ? » |
|  | | Galaad Bloraberta Ancien Personnage


Nombre de messages: 115 Age: 26 Date d'inscription: 05/09/2007
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Dim 13 Déc - 17:16 | |
| « On peut toujours gagner. Suffit de pas grand-chose pour faire basculer un combat. » répondit Galaad.
Il en était convaincu. Mais aussi, il avait besoin de le croire. Parce que son combat contre le Loup n’était pas un combat gagné d’avance, loin de là. Il avait déjà eu son petit miracle personnel, survivre à l’attaque du loup-garou malgré le fait qu’il était non-sorcier, déjà que les sorciers n’y survivaient que dans quelques rares cas. Alors il devait croire qu’il pouvait encore gagner. Qu’il pouvait encore aller contre tout ce qu’on savait, tout ce qu’on croyait sur sa situation. Autrement, dans moins de trois mois, il serait mort, euthanasié par ses pairs. C’était comme ça que ça marchait avec les loups-garous. Quand un « jeune » (Galaad n’aurait déjà dû plus faire partie de cette catégorie mais les choses ne s’étaient pas passées normalement) était trop dangereux pour la meute, et qu’on ne pouvait rien y faire, on le supprimait. Galaad comprenait cette logique, à cause du Loup qui était en lui, et savait que, de toute façon, si même avec l’aide de la meute il ne devenait pas plus contrôlable, c’était que c’était fichu, qu’il valait mieux mourir. Oui, c’étaient des pensées qu’il avait. Et bizarrement, depuis qu’il avait commencé à les avoir, il allait un peu mieux, comprenait mieux sa nature, ses problèmes.
Vitali posa sa question et ce fut le silence qui lui répondit. Galaad réfléchissait. Pouvait-il vraiment parler à cet homme ? La seule raison pour laquelle il ne parlait pas de sa lycanthropie était par peur qu’on le craigne, qu’on le chasse de la communauté. Même chez les sorciers, les loups-garous étaient encore vus comme des monstres la plupart du temps. Seulement, il y avait plusieurs personnes au courant, et les choses s’étaient plus ou moins bien passées avec elles. Zofia, le rad, Asa, très certainement Logan puisqu’il gérait son régime alimentaire, sûrement Kennedy vu ses dons de vision, et peut-être d’autres qui avaient compris. Il savait que Vitali ne pourrait pas en parler aux autres, puisqu’autrement Galaad parlerait du fait qu’il venait de la mafia, et ils auraient autant de problèmes l’un que l’autre. Et il se doutait que le russe n’était pas du genre à partir en courant après ce genre de confession. Et même s’il avait peur de lui, ça ne serait pas une grande perte, il avait beau apprécier d’une certaine façon cette discussion, ça ne changeait rien au fait qu’il n’avait aucune envie de se faire de Vitali un ami, et que même s’il en avait eu envie, ce serait sûrement impossible, à cause de leurs deux histoires.
« Il y a trois ans, j’étais en Albanie. Je faisais du camping, j’aimais ça à l’époque. »
En fait, il aimait toujours se retrouver dans la nature, mais à présent il ne ressentait plus du tout ça de la même façon. Quand il était dans les bois, c’était comme s’ils pouvaient communiquer avec lui. Il savait ce qui s’était passé, ce qui se passait, il sentait la pluie, il sentait les animaux, il sentait la magie. Tout était très différent maintenant.
« Une nuit, j’ai campé sans le savoir sur un territoire de loup-garou. Je suis non-sorcier, je ne savais même pas que ça existait. Il m’a attaqué et laissé pour mort. »
Il disait tout ça d’une voix neutre, tout en continuant à tricoter doucement. Il n’aimait pas parler de ça, mais avait pris assez de recul à présent pour pouvoir le faire sans que son émotion ne transparaisse. Même le Loup ne se réveilla pas vraiment, alors qu’avant il adorait le torturer avec tout ça, preuve que les choses avaient évoluées.
« Quatre mois de coma plus tard, je me suis réveillé, dans un hôpital sorcier. J’étais défiguré, handicapé, et à moitié loup. Les choses ne se sont pas vraiment arrangées depuis. »
Il y avait eu des évolutions, mais trois ans après l’attaque, il se retrouvait à devoir mettre sa vie entre les mains d’un Alpha qu’il ne connaissait que par correspondance parce qu’il était à bout de solution et savait qu’il ne tiendrait pas plus longtemps sur cette corde raide. Trois ans de galères pour se retrouver à un stade pire encore. Il soupira et haussa les épaules. _________________ So what if you can see the darkest side of me? No one will ever change this animal I have become Help me believe it's not the real me Somebody help me tame this animal I have become |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: You carry hate that I don't feel... Dim 20 Déc - 16:38 | |
| Vitali écouta Galaad en silence, curieux et un peu effaré. Des loups-garous, voyez-vous ça. Mais où est-ce qu’il était tombé ? Le regard du Russe se durcit, fixé sur le visage ravagé du jeune homme. Oui, il avait eu raison de penser qu’il était dangereux, mais c’était une sorte de danger qui le dépassait, qu’il n’aurait pas pu imaginer. Pendant quelques secondes, Vitali ne dit rien. Il observait Galaad comme pour déceler en lui des indices de ce… cet accident. Et il les trouvait, les indices. C’était là, dans le regard, dans la façon de bouger, dans son… aura ?
« C’est… étonnant. Tu as l’air dangereux, tu le sais ? Je l’ai senti immédiatement. »
Vitali savait qu’il était comme ce garçon, qu’on sentait le danger chez lui à condition d’y faire un peu attention. Il était comme ce garçon à moitié loup. Il eut un sourire amer, un petit rire désabusé. Puis, levant un regard ironique sur Galaad :
« Tu pourrais bosser dans la famille, sûr que tu ferais flipper n’importe qui. »
En parlant il avait fait un signe de tête à l’albanais, comme pour le saluer. Il était sincère en disant ça, mais surtout moqueur. Oui, Galaad sous forme de loup prenait des allures de super tueur dans l’esprit de Vitali, mais après ce qu’il lui avait dit, c’était se moquer que de lui proposer de travailler pour la mafia. Comme si. Se levant doucement, Vitali sortit une cigarette de son paquet, les gestes lents, passa la main dans ses cheveux pour les plaquer en arrière.
« Je vais te laisser. Bonne chance avec ton loup sur le dos. »
En vérité, Vitali avait un peu pitié de lui. Habité d’une violence qu’il n’avait sûrement pas choisie, comme lui quand il était jeune et forcé de faire des choses qu’il aurait pensé n’avoir jamais à faire. Sur un dernier sourire lent, le Russe quitta la pièce. |
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