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 Blood Sugar

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Ia Devuška-Pauk
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MessageSujet: Blood Sugar   Dim 13 Sep - 13:30

Blood Sugar (Pendulum)

Ia sortait tout juste des cuisines, où elle avait fait un énorme repas destiné à étouffer sa faim lancinante. La nuit précédente, elle était allée chasser dans la forêt, avait mangé. Maintenant qu’elle avait beaucoup mangé, du gibier et de la nourriture humaine, elle se sentait bien mieux.
C’est donc presque souriante, en tout cas détendue, qu’elle alla s’installer dans la cour, rien que pour s’asseoir tranquillement à l’air libre. Dans ces moments-là, l’impression de malaise qu’elle dégageait était moins forte, en tout cas moins malsaine. Elle-même avait l’air plus accessible.
Elle s’assit sur le rebord de la fontaine. Respira profondément et ferma les yeux en détendant tous ses muscles. Juste comme ça, pour voir, elle se laissa aller à se mettre en transe et lança son tah autour d’elle, en un petit cercle protecteur.
Elle ouvrit brutalement les yeux. Quelqu’un venait d’entrer dans le cercle. Son regard bleu glacier épingla la fille qui venait de passer près d’elle et elle la salua d’un signe de tête. La russe ne la connaissait pas, pas encore, mais autant être polie et sympathique, hein ? Faire comme les humains, en somme, comme deux humains normaux qui se croisent. Ce n’était plus pour se cacher qu’elle faisait ça, simplement parce qu’elle se disait qu’il fallait être agréable avec les gens

(Zeliaa ?)
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Dim 13 Sep - 18:57

[Ouiiii?]



Zelia, un pantalon à pinces marron clair taille haute, et un pull en laine légère orange claire, tenait contre elle une demi-douzaine de livres empilés d’une façon instable. Elle revenait de la bergerie où elle avait regroupé tous les livres qu’elle y avait laissés ces derniers temps (elle aimait lire tout en emmenant ses moutons paître ou en surveillant la tonte) et la pile était juste légèrement trop haute pour qu’elle atteigne le bâtiment. Ses cheveux étaient attachés en deux couettes adorables sur les côtés, et quand elle sourit à Ia en réponse à son salut silencieux, elle avait l’air tellement mignonne qu’on aurait pu croire qu’elle ne savait rien de la femme araignée. Or il n’en était rien. Abi et Cel lui avaient raconté la fameuse corvée dans les bois avec Waylon. Il faut dire que ce jour-là, Ia s’était transformée devant sa petite-amie et sa meilleure amie, il avait été plutôt logique que l’anglaise en entende parler. Abi avait été très cool, du genre « ouah cette fille fait des trucs trop impressionnants ! », Cel, elle, avait été un peu plus perturbée… Quant à Zelia… Et bien, si l’anglaise était du genre à avoir facilement des a priori, ils étaient rarement influencés par les mêmes critères que la plupart des gens. Le fait que Ia soit une créature (ou une hybride, ou quoi que ce soit de ce genre) n’amenait pas beaucoup de sentiments à Zelia. Elle s’en fichait en fait un peu. Elle avait grandi dans des écoles toutes plus étranges les unes que les autres, avec des gens bizarres, les hybrides et créatures étaient le cadet de ses soucis.

« Tu peux attraper les deux derniers livres s’il te plaît ? Il vont tomber… »

Evidemment, elle aurait pu les forcer à rester en place par la magie, ça faisait longtemps qu’elle n’avait plus besoin de médium pour en faire mais elle était en même temps en plein exercice avec Urphoed pour étirer leur Corde d’Argent. Le daemon devait aller le plus loin possible (sans douleur) et si Zelia utilisait la magie, ça risquait de briser l’équilibre, de provoquer une réaction désagréable, voire dangereuse. Elle était restreinte à vivre comme une non-sorcière pour quelques heures, mais ça n’était pas inédit, il arrivait souvent que Jena demande à ses spécialistes de ne pas faire de magie pendant un moment en vue d’un exercice précis.

« Ia, c’est ça ? Moi c’est Zelia ! » ajouta-t-elle rapidement avec un nouveau sourire adorable.

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Ia Devuška-Pauk
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Dim 13 Sep - 19:49

Ia n’aurait pas exactement dit que Zelia était mignonne. Une jolie humaine, quoi. Mais elle se leva sans se faire prier et se saisit des deux livres, qu’elle garda dans sa main sans oser les reposer sur la pile. Pour maintenant, elle pourrait être sympa et les lui porter, non ?
Le fait que Zelia connaisse son nom la surprit grandement. Elle-même n’avait aucune idée de qui elle était avant qu’elle se présente, à vrai dire. Du coup, elle demanda sans manifester aucune émotion :

« Comment tu sais qui je suis ? »

Cette réaction aurait pu sembler désagréable, méfiante et un peu paranoïaque. Mais il faut dire que si Ia ne manifestait aucune émotion, elle ne montrait donc pas d’antipathie, ni de curiosité ni… rien. Une simple voix neutre, un regard glacial et un visage de pierre.

« Je suis désolée, je ne me rappelle pas de toi. Zelia. »

Dans sa bouche, les excuses avaient un petit air de formule d’usage, impersonnelle et froide. Comme elle. Elle n’était pas désolée, simplement assez piquée par la curiosité. Mais décidée à mener cette conversation, au lieu de s’enfuir comme une voleuse.
Les livres toujours dans la main, elle tenta un sourire complètement raté et dévisagea la jeune femme. Elle, au moins, elle avait un beau visage expressif, elle était agréable à regarder, et puis elle avait des vraies émotions sur ses traits… Une certaine amertume monta dans l’esprit de Ia, ce qui eut pour effet de faire revenir l’impression de malaise qu’elle dégageait sans cesse sans s’en rendre compte.
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Jeu 17 Sep - 12:08

A une époque, Zelia se serait sûrement vexée qu’on lui dise qu’on ne se souvenait pas d’elle, même venant d’une fille étrange au moins hybride qui n’avait noué de lien avec personne dans le coin (du moins officiellement). Mais l’anglaise avait beaucoup changé en quelques années. Elle n’avait plus ce besoin terrible d’être le centre de l’attention, d’avoir l’air parfait et de ne montrer aucune faiblesse, aucune faille. Elle était toujours aussi névrosée, et n’aimait pas que quelqu’un comprenne quelque chose sur elle sans qu’elle ne l’ait décidé (en gros, elle restait une vrai control freak) mais elle n’avait plus aucun problème avec l’idée d’être anonyme, ou du moins pas tant qu’elle ne voulait pas se faire remarquer. Et à Sywhaîd, Zelia cherchait à se fondre dans la masse, le plus possible, même si quand elle rencontrait quelqu’un elle se sociabilisait. A Sywhaîd, Zelia était là pour se reposer d’une vie tumultueuse, pour se trouver et pour travailler, elle n’avait pas besoin d’être la plus populaire. De toute façon, ce genre de choses n’existait pas vraiment dans la Noble Lande, il y avait des gens que tout le monde, ou presque, connaissait, mais il n’y avait pas vraiment d’échelle de popularité.

« On ne s’est jamais rencontrées. » Expliqua-t-elle sans avoir l’air de remarquer les expressions étranges de Ia ou même son attitude générale qui n’était pas tout à fait « correcte ». « Mais on s’est déjà croisées plusieurs fois, et tu as fait une corvée avec ma petite-amie, Abi. »

Tout en parlant, elle proposa silencieusement à Ia de la suivre en direction de la Bibliothèque et se mit tranquillement en marche. La russe n’avait pas semblé très à l’aise mais Zelia savait voir quand les gens essayaient de faire des efforts, et ce semblait être le cas de l’étrange jeune femme, du coup elle essayait d’agir le plus normalement possible. De toute façon, l’anglaise n’aurait pas agi autrement, passer pour quelqu’un de normal lui avait pris des années de travail acharné, elle ne pouvait pas se débarrasser de ses masques aussi facilement.

« Elle a gardé un bon souvenir de toi, il paraît que tu as un sacré sang froid, une sacrée maîtrise ! »

Et là Zelia ne mentait pas, ni n’en rajoutait. Abigail lui avait bien parlé de la russe sous ces termes. Elle sourit mais n’ajouta rien à propos de l’état de créature de la jeune femme. Oui, elle était au courant, et oui c’était plutôt évident, on voyait mal Abi garder ce genre de secret, mais si la femme-araignée ne lui demandait pas, Zelia ne le lui dirait pas. Il n’y avait qu’en apparence que Zelia était une jeune femme adorable, fraîche et franche. En réalité, elle ne pouvait s’empêcher de jouer aux échecs avec les gens qui l’entouraient, même quand ils n’avaient pas accepté la partie.

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Ia Devuška-Pauk
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Jeu 17 Sep - 19:30

Elle ne marqua pas de réaction notable, mais releva l’allusion à la « petite-amie ». Abigail, oui, elle se rappelait d’elle et de Celesta. Et de Waylon, bien sûr. Ainsi, cette fille sortait avec une autre fille. Ia ne comprenait pas cet acharnement des humains à s’accoupler sans espoir de procréation. Zelia et Abi paraissaient pourtant bien portantes, elles auraient pu faire de beaux enfants. A quoi pensaient-elles donc ? Est-ce que les humains, pour être heureux, devaient aussi s’accoupler avec quelqu’un qui leur soit accordé dans le caractère ? Une sorte d’ami…

La Russe, perdue dans ses pensées, suivit machinalement Zelia.
Elle releva la tête en entendant la jeune femme continuer sur cette corvée où elle avait dévoilée sa vraie nature. Son regard bleu épingla l’Anglaise et elle sentit, immédiatement, un étrange sentiment. Une méfiance montante en elle-même, dûe à quelque chose qui venait de la femme en face d’elle.
Ia possédait un instinct très développé. Elle ressentait la colère, la peur ou la menace comme les fourbes chiens ressentent la panique des pauvres phobiques et leur grognent dessus dans les rues de notre beau pays. Le reste… elle le sentait mais ne savait pas mettre le doigt dessus, n’ayant jamais ressenti pareilles choses.
La russe ralentit le pas et posa un regard absolument glacial sur Zelia. La méfiance revenait vite, quand on avait été traité en monstre pendant 17 années. Sans que son visage ne s’anime ni ne se dépare de sa dureté de pierre, elle fixa la jeune femme, les yeux dans les yeux et cette fois, une expression animant son regard : une méfiance teintée de sévérité et de froideur.
Malgré tout, elle répondit à la dernière phrase, décidée à poursuivre la conversation. Après ce regard, la seule manifestation de sa méfiance resta le malaise qu’elle exhalait, cette fois presque consciemment. Une défense.

« Je ne ressens ni la peur de souffrir, ni celle de mourir, alors je peux bien me maîtriser. Je ne sais pas ce qu’est le sang-froid, mais je ne ressens rien de suffisamment fort pour me faire paniquer comme vous autres humains. »

Sa voix morne et ses propos un peu méprisants pouvaient faire penser qu’elle se moquait un peu des humains si émotifs, mais poussée par la confidence, Ia ajouta :

« Je ne ressens pas non plus vos grandes joies qui vous font rire ou sourire. J’en suis incapable. Nous ne sommes pas de la même espèce, et tu le sais. Abigail te l’a dit. »

C’était évident. Ia ne ressentait peut-être rien, mais elle n’était pas idiote. Et elle comprenait maintenant d’où devait sûrement venir ce qu’elle ressentait de la part de Zelia : l’anglaise était peut-être effrayée, ou se méfiait d’elle.
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Ven 25 Sep - 16:25

Si Ia avait mieux connu Zelia, elle aurait pu savoir que ça n’était pas dirigé contre elle, ou même pas contre le fait qu’elle était une créature étrange, de fait, l’Anglaise se méfiait de chaque personne, même de ses proches. Elle était méfiante, c’était dans son caractère, mais c’était aussi dû à des expériences qu’elle avait subies, à des gens qu’elle avait rencontrés. Elle avait fait les deux tiers de sa scolarité de mineure dans des écoles où les gens étaient tous plus bizarres les uns que les autres et où le danger semblait émaner même des professeurs. Quand on avait grandi à Syracuse, et fait une partie de ses études pré-bac à Norsken, pour ensuite y revenir pour se perfectionner quand l’Ecole était devenue une sorte d’Université, on ne pouvait qu’être un minimum méfiante. Et quand en plus on s’appelait Zelia Diulcinea, et que la méfiance vous coulait dans le sang autant que le don pour l’Art ou votre force contre les intrusions mentales, autant dire que ça en rajoutait. Oui, Zelia se méfiait donc de Ia, mais pour une fois, ça n’avait rien à voir avec ce qu’elle pouvait savoir sur la jeune femme. Il ne s’agissait que d’une méfiance « banale » venant de l’anglaise.

Evidemment, le regard que la femme-araignée lui avait lancé n’était pas fait pour la rassurer, mais il n’ajouta pas grand-chose à ce que Zelia ressentait envers elle. Une parte de l’instinct de Zelia lui permettait de comprendre que la façon qu’avait Ia d’agir était plus une réaction à son entourage qu’autre chose. Plus Zelia avançait avec Ia, moins elle considérait qu’elle était une menace, pas dans l’état actuel des choses bien évidemment. Ca ne changeait rien au fait que Zelia sentait aussi que la russe n’était pas humaine, profondément, et qu’elle ne pourrait donc jamais être quelqu’un sur qui on pouvait compter, du moins pas à tous les sujets, pas comme sur un humain. Beaucoup de choses les séparait, dont leur nature profonde. Zelia se promit de ne jamais l’oublier.

« Oui, bien sûr qu’Abi me l’a dit. » répondit Zelia, presque candidement, comme si le fait qu’on lui ait dit que Ia n’était pas humaine était aussi anodin que si on lui avait dit qu’elle sortait avec untel ou qu’elle était très douée pour faire des lasagnes au chèvre.

Elle sourit et continua à avancer tout en expliquant :

« Ma prof préférée, mon mentor si tu préfères, celle qui était là avant Jena et qui m’a fait aimer ce que je fais à présent. » Et par là elle ne parlait pas que des MC mais aussi de l’espionnage, même si Zephira avait beaucoup à dire sur le sujet, c’était l’envergure de Zephira, son mystère, qui avait en partie poussé Zelia à vouloir être comme elle et à avancer dans les mêmes cercles… et à devenir aussi dangereuse qu’elle. « Et bien, disons qu’elle n’est pas humaine non plus. Enfin, je pense qu’elle l’est, à la base… Mais elle a subi des transformations qui font d’elle quelque chose d’autre. Ca ne m’empêche pas de l’apprécier. »

Elle ouvrit une porte avec son pied et laissa passer Ia tout en continuant :

« J’ai grandi entourée de vampires, de loups-garous, de folles furieuses avec aura de puissance… A l’Ecole où j’ai passé le plus de temps, tous les profs étaient bizarres… On allait en cours avec un vampire, qui vous séduissait et a mordu plusieurs élèves… La directrice était une vraie psychopathe… Et en plus on était « protégés » par des Esprits animaux qui vous torturaient avant de vous laisser entrer. L’un d’eux m’a effacé une partie de la mémoire et a voulu me tuer pour trahison quand je suis revenue plusieurs années après, je n’ai survécu que parce qu’un des autres Esprits me protégeait… Et je te parle évidemment pas des Sphinx, Dames Blanches et autres créatures que j’ai affrontées et/ou considérées comme mes amis. »

Elle haussa les épaules. C’était étonnant connaissant Zelia, mais elle n’était pas en train de se vanter. Ia était seulement témoin d’une chose que peu de gens avaient pu observer : la bizarrerie qui avait découlé du cursus scolaire étrange de l’anglaise. Parce qu’elle avait commencé ses études, à onze ans, à Syracuse, une école étrange où les anges côtoyaient les démons et où les créatures peuplaient les catacombes, au milieu du bayou, proche du vaudou et des magies parallèles, elle avait toujours trouvé sa place dans des écoles qui n’avaient rien de traditionnelles. Ca n’était pas pour rien qu’elle avait fait deux passages à Tryllestarven, malgré les dangerosités du coin. La plupart des anciens de Tryll n’avaient cependant pas exactement les mêmes visions qu’elle sur l’équipe administrative ou les Esprits… Mais Zelia avait toujours attiré les traitements les plus obscurs. Après tout, elle avait rencontré dès son arrivée la Dame Blanche à Syracuse, y avait ensuite affronté un Sphinx, un vrai, quelques semaines plus tard… Et avait bel et bien été au centre d’étranges comportements de Reven, l’Esprit Renard de Norsken.

Elle sourit et conclut :

« Donc tu peux bien être ce que tu veux. Je m’en fiche complètement. Tu ne m’intéresse pas plus pour autant, mais je ne me méfie pas plus de toi non plus. Un inconnu est un inconnu, quoi qu’il soit d’autre. »

Elle sourit. Oui, elle le pensait vraiment. Bien sûr, elle était très méfiante d’une manière générale, mais il n’y avait pas d’hypocrisie dans ce qu’elle disait.

« Et si tu ne ris pas… Qu’est-ce que tu fais ? Je veux dire, même les animaux rient. Enfin, ils ne rient pas, mais ils s’amusent… Tu en es capable ? De t’amuser ? D’apprécier quelque chose ? »

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Ia Devuška-Pauk
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Dim 27 Sep - 11:05

Ia ne sut pas comment réagir à la voix candide de Zelia, qui admettait sans se cacher que oui, elle le savait. Par contre, elle écouta passionnément ce que lui disait la jeune femme, avide d’apprendre avec quel genre de créatures pouvaient vivre les humains. L’histoire que racontait Zelia était étrange, mais pas invraisemblable. Ia savait qu’il y avait dans le monde des créatures bizarres et des comportements encore plus bizarres.

La russe hocha la tête en silence à la conclusion de Zelia, rassurée. Elle était d’accord avec cette façon de penser, un inconnu reste un inconnu et la méfiance est toujours importante si on veut parer les coups. Et puis, le fait que la jeune femme dise qu’elle s’en fichait, de sa nature, ça lui plaisait aussi. La curiosité intempestive ne lui plaisait pas tellement.
Ia se détendit donc, ce qui la mit dans une position favorable pour répondre à la question de l’anglaise. Après tout, son but n’était pas de refuser le contact, tout ça, alors elle pouvait bien répondre aux questions tout de même.
S’accordant une minute de réflexion, Ia finit par répondre d’une voix grave, hésitante et brouillée par l’accent slave :

« Hum… J’apprécie… de manger quand j’ai faim, ou de rencontrer une présence amicale… J’aime bien aussi quand je me mets en transe et que j’explore Discordia. »


Pour la dernière phrase, il y avait peu de chances que Zelia comprenne de quoi elle parlait, mais Ia ne se rendait pas compte, perdue qu’elle était dans sa réflexion. Discordia, le château perdu dans le non-monde, un lieu de monstres auquel ils pouvaient accéder en se mettant en transe. Le mystère étant : cet endroit existait-il encore, en réalité, ou avait-il été enfoui dans les profondeurs de la terre ?

« Je ne ris pas parce que rien n’est drôle, et je ne souris pas parce que ce n’est pas comme ça que je manifeste ma joie. »

Pour appuyer, elle tenta un sourire raté et inexpressif.
En vérité, ils avaient une manière de montrer… non pas la joie, mais plutôt leur humeur générale. Elle oscillait de la colère à la détente et allait rarement plus loin dans le plaisir. Cette façon de communiquer particulière, c’était l’impression qu’ils dégageaient. Souvent, quand elle était en colère ou méfiante, ou qu’elle avait peur, Ia faisait ressentir une forte aura de malaise, désagréable. Quand au contraire elle était plus détendue, elle ne dégageait rien (n’oublions pas qu’elle était de l’espèce des démons, elle n’allait pas aller jusqu’à envoyer de la joie, gratuitement comme ça).

« Est-ce que tu as senti, tout à l’heure ? J’étais méfiante et je faisait sentir autour de moi un malaise… je ne sais pas comment le décrire, je n’ai pas le mot. Mais ça, c’est la façon dont on montre notre colère, notre peur… tout ça. Quand on est détendus, plutôt contents, on ne dégage rien autour de nous. C’est comme ça qu’on communique nos sentiments, si tu exceptes tous les gestes, cris et autres qui nous permettent de parler. »


C’est avec bonne volonté que la russe expliquait tout cela, elle sentait qu’on pouvait trouver de l’intérêt devant une créature comme elle qui avait un fonctionnement si différent des humains. Mais l’intérêt était réciproque.

« Dans la Brume, je suis devenue humaine pendant quelques minutes. Vos sentiments… les voix dans votre esprit… c’était insoutenable. Comment vous faites ? Vous ressentez tout si fort, vous devriez devenir fous… Ou alors, vous avez un moyen d’arrêter tout ? »

Elle qui avant cette expérience s’était demandé pourquoi les humains criaient, pleuraient si fort, riaient si haut… Qui s’était aussi demandé pourquoi étaient-ils amis entre eux, sans rien chercher d’autre, pourquoi ils s’aimaient parfois sans même copuler… la réponse était là, elle le sentait confusément. Les sentiments.
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Jeu 1 Oct - 11:05

Tout en avançant dans les couloirs qui menaient à la bibliothèque, Zelia écoutait avec une attention particulière tout ce que Ia avait à lui dire. Les créatures n’étaient pas ce qui passionnait le plus l’Anglaise, et pourtant elle en avait rencontré assez dans sa vie pour pouvoir donner envie à n’importe quel spécialiste du domaine. Elle n’était pas passionnée par les créatures mais ce que Ia lui racontait était terriblement intéressant. L’Anglaise ne joua d’ailleurs pas la comédie quand elle écouta d’une oreille vraiment attentive. Elle hocha la tête à plusieurs moments, et répondit quand la russe lui posa sa première question :

« Oui. Je l’ai senti. Mais je n’ai pas compris que ça venait de toi sur le moment. Ca n’est pas quelque chose d’habituel pour les humains, surtout quand on n’est pas un spécialistes des créatures. Personnellement je n’étudie pas ce sujet, et je n’ai donc pas les réflexes que Skyler aurait sûrement… J’ai imaginé que c’était quelque chose que je ressentait de mon côté, sans me poser plus de questions. »

Et c’était vrai. Si ça avait duré plus longtemps, elle se serait sûrement posé d’autres questions. Mais ça avait été relativement court, et sur un moment où Zelia était, de toute façon, méfiante et pleine de sensations assez désagréables. Quand elle ne connaissait pas quelqu’un, elle se méfiait particulièrement, et elle avait associé ce malaise à cette méfiance, sans beaucoup plus y réfléchir. Maintenant qu’elle savait que ça venait de Ia, elle comprenait, elle savait ce qu’il y avait eu d’étrange, ce qui avait été différent. Elle saurait reconnaître si Ia, ou une autre créature, lui faisait ressentir quelque chose comme ça de nouveau.

La seconde question appela une réponse un peu plus compliquée, et un peu plus réfléchie. Zelia n’était peut-être pas la personne la plus apte à expliquer les relations humaines et les sentiments à Ia, elle était une des personnes les moins capables de les comprendre, et de les assumer. Elle avait toujours refoulé tout un tas de choses, et n’était pas vraiment une personne émotive, dans le sens où elle réfléchissait beaucoup avant d’agir et ne prenait en général en compte qu’une partie de ses sentiments, l’autre partie l’effrayant trop. Mais la plupart des gens ne compartimentaient pas comme ça, elle le savait. D’ailleurs, elle ne disait à personne qu’elle le faisait, se faisait passer pour quelqu’un de normal, et devrait donc répondre à Ia à partir de comment elle aurait dû agir si elle n’avait pas été quelqu’un d’aussi compliqué, traumatisé dans l’enfance par la révélation d’une magie trop puissante pour elle. Elle ouvrit la porte de la bibliothèque puis répondit tout en cherchant le rayon où le premier livre de sa pile était à ranger.

« La plupart des humains sont à moitié fous. » commença-t-elle avec un petit éclat de rire qui montra qu’elle ne pensait qu’à moitié ce qu’elle disait. « Mais c’est vrai que c’est compliqué d’être humain. On doit sans cesse essayer de trouver un équilibre entre nos sentiments et la raison, essayer de combattre nos instincts les plus noirs et essayer de vivre d’une façon civilisée. On ne peut pas faire taire ce qu’on ressent, il n’y a pas de bouton pour éteindre nos sentiments, mais on peut ne pas être leur esclave, c’est ce que la plupart des gens essaient de faire en tout cas. »

Elle posa le premier livre puis chercha le rayon pour le livre suivant.

« Mais la plupart du temps on est tiraillé entre tout ce qu’on ressent et tout ce que le devoir nous impose. Les humains ne sont pas toujours très forts… Certains cèdent à la tentation, à leur envie, et souvent ça fait beaucoup de mal, aux autres, et à soi-même. Mais les gens bien essaient de ne pas blesser les autres, c’est aussi une façon de réguler notre équilibre… Je ne veux pas blesser les gens, alors je ne cède pas à mes envies les moins civilisées… »

Elle ne savait pas vraiment comment mieux expliquer. Elle posa le second livre et attendit que Ia pose d’autres questions, pour préciser, parce que c’était un sujet très vaste et très compliqué, et elle ne voulait pas embrouiller la russe en partant trop loin.

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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Dim 4 Oct - 13:15

Ia suivit Zelia en silence et écouta très attentivement tout ce qu’elle disait. Ça devait être terrible d’être un humain.
L’exposé de la jeune femme lui montra sous un nouveau jour les actes de ce type qui était fou, celui qui avait été tué dans la Brume. Enfin, le fait qu’il ait été tué, c’était une supposition de Ia pour qui il était évident que cet italien fou ne pouvait pas rester en vie. Elle était donc persuadée qu’il était mort.
Pendant quelques secondes, elle réfléchit puis déclara d’une voix hésitante :

« Alors, l’humain qui a voulu vous tuer, celui qui a été jugé. Ce n’est pas de sa faute, ce qui s’est passé ? C’est juste ses sentiments qui ont… qui étaient trop forts ? »

Ça donnait un nouvel éclairage à sa présumée peine. Peut-être que cet homme n’avait pas été tué par la Brume, après tout. Parce que, si comme disait Zelia c’était si compliqué pour les humains, alors ce n’était pas de la faute du pyromane. Il avait juste été faible, mais Ia pensait que les humains sont tous faibles, de toute façon.

« Alors, en fait, vous l’avez pardonné ? Ou alors, si vous êtes en colère contre lui, c’est parce que vous ne voulez pas que les gens soient faibles ? »

A moins que… Elle prononça la suite de la même voix neutre, sans candeur ni reproche :

« Ou alors, vous ne voulez pas des gens faibles dans vos meutes ? Ceux qui ne peuvent pas se maîtriser, vous les cachez quelque part ? Ou vous les tuez, comme nous tuons les bébés qui sont nés avec des défauts ? »

Sans s’en rendre compte, Ia servait là ce qui pouvait passer pour une critique de la société. En vérité, elle posait des questions pour comprendre et rien de ce qu’elle disait ne lui paraissait mal. Parquer les faibles quelque part ? Compréhensible, si on veut que la meute fonctionne bien… Tuer les bébés défectueux ? Compréhensible, ils mourraient de toute façon dans la nature. S’encombrer de sentiments, c’était inutile.

La fille araignée fit un horrible sourire et attendit la réponse en se disant que ces humains étaient décidément étonnants. Mais elle comprenait mieux, maintenant que Zelia lui avait expliqué pour les sentiments et les émotions. Ça devait être dur.

(bon, j'ai galéré à expliquer ce que je voulais dire, vu que je suis évidemment pas d'accord... dis-moi si c'est pourri ^^)
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Mar 13 Oct - 21:48

« Mhhh… C’est un peu plus compliqué que ça j’imagine. » répondit Zelia, tout en continuant à ranger les bouquins un à un.

Elle n’avait pas l’air choqué par ce que venait de dire Ia, et pourtant, il y avait de quoi choquer à peu près n’importe qui. La plupart des humains considéraient que tuer les enfants handicapés, ou « faibles » à la naissance était une horreur. Zelia, pour une fois, se rangeait à l’avis de la majorité. Après tout, c’était avec ce genre de façon de pensée qu’on arrivait aux horreurs du nazisme par exemple. Mais si elle était choquée par les idées, elle n’était pas choquée par le fait que Ia puisse les avoir. Après tout, si elle disait ne pas avoir de sentiments, et qu’elle réfléchissait vraiment juste avec sa tête, sans y mettre aucune humanité, c’était plutôt logique qu’elle en vienne à ce genre de conclusions. Le plus logique était de ne pas s’encombrer des faibles, c’étaient les sentiments, l’humanité, qui rendait la faiblesse acceptable, qui en faisait même une qualité la plupart du temps. Evidemment, ça ne changeait rien au fait que la russe devait être rapidement remise sur la bonne voie, autrement elle risquait de mal comprendre le fonctionnement des humains ou, pire, dire à quelqu’un que Zelia était d’accord avec ce qu’elle venait de dire, ou qu’elle avait dit que ça n’était pas la faut de Tibère s’il avait agi comme ça, et ça, Zelia ne pouvait pas le laisser faire.

« Tout d’abord, si Tibère a fait ce qu’il a fait, c’est à cause de Tibère, et de personne d’autre. Bien sûr, il y a sûrement des tas de choses qui expliquent quel enfoiré psychopathe il est devenu, et on aurait sûrement pu inverser le processus quand il était gamin ou je sais pas quoi. Mais ça ne change rien au fait qu’il a choisi d’agir comme il l’a fait. Personne ne l’y a forcé, il aurait pu vivre normalement ici, être accepté. Et au lieu de ça, il a décidé de blesser des gens, d’essayer de détruire l’Ecole. Il a trahi la communauté, il a trahi toutes les personnes qui étaient là… On lui a fait confiance, il a décidé d’en abuser. Il ne peut s’en prendre qu’à lui. »

Oui, ça, Zelia le pensait vraiment. Après tout, il n’y avait pas que Tibère à avoir des pulsions et des envies de destruction. Zelia aussi en avait, constamment. Et elle ne le faisait pas, elle agissait comme il le fallait, la plupart du temps, parce qu’elle respectait trop les autres, parce qu’elle ne voulait pas les trahir. Parce qu’elle voulait rester humaine. Pour elle, Tibère n’était plus humain. Oh, elle pouvait comprendre que Claude et David continuent de l’aimer, ça c’était différent, eux l’étaient encore. Mais Tibère, non. Il avait cédé à ses pulsions à cette folie qui était en chaque personne. Ca n’était pas acceptable.

« Les sentiments ne sont pas trop forts. On peut les gérer. Je veux dire… Je ne sais pas comment expliquer. Mais, tu vois, les humains peuvent être très tristes et tomber dans ce qu’on appelle la dépression. C’est un état horrible, où on n’a envie de rien, on est triste, on n’arrive pas à se réjouir de quoi que ce soit, et on n’arrive à s’intéresser à rien. Et bien, cette dépression, la meilleure façon de s’en sortir c’est de s’y forcer. De se dire « okay, c’est fini, aujourd’hui mes sentiments redeviennent normaux » si tu veux en gros. Ben je pense que pour la folie c’est pareil, la plupart du temps. Tibère à pété un plomb, mais c’est seulement parce qu’il a laissé la situation dégénéré, il a voulu devenir ce qu’il est devenu, il en a été heureux et grisé. Il n’y a qu’à lui qu’on peut le reprocher, ça n’est pas une victime. »

Bon, le petit laïus sur la dépression aurait sûrement paru simpliste à toute personne ayant réellement vécu ce genre de passe, mais Zelia parlait en fait d’expérience. Elle avait passé une terrible phase de dépression qui avait duré presque quatre ans. Et le jour où ça s’était arrêté, c’était simplement parce qu’elle avait décidé que c’était fini. Bien sûr, ça ne fonctionnait pas pareil pour tout le monde, mais pour quelqu’un comme l’anglaise, c’était évident. Les sentiments ne pouvaient pas être plus forts, pas si on avait décidé de les gérer, ce qu’elle avait fait des années plus tôt. L’excuse de la folie était trop facile. D’autant plus dans le cas de Tibère, qui restait cohérent. Il réfléchissait, il était conscient de ce qu’il faisait. En fait, Tibère était à peu près aussi fou que Zelia, sauf que lui il était tellement imbu de lui-même qu’il préférait céder à la folie, histoire d’entrer dans la « légende ». Du moins, c’était l’analyse de Zelia, qui aurait sûrement eu pas mal de choses à dire à l’italien si elle le recroisait un jour.

« Si Tibère a été banni, c’est pas parce qu’il a été faible, ça nous arrive à tous. C’est parce qu’il a blessé des gens, et a failli détruire la Ferme. Tu vois la différence ? Faire des erreurs okay, mais pas délibérément chercher à blesser les gens… »

Elle posa le dernier livre et ajouta :

« Si demain tu décidais de te transformer en araignée et de te faire de quelques sywhaîdiens un casse-dalle, on te bannirait aussi. Mais si tu avais des problèmes à contrôler ton pouvoir, par exemple, on chercherait à t’aider. Si Tibère avait eu des problèmes à se contrôler, on l’aurait aidé, mais il n’a même pas cherché à le faire. Tu vois la différence ? »

Elle lança un regard un peu soucieux à Ia. Elle essayait d’être le plus claire possible mais c’était compliqué. D’autant plus qu’elle ne pouvait pas vraiment exprimer ce qu’elle ressentait par rapport à Tibère, le fait par exemple qu’elle aurait personnellement préféré qu’on le tue, l’idée de le libérer dans la nature l’avait rendue malade. Et aussi le fait qu’elle pensait que d’autres personnes étaient coupables, quand même, d’une certaine façon, comme le Rad pour n’avoir pas vu à quel point l’italien était devenu ingérable, ou même la Brume pour l’avoir laissé entrer, mais ça elle n’en parla pas, principalement pour pas embrouiller Ia, c’était une conversation déjà bien assez compliquée comme ça, et aussi parce que ça n’étaient pas le genre de pensées et d’avis que Zelia exprimait à la première rencontre. Non, en fait, pour être plus honnête, ça n’était pas le genre de pensées et d’avis qu’elle exprimait tout court, elle n’en avait parlé à personne, pas même à Abi, Ronnie ou Celesta.

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MessageSujet: Re: Blood Sugar   Jeu 29 Oct - 17:15

Ia garda un air concentré durant toute l’explication de Zelia. Elle comprenait, en vérité.

« Oui, je vois. Tibère est un animal, et toi tu es une humaine. »


Son visage de marbre était baissé sur les rayonnages. Elle réfléchissait. Comme c’était étrange… et si compliqué. Elle avait tellement de difficultés à s’intégrer dans cette façon de penser… et, pour ne rien arranger, Ia ressentait confusément quelque chose du côté de Zelia. Pas un mensonge, mais une certaine retenue, comme si elle ne disait pas tout. Ok, la jeune femme avait le droit de garder des idées pour elle, mais ça troublait Ia.

« Moi, je suis un animal. Comme lui. Mais c’est le contraire, je me bats pour être plus humaine. »

Il fallait bien l’admettre, Ia trahissait sa nature profonde, elle devenait plus humaine que tous les autres de son espèce. Que diraient ses congénères ? Certains lui en voudraient sûrement. Mais Ia avait besoin de s’intégrer, maintenant qu’elle était là.

« Mais je le comprends. C’est bien plus reposant, et puis il doit avoir l’impression d’être plus libre. Vous, les humains, vous avez tant de lois, de scrupules, de règles… Oui, je comprends Tibère. C’est une bête. S’il m’avait attaqué comme il vous a attaqué, je l’aurais tué et je suis sûre qu’il aurait accepté le châtiment.»

Elle hocha lentement la tête. Oui, elle comprenait maintenant ce qu’étaient les humains. C’était étonnant, il faudrait qu’elle pense à les étudier. Sûr que ce serait intéressant. Oui, en même temps que Skyler l’étudiait, Ia décida qu’elle observerait les humains et essayerait de rendre compte de leur société le plus fidèlement possible.

Maintenant que Zelia avait posé ses livres, Ia ne lui était plus nécessaire. Elle s’inclina donc légèrement, la salua et quitta les lieux, l’esprit encore plein de tout ce qu’elle venait d’apprendre.
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Blood Sugar

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