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 Take It As It Comes

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Take It As It Comes   Lun 10 Aoû - 23:53

Claude était dans le potager, chose déjà assez inhabituelle. Il ramassait des fruits, en mangeant une bonne partie au passage. Ce n’était même pas une corvée, vous imaginez ? C’était simplement qu’il commençait à s’ennuyer sec, que David était parti monter Jamaïque et que Léola bossait avec Strict, comme d’hab. Il aurait pu aller voir Will, mais allez savoir pourquoi, il ne mourait pas d’envie d’aller frapper chez Marybeth, sa sœur. Il aurait aussi pu aller voir Brise mais… bref. Deux semaines s'étaient écoulées depuis leur rencontre au bord du Loch, mais il ne l'avait pas revue.

Ronchonnant un peu, Claude se releva, les mains sur les hanches. Fit craquer son dos avec un soupir de soulagement et alluma une cigarette. Heureusement que le pote de David les lui envoyait par hibou, sinon ça aurait été vraiment la galère. Il fumait un peu trop pour arrêter à la dure, soyons honnêtes.

L’italien baissa les yeux sur son jean craqué. Il était torse nu, trop chaud pour mettre quoi que ce soit d’autre qu’un pantalon. Et encore, suffisamment déchiré pour laisser passer le moindre courant d’air, le pantalon.

Il s’apprêtait à se pencher de nouveau sur la terre quand un bruit de pas se fit entendre derrière lui. Se retournant, il aperçut Brise. Ha ben tiens.
Un étonnement à moitié feint et un plaisir absolument sincère animèrent son visage et il lança d’un ton badin :

« Tiens, Brise ! Comme on se retrouve ! Tu me ramènes mon t-shirt ? »


Il eut un petit rire en désignant son corps, comme pour dire qu’il attendait justement de quoi se couvrir.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Mar 11 Aoû - 0:21

Brise n'était pas exactement là par hasard. Enfin, à l'origine, si, c'était un hasard. Elle avait peu à peu reprit pied dans la vie sywhaîdienne et avait donc été tout naturellement affecté à l'une ou l'autre de ces corvées assomantes que les sywhaîdiens se plaisaient à accomplir pour se donner bonne conscience. Faut dire que ça passait le temps. L'été s'étirait, en long, en large, en travers, et Brise, elle, tournait en rond. Apkar lui manquait (il n'avait pas écrit, Brise avait été contrariée), l'agitation frénétique de Londres lui manquais, et même sa tente crasseuse à Archavir en était venue à lui manquer. Bref, elle était à ce point désoeuvrée qu'elle avait accepté, ô mirâcle, de participer à...

... elle avait oublié quoi. Parce qu'elle était passée près du verger et qu'elle avait vu Claude. Qui... comment dire... se gavait de fruits en faisant semblant d'être occupé à quelques chose d'utile. Alors Brise avait fait demi-tour et elle s'était approchée.

Elle n'avait pas revu l'italien depuis leur première rencontre au lac. Elle avait eu l'impression de le connaître depuis longtemps, Claude, avec son humour vache et ses clopes et ses sourires de guingois. Il s'était moqué de Léola, ils avaient rigolé. Et Brise avait gardé son T-shirt. Quelques part dans sa chambre, même si elle ne voyait plus très bien où.

- Salut l'empereur, lança-t-elle de loin une fois qu'il l'eut repérée.

Elle s'approcha en sautillant entre les mottes de terres, qu'elle cherchait à éviter.

- C'est des chaussures à deux milles euros, expliqua-t-elle en riant.

Elle portait des escarpins en cuir rouge, comme ceux de Dorothy dans le magicien d'Oz. Elle était également vêtue d'un jupon de lin blanc et d'un cache-coeur rouge. Ses cheveux blonds étaient un peu décoiffés. Elle attrapa une pomme (qui n'était manifestement pas mûre) dans l'arbre le plus proche, avant de la laisser tomber avec une moue capricieuse.

- J'ai pas ton T-shirt. Je peux te donner une chaussure, si tu veux, dit-elle en haussant les épaules.

Elle souriait, elle aussi. Elle était contente de revoir Claude. D'une part parce qu'elle avait toujours à l'esprit les cartes qu'elle n'avait pas joué à leur dernière rencontre, d'autre part parce qu'elle appréciait vraiment le jeune homme. Au delà de tout calcul machiavélique. Et puis, c'était agréable de rencontrer quelqu'un qui était vraiment content de la voir.

- D'où est-ce que tu sors toutes ces clopes,
râla-t-elle en montrant du doigt celle que Claude était en train de fumer. J'ai épuisé mon stock il y a des semaines.

Elle avait essayé de dupliquer un paquet, dans sa chambre, mais disons que... ça n'avait pas exactement eu les effets escomptés. Asa l'avait pourtant prévenue, un an plus tôt, que c'était très, très difficile.
Disons que, à l'avenir, Brise éviterait de porter de la soie pendant ses petites... expériences.
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Mar 11 Aoû - 14:27

Il regarda la jeune femme approcher, slalomante. Et ravissante. Sa bouche s’arrondit en un « o » de surprise à moitié jouée quand elle expliqua la raison de ses zigzags. Mais comment pouvait-on payer des chaussures si chères ? Lui-même n’avait jamais eu beaucoup d’argent à dépenser là-dedans, même quand il trafiquait et était bien riche. Et ça, ça lui rappelait soudain qu’il ne savait pas grand-chose de Brise. C’était pas donné de la part du commun des mortels, d’acheter des chaussures à 2000 euros. Mais il ne posa pas de questions, c’était inutile. Pour l’heure, ils étaient à Sywhaîd et tout ça n’avait que très peu d’importance.
Le jeune homme salua d’un signe de tête la proposition de la blonde de lui donner une chaussure et répliqua avec un demi-sourire :

« Toto, je crois que nous ne sommes plus au Kansas. »


Oh, bon, il aurait peut-être pu trouver une réplique du Magicien d’Oz un peu plus adaptée à la situation, mais c’était la seule qu’il connaissait. La plus connue, aussi. Le sourire de Claude s’élargit lentement, devint radieux. Dans ces moments-là, son visage était diffèrent, son regard moins halluciné.

« Mes clopes ? »


Il avança vers Brise, pour sa part peu préoccupé de salir ses tennis, et lui en donna une. Attendit qu’elle la cale entre ses lèvres et lui alluma avec son briquet tout en expliquant :

« C’est un copain de David qui les envoie par hibou. On lui doit une fière chandelle ! En plus, il envoie de l’herbe aussi, et pas mauvaise du tout. »

Il recula un peu en souriant, pas troublé de ce qu’il venait de dire. Ça lui semblait naturel, il faut dire, et il n’avait pas pour habitude de se cacher pour fumer. Et tant pis pour les gens qui disaient qu’il était un drogué : il ne pensait pas que ce soit vrai.

« Si tu veux, je pourrais t’en donner. Faudrait que tu passes à notre chambre. »

Il s’efforça de garder un visage neutre et de ne pas laisser deviner qu’il était en train de se maudire d’avoir dit une chose pareille. Elle allait croire qu’il y avait un sous-entendu dans sa phrase ! Alors que ce n’était même pas le cas ! Quoique…
Non, il ne devait surtout pas penser à Brise en quoi que ce soit d’autre que comme une amie. Très mauvaise idée. De toute façon, elle n’était pas du tout intéressée par lui, il s’en était bien rendu compte la dernière fois, elle voulait juste Logan. Et c’était très bien comme ça. Il ne devait pas s’égarer, ça ferait du mal à Léola.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Mar 11 Aoû - 15:52

Brise éclata d'un rire sans méchanceté devant la surprise de Claude. Elle avait l'habitude de choquer les esprits avec son mode de vie scandaleusement coûteux. Mais elle ne s'en faisait pas un tabou et n'en ressentait pas la moindre culpabilité. D'autant plus depuis la mort de son père, et l'épuisant combat qu'elle avait mené contre sa mère pour conserver la tête du capital.

- J'ai jamais vu le film,
lâcha-t-elle avec un demi-sourire lorsque Claude fit allusion au magicien d'Oz.

Elle n'avait jamais aimé l'idée de porter le nom d'un personnage de conte pour enfant. Même petite, elle avait refusé d'entendre parler de Dorothy. Mais elle n'avait rien contre porter ses chaussures. Surtout si elles étaient griffés. Elle claqua des talons, avant d'accepter la cigarette que Claude lui tendait. Elle tira un bouffée avec gratitude, les yeux fermés. S'adossant au pommier le plus proche, Brise se laisser glisser dans l'herbe. Le dos bien calé contre le tronc, elle renversa la tête en arrière et soupira.

- Que demande le peuple ?
Dit-elle en levant les mains. Même de l'herbe hein ?

Elle n'était pas choqué. A vrai dire elle avait rencontré aux cours de ses jeunes années d'héritières quelques messieurs peu recommandables, faisant circuler sur les terrasses huppées des sachets d'herbes et des cachets. Elle avait essayé, par ennui principalement. Quand on n'a même plus à laver son bol, on commence à ne plus savoir trop quoi faire de ses dix doigts.
Les pilules, ça n'était pas son truc, la descente était trop rude, et Brise n'aimait pas perdre le contrôle. C'était ce qui faisait d'elle une consommatrice raisonnable. Ne jamais, jamais perdre le contrôle. L'herbe, elle en avait fumé pas mal avec Apkar. Lui, il appelait ça "sa thérapie". ll lui avait apprit qu'Isma fumait régulièrement pour calmer ses rhumatismes. Comme la moitié d'Arcahavir, par ailleurs, chacun prétextant un "mal" mystérieux nécessitant un remède urgent et... plutôt planant. A l'évocation de ces souvenirs, Brise eu un rire un peu triste. Elle leva les yeux vers Claude, qui avait l'air troublé, soudain. Tout en s'efforçant de n'avoir l'air de rien.

- Avec plaisir, répondit-elle avec lenteur, les yeux plissés, volontairement évasive.

Elle ne pouvait deviner ce qu'il se passait dans la tête Claude. Mais disons qu'elle pouvait faire d'assez bon pronostiques. Claude aimait bien Léola, il l'aimait même sûrement beaucoup. De nature plus altruiste que Tibère, il avait des remords à l'idée même de... Mais d'un autre côté, Brise, près du pommier, était un vrai serpent. Elle avait abattu ses premières cartes. C'était elle, contre la conscience de Claude.
Elle n'avait pas vraiment décidé, à un instant T, qu'elle allait s'attaquer à Claude. C'était arrivé, sur la rive du lac, deux semaines auparavant. Et maintenant c'était trop tard, le défi était lancé et Brise n'était pas du tout contre l'idée de le relever. Elle aimait les défis, elle aimait l'herbe et elle aimait l'amour. Elle n'avait rien contre combiner les trois avec Claude. Surtout si cela s'avérait difficile.
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Mar 11 Aoû - 17:31

Il n’avait pu s’en empêcher, et regretta immédiatement. Il avait souri. D’accord, mais pas n’importe quel sourire. Un de ces sourires séduisants qui se dessinent avec lenteur, le sourire aguicheur par excellence, l’attaque ultime face aux filles les plus faciles de Rome. Oh, ce n’était pas avec ça que Brise allait lui tomber dans les bras, elle n’était pas du genre. Mais ça tenait presque de l’invite, ça. Mauvaise idée.
Dans un sursaut de rébellion, Claude rectifia. Idée boiteuse et sûrement vouée à attirer des ennuis. Mais pas si mauvaise. Quoi, à Rome il faisait ce qu’il voulait, pourquoi pas ici ? Et puis… il n’était pas vraiment avec Léola. Et elle n’avait pas besoin de le savoir. Et… bref, toutes sortes de raisons, bonnes ou mauvaises. Il pouvait bien flirter. De toute façon, il n’était pas sûr du tout d’avoir la moindre chance avec Brise.
Hé oui, Claude avait beau être altruiste, en effet, gentil et compréhensif… il avait beau être sensible et attentif, il était totalement incapable de saisir ce qui se passait dans la tête des filles. Deux semaines avant, Brise avait sous-entendu qu’elle aimerait bien retourner avec Logan, non ? Alors pour Claude, Brise voulait Logan. Pas lui.

L’italien tira sur sa clope, longuement. Recracha un impressionnant nuage de fumée et demanda :

« Je sais pas si tu connais déjà David ? Enfin, peut-être que Tibère t’en a parlé. Tu pourras le rencontrer, comme ça. »


Si Tibère lui en avait parlé, Brise devait savoir que David était un meurtrier. Qui avait d’ailleurs tué le père de Claude. Claude lui avait pardonné, bien sûr, parce qu’ils s’aimaient tellement, tous les trois… Mais c’était une histoire étrange. Il espérait que ce n’était pas une mauvaise idée de le lui rappeler. Enfin… après tout, qui prenait Tibère prenait Claude et prenait David. Léola le lui avait fait remarquer, d’ailleurs.

« Je suis sûr que vous vous entendrez bien. Il est du genre cynique et désabusé. »

Il eut un rire ironique et adressa un clin d’œil à la blonde adossée au pommier. S’attarda un instant sur son visage et alla vers elle pour s’asseoir à ses côtés.

« Si tu veux, tu peux passer ce soir. Mais je sais pas ce que fais David, il sera peut-être pas là. Si t’as pas peur de passer une soirée en tête à tête avec moi… »

Claude éclata de rire, la tête en arrière. Se rendit compte de ce qu’il venait de dire et eut un instant l’air ennuyé. Là, il s’avançait peut-être un peu trop. Mais, tiraillé entre deux sentiments, il préféra opter pour l’insouciance et sourit de nouveau à Brise, du même sourire ravageur.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Mer 12 Aoû - 9:49

- Oh, je passerais la soirée avec n'importe qui pour un paquet de clope, en ce moment, répondit Brise en levant sa cigarette à hauteur de ses yeux.

Le petit jeu du romain ne lui avait pas échappé.
Il était heureux que Claude ne fut pas libre, cela corsait un peu l'affaire. Léola venait se dresser entre eux comme un obstacle que Brise prendrait d'autant plus de plaisir à écarter. Bien que, pour l'instant, elle ne puisse réellement dire si elle agissait par jeu ou par réel intérêt pour le jeune homme.
C'était peut-être cruel, aussi bien pour Claude (qu'elle était tout à fait capable de laisser en plan une fois son objectif atteint) que pour Léola. Brise ne donnait pas de garanties. Il n'était pas exclu qu'elle se lasse rapidement du jeu, en particulier si il s'avérait trop facile, ou pas assez risqué.

Or, pour l'instant, le sourire de Claude lui plaisait plutôt bien, et elle se poussa un peu pour lui faire de la place sous l'arbre lorsqu'il vint s'installer. Le soleil dansait en tâches mouvantes sur leurs visages, et l'ombre était fraîche sous le pommier. Brise se souvint brusquement de la corvée à laquelle elle était sensée participer : la toilette des chevaux, à l'écurie. Elle étendit ses jambes dans l'herbe grasse, alanguie par la chaleur. Les chevaux pouvaient bien attendre.

- J'ai une de ces soifs,
pesta Brise en écrasant sa cigarette contre le tronc de l'arbre.

Elle s'éventa mollement de la main, les yeux mi-clôts. Elle avait une conscience très aigu de la présence de Claude tout près d'elle. Elle résista à l'envie de le regarder, les yeux perdus dans le vague. Il ne fallait pas que ce soit trop facile. Le plaisir de la chasse était presque plus intense que la mise à mort, pensa-t-elle en laissant fleurir sur ses lèvres un sourire félin.

Elle s'agita un peu, dispersant les cendres qui étaient tombées sur son cache-coeur rouge.

- Qu'est ce qui te manquais le plus, en prison, demanda-t-elle d'un ton badin, comme pour ramener la conversation vers un terrain moins glissant.

Il ne fallait pas précipiter, les choses, n'est-ce pas ? Ils avaient tout leur temps, pensait Brise ne laissant son regard errer sur les marques qui parsemaient encore le torse de Claude.
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Mer 12 Aoû - 15:38

Claude se troubla une seconde en entendant Brise dire qu’elle passerait la soirée avec n’importe qui. Il l’avait bien mérité, ce « n’importe qui », d’un autre côté. Ça lui apprendrait à s’avancer comme ça.
Il retrouva vite son aplomb habituel, rompu à se la jouer désinvolte. Il n’était pas un très bon comédien, on pouvait même lire sur son visage comme dans un livre ouvert, mais ce rôle là, il lui allait à merveille. Il s’adossa au tronc, en apparence parfaitement détendu. En vérité, il avait l’impression que toutes ses sensations s’étaient regroupées dans son bras, celui qui frôlait Brise quand ils bougeaient.
Les yeux fermés, la tête renversée contre le tronc et les jambes en tailleur, il hocha mollement la tête sans trop réagir quand la jeune femme manifesta sa soif. De toute façon, il n’avait rien à boire et pas le courage d’aller en chercher. Mais, histoire de répondre tout de même, il proposa d’un ton paresseux, avec un petit temps de retard :

« On pourra aller en chercher au robinet de la serre. »


Et retomba dans le silence, parfaitement immobile. Détendu au possible.
Il y avait des moments, tout de même, où à Sywhaîd il se sentait parfaitement à l’aise. Au calme, sans personne autour pour lui attirer des ennuis, le bousculer. L’activité foisonnante des nuits romaines, des jours à leur appartement, la folie de Tibère et tout ce qu’ils faisaient de cinglé, ça lui manquait terriblement. Les courses en voiture, les filles, l’alcool, tout. Mais il y avait une chose qui l’apaisait et lui faisait oublier son amertume : c’était le calme tranquille de Sywhaîd.
Sentant Brise remuer un peu, il s’étira en soupirant. Entendit sa question et se crispa imperceptiblement, mais termina son mouvement. Prit le temps de se réinstaller.

« Pas mal de trucs… La liberté m’a manqué, c’est évident, hein ? »

Il n’avait jamais parlé de la prison avec quelqu’un d’autre que les empereurs. Il ne pouvait pas en parler à David, parce que c’était de sa faute et qu’il ne voulait pas le mettre mal à l’aise. Mais juste après sa sortie, quand Tibère et Zofia étaient venus le voir à Rome, il avait discuté avec son ami. Lui avait raconté, en détails, et ça avait été dur… mais pas tant que ça, parce qu’ils se connaissaient si bien que c’était naturel de raconter.
L’italien hésita. Jeta un coup d’œil furtif à Brise, ferma les yeux, eut un sourire aigre et continua :

« Mes potes me manquaient. La fête, l’alcool… Enfin, tu me diras, l’alcool on pouvait s’en procurer sans trop de souci. Les filles aussi manquaient, mais bon. On peut toujours se contenter de ce qu’on a. »

Il émit un rire un peu grivois. Claude n’avait jamais fait mystère de son attirance occasionnelle pour les hommes, mais ne s’étendit pas sur le sujet.

« Non, ce qui était dur, c’est que je suis faible et que j’en ai bavé. Je me suis fait tabasser pas mal de fois et j’étais incapable de la fermer, alors ça n’arrangeait rien. Et puis, l’ennui… qu’est-ce qu’on s’emmerdait ! »


Il rit de nouveau, cette fois sans aucune joie.

« J’pourrais te raconter des dizaines de trucs sur la prison. Ça part pas dans ma mémoire, je me rappelle de tout tellement bien… »

Inévitable, sa voix vacilla. On l’a déjà dit, il était mauvais comédien, incapable de cacher quand il n’allait pas, et ces six mois lui avaient salement fait mal. Or, pas question de se laisser aller.
Il s’accorda une seconde pour se reprendre, sourit.

« Mais c’est fini, hein ? Maintenant je suis un homme, j’ai connu la prison ! »

Cette fois, son rire fut sincère et illumina tout son visage. Dire qu’il y avait vraiment eu un crétin pour lui dire une chose pareille, quand il était revenu s’installer dans son appartement romain… En vérité la seule chose en quoi on pouvait dire qu'il s'était endurci, c'était que maintenant il se battait salement bien. Est-ce que ça valait vraiment le coup de faire 6 mois de prison, franchement ?
Claude se tourna plus franchement vers Brise et la dévisagea une seconde :

« Bon. Et toi ? Des expériences intéressantes à raconter ? »
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Mer 12 Aoû - 18:32

Brise regretta un instant sa question lorsqu'elle vit le visage de Claude se brouiller légèrement. Elle n'était pas douée pour la compassion.
Le sourire plein d'aigreur du romain l'avait totalement désarmée, et elle détourna brusquement les yeux. Droite et pâle, son regard se perdit quelques part au delà de la jambe de Claude.

Elle se reprit lorsqu'il se remit à rire. Son trouble n'avait duré qu'un instant. Elle espéra que Claude n'avait rien remarqué, trop absorbé par ses souvenirs douloureux. Elle en doutait.
Brise déployait tant d'énergie à paraître insensible qu'elle en venait à craindre les émotions des autres. Et les siennes. Claude, lui, n'était pas du genre à cacher ses sentiments, même si il luttait manifestement pour se reprendre. Le visage de la londonienne, quand à elle, avait rapidement retrouvé son masque habituel, si ce n'est une moue amère, diffuse. C'était tout ce qu'elle pouvait faire en matière de compassion.
Venant de sa part, c'était déjà beaucoup. Pour un autre que Claude, Brise n'aurait sans doute rien laissé filtrer. Pas même un regard, peut-être. Des histoires de taulards, elle en connaissait quelques une, et beaucoup la laissait froide. Elle n'était pas philanthrope, et faisait rarement preuve d'empathie (ou pour ainsi dire jamais). Cependant, elle se sentait toujours concernée par les déboires de ses amis et ne ressentait aucune gène à prendre soin d'Apkar, par exemple (lequel avait plus de chagrins d'amour qu'une adolescente de 14 ans. Désespérant).
Claude, lui, n'était pas suffisamment proche de Brise pour qu'elle se sente à l'aise avec son passé, ni suffisamment éloigné pour qu'elle passe outre. Sywhaîd avait ceci d'agaçant : bourré d'individus au passé chargé qu'il était quasiment impossible d'éviter. Des enfants battus, des veufs, des mères précoces, des meurtriers et des tarés... Comment encore prétendre vouloir rester de marbre ?

Claude la dévisageait maintenant. Nonchalamment, Brise se redressa, les coudes sur les genoux. Elle ressentit comme une brûlure à l'endroit où la peau de Claude avait touché la sienne, et passa distraitement la main sur son épaule.

- Et bien...

Des histoires, elle en avait des tas. Elle n'avait pas eu une adolescence tout à fait conventionnelle, un peu à cause de la magie, un peu à cause du reste. Mais, pour être tout à fait honnête, la magie n'avait été qu'un déclencheur. La bombe couvait depuis des années.

- Mes parents... Enfin, ma mère, puisque mon père est mort... Elle regarda Claude brièvement. Elle savait ce qui était arrivé à son père à lui. Ma mère donc considère que je suis une sorte de... monstre. Une aberration de la nature, je ne sais pas, quelques chose dans ce goût là.

Elle parlait avec désinvolture, comme si ce qu'elle disait concernait une autre personne, très loin, très petite et très sotte. Il y avait une telle condescendance dans sa voix que l'on avait du mal à imaginer qu'elle puisse parler d'elle-même. C'était dans ces moment-là que le profond mépris que Brise ressentait pour le milieu dont elle était issue s'exprimait dans toute sa violence. Un milieu dont elle avait malgré tout beaucoup de mal à se défaire, tant il était ancré en elle.

- Alors je me suis tiré avec l'argent du coffre et deux Picasso... Elle marqua une pause. Il y avait peut-être un Miro, j'en sais rien. Et puis avec ça j'ai monté ma boite et je me suis très vite alignée.

Brise était un génie des finances. Intelligente, sans scrupule et terriblement ambitieuse. Son père avait beaucoup regretté qu'elle ne soit pas exactement... Disons "normale".

- J'ai fais des choses... Pas terrible, pour arriver au sommet. Elle regarda Claude dans les yeux. C'était la première fois qu'elle racontait son histoire à quelqu'un à Sywhaîd. Je maîtrisais pas du tout ma magie, j'ai... j'ai fais du mal à des types. Un peu. Enfin... tu vois.

Pour leur faire peur. Pour les menacer, pour les contraindre, pour les manipuler pour les écraser... Brise faisait exploser son bureau, voler en éclats les baies vitrées, brûler les contrats. Elle avait blessé des gens, aussi.

- Je crois que c'est pour ça que Tibère et moi, on s'est jamais vraiment prit la tête. Je crois qu'il avait comprit, ce que je pouvais faire. Et moi aussi. On était pas des gens bien.

Brise haussa les épaules. Elle avait machinalement utilisé le passé. Comme si elle était devenu quelqu'un de bien. Elle ricana.

- Ce qu'il y a de bien à raconter ce genre de choses à un ami de Tibère, c'est que je me dis que t'as fatalement vu pire. Elle laissa échapper un rire en coup de fouet. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

Brise se tourna vers Claude en souriant, complice.

- Mais tu as le droit de me juger, si tu veux, dit être d'un air magnanime, comme si elle accordait à Claude une immense faveur.

Ce n'était pas tout les jours que Brise d'Oz racontait sa vie avec une telle liberté. Elle soupira, sereine. Ce n'était pas désagréable.
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Jeu 13 Aoû - 16:47

En vérité, Claude n'avait pas remarqué le trouble qui était passé sur le visage de Brise alors qu'il lui parlait de la prison. Il était en effet absorbé dans ses souvenirs. Mais toute son attention revint à la jeune femme quand elle se redressa et se mit à parler. Naturellement, il ne se doutait pas une seconde que ce put être la première fois qu'elle raconte cette histoire à quelqu'un de Sywhaid. Mais l'histoire le frappa. D'abord, ce mépris avec lequel elle semblait se traiter elle-même, alors qu'elle avait réussi à monter son entreprise, tout ça... Mais ça, il pouvait comprendre. Mépriser ce dont on est issu, c'est un peu ce qu'il avait fait toute son adolescence, avec son père si doué, si riche, si carré...
Quand à ce qu'elle avait pu faire pour arriver au sommet, il pouvait s'en douter. Brise semblait ambitieuse. Ce genre d'actes ne le dérangeaient pas le moins du monde, et il soutint son regard sans ciller, souriant gentiment.
L'italien accompagna la jeune femme dans son rire et hocha la tête. Ouais, il avait vu pire.

"Te juger ? Que veux-tu que je dise ?"

D'un air désabusé contrastant avec la gravité de ses propos, il ajouta :

"Mon meilleur pote est un cinglé sadique, et mon autre meilleur pote a assassiné mon propre père... Je crois que je suis vacciné à vie."


Il sourit, mais cette fois son expression était étrangement craintive. Et si Brise se rendait soudain compte de qui il était : un mec paumé aussi horrible que ses amis ? Ce qu'il venait de dire était la stricte vérité, réductrice et terrible. Et cette vérité, c'était pas exactement le genre de situation qui faisait rester les filles.
Il agita les mains, les passa dans ses cheveux et déclara :

"J'crois bien qu'on est une belle bande de malades. Si tu veux partir en courant, fais-le tant qu'il est encore temps."

Il éclata de rire, se tourna vers la blonde et lui sourit. Un peu à la Tibère, se pencha près de son visage sans cesser de la fixer, provocateur. Lui jeta un regard par en-dessous, s'arrêta à quelques centimètres de la jeune femme et murmura doucement :

"Après, c'est de plus en plus dur de se dégager et avant qu'on s'en rende compte, on est embourbé avec les trois empereurs..."

Parce que les trois empereurs étaient doués pour s'approprier, saccager et détruire. Pas seulement Tibère, qui lui le faisait à visage découvert. Mais aussi David, avec son mépris et ses dangereuses séductions. Et même Claude, le sensible Claude si moqueur et si prompt à laisser sur place tout ce qui n'est pas empereur.
Mais pour l'heure, il souriait de coin, penché sur Brise les yeux fixés sur elle. Défiant, proche et attendant juste de voir ce qui se passerait.
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Jeu 13 Aoû - 21:34

Brise aimait assez ce qu'il était en train de se passer entre elle et Claude, la franchise, et la complicité qui s'était installée naturellement, d'abord sur la rive du lac, puis ici, sous le pommier. Le même genre de compréhension réciproque, et de respect aussi, qui s'était immédiatement manifesté entre elle et Tibère, le fameux jour de leur rencontre. Brise avait beau savoir que c'était un salaud finit, autodestructeur, destructeur tout court, mégalo, égoïste et dangereux, elle ne pouvait s'empêcher d'être fascinée par le personnage. Tant de liberté, si peu de scrupules... Comme Brise l'avait dit à Claude un peu plus tôt, Tibère n'était pas quelqu'un de bien. Brise non plus. Quand à Claude, il émanait de lui la même aura de passion et de danger qui illuminait le regard de Tibère quand il parlait d'incendie, et de puissance, et du reste. Brise ne le voyait pas comme quelqu'un de faible. Au contraire, il fallait être terriblement fort pour faire partit du trio des trois empereurs. Assez fort pour aimer, supporter et pardonner.

- Je crois bien que j'ai jamais aimé les gentils garçons, cracha Brise lorsque Claude lui conseilla de partir en courant.

Elle ne recula pas lorsqu'il approcha. Nonchalante, elle le regarda faire, un sourire pointu aux lèvres. Ses yeux s'étrécirent, se réduisant peu à peu à deux fentes. Tibère n'avait pas réussit à l'impressionner, Claude n'y parviendrait pas davantage. Mais, à l'inverse de Tibère, il avait sur lui et sur les autres un regard critique qui faisait la différence, une lucidité désabusée qui attirait Brise davantage que les fanfaronnades sans queues ni têtes de Tibère. Un regard qui plongeait dans le sien, en cet instant, tout emprunt du cynisme des empereurs.

- Mais moi, je suis Dieu, murmura-t-elle en retour, détournant la tête pour effleurer de sa bouche l'oreille de Claude. Je suis au-delà...

Sa voix se perdit dans un murmure. Elle faisait allusion à sa première rencontre avec l'un des empereurs, plus d'un an auparavant. Ses doigts fins s'enroulèrent autour des épaules de Claude, qu'elle repoussa sans violence mais avec fermeté contre le tronc de l'arbre. Toujours penchée sur lui, ses cheveux blond effleurant le visage du romain, elle chuchota :

- Je n'ai pas brûlé Rome, Claude, mais vous non plus.


Sa voix, légèrement moqueuse, avait perdu la morgue qui la caractérisait. Provocante, elle regardait Claude dans les yeux, comme pour le mettre au défi. D'un geste, le romain aurait pu se libérer, écarter les mains de Brise comme on chasse un insecte. La jeune femme resséra son étreinte, et, avec une détermination presque agressive, embrassa l'empereur.


(Ok Marie, tu peux me tuer, j'assume^^)
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Ven 14 Aoû - 9:51

Claude avait frissonné aux paroles que Brise avait murmurées à son oreille. Dieu, ça c’était de l’orgueil, tu m’étonnes que Tibère avait apprécié cette fille. Il se laissa faire, rien que pour voir ce qui se passerait. S’appuya donc contre le tronc, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme et un léger sourire sur les lèvres.

« On y travaille, ne t’inquiètes pas… »

Sa voix n’avait pas été aussi forte et assurée qu’il l’aurait voulu. Il avait murmuré en la dévorant des yeux, essayant de masquer à quel point elle le troublait. Raté.

Brise l’embrassa et pendant une seconde il ne fit rien, ne pensa pas à grand-chose et surtout pas à Léola. Puis il se ressaisit, parce que ce n’est pas digne d’un empereur de se laisser faire comme ça, la jeune femme fut-elle Dieu en personne. Il posa une main sur la hanche de l’anglaise et se redressa. Léola traversa son esprit en trombe sans même qu’il marque une hésitation, et il reprit les rênes. Si Brise avait été presque agressive, il le fut clairement, un court instant. Puis calma le jeu, s’adoucit. La lâcha finalement et la regarda dans les yeux avec un sourire en coin.
Pendant quelques secondes, il ne dit pas un mot, savourant ce qu’ils venaient de faire. Oh, c’était encore mieux quand il ne fallait pas, il l’avait toujours dit. Dans ce simple baiser, toutes les libertés qu’il avait prises à Rome revenaient au galop. Quoi, depuis quand était-il fidèle et scrupuleux, tout ça ? Il pouvait bien s’amuser, après tout. Il l’avait toujours fait.
L’italien eut un petit rire un peu dédaigneux, un rire adressé à lui seul. Sans cesser de regarder Brise, il se recula un peu.

« Enfin un peu d’animation… »


Sa voix avait presque sifflé, teintée d’une indéniable ironie. Provocatrice et presque agressive. Mais son regard restait le même, amusé et voilé d’un trouble qui ne passait pas. Brise le bouleversait, et pas seulement pour des raisons bassement terre-à-terre. Il aimait son humour, ses manières. Son flegme et son ironie.
Ces pensées l’amenèrent à Léola. Il aurait du regretter. Il devait regretter ! Sauf que ce n’était pas le cas, et ça n’avait rien à voir avec l’amour qu’il portait ou non à la jeune femme. Ça avait à voir avec une certaine liberté qu’il avait toujours prise, celle d’agir comme il le voulait au moment où il le voulait. Liberté qu’il avait laissé passée, qu’il avait presque oubliée en prison et loin de Rome. Et qu’il reprenait.

« Dieu n’est-il pas sensé condamner l’adultère ? »


Claude éclata de rire, détendu comme si rien ne venait de se passer. Il s’étendit sous l’arbre, les mains derrière la tête et le regard tourné vers la jeune femme.
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Brise d'Oz
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Ven 14 Aoû - 13:56

- Dieu à inventé l'adultère, rétorqua Brise en agitant la main, comme pour chasser un moustique.

Elle n'était absolument pas troublée par ce qui venait de se passer, du moins en apparence. Les joues légèrement enflammées, le souffle court, elle affichait pourtant une expression impassible. Appuyé sur un coude, la joue contre l'écorce de l'arbre, elle regardait Claude sans aucune gène. Et avec une certaine... gourmandise dans le regard. Il y avait des siècles qu'elle n'avait pas embrassé quelqu'un. Enfin, pas de cette manière. Comme si chacun d'entre eux luttait pour reprendre le dessus, avec un genre de violence à peine voilée. C'était... intéressant.

Elle ne ressentait aucune culpabilité vis-à-vis de Léola. Dans un premier temps parce qu'elle ne la connaissait pas, et dans un deuxième temps parce qu'elle n'avait pas grande envie de la connaître. Elle s'en fichait, voilà. Brise n'avait jamais été du genre à se laisser brider par les scrupules. Elle avait envie d'embrasser Claude ? Elle l'embrassait. Envie d'en faire plus ? Rien ne pourrait l'en empêcher. A part peut-être la mort foudroyante de Claude, éventuellement causée par la chute d'une pomme de taille anormale. Enfin, ça ou autre chose. Mais en attendant, Brise avait toujours fait ce qu'elle voulait, comme elle voulait, et elle n'allait pas changer ses habitudes pour ménager la susceptibilité d'une énième blondinette au coeur fragile.
Apparemment Veronica avait suivit le même raisonnement, moins d'un an plus tôt. Soudain, Brise réalisa à quel point sa rencontre avec Ronnie lui paraissait lointaine. Insignifiante; Sans aucun intérêt.

- Et puis, embrasser, c'est rien du tout, dit-elle en haussant les sourcils. Pas vrai ?

Le ton était délibérément provocateur. Brise voulait tester jusqu'à quelle point le fantôme de Léola pouvait entraver Claude. Il n'était pas son intérêt que le jeune homme en fut trop sérieusement entiché. Elle n'était pas vraiment sure de ce que Claude ressentait pour Léola, même si elle était pratiquement certaine de qu'il ressentait pour elle-même. Un mélange d'admiration, de désir, et de curiosité. A peu près ce qu'elle ressentait elle-même à vrai dire. Elle pouvait se tromper, bien sur. Personne n'est infaillible, mais, en bonne observatrice, Brise avait noté le trouble de Claude. Elle comptait bien pousser son avantage.

- Pas vrai ? répéta-t-elle d'un air effronté en se penchant sur Claude, la main sur son poignet, comme pour l'empêcher de se relever. Si tant est qu'il en ai envie.
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Ven 14 Aoû - 16:58

Claude avait pris une expression exagérément choquée quand Brise avait dit que Dieu avait inventé l’adultère. Si on le prenait comme ça…
Il eut un rire désabusé quand elle continua. Si embrasser n’était rien du tout, alors il n’avait jamais rien fait avec Léola. Rien de sérieux, en tout cas. Pour le coup, c’était faux : il avait vécu des bons moments avec elle. Et pouvait en vivre encore. Enfin… s’il ne la trompait pas.
Dans un sursaut d’honnêteté, il commença à se redressa en marmonnant vaguement que c’était une très mauvaise idée de faire ça. Moment que choisit Brise pour se pencher sur lui et faire avorter son élan de départ.
Il ne résista pas à la pression qu’elle exerçait sur ses poignets. La regarda dans les yeux, penchée au-dessus de lui. Et si en apparence il avait l’air désinvolte, en vérité il chercha plusieurs secondes avant de réussir à dire :

« Là, je ne suis pas d’accord. »

Il se dégagea sans effort de la prise de la jeune femme et se redressa en position assise, la retenant près de lui dans son mouvement. Il déposa un court baiser sur les lèvres de Brise et continua, la voix de plus en plus assurée :

« Embrasser, c’est le début de tout. C’est pas rien. »


Cette fois, c’est lui qui embrassa Brise avec douceur. Histoire d'appuyer sa phrase précédente, embrasser c'est pas rien, il prit à coeur de l'embrasser le mieux possible. Et pensa s'en tirer honorablement bien.
Puis il lâcha soudainement la blonde, interrompant sans prévenir leur étreinte, et se recula contre l’arbre. Reprit son souffle, eut le temps de se rendre compte que son rythme cardiaque s’était plutôt emballé et éclata de rire. Un peu pour évacuer.

« Brise, je vais pas résister bien longtemps, hein. C’est pas très gentil pour Léola tout ça ! »

Il n’y avait pas le moindre reproche dans sa voix, plutôt un amusement teinté de moquerie. Moquerie pour eux tous : Léola qui était en train de se faire ravir son petit ami, Brise qui s’en foutait et lui-même qui était pris entre deux feux. Voilà qui au moins égayait un peu ce qui avait été une morne saison pesante.
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Lun 17 Aoû - 0:25

Brise, cette fois, fut légèrement troublée par le geste de Claude, et plus encore par ses paroles. Le début de tout ? le début de quoi ? Qui donc voulait d'un début, qui invariablement déboucherait sur une fin ? Une fin à laquelle Brise ne préféra pas penser pendant que les lèvres de Claude de posaient sur les siennes (avec une maitrise tout à fait indéniable). Ne pouvait-on pas juste vivre indéfiniment au présent, aujourd'hui ne se résumant qu'à un long baiser à l'ombre d'un pommier ?

Elle se laissa repousser, légèrement pantelante, le regard fiévreux. Claude avait reprit la main, Brise avait perdu l'avantage. Elle ne jouait plus vraiment, à présent, elle s'en rendait bien compte. Elle venait de basculer, et elle était bien décider à entraîner Claude avec elle.

- Qui te parler de résister,
dit-elle sérieusement, d'une voix sourde.

Lentement, sans quitter cesser de regarder le romain dans les yeux, Brise se mit à défaire le noeud de son cache-coeur. Son regard était grave, malgré son sourire en coin.

- Qu'est ce que tu veux, Claude ? Demanda-t-elle en tirant sur le ruban rouge. Qu'est ce que tu veux vraiment ?

Elle interrompit son geste en haussant les sourcils. Malgré son apparente assurance et son air désinvolte, Brise avait le coeur battant. Elle savait à présent qu'elle ne se lasserait pas de Claude. Du moins, pas tout de suite. Elle s'était beaucoup trop impliquée pour se la jouer indifférente.
Elle parvint cependant à sauver les apparences, le visage neutre, un sourire dégagé aux lèvres, comme si tout cela n'était encore qu'un jeu et qu'elle pouvait toujours rire au nez de Claude, et s'en aller, simplement.
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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Lun 17 Aoû - 2:17

Cette fois, Claude s’abstint de rire et répondit tout aussi sérieusement, les yeux plantés dans ceux, brouillés, de Brise :

« Ma… conscience ? Voilà ce qui me dit de résister. Léola… »

Sa voix mourut dans sa gorge alors que Brise défaisait son cache-cœur. Il soupira tandis que son regard lâchait celui de la jeune femme et suivait les mouvements de ses mains. Il leva doucement les mains, prêt à les poser sur les hanches de la blonde. Interrompit son mouvement quand elle reprit la parole.
Ce qu’il voulait ? Vraiment ? Il répondit spontanément avec le même sourire en coin qu’elle :

« Jouer. »

Le mot résumait tout. Jouer, s’amuser, être libre comme avant. Ne pas avoir d’attaches, comme avant. Pouvoir sourire à une fille et décider de la suite, comme avant. Reprendre la vie. Oh, il le savait, que tout ne redeviendrait pas à la normale, leur normale. Il y avait Zofia, Elio, Léola, la folie de Tibère, Sywhaîd. Mais il refusait de se laisser avoir, il était tellement jeune et il avait tellement de choses à faire ! Pour l’heure, il resterait à Sywhaîd, combien de temps ? Il ne savait pas. Mais il n’avait pas changé.
Le mot résumait tout, jouer, mais pourtant… Cette fois, le soupir de Claude ne fut pas lascif. Il recula un peu, passa les mains sur son visage et murmura :

« J’ai pas changé. »

Oh, les folies-passions, comme disait Tibère. Quand il se prenait de passion pour une fille, comme ça. Léola… Il aimait toujours Léola. Il adorerait Brise dans peu de temps s’il continuait à ce train-là. Cette sensibilité à fleur de peau, celle-là même qui le perdait et le rendait malheureux. Celle-là même qui le rendait lucide sur lui-même et sur le reste. Et qui le faisait aimer éperdument quand ça lui tombait dessus.
Brise le regardait. Il sourit et de mélancolique, son sourire changea et éclaira son visage. Il se pencha sur la jeune femme, déposa un baiser au coin de ses lèvres et sans se reculer, continua :

« Je ne sais pas ce que je cherche, je ne sais jamais. »

La désinvolture avec laquelle il disait ça laissait bien présager de son sentiment à l’égard de cette incertitude perpétuelle : il s’en accordait. Il vivait avec.
Ses mains remontèrent le long des bras fins de l’anglaise et il saisit le ruban. Tira dessus avec délicatesse, le front appuyé contre celui de la blonde, souriant les yeux brillants. Dans un murmure, la défia :

« Tu veux parier ? »
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MessageSujet: Re: Take It As It Comes   Lun 17 Aoû - 10:08

Brise eu un sourire indulgent lorsque Claude lâcha le mot "conscience". Elle avait une conscience, elle aussi, quelques part. Mais elle faisait son possible pour la tenir à l'écart, surtout dans ce genre de situation. Elle était très douée à ce petit jeu.
Elle aurait du ressentir de la compassion pour Léola, que Claude s'apprêtait à trahir comme Logan l'avait trahit, elle. Peut-être aurait-elle du se sentir coupable d'infliger à une autre ce qui l'avait blessé, elle. Et peut-être finirait-elle par regretter son effronterie, le jour où elle croiserait Léola au détour d'un couloir. Mais c'était peu probable.

Brise leva les yeux au ciel en entendant Claude parler à nouveau de Léola. Bon, elle était fixée, il l'aimait, à la fin. Légèrement contrariée, son visage prit une teinte orageuse. Brise n'était pas jalouse, mais elle était impatiente. Entendre Claude s'étendre sur ses sentiments envers Léola ne l'amusait pas outre mesure. Elle découvrit légèrement ses dents dans une moue de dédain à peine voilé. Cependant son visage s'éclaira à nouveau lorsque Claude répondit à sa question. Jouer. Parfait. Elle eu un de ces rires si rares, et si léger, qui éclatait en cascades et résonnait joyeusement dans l'air. Et quand bien même il l'aimait, sa Léola, ça n'empêcherait pas Brise de l'aimer lui, pas vrai ? Elle était magnanime, elle voulait bien partager. Du moment que c'était pour jouer...

Brise était soulagée par la réponse de Claude. Elle avait craint de s'écarter un peu trop du jeu, justement. De se laisser avoir par les histoires de débuts et de fins dont Claude avaient parlé un peu plus tôt. De se laisser pièger par un avenir partagé entre elle et Léola, où le combat tout à fait sérieux qui les opposeraient n'aurait d'autre issue que l'évinction de l'une des deux protagonistes. Brise avait craint de prendre les choses trop à coeur. La réponse de Claude était plaisante, au contraire, légère. Simple. Incertaine et dangereuse, aussi. Les yeux de Brise se mirent à pétiller, et elle laissa le romain défaire le ruban qui retenait son cache-coeur.
Avec un sourire mutin, Brise attira Claude près d'elle et promena ses doigts fins sur le dos de l'italien.

- Qui sait ce que tu trouveras, au final, dit-elle en riant avant de basculer dans les bras de Claude.

Pour le reste, elle s'en fichait. Léola pouvait bien la découper en tranches, après tout, ils ne faisaient que jouer... pour l'instant.

(tu peux conclure, ou laisser ce message en clôture, as you want)
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