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 Juste de l'eau, ce soir

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Anton Almeida
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MessageSujet: Juste de l'eau, ce soir   Dim 28 Juin - 23:26

Lorsque Anton Almeida quitta son pays, l'Argentine, sa famille, avec ses deux amis, pour parcourir le monde, et peut-être au-delà s'ils n'étaient pas rassasiés, ce fut l'ultime preuve d'un tempérament indépendant, avide de transgressions, dont son enfance et adolescence avait été, déjà, l'illustration.

Mais Anton n'avait plus dix-huit ans ; et, des Sywhaîdiens, il était probablement l'un de ceux dont l'existence était la plus réglée. Il dormait à l'étage de la scierie, sur un matelas rustique mais confortable, rembourré de bonnes plumes made in Sywhaîd. Le matin, vers 6 heures, il se levait, et allait à la rivière se décrasser, ce qui permettait à Stiliko de s'ébattre dans son élément préféré. Puis, il descendait jusqu'à l'école, où il prenait un petit-déjeuner sommaire ; s'il y avait besoin de faire une réparation quelconque, c'est à ce moment qu'il en prenait note. Il emportait un casse-croûte pour le midi, et partait travailler en forêt, à la scierie, ou près des bâtiments à retaper, selon. L'été étant particulièrement lourd, il lui arrivait de s'octroyer une sieste aux heures chaudes. C'était un bon menuisier, un bon bûcheron, un bon camarade.

Une fois son travail terminé, il allait dîner à l'école, puis partait en direction du pub. Il buvait. Et il retrouvait plus ou moins aisément le chemin de son lit.

Voilà.

Dieu merci, cet emploi du temps admettait encore quelques fantaisies. Il avait fait si chaud ce jour-là qu'après leur repue du soir, Stiliko avait supplié Anton d'aller faire un tour au loch ; et il avait accepté, ayant lui-même bien transpiré dans la journée, et étant de ce fait plutôt tenté de rejoindre les "baigneurs du soir" : car il y avait toujours un groupe de Sywhaîdiens pour avoir cette bonne idée.

Le bain avait été très gai, et très agréable. C'était une bonne façon de décompresser d'un été qui, somme toute, ne correspondait que très rarement aux projets d'avant la panne. Les restrictions, en dépit des colis de secours, étaient sévères ; on était à la mi-août, Anton ne buvait plus que de l'espèce de chicorée locale depuis fin juillet.

Les farines étaient rares, le génie culinaire de Logan lui permettait encore, par chance, de faire des genres de tartes, dont la pâte avait une texture un peu caoutchouteuse. Heureusement qu'il y avait des légumes et fruits à profusion pour compenser. Mais il fallait n'en pas perdre un gramme... Et les mettre en bocaux, pour le cas où la Brèche suivante n'aurait pas lieu non plus. Tout le monde travaillait dur, et était tendu. Il y avait Ronnie, bien sûr, dont on n'osait pas trop parler, mais à qui tout le monde pensait forcément, de temps à autres (en tout cas, Anton y pensait).

Quant aux alcools... il fallait se restreindre aussi, à ce niveau-là, et c'était probablement le plus dur, forcément, pour l'Argentin. L'eau-de-vie locale, ça va de temps à autres, pour changer. Mais lui voulait du Whisky, et, visiblement, le gérant (grrr) estimait qu'il valait mieux conserver la petite production locale pour l'export, dans le cas où on serait obligé, à l'automne, d'importer des marchandises de première nécessité par courrier volant, et de payer les frais supplémentaires. Anton ne tenait que grâce à trois choses : d'une part, le nettoyage de printemps qu'il avait fait à la saison précédente, et qui l'avait, à sa grande surprise, plutôt apaisé. D'autre part, bien sûr, Stiliko, dont la langue n'avait pas été asséchée par la chaleur estivale, tout le rebours. Et enfin, les Sywhaîdiens eux-mêmes.

Beaucoup expliquaient la panne de brèche par le fait que la Brume souhaitait ressouder ses protégés ; au début, Tony avait pensé qu'ils exploseraient, ainsi enfermés pendant trois mois supplémentaires. Mais de fait -et ce bain nocturne en était une nouvelle preuve-, il avait eu l'occasion de davantage rencontrer ses concitoyens, cet été-là. Et il lui semblait bien ne pas être le seul à vivre les choses ainsi : beaucoup étaient nerveux, anxieux, énervés... Mais ils formaient plus que jamais un groupe, relativement soudé.

Après le bain, qui s'éternisa pas mal, Anton resta au bord du loch ; il savait que s'il remontait trop vite, il passerait forcément par le pub ; ç'aurait été dommage de craquer alors que la nuit était bien avancer, et avec toute cette histoire de restrictions... ce n'était pas très civique, d'être alcoolique.

Stiliko s'était encore une fois montré d'une aide décisive, en occupant les pensées de son humaine moitié avec des questions, des quizz, des histoires stupides. Tout en faisant le tour du loch, tantôt dans l'eau, tantôt hors de l'eau, ils discutaient, s'amusaient tranquillement, sous l'atmosphère encore tiède, malgré l'heure avancée. Anton portait sur l'épaule sa chemisette et son jean, mais ils avaient quand même été mouillés par les éclaboussures du castor.

Ils étaient arrivés au niveau de la cascade, et cherchaient à établir la liste ultime des 5-musiciens-qu'ils-ressusciteraient-si c'était-possible, et un violent débat "Debussy ou John Lennon", en plus du grondement de la cascade, les empêcha d'entendre approcher le pas léger d'une vieille connaissance...

[Jane ?]

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Jane Chandler
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MessageSujet: Re: Juste de l'eau, ce soir   Mar 30 Juin - 20:50

Une journée bien chaude ! Même pour la mi-août !

Jane avait crut fondre sur place plusieurs fois depuis le matin et Melwin était tout à fait d’accord avec elle, pour une fois. Elle avait même mal commencé sa journée ce matin. Depuis la non-ouverture de la Brèche, il y avait pas mal de restriction et une était le café. Essayer de se réveiller avec de la chicorée et ce n’était pas très efficace pour elle. Et puis, le plus difficile à supporter était la restriction sur le whisky, elle aimait cette boisson qui l’avait inventé. Mais bon, Melwin l’avait tout de suite arrêté dans ses délire, il était vraiment trop terre à terre.

Ah cette foutue Brume ! Jane avait été fâchée contre elle pendant une à deux journées et puis après elle était passé à autre chose. Elle avait de toute façon plein de chose à Sywhaîd comme se concentrer sur sa Majeure, (oui, oui, elle arrivait de temps en temps à se concentrer.), se promener dans Sywhaîd à la recherche de créatures magiques telle que les fées fleurs, ou encore faire des corvées qui s’avéraient hardes mais assez fun pour la jeune femme. Le plus important pour elle était d’avoir du fun dans sa journée.

Mais bon, elle espérait qu’en automne, la brèche dans la brume s’ouvrirait car ça allait chauffer sinon. Elle voulait aller voir quelques jours sa cousine, elle ne savait pas encore comment, où, quand. Mais elle était certaine qu’elle voudrait aller la voir, elle lui maquait un peu quand même, sa complice de toujours. Et puis, elle avait envie de voir son père. Et surtout, elle voulait faire un ou deux jours de Sywhaîd pour s’imprégner de la vie citadine, d’aller en boîte de nuit, ou dans un bon pub anglais où il y avait de l’animation, de nouvelles tête. Même si elle aimait Sywhaîd, elle avait besoin aussi de voir autre chose.

Ainsi donc, Jane s’était rafraichie les idées auprès de la cascade, elle aimait cet endroit. Après une dure journée de récolte dans le potager, elle méritait bien d’aller se baigner. Elle avait passé une bonne partie de la soirée dans l’eau, à papoter avec d’autres Sywhaîdien, à mouiller son daemon-chat qui comme tous les chats détestaient l’eau n’appréciait guère cela.

Vers une heure avancée de la nuit, la Londonienne s’était enfin décidée de sortir de l’eau lassée des plaintes de Melwin. Elle avait secoué sa chevelure toute trempée près de son daemon qui l’avait fusillé du regard et elle avait ri de bon cœur. Jane était quelque fois insupportable ! Elle avait enfilé son short en coton brun, elle n’avait pas remis son top à fine bretelles jaune laissant apparaître son haut de maillot de bain en triangle au motif léopard.

Pendant que la brunette essayait de coiffer avec ses doigts sa chevelure, Melwin aperçut une vieille connaissance qu’ils avaient rencontrée à leur arrivée. Jane se remémora aussitôt sa rencontre avec Monsieur le Potiron qui n’était pas très sympathique. Un sourire sur les lèvres, elle sautilla à la rencontre de l’Argentin qui avait tellement été sympathique la dernière fois.

Arrivée derrière lui, à un mètre de lui, suivit de près de Melwin qui espérait que la jeune femme allait pour une fois se tenir assez correctement, mais il ne devait pas trop rêver non plus, une sourire fendit son visage en deux.

-Alors Tino, comment vas-tu en cette suffocante soirée? Lança-t-elle tout gaiement avant de rajouter avec une mine un peu boudeuse. En fait t'as d'la chance d'avoir une daemon-castor. Car elle, au moins elle aime l'eau.

Sa dernière phrase, elle l'avait adressée à son daemon qui pouffa de mécontentement. Il n'aimait pas l'eau, elle n'allait pas faire tout un plat de cela et essayer de le changer. Est-ce que lui essyait de la changer? En fait oui, mais cela était peinee perdu avec cette énergumène de premier ordre!

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Anton Almeida
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MessageSujet: Re: Juste de l'eau, ce soir   Ven 17 Juil - 21:56

"'bsolument, je le lui dis tout le temps, il ne se rend pas compte de la chance qu'il a !" approuva Stiliko, en se glissant hors de l'eau avec une merveilleuse souplesse - pas une éclaboussure de trop ! C'est beau d'être castor.

Elle n'allait évidemment pas manquer une occasion de participer à une conversation dont elle était le centre ; mais elle n'agissait pas pas pur égocentrisme : elle sentait bien que la réflexion de Jane avait eu sur son humaine moitié un effet que la guillerette demoiselle ne pouvait soupçonner. Car oui... son daemon aimait l'eau, son daemon était presque aquatique... Mais pas tout à fait.

Si Stiliko avait été un véritable animal marin, les choses auraient été très différentes.

Si Stiliko avait été un phoque, il aurait pu suivre Anwen. Il n'aurait jamais été à Sywhaîd, sous cette cascade, en compagnie de Jane.

Anton était quelqu'un de joyeux, de philosophe, qui faisait de son mieux pour ne pas laisser ce genre de pensées lui parasiter l'esprit, et y parvenait la plupart du temps fort bien. Mais c'était plus facile quand il avait sa dose d'alcool dans le sang. Sa petite perfusion écossaise. Son poison d'ambre...

Heureusement, donc, que Stiliko était là. S'approchant du daemon chat, un air débonnaire affiché sur son joufflu visage, elle proposa d'un ton aimable et un rien charmeur :

"Hey, Wiwin, tu veux que je t'apprennes à nager ?"


Elle réussit à faire éclater de rire Anton.

"Ho, Stil', ne te fâche pas avec Melwin, j'ai envie de pouvoir continuer à voir Jane sans que tu te retrouves avec une grosse griffure de chat sur le museau !"

Ce disant, il adressa un faux sourire d'excuse à la jeune fille ; mais il montrait bien que la situation était plutôt amusante, de son point de vue. Un bon côté du caractère de l'Argentin : savoir passer en un clin d'œil de la mélancolie à une sincère gaieté.

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MessageSujet: Re: Juste de l'eau, ce soir   Lun 20 Juil - 19:59

Lorsque Stiliko charia le pauvre daemon, celui-ci émit un grondement provenant du plus profond de son être. S’il fallait savoir une chose sur lui, c’était qu’il était extrêmement susceptible, l’opposé de sa partie humaine. Mais les contraires s’attirent et se contre balancent ! Non ? Heureusement pour la daemon-castor qu’Anton intervint en disant qu’il ne pourrait plus voir Jane si à chaque fois la castor l’ennuyait. Oh ! Il avait bien raison. Melwin avait une grand envie de lacérer de ces griffes acérée comme des lames de rasoir sur la face bien joufflue de cet animal aimant l’eau. Mais quelle idée ! Je vous jure ! L’eau était faite que pour boire, pas pour y patauger dedans! Parole de Melwin!

Jane regardait cette scène avec un amusement sans pareil, elle riait même de très bon cœur. Elle aimait , même adorait lorsque que son daemon se faisait ennuyer par une autre personne qu'elle-même. Il était tellement drôle lorsqu’il était fâché. Ses poils s'hérissaient sur son dos, il faisait le gros dos, grondaient assez fortement entrecoupé de pouffements bien caractéristique de la gente féline.

- Hey Wiwin ! Jane ne put s’empêcher de rire.

- Stil’, tu sais qu'j’aime le surnom qu'tu as trouvé pour ma chère moitié. J'crois que j'vais le garder, si tu me l'permets, naturellement. Déclara-t-elle en regardant dans la direction du castor.

- Alors Wiwin ! Je'n'te conseille pas d'planter tes griffes dans Stiliko. De un! Je ne pourrais plus voir Tino, ce serait bien dommage. De deux! Je devrais pour te punir te jeter à l’eau. Je suis sûre que tu détesterais cela. De trois, … La brunette se tut, s’agenouilla à côté des deux daemon et montra du doigt la castor.

Alors de trois ! Tu as vu ses dents. Je ne me risquerais pas de blesser quelqu’un avec de telles dents ! Tu n’crois pas ? Hein mon Wiwin d'amour? Exclama-t-elle avant de se mettre de rire de bon cœur.

La Londonienne regarda ensuite aussi avec un certain amusement Anton qui était toujours aussi sympathique. En tout cas, elle ne se doutait pas du tout qu’elle avait fait une boulette en déclarant que sa daemon aimait l’eau. Elle était assez aveugle pour ce genre de truc. Elle lui adressa un sourire complice, tout en se relevant pour lui faire face.

- Car j’aimerais quand même revoir Tino sans avoir peur que Stil soit blessée. Oki doki Wiwin?

- A une condition ! Que tu arrêtes de m’appeler Wiwin ! Claqua le daemon chat, en se léchant une patte. Il fit ensuite toute sa toilette pour remettre en place ces beaux poils noirs. Ses yeux dorés brillaient de cette fougue féline dont il fallait se méfier.

- Ca s’passe bien à la menuiserie ? Pas trop de boulot ? T’sais avec cette panne de brèche. En tout cas, Fabian donne sans relâche des corvées à tout le monde. Questionna la demoiselle, toujours un sourire un peu amusé dessinait sur ses lèvres. Elle avait complétement oublié son daemon.

- J’espère qu’à la prochain’ saison, elle va s’ouvrir Dit-elle un peu tristement.

Anton n’était pas le seul à pouvoir passer d’un état d’esprit un autre, Jane était assez forte dans la discipline. Son regard était un peu apeuré. Cette non-brèche restait dans tous les esprits Sywhaîdiens, en tout cas dans la plupart.

La lune à moitié pleine rayonnait sur la peau de la demoiselle. Cet astre lunaire était caché de temps en temps par les nuages. Pourtant, rien n’annonçait que la pluie allait tomber. La chaleur de la nuit était agréable.

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Anton Almeida
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MessageSujet: Re: Juste de l'eau, ce soir   Mar 28 Juil - 10:58

Courageuse, mais pas téméraire, la femelle castor courut se réfugier derrière les mollets de son bel Argentin aux premiers feulements de Melwin ; cette histoire de coups de griffe ne l'avait pas rassurée et elle se tenait donc là, pattes de part et d'autre d'une des jambes, jetant des coups d'œil furtifs à gauche, à droite. Elle inclina cependant joyeusement la tête lorsque Jane s'appropria le très étudié et raffiné surnom dont elle était l'auteur. Elle ne pouvait s'empêcher de rire intérieurement à l'idée de ce pauvre, noble, fier chat noir affublé désormais d'un tel sobriquet.

Anton partageait cette joyeuse humeur, mais, poings sur les hanches, se contenta d'un sourire relativement discret, tout en baissant les yeux vers le petit mammifère planqué derrière son mollet, de façon si attendrissante (il avait, et c'est bien normal, une coupable faiblesse à l'égard des pitreries de sa chère moitié).

Et à s'entendre surnommer Tino, il haussa un sourcil. Tiens, un nouveau surnom ? Bon, il n'était pas à un près ; il avait été Tony depuis son arrivée dans les îles britanniques, mais il pouvait bien se faire appeler Tino sur Sywhaîd, si Jane, par ce moyen, souhaitait le distinguer de Delanay - le frère de Zelia n'était pas encore arrivé. "Tino" lui rappelait sa jeunesse, quand sa famille l'appelait encore "Tonino" ; il se demanda l'espace d'un instant ce qu'ils devenaient, ses parents, ses frères.Ce genre de préoccupations était assez rare chez le menuisier, et il ne tarda pas à les abandonner pour se consacrer à l'argumentaire, beaucoup plus amusant, développé par la jeune Jane.

Lorsqu'elle évoqua les dents du castor, il baissa aussitôt les yeux, sachant fort bien ce que ce genre de réflexion pouvait produire comme réaction chez son daemon ; et il ne fut pas déçu. En effet, comme Tony (Tino ??) s'y attendait, la jeune femelle sembla tout d'un coup fort étonnée, et passa le bout de la patte le long de ses larges et longues incisives, comme si elle prenait tout juste conscience de leur proéminence. S'ensuivit un échange muet de regards et de mimiques, qui, traduit en paroles, aurait donné quelque chose du genre :

*Ben quoi ? qu'est-ce qu'elles ont mes dents ? Elles sont pas belles, mes dents ?
- Meuh si, mamour, tu as le plus beau sourire de toute l'Écosse, ne t'en fais pas*
.

Rassurée, le castor en oublia qu'elle avait peur, et lâcha le mollet d'Anton, se contentant de gambader tranquillement dans les rochers autour d'eux. Elle se tâtait ; et si elle allait, d'un bond, prendre une douche sous la cascade ? Et si, ce faisant, elle prenait le risque d'éclabousser malencontreusement Melwin ?

Pendant ce temps, la moitié humaine du quatuor se lança dans une conversation un petit peu plus sérieuse ; le menuisier hocha la tête au dernier souhait de la jeune femme, assez surpris, au passage, de la voir légèrement soucieuse, cet état d'esprit étant si rare chez elle. Il préférait la savoir gaie, joyeuse, à la limite immature, comme à l'ordinaire, et, bien qu'il fût lui-même vaguement inquiet au sujet de cette panne de Brèche -qui ne l'était pas ?-, il tâcha de lui changer les idées.

"J'espère aussi ; les gens sont très tendus, en ce moment, ils ont besoin de respirer. Mais ce qu'il faut se dire, c'est que même si la Brume ne s'ouvre pas à l'automne, on sera bien préparés. Effectivement, Fabian ne me laisse pas beaucoup de répit ; enfin ! tant qu'on peut s'accorder une petite baignade du soir, n'est-ce pas ?"

Il guigna Melwin du coin de l'œil et éclata de rire, pas qu'il trouvât ses propres propos franchement désopilants, mais il tenait vraiment à dérider la si enthousiaste Jane. Il s'approcha d'elle, et, sans être rebutés par sa chevelure encore tout humide, passa amicalement son bras musclé sur les épaules de la demoiselle.

"Alors dis-moi, Jane ; toi, tu ne me feras pas croire que tu n'aimes pas l'eau. Que dirais-tu de jouer les prolongations avec un dernier bain de minuit ?"

Jane n'avait peut-être pas suffisamment rencontré Anton jusque là pour savoir qu'il était, sur Sywhaîd, réputé pour sa chasteté de moine ; mais de toute façon, même si la nuit était tiède et propice aux amours, le ton joyeux, cette familiarité simple et bon enfant ne pouvaient pas vraiment passer pour autre chose que pour les marques d'une bonne et franche amitié.

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Jane Chandler
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MessageSujet: Re: Juste de l'eau, ce soir   Sam 21 Nov - 12:29

Ses yeux saphirs pétillaient de bonne humeur à la proposition de ce cher menuisier. Jane ne prenait pas ce geste ainsi que ces propos comme une invitation à des relations bien plus intimes, mais bien comme une attitude amicale et bien franche. Elle était de toute façon une jeune femme très tactile avec les personnes qu'elle connaissait et souvent avait jamais d'arrière pensée ce qui lui avait valu de temps en temps des malentendus avec la gente masculine. Mais bon passons! Ce n'était pas le cas de l'Argentin et puis le passé restait au passé et elle devait juste profiter du moment présent. Un large sourire fendit son visage en deux, elle prit la main de l'homme bien musclé, enleva son bras autour de son épaule et se mit à observer avec insistance l'eau tout en gardant la main de Tino.

- J'ne dis jamais non à un bain de minuit. Exclama-t-elle d'un ton déterminé.

L'Anglaise regarda d'un air complice Anton, lui fit un clin d'oeil et se mit à courir d'un sprint assez surprenant, essayant d'entrainer l'homme toujours en lui tenant la main tout en hurlant en même temps.

- Let's go!

Juste avant d'arriver à la berge, la joyeuse demoiselle lâcha enfin la main du menuisier, puis fit encore quelques pas, enleva en vitesse son short, avant de courir dans l'eau rappelant un peu l'un des fameux passages de la série d'alerte à Malibu qui fit son succès. Elle riait aux éclats, elle aimait le contact de l'eau sur sa peau, elle se sentait vraiment comme un petit poisson dans l'eau.

Quant à Melwin, il gronda et pouffa une nouvelle fois. Il détestait réellement l'eau et regardait même le ciel écossais d'un air qui pouvait que signifier qu'ai-je fait au ciel pour mériter un tel énergumène comme moitié.

- Allez Wi.... heu... Melwin! Commença la demoiselle, en évitant ainsi l'incident diplomatique. Elle ne voulait pas non plus qu'elle n'ait plus le droit de voir l'Argentin juste à cause d'une de ses innombrables pitreries.

La brunette posa ensuite son regard si malicieux sur le castor, voilà un daemon qui pouvait comprendre sa passion pour l'eau. En tout cas dans ceux qui se trouvaient dans les environs. Bon c'était vrai qu'il n'y avait pas tant d'âme qui vive dans les environs à par les créatures magiques, Anton et sa moitié aux longues dents et enfin le rabat-joie de service qui répondait au doux nom de Melwin.

- Puisque je sais parfaitement que mon cher chat que j'aime de tout mon coeur et qui répond au doux nom de... La demoiselle s'interrompit, mit sa main au coin de sa bouche pour ainsi cacher ses lèvres du regard doré de son daemon, un sourire en coin assez lutinesque dans son genre, accompagné d'un clin dont elle seule avait le secret en même de chuchoter assez fort que le daemon-castor et Tino puissent entendre.

- Wiwin!

Ensuite, elle se mit à rire de plus belle. En fait, elle se fichait des incidents diplomatique avec son daemon si susceptible qu'il soit, car elle restait ce qu'était réellement, une véritable peste qui aimait même adorait embêter son cher Wiwin. Et sans attendre une seconde, la réaction de l'intéressé se fit entendre par un miaulement de mécontentement accompagné d'un regard revolver dirigé d'abord vers Jane puis vers Stilko. Mais quelle idée de l'avoir surnommé de cet horrible même affreux nom. Ah je vous jure, les créatures qui aiment l'eau n'étaient à ses yeux que des êtres médiocres qui n'étaient sûrement pas aussi distingués que lui. Parole de Melwin!

Jane ne fit pas attention à la réaction de sa chère moitié qui était si prévisible. Son large sourire toujours fixait sur ses lèvres, ses épaules nues étincelaient de plus belles sous les rayons de la lune, elle se rapprocha de quelques pas de la berge. Elle tendit sa main en direction de l'Argentin et surtout de la demoiselle aux longues dents.

- Allez, viens Stil'. je sais que tu ne sais pas résister à l'appel de l'eau. Exclama-t-elle sur un ton gai.

La daemon-castor ne se fit pas attendre avant de nager avec élégance et souplesse dans l'eau. Jane regarda ensuite le menuisier qui se déshabillait pour aussi prendre un bain de minuit, mais sa tenue restait correcte puisqu'il restait en sous-vêtement. Il ne fallait tout de même pas exagérer.

- Anton! C'était ton idée. Tu es bien lent. Allez viens! Laissons mon boudeur de daemon seul sur SA terre ferme qu'il aime tant. Il ne sait pas ce qu'il rate. Dit-elle en appuyant bien sur le sa pour rajouter un côté théâtrale à son discours.

L'argentin exclama aussi qu'il était de l'avis de la demoiselle et la rejoint dans l'eau. Ils restèrent quelques dizaines de minutes dans l'eau, riant aux éclats, se moquant de temps en temps de Melwin qui quant à lui pestait sur eux pour en rajouter une couche. Après d'innombrables demandes du chat noir de rentrer, la demoiselle se décida de rentrer contre son gré. Elle avait même fait la moue qui lui allait si bien au teint. Elle avait enfilé rapidement ses habits un peu éparpillé sur la berge, ses chaussures à la main, elle rentra à pied nu. Elle salua le bel argentin qui sortait aussi de l'eau. Elle était sur le point de partir, lorsqu'elle courrut vers lui comme un petit lutin des bois, puis le déposa un baiser sur la joue comme une fille le ferait à son père.

A la prochaine Tino! Lui avait-elle murmuré avant de s'en aller en sautillant en direction de la ferme ou se trouvait sa chambre.

Arrivée dans son antre, elle se coucha aussitôt, dormant d'un sommeil réparateur. Comme quoi une journée qui avait mal commencée pouvait bien se terminer grâce à un ami tel qu'Anton

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