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 Chaperon rouge, grand méchant loup

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Chaperon rouge, grand méchant loup   Mar 23 Juin - 18:14

Le soleil au zénith, la chaleur accablante ; touffeur moite de l'air sous un ciel gris plomb. Et personne d'assez fou pour déambuler bien longtemps sur les sentiers asséchés de la lande. Les Sywhaîdiens se terrent à l'ombre des fabriques, dans les fossés où ils grapillent ici et là des légumes sauvages épuisés, eux aussi, par le soleil. Les vols d'oiseaux sont rares, et, lorsqu'on aperçoit un hibou, il ploie le plus souvent sous le poids d'un colis de café, de sucreries, ou de tabac.

Il n'est plus rare de rencontrer des gens sur le chemin de la volière. Le marais est plutôt déserté ; l'atmosphère y est plus lourde qu'ailleurs, et, par les journées de grand chaud, l'odeur des nappes d'eau asséchées, des tétards qui pourrissent dans les mares asséchées, est insupportable. Et puis, il paraît que les Black Dwarves eux-mêmes sont d'humeur massacrante.

Reste le loch ; la baignade est devenue le loisir favori de bon nombre de Sywhaîdiens, qui viennent prendr le frais avait de retourner à leurs corvées : pour une fois, l'été n'est pas de tout repos. Les habitants se soutiennent, ils rappellent que les pannes de brèche sont exceptionnelles et que, bien sûr, à l'automne prochain, la Brume s'ouvrira... Mais il y a toujours des anciens, des Laura, des Rozen, qui ont connu une panne beaucoup plus longue et ne peuvent que jouer les oiseaux de mauvais augure. Il y a Ronnie, dont plus personne n'ose regarder d'un œil attendri le ventre maintenant énorme.

Kika se sent bien, merveilleusement bien. La chaleur lui rappelle son bien-aimé pays, et même si, bien sûr, elle n'irait pas jusqu'à comparer le marbre blanc de l'attique aux pierres grises et sèches des murets écossais, elle aime cette ambiance lourde. Elle a toujours vécu dans une atmosphère de suspicion, voire d'angoisse. C'est dans ce genre de bain qu'elle se sent comme un poisson dans l'eau -bien qu'elle soit trop pudique pour faire partie des baigneurs du loch. Quand la chaleur devient réellement étouffante, elle reste à l'intérieur, à l'abri des épais murs de l'école, ou des fabriques. Ou bien encore, elle s'occupe du côté de la rivière.

Ou, comme ce jour-là, elle s'aventure dans la forêt. En général, elle reste près de l'orée du bois, en lisière des ruines. Mais de plus en plus de monde vient apprécier la fraîcheur dispensée par les frondaisons épaisses des bois ; alors, de plus en plus, Kika s'enfonce. Pour ne pas risquer de se perdre, elle a pratiqué l'un des enchantements appris sous le regard d'Hermès ; deux grandes flèches tracées sur ses bras, qu'elle agite d'une façon particulière et lui indiquent aussitôt la direction dont elle vient. Elle n'a pas vraiment peur de s'égarer, son sens de l'orientation est excellent ; mais elle a plaisir à réitérer les enchantements de sa vie d'avant.

Oh, elle préfèrerait laisser tout cela totalement derrière elle, pour le moment ; l'heure chérie où elle reverra la Grèce et se vengera de ses ennemis est, hélas, encore loin. Mais ici, au moins, personne ne verra sa nostalgie, personne ne la verra agiter les bras autour d'elle, en une sorte de danse désarticulée, ni n'entendra les accents dionysiaques de sa petite flûte...

[Lolon ?]

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Jeu 25 Juin - 17:56

[Rohlala ! J’ai vraiment du mal à me concentrer avec ce kit ! L’est trop trop trop beauuu !]

Personne ? Vraiment personne ? S’il n’y avait eu personne pour entendre l’étrange Kika faire son envoûtement, vous n’auriez pas eu grand-chose à vous mettre sous la dent chers lecteurs. Heureusement pour vous, il n’y avait pas que Youlika pour se balader dans les profondeurs de la forêt en cette chaude journée d’été. Non, il y avait aussi son meilleur ami… Euh… Peut-être pas tout à fait. Enfin, il y avait Waylon quoi. Celui qui l’avait accueillie à son arrivée, transie de froid et l’avait réchauffée (en tout bien tout honneur, ou presque), portée (idem), puis plus ou moins dirigée vers la ferme. Le garde-chasse n’avait pas recroisé l’hellène depuis, il faut dire que Waylon ne se mêlait que rarement avec les « bons » sywhaîdiens, et il n’avait pas eu l’air de chercher à le faire. Pourtant leur rencontre, d’après les rumeurs (que la jeune femme avait sûrement eu tout le loisir d’entendre depuis), avait certainement eu de quoi lui plaire, à notre Waylon, lui qui avait l’air de toujours chercher les rencontres les plus explosives…

Waylon donc, se trouvait dans les bois aujourd’hui. Autant vous prévenir, cher petit lecteur, que nous ne savons absolument pas pourquoi et que vous ne le saurez sûrement pas plus. Peut-être était-il allé parler avec quelques centaures… Peut-être était-il allé réparer un truc dans la forêt… Peut-être rien de tout cela… Mais en tout cas, il était visiblement tombé sur un os. Parce que quand il dit, dans le dos de Youlika, d’un ton moqueur aux accents trainants du sud des Etats-Unis :

« Oh Cherry… Je n’avais pas commandé de danse érotique mais merci pour la surprise. »

Quand elle se retournerait, Youlika pourrait trouver un Waylon, parfaitement torse-nu, recouvert de tatouages, son jean (le même que la dernière fois très probablement) déchiré à plusieurs endroits, adossé à un arbre, les bras croisés devant lui, un air moqueur au visage, mais légèrement… Mhh, carnassier ? Mais ce qu’elle pourrait voir aussi c’est que son cher chien enragé avait plusieurs bleus et coupures sur le corps et le visage. Sa lèvre était d’ailleurs fendue, laissant une trainée de sang jusque dans le cou… Et son arcade sourcilière droite n’était pas en meilleur état, le sang forçait même plus ou moins Waylon à fermer son œil. N’oublions pas les cheveux sales et la terre, même si séchée, bien présente sur la peau de l’homme des bois et vous pourrez, oh oui, bien imaginer ce que Kika avait sous les yeux.

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Jeu 25 Juin - 19:01

[De quel kit tu parles, exactement ? ^^]

Elle ne se retourna pas tout de suite, mais se figea, dans une posture au passage un peu bizarre : un bras tendu sur le côté, l'autre en l'air, qu'elle n'abaissa qu'avec une seconde de retard, lentement, progressivement. Côté pile, très digne, fière, imperturbable.

Côté face... guère plus expressive, à la vérité. Mais le regard excessivement brillant. Elle n'avait pas eu besoin qu'il termine sa petite phrase mesquine pour le reconnaître, bien sûr... Cherry... Personne d'autre ne se serait permis. Personne, à sa connaissance, n'aurait trouvé des mots si percutants ; à vous donner le frisson, comme une longue griffure le long du dos. Oui, il lui avait suffi d'une phrase pour qu'il lui donne envie de le gifler au sang, de le mordre... Les humiliantes neiges de leur première rencontre étaient loin ; elle ne sortait pas d'une éprouvante Quête, d'un voyage de plusieurs milliers de kilomètres... Ce soleil, cette lourdeur de l'air, c'était son cosmos. Cette fois, non seulement elle avait envie de lui sauter au visage, mais elle en avait l'énergie.

Oh, elle ne le ferait pas, bien sûr. Elle n'était pas une chienne, elle.

*Le dévorer, le déchirer*

D'une voix calme et grave, légèrement rauque, Kika répliqua, sans encore faire à Waylon l'aumône d'un demi-tour -elle ne voulait pas qu'il devine trop d'enthousiasme dans ces retrouvailles :

"Bien sûr... moi qui je pensais que même les animaux sont capables à reconnaître la magie... mais peut-être pas aussi l'art.

Ceci, Piotreck, ce n'était pas une danse, et pas du tout de l'érotisme, ou bien nous ne définissons pas semblablement ce mot"
, précisa-t-elle en daignant enfin se retourner, lentement, un fin sourire aux lèvres. Qui retomba dès qu'elle eut découvert que Waylon avait rarement si bien porté son nouveau surnom.

Oui, elle cessa de sourire, et même, elle frémit, à le voir en si piteux état. Un troupeau de centaures semblait lui être passé dessus ; Kika détestait Waylon, c'était entendu ; et elle n'avait absolument rien de maternel, pour elle les filles d'Héra étaient de stupides vaches lachères, point barre. Mais elle dut légèrement bander ses muscles pour se retenir de courir vers le garde chasse, essuyer ses blessures avec toute la douceur permise par ses longues mains osseuses. Mais elle-même n'aurait pas aimé qu'on la panse comme une brebis blessée. Et puis... A y regarder à deux fois, ces bleus, ce sang, cette terre... avaient quelque chose de... Enfin... bref. De toute façon, Waylon n'était certainement pas le genre de personne qui aimait se faire materner.

Alors, Kika se contenta de croiser les bras, et de fixer le garde-chasse droit dans les yeux, un petit air malicieux au fond de l'iris.

"Je te le promets, ce n'est pas moi que j'ai commandité cela."

Et le sourire réapparut insensiblement sur ses lèvres. Elle préférait qu'il la sache contente de le revoir, plutôt qu'inquiète pour lui. Ou plus inconvenant encore.

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Jeu 25 Juin - 21:47

[Celui de Kika of course !

Quoi que celui de Waylon (enfin… surtout les photos mon dieu 0o)]


Waylon n’avait pas bougé, et ne bougea toujours pas quand Kika se retourna et le vit. Il avait l’air très content de lui en fait, un peu comme ces jeunes qu’on voyait dans les films des années James Dean, le regard frondeur, l’air toujours aussi insolent, même aux pires instants. En fait, Waylon avait un peu l’air de Bruce Willis à la fin de Die Hard, l’air complètement défoncé, comme si un avion lui était passé dessus, le petit sourire en coin, l’air toujours aussi sûr de lui, yankee jusqu’au bout des ongles (sûrement à cause de cette attitude que tout sywhaîdien s’accordait à peu près sur ce fait : Waylon, s’il venait de quelque part ne pouvait que venir des Etats-Unis). Une lueur amusée passa dans son regard clair quand Youlika s’arrêta de sourire, comme s’il avait compris qu’elle s’inquiétait pour lui, ou peut-être simplement parce que le changement d’attitude l’amusait. Il y avait quelque chose de sauvage dans cette lueur, de pas vraiment rassurant, on aurait pu l’imaginer dans le regard d’un prédateur, mais d’un prédateur un peu vicieux, genre chacal ou hyène, pas d’un prédateur noble comme le tigre…

Il sourit de nouveau et sa lèvre laissa couler quelques gouttes de sang de plus qu’il essuya d’un revers de main presque mécanique (il faut dire, cher lecteur, que Waylon se retrouvait souvent dans ce genre d’état, voire pire, Youlika avait d’ailleurs dû en entendre parler, même si les Sywhaîdiens n’étaient pas si branchés rumeurs que d’autres, on parlait souvent de l’étrange garde-chasse quand on avait épuisé les autres sujets, et même avant). Son sourire était loin d’être celui d’un tombeur de cinéma, déjà il avait du sang dans la bouche, ses dents étaient donc légèrement rouges, et même s’il n’avait pas les dents aussi pourries que ce qu’on aurait pu imaginer en le voyant (au contraire, elle était blanches et bien pointues), il semblait avoir « trop » de dents. Comme si son sourire avait été plus menaçant que charmant… Oh et pourtant, il pouvait, quand il le voulait, inverser le mécanisme.

« Ben là, tu me déçois, cherry. » répondit-il avec un éclat de rire rauque, qui ressemblait plus que jamais à un aboiement.

Avait-il parlé de la danse érotique ou, plutôt, du fait que Youlika n’avait pas commandité son passage à tabac ? (si passage à tabac il y avait eu… ahem). Les deux hypothèses semblaient probables, surtout après qu’il ait couvert l’hellène d’un regard qui arrivait à être à la fois déshabilleur et presque menaçant. De sa main, il repoussa le sang qui lui coulait dans l’œil (l’étalant plus qu’autre chose), puis demanda :

« Alors, dis-moi, tu as tué beaucoup de tes petits camarades dernièrement ? »

Etait-ce un simple « badinage » (à la sauce Waylon) ou était-ce une preuve, pour les plus paranos, que le garde-chasse en savait plus qu’il ne le paraissait ? Après tout, n’avait-il pas déjà semblé savoir des détails sur Youlika durant leur première rencontre qui auraient mieux valu rester enterrées ? Et si la jeune femme essayait simplement de lire son attitude, elle aurait un terrible dilemme : le haut du visage, les yeux, bien que visiblement amusés, avaient toujours cette lueur menaçante… quant au bas, la bouche, malgré la blessure, semblait être seulement amusée, comme s’il se contentait de dire la première bêtise qui lui passait par la tête… Toujours est-il que toute son attitude semblait… Et bien… Disons que n’importe quelle jeune femme trop pure l’aurait trouvée terriblement inconvenante.

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Dim 28 Juin - 20:11

A quel sujet était-elle supposée décevoir Waylon ? Youlika avait choisi, sans hésitation ; il lui était, à sa décharge, difficile de penser à autre chose qu'aux ecchymoses, au sang qui dégouttait du milieu de sa lèvre... Oui, bien sûr, elle aurait pu se rendre responsable d'un tel méfait ; c'était bien son genre, non, d'agir en sous-main, par derrière ?

Non. Elle n'aurait pas supporté qu'une autre main que la sienne lui fasse mal. Elle le soupçonnait de faire exprès d'étaler son sang sur son visage, juste pour la faire enrager. Elle se força à afficher un sourire paisible. Ce qui ne fut pas chose aisée, naturellement, lorsque le garde chasse ajouta cette petite phrase -dans la queue, le venin. Sans se départir de son sourire, elle le fixa avec une intensité nouvelle, fichant solidement ses prunelles dans celles de Waylon.

Elle n'avait aucune idée de ce qu'il savait, s'il disait cela comme cela, parce qu'il l'avait trouvée dure à cuire lors de leur première rencontre, ou... s'il s'était renseigné. S'il était un danger potentiel. Oh non, nulle autre main que la sienne ne lui ferait éteindre ce regard étrange qu'elle sentait peser sur elle, comme une main qui lui aurait ôté sa robe et l'aurait, dans le même temps, griffée jusqu'au sang.

Mais détestait-elle cela ? N'était-elle pas au fond proprement ravie de retrouver un garde-chasse aussi impliable que dans ses souvenirs, de jouer enfin une partie de cartes à jeu fermé ?

Elle haussa finalement les épaules. Il était inutile, avec un tel joueur, de bluffer à outrance. Mieux valait entrer dans son jeu... jusqu'à un certain point, bien sûr. Assez pour reprendre le contrôle de la partie.

"Oh... Tout le monde sont... gentils", soupira-t-elle, avant de relever les yeux vers Waylon, et de s'avancer de quelques pas vers lui.

"La personne qu'elle t'a fait cela", déclara-t-elle plus froidement, en désignant quelques blessures particulièrement dégoûtantes ; "celui-là -ou bien celle- qui t'a de moitié tué... Elle ma de moitié privé de ma vengeance."

Elle était grande, mais un tout petit peu moins que Waylon, et donc déjà contrainte de le regarder de bas vers le haut, à cette distance.

"La fois d'auparavant, tu t'es moqué sur moi et tu m'as rendu un service. Et comme tu es, désormais, je ne peux pas te toucher. Laisse-moi te soigner tes blessures."

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Jeu 2 Juil - 0:36

Quelque chose s’alluma dans le regard de Waylon quand Kika lui répondit que tous les sywhaîdiens étaient si gentils. Etait-ce de la compréhension, ou même de la complicité ? Etait-ce de la moquerie ? Etait-ce une sorte de compréhension différente, du genre « si tu savais ma cocotte à quel point tu es à côté de la plaque, la plupart n’est pas meilleure que toi » ? Allez savoir. Toujours est-il qu’il sembla bien amusé par la remarque de Youlika, n’était-il pas après tout celui qui avait créé le terme « bon sywhaîdien », dans lequel il mettait à peu près tout le monde sauf lui, et, parfois, son pote buzz (dont il aimait par ailleurs tant se moquer) ?

Il ne recula évidemment pas quand la grecque avança. Waylon n’était pas vraiment du genre à reculer de toute façon, il ne l’avait pas fait quand une elfe l’avait attaqué, il ne le faisait pas quand les centaures le battaient (enfin, d’après ce qu’il disait toujours), alors il n’aurait eu aucune raison de le faire devant Kika (à part le fait d’être Waylon et de faire à peu près n’importe quoi n’importe quand ahem). Il ne recula donc pas, et ficha son regard étrange dans celui de l’hélène. Etrange ? Pourquoi ? Et bien parce que, comme toujours, il y avait une intensité un peu trop forte dedans. Comme s’il comprenait quelque chose que les autres ne comprenaient pas. Comme parfois quand on croise le regard d’un animal sauvage, ce regard n’était pas tout à fait humain, ou s’il l’était, Waylon était un bon acteur (mais la plupart des gens s’accordaient à dire qu’il l’était après tout).

« Je ne sais pas si c’est une très bonne idée. Qui me dit que tu ne vas pas ajouter un peu de poison à mes blessures ? » lui répondit-il avec toujours cet air amusé et ce regard qui semblait déshabiller Kika, même quand il ne faisait que la regarder dans les yeux.

Il fit semblant de réfléchir un instant, puis ajouta, après avoir haussé les épaules :

« Oh et puis… Ma vieille maman disait toujours que la confiance était quelque chose qu’on ne méritait que si on la partageait. Et après tout, toi tu m’as bien laissé te trafiquer, non ? Vas-y Cherry, soignes-moi… »

Il sourit, un sourire canin, étrange. Il avait dit « trafiquer ». Ca n’était pas vraiment le mot qu’on utilisait pour un sort de réchauffement, non ?

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Jeu 2 Juil - 23:52

Il fallut que Youlika déployât toute son sang-froid, toute sa ruse, pour ne pas hurler, sauter à la gorge de Waylon et le mettre en pièces sur place, lorsqu'il avoua d'un ton tranquille l'avoir "trafiquée". Bravo, miss Manthoulis ; les filles d'Egine auraient été fières de vous, à vous voir continuer de marcher, l'air de rien, en direction du garde chasse : pas un frémissement, pas une hésitation, pas un cillement. Une chose l'aidait à paraître sereine, à afficher un sourire approbateur : imaginer Waylon à ses genoux, suppliant, sous la gorge la pointe de la petite dague à l'italienne dont elle sentait avec bonheur le froid de la lame dans le creux de son dos, à chacun de ses pas.

Non, bien sûr, elle ne s'en servirait a priori pas ; en tout cas, pas dans l'immédiat. Elle voulait une vengeance à la hauteur de l'affront qu'on lui avait fait : longue, et douloureuse. Et surtout, avouons-le à voix basse, elle appréciait bien trop la situation pour vouloir y mettre un terme si brutalement. Mais chut, hein. pour l'heure, d'autorité, Kika posait sa main sur l'épaule du garde-chasse pour le faire s'asseoir au pied d'un frêne centenaire. (comment, on s'en fiche de l'essence de l'arbre et son âge ? Mais pas du tout, pas du tout ; puisque je vous dis que c'était un frêne centenaire). Autoritaire, donc, mais avec une douceur qu'on n'eût pas attendu chez elle.

Elle fit des gestes bizarres avec ses mains, et, lorsqu'elle effleura les blessures de Waylon du bout des doigts, on eut dit qu'elle y passait un baume très frais, cicatrisant et apaisant. Même sa voix rauque semblait plus douce qu'à l'ordinaire, tandis qu'elle murmurait :

"Si je voudrais t'empoisonner, ce ne serait pas nécessaire que je fasse comme si je te soignerais. Il serait suffisant de laisser les blessures être infectées. Tu aurais de la température, ton cœur battrait vite, et la septicémie mettrait des semaines pour t'empoisonner ton sang. Il y aurait trop de temps pour recevoir les antibiotiques. Ce serait... beaucoup plus long à mourir qu'un empoisonnement bête."

Elle lui sourit ; évidemment, il était difficile de dire si c'était par sollicitude, ou parce qu'elle imaginait le visage livide et en sueur du garde-chasse succombant au bout d'une longue et atroce agonie. elle avait pansé les blessures du visage, essuyé le sang. Mais une longue estafilade descendait à partir de la clavicule sur le torse. Les doigts de Kika descendirent vers les boutons de la chemise, mais, finalement, elle se retint. Pas par délicatesse, plutôt parce qu'elle aimait assez voir Waylon à sa merci, obéissant à ses ordres.

"Enlève ta chemise, maintenant."

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Mar 21 Juil - 11:01

Quand Youlika parla de septicémie, décrivant avec plaisir les souffrances que Waylon pourrait subir, le garde-chasse la regarda d’un drôle d’air. Il souriait toujours, de ce sourire canin qui lui était propre, mais son regard semblait percevoir quelque chose de différent. C’était un regard qui semblait dire qu’il n’était pas dupe. Pas dupe de quoi ? Allez savoir, si ça se trouvait, ce regard voulait juste dire que Waylon avait envie de boire une bonne bière, l’étrange garde-chasse avait parfois des regards et des attitudes qui ne collaient pas du tout avec la situation, et quand ça arrivait, comme à ce moment-là, on pouvait presque se demander si ça n’était pas simplement un pur hasard. Toujours est-il que ce regard n’était pas vraiment celui de quelqu’un qui craint réellement pour sa vie. Mais Waylon était-il capable de craindre pour sa vie, lui qui, d’après ce qu’il disait, passait la moitié de son temps à se battre avec des centaures, des dryades et d’autres créatures peut-être encore plus dangereuses ? Cela semblait assez improbable.

« A vos ordres, Nurse Cherry. » répondit-il avec l’air franchement amusé.

Sa chemise était déjà ouverte (il était rare de le voir avec une chemise fermée de toute façon) mais il l’enleva cependant lentement. La douleur des ecchymoses et autres blessures qu’il avait semblait le ralentir. A moins qu’il ne fasse ça que pour donner une sensualité à son geste, pour que Youlika puisse encore plus profiter du spectacle, ou que ça l’énerve encore plus, parce que le regard qu’il avait semblait dire qu’il savait bien qu’elle y prenait du plaisir, et semblait l’inviter à ne surtout pas hésiter à en prendre encore un peu plus. Un regard complice et séducteur, qu’il posait sur elle comme si elle lui appartenait, ce qui ne manquerait sûrement pas de rendre l’hellène encore plus colérique. Peut-être pas l’idée la plus intelligente quand on était à sa merci comme Waylon à ce moment précis.

« Tu veux que j’enlève quelque chose d’autre ? » demanda le garde chasse après avoir jeté sa chemise sans même regarder où elle atterrissait. Il n’avait plus que son jean comme vêtement, et le regard qu’il lançait à Youlika semblait, en plus d’être moqueur, induire que sous le jean ne se trouvait rien de plus que son anatomie, un homme ne portant jamais de chaussures et se baladant la plupart du temps torse-nu n’était sûrement pas du genre à s’embarrasser de caleçon, n’est-ce pas ?

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Dim 26 Juil - 23:03

Oh, que le spectacle devait être alléchant... Appétissant, sans doute, le torse ecchymosé du garde-chasse, et oh, oui, Youlika, à regarder celui-ci ôter sa chemise avec une lenteur étudiée, aurait probablement difficilement résisté à l'envie d'y mordre... Et pas juste pour lui faire mal. Oui, à ce stade, il était difficile pour l'Hellène de continuer de se mentir à elle-même. Assurément, elle détestait le garde-chasse ; mais elle voulait lui faire du bien autant qu'elle voulait le blesser, sinon davantage.

Aussi, elle détourna le regard ; tournant légèrement la tête, elle baissa les yeux, d'un air ennuyé relativement mal imité.

Ils étaient si proches, elle avait presque dû s'accroupir sur lui pour panser ses blessures... Elle pouvait difficilement ignorer l'odeur virile de Waylon, le bruissement de la chemise le long de ses bras musclés. Rha ! Elle ferma les yeux, pinça les lèvres. Oui, qu'il prenne son temps pour ôter cette fichue loque, un jour le sang coulerait sur son dos des zébrures laissées par le fouet. Qu'il la couve de son regard amusé, il rirait moins, il crierait grâce ; comme elle voulait crier sous ses assauts.

Elle entendit que la chemise était ôtée ; elle serra les dents pour ne pas lui demander violemment s'il avait enfin terminé. Elle tourna lentement la tête vers lui, vers son irrésistible sale petite face. Ses narines étaient encore frémissantes, son visage légèrement plus rouge qu'à l'ordinaire -malgré le soleil, elle gardait le teint pâle, et ce genre de manifestation cutanée était d'autant plus difficile à dissimuler.

Lorsqu'il lui proposa de continuer l'effeuillage, il avait dans le regard une petite lueur moqueuse qui aurait dû faire redoubler la rage de la Grecque si on n'avait déjà frôlé le seuil critique. Le seuil où elle baissait les armes et daignait sourire. Sourire crispé, dents serrées, mais sourire ; elle lança à Waylon un regard où se mêlaient encore la colère et le rire -curieux mélange, je vous l'accorde.

Puis, ses yeux se baissèrent sur les épaules du garde chasse, le long de l'estafilade encore rouge vif ; son index prit le relais, pour une caresse qui ne devait pas être très agréable -le temps, du moins, où le doigt demeura sur la blessure. Car bientôt, il poursuivit sa sinueuse descente, le long du sternum, jusqu'au nombril, puis le long de la couture du seul vêtement qui restait a priori au garde-chasse (de fait, Kika l'imaginait assez mal en caleçon à petits cœurs roses, allez savoir pourquoi).

Cela faisait du bien de lâcher un peu du lest, de se laisser aller : Youlika en avait besoin, pour retrouver son calme, son regard impassible, sa moue ennuyée. Ses réponses soigneusement pesées. Tout individu normal -toute jeune femme normale- dans la situation de l'Hellène, considérant que l'attirance que lui inspirait le garde-chasse n'avait pu être que remarquée par l'intéressé, aurait assumé le fait, et poursuivi sur cette lancée, attendu qu'un type qui vous propose de virer son pantalon, comme ça, on va dire qu'il y a peu de chances que vous le rebutiez atrocement.

Mais on parle toujours de Kika, là (c'est bon ? On suit ? Bon). Son amour-propre en avait déjà pris un sacré coup, elle n'allait pas non plus se jeter aux genoux de Waylon en gémissant "prends-moi prends-moi prends-moi, là tout de suite, avec ou sans pantalon, bordel". Elle préférait se concentrer sur l'idée que telle que se présentait la conversation, c'était encore lui qui se soumettait à ses injonctions à elle. Ah, là, d'accord. Elle avait officiellement le contrôle. C'était le moment de lui rabattre le caquet, à ce mâle insolent, qui se croyait irrésistible. Jusque là penchée vers lui, le doigt dans sa couture de pantalon, Kika se releva plutôt lestement, soutint le regard du garde-chasse, et, droit dans les yeux, décréta :

"Sans doute que cela serait plus prudent".

Ah, le doux charme de l'antiphrase...

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Lun 31 Aoû - 11:29

Le contact du doigt contre sa blessure tira une sorte de grognement de chez Waylon, un grognement sourd, qui semblait à peine humain. Il ne manifesta pas d’autre signe de souffrance ou d’impatience, se retenant certainement pour ne pas satisfaire trop l’Hellène. Il sourit d’un air moqueur quand Kika lui dit d’enlever son pantalon. Oh Waylon n’était pas réputé pour être la personne la plus pudique de la Noble Lande, et l’idée d’enlever son pantalon ne semblait pas l’embêter énormément, surtout face à une Kika qu’il titillait exprès depuis les premiers moments de leur rencontre.

« A vos ordres, Nurse Cherry. » railla Waylon, mais une certaine excitation brillant dans son regard clair.

D’un geste aussi lent que celui qu’il avait eu pour enlever sa chemise, il défit le bouton de son jean. Ce simple mouvement lui prit plusieurs secondes, à croire qu’il voulait jouer le strip tease au ralenti. La braguette, elle, fut ouverte bien plus rapidement. Le reste du jean aussi d’ailleurs, enlever un jean au ralenti était moins évident que d’enlever une chemise comme ça. Et puis, autant dire que le ralenti avait été intéressant pour le haut, mais Waylon semblait vouloir être plus rapide pour ce qui était du bas. Le jean fut donc enlevé rapidement, et jeté avec nonchalance à quelques mètres de là, sans que le Garde-Chasse n’y accorde plus d’attention.

Il se redressa et se tint bien droit, les bras contre le corps, exposant ainsi chaque parcelle de son anatomie, car, oui, Waylon était totalement nu, n’ayant apparemment pas encore appris à se servir d’un caleçon. Comme on aurait pu s’en douter, il était couvert de tatouages jusque sur les parties habituellement les moins exposées de son corps. Les tatouages en question étaient parfois magnifiques, et apparemment faits par de grands artistes, d’autres étaient plus sommaires, semblant corroborer son histoire de prison. Sans entrer dans les détails, sachez mesdemoiselles que le corps de Waylon était des plus agréables à regarder. Trapu, mais musclé, il avait une silhouette assez différente de ce qu’on pouvait voir chez les sex-symbols de notre époque, mais ça ne changeait rien au sex-appeal qui s’en dégageait. Le fait qu’il ait l’air aussi à l’aise complètement nu, exposant sa virilité, et son excitation, ajoutait sûrement à l’attirance qu’on pouvait ressentir en le voyant.

« Et maintenant ? » demanda-t-il, cet air toujours moqueur sur le visage, comme s’il n’était pas du tout diminué par son absence soudaine de vêtements. Au contraire, il ne semblait qu’en avoir plus d’assurance.

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Jeu 3 Sep - 13:20

C’est dur, parfois, d’être un jean. Surtout, être le jean de Waylon, ça ne doit pas être drôle tous les jours. La pluie, les ronces, la boue, les créatures sauvages… Supporter tout ça, stoïque, et pour quoi ? Pour être finalement jeté sans autre forme de procès, et sans que quiconque semble vous accorder la moindre parcelle d’attention ? Tel un paquet de chiffon sans intérêt, le courageux pantalon flotta quelques instants dans les airs, pour s’écraser lamentablement quelques mètres plus loin, sans un regard, abandonné de tous.

Waylon, en effet, fixait Kika d’un air moqueur. Quant à Kika, elle finit par relever lentement les yeux pour soutenir le regard du garde-chasse. Elle n’était pas le genre de jeune fille à virer cramoisie, façon vierge effarouchée. Mais ses dents étaient serrées, et son regard brillant, comme si elle avait été en train de contenir un intense sentiment de haine. Waylon avait forcément remarqué que le regard de l’Hellène s’était un peu attardé au-dessous de son nombril. C’est donc à la fois envers lui et envers elle-même qu’elle était furieuse. Furieuse qu’il n’essaie même pas de dissimuler l’attirance qu’elle lui inspirait ; furieuse d’être sensible à cette attirance. Elle n’était pas juste flattée… elle était ravie.

« Aucune… blessure », siffla-t-elle, le souffle court.

La rage était trop forte ; Youlika glissa vivement une main derrière son dos, pour y attraper sa dague à l’italienne. Elle serra le manche de l’arme dans son poing, à en faire craquer les articulations de son poing ; le contact tiède du bois d’olivier avait quelque chose d’un peu apaisant. La seule fois où un homme avait voulu se dévêtir en la présence de l’Hellène, il n’en avait pas eu le temps ; elle lui avait planté la dague dans le ventre. Elle avait estimé réagir avec sang-froid, rationnellement, obéissant rigidement aux préceptes de l’école. Elle avait nié cette évidence : elle avait aussi agi par peur de l’inconnu.

Mais l’intrus ne l’attirait pas ; après coup, seulement, elle avait trouvé qu’il avait un visage bien fait, symétrique, le nez droit, les cheveux bien plantés, les lèvres encore bien rouges. Elle avait estimé qu’il était beau, oui. Mais en aucune façon elle ne l’avait trouvé sexy. Elle avait été quelques secondes fascinée par la tache rouge s’élargissant sur le blanc de sa chemise ; le sang était si dense qu’au centre, autour de la lame, il semblait presque noir. Elle ne s’était nullement préoccupée de ce qu’il cachait sous son pantalon. D’une manière générale, elle trouvait les hommes inférieurs aux femmes, pour nombre de raisons, dont bien évidemment leur incompréhensible préoccupation pour un malheureux bout de chair protubérant.

Maintenant qu’elle en avait un sous les yeux, elle devait avouer qu’à défaut d’être « joli », c’était digne d’intérêt. Suffisamment, du moins, pour qu’elle ne puisse empêcher son regard, toujours rempli d’une rage mal contenue, de dévier vers le bas.

« Tu mériterais que je le coupe », grogna-t-elle, menaçante. Sa voix était encore plus rauque que d’habitude. Elle voulut serrer plus fort le manche de sa dague, mais elle ne pouvait crisper le poing davantage. Si elle avait relâché la pression, elle savait qu’il y aurait eu de forts risques que sa main tremble.

L’expression de ses yeux changea assez rapidement ; elle devint moins furieuse et, du même coup, moins animale. Sa voix aussi changea légèrement. Elle était plus douce ; un peu plate, mais presque… féminine. Elle ne menaçait plus, mais semblait constater un état de fait.

« Mais je ne l’ai jamais fait. »

Kika frissonna, elle sembla l’espace d’une seconde surprise, et effrayée, par sa propre franchise. Elle baissa le bras (tout en tenant toujours la dague bien serrée).

« Non, je n’ai jamais coupé le sexe d’un homme. »

Elle éclata de rire, leva à nouveau le bras, et lança la dague, qui rata largement sa cible. Kika, cependant, n’en sembla ni surprise ni déçue. Elle haussa les épaules avec un sourire inédit.

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Waylon Walsh
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Mar 8 Sep - 13:44

Waylon semblait attendre, presque patiemment, que Kika réagisse. Il lui lançait toujours ce regard moqueur, avait toujours ce rictus canin, mais attendait tout simplement qu’elle mène le jeu. Oh bien sûr, il n’était pas non plus un esclave si docile, il était celui qui avait proposé d’enlever le pantalon, et son attente était presque un ordre, un ordre à la jeune femme de réagir, de continuer. A voir Waylon ainsi, stoïque, comme une sorte de statue érotique, on ne pouvait pas imaginer que Kika puisse reculer. En réalité, la fin de la scène était scellée depuis un moment. On pouvait choisir de considérer qu’elle l’avait été au moment où Kika l’avait touché pour le soigner… Mais si on était du genre à prendre Waylon pour autre chose qu’un simple humain mythomane, on aurait presque pu se dire qu’elle l’avait été au moment où il avait trouvé Kika frissonnant dans cette même forêt quelques mois plus tôt. La rencontre avait été étonnante, à l’image des deux personnages… Et quelque part, elle avait mené à cette rencontre-là, à cet affrontement-là, et à tout ce qui suivrait.

Quand l’Hellène avoua son manque d’expérience dans le domaine, Waylon ne sembla trouver de bon goût de lui répondre quoi que ce soit. En fait, il semblait attendre la suite, qui vint plutôt rapidement. Pas un muscle ne frémit quand elle le menaça de sa dague, pas un ne bougea au moment où elle parla d’émasculation, et il sembla tout aussi statufié au moment où elle lança la dague. Oh il ne fallait pas être un grand spécialiste des armes blanches pour voir dès son lancer que la dague ne toucherait pas le garde-chasse, et encore moins cette partie de son anatomie qui semblait tant attirer Youlika, malgré la colère, la rage que ça provoquait chez elle. Une fois que la dague se fut plantée dans un arbre qui se trouvait derrière lui, et à ce moment-là seulement, Waylon s’autorisa un mouvement. Son sourire s’étira. On aurait pu croire qu’il allait rester planté là, parce qu’il ne bougea pas plus avant quelques fractions de secondes, et parce que, après tout, ça avait été la règle du jeu jusqu’à présent. Sauf que Youlika lui avait avoué sa faiblesse, quelques secondes plus tôt, et même si ça avait été accompagné de l’acte de violence qui avait suivi, logique quand on connaissait la grecque et son incapacité à reconnaître ses faiblesses, ça ne changeait rien au fait que ça changeait légèrement la donne (du moins si on considérait que Waylon ait pensé jusqu’à présent que Kika était plus expérimentée, ce qui n’était pas certain).

Waylon donc, après avoir souri en réponse au sourire de la jeune femme, passa à l’action. D’un pas décidé, il s’approcha de la jeune femme et la saisit par les hanches. Au lieu de s’arrêter là et de l’embrasser, comme dans tout bon film tout public (sauf qu’évidemment il n’aurait sûrement pas été nu comme un ver dans ce cas), il se contenta de la soulever à quelques centimètres du sol, et de continuer à avancer. Rapidement, il la plaqua contre un arbre, assez violemment pour dépasser le stade du film tout public, et la souleva encore un peu, maltraitant ainsi son dos qui racla contre l’écorce rude de l’arbre centenaire, juste assez pour que leurs deux visages soient à la même hauteur. Ils étaient proches mais ne se touchaient pas encore, à part les grosses mains de Waylon qui tenaient fermement ses hanches. Le contact n’avait encore rien de réellement sensuel, du moins pas dans le sens le plus classique du terme, parce qu’à vrai dire pour un homme des bois et une grecque portée sur le sadomasochisme, ce qui se passait était sûrement proche du préliminaire. Quelque chose de menaçant passa dans le regard de Waylon, assorti à un sourire ironique, avant qu’il ne dise :

« L'ignorance n'est pas de ton niveau, cherry… »

Et sans plus attendre, il se plaqua contre elle violemment, l’embrassa avec au moins autant de rudesse, et laissa aller ses mains à plus de libertés, maltraitant au passage assez gravement la robe que la jeune femme portait.

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Lun 14 Sep - 15:15

Comme elle se trouvait plantée là, debout devant lui, les bras tendus, le long du corps, Youlika eut le sentiment d’être à présent aussi nue que son interlocuteur. Bien sûr, elle portait encore une robe d’épaisse toile rouge sombre, mais elle avait renoncé à son arme. Elle était entièrement à la merci du garde-chasse, de son regard déshabillant, des mains qu’il porterait sur elle, pour agir au gré de sa fantaisie. Telle un arc tendu, l’Hellène demeura immobile, dardant sur Waylon des yeux brûlants et farouches, même lorsqu’il se leva et avança vers elle. Le contact soudain des mains masculines sur ses hanches la fit frissonner, en dépit de leur tiédeur. S’obstinant à soutenir le regard du garde-chasse comme si sa vie en dépendait, parce que c’était le seul moyen d’affirmer sa force, sa volonté.

N’importe qui dans sa situation aurait probablement renoncé, trouvé ridicule de prétendre pouvoir influencer en quoi que ce soit le déroulement inéluctable des événements. Evidemment, une fille normale n’aurait pas joué à ce jeu dangereux avec le garde-chasse ; mais à supposer qu’elle se soit retrouvée dans la situation de Kika, c’est-à-dire autoritairement soulevée du sol, ou bien elle aurait assumé ses propres désirs, placé ses bras autour du cou et relevé les cuisses autour du bassin de son amant, pour l’y emprisonner comme un étau ; ou bien elle se serait guider par l’angoisse, et lui aurait demandé, au moins, de s’y prendre avec douceur. Mais bien sûr, et Waylon avait pu s’en rendre compte, la Grecque n’était pas exactement « une fille normale ». Il y avait probablement quelque chose d’assez risible, à la voir si raide, immobile, avec un air de fierté mêlé d’un désir ardent absolument pas maîtrisé, et donc parfaitement évident. La tête légèrement penchée vers l’arrière, Kika paraissait dans un même mouvement offrir sa gorge et persister à la refuser.

Waylon ne la ménagea pas ; il la plaqua violemment contre le tronc d’un hêtre, et l’arrière du crâne de l’Hellène reçut une partie du choc ; elle laissa échapper un cri étranglé, suffoquée par l’acuité de la douleur. Il lui semblait qu’une nuée d’étoiles lumineuses lui vrillaient la tête, et que jusque dans le bas du dos, elle avait mal : elle ne se rendit pas compte sur l’instant que c’était le garde-chasse qui, en la soulevant, l’avait éraflé. Elle ressentit simplement qu’il était plus proche d’elle que jamais, leurs deux visages se faisant face ; la douleur était vive, mais les élancements, comme des brûlures spasmodiques jusqu’au creux de ses reins, décuplaient étrangement l’intensité de l’instant, et le désir croissant de l’Hellène.

Elle avait toujours méprisé ces mièvreries minaudes que les filles d’Héra nommaient l’amour, et dont elles cherchaient à reproduire les effets par des jeux qu’elle trouvait simplement dégoutants. Ces pestes voluptueuses, juste bonnes à s’alanguir dans le confort du coton de leurs draps, et pour qui le summum de l’interdit eût été de tomber du lit, étaient au mieux risibles. Elles n’étaient pas le genre de filles à qui l’on enseignait le sort des anciennes Ourses de Brauron, qui, à peine sorties de l’enfance, accomplissaient la procession rituelle jusqu’à une grotte secrète, sous l’acropole. Portant sur leur tête des paniers remplis de pâtisseries aux formes suggestives, elles revêtaient des tuniques orangées en symbole du mariage symbolique qui les attendait au creux des ténèbres. C’est en imaginant l’obscurité, l’odeur âcre des murs de pierre humide, et de leur peur, que Kika avait pour la première fois appréhendé le concept d’excitation. Elle n’aurait pu rêver cadre plus approprié à ses fantasmes qu’une clairière perdue au fond d’une forêt sauvage, contre un tronc rugueux, et rien que la terre nue et caillouteuse en guise de couche.

Nul n’aurait pu davantage s’accorder à ses fantasmes qu’un homme à peine humain, nu, sale, sur lequel elle respirait encore l’odeur du sang qu’elle venait de nettoyer ; Kika était bel et bien tout à fait ignorante en matière de sexe ; quand on lui disait « amour », elle voyait des petites mines languissantes, du rose, des crèmes et des fards, elle respirait des parfums aigres d’œillet fané, elle entendait des couinements de poules et des gémissements maniérés. Ce n’était certainement pas cela qui lui faisait envie ; et elle n’imaginait pas que la douceur puisse rendre le moment plus agréable, que les murmures et les caresses pouvaient faire frissonner davantage que les cris et les morsures. Elle découvrait à peine le plaisir de l’attente, tandis que Waylon se tenait face à elle, tout près, mais pas tout contre elle. Le souffle court, elle soutenait toujours son regard, et la menace qu’elle y lut la fit frissonner d’un tout autre sentiment que la peur.

Bien qu’elle eût tout au long de sa vie, des missions pour l’école, des épreuves, toujours fait preuve d’une prudence exemplaire, qui expliquait d’ailleurs qu’elle ait si bien réussi dans son domaine : on pouvait bien dire qu’elle était lâche, mais elle savait quand il était temps de se battre, et quand il fallait plier casaque. Mais il n’était cette fois pas question de prudence ; Youlika n’avait aucune confiance en Waylon. Il l’avait manipulée, nul ne savait qui il était, ni même avec certitude ce qu’il était. Qui pouvait dire ce qui lui passait par la tête ? Si ce qu’il racontait était vrai ? Absolument personne. Peut-être avait-il comptait-il se venger, la frapper, la tuer même pour avoir cru le mettre à sa merci ?

Il n’y avait rien de plus excitant que cette incertitude. Elle l’avait dit, les Sywhaîdiens étaient bien trop gentils pour elle. Elle avait besoin d’une grosse piqûre d’adrénaline, quitte à largement dépasser les prescriptions recommandées. Lorsque Waylon prit la parole, quelques secondes seulement s’étaient écoulées depuis qu’il avait plaqué Youlika contre l’arbre. Il n’aurait pu mieux choisir ses mots ; mieux la flatter en parlant de son « niveau », sous-entendant –à juste titre, bien évidemment - qu’elle sortait de l’ordinaire ; et jusqu’à ce surnom qui l’horripilait, qui lui donnait encore plus envie, si c’était possible, d’attirer le garde-chasse à elle pour un corps à corps sans merci. L’œil étincelant, elle écarta les jambes, au moment même où il se plaquait à elle pour l’embrasser. Si du moins on pouvait appeler « baiser » leur sauvage entremêlement de bouches, de lèvres, de langues. Il était devenu absolument impossible à Kika de faire fonctionner autre chose que ses seuls instincts, que d’écouter autre chose que ses sens enivrés.

Elle n’était probablement pas une amante de premier choix ; ses gestes étaient instinctifs, brutaux et malhabiles ; simplement dictés par la passion. Elle avait tout juste assez de contrôle pour comprendre que la robe qu’elle portait était un obstacle au contact de leurs corps et, avec impatience, elle arracha les boutons et lacets qui retenaient encore les lambeaux de tissu épargnés par les mains du garde-chasse. Toujours adossée au tronc de l’arbre, et le dos écorché jusqu’au sang à force d’en frotter la rugueuse écorce, Youlika avait commencé par vouloir attirer fébrilement Waylon à elle, en griffant plus qu’en caressant ce dernier. Mais elle ne put bientôt plus qu’oublier qu’elle avait des mains, pour ne penser qu’à celles de Waylon, aux libertés qu’elles prenaient ; rien à voir avec ces chatouilles appliquées infligées par certaines filles d’Egine, qui semblaient suivre une cartographie bien trop étudiée. Les gestes du garde-chasse n’étaient pas doux, ils n’étaient pas gentils, ils ne semblaient pas chercher à offrir du plaisir, mais le procurer comme par hasard.

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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Lun 28 Sep - 10:50

Ce qui se passa dans cette clairière par la suite fut quelque chose dont personne n’entendit parler. Waylon avait beau raconter des milliers d’histoires différentes, il n’était pas pour autant vraiment du genre à se vanter sur ses conquêtes amoureuses. Plusieurs témoins l’avaient vu sortir de la salle de bain juste après une Asa apparemment bien requinquée, et pourtant personne n’avait jamais entendu parler, de par le garde-chasse du moins, de ce qui s’était passé dans cet endroit. De même, personne n’entendrait parler de cette clairière et de la passion violente de l’inexpérimentée grecque. De toute façon, ça n’aurait sûrement intéressé personne. Les histoires de sexe entre deux sywhaîdiens n’étaient pas vraiment ce qui passionnait le plus les foules dans le coin. Alors Youlika et Waylon… Disons qu’ils n’était pas deux très « bons sywhaîdiens » comme aurait dit Waylon. Et ils n’étaient donc pas non plus deux sywhaîdiens très populaires… (et l’auraient sûrement été encore moins si quelqu’un avait été raconter ce qui s’était passé dans cette clairière, en détails…).

Les minutes qui suivirent furent… chaotiques et passionnées. Violentes aussi. La rudesse de Waylon aurait sûrement pu paraître effrayante pour la plupart des jeunes vierges de la Lande. Les écorchures se multiplièrent, ainsi que les futurs hématomes très certainement. A chaque nouveau plaisir s’additionnait plusieurs petits bobos qui resteraient là un petit moment pour le rappeler. Mais le plaisir était bel et bien là, aussi fort et dévastateur que le désir ne l’avait été. Kika n’était peut-être pas la plus expérimentée des amantes, mais Waylon lui semblait savoir ce qu’il faisait. Si ses gestes étaient rudes et si sa façon d’aimer Youlika dans cette clairière semblait animale, si rien de tout cela ne semblait être étudié, ça n’en restait pas moins exactement ce qu’il fallait pour combler Youlika.

Ce fut relativement bref, Waylon ne s’encombra d’aucune fioriture, mais la relative rapidité de l’acte n’enleva rien à sa force. Plutôt l’inverse même. En fait, le sexe entre la grecque et le garde chasse fut aussi bref et aussi destructeur qu’un orage d’été. Aussi violent qu’une tempête. Et aussi dévastateur qu’un tremblement de terre. Il fallait être sacrément forte pour se sortir indemne d’une telle séance de jambe en l’air, la plupart des gens en auraient sûrement été au moins perturbé. Pourtant, quand la fin arriva, avec la satisfaction et le soulagement de la dernière vague ultime de plaisir, et que les deux amants se séparèrent, après un dernier baiser arraché, et que Waylon alla tranquillement chercher son jean pour l’enfiler, le garde-chasse n’eut aucune parole, aucun commentaire. S’il avait été quelqu’un d’à peu près normal, sûrement qu’il aurait cherché à savoir si Kika avait supporté ce qu’elle venait de vivre, il aurait sûrement voulu connaître ses impression sur cette première fois… et lui aurait sûrement expliqué que, en général, ça ne se passait pas exactement comme ça. Mais le garde-chasse n’était pas quelqu’un de normal. Plus on s’attendait à ce qu’il dise quelque chose, plus il devenait muet. Il ne dit pas un mot et enfila son jean, tournant le dos à Kika, lui laissant voir les marques qu’elle lui avait imprimé dans le dos, et la plaie qui s’était rouverte pendant leur activité, plaie qu’il ne semblait même pas avoir remarqué.

[Euh… A toi de voir, mais je pense qu’on arrive vers la fin… Désolée pour ce message pourri, c’était pas évident, surtout avec Waylon ahem.]

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Youlika Manthoulis
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MessageSujet: Re: Chaperon rouge, grand méchant loup   Mer 30 Sep - 21:36

[Bah moi je l'ai trouvé superbe, ton message !]

Non, personne n'entendrait parler de ce qui se passa, ce jour-là, dans cette clairière. Nul ne verrait l'expression qui se lut dans le regard de l'Hellène, lorsque Waylon, son jean renfilé, lui tourna le dos et disparut. Elle restait là, contre le tronc de l'arbre, ses longs membres comme désarticulés. Elle était à moitié nue, la belle robe rouge déchirée couvrant à peine une partie de son torse et de l'une de ses cuisses ; un vrai champ de bataille, tachée de terre, de sueur, de sang, aussi. Comme sa propriétaire, dont le souffle était encore haletant, et dont la maigre poitrine se soulevait à un rythme encore saccadé.

Une fois le garde-chasse hors de vue, Kika baissa les yeux, et il lui sembla que ses blessures se manifestaient tout à coup. Comme si ses nerfs avaient repris le travail, aux quatre coins de son organisme. Mal aux cheveux qu'il lui avait tirés, aux griffures dans son dos, aux morsures sur ses seins. Le bas de son corps lui faisait très mal aussi. Gravats incrustés, éraflures ou perlait le sang... et, dans les prochains jours, probablement des bleus tout le long de ses cuisses.

Youlika caressa avec lassitude ses blessures au fur et à mesure qu'elles se réveillaient, pour les soigner comme elle l'avait fait pour celles de Waylon ; mais aussi pour se souvenir des instants qui les avait causées. Elle avait mal. De la tête aux pieds ; quelque chose en elle était né, mais quelque chose était mort, aussi ; elle avait abandonné un pan de sa fierté. Elle eut du mal à se relever et, une fois debout, eut l'impression que la clairière tournait autour d'elle. Elle dut se tenir à l'arbre. Même la plante de ses pieds était douloureuse. Mais elle serra les dents, et fit quelques pas lents pour récupérer sa dague. Au moment de la replacer dans son étui, Kika éclata soudain en larmes silencieuses.

Heureusement, personne n'entendrait parler de ce qui se passa, ce jour-là, dans cette clairière.

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