AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 Dementia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tibère Acciario
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 365
Date d'inscription: 13/10/2007

MessageSujet: Dementia   Mar 6 Oct - 19:26

(Ceci est un pur délire : Oubliez tout ce que vous savez de Tibère et Veronica, les voici au temps de l'Empire Romain et bien entendu, Tibère est empereur...)

ACTE I

Scène 1 :

Un éclat de rire roula sur le sol, dévala les escaliers et accueillit Otho. L’homme soupira et leva les yeux vers le haut des marches. Tibère se tenait là, debout dans une toge blanche et riant comme un dément.
Otho le connaissait depuis sa naissance. Il s’était occupé avant lui de son père et avait été là quand Tibère avait pris le nom de Caesar, à la mort de son père lors d’une bataille. A l’époque, Tibère avait 20 ans, il suivait les idées de son conseiller et l’empire avait tourné rond. Rome se réjouissait de son empereur et la ville était florissante.

Et puis Tibère avait commencé à éprouver ses liens, pris conscience du pouvoir qui était sien. Il s’était éloigné du sage Otho, avait compris que c’était à lui qu’obéissait le pays et c’est à ce moment que Tibère avait cessé de se contraindre. Otho, qui avait vu grandir en lui cette perversité dérangeante, était inquiet depuis ce jour.

Tibère s’était mis à organiser d’immenses orgies, d’affolants sacrifices, de sombres nuits durant lesquelles nul ne savait ce qui se passait mais… le ciel du lendemain matin était toujours gris de la fumée d’un incendie. Il avait répudié sa première femme, attachée à lui par une vieille promesse, et l’avait faite empoisonner. En tout cas, c’était ce qui se murmurait entre les murs du palais.

« Ave Caesar. Que faites-vous ici, seul dans le palais ? »
« Tu aimerais savoir de quoi je fais mes journées ? »
« L’avenir de l’empire dépend de vous seul, et je pense que vous devriez vous pencher sur la question du renforcement des murs et… »
« Suffit. Nous en parlerons demain. »

Otho secoua la tête et se retourna, suivant le regard de l’empereur qui se portait au bas des escaliers. Tibère ne l’écouterait plus aujourd’hui : sa maîtresse venait d’apparaître et plus rien d’autre n’existerait à ses yeux jusqu’à ce qu’elle quitte la pièce et que son souvenir se dissipe dans l’esprit amoureux de Tibère.

_________________


Dernière édition par Tibère Acciario le Jeu 8 Oct - 17:46, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Veronica Raines
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 380
Age: 25
Date d'inscription: 10/07/2007

MessageSujet: Re: Dementia   Mer 7 Oct - 18:39

Scène 2.

Ce soir là, Veronica avait accordé un soin particulier à son apparence. Elle avait appliqué avec soin ses meilleurs fards et un épais trait de khôl cerclait ses grands yeux bleus. Ses longs cheveux blonds étaient relevés en un épais chignon entouré de trois cercles d’or. Quelques boucles ornaient son front, tandis qu’une mèche parfaitement ondulée serpentait sur son épaule. Elle portait une tunique d’une blancheur virginale, retenue à la taille par une ceinture dorée de trois rangs, descendant jusqu’à ses chevilles, largement fendue sur le côté, laissant ainsi apparaître sa jambe parfaitement galbée et ses sandales dorées dont les lanières remontaient sur son mollet. Des bracelets en or, autour de ses poignets et d’un de ses avant-bras, ainsi qu’un large collier venaient compléter le tout.

Ce soir était un grand soir. L’aboutissement de plusieurs années d’effort, de sacrifices et de patience. Ce soir, elle obtiendrait de l’empereur une promesse de mariage. Et d’un prompt mariage. Depuis qu’elle était enfant, Veronica briguait ce siège à la droite de l’empereur et sa mère Julia l’avait toujours encouragée dans ses ambitions. C’était grâce à elle qu’elle avait pu épouser, à l’âge de seize ans, un sénateur de trente cinq ans son aîné, accédant ainsi au milieu politique qu’il lui fallait rejoindre. Deux ans plus tard, elle devenait la maîtresse d’un des proches conseillers de l’empereur, se rapprochant un peu plus de sa cible ultime. Il ne fallut pas longtemps d’ailleurs à Tibère pour remarquer cette délicieuse enfant, à l’esprit si vif, qui, quand il lui fit des avances… les refusa.

Patiemment, elle travailla à écarter toutes les maîtresses de l’empereur, se refusant à lui tant qu’elle n’aurait pas l’exclusivité de ses faveurs, mais lui accordant juste assez de ses charmes et partageant avec lui assez de discussions houleuses pour conserver son intérêt. Elle parvint enfin à ses fins, alors que son mari avait le bon goût de céder à la vieillesse et de s’éteindre sans esclandre. Le fait qu'elle admirât profondément l'empereur et l'amour qu'elle se mit à éprouver pour lui, fort, presque féroce, ne gâchait rien.

Ne restait qu’un obstacle, l’impératrice légitime. Mais, là encore, sa patience et ses manigances payèrent car l’empereur finit par la répudier et elle eut le bon goût de s’éteindre elle aussi peu de temps après. Mais, maintenant, le moment était venu de passer à la vitesse supérieure. Souveraine, superbe, elle monta lentement les marches et salua Otho d’un regard ouvertement ironique avant de tendre indolemment sa main à l’empereur.

_________________


Have you seen a lady fairer?
She comes in colors everywhere,
She combs her hair,
She's like a rainbow

The Rolling Stones


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tibère Acciario
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 365
Date d'inscription: 13/10/2007

MessageSujet: Re: Dementia   Mer 7 Oct - 20:05

Tibère gardait les yeux fixés sur Veronica. Otho, à ses côtés, étouffait un soupir : cette femme avait décidément allumé des feux bien violents dans l’esprit de l’empereur et nul ne savait ce qui pourrait en résulter. Surtout que l'empereur devait respecter l'année de deuil qui suivait la mort de sa première femme, Lisia... Secouant la tête, il sortit de la pièce sur un regard féroce de Tibère.

L’empereur saisit délicatement la fine main de Veronica et la baisa avec la déférence qu’on accorderait à une reine.
Aveuglé par l’amour, il n’avait pas vraiment conscience de tout ce que Veronica avait pu faire pour en arriver là. Il l’avait remarquée, s’était pris d’une passion dévorante pour elle et sur un mot, avait reniée son épouse et l’avait faite empoisonner pour bien s’assurer qu’aucune vengeance de femme ne viendrait bousculer le trône qu’il offrait à Veronica.

« Madame… »

Un sourire inquiétant troubla le calme de sa voix et ses yeux, se relevant sur le beau visage, dévoilèrent son ardeur. Il était fou amoureux de la blonde et son imagination jalouse le torturait chaque soir. Les refus qu’elle lui avait opposés nourrissaient son amertume et chaque jour il inventait de nouveaux amants à l’objet de son amour, de nouvelles façons de les tuer et de faire souffrir celle qui se refusait à lui.

« Vous êtes plus belle que jamais… Mais que venez-vous, cruelle, vous faire voir à mes yeux ? Ne vous suffit-il pas que je vous aie déclaré ma flamme et que vous l’ayez refusée, faut-il encore que vous veniez me narguer ? »


Peu à peu, son regard devint cruel et se chargea de rage. La force de son amour, le fait qu’elle ose même refuser le trône qui lui était offert… Etouffant dans son ardeur, Tibère aurait préféré la voir morte plutôt qu’entourée par ces hommes qui vantaient sa beauté… Qui peut-être ! avaient reçus des faveurs que lui, l’empereur, ne pouvait obtenir !
La bouche tordue de colère, il recula un peu, puis fit un pas en avant comme s’il allait obtenir Veronica par la force et recula de nouveau.

« Allons, je sais bien ce que vous faites. Vous venez vous assurer, d’un regard, que mes feux brûlent toujours pour vous. Je peux vous en assurer et je veux vous redire mes vœux : sur un mot de vous, votre doux nom s’augmentera de celui d’Impératrice. Sur un mot de vous, je briserais le deuil que je dois à ma première femme Lisia, ce deuil qui m'ennuie et me fait languir de vous.»


Il détestait ainsi s'abaisser à cette sorte de supplique, mais l'amour ne se renferme pas en une âme, bien vite il éclate et fait perdre toute raison. D'ailleurs, Tibère savait bien qu'il prenait, en prononçant ces mots, de grands risques : il devait respecter l'année de deuil et un mariage serait mal vu... Mais il ne pouvait rien refuser à cette femme et la jalousie le dévorait tant que la perspective d'attendre des mois le rendait fou. Il devait la saisir.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Veronica Raines
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 380
Age: 25
Date d'inscription: 10/07/2007

MessageSujet: Re: Dementia   Jeu 8 Oct - 20:42

L’air attristé de Veronica aurait fait fondre un cœur de pierre. Pourtant, elle ne pouvait guère cacher l’étincelle qui s’était allumée au fond de son regard en entendant les mots de Tibère. Mais elle savait que la finesse était de mise. Les changements d’humeur de l’empereur étaient célèbres pour leur promptitude et ce qu’il promettait aujourd’hui, il pouvait s’en dédire le lendemain. Et cette déclaration nouvelle, qu’elle avait tant attendu, de rompre le deuil qui l’enfermait, comptait trop pour qu’elle la prenne à la légère. Elle ne pouvait pas se permettre d’attendre encore un an, car qui sait si dans un an il n’aurait pas détourné vers un autre objet la fureur de sa passion ? C’est pourquoi il lui fallait s’assurer de sa foi, et organiser la noce au plus vite.

- Seigneur, vous vous moquez, et il n’y a de cruel que vous ! Alors que je ne vis que pour un regard de vous, que le moindre de vos sourires illumine mes journées et qu’un de vos soupirs ombrent mes humeurs les plus légères…

Elle retira sa main que retenait encore celle de l’empereur, son visage empreint d’une douleur qui n’était pas que feinte. Se refuser à Tibère lui coûtait autant qu’à lui en vérité. Mais elle ne pouvait se permettre la moindre erreur, pas si près du but.

- Je ne puis croire que vous m’offriez sans humour la place qu’occupait Lisia, moi qui n’ai dans mes ancêtres ni Auguste ni Claudius. Vous ne pouvez considérez sans rougir une union qui déshonorerait le trône de Rome, cet empire que vous vénérez plus que la vie. Je vous en prie, cessez vos cruelles moqueries, laissez-moi continuer de vous adorer en silence et me contenter du bonheur simple de m’être su un jour aimée de vous.

_________________


Have you seen a lady fairer?
She comes in colors everywhere,
She combs her hair,
She's like a rainbow

The Rolling Stones


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tibère Acciario
Ancien Personnage
Ancien Personnage


Nombre de messages: 365
Date d'inscription: 13/10/2007

MessageSujet: Re: Dementia   Jeu 8 Oct - 21:28

Tibère avait regardé avec satisfaction la tristesse se peindre sur le visage de Veronica. Puisque lui, l’empereur, n’était pas satisfait, puisqu’il aimait sans pouvoir consommer cet amour, il lui paraissait naturel qu’elle souffre, elle aussi. Eut-elle manifesté de la joie qu’il aurait déchaîné sur elle une haine jalouse et violente.
Mais il se calma, en l’entendant à son tour avouer son amour. Un sourire satisfait, presque repu comme un prédateur, accueillit le délicieux discours de Veronica.
Elle qui s’était refusée tant de fois à ses avances, qui avait libéré en Tibère une jalousie mêlée de sadisme… elle avouait enfin. Se rendait à ses transports, et le fier orgueil des empereurs lui faisait prendre cette déclaration comme un dû enfin payé. Tibère avait cru devenir fou de la voir refuser le trône que toutes convoitaient, mais il comprenait enfin que ce n’était là que l’effet d’une timidité charmante. La pauvre enfant avait peur de dépareiller à la cour impériale…

« L’Empire parle par ma voix et pense par ma tête, et il oublie toutes ses haines quand moi, j’aime. Il suffira d’un mot, belle Romaine, pour que le peuple se jette à vos genoux et vous adore avec la même force que moi. »

Tibère s’emballait, faisait de grands gestes illuminés de fureur et du désir pressant de la convaincre. Enfin, il se rapprocha de la jeune femme et empoigna sa main, la serrant avec force.

« Qu’importe votre sang quand enfin, je puis le dire, je vous aime. Qu’importe le sang quand la passion d’un empereur se déclare et désigne : c’est vous que je veux, et nulle loi ne pourra m’empêcher. »


Mais le regard de Tibère s’assombrit brutalement. Nulle loi ne pourrait empêcher cette union, parce que Veronica était de toute façon Romaine et le fait qu’elle ne soit pas étrangère donnerait peu de prises aux critiques. La hauteur de son sang peut-être ferait parler d’elle, mais les critiques s’essouffleraient sans arguments sérieux.
Nulle loi, sauf une. Le deuil, l’année de deuil qu’il devait à son épouse Lisia. Tibère ouvrait la bouche, tout prêt à rassurer encore Veronica, quand Otho réapparut.


Scène 3.

Otho se figea devant la pose que tenait Tibère, courbé aux pieds de la belle Veronica. Il manifesta une certaine surprise en comprenant qu’enfin, l’empereur s’était déclaré, mais ne dit rien.
Alors Tibère, déterminé à prouver la force de son amour, continua malgré la présence d’un témoin :

« Je briserais le deuil, je vous placerais sur le trône occupé autrefois par l’indigne Lisia. Je vous aime et veux vous prendre pour épouse, et vous faire l’honneur de vous offrir ce rang haut placé. Le trône n’est rien à côté de vos beautés et de vos charmes, et je rougis d’un cadeau si indigne d’une déesse comme vous, mais je n’ai rien d’autre à vous offrir, sauf mon amour éternel. »

Otho montra à ce moment des signes d’agitation, et alla mains tendues au devant de Tibère.

« Vous ne pouvez faire cela ! Lisia n’est morte que depuis un mois, et les rumeurs qui se disent sur sa mort… Cela ferait parler, si vous vous remariez… Vous savez bien que beaucoup pensent que le poison a coupé le chaste fil de la vie de Lisia. »
« Que m’importe, à moi ? Je suis l’Empereur et décide de tout, surtout de mon destin. »
« Vous vous trompez, seigneur, et vous auriez dû comprendre depuis longtemps qu’être Empereur, c’est être l’esclave de l’Empire et de son bien-être. Vous nous offriez jadis un règne éclairé, mais depuis peu vous secouez vos chaînes et vous détachez de Rome. Les Romains murmurent, et qui sait si un scandale de ce genre… »


Tibère avait rougi de colère et il marcha, ondulant comme un serpent, vers un Otho fièrement dressé. Otho avait élevé Tibère, il le voyait encore comme l’enfant qu’il avait été et il voulait que l’empire marche rond. Otho voulait le bien, et Tibère voulait le plaisir.
Dans un cri de rage, l’empereur s’écria :

« Assez ! Sortez d’ici, je ne vous écoute plus, car j’ai compris maintenant que vos conseils ne sont que venin et poison à mon cœur. Partez, et ne vous présentez plus à ma vue. Vous ne voulez qu’empêcher un heureux hymen… Et vos raisons, pour se dresser ainsi contre mon bonheur, ne peuvent être que mauvaises. »

Otho, vaincu par la lueur démente du regard de son empereur, se détourna avec douleur et descendit les escaliers.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Dementia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Deathly ? Dementia
» Deathly Dementia
» Débourrage d'Emphatic Dementia [Terminé]
» Type de deck
» SPACE DEMENTIA ? ? ? Et toutes les putes et les politiciens lèveront la tête et crieront : « sauvez-nous ». Et dans un murmure je dirai « non ».

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: Extra-jeu :: Petites histoires-