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Chuck Russel Ancien Personnage


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 07/09/2009
 | Sujet: Bye Bye Black Bird Lun 28 Sep - 21:24 | |
| Bye Bye Blackbird (Miles Davis)
('tention c'est pas du tendre lol)
Depuis son arrivée sur les lieux, une semaine plus tôt, Chuck n’avait rencontré personne. Il avait passé son temps dans sa chambre, s’était baladé vaguement à la tombée de la nuit ou au point du jour et avait, comme seule action, envoyé un courrier à Carl pour qu’il lui envoie une trompette. Elle était arrivée trois jours plus tôt, neuve, polie, son parfait et aucune âme. Comparée à Valentine… A vrai dire, il haïssait la Brume de la lui avoir enlevée. Il la détestait, lui vouait un véritable ressentiment et une rancune tenace et ne pouvait s’empêcher, parfois, de regarder vers la nappe grise en rêvant de pouvoir faire quelque chose pour sauver son cher instrument. Mais il avait pour l’heure un autre problème. L’héroïne. Oh, il avait pu tenir avec ce que Carl avait glissé dans son colis, mais le moment était venu de prendre le problème à bras-le-corps.
Il descendit à la cuisine et remplit un grand sac de nourriture dès que plus personne ne fut là pour le voir. Demanda à quelqu’un de l’aider à porter le sac jusqu’à sa chambre, bien obligé puisqu’il était trop faible. Puis il s’enferma dans la chambre en question, déballa soigneusement la nourriture et rangea la clef au fond d’un tiroir.
Voilà. L’enfer pouvait commencer, et il comptait bien y survivre.
Premier jour : La fatigue devint peu à peu insupportable. Il avait l’impression que toute énergie le quittait, le désertait à tout jamais. Au soir, accablé, chaque geste lui devint difficile. Il se coucha donc dans son lit, au chaud. La douleur ne le quitta pas mais en restant immobile, elle était supportable.
Deuxième jour : Il avait fini par s’endormir dans son lit. Le réveil fut… terrible. Il était frigorifié, frissonnait sans cesse et avait comme l’impression que même ses os étaient de glace. Le besoin d’un fix se fit de plus en plus pressant mais il resta résolument couché sous ses couvertures. Rien ne pouvait le réchauffer et peu à peu, tout son corps devenait douloureux.
Troisième jour : Il allait mourir. C’était sûr et certain, il allait crever là comme un chien, dans un lit qu’il ne connaissait même pas, dans un coin où il ne connaissait personne. La douleur était… énorme. Elle le recouvrait comme une chape, le brûlait, le tiraillait, le clouait. Des crampes musculaires à n’en plus finir et toujours ce froid… Et cette sensation d’être misérable, d’être au plus profond de la pire dépression qu’il aie jamais connu. Le soir venu, le moindre geste lui arrachait un cri et la seule raison pour laquelle il s’empêchait de hurler sans discontinuer était le fait qu’il y avait des voisins. Et qu’il ne voulait pas qu’ils viennent le chercher. Il resta couché enroulé sur lui-même, la tête pressée entre ses mains.
Quatrième jour : La douleur était stable mais toujours aussi peu supportable. Il ne s’habituait pas, pleurait sans cesse et restait prostré en position fœtale, incapable de faire un geste.
Cinquième jour : Il avait chié dans son lit. Diarrhée. La douleur n’avait pas cessé et la dépression se voyait peu à peu remplacée par un terrible sentiment d’injustice et une rage à deux doigts d’exploser.
Sixième jour : La chambre puait. Il puait. Mordait son oreiller pour ne pas hurler, sentait ses intestins se lâcher sous lui et ne pouvait rien faire. Bouger, c’était affronter une douleur à laquelle il ne voulait pas faire face. Il avait mal aux reins, n’avait pas dormi depuis le troisième jour tellement il avait mal et n’était toujours pas sûr de s’en sortir. Il aurait donné n’importe quoi, mais vraiment n’importe quoi, pour un fix. Même sa mère, son père, ses potes et sa trompette. Si quelqu’un était rentré dans la pièce à ce moment, il l’aurait agressé tel un gnome couvert de merde pour lui voler toute la thune possible et s’en aller trouver de la came n’importe où, oubliant qu’il était enfermé dans la Brume.
Septième jour : La douleur refluait comme une marée. Bouger redevint supportable et il commença à entrevoir une issue à tout cela. Essaya de se lever mais ne put que vomir par terre avant d’aller se recoucher.
Huitième jour : Le plus dur était passé. Il était dans un état second, fatigué, secoué de frissons et couvert de déjections qu’il avait été incapable de maîtriser. Au soir, il fut capable de se lever mais était trop épuisé par la douleur et le manque de sommeil, alors il se recoucha et enfin, dormit.
Dixième jour : Son état s’était stabilisé. Il savait que les frissons, la fatigue et les douleurs dans les reins resteraient encore au moins un mois mais… comparé à ce qu’il venait de vivre, ce n’était rien. Rien du tout.
Ses provisions de nourriture étaient finies. De plus, il était désormais en état de sortir sans risquer d’agresser des gens sous l’emprise du manque. Il pouvait de nouveau bouger, avait une dégaine de vieillard mais savait que ça s’arrangerait. Il rassembla donc tout ce qui traînait dans sa chambre depuis dix jours, roula ses draps souillés en boule et lava son corps maigre couvert de pisse, de merde et de gerbe et même… putain… de sperme… Semaine difficile. Enfin, il sortit de la chambre, emporta ses draps souillés qu’il brûla derrière l’école et, une fois tout nettoyé, son corps et sa chambre, Chuck se rua à la cuisine.
Il avait faim, mais faim ! Une faim de survivant, énorme et qu’il fallait satisfaire sans attendre. Il sentait que son corps épuisé devait se remettre, et puis… manger, c’était se sentir vivant. Chuck descendit donc dans les immenses cuisines, pour une fois sans sa trompette, simplement vêtu d’un pull blanc et d’un pantalon noir. Les pieds nus, pour sentir la terre. Ses traits étaient tirés, ses yeux cernés et brillants et ses gestes nerveux. Mais il était habité par une énergie qu’il n’avait pas ressentie depuis longtemps et ses douleurs dans les muscles l’abandonnaient. Avec du repos et de bons repas pendant quelques semaines, il s’en sortirait, et en était très fier. Ce qu’il avait fait, s’enfermer pour un sevrage sauvage, c’était… tellement dur… Mais il avait réussi, tout seul et sans que personne ne le sache ni ne l’aide. Qu’on ne vienne pas lui dire qu’il n’avait pas de volonté, parce qu’il venait de passer les dix jours les plus terribles de son existence… et il avait survécu et réussi.
Il fouilla dans les placards, trouva du pain et de la confiture et se mit à manger comme un type qui sort du désert. Le bruit de la porte s’ouvrant sur un nouveau venu dans la cuisine ne le troubla pas et il releva simplement brièvement la tête pour le saluer et continuer à manger.
'Logaaan ?
Dernière édition par Chuck Russel le Mar 29 Sep - 17:14, édité 2 fois |
|  | | Logan Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 256 Age: 25 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Mar 29 Sep - 15:04 | |
| Logan était ce nouveau venu. En réalité, il était plutôt celui qui était sur son territoire, mais à Sywhaîd ça ne voulait pas dire grand-chose. Même si Logan avait une certaine autorité dans les cuisines, il lui arrivait souvent de retrouver des gens occupés à se préparer à manger sans avoir besoin de son aide. Il salua l’inconnu, sûrement quelqu’un qui n’était pas arrivé depuis très longtemps, mais le fit assez distraitement. Il faut dire que Ava avait attrapé un rhume et que c’était la première fois que sa fille était malade. Du coup Logan était plutôt inquiet… Même si Ronnie l’avait forcé à aller s’occuper de préparer le repas du soir, comme il devait le faire, pendant qu’elle s’occupait de leur amour commun. Bon. Okay. Quand Ronnie devenait autoritaire, Logan savait qu’il n’avait plus qu’à obéir, du moins quand elle avait raison. Ava n’avait qu’un rhume, ça n’était pas grand-chose, il ne pouvait pas s’arrêter de vivre dès que sa gamine avait un truc de travers.
Il s’approcha d’un placard et en sortit une liste qu’il avait écrite deux semaines plus tôt. Il faisait toujours une sorte de menu du mois. Ca n’était pas un menu exhaustif et ça arrivait souvent qu’il change l’ordre, mais il y avait les idées qu’il avait pour le mois et c’était pas mal de regarder avant de se lancer dans la cuisine, parce que ça permettait aussi de se souvenir ce qu’il avait déjà fait. Il y inscrivait aussi toutes les choses qui arrivaient dans la réserve. Ce matin, il avait été livré par la « boucherie » d’un quartier de mouton. Il pensait à faire une sorte de soupe campagnarde, surtout qu’il lui restait aussi pas mal de lard et de quoi faire en légumes. Tout en vérifiant qu’il avait tout ce dont il avait besoin sur la liste, il hochait la tête comme pour confirmer qu’il allait bien faire cette soupe. Okay. Il leva alors les yeux pour voir si le nouveau venu avait fini de manger, histoire d’avoir de la place, et là, ses yeux lui sortirent pratiquement de la tête.
Merde !
Ca n’était pas un inconnu ! C’était Chuck Russel ! Ze Chuck Russel ! Celui qu’il avait vu en concert trois fois depuis qu’il l’avait découvert à une soirée où son père l’avait trainé, une soirée très people, où Chuck, à un moment, avait sorti sa trompette et complètement envoûté Logan, pourtant pas particulièrement amateur de jazz à la base (bon, Logan était admirateur de musique en général, il n’était pas sectaire). Ils s’étaient parlé ce soir là, ou plutôt Hank McAlistair avait parlé à Chuck pendant que Logan se trouvait là… Mais Logan imaginait que le jazzman ne devait pas forcément s’en souvenir, après tout il devait parler à des tas de gens, non ? Le père de Logan se souvenait toujours de tout le monde, une des choses qui le rendaient sympathique vis-à-vis de son public, mais le jeune père savait que ça n’était pas le cas de tout le monde.
Il ne dit rien. Se présenter après tout ce temps dans la cuisine aurait été stupide, demander à Chuck qui il était encore plus, vu que Logan savait très bien qui était Chuck, et que le musicien risquait de se souvenir de lui. Le californien ne dit donc rien, se contentant de commencer à sortir ses ustensiles. Son regard revint une ou deux fois sur Chuck, mais très naturellement, pas du tout comme un fan insupportable, Logan avait été élevé avec des stars, il n’avait jamais eu l’attitude fan boy. Mais par contre, il y avait autre chose qu’il avait. Un talent d’observation… et une certaine connaissance des drogues. Au bout de quelques minutes d’un silence tranquille, il déposa une assiette devant Chuck. C’était un reste d’une omelette qu’il avait servie la veille, réchauffée grâce à un sort rapide que Logan maîtrisait sans mal. Dans l’omelette, il y avait de quoi reconstituer n’importe qui, même après une bonne cuite ou même ce que Chuck venait d’endurer. Il y avait de la viande, des légumes… Et Logan avait mis de bonnes tranches de pain grillé à côté.
« C’est mieux pour ce que tu as. » expliqua-t-il, tout en ajoutant un verre de lait.
Oui, il savait ce que Chuck avait enduré. Il faut dire que Logan avait touché à pas mal de drogues. Okay, il n’avait jamais été accro… Mais Dick, lui, avait eu le malheur de tomber dans l’héro à un moment. Pas très longtemps, heureusement, Logan veillait. Et ils étaient partis sur une désintox sauvage, sans trop se rendre compte de ce que ça allait entraîner. Tout ce que Chuck avait vécu ces derniers jours, Logan l’avait observé chez Dick, et s’était occupé de lui pendant tout ce temps. Il avait appris sur le tas. Il s’était même parfois battu contre son meilleur pote qui souffrait tellement du manque qu’il avait failli le tuer en le poussant sur une table basse (ce qui avait au moins eu le bon côté de calmer Dick pour quelques temps).
« C’est pas la Brume qui t’a fait ça, hein ? » Il s’assit en face de Chuck et soudain une sorte d’illumination vint faire tilt dans sa jolie caboche. « C’est toi qui a piqué de la bouffe y a dix jours… »
Il n’avait pas dit ça d’un ton accusateur ou rien. La nourriture était à disposition, c’était juste que Chuck en avait pris une quantité importante et Logan s’était demandé qui était venu faire un trou de ce genre dans ses réserves. _________________ I'm in love with the sounds that you make and the ground that you walk on I'm running after you, Im in love with the way you make me wait, I just want to be catching up to you |
|  | | Chuck Russel Ancien Personnage


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 07/09/2009
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Mar 29 Sep - 17:05 | |
| Chuck non plus n’avait même pas regardé Logan. Il était complètement absorbé par cette tartine qui était la chose la plus délicieuse qu’il eut jamais mangée. Simplement, il jetait un petit coup d’œil, de temps en temps, à Logan qui s’affairait dans la cuisine. Peut-être était-ce le cuisinier ? Lorsqu’il eut l’occasion de regarder le jeune homme bien en face, le jazzman interrompit une courte seconde sa mastication béate. Le type lui disait quelque chose, indubitablement. Il avait un petit air connu, ou alors une ressemblance… Quelque chose qui le troublait, mais quand le regard de l’autre sembla se diriger vers lui, il détourna les yeux et baissa la tête. Là, il était dans un état un peu trop pitoyable pour se mettre à parler au cuisinier. L’autre allait le prendre pour un fou.
Il finit sa tartine et une main entra dans son champ de vision, une main portant une bonne grosse assiette d’omelette. Chuck leva un regard interrogateur sur Logan, un regard qui s’assombrit quand le jeune homme déclara que c’était « bon pour ce qu’il avait ». La honte s’y lisait, claire, combattue par une immense reconnaissance. Pour une fois, une fois qu’on arrêtait de le juger et de le blâmer et qu’on l’aidait, juste ça. Sans rien demander… Sans lui faire des coups du genre « okay, je te donne de quoi te faire un fix si tu joues ce soir » (ça, c’était vraiment pourri de la part de son manager), ou encore « C’est de ta faute si t’es comme ça, alors débrouille-toi » (ça, c’était Debbie en colère).
Logan s’assit en face de lui, et enfin Chuck le regarda en face. Il sourit doucement, murmura un merci et attaqua l’assiette avec un appétit vorace. Ce que ça faisait du bien !
« C’est pas la Brume, non. Elle m’en a fait baver, mais… »
Un geste large engloba toute sa personne. Sa maigreur, ses yeux cernés, ses mains gonflées et ses joues creusées, sa pâleur et ses tics nerveux.
« … ça… il fallait bien que je m’en sorte, hein ? Je suis désolé pour la bouffe mais je devais faire des réserves, je me voyais mal demander à une gentille voisine de venir me nourrir et me voir comme… »
Sa voix mourut, s’éteignit sans qu’il cherche à finir sa phrase. Un petit sourire de coin joua sur ses lèvres, comme s’il se moquait de lui-même. Ou peut-être imaginait-il une éventuelle voisine en état de choc après être entrée dans sa chambre.
Le silence retomba tandis qu’il avalait son omelette à grandes bouchées seulement interrompues par des gorgées de lait. Le repas était parfait, juste parfait. Mais, même s’il restait silencieux et mangeait avec entrain, ses yeux ne quittaient pas Logan. Mais où avait-il vu ce mec ? En concert ? Dans un bar ? Une soirée, peut-être ? Marrant qu’il se rappelle de ce visage, après tout son cerveau prenait régulièrement des coups et lui-même n’était pas toujours attentif. Il n’y avait qu’une chose qui pouvait attirer son attention et se graver à tout jamais dans sa mémoire, c’était les expressions du visage. Un sourire ou un regard particulier… Il posa sa fourchette et s’essuya posément la bouche d’un mouchoir tiré de sa poche. Ce qu’il avait aimé chez Logan, c’était son sourire ironique, sa façon peut-être de se tenir auprès de son père, de le regarder, de regarder tout le monde. Il se souvenait, maintenant.
« Tu es le fils McAlistair, non ? J’ai l’impression de t’avoir déjà vu quelque part… »
Il sourit un peu, espérant à moitié se tromper. Hank McAlistair ne lui avait pas fait une très bonne impression, et qui sait comment était son fils ? Un fils qui n’avait pas du s’amuser tous les jours, à ce qu’il lui semblait avoir compris du père. Le père, il lui avait donné une grande claque sur l’épaule en vantant ses films de gros bras et en lui disant que dis donc, tu te débrouilles avec une trompette ! ça doit être parfait pour emballer les minettes, ça ! Chuck avait marmonné que oui, oui ça marchait pas mal et ils avaient ri tous les deux.
« Il est, euh, il est dans le coin aussi ? »
Pitié, non.
(euh, je me suis inspirée de veronica mars pour le père hank, est-ce que ça va dans son caractère ?) |
|  | | Logan Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 256 Age: 25 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Jeu 1 Oct - 14:24 | |
| [Oui en gros c’est bien ça ^^]
Logan ne répondit que par un simple hochement de tête compréhensif quand Chuck lui parla des réserves qu’il avait faites. Oui, il comprenait. Dick l’avait eu, lui, pour s’en sortir, mais le trompettiste n’avait personne d’assez proche ici. Peut-être même qu’il n’avait personne d’assez proche tout court, et c’était plutôt triste. Logan avait une certaine compréhension des addictions, parce que c’était un comportement à risque. Comme quand il provoquait son père, jusqu’à ce que ce dernier lui tape dessus. Ca n’était pas du masochisme, juste une façon d’exister. Une façon de résister aussi, de montrer à son père qu’il ne rabattrait pas son caquet devant lui pour autant. Mais c’était stupide. Parce que son père l’avait envoyé à l’hôpital plusieurs fois à cause de ce comportement. S’il avait été un petit peu plus intelligent, il aurait filé droit et aurait attendu son heure pour partir. Au lieu de ça, il avait subi son père, et continué à le voir longtemps, même après avoir quitté le nid familial pour s’installer à l’hôtel durant sa dernière année de lycée, après que son père ait manqué de le tuer dans une de ses crises, qu’il n’avait cette fois pas cherché à provoquer. Il avait fallu que Ronnie et lui découvrent qu’ils allaient avoir un bébé pour qu’il réussisse enfin à couper les ponts avec son père. Il ne savait pas ce qui avait poussé Chuck à arrêter la drogue, mais son sevrage avait été assez violent pour que Logan se dise que le déclic avait dû être fort. Il espérait que le trompettiste continuerait à croire en ce déclic, parce qu’il n’y avait rien de plus facile que de replonger.
« En chair et en os. » répondit-il quand Chuck le reconnut enfin.
A vrai dire, c’était assez étrange d’être appelé « le fils d’Hank McAlistair ». Ca faisait un moment que ça ne lui était plus arrivé et ça ne lui avait pas manqué du tout. Depuis qu’il était père, Logan était terrifié à l’idée de finir comme son père. Oh il savait qu’il était différent, mais le même sang, et la même éducation (à sa décharge, Hank avait lui-même été battu par son père), coulaient dans ses veines. Et les statistiques étaient là, écrasantes de culpabilité, prouvant que pas mal des enfants battus reproduisent le schémas avec leurs propres enfants. La seule satisfaction de Logan à ce sujet était de savoir que Veronica ne le laisserait jamais faire… Du moins si elle ne s’enfuyait pas avant, parce que ses casseroles à elle étaient l’abandon d’un enfant, et ça aussi, il paraissait que c’était héréditaire.
« Oulà non. Mon père à Sywhaîd ? Jamais de la vie. Non non, il est toujours à Neptune, Californie, du moins aux dernières nouvelles. »
Ses paroles ne marquaient pas vraiment ses désaccords avec son père, cependant le regard, lui le trahit en moins de quelques secondes. On pouvait y voir toute la haine contenue qu’il ressentait pour celui qui aurait dû être une des personnes les plus importantes de sa vie, et tout le rejet qu’il ressentait à son égard. Pendant quelques secondes, le regard de Logan se fit dur, presque violent, le genre de regards qui rappelaient le gosse de riche violent et un peu stupide qu’il avait pu être à une époque, mais qui était tout de même un peu plus profond, parce que maintenant, c’était sa fille qu’il protégeait, et pas seulement lui-même.
« Non, je suis le seul McAlistair dans le coin. Et même plus McAlistair, je me suis marié au printemps, je m’appelle Raines, comme ma femme et ma petite fille, Ava, que tu verrais sûrement si elle n’était pas malade, elle adore me voir faire la cuisine. »
Il fit un clin d’œil à Chuck, un clin d’œil amusé. Sa fille n’avait que quelques mois, elle n’avait pas l’âge de vraiment adorer voir son père faire la cuisine, mais Logan assumait totalement son côté père-poule. Après tout, s’il ne pouvait pas agir comme ça face à sa fille, avec qui le pourrait ?
« Tu comptes rester longtemps ? » demanda-t-il tranquillement. _________________ I'm in love with the sounds that you make and the ground that you walk on I'm running after you, Im in love with the way you make me wait, I just want to be catching up to you |
|  | | Chuck Russel Ancien Personnage


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 07/09/2009
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Jeu 1 Oct - 19:10 | |
| Chuck repoussa son assiette et s’alluma nonchalamment une cigarette en souriant. Il avait vu le regard de Logan et l’avait interprété comme il pouvait. Assez bien, d’ailleurs, parce qu’il se doutait que le fils de Hank n’avait pas du s’amuser avec lui, d’après ce qu’il avait vu du personnage. Et puis… les yeux sont le miroir de l’âme, hein ? Et ce regard-là avait été assez limpide. Il le haïssait. Chuck lui-même ne détestait pas ses parents, ils avaient juste… perdu le contact. Juste comme ça, un jour il avait annoncé qu’il partait pour New York et plus jamais il n’avait entendu parler d’eux, pas même quand il était devenu connu. Mais il ne faisait pas partie de ces personnes qui pensent qu’on ne peut pas détester ses parents, non, Chuck pensait plutôt que les parents, c’étaient des personnes qu’on apprenait à connaître et à aimer, mais si elle ne vous donne pas une bonne éducation, si elle vous frappe, une mère n’est plus vraiment… elle reste une mère, mais monstrueuse, terrible.
Le propos aurait pu l’entraîner dans une longue introspection comme ça lui arrivait souvent, mais Logan lui annonça son mariage, la naissance de sa fille, et Chuck abandonna ses réflexions parentales. Il ne connaissait pas ce jeune homme, ou presque pas, mais il était content pour lui. Content qu’il se soit sorti de là, quel que soit ce « là ».
« Je serais très heureux de la rencontrer, ainsi que ta femme », répondit-il en inclinant courtoisement la tête.
Logan était, sauf les gens qui l’avait accueilli, la première personne avec qui il parlait. La première personne (et sûrement la seule) qu’il avait déjà vue hors de Sywhaîd. De fait, il se sentait plutôt proche du cuisinier et était assez détendu. Logan était sûrement la « moins pire » des personnes à le voir se remettre de son sevrage.
La question suivante de l’américain l’interpella sans qu’il comprenne immédiatement pourquoi. Oui, Logan avait parlé comme s’ils se connaissaient réellement, enfin plus que deux personnes qui se sont croisées à une soirée bondée. Dans le doute, il leva les yeux sur le jeune homme et répondit :
« Au fait, je ne me suis pas présenté, hein ? J’ai comme l’impression que tu m’as reconnu, mais dans le doute, je te dis quand même… »
Le jazzman se leva et serra la main du californien :
« Chuck Russel, enchanté. D’ailleurs, je ne sais pas ton prénom, et j’imagine que tu n’as pas envie que je t’appelle McAlistair… »
Un clin d’œil allégea la blague qui pouvait être mal prise (quoique, il semblait que Logan était un gars tranquille).
« Et pour la durée du séjour… je ne sais pas… Le temps de me refaire une santé, de composer deux ou trois morceaux, ou plus… et après je repartirais. »
L’américain retourna se rasseoir pour ne pas montrer que ses jambes vacillaient. Il était encore tellement faible… Il écrasa sa cigarette dans son assiette et en ralluma une immédiatement sans même sembler s’en rendre compte.
« Et toi alors ? Tu vas faire ta vie ici ? » |
|  | | Logan Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 256 Age: 25 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Lun 5 Oct - 19:29 | |
| « Logan. » répondit le jeune père avec un sourire, sans rien ajouter.
Il était évident qu’il avait reconnu Chuck, mais il n’insista pas sur le sujet et se releva pour commencer à cuisiner, c’était pas tout, il fallait qu’il bosse ! Il alla à l’évier et se lava les mains avec application, avant de les sécher grâce à un torchon. Il réfléchit un instant et alla chercher une grosse marmite qu’il remplit d’eau tout en écoutant la réponse du trompettiste. Il sourit quand l’homme lui retourna la question. C’était logique mais c’était un peu compliqué, surtout depuis qu’Ava était née. Quand Ronnie était tombée enceinte, le reste était venu naturellement : ils s’étaient mariés, s’étaient installés, avaient attendu Ava, puis avait profité du bébé… Mais maintenant, ils étaient une famille, et leurs choix importaient plus qu’avant. Et surtout, ils devaient prendre des décisions d’adultes, et plus des décisions d’adolescents attardés, pour Logan c’était une nouveauté.
« Non, je ne pense pas qu’on fera notre vie ici. » répondit-il, tout en continuant à surveiller du coin de l’œil que l’eau ne débordait pas.
Il savait que Ronnie et lui ne resteraient pas à Sywhaîd. Lui se serait bien contenté de cet endroit, tant qu’il pouvait sortir aux brèches pour voir le monde, et surtout sa chère Californie. Mais pour Ronnie, c’était différent. Logan connaissait sa femme. Elle avait besoin de réussite, elle avait besoin de challenge. Ici, pour le moment, elle était heureuse, mais ça ne durerait pas. Un jour il faudrait qu’elle avance, et Logan la suivrait. Parce qu’il était hors de question qu’il la force à abandonner cette partie de sa vie. C’était trop important pour elle, vital même. Lui, il n’avait pas besoin de reconnaissance, tant qu’il avait ses amis, sa famille. Elle, c’était différent. Alors il se plierait à ses besoins, après tout, il serait heureux tant que leur famille serait soudée et heureuse.
« Ma femme est étudiante ici pour le moment, à un très haut niveau, au point où j’ai souvent l’impression qu’elle me parle chinois… Les grands spécialistes commencent déjà à se l’arracher. Pour le moment, Sywhaîd convient, mais ça ne sera pas forcément le cas. Alors on partira. On vient de Californie à la base, le fait qu’on se plaise à Sywhaîd prouve qu’on peut vivre à peu près n’importe où. »
Il sourit à cette boutade puis coupa l’eau. Il prit une inspiration et déplaça l’énorme marmite sur le feu, qu’il alluma au passage en appuyant sur un bouton (c’était un système magique). Il déposa la marmite et soupira. Dieu que cette marmite était énorme ! Il prit les légumes dont il avait besoin et commença à les éplucher et couper tout en continuant à discuter.
« On t’a déjà coaché sur Sywhaîd ou tu as des questions ? » _________________ I'm in love with the sounds that you make and the ground that you walk on I'm running after you, Im in love with the way you make me wait, I just want to be catching up to you |
|  | | Chuck Russel Ancien Personnage


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 07/09/2009
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Lun 5 Oct - 20:31 | |
| Chuck écouta avec intérêt ce que lui expliquait Logan. Une fille douée, hein ? C’était bien pour elle, mais lui-même se méfiait des gens doués. Les gens comme lui... et on voyait ce qu’il était devenu. Ces pensées l’empêchèrent de réagir plus que par un sourire distrait à la petite blague de Logan et il s’abîma dans un silence songeur.
Relevant les yeux en s’entendant interpeller, il observa une seconde le cuisinier, puis se leva et s’approcha. Il vacillait sur ses jambes et avait le temps gris, et pour sa plus grande honte dut poser la main sur l’épaule du californien pour se soutenir.
« Tu veux que je t’aide à cuisiner ? Je suis pas très doué mais bon... »
Un sourire amer vint prévenir toutes les phrases toutes faites, tout ce que Logan aurait pu lui dire pour le persuader de se reposer. Il n’était pas encore un vieillard, il pouvait tout de même résister à une semaine de sevrage. Empoignant une carotte, il se mit à l’éplucher et répondit finalement :
« On m’a expliqué le principe, tout ça... Mais j’ai été surpris en arrivant. La Brume m’a fait tout un laïus sur le fait que je devais devenir plus qu’un simple musicien, et puis elle m’a pris ma trompette. D’ailleurs, je n’ai pas encore vraiment essayé celle qu’on m’a renvoyée, j’étais trop défoncé. »
Il rit doucement comme pour se moquer de lui même et passa à une autre carotte.
« Maintenant c’est fini... Je vais me remettre à jouer. Tu m’as déjà vu jouer, dis-moi ? Tu sais, ces derniers temps j’étais toujours sous héro, je faisais n’importe quoi... »
Sa main dérapa sur le légume et le couteau vint entailler sa peau mais il ne réagit pas. Peut-être bien que Logan s’en foutait, mais Chuck avait besoin de se justifier sur ses conneries.
« Tous ces gens qui attendaient tellement de moi... j’avais juste besoin de calme. Maintenant mon public me déteste alors je vais me refaire une santé et repartir me faire aimer. J’ai déjà pensé à un morceau... ça ferait... poum poum piii...»
Il fredonna une petite mélodie, éclata de rire sans trop savoir pourquoi et jeta un coup d’oeil par en dessous à Logan.
« J’aimerais bien avoir ma trompette avec moi, là maintenant. Je ne sais faire que ça, tu sais... Si tu veux, je viendrais te faire un concert, rien que pour toi. Ta femme aime le jazz ? » |
|  | | Logan Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 256 Age: 25 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Ven 16 Oct - 11:51 | |
| Logan ne pensa même pas à refuser l’aide de Chuck. Il savait à quel point on pouvait se sentir humilié quand on était enfin clean, tant par les conneries qu’on avait pu faire sous l’influence de la drogue que par ce qui s’était passé pendant la désintox. Il y avait un moment durant cette période où le drogué aurait vendu père et mère pour un fix, et quand on revenait à la réalité ça n’était pas facile d’affronter cette partie de soi. Le californien n’avait heureusement jamais eu à le faire, et en fait cette partie du junkie était une des raisons qui avaient toujours fait que, même s’il n’avait pas rechigné à se doper à certaines périodes de sa vie, c’était toujours resté un acte social et pas une habitude. Il n’était jamais devenu dépendant, et quand Dick l’avait été, ça avait profondément choqué Logan, qui avait toujours pensé que son meilleur ami était sur la même ligne de pensée que lui à ce sujet. En fait, oui, c’était le cas. Sauf que son pote avait traversé une période très dure et ses amis, Logan inclus, n’avaient pas vraiment été là (pour des raisons diverses), ce qui faisait qu’il s’était tourné vers un moyen moins sain de régler, ou plutôt de fuir, les problèmes. Autant dire que le jeune papa s’était toujours senti responsable et même coupable à ce sujet, pas pour rien qu’il avait été celui qui avait désintoxiqué Dick.
Bref, il ne refusa pas donc, ne sortit aucune phrase toute faite. Il aurait pu dire au trompettiste qu’on pouvait tout à fait couper des légumes assis, mais il lui semblait que ça risquerait de vexer le musicien. Il savait à quel point on pouvait avoir parfois envie de se prouver quelque chose, plus encore que de le prouver aux autres, ça il en avait fait l’expérience, et il suffisait de pas beaucoup pour qu’on sombre dans ses habitudes les plus sombres après une rebuffade.
« Elle a pris ta trompette ? » répondit-il en tournant un regard étonné vers Chuck. « Man, life’s a bitch… »
Il se tourna de nouveau vers ses légumes, en se demandant pourquoi la Brume avait pris l’instrument au musicien. Les sywhaîdiens, ou en tout cas pas mal d’entre eux, aimaient bien à théoriser sur la Brume dans les fins de soirées. Et Logan faisait partie de ceux qui pensaient que l’Entité exigeait un sacrifice. Parfois c’était évident, mais parfois moins, la quête de Logan faisait partie de la seconde classe. Il s’en était pris plein la tronche mais ce qu’il y avait abandonné était… Disons qu’on pouvait considérer que c’était l’ombre de son père. Cette facilité qu’il avait eu à plus ou moins tout mettre sur le dos de son paternel et à en profiter pour faire toutes les conneries possibles sans assumer. Il avait abandonné son adolescence dans cette Brume, et ça avait été douloureux, d’une certaine façon. Alors oui, il pouvait imaginer que l’abandon de la trompette était un symbole et tout, mais vu l’état de Chuck, il se disait que l’homme aurait bien mérité de garder ce qui le réconfortait le plus, non ? Et puis, gâcher un tel talent, Logan avait du mal à imaginer trouver une raison à ça. Quoi que, certains artistes se détruisaient à cause de leur talent, et dans ce cas, qu’est-ce qui comptait le plus ? Le talent ou la vie ? Cette question était compliquée. Nirvana n’aurait sûrement pas été le groupe prodigieux que ça avait été si Kurt Cobain n’avait pas été aussi auto-destructeur, mais est-ce que toutes ces magnifiques chansons méritaient la mort d’un homme ? Une partie de Logan ne pouvait s’empêcher de penser que non, mais la partie folle de musique se disait aussi que le monde sans Nirvana n’aurait pas été le même…
Tout en réfléchissant à ce problème, Logan écouta Chuck, qui ne lui laissait pas vraiment le temps de répondre à ses questions. Le musicien semblait perturbé, ce qui n’avait rien d’étonnant vu qu’il sortait de dix jours d’enfermement pour se sevrer, seul, à la barbare. Logan sourit cependant. Chuck semblait un peu taré sur les bords, mais il était surtout auto-destructeur, le californien pouvait dores et déjà sentir que l’homme n’était pas du genre dangereux pour les autres. Sauf peut-être si on s’attachait trop et qu’on mettait trop de soi-même dans le fait de vouloir le sauver, il pouvait alors y avoir des dommages collatéraux, mais pour le moment le californien n’en était pas encore là. Quand finalement le trompettiste lui laissa le temps de répondre, il le fit tout en regardant toujours ses légumes qu’il coupait avec attention avant de les mettre dans un gros saladier.
« Je t’ai entendu jouer oui. C’était génial, et je pense que ma femme aimera, si un jour tu veux venir nous jouer un petit morceau, je te promets un bon repas de fête en échange. »
Il n’était pas certain que Ronnie aime vraiment le jazz. La jeune maman écoutait pas mal de musique, mais c’était plus du genre Kanye West et consorts, le spécialiste de la musique à la maison c’était lui. Il sourit à cette idée et fit un clin d’œil à Chuck, pour entériner sa proposition, et c’est là qu’il vit que l’homme s’était coupé.
« Attends, mets ton doigt sous l’eau, je te file un pansement. C’est rien de grave mais je suis pas sûr que le sywhaîdiens apprécieraient de la soupe au sang. »
Il alla chercher la boite de pansements qu’il gardait toujours dans une sorte de trousse de premiers secours (on savait jamais ce qui pouvait arriver dans une cuisine, même si Logan y gardait l’ordre quand il y était pour éviter tout accident) et en tendit un à Chuck, avec un torchon propre pour d’abord essuyer son doigt pour que le pansement tienne bien.
« Tu sais, y a pas mal de musicos dans le coin. Je pense que si t’es du genre à bien aimer faire un bœuf de temps à autres, ou même à répéter à plusieurs, tu pourras trouver ton bonheur. »
Il savait que les musiciens se sentaient souvent seuls, et que la plupart des gens avaient besoin de côtoyer des personnes qui les comprenaient pour avancer. Or, personne ne comprenait mieux un musicien qu’un autre musicien. Dans ses conseils et dans sa compréhension du musicien, on pouvait entrevoir en Logan le producteur génial qu’il aurait pu être, si la vie en avait décidé autrement. Ca avait longtemps été son rêve, il avait même été le manager d’un groupe de son lycée, auquel il avait trouvé pas mal d’engagements avant que le chanteur ne soit accepté à Yale et se consacre donc à son travail scolaire. _________________ I'm in love with the sounds that you make and the ground that you walk on I'm running after you, Im in love with the way you make me wait, I just want to be catching up to you |
|  | | Chuck Russel Ancien Personnage


Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 07/09/2009
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Mer 4 Nov - 20:11 | |
| Chuck avait simplement hoché gravement la tête quand Logan avait demandé si vraiment, la Brume avait pris sa trompette. Oui. S’il avait connues les pensées qui agitaient le californien à cet instant, il aurait été ravi d’entrer dans un débat avec lui, parce que sans contexte, la réponse était pour lui que oui, la musique et l’art exigeaient des sacrifices et il fallait les faire. La musique sans les détresses de Kurt Cobain, de Charlie Parker, ou de Ian Curtis ? L’écriture sans la folie de Maupassant, sans la noirceur de Baudelaire ? La peinture sans l’isolement d’un Van Gogh à moitié fou, sans les visions cauchemardesques de Goya ? Le sacrifice faisait parfois partie intégrante de l’art, c’était ainsi. Chuck l’acceptait et il aurait donné son sang et sa chair avec joie, parce que pour lui il y avait des gens dont le destin était de sacrifier à l’art. Mais il ne connaissait pas les pensées de Logan, et ne put par conséquent pas partager sa vision de cette question.
Le jazzman rendit son sourire à Logan et le laissa lui soigner la main sans réagir. Il n’avait pas senti la douleur. Mais ce qu’il sentait, c’était une véritable vague de reconnaissance et de gratitude à l’égard de Logan. Ce type était… exactement celui dont il avait besoin. Il était parfait et Chuck savait qu’il le comprenait. Ça faisait bien longtemps qu’il n’avait pas eu droit, simplement, à une discussion tranquille sans pression, avec quelqu’un de compréhensif… Il ne put maîtriser l’émotion qui étreignait sa voix quand il répondit :
« Oui… oui, j’aimerais bien. Vraiment. »
Il jouait aussi bien seul qu’accompagné, mais ce serait bon d’être de nouveau au sein d’un groupe. Un « merci » se bousculait dans sa gorge, n’osait pas sortir de là. A la place, Chuck tendit sa main qui n’était pas blessée, serra celle de Logan et lui adressa un signe de tête presque solennel.
« Mec, tu… »
Il secoua la tête de gauche à droite, sourit doucement et recula. Que dire ?
« Je me ferais un plaisir de venir jouer chez toi. Ce soir ? Je meurs d’envie de jouer, tu sais. »
La demande pouvait sembler rapide, un peu trop peut-être, mais Chuck avait envie de jouer. Il était inspiré, même, ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé. Et aussi, mais ça il ne le dirait jamais à voix haute, il lui semblait qu’il devait rester à proximité de Logan. Cet homme le protégerait, même s’il ne savait pas de quoi.
(tu veux jouer le repas du soir ou... ?) |
|  | | Logan Raines Ancien Personnage


Nombre de messages: 256 Age: 25 Date d'inscription: 11/07/2007
 | Sujet: Re: Bye Bye Black Bird Mer 11 Nov - 21:24 | |
| « Ce soir, okay. » répondit Logan.
S’il n’avait pas relevé l’ébauche de remerciement de Chuck, c’était pour ne pas l’embarrasser. Il n’avait pas discuté avec le musicien pour se faire remercier mais parce qu’il lui était sympathique. Logan avait toujours été du genre Saint Bernard, même à l’époque où il allait plutôt mal, il essayait toujours d’aider les autres plutôt que lui-même. Heureusement, il avait trouvé Ronnie, qui l’avait aidé, qui avait été une raison de se sortir de sa propre autodestruction. C’était ce que la jeune femme lui avait apporté de plus important, à l’époque du lycée. A présent, elle lui avait apporté une famille, de l’amour, un bonheur incomparable. Et même si Logan savait que ça ne serait pas toujours rose, il était capable de remuer terre et ciel pour qu’ils s’en sortent, simplement parce qu’ils étaient une famille, à présent. Chuck n’avait pas trouvé son stabilisateur, ce qui lui permettrait d’éviter le point de non-retour. Logan voulait bien l’aider jusqu’à ce qu’il le trouve.
« Viens à huit heure, tu verras Ava comme ça avant qu’elle se couche. »
Il sourit, mit quelques légumes dans l’eau, et ajouta :
« En attendant, va t’aérer un peu, ça te fera du bien. Et puis, j’imagine que tu as besoin de t’entraîner un peu… Y a des salles vides dans la ferme qu’on utilise si on en a besoin, si tu préfères jouer autre part que dans ta chambre. »
Il lui sourit et lui fit signe de partir, avec un clin d’œil. Si jouer de la trompette était important pour Chuck, il valait mieux qu’il s’y remette vite, histoire de ne pas se décourager. Logan se dit qu’il faudrait qu’il prévienne Ronnie, même si ce serait lui qui ferait le repas, au moins pour qu’elle ne prévoie pas de travailler toute la soirée comme elle le faisait parfois. Quand Connor et Aloïs passèrent, il leur demanda d’amener le mot à sa femme, et se remit ensuite à la cuisine, tout en réfléchissant au repas qu’il ferait ce soir. Il fallait un repas de fête que Chuck ne revomirait pas pour autant, une fois sevré il fallait quelques jours pour stabiliser son corps à des habitudes plus normales… Il avait encore du mal à croire que Chuck Russel allait lui faire un petit concert privé…
[Par contre, je pense pas que le jouer serait super intéressant, je veux dire, ils viennent de se rencontrer, on n’aurait pas grand-chose à jouer, ce serait un peu répétitif, non ? Envoie-moi un mp si tu veux vraiment le jouer, que t’as une idée… Je suis pas contre dans l’absolu, je voudrais juste ne pas retomber dans le même topic quoi…] _________________ I'm in love with the sounds that you make and the ground that you walk on I'm running after you, Im in love with the way you make me wait, I just want to be catching up to you |
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