Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
Sujet: La dame du lac Dim 27 Sep - 20:51
Brise était de corvée de tourbière (probablement une punition pour les trois corvées de bois qu'elle avait sournoisement esquivées). Elle y avait passé la matinée, puis l'après-midi, et maintenant elle allait y rester coincer toute la nuit. Et peut-être la nuit d'après. Et celle d'après. Et un jour quelqu'un découvrirait son cadavre momifiée dans la boue et...
Stop.
Reprenons les événements dans leur chronologie initiale. Brise avait donc passé sa journée à touiller une boue infâme et collante (c'est la meilleure saison, pour la tourbe, lui avait glissé le gérant avec un sourire colgate), jusqu'à être elle-même entièrement recouverte de boue infâme et collante. Elle avait l'impression d'en avoir jusque dans les trous de nez. Infâme. Et collant, donc. Personne ne passait dans le coin, en cette période, hormis les sywhaîdiens de corvée. Mais elle était seule, aujourd'hui, probablement une vengeance mesquine pour lui apprendre à falsifier le planning des corvées. Bref, elle avait donc passé sa journée à touiller une boue infâme et collante seule. Plusieurs fois elle avait été tentée de prendre la poudre d'escampette, mais elle redoutait un retour de bâton encore plus douloureux (récurer les écuries ? Ou pire, la bergerie...). Elle avait donc persévéré, essayant de se persuader qu'en agissant de la sorte, elle faisait un pas vers la Brise sage et magnanime qu'elle aspirait à devenir (elle préférait ne pas penser au fait que les gens sages et magnanimes ne sortaient pas avec les copains de leurs camarades de classe). Sans succès à en juger par la manière dont elle avait copieusement insulté le gérant douze heures durant.
Elle avait presque terminé lorsque l'impensable s'était produit. Alors qu'elle avait veillé toute la journée à rester sur les sentiers balisés qui parcouraient le marais en long en large et en travers, elle avait, dans la précipitation des dix dernières minutes, posé le pied sur une berge glissante.
Et oui, bam.
Brise s'était retrouvée enfoncée jusqu'aux aisselles dans la boue infâme et collante qu'elle avait tant honnie. Incapable d'atteindre la berge, elle avait tenté de nager (haha, la belle affaire), de ramper, de marcher même, sans autre résultat notable que celui de s'enfoncer un peu plus. La panique aidant, elle avait brisé la plupart des branches qui surplombaient le marais dans ses tentatives désespérée pour s'extraire du bourbier. Elle n'avait plus donc d'autres solutions que de crier à l'aide. Très humiliant, comme affaire, pensait-elle en essayant vainement de se persuader, une fois de plus, que ce n'était qu'une épreuve de plus sur le chemin de la sagesse.
- A l'aiiiiiiiiiiiide, cria-t-elle faiblement, sans bien savoir ce qui était le pire :
Que personne ne l'entende, ou que quelqu'un la trouve dans pareille posture ?
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Sujet: Re: La dame du lac Dim 27 Sep - 23:21
Après sa journée à fendre du bois et empiler les bûches dans la réserve (il changeait de travail presque chaque jour, là où on avait besoin de main-d'œuvre, et il se trouvait qu'on avait pris du retard sur le bois), Bernard était sur le point de rentrer prendre la bière après l'effort quand quelqu'un s'était demandé : "au fait, personne a vu Brise d'Oz ?".
Si à ce moment il n'avait pas fait la bêtise de dire "qui ça ?", on ne lui aurait pas répondu : "la petite princesse qui a essayé de gruger la répartition des corvées et qu'on a collée toute seule à la tourbière. Dis, tu peux pas y aller, lui dire que c'est bon et qu'elle peut revenir ? C'est dans la tourbière, t'as pas besoin d'y entrer mais te lave pas tout de suite quand même... Merci, c'est super sympa"
Avant d'avoir réfléchi assez pour protester, Bernard était donc resté dehors alors que chacun allait se rafraîchir (éventuellement le gosier). Bon, ça ne servait plus à rien de protester, et il activa ses jambes fourbues en direction de la tourbière.
La nuit tombait déjà, et la lumière lui faisait défaut. Bernard alluma une "torche", juste une flamme au-dessus de sa tête. Elle éclairait les murs de la ferme pendant qu'il la contournait, et puis il arriva dans la zone dangereuse.
Ici le sol était traître, l'air lourd et moite, et les moustiques audacieux. En avançant, Bernard remarqua que ses chaussures s'imbibaient progressivement d'humidité. Mauvais signe. Après le coucher du soleil, l'air était assez frais pour qu'il ait vraiment froid aux pieds. Grrr, on lui avait vraiment refilé un boulot désagréable. D'un autre côté, Brise d'Oz, seule ici depuis le matin... Même si elle l'avait bien cherché, il se sentit plus motivé pour accomplir sa mission.
Le marais était grand et, à ce qu'on disait, plutôt mal famé (des black dwarves ? Bernard espérait simplement ne pas les rencontrer ce soir-là...). Comment y retrouver une tourbeuse à l'œuvre ? Son frère Michel était assez bon dans les sorts de détection, mais Bernard n'avait jamais essayé ce genre de chose. Enfin, peut-être qu'il se souviendrait de ce que Michel lui expliquait...
Alors que Bernard allait essayer, il entendit une plainte qui n'était pas celle du vent.
A l'aiiiiiiide !
La voix était épuisée et assez abattue. Elle venait d'une centaine de mètres en face de Bernard, dans le marais donc.
Il hésita. Il n'avait jamais mis les pieds dans le marais, mais il avait entendu parler des sables mouvants.
Je suis là ! cria-t-il. Euh, c'est urgent ou je peux avancer calmement ?
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Sujet: Re: La dame du lac Lun 28 Sep - 22:34
- Oh non, je t'en prie, railla Brise en cherchant à distinguer son interlocuteur frileux à travers la masse des fourrés, je vais faire quelques brasses en t'attendant.
Le ton était indubitablement caustique. Brise fut tentée d'ajouter quelques sarcasmes bien sentis, mais elle se contint, de peur que son chevalier (si peu) servant ne renonce à l'aider pour s'en aller quérir plus aimable compagnie. Déjà qu'il avait l'air à deux doigts de faire demi-tour... Autant essayer de se montrer aimable, pensa-t-elle avant d'ajouter d'un ton passablement revêche (elle ne pouvait pas faire mieux en cet instant) :
- C'est qui ?
Elle faisait son possible pour surnager vaillamment dans la boue, le menton dressé vers le ciel et le cou tendu. Inutile de préciser qu'elle était parfaitement ridicule. Et parfaitement consciente de l'être, aussi, ce qui avait pour fâcheuse conséquence de faire vaciller son incroyable flegme britannique. Elle était à deux doigts de se mettre à hurler sur le pauvre sywhaîdien qui se retrouvait chargé de la sortir de là, retenant à grand peine les imprécations injurieuses qui lui venaient à la bouche : *Grouille-toi donc, maudis demeuré !* (ça et bien plus encore). Au lieu de cela, Brise se taisait, les mâchoires crispées, le souffle court. Elle mourrait littéralement de froid, dans la boue humide et dense. Elle avait en outre du mal à respirer, la poitrine enserrée dans un carcan boueux. Elle n'osait pas attraper sa baguette, dans sa poche, de peur de s'enfoncer un peu plus, ou de laisser tomber son précieux médium. Bref, elle était totalement dépendante de ce sywhaidien pataud et très probablement lent et couard et demeuré et goujat tout à la fois. En cette instant, elle le détesta de devoir compter sur lui pour se sortir du pétrin (tout comme elle espérait qu'il l'en sortirait très vite, elle ne sentait même plus ses orteils).
- Je suis tombée dans le marais, déclara-t-elle avec toute la dignité qui lui restait (peu), le menton toujours dressé et les dents serrées. Je vais pas tarder à couler, ou à mourir de froid, ou à me faire bouffer par des bestioles immondes du marais, alors, oui, c'est assez urgent.
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Sujet: Re: La dame du lac Mar 29 Sep - 13:53
La voix féminine qui atteignit Bernard, portée par le vent, semblait raffinée malgré sa mauvaise humeur. Manifestement, il avait affaire à un fort caractère. Ce qui ne changeait pas grand-chose au problème : ce fort caractère était pris dans les sables mouvants.
Le jeune homme commença par répondre courtoisement, et d'une voix qu'il rendait aussi rassurante qu'il le pouvait :
Je suis Bernard Bristac, Mademoiselle, et on dirait que vous avez de la chance qu'on m'ait envoyé vous chercher. Seulement, je préfère éviter de finir comme vous, donc... je vais m'y prendre avec prudence...
Bernard sépara la flamme avec laquelle il s'éclairait en une multitude de feux follets qui éclairèrent toute la zone de lumières blanches. Il repéra ainsi la tête blonde qui émergeait encore, ainsi que deux bras.
La lumière était suffisante pour repérer un chemin sec jusqu'à cinq mètres de la jeune femme, mais pas plus près. Bernard s'approcha autant qu'il était raisonnable, fusillé par le regard furieux de Brise.
Bien. Là, il fallait se montrer ingénieux.
Je n'ai pas de corde, réfléchit-il à voix haute, et sans doute pas le temps d'aller en chercher une. Je ne connais pas très bien la magie de la terre, donc je ne peux pas juste lui demander de vous recracher...
Un regard silencieux, mais particulièrement venimeux, accueillit son expression mal choisie.
Pardon, ce n'était pas délicat. Euh, je suis ouvert aux suggestions...
Bernard réfléchissait à toute allure. Il n'avait rien sur lui qui puisse servir. Si Brise avait été capable d'utiliser sa propre magie, elle l'aurait sans doute déjà fait. Que lui restait-il ? Il savait produire du feu, de la chaleur, il se débrouillait bien avec l'air... Manifestement, l'aristocrate n'allait pas mourir dans l'instant, mais c'était une affaire de minutes. Surtout si elle avait froid, prise dans cette boue, les échanges thermiques devaient être aussi forts que dans de l'eau froide... Froid... Chaleur... Échange thermique...
Ah ! j'ai une idée !
Il frotta ses paumes très fort, et s'agenouilla pour les poser sur le sol.
Pendant une quinzaine de seconde, rien de visible ne se produisit.
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Sujet: Re: La dame du lac Mer 30 Sep - 18:11
Allons bon, pensa Brise, qui était ce Bernard Bristac, hein ? Etait-il puni lui aussi qu'on l'avait désigné comme unique membre de la mission délicate "sauver Brise d'Oz des marais maudits" ? Il parlait avec courtoisie, et Brise s'en voulu un peu de l'avoir apostrophé avec rudesse. Un peu seulement. Elle se mordit la lèvre. Malgré son apparente bonne volonté, Bernard n'avait pas l'air très à l'aise dans les marais. Elle regretta que Logan ou Asa ne l'aient pas retrouvée les premiers. Quoique qu'elle n'était pas sure d'avoir envie que Logan la voit comme ça, engluée dans la boue nauséabonde. Question de fierté. Peut-être valait-il mieux avoir affaire à un inconnu dans cette délicate situation.
- Tu es conscient que je vais devoir te tuer, pour avoir vu ça, lâcha-t-elle en claquant des dents, dans une piètre tentative d'humour.
Si Bernard la vouvoyait poliment, Brise n'avait pas la tête aux ronds de jambes. A Sywhaîd, les contacts étaient presque toujours naturels et chaleureux, Bernard devait être nouveau (ou particulièrement impressionné par Brise mais, vu les conditions de leur rencontre, c'était peu probable) pour ne pas encore faire montre de cette familiarité avenante. Il ne vint même pas à l'esprit de Brise que je jeune homme pourrait en prendre ombrage. A vrai dire, elle ne pensait à pas grand chose à part sortir du marais. Et prendre une douche chaude.
- Qu'est ce que tu fais ? Demanda-t-elle lorsque Bernard se mit à s'affairer près du sol.
Elle ne le distinguait pratiquement plus dans la lumière déclinante de l'automne, ce qui était terriblement frustrant. Elle ne s'enfonçait plus, pourtant elle avait de plus en plus de mal à supporter la boue glacée qui commençait à durcir en surface. Elle haletait difficilement, irrité par les manigances de Bernard. - Hé ? ça a pas l'air de marcher ton truc, cria-t-elle faiblement, n'ayant même plus la force d'être désagréable.
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Sujet: Re: La dame du lac Mer 30 Sep - 20:36
Tentez bon encore un petit peu, je me dépêche promit le Normand.
N'empêche que ce qu'il tentait de faire, ce n'était pas évident. Et surtout, il craignait de ne pas être assez rapide. Le plus important pour l'instant était que Brise d'Oz reste consciente, aussi Bernard lui demanda-t-il sur le ton de la conversation :
Savez-vous quelle est ma manière la plus simple d'enlever la boue des vêtements, Mademoiselle ?
La chaleur qu'il insufflait à la terre de toutes ses forces commençait à faire effet : celle-ci séchait à présent, presque à vue d'œil. Bernard posa ses mains, tâtonnant devant lui. Le sol semblait redevenu solide, quoique craquelé. Toujours accroupi, Bernard avança ; il n'était plus qu'à trois mètres, à cette distance, sa chaleur atteindrait plus facilement et plus rapidement la Sywhaîdienne embourbée...
Eh bien, la boue est terriblement collante, n'est-ce pas, et plus on l'essuie, plus on en met partout. Néanmoins...
Bernard transpirait à présent ; il n'avait pas l'habitude de pratiquer la magie en puissance, et là c'était une pure question de puissance : envoyer une grande quantité de chaleur dans le sol pour le dessécher et réchauffer la jeune femme transie. Enfin, il n'avait pas de meilleur plan donc il fallait juste se concentrer et avancer comme ça...
Euh, pardon, je disais donc... Néanmoins avec un simple coup de sèche-cheveux, la boue devient solide, friable et se détache presque d'elle-même !
Bernard s'avança à nouveau, se concentrant toujours pour envoyer de la chaleur dans le sol. Pas trop non plus, certes, il ne voulait pas cuire Brise à l'étouffée, mais la terre se solidifiait assez facilement. Ensuite il suffirait de la tirer, et de creuser un peu, pour qu'elle sorte. Enfin, si tout allait bien...
Nombre de messages: 169 Age: 23 Date d'inscription: 14/10/2007
Sujet: Re: La dame du lac Sam 10 Oct - 14:32
Au bout d'en temps qui lui parut terriblement long, Brise pu enfin s'extraire de son carcan de boue, qui entre-temps était devenu aussi solide que du béton. Il fallut creuser tout autour pour l'en tirer, engourdie, épuisée, chancelante. Et sale. Incommensurablement sale. Elle épousseta faiblement ses vêtement, avant se se rappeler qu'elle pouvait enfin atteindre sa baguette, et elle commença à aspirer toute la poussière brunâtre à l'aide du médium. Affalée au bord du chemin, elle avait piètre allure. Cependant, elle était tirée d'affaire, et le devait à Bernard. Qu'elle remercia donc d'une voix faible mais sincère.
- Désolée de t'avoir ciré dessus, j'étais à cran, se justifia-t-elle avec un pâle sourire.
Puis elle se remit sur pied en grimaçant, les membres ankylosés. Elle n'avait qu'une envie, retourner dans sa chambre, se doucher et dormir. Longtemps. Voire à jamais, pour éviter la honte que ne manquerait pas de lui valoir cette aventure. Car bien sur l'incident allait se répandre. les sywhaîdiens raffolaient des potins en tout genre. Ils étaient friands des petits rien qui venaient égayer le quotidien. Comme par exemple : "Brise d'Oz est tombée dans le marais et elle y resté toute la soirée". Hahahahaha...
- Si on rentrait, maintenant ? Demanda Brise en ramassant son sac au bord du chemin, ainsi que ses outils. J'en peux plus.
Elle commença à boitiller sur le chemin, avant de se tourner vers Bernard :
- Oh, et, s'il te plais, garde ça pour toi ! D'accord ?
Nombre de messages: 43 Date d'inscription: 07/09/2009
Sujet: Re: La dame du lac Dim 11 Oct - 15:03
Chuck se retrouva seul. La muse avait disparue, il avait retouché terre et ouais, il avait bel et bien perdu sa trompette. « Mais merde ! Mais c’est juste pas possible quoi j’me suis fait avoir comme une vieille merde, sérieux ! »
Parler à voix haute lui permettait de décompresser. Et d’évacuer la terrible rage qui le prenait rien qu’à repenser de quelle manière il s’était fait avoir. La muse, quoi la muse. Il n’avait plus sa trompette, sa première foutue trompette qui l’avait accompagnée partout, et ça c’était juste impossible. Sa première réaction fut donc de tenter de retraverser la Brume. Il essaya de fuir, parce que même s’il l’avait lâché, son instrument, il ne voulait pas. Il y avait été forcé. Le jazzman essaya donc de repartir par où il venait, se rendit compte avec horreur que c’était impossible et finit par regarder autour de lui.
Il était dans un marais. Un marais ? C’était donc ça, Sywhaîd ? Ça, et les bâtiments qu’il apercevait au loin ? Désolé mais pour le coup, il avait beaucoup de mal à se réjouir, hein. Des larmes mal séchées coulaient encore sur son visage, il sanglotait spasmodiquement de colère et de déception. Ses gestes étaient nerveux, le manque commençait à se faire ressentir et une horrible angoisse le prenait à la gorge. Il n’avait plus sa trompette. Un tel instrument, perdu dans la nature…
Toujours rageux, il donna un grand coup de pied dans une motte de terre, se fit mal contre un caillou et poussa un véritable hurlement de frustration :
« HAAAAA ‘chier ! Bitch ! »
Le message, s’il y en avait un derrière tout cela, passait pour l’heure très mal et il avait surtout le sentiment de s’être fait complètement endormir et d’avoir été forcé à une extrémité qui était en temps normal impensable.
Mais il y avait des gens. Deux, une femme et un homme. La femme était couverte de traces brunes et avait l’air bien mal au point, au moins autant que lui-même. Chuck s’approcha d’eux avec un air d’excuse pour son cri de rage, mais ses yeux brillaient toujours de colère et de déception. Une fois arrivé non loin d’eux, il les salua faiblement et bredouilla : « Euh… salut. Je viens d’arriver, je… »
Un long tremblement le secoua et il baissa la tête sans rien ajouter. Bon, s'ils avaient de la bonne volonté, ils s'occuperaient de la conversation, mais sinon, qu'ils lui trouvent juste un lit, ce serait parfait. Et une trompette.
Nombre de messages: 24 Date d'inscription: 01/07/2009
Sujet: Re: La dame du lac Ven 16 Oct - 19:17
La demoiselle enfin extraite, Bernard souffla. Ou plutôt il pantela lourdement pour récupérer son souffle. Il n'avait jamais trop pensé à entretenir son endurance et ce qu'il venait de faire consumait pas mal d'énergie, le contrecoup le vidait. Il s'affaissa légèrement, pris de faiblesse, sa vision virant au blanc. Sa transpiration était froide à présent. Ils feraient mieux de rentrer, vite, avant qu'il ne tombe malade.
Quand il se reprit, Bernard entendit la fin d'une phrase :
...garde ça pour toi ! D'accord ?
C'était Brise, qui avait déjà fait quelques pas sur le chemin du retour. Elle semblait aussi fatiguée que lui, et aussi motivée pour retrouver le coin d'un bon feu emmitouflés dans des plaids.
Oui, bien sûr... répondit-il machinalement.
La fatigue reflua, et il commença à la suivre. C'est alors qu'un jeune homme brun à la mine atterrée se présenta devant eux :
« Euh… salut. Je viens d’arriver, je… »
Le brun n'acheva pas sa phrase, trop abattu apparemment.
Eh, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu es nouveau ? demanda Bernard. Tu viens d'arriver ? T'as pas l'air bien...
Une plainte lugubre souffla sur la Lande.
Euh... Brise ? Ca arrive souvent que le vent fasse ça ?
Là, c'est donc l'arrivée du black dwarf... Enfin, sauf si quelqu'un veut répondre.
Nombre de messages: 6 Date d'inscription: 18/12/2007
Sujet: Re: La dame du lac Dim 1 Nov - 14:38
[Désolée, mille fois désolée pour ce retard ! Mauvaise communication chez les admins qui fait qu’on attendait toutes que l’autre poste… ahem]
Sauf qu’évidemment, ça n’était pas le vent. Oh on pouvait tout à fait confondre, la plupart des gens l’auraient fait. Mais l’erreur ne dura pas longtemps. Très vite, un grognement se fit entendre, un grognement qui n’avait rien à voir avec le vent. Il était grave, rauque… Et venait d’en bas. Juste en bas en fait. Aux pieds de Brise se trouvait un Black Dwarf, qui était apparu là sans que personne ne le remarque, que ça soit par magie ou simplement parce que personne ne regardait à ce niveau-là. C'était un petit nain bourru et barbu, tout noir de crasse ; ses vêtements étaient si vieux et sales qu'ils semblaient des lambeaux de sa propre peau (une peau qui aurait par endroits ressemblé à de la fourrure mitée). Des cadavres de belettes pendouillaient à sa ceinture, sous une besace de cuir râpé. Il portait une importante quantité de bijoux en métal vieilli. Il pointait vers le trio une petite lance bien pointue qui, malgré sa taille ridicule, avait l’air assez dangereuse pour être prise au sérieux. Tout comme le reste du Black Dwarf d’ailleurs, après tout, il était sur son territoire.
« Pas… Bien… » grogna-t-il, sans prendre le temps de bien articuler, tout en pointant sa lance sur Brise, qui visiblement l’avait offensé, d’une façon ou d’une autre.