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 Le début de la fin

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Nath Clayton
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MessageSujet: Le début de la fin   Jeu 25 Juin - 17:46

Ça se passa si vite que Nathanael ne s'en rendit pas compte tout de suite. Qu'il était arrivé. Qu'il était tout nu. Que c'était une bonne occasion de s'esclaffer. Il prit les choses un peu à l'envers.

Il commença par rire, donc : il avait adoré les gros mots dont l'avait affublé la fée, "grand malpoli mal léché", absolument adorable et ridicule, comme lorsqu'elle essayait d'être énervée, qu'elle voletait, poings sur les hanches... Bon, peut-être aussi que le rire était un peu nerveux, que Nath avait fini par complètement péter un câble, ou qu'il était soulagé, enfin, d'en avoir fini avec ces conneries. Qui n'étaient pas complètement une formalité car, malgré ses grands airs, Nath savait bien qu'il n'avait aucune garantie d'être accepté par la Brume, dès lors qu'elle décidait de lui faire passer une Quête.

Si c'était bien une Quête, d'ailleurs... finalement, il n'avait rien affronté de bien terrible... il avait entendu suffisamment de récits épiques, affronté suffisamment de regards angoissés, pour s'être attendu à... Enfin, quoi, je ne sais pas, moi, un dragon, un sorcier maléfique, des lianes carnivores ? Finalement, en guise d'adversaire redoutable, on lui avait proposé une fée de moins de 10 centimètres de haut, qui s'était contentée de lui crier dessus et... de le mettre tout nu.

Expression du soulagement ? Nerfs qui lâchent ? A se voir ainsi affublé du costume d'Adam, Nath éclata à nouveau de rire, sous l'œil toujours froid, muet et impassible de son daemon, un gros lézard à collerette qui avait dégringolé de son épaule pour tâter du bout de la patte la terre sywhaîdienne.

Et Nathanael ? Eh bien... il s'étirait, sans complexe (mais avoir grandi à Sywhaîd vous rend rarement très pudique) ; sa peau livide, sèche, rappelait très vaguement celle de Lazarus. Ce n'était pas non plus un spectacle atroce et hideux, mais, quoi qu'il en soit, il faisait chaud (fin d'après-midi, non ?), Nath était nu, et à deux mètres d'un loch plus bleu et scintillant encore que dans ses souvenirs. Ni une, ni deux : il plongea dans l'onde ; avoir grandi à Sywhaîd, ça ne vous rend pas frileux non plus.

Une fois bien trempé, étendu à la surface de l'eau, il se laissa aller à un peu de nostalgie et tourna la tête sur le côté, pour contempler le paysage de son enfance. La lande n'avait en apparence pas beaucoup changé en quelques trente-cinq ans. Nath ne savait pas si ça le rendait heureux ou pas ; et il n'était pas non plus du genre à se laisser aller à d'interminables effusions.

"Allez, ça va bien."

Regagnant rapidement le rivage, il se campa assez fièrement sur ses jambes, guettant une éventuelle silhouette venue du haut de la lande tandis que son daemon, le seul du duo désormais à pratiquer la magie, lui séchait le corps. Bien agréable, cette petite baignade, mais c'était pas tout ça : il y avait des Sywhaîdiens de qui se faire détester, maintenant !

[Réservé]

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Jeu 25 Juin - 18:55

[Héhé ! Tu t’y attendais pas à celle-là, hein ? XD]

Qui allait être la première personne (fée sadique exclue) que Nath et son reptile de daemon rencontreraient à leur arrivée à Sywhaîd ? Une Marybeth, venue se baigner avec Will, Fred et Connor, cachant rapidement les yeux chastes de son fils (et se laissant pousser deux autres paires de bras pour faire de même à Fred et Will?) ? Un Logan, venu réfléchir aux aspect compliqués de sa future vie de père ? Une Asa, prête à sauter sans plus de cérémonie sur l’homme nu s’offrant à lui alors que le feu et la chaleur (et la présence d’Adam) la rendaient particulièrement Amazone-ienne ? Non, rien de tout cela ! Comme tu t’en doutes, ô lecteur attentif qui a déjà vu le kit, ce fut bien la seule personne incapable de profiter du spectacle (bon, okay, Nath n’était pas un des Tonies mais tout de même), la belle (re)brune aveugle visionnaire de Sywhaîd, j’ai nommé Kennedy Brooks.

Que faisait-elle au Loch, me demanderez-vous (et vous auriez raison de le demander, tiens, on se vouvoie maintenant ?). Et bien, sachez que depuis le début de l’été, et la panne de brèche (que, oui, oui, elle avait vue venir et dont elle n’avait pas parlé, de peur qu’on la traite comme Cassandre et qu’on la croie responsable), Kennedy avait décidé qu’elle en avait assez d’être la victime du coin. Elle ne supportait plus les regards compatissants que les gens lui lançaient, et encore moins les vagues de pitié qu’elle sentait émaner d’eux. Non, il était temps de passer à autre chose, elle étouffait dans le rôle de la victime. Okay, elle s’était faite violer. Okay, ça s’était passé de la pire des façons et, okay, elle en ressentait encore les conséquences (son don était encore déréglé, la vision de la panne de brèche était la seule « normale » qu’elle ait eue depuis Tibère) mais elle en avait assez. Assez qu’on s’occupe d’elle (elle avait envoyé Arieh bouler l’autre jour, quand il était venu pour l’aider à mettre sa chambre en ordre, en lui disant que, merci, elle était peut-être infirme mais elle était encore capable de ranger ses culottes) et assez qu’on la regarde de haut comme si elle était prête à exploser. Bref, Kennedy avait décidé de redevenir Kay Brooks la battante.

Et une des conséquences de cette décision l’amenait régulièrement au bord du Loch. Oui, une des choses avait été de se reprendre en main au niveau physique. Faire du sport. Et comme il faisait trop chaud pour aller dans le gymnase (au-dessus des écuries, on étouffait ça je peux vous l’assurer et Kennedy avait failli s’évanouir la première fois qu’elle y était allée), elle faisait du jogging. Elle s’était fait un parcours, qu’elle avait « marqué » grâce à la magie, et le suivait chaque jour, en général à une heure assez fraîche, sauf quand elle en sentait le besoin urgent, pour une raison ou pour une autre, comme quelques minutes plus tôt quand son énergie avait semblé sur le point de la submerger et qu’elle avait décidé de courir, malgré la chaleur, oui, oui.

Elle arriva sur un sentier et Nath put la voir arriver de loin. Elle courait, et n’avait pas le pas hésitant d’un aveugle, il faut dire qu’elle avait balisé le chemin et qu’elle utilisait de plus les flux pour éviter les cahots, elle était bien tombée une fois, et s’était sentie ridicule, d’autant plus qu’elle avait failli valser dans le Loch, et maintenant faisait bien attention à « sonder » le chemin grâce aux flux, mais elle courait tout de même à un bon rythme, le rythme de celui, ou celle qui sait courir et l’a fait pratiquement toute sa vie (et de fait, Kay était entrée dans la grande famille des joggers à neuf ans, seul moment de complicité avec son père, tous les dimanches matins, et ce jusqu’à ce que son père ait des problèmes d’argent et commence à l’exclure de sa vie). Comme il faisait chaud, elle portait un short court de sport, et une brassière de sport, tous deux gris souris, qui mettaient ses formes en valeur (trèès en valeur) et découvraient un tatouage dans le creux des reins, une sorte de soleil ethnique (qui n’avait rien de magique et n’était que décoratif). Ses cheveux, longs, épais et bruns (tout cela grâce à Zelia qui lui avait fait pousser et retrouver leur couleur naturelle grâce à un sort) étaient maintenus par une queue de cheval qui se balançait au rythme de sa course. Finalement, elle portait des tennis de sport, les plus légères qu’elle ait trouvées, mais qui lui tenaient quand même trop chaud. De toute façon, en courant, elle avait trop chaud, finissait en général par piquer une tête dans le Loch (toute habillée) avant de remonter à la ferme et de prendre une douche froide.

Mais cette fois, ce fut différent. Bien qu’aveugle, Kennedy ne passa pas à côté de Nath sans le voir. Elle sentit sa présence et, comme elle utilisait les feux pour sonder le chemin, se rendit compte très vite qu’il s’agissait de quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Le truc étant que si elle s’y était mieux connue, elle aurait compris que Nath était malade, mais Kay n’était pas une spécialiste, loin de là, et donc elle ne le comprit pas. Elle ne comprit pas plus qu’il était nu. Au lieu de ça, elle s’arrêta devant lui, lui sourit, un beau sourire colgate, de ceux qui avaient brisé tellement de cœurs, et lança, essoufflée :

« Olà Stranger ! »

Elle prit quelques inspirations pour calmer son rythme cardiaque puis releva la tête (elle avait essayé de ne pas avoir le regard trop fixe et se débrouillait, grâce à quelques trucs appris par Ronnie, pour ne pas avoir l’air trop bizarre, à mettre son regard à peu près à la hauteur où il fallait, donc sa cécité n’était pas si évidente).

« La Quête s’est bien passée ? » demanda-t-elle d’un ton chaleureux, sans pour autant avoir l’air de se soucier de trouver des vêtements pour Nath… Et de fait, elle pensait qu’il en avait déjà….

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Lun 29 Juin - 9:53

Oh, oh... Voilà un aspect de Sywhaîd auquel il n'avait pas pensé, et qui, s'il l'avait connu, aurait hâté son retour à la maison... les jolies pépés... Comme Kennedy descendait en petites foulées la lande, le long du loch, en combinaison courte et sexy, Nath eut tout le loisir de la regarder. Mentalement, il remercia ironiquement la Brume pour le cadeau de bienvenue. Campé sur ses deux pieds, dans l'état où il se trouvait, il ne douta pas que la jeune femme irait tout droit jusqu'à lui et, comme elle approchait, fit en sorte de modérer son enthousiasme. Ce n'est donc pas par égard pour Kennedy que Nath s'abstint de la reluquer trop goulument, comme il le faisait généralement face aux filles de la classe de l'ex-cheerleader.

Bien sûr, il fut un peu surpris par son aplomb. Qu'elle s'adresse à lui avec autant de naturel, qu'elle parvienne à fixer son regard sur le sien, sans ciller, c'était... louable. Disons que ça méritait de ne pas se faire rembarer trop violemment ; à moins que ce ne soit sa jolie paire de seins qui lui vaille cette marque de délicatesse.

"J'vois pas pourquoi j'aurais eu à en subir ; je suis d'ici", répliqua-t-il donc certes abruptement, mais pas de manière trop agressive. Oui, il était en tenue d'Adam, et alors ? Il trouvait plus flatteuse l'idée que la Brume l'ait accueillie à bras ouverts, et tant pis si ça impliquait de passer pour un nudiste fou -plutôt marrant, pour le coup. Bon mais par contre, ça n'aurait pas été très crédible de demander impatiemment un slip.

Il en était encore à se demander comment le lui demander d'un air détaché, tout en demeurant un peu perturbé par son naturel... peu naturel, lorsque Lazareus, qui observait la jeune fille depuis un tronc de pêcher tout proche où il avait grimpé, signala mentalement à Nath que son interlocutrice était aveugle. Le lézard avait l'habitude de scruter les gens comme les daemons en les considérant comme des adversaires, à scruter leurs points faibles. Une chose aussi évidente que la cécité, si bien dissimulée fût-elle, ne pouvait lui échapper [si cela ne te dérange pas...].

Un large sourire s'étala sur le visage de Nath, qui reluqua la demoiselle d'un air goguenard - puisqu'elle ne risquait pas de lui taper sur les doigts il n'y avait pas de raison de s'en priver. Il aimait en outre l'idée qu'elle n'ait pas conscience du bizarre de la situation. Peut-être y aurait-il moyen d'en tirer parti.

Finalement, sans se départir de sa position, et sans tendre la main, il se présenta.

"Nathanael, enchanté" (il appuya ce terme d'une façon un peu lourde. Les boîtes de jeu clandestin New-Yorkaise, c'est pas l'endroit idéal pour rencontrer Nadine de Rotschild).

"Et toi ? Tu fais quoi, par ici ? je veux dire... on t'a trouvé des choses à faire ?"

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Lun 29 Juin - 23:05

En fait, Kennedy n’essayait pas de tromper son interlocuteur. Elle n’avait tout bonnement pas pensé à préciser « oh au fait je suis aveugle coco ». A Sywhaîd, tout le monde savait qu’elle l’était et c’était devenu quelque chose de relativement normal pour elle. Elle aurait sûrement pensé à en parler si elle avait été à l’extérieur de Sywhaîd, mais ici ça semblait être quelque chose de tout à fait visible, même si elle travaillait beaucoup pour qu’on ne la considère pas comme une handicapée, qu’on puisse oublier disons à force de la cotoyer. Les gaffes, comme celles que Celesta faisait parfois, étaient autant de compliments pour elle, même si parfois elle trouvait ça un peu lourd.

Elle sourit quand Nath lui dit être un sywhaîdien de souche. Elle ne le connaissait pas, en était parfaitement sûre, mais elle était contente de « voir » une nouvelle tête, même si c’était une tête connue pour tous les anciens sywhaîdiens. Kay avait toujours été quelqu’un qui aimait les grandes villes, même si elle avait grandi dans une ville moyenne, et elle aimait rencontrer de nouvelles personnes. En fait, elle préférait ça à continuer à mieux connaître les gens, Kay s’était toujours ennuyée vite des personnes qu’elle fréquentait. Il faut dire qu’elle était intelligente et incisive, la plupart des gens n’arrivaient pas à la suivre, surtout dans les gens qu’elle avait toujours choisis pour l’entourer, du moins à l’époque bénie de Riverdale.

Elle sourit, quand il se présenta en retour. Peut-être bien qu’il avait un accent un peu rude, toujours est-il que, pour le moment, Kay n’avait pas de raison de ne pas le trouver sympathique. On avait beau dire, l’américaine était quelqu’un de plutôt ouvert, qui avait réussi à casser la carapace de pas mal de gros durs. Oh, il n’y avait rien de sûr qu’elle y arrive avec Nath, ou même qu’elle ait envie d’essayer, mais pour le moment il n’en était pas question, elle était juste quelqu’un d’adorable, un super canon à peine vêtu, en sueur, un sourire adorable sur son beau visage. Elle ne se vexa pas du tout de la façon de formuler de l’étranger, elle ne cherchait plus l’agression dès que le sujet approchait de près ou de loin à sa cécité, elle avait dépassé ça depuis longtemps. Et puis, objectivement, l’homme n’avait rien dit de mal.

« Pas ce matin. » répondit-elle avec un air assez soulagé. « Mais y a eu une panne de brèche, je sais pas si t’es au courant, alors on bosse beaucoup, surtout pour un été. Ca fait deux ans que je suis là et jusqu’à présent c’était un saison vraiment tranquille… Pas cette année. On a beaucoup de boulot et beaucoup de temps libre en même temps. Je pense que le Rad multiplie les ordres de corvée pour éviter qu’on tourne trop en rond et que ça tourne mal… Faut dire que y a un taré qui a pété les plombs à la fin de l’hiver et qu’ils doivent avoir peur que ça recommence. »

Elle ne parla évidemment pas de ce qui lui était arrivé ce soir là. C’était hors de propos. Et Kay n’était pas du genre à parler de ses problèmes aussi facilement, ça l’épuisait déjà assez que tout le monde ici sache, et sache aussi précisément. Tout le monde aurait pratiquement pu écrire une thèse sur ce que Tibère lui avait fait et ça la gonflait, surtout quand certaines personnes bien intentionnées passaient leur temps à lui demander, avec ce ton qu’on utilisait avec les mourants ou les idiots, si ça allait mieux. Enfin, déjà ça la gonflait que ses proches n’arrivent pas à la laisser un peu tranquille et la regardent comme si elle allait se casser à chaque mouvement, alors quand en plus c’étaient des gens qu’elle connaissait à peine…

« Enfin. J’ai quand même ma matinée. J’aurais le droit à une jolie corvée d’éventrage de poissons un peu plus tard, à croire que Fabian, c’est le gérant depuis quelques mois, n’arrive pas à comprendre que mon odorat s’est particulièrement plus développé depuis que j’y vois rien. Imagine un peu l’odeur des tripes de poissons… Enfin, non, n’imagine pas, c’est pas la peine. »

Elle sourit. Oui, sa cécité était devenu un truc relativement naturel pour elle, du moins, quand elle n’y pensait pas trop. Parce que, évidemment, le soir avant de dormir ou quand elle faisait un truc qui lui libérait les pensées, en général, elle se demandait quand même quand elle y reverrait et sentait un gros manque à ce niveau là. Mais quelle importance ? Kay était une battante, elle avait décidé de ne plus l’oublier, elle s’en sortait, et s’en sortirait même si elle devait rester aveugle toute sa vie.

« Tu sais ce que tu vas faire ici ? Je veux dire, t’as des vues sur un poste fixe ? Perso ils voulaient me faire travailler à la scierie mais je me suis dit que c’était pas raisonnable. »

Elle fit un clin d’œil à Nath. Oui, Kay avait de l’humour, beaucoup, et beaucoup d’auto-dérision, même si elle l’avait oublié pendant un temps, trop écrasée par la souffrance pour ça. Mais elle était heureuse de retourner à ses vieilles habitudes. Oh elle avait toujours préféré l’humour cinglant, celui qui permettait de gagner une bonne vieille joute verbale, mais ce genre d’humour inoffensif était pas mal non plus.

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Jeu 2 Juil - 18:17

Kay étant aveugle, Nath ne se priva pas de froncer les sourcils et de grimacer aux propos de l'Américaine. Oh, pas quand elle parla d'éventrage de poisson, non ; les mauvaises odeurs, Nath y était habitué et, à tout prendre, il estimait moins nauséabonde celle de tripes fraîches de poisson que le mélange de tabac, d'alcool, de pisse, de moisi et autres délices des habituels établissements où avaient lieu les combats de daemons. Peut-être cela expliquait-il, en fin de compte, pourquoi les nanas dans le genre de Kennedy y étaient trop rares : un simple problème d'odorat surdéveloppé.

Non, ce qui fit grimacer Nathanael, c'est cette histoire de panne de brèche, et de corvées supplémentaires. il leva par réflexe les yeux vers le soleil radieux ; il ne faisait pas un peu chaud, pour travailler ? L'idée l'effleura que Kay le faisait marcher, mais elle avait l'air un peu trop sérieuse, et puis, une panne de brèche... Pas très amusant, comme plaisanterie. Il en avait connu une, autrefois. Entre l'hiver et le printemps ; sa sœur avait quelques mois, et des reflux gastro-œsophagiens. Autant dire que ce n'était pas un bon souvenir.

Un certain nombre de désagréables anecdotes lui revinrent en tête, tandis que son interlocutrice parlait ; il ne l'écoutait qu'à moitié, l'esprit occupé d'une part par ses souvenirs, d'autre part par la perle de sueur au creux des seins de la demoiselle. Donc : Nath retint que le gérant s'appelait Fabian, et que Kay était libre pour la matinée. Quant au reste... eh bien, il trouvait dommage qu'une jeune femme avec autant de... qualités humaines, ahem, se sente obligée de parler autant de choses désagréables. Allons, quoi ! Il venait juste d'arriver !

Alors, oui, de fait, il était curieux de savoir si la soierie existait toujours, si quelqu'un avait pu la reprendre après le départ de sa mère ou si -et il estimait cela plus plausible- l'espèce de folle avait emmené ses chenilles avec elle. S'il avait été un parfait et honnête Sywhaîdien, c'est de ça qu'il aurait parlé. Oui, mais, ho : elle était canon, elle était en short, elle était en sueur ! Et elle lui avait fait un clin d'œil, cerise sur le gâteau.

"J'pensais qu'venant d'arriver, j'aurais l'droit à ma matinée, moi aussi, avant d'aller voir ce... Fabian. Attends voir. Maint'nant qu'je sais qu't'es disponibl' aussi, j'en suis pratiqu'ment sûr. qu'est-ce que t'en penses ?"

Oui, c'était abrupt. Oui, c'était direct. Et alors ? Y'avait qu'à pas l'accueillir avec des jeunes filles en sueur.

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Jeu 23 Juil - 11:01

Et Kennedy sourit. Ce sourire qui illuminait tout son visage, montrant son côté californien à fond, sans l’aspect superficiel, car quand Kennedy souriait, elle le faisait vraiment de tout son cœur, et de toute son âme. Elle sourit donc, mais quelque chose dans son regard aveugle semblait plus amusé qu’autre chose, il n’y avait pas de trace de désir ou de concupiscence chez elle. Non, Kennedy avait toujours été du genre à bien aimer le flirt, mais c’était une des choses que sa cécité avait ralenties. Depuis qu’elle était aveugle, il lui fallait plus de temps pour avoir envie de flirter avec quelqu’un, quant à avoir envie de s’envoyer en l’air… Disons que de ce côté-là notre belle californienne n’avait fait que chou blanc depuis son arrivée, deux ans auparavant. Oh ça lui manquait, sûr ! Une fois, elle avait failli sauter sur Jake, mais c’était avant Tibère. Depuis le viol de l’italien, Kennedy avait plus de mal à savoir où elle allait niveau libido. Il y avait quelques hommes qui l’intéressaient, mais elle n’arrivait pas à aller jusqu’à sauter le pas d’une manière ou d’une autre. Elle qui, avant, faisait pratiquement toujours le premier pas, se retrouvait à attendre qu’un beau et gentil garçon se décide à l’embrasser. C’était étonnant. Et un peu triste aussi, une des marques que toutes les épreuves qu’elle avait eu à surmonter avaient laissées.

« Crois-moi, c’est seulement parce que tu viens d’arriver que tu me proposes quelque chose comme ça. Cinq minutes ici et tu ne seras plus tellement sûr d’avoir envie de… passer une matinée avec moi. »

Elle souriait toujours, et avait répondu ça sur un ton sympathique. Cependant, ce qu’elle disait avait un fond de vrai. Après tout, si elle n’avait eu aucune aventure depuis son arrivée, ça n’était pas pour rien. Le fait qu’elle ait des dons divinatoires avait tendance à pas mal refroidir les hommes, qui considéraient, sûrement à raison, qu’avoir une relation intime avec elle risquerait de les exposer à son don. Personne n’avait envie qu’un coup d’un soir en sache plus sur vous que vos plus proches amis. Sa cécité avait ensuite calmé les ardeurs des quelques hommes qui auraient pu passer outre son don de divination. Les handicapés n’avaient en général rien de très sexy, et quand en plus ils devenaient aveugles du jour au lendemain et qu’on murmurait qu’il s’agissait d’une sorte de « punition » de la Brume… Et pour finir, s’il y avait eu encore un ou deux mecs intéressés pour s’envoyer en l’air avec Kay Brooks, le viol mental et psychique de Tibère les avait sûrement calmés. Bref, si Kennedy ne croulait pas sous les propositions, elle savait pourquoi. Evidemment, le fait qu’elle se soit plutôt exclue depuis sa cécité n’était pas sans rapport non plus, et elle en était consciente. Tout comme elle savait que ces coups d’un soir, de toute façon, n’étaient pas ce qui l’intéressait.

Enfin, c’était toujours sympathique de sentir qu’on intéressait quelqu’un, même s’il n’y aurait aucune suite. Oh, n’y voyez pas là du narcissisme, Kennedy avait pas mal d’expérience dans le domaine de lecture des signaux, et, même aveugle, n’avait pas eu de mal à comprendre l’idée que Nath avait derrière la tête. Après tout, il n’avait pas l’air parti pour discuter, et il venait à peine d’arriver, alors passer une matinée avec elle, pour quoi faire si ça n’était pas pour s’encanailler ? Mais Kennedy malgré ses plus de deux ans d’abstinence, n’en était pas à ce stade de frustration. Elle avait toujours eu besoin de sentiments pour coucher avec quelqu’un, quoi qu’en aient dit les rumeurs à son lycée. C’était une des choses qui avaient faites qu’elle n’avait jamais réussi à lancer sa carrière à L.A., coucher n’était pas une option pour elle.

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Jeu 30 Juil - 23:40

Yeah, Baby... Un joli p'tit cul et une putain de jolie gueule, surtout quand elle souriait comme ça... Ça lui plaisait, à Nath, qu'on fasse les choses franchement, cash ; que ce soit pour draguer, pour se battre, ou pour sourire, c'était pareil. Et là, ça valait vraiment le coup qu'elle montre ses quenottes, la nana. Du coup, Nath la gratifia à son tour sourire, certes moins sexy (à moins d'être particulièrement attiré par les bad boys) mais pas moins large.

Si Kennedy n'avait pas été aveugle, elle aurait, plus que jamais, pu s'inquiéter car, lorsqu'il souriait, Nathanael n'en avait en effet que l'air plus dangereux, plus porté sur les coups foireux. Plus du genre à tout laisser en plan sur un coup de tête, tous ses soi-disant amis, sa famille, sa copine. Tout, quoi.

Et le moins qu'on puisse dire c'est que pour le moment, il ne regrettait pas du tout ; au contraire. Et ce n'était pas en le mettant en garde que Kennedy réussirait à le faire fuir... au contraire. Cette tête brûlée de Nath appréciait le danger ; aussi ne s'enfuit-il pas en courant, au contraire : il haussa le sourcil, l'intérêt allumant une petite lumière dans son regard grisâtre. Mais penser qu'il en profterait pour être un peu sympa, c'était mal le connaître. Oui, Nath aimait le danger, mais il n'appréciait pas trop qu'on le rebute comme ça, et tout se payait, ma bonne dame. A moins qu'il n'eût tout simplement pu s'empêcher de dire des choses méchantes.

"Quoi ? T'es séropo en plus d'être aveugle ?" railla-t-il d'un air tout sauf compatissant. "Ben ma vieille, la Brume a complèt'ment déconné ! Avec qui t'as couché pour qu'on t'laisse entrer ?"

Ce disant, Nath eut le réflexe -heureusement invisible pour Kay- de passer un bout de langue sur sa lèvre inférieure.

"D'tout' façon l'en faudrait plus pour m'rebuter, ma jolie ; chuis en sursis aussi. Raison d'plus pour vivre à fond."

Cette fois, Nath ne souriait plus, il ne faisait pas de grimace, n'avait pas le ton moqueur du début. Ca ne le dérangeait pas de jouer les victimes, au contraire. Et quant à sa dernière phrase, elle était on ne peut plus sérieuse : s'il avait été un tant soit peu cultivé, Nath aurait fait du "carpe diem" d'Horace sa devise.

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Lun 31 Aoû - 0:02

A vrai dire, la façon dont Nath évoqua le Sida choqua profondément Kennedy et pour plusieurs raisons. La première était que Kennedy était une californienne pure souche, venue d’une petite ville (ou plutôt d’une ville moyenne, selon critères), où on apprenait aux gens à ne pas rire de ce genre de choses. Politiquement corrects, telle aurait pu être la devise de son lycée. Entendre parler ainsi de cette maladie horrible, avec autant de légèreté, avec moquerie même, la choqua donc. Ensuite, il y avait une partie peut-être moins altruiste de sa personne qui fut choquée. Celle qui le fut parce qu’elle n’aurait jamais imaginé qu’on puisse la prendre pour une séropositive. Oh bien sûr, c’était une maladie horrible et Kay savait qu’on ne l’attrapait pas parce qu’on était sale ou parce qu’on faisait des choses sales mais… Que voulez-vous, certaines habitudes ont la dent dure. La séropositivité était une maladie en lien avec le sexe, et comme toutes ces maladies, elle avait quelque chose de honteux. L’idée qu’on puisse croire qu’elle l’avait attrapée la choqua profondément. Même si elle n’en montra rien, elle avait appris à cacher ce qu’elle ressentait quand on disait des choses sur elles, autrement elle serait sortie de chaque audition en pleurant, ce qu’elle s’était toujours interdit de faire.

Bref. Donc, Nath fut soudain beaucoup moins sympathique aux yeux (pourtant aveugles) de l’ancienne cheerleader. Pire, quand il ajouta qu’il était mourant, avec quelque chose dans la voix qui semblait vouloir apitoyer un peu notre belle brune, il frôla un degré d’antipathie supérieur à la moyenne. Kay n’était pas du genre à aimer s’apitoyer sur son sort. Elle ne supportait pas l’idée d’imposer ses souffrances aux autres. Parfois, elle le faisait, oui, mais c’était malgré elle et toujours avec ses proches. Jamais elle n’était allée voir quelqu’un et avait essayé de lui soustraire quelque chose grâce à ses souffrances. L’idée qu’on puisse faire ça la révulsait. L’idée que Nath ait espéré se l’envoyer grâce à ça la mettait totalement hors d’elle. Kennedy n’avait jamais brillé par sa pitié ou son empathie du temps du lycée, principalement parce qu’elle ne comprenait pas qu’on puisse se plaindre auprès de gens qu’on ne connaissait pas, ce qui faisait qu’en général quand quelqu’un se plaignait devant elle, elle le rembarrait sans même y réfléchir.

Mais cette fois, elle réfléchit. Oh pas longtemps, sa réponse fut presque du tac au tac, mais au lieu de rembarrer Nath, qui après tout était peut-être quelqu’un de bien malgré ses deux dérapages (Kay essayait d’être plus ouverte aux autres, moins egocentrique, mais ça n’était pas toujours évident), elle se contenta de lui dire, sur un ton tout de même assez acerbe, on ne se refait pas :

« Je suis pas sûre que coucher avec moi soit un synonyme de vivre à fond. Par contre, tu peux être à peu près sûr qu’après ça, tu n’auras plus aucun secret pour moi. Je suis un médium, et je ne contrôle pas très bien mon don. Frôler la main de quelqu’un me fait voir son pire souvenir. T’imagines un peu ce que ferait le fait de m’envoyer en l’air ? »

Elle avait formulé, sans le vouloir, une peur qui expliquait son manque de sociabilisation (et d’aventures amoureuses) de ces dernières années. Depuis que son don s’était développé au-delà du supportable, et qu’elle était venue à Sywhaîd, elle n’avait couché avec personne, en partie parce qu’elle avait peur de comment son don pourrait interférer dans ce genre de situation. A chaque fois, ou presque, qu’elle touchait quelqu’un, elle voyait quelque chose sur lui, ou alors se retrouvait avec des visions sur lui par la suite… Alors imaginez ce qui pourrait se passer avec un peu d’intimité… Kennedy jusqu’à présent n’avait pas eu le courage de le découvrir, et le viol mental de Tibère ne l’avait pas encouragée à creuser la question, savoir tout de quelqu’un, lire la totalité de son esprit, était quelque chose de beaucoup trop douloureux, et de trop choquant. Elle avait failli en perdre l’esprit, après tout.

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Nath Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Mer 2 Sep - 12:04

Nathanael et Lazareus étaient des combattants ; dans l’arène, comme dans la vie. Etait-ce une manière d’être naturelle au duo, expliquant leurs performances sur le ring, ou bien une déformation professionnelle qui avait déteint sur le caractère de Nath et son daemon ? Quoi qu’il en soit, cela abîmait un peu leurs relations sociales. De l’avis général (et avec raison), le New yorkais était un petit con, qui cherchait les ennuis. C’était plus fort que lui, il ne pouvait faire autrement que de piquer ses interlocuteurs, les titiller façon escrimeur, chercher leurs failles et s’y engouffrer avec joie. Et même avec un certain sadisme.

Humain et daemon sentirent croître l’antipathie à leur égard, et s’en sentirent flattés ; chez Nath, ce sentiment était vaguement teinté d’une forme de regret, tandis qu’il sentait s’éloigner plus vite que prévu la perspective d’une sympathique partie de jambes en l’air ; mais encore une fois, ç’avait été plus fort que lui. Dieu sait qu’il avait connu des séropositifs, qu’il en avait vu mourir un certain nombre, dont certains lui étaient proches (dans les limites de ses faibles capacités en la matière, bien sûr). Mais bien sûr, cette fille, il avait senti qu’elle était trop « bien » pour ne pas s’offusquer qu’on puisse rire d’une maladie grave. Ce crétin de Nath était ravi de la faire enrager ; dans ces cas-là, il pouvait imaginer la jouissance de son daemon, lorsqu’un de ses coups de dents atteignait enfin la patte de son adversaire. Le temps où il pouvait lui-même sentir presque directement les poils de l’adversaire crisser contre ses mâchoires était malheureusement révolu.

L’antipathie contenue, donc, Nath l’avait prévue ; en revanche, il pouvait difficilement se douter des raisons véritables qui poussaient Kennedy à repousser ses avances (en dehors du fait que fidèle à son habitude, il était infect). Or, s’il était un agresseur de premier calibre, sa défense laissait généralement un peu à désirer (témoins, les nombreuses cicatrices sur la gueule du lézard). Et ce n’est parce que Kennedy était aveugle qu’il se « permit » de laisser lire la surprise sur son visage. Et un certain intérêt. Il sourit, comme un gosse qui se trouve face à un nouveau parcours de skate, et tâche d’en estimer la dangerosité. Mais apparemment, Kennedy elle-même avait l’air un peu effrayée. Lazareus ne manqua pas de le remarquer, en combattant attentif aux failles de son adversaire.

Mais ses sentiments et ceux de Nath étaient loin de coïncider autant qu’autrefois, depuis la maladie. Et pour l’heure, l’humain était plutôt d’humeur « même pas mal ». Souriant largement, il répondit presque du tac au tac, d’un air innocent :

« en fait j’ai du mal à imaginer ; faudrait tester sur pièces. »

Et il éclata de rire, ravi de la crudité de sa réplique.

« Ma pauvre, tu dois voir des trucs sacrément dégueulasses, ici, pas vrai ? Sur les gentils Sywhaîdiens…

Oh come on, gossip girl, t'inquiète donc pas pour moi ; est-ce que j’ai l’air de quelqu’un qu’a des sombres secrets cachés ? »


Il rit à nouveau ; évidemment, si Kay avait su qu’il était à poil, elle aurait saisi l’ironie de la situation. Derrière le rire, Nath se posa évidemment la question de ce à quoi pouvait bien ressembler son pire souvenir. Mais il n’en avait pas la moindre idée. Sur ce point du moins, Nath ne frimait pas : il assumait bel et bien tout ce qu’il faisait, avait fait, et ferait. La culpabilité, c’était pas sa came. Il ne cherchait pas non plus à se donner l’air sympathique ; il estimait (sans doute à tort) que Kay aurait difficilement pu découvrir pire que ce qu’il lui donnait déjà à « voir ».

Ça, on pouvait au moins lui accorder le fait qu'il ne trompait pas sur la marchandise. C'était bel et bien un sale petit con qui, en cet instant, tâchait avec une curiosité assez perverse d'imaginer ce que cela pouvait bien faire, comme effet, de prendre du plaisir tout en découvrant les plus affreux petits secrets de celui qui vous le donnait.

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Kennedy Clayton
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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Sam 5 Sep - 11:23

Le pire dans tout ça était certainement que Nath avait touché plus juste qu’il ne l’avait sûrement imaginé. Oui, Kay avait appris des choses horribles sur les gens. Oh la plupart des sywhaîdiens n’avaient pas grand-chose à cacher, ou alors des petites choses, du genre des amours cachés, quelques bêtises, rien de bien traumatisant. Mais il y avait quelques exceptions assez notables, et Kay avait subi les visions de pas mal de ces exceptions, assez pour qu’elle n’ait plus aucune envie d’apprendre quoi que ce soit sur personne. Elle frissonna à cette pensée, en oubliant même de faire une réflexion sur la première réplique du nouveau venu. Elle ne voulait pas coucher avec Nath, elle ne le connaissait pas assez pour ça, et Kennedy Brooks avait toujours eu la tête sur les épaules. Elle avait besoin de fréquenter quelqu’un un peu plus avant qu’on puisse la lui tourner. Elle soupira et secoua la tête.

« Non. Désolée, je n’ai aucune envie de coucher avec toi. »

Et c’était vrai, ça n’était pas seulement une bravade ou une façon de recaler ce mec insupportable. Il n’y avait aucune passion dans ce que la belle brune venait de dire. Nath lui était tout à fait indifférent. Il ne lui était pas sympathique, mais il ne lui était pas vraiment antipathique non plus. Kay pouvait pourtant détester quelqu’un au bout de quelques secondes en sa présence, ça avait été le cas avec Caitlin, et avec Rachel (même si pour cette dernière elles avaient toutes les deux été obligées de changer d’avis par la suite). Mais là, elle ne détestait même pas le new-yorkais. Ouais, il la rebutait un peu avec sa façon de parler, et elle n’aurait sûrement pas supporté sa présence très longtemps, mais c’était plus comme un pull qui gratte que comme quelqu’un qu’on déteste. Elle sourit, un sourire naturel, qui n’était même pas vraiment incisif ou moqueur. Un sourire qui aurait presque pu être sympathique s’il n’avait pas accompagné une telle rebuffade.

« Je crois que je vais plutôt continuer mon jogging. Bon retour sur Sywhaîd en tout cas ! »

Elle s’étira souplement et commença à avancer à petites foulées vers la suite de son parcours de jogging et se retourna avant de dire :

« Si tu cherches des vêtements, j’imagine que tu sais où la tricoterie est…. »

Elle fit un clin d’œil au new-yorkais et s’en alla. En réalité, elle n’avait pas passé toute leur conversation en sachant qu’il était nu, elle lui aurait fait remarquer plus tôt si ça avait été le cas, mais au moment de partir, son sixième sens avait fonctionné. Elle n’avait pas vu Nath nu dans sa tête, juste avait soudain su qu’il était nu. Etant aveugle, l’idée ne la perturba pas plus que ça, après tout, elle ne le voyait pas, et elle avait fini par accepté le fait qu’étant aveugle, elle passait à côté de pas mal de choses. Mais elle trouvait ça un peu pervers, tout de même, l’idée qu’il n’ait pas senti le besoin de se couvrir. Oui, elle avait fait le bon choix en refusant ses avances.

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MessageSujet: Re: Le début de la fin   Sam 12 Sep - 14:41

Nathanael était sans doute un petit con, incapable de s'empêcher de taper du poing dans les murs au risque de se casser une main. Handicapé des relations sociales, il savait pourtant combattre ; c'était même un lutteur hors pair - un lutteur qui n'entre pas sur l'arène, soit : Lazareus s'y collait, mais dans les combats de daemons, l'ascendant psychologique était une arme bien plus déterminante qu'un croc, une griffe, un dard. Avec Nath, ils avaient formé une équipe d'autant plus redoutable que l'humain savait déstabiliser son adversaire, mettre à nu ses faiblesses. Il ne faisait pas mouche à chaque fois, évidemment ; mais il essayait et guettait les signes de malaise chez son adversaire : un muscle qui se crispe, un sourire crispé, un visage qui pâlit, un frisson... des signes qui ne trompaient pas et dont Nath se délectait.

La vie était un combat ; et tant pis s'il savait déjà qu'il avait perdu, qu'il n'était rien qu'un rockeur raté qui s'en retourne à poil là où il est né, qui en cinquante années n'a rien gagné, rien construit, et sait déjà en outre n'aura pas le droit à un tour gratuit. Raison de plus pour donner les derniers coups avec d'autant plus de rage, tant pis si c'est perdu d'avance. Il aima voir Kay frissonner, donc. Il ne fut pas surpris qu'elle ne veuille pas coucher avec lui ; il n'avait pas fait d'études, d'accord, mais il n'était pas aussi débile que sa conduite le laissait parfois penser.

Il savait bien quand un mec ou une fille avait envie ou pas (en général, c'est qu'il ou elle était bourré(e)). Il avait eu une chance de cocu, pour Mandy ; qu'elle soit à ce point aveuglée par ses exploits dans l'arène, que le syndrome de l'infirmière la fasse panser ses plaies avec une si incompréhensible constance, quand il la traitait si mal. Une fille bien, simplement trop gentille, et trop attirée par les mauvais garçons, acceptant tout pour lui, les critiques injustes, les soirées dehors, les plans à trois. Vraiment pas une fille qui mérite de se retrouvée plantée du jour au lendemain ; mais vrai, Nath n'était pas un type bien. Il n'avait aucun remords. Il ne l'aimait pas, et à la voir ouvrir sottement la bouche, écarquiller les yeux avec compassion, il aurait eu envie de la frapper (et les coups, c'était bien la seule chose qu'il ne lui avait jamais imposée).

Regardant Kennedy s'éloigner après lui avoir souhaité si aimablement la bienvenue, Nath grinça des dents, et siffla entre ses dents :

"encore une pétasse qui nous f'ra pas chier de sitôt".


Lazareus l'avait rejoint, et fit mine de faire quelques pas vers le loch, ce qu'il ne pouvait faire que si Nath l'accompagnait. Par chance, leurs désirs en cet instant s'accordaient ; un bon bain leur ferait du bien. L'humain avait beau avoir une bonne expérience du combat, il n'avait pas vu venir le dernier coup. Il n'avait pas imaginé que Kennedy puisse avoir deviné qu'il était nu. Il commençait à comprendre un peu mieux ce qu'elle avait voulu dire ; son don était puissant, et il devait vraiment, vraiment être handicapant, à la longue. Nath se surprit à éprouver une vague compassion à l'égard de Kay ; à la trouver plutôt courageuse.

Mais ce sentiment s'évanouit assez vite. Faisant couler avec satisfaction un peu d'eau fraîche sur son crâne, il se dit surtout que son joli petit cul meublerait agréablement sa nuit solitaire. Il se baigna encore quelques minutes, puis se dirigea non vers la tricoterie, mais vers la cabane de l'apiculteur. Celui-ci semblait occupé, mais ça n'empêcha pas Nath de cogner bruyamment à la porte et d'exiger, plutôt que que demander, quelque chose pour se vêtir. Et comme Buzz n'avait pas de tenue de rechange, c'est avec un morceau de tartan noué autour de la taille, en guise de kilt de fortune, que Nathanael retrouva les murs des bâtiments de son enfance.

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