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Sujet: Comme ta mère Mar 6 Oct - 20:50
Quatre heures douze du matin. Fin de sa nuit. Elle avait gagné près d’une heure sur la nuit dernière, c’était toujours ça de pris. Inutile d’essayer de se rendormir, elle avait appris depuis longtemps que c’était peine perdue. La limite de six heures imposée par Logan n’étant pas encore atteinte, elle se contenta de déposer un baiser sur son front d’endormi et se leva sans faire de bruit. Elle enfila une robe de chambre sur sa nuisette et passa dans la nursery. Ava dormait comme un ange dans son berceau, veillée par un Rohé chaton enroulé à ses pieds. Ronnie se pencha sur sa fille, échangea un regard avec son daemon et s’abima dans la contemplation de cette poupée, de cette si jolie petite fille qu’ils avaient eue. Ses cheveux commençaient à pousser et, elle ne pouvait s’empêcher d’en être déçue, ils n’étaient pas blonds. Pas non plus châtains, plutôt à mi-chemin entre elle et Logan, un châtain aux reflets dorés. Mais ses yeux, quand ils étaient ouverts, avaient le même bleu que les siens. Ses fossettes aussi, autour du sourire de Logan. Un parfait mélange de ses deux parents.
Tout à coup, elle se recula d’un mouvement brusque. Elle se sentait prise d’une soudaine crise de claustrophobie, ce qui ne lui était pas arrivée depuis bien longtemps. D’autant qu’il n’y avait aucune raison que ça lui arrive maintenant, la pièce était grande et bien aérée, à sa demande, aucune fenêtre de la maison n’était jamais entièrement fermée. Elle croisa le regard inquiet de Rohé et, portant tout à coup la main à sa gorge, comme si elle étouffait, elle partit de la chambre en courant. Le cri silencieux de son daemon la poursuivit alors qu’elle courait, sentant à peine le sol rugueux sous ses pieds nus, en direction du Loch. Hors d’haleine, les cheveux en bataille et les larmes aux yeux, elle s’écroula sur les galets, laissant les remous du Loch caresser ses pieds meurtris. Elle tremblait de tout son corps, comme si elle sortait tout juste d’une longue séance dans un ascenseur, en compagnie d’un papillon.
D’un geste rageur, elle essuya les larmes qui perlaient à ses cils. Elle avait finalement identifié la cause de sa crise de claustrophobie : Ava, Logan, sa famille, sa maison. L’espace d’un instant, elle comprit sa mère. C’était trop. Trop de pression, trop de responsabilités. Cette petite vie, si fragile, si précieuse, qui dépendant entièrement d’elle. Mais dans quoi s’était-elle embarquée ? Entre Zalyarr et l’Organisation, comment allait-elle pouvoir donner à son enfant toute l’attention qu’elle méritait ? Sa conversation avec Tibère lui revint brusquement en mémoire. Elle se prit la tête entre les mains et appuya comme si elle comptait ainsi faire taire son cerveau.
[Un insomniaque pour Ronnie?^^]
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Sujet: Re: Comme ta mère Mer 7 Oct - 16:47
[May I ?]
Quatre heures quinze du matin, Anthony aussi terminait sa nuit. En fait il s’était couché tôt hier soir, particulièrement fatigué par les corvées en forêt, le travail à la scierie, les exercices de ME en solitaire (avec Gami quand même) et les blablas incessants de Vlad qui s’était trouvé désœuvré justement ce jour-là ! La barbe ! A vingt-et-une heure donc, il était monté dans sa chambre et s’était endormi peu de temps après pour un sommeil profond et réparateur. Hors voilà. Tony avait un cycle plutôt rigoureux pour ne pas dire… militaire, hem. Et, une fois ses six heures de sommeil effectuées, il fallait qu’il se lève. Et, ce matin, à quatre heures quinze, il avait déjà grappillé trois quart d’heure et mine de rien ça commençait à devenir une grasse mat’ tout ça.
Repoussant la lourde couette grise et blanche, Tony se leva, rajusta son boxer, fit quelques étirements et s’habilla pour aller courir. Un short noir assez long, un tee-shirt vert orné de l’écusson de son ancien régiment à l’emplacement du cœur et une veste de sport noir, chaude et assez douce –même si ce dernier détail était bien le cadet des soucis de Tony. Une fois ses baskets chaussées, Tony quitta la chambre sans bruit, comme chaque matin mais plus encore ce matin-là. Il savait que cinq heures était assez matinal alors quatre heures vingt-et-un… Une fois l’escalier descendu et la cour traversée, Tony entama son footing.
Il faisait habituellement un tour de Loch avant de faire son parcours habituel en bordure de forêt. Parfois son chemin suivait des variantes mais il avait un parcours fétiche qu’il faisait toujours dans le même temps et qui alliait difficultés de terrains et sentiers tranquilles… Tout ce qu’il fallait pour penser et se dépenser. Ce matin, Tony était en train de se dire qu’il ferait peut-être deux tours de Loch lorsqu’il perçut un mouvement au bord de l’eau. Gami, curieux, entraîna son humain vers la petite plage et Tony n’eut d’autre choix que de le suivre, leur Corde d’Argent n’étant pas infiniment longue. Et puis, ils pourraient rattraper le petit chemin au bout de la plage et poursuivre leur course. Ce matin ils avaient le temps.
Tony ralentit donc légèrement le rythme, respirant toujours régulièrement avant de stopper sa course à quelques mètres de Ronnie.
Encore légèrement essoufflé, il avança doucement jusqu’à la jeune femme qui tremblait visiblement. Aïe… La demoiselle en détresse n’était pas prévue au programme. Indécis, Tony regarda autour d’eux en quête d’un remplaçant peut-être, de Logan idéalement ? Mais force était de constater que peu de Sywhaîdiens aimaient les levers de soleil matinaux (surtout quand le soleil ne se pointerait pas avant deux bonnes heures).
Ouvrant la fermeture éclair de sa veste, Tony l’ôta et sa posa sur les épaules de Ronnie avant de s’asseoir à côté d’elle, bras sur les genoux.
- Ca va pas ?!
En fait c’était plus une affirmation qu’autre chose mais Tony n’avait jamais été pro en matière d’épaule charitable et n’aimait généralement pas se mêler des affaires des autres, surtout quand il y avait des larmes –elles n’étaient plus là mais la lueur de la lune montrait qu’il y en avait eu. En fait, s’il n’avait pas ralenti autant, il aurait sans doute continué sa route sans rien dire l’air de rien… Mais bon, il n’était pas insensible non plus. Pis maintenant il était assis alors…
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Sujet: Re: Comme ta mère Mer 7 Oct - 19:52
[Avec grand plaisir^^]
Elle n’entendit pas Anthony arriver avant que le bruit de la fermeture éclair de sa veste ne vienne traverser la brume qui semblait avoir envahi son cerveau, si bien qu’elle n’eut pas le temps de se reconstituer une expression potable. Elle eut beau tenter un pauvre sourire, ce n’était pas vraiment ça. Reconnaissante malgré tout de cette veste bienvenue car sa nuisette et sa robe de chambre n’offraient pas une grande protection contre cette froide matinée de décembre, elle la serra contre elle et adressa un regard de gratitude au jeune homme.
- Si, si, ça va, répliqua-t-elle d’une petite voix.
Puis, se rendant compte de la vanité de ce mensonge d’une transparence démesurée, elle fut prise d’une brève crise de fou rire qui faillit la faire éclater en sanglots. Mon dieu, mais qu’est-ce qu’il lui prenait ? Elle n’avait jamais été sujette aux crises de nerfs pourtant. Elle avait supporté courageusement sa cécité, tout aussi courageusement le retour de sa vue. Elle avait pris la courageuse décision de garder son bébé quand elle avait appris sa grossesse et elle menait courageusement de front une carrière d’universitaire et une mission beaucoup plus secrète. Alors pourquoi cet accès soudain de lâcheté ? Cette impression suffocante qu’elle n’y arriverait pas, qu’elle faillirait à sa fille comme sa mère lui avait failli à elle ?
Semblant soudain se rappeler de la présence d’Anthony, elle tourna vers lui son regard bleu un peu flou, un peu brumeux. Elle ne le connaissait pas vraiment cet Anthony, l’avait vaguement croisé à Norsken, vaguement croisé ici aussi, au hasard des journées, mais pas plus. Il lui avait offert ce formidable banc sur lequel elle passait le plus clair de son temps, entourée de gros bouquins, mais ils n’avaient jamais dû échanger plus de dix mots d’affilée. Pourtant, il était là, maintenant, pendant son moment de faiblesse, elle ne pouvait l’ignorer.
- Je craque un peu je crois, souffla-t-elle, comme effrayée par cet aveu. Ça t’est déjà arrivé, de te sentir submergé et de te demander si t’arriverais à refaire surface à temps ?
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Sujet: Re: Comme ta mère Ven 16 Oct - 10:35
Tony ne fit aucun commentaire au mensonge éhonté de Ronnie. Si on lui avait posé la question en de telles circonstances il aurait probablement répondu pareil, même si tout sur son visage montrait que non, ça n’allait pas. Il ne put en revanche réprimer un haussement de sourcil quand sa voisine fut prise d’un fou rire. Allons bon, vlà autre chose. L’hystérie il n’avait jamais su gérer. A choisir il aimait mieux une bonne vieille colère… m’enfin. Il regarda Veronica à la dérobée puis fixa les eaux noires du Loch en attendant qu’elle se calme. Il savait que quand les nerfs lâchaient, ils ne prévenaient pas, aussi resta-t-il silencieux, de même que Bergamote, qui s’était lové le long de son torse. Un autre que lui aurait probablement posé une main apaisante sur l’épaule de Ronnie en lui disant que ça allait passer, que tout allait bien. Et lui aurait demandé ce qui n’allait pas. Mais voilà, Tony était Tony et s’infiltrer dans la vie des gens n’était pas un art qu’il maîtrisait.
Au bout d’un moment, le jeune homme sentit le regard de sa voisine se tourner vers lui, alors, il détourna les yeux du Loch pour croiser ceux de Veronica. Son aveu le troubla légèrement car il sentait qu’elle n’était pas femme à montrer ses faiblesses, comme lui n’était pas homme à montrer les siennes. Et la question qui suivit le fit… rire. Un rire bref mais franc, net qui trancha le silence des lieux. Son sourire flotta quelques secondes encore tandis qu’il répondait.
- Hhh ! Oui ! Dit-il sans la moindre gêne apparente. Cette réponse sans équivoque le surprit lui-même mais Tony décida de faire abstraction. Ca m’est d’jà arrivé oui. Il sourit à nouveau, plus brièvement cette fois, comme si un flot de pensées l’assaillait. Ca m’est arrivé et ça m’arrive encore souvent, avoua-t-il. C’est ça être humain… Il paraît, ajouta-t-il avec une ironie teintée de cynisme qui ne lui ressemblait guère.
Il se tut un instant, détournant le regard pour le plonger à nouveau dans le Loch –visiblement fascinant.
- C’est un défi d’tous les jours… Faire surface. Parc’qu’on n’est pas tout seuls.
Il soupira comme si le fait de ne jamais être vraiment seul était une fatalité qu’il déplorait, puis demanda en regardant à nouveau Ronnie :
- Qu’est-c’qui t’submerge à ce point que tu puisses plus r’faire surface ?
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Sujet: Re: Comme ta mère Mar 27 Oct - 9:58
La réponse franche et teintée d’ironie d’Anthony lui arracha un petit rire désabusé. Elle resserra un peu plus le blouson autour d’elle et essuya ses yeux d’un revers de la main. Elle était plutôt contente qu’il ait opté pour ce genre de réponse et pas pour une platitude quelconque ou, pire, une stupide claque sur l’épaule ou autre connerie du genre qui l’aurait refait éclaté en sanglots ou de rire. Là, la tranquille assurance du jeune homme, sa seule présence sereine, lui permettait de retrouver peu à peu son calme.
Non, il avait raison, on n’était jamais seuls. Surtout quand on avait été assez conne pour se marier et faire un gosse à vingt-trois ans. Elle secoua doucement la tête. Connerie ? Elle n’en savait plus rien. Il y avait des jours où, tenant Ava dans ses bras, examinant ses grands yeux bleus curieux et son sourire d’enfant, elle se disait qu’elle n’avait jamais rien connu de plus merveilleux. Et il y avait d’autres moments, quand Ava pleurait et qu’elle devait interrompre son boulot pour la nourrir ou la changer par exemple, où elle se maudissait d’avoir été aussi stupide. Et il y avait ce soir, cette sensation d’étouffement, de noyade. Sa mère avait tenu quinze ans. Et elle ? Combien de temps avant qu’elle ne ramasse ses affaires et ne s’en aille recommencer sa vie ? L’image d’un petit mot froissé, portant la promesse d’amour et les excuses de sa mère, lui revint en mémoire. Elle l’avait jeté sans un deuxième regard, sans remords, sans chercher à comprendre. Qu’y avait-il à comprendre d’ailleurs ? Une mère ne devait pas abandonner son enfant, c’était aussi simple que ça. Même quand l’enfant a quinze ans et un père extraordinaire. Mais quand on étouffait, quand on se noyait ? Fallait-il se sacrifier ? Elle enserra ses genoux plus étroitement entre ses bras et se tourna de nouveau vers Anthony.
- Je vais pas t’embêter avec mes histoires de famille…
Elle sourit, d’un air très las, et replaça négligemment derrière son oreille une mèche de cheveux poisseuse de pleurs. La crise était passée. Plus ou moins. Pour l’instant.
- Profite tant que t’es libre et sans attache… ça durera pas toujours, ajouta-t-elle, presque sans le faire exprès, à mi-voix.
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Sujet: Re: Comme ta mère Dim 13 Déc - 17:55
Tony haussa une épaule quand la jeune femme s’excusa auprès de lui. Certes il n’était pas hyper doué pour faire du lien social mais écouter les gens ne l’avais jamais dérangé. Et les histoires de famille de Ronnie ne l’embêtaient pas non plus, s’il pouvait être utile… Son regard fut attiré malgré lui vers la main de sa voisine lorsqu’elle replaça une mèche rebelle tandis qu’elle reprenait. La crise semblait effectivement passée, ce qui soulagea inconsciemment Delanay. Il préférait les sujets plus légers. Enfin en temps normal il aurait préféré. Cette fois pourtant c’était différent. La remarque qu’ajouta Ronnie le dérangea un peu. Sa mâchoire se crispa machinalement mais il sourit néanmoins, pensif.
Il laissa le silence s’installer quelques instants, méditant la réflexion de Madame Raines. Attrapant un bout de bois qui trainait par terre, Tony le fit passer d’une main à l’autre avant de tracer des dessins aléatoires entre les galets tandis qu’une foule de souvenirs l’assaillaient à nouveau. A vrai dite il était partagé. Partagé entre son envie de rassurer Ronnie et celle beaucoup plus personnelle qui trouvait égoïste ce moment de doute alors qu’elle avait une famille formidable et qui l’aimait. En fait, plus il y pensait plus il trouvait ça déplacé de la part de Veronica. C’est vrai quoi. Elle venait de se marier, avait un mari franchement sympa et tout deux avaient une petite fille adorable, songea Tony en revoyant la frimousse d’Ava dans les bras de Logan. Par là-dessus il lui semblait bien que Ronnie réussissait plutôt bien sa vie professionnelle –ou ses études, il ne savait pas trop. Que demander de plus ?
Il sentait bien que l’accumulation des responsabilités pesait sur les épaules de la jeune femme. Il pouvait même imaginer que l’on se sente dépassé par la situation, que l’on se sente submergé donc et que l’on puisse avoir du mal à refaire surface. En revanche, ce qu’il avait du mal à admettre c’était qu’on puisse préférer être libre et sans attache au fait d’avoir tout ce dont lui-même pouvait rêver. Fixant la surface de l’eau devant eux, Tony soupira doucement, faisant naître un petit nuage de condensation. Il aurait vraiment voulu rassurer Ronnie et lui dire ce qu’elle avait envie d’entendre. Vraiment. Pourtant, c’est une toute autre réponse qu’il lui offrit. Bras sur les genoux, pensif, le regard dans le vide, il se lança.
- J’ai été fiancé… Y’a cinq ans, commença-t-il. J’avais vingt ans et elle aussi. On s’connaissait depuis deux ans et quand j’l’ai d’mandée en mariage et qu’elle a dit « oui » c’a été l’plus beau jour d’ma vie.
Il ne laissa pas le temps à Ronnie de répondre quoi que ce soit et enchaîna rapidement.
- Pas longtemps après elle m’a appris qu’elle était enceinte. On allait avoir un bébé : ça, c’a été le second plus beau jour d’ma vie ! Pendant les mois qu’ont suivis on faisait c’qu’on pouvait pour vivre normal’ment –j’étais souvent en missions avec mon régiment, précisa-t-il pour Ronnie. On planifiait le mariage et l’arrivée de Ben… sa gorge se serra comme chaque fois qu’il devait prononcer le nom de son fils. Tout allait bien même si, c’est sûr, des fois j’avais l’impression d’pas être à la hauteur. Lauren m’rassurait et j’savais qu’au fond, mes doutes étaient pas fondés mais quand même… Il soupira. Et puis au huitième mois… Embolie pulmonaire. Elle avait vingt-et-un ans. Elle est morte avec notre enfant. Alors…C’est clair qu’à c’moment-là je m’suis demandé si j’refrais un jour surface… je m’le demande encore parfois. Mais une chose est sûre… J’donn’rais « tout » pour plus être libre et sans attache, conclut-il amer en tournant le regard vers la jolie maman.
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Sujet: Re: Comme ta mère Mar 29 Déc - 16:21
- Je suis désolée, murmura doucement Ronnie, en soutenant le regard du beau Français.
La réponse d’Anthony avait été l’équivalent d’une claque en pleine figure. Comment avait-elle pu se montrer aussi peu sensible, faire preuve d’aussi peu de tact ? Bon, certes, elle ne pouvait pas savoir mais… Oh merde, qu’est-ce qui lui prenait de s’apitoyer comme ça sur son sort ? Ce n’était pas son genre. Ce n’était pas digne d’elle ! Quel genre de femme était-elle ? Qui se plaignait d’en avoir trop ? Sentant venir une nouvelle crise de larmes, elle serra les dents et battit rapidement des paupières pour s’empêcher de pleurer. Elle n’en avait pas le droit. Pas à côté d’Anthony. Pas quand elle avait tout ce qu’il avait perdu et qu’elle avait l’audace de s’en plaindre. Ronnie baissa les yeux sur ses pieds et se mit machinalement à jouer avec un galet. Whoa. Elle était vraiment comme sa mère. Aussi égoïste. Aussi irresponsable. Aussi incapable d’assumer ses responsabilités parce que ça bouffait son propre espace vital. Une grande bouffée de honte l’envahit soudainement. Qu’est-ce qu’elle foutait alors qu’un mari adorable et une petite fille adorable l’attendaient chez elle ? Comment osait-elle s’apitoyer sur son sort alors que son sort n’était moins rien qu’enviable ? Elle prit une grande inspiration et ôta posément la veste d’Anthony avant de la plier soigneusement et de la lui tendre avec un sourire gêné. Elle se releva, fit mine de poser une main sur l’épaule d’Anthony, se ravisa, serra le poing et les lèvres puis lança un « merci » presque inaudible avant de s’éloigner doucement. Quelques minutes plus tard, dans un grand bruissement d’ailes, Rohé s’envola et la suivit.
[Désolée pour la fin en queue de poisson mais c'est la fin de la saison... En tout cas, merci, c'était important pour Ronnie^^]
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