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 [Majeure] La face cachée.

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Jena Solomiya
Professeur de Magie Canalisatrice
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MessageSujet: [Majeure] La face cachée.   Mar 23 Juin - 13:03

On était le trois juillet. La date en elle-même ne voulait pas dire grand-chose. Oh, okay, le chiffre trois était un chiffre important en magie, surtout en magie celte, et en plus c’était un chiffre qu’on retrouverait plusieurs fois durant le travail de cette nuit (trois humaines, trois daemon, troisième cercle…) mais c’était plus ou moins un pur hasard. Parce qu’en fait, si Jena avait choisi cette date, c’était à cause de l’absence de Lune. Cette absence permettrait aux étudiantes de plus facilement faire la transe… Le premier cercle était le cercle de l’évidence, le second de l’inconscient… et le troisième de la face cachée. Et la Lune en était la représentante. La Lune, ronde et belle, qui pouvait déchaîner les mers et causer tant de morts et de chaos. La Lune qui disparaissait chaque mois, et qui quand elle était la plus belle révélait les instincts les plus meurtriers, les plus animaux des hommes. Jena frissonna. Oui, la Lune. Elle s’était toujours sentie très proche de l’astre lunaire. Sûrement parce qu’elle était née un soir de lune rousse, ce qui chez les Tesulah était un évènement considéré comme assez important, source de grands pouvoirs… et d’un destin tortueux. Ca, elle avait les deux notre professeur de magie canalisatrice, on pouvait le dire.

Le cercle que Jena avait formé, qui aurait ressemblé à un triangle si les fameuses pierres vertes n’avaient pas permis de faire une forme ronde en liant les fins tapis de sol les uns au autres, était en tous points identique à ceux que Ronnie et Zelia avaient déjà observés pour les autres transes. La technique en elle-même était plus ou moins la même, seule changeait la potion. Une potion compliquée, pour laquelle Jena s’était faite assister par Marybeth, elle-même n’étant pas assez précise dans ses potions pour une potion d’une telle complexité, elle savait faire la plupart des potions de base en MC, mais n’était pas une grande spécialiste, ça ne l’avait jamais autant intéressée que le reste. Les potions étaient dans deux fioles de cristal, de très belles fioles, magiques, qui contenaient les flux volatiles des potions. Les deux fioles étaient posées près des tapis attribués à Zelia et Ronnie.

Evidemment, la grossesse de Ronnie avait poussé Jena à ajouter des sécurités, pour Ava, mais dans l’ensemble les transes zoomorphiques étaient beaucoup moins dangereuses pour le corps que les transes mimétiques. Evidemment, à partir de la troisième, elles n’étaient plus aussi anodines que ça pour l’esprit, mais ça ne changeait rien au fait qu’Ava ne prenait aucun risque, Jena n’aurait jamais accepté de le faire si ça avait été le cas. Nanosh non plus d’ailleurs. Sous la forme d’une magnifique panthère noire, il scrutait le chemin par lequel les deux jeunes femmes allaient arriver. Il était près de deux heures du matin, l’heure à laquelle à cette période de l’année il faisait le plus nuit, et les deux jeunes femmes n’avaient même pas l’astre lunaire pour s’aider à avancer. Jena leur avait interdit de faire de la magie pendant trois (encore ce chiffre) jours avant la transe, et elles n’avaient pas leurs médiums sur elles, mais Jena avait placé plusieurs petits feux pour les aider sur le chemin. Pas grand-chose, l’obscurité aidait pour cette transe, mais assez pour marcher sans tomber.

Quand elles arrivèrent, Jena les salua sobrement et leur fit signe de s’installer. Tant de solennité venant de la tsigane était quelque chose d’étonnant. Mais Zelia et Ronnie approchaient des limites de la zoomorphie « dilettante » , ce qu’elles faisaient était quelque chose de dangereux à présent, pas encore de vraiment vraiment dangereux, mais assez pour que Jena soit sérieuse. D’ailleurs, son ton était très sérieux quand elle leur rappela :

« La transe zoomorphique de troisième cercle vous donnera plus de problèmes que les deux premières. Je sais que vous êtes des sorcières talentueuses, et que vos transes mimétiques vous y ont préparées. » Les deux jeunes femmes avaient raconté à Jena leurs transes mimétiques durant leurs premiers entretiens personnels avec elle, c’était une des choses qu’elle demandait, même si ça pouvait être gênant, parce qu’elle en avait besoin pour comprendre ses étudiants et leurs rapports à la magie. « Mais je dois quand même vous mettre en garde une nouvelle fois. Cette transe va vous confronter à vos facettes les plus sombres de vos personnalités. Non, je m’exprime mal. Elle va vous confronter à vos facettes les plus cachées, celles que vous refusez d’affronter… Personnellement, j’ai découvert, entre autres, un romantisme en moi que j’avais toujours enfoui, y a plus traumatisant, mais c’était tout de même étrange. » Elle avait sourit en disant cela, et le feu avait éclairé son visage de façon à ce que ce sourire paraisse presque mélancolique, mais était-ce vraiment le feu ? « Je vous connais toutes les deux. Je vous apprécie. Mais ce que vous allez voir ne sera pas forcément joli joli. Vous avez des caractères forts, et vos facettes seront sûrement extrêmes. Les scènes que vous verrez aussi. Il ne s’agira ni de souvenirs, ni de futurs possibles, mais de sortes de « fantasmes ». Cohérents, proches sûrement de choses que vous avez vécues ou que vous pourrez un jour vivre, mais durant lesquels une de vos facettes méconnues prendra le dessus sur vous. Ce sera éprouvant. Et je vous demande donc de ne boire cette potion qu’en toute connaissance de cause. »

Elle savait qu’elles boiraient. Elle les connaissait. Et puis, elles savaient en fait déjà tout ça… Mais elle se devait de le leur redire, c’était son job. Elle sourit de nouveau et attendit que les transes des jeunes femmes commencent.

[Ronnie ? Zelia ? (oui je m’appelle et alors ? :p ) ]

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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: [Majeure] La face cachée.   Mer 22 Juil - 11:40

Les trois derniers jours avaient été éprouvants pour Zelia. Pour quelqu’un qui, comme elle, était habitué à faire de la magie très régulièrement, actes lourds inclus, s’arrêter abruptement était quelque chose de particulièrement difficile. Ses flux étaient complètement condensés, excités, presque hystériques, et elle avait dû s’épuiser physiquement pour oublier son énergie magique. Cela n’avait plus fonctionné en ce troisième jour et elle s’était sentie proche de l’explosion, ce qui l’avait un peu inquiétée, si seulement trois jours sans magie lui posaient autant de problèmes, comment ferait-elle si un jour elle devait attendre encore plus ? Elle savait bien qu’en magie, plus on en faisait, plus on avait besoin d’en faire, les flux se développaient, et une fois qu’ils avaient été libérés, c’était encore pire. Seulement, elle n’avait pas pensé que ce serait si dur… Mais elle n’avait pas non plus réalisé qu’elle n’avait pas arrêté la magie depuis des années.

Elle était allée chercher Ronnie chez elle quelques minutes plus tôt, essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller un Logan qui, de toute façon, était déjà réveillé (à croire que l’idée que sa femme enceinte fasse une transe lourde l’empêchait de dormir, étonnant, non ?). Elle portait un jean bleu clair et un gilet framboise par dessus un top blanc. Même s’il faisait très chaud cet été, les nuits avaient tendance à être plus fraîches, surtout quand on ne bougeait pas, et Zelia savait que si son esprit serait très actif, son corps lui serait inerte durant toute la transe. Ronnie et elle avaient peu parlé durant le reste du chemin. Avancer dans cette obscurité était bien assez compliqué. Même Uprhoed avait du mal, il faut dire qu’il n’était pas un oiseau nocturne mais il y voyait quand même mieux de nuit que sa moitié.

Arrivée vers Jena, la même solennité envahit Zelia. Oui, elle connaissait le principe de cette Transe et n’écouta que vaguement les explications de son professeur. Elle était inquiète, et elle savait qu’elle avait des raisons de l’être. Depuis toujours, elle avait enfoui des tas de facettes de sa personnalité au plus profond de son inconscient, elle les avait combattues et essayé de les détruire. Nul doute qu’elles lui reviendraient ce soir en pleine tronche, violemment si possible. Elle se souvint de sa transe mimétique et frissonna, laissant malgré elle couler son regard jusqu’à l’énorme cicatrice qui défigurait la paume de sa main. Elle avait souffert cette nuit-là, elle avait affronté ce qu’elle avait pensé être le pire… Etait-il possible que cette transe-là prouve qu’elle avait eu tort ?

Elle se contenta de hocher de la tête et de prendre la fiole, admirant le travail magique fait autour de l’objet, mais pas tellement le travail de potion, elle avait toujours été nulle dans ce domaine et l’avait détesté dès le premier jour. Elle prit une inspiration et ouvrit la fiole avant d’en boire le contenu d’une seule traite. Le goût rappelait un peu la citronnade, avec un arrière goût mentholé qu’elle n’eut pas vraiment le temps d’analyser puisque, déjà, elle sombrait dans sa transe….

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Veronica Raines
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MessageSujet: Re: [Majeure] La face cachée.   Mer 22 Juil - 23:11

[Désolée pour le retard!!]

Quand Zelia était passée prendre Ronnie, Logan et elle ne dormaient effectivement pas. Il faut dire que trois jours sans magie, quand on avait les flux constamment au bord de l’explosion, ça exigeait des compensations. Zel avait choisi les activités sportives et Ronnie, elle…avait choisi… d’autres activités sportives. Raison pour laquelle Logan ne dormait pas et, à son avis, ne s’inquiétait pas tant que ça de la suite des événements. Quand l’Anglaise avait frappé à la porte, c’était lui qui était allé ouvrir, les cheveux ébouriffés, en caleçon (l’avantage d’une amie lesbienne, c’était qu’on ne s’inquiétait pas qu’elle voie son mari en sous-vêtements), pendant que Ronnie finissait de se coiffer. Elle était ensuite sortie tout sourire, avait claqué deux bises à Zelia, embrassé tendrement Logan et était sortie aussi légèrement que le permettait ses presque huit mois de grossesse.

La future maman portait la robe vert anis qu’elle n’avait pour ainsi dire pas quitté depuis que sa grossesse l’avait forcée à renoncer aux jeans et à toutes ses autres robes. Elle avait ajouté un petit gilet blanc, pour les raisons susnommées et portait des tennis blanches avec des socquettes. Ses longs cheveux blonds étaient remontés en une simple queue de cheval et les mèches récalcitrantes étaient retenues par des pinces. Le trajet avait été silencieux. Malgré les feux, il valait mieux faire gaffe où on posait les pieds, d’autant plus qu’elle ne pouvait s’aider des flux et que Rohé, en tant qu’oiseau diurne (comme il aimait à le souligner), était plus un boulet qu’autre chose.

Veronica était sans doute la moins inquiète des trois. Enfin, si, elle était inquiète, mais pas pour elle, pour Ava. Elle avait beau faire confiance à Jena les yeux fermés, une partie d’elle ne pouvait s’empêcher de s’en faire. Par contre, elle ne s’inquiétait pas pour elle. Elle était même curieuse pour tout dire. Contrairement à Zelia, elle n’avait jamais rien enfoui. Ses défauts, ses aspects les plus sombres, elle les connaissait, elle les affrontait. A son tour, elle se contenta de hocher la tête et de vider le contenu de la fiole. Elle eut tout juste le temps de s’allonger relativement confortablement que, déjà, elle sombrait.

* * *


Elle entend James et Samuel se disputer dans le salon. Pourquoi aujourd’hui serait-il différent d’hier ? Ronnie ne lève même pas les yeux de son journal. Elle continue de siroter son café, attendant sereinement le moment d’intervenir. En général, ça se manifeste par des pleurs, des cris, des courses vers la cuisine. Les trois en même temps généralement. Elle tourne la page et pose distraitement la main sur son ventre rond. Enfin une fille ! Une petite poupée qui ne passera pas son temps à hurler, à jouer au ballon dans le salon et à se battre pour la manette.

- Mummyyyyyyy !!!!!

Ah, c’est visiblement James qui a perdu. Avec un soupir, elle pose le journal sur la table et se lève. Les deux garçons racontent leur version des faits en même temps, ce qui rend toute compréhension difficile. De toute façon, elle ne cherche même pas à comprendre. Elle se campe au milieu du champ de bataille – enfin, du salon – les poings sur les hanches et fusille les gosses du regard. Ils connaissent ces yeux là. James s’arrête miraculeusement de pleurer. Sam, lui, essaye de prendre l’air contrit.

- Je ne veux pas le savoir, dit-elle de sa voix la plus calme, celle qui les fait filer droit, on sort dans cinq minutes, je veux que le salon soit nickel d’ici là. Compris ?

Sam et James acquiescent avec autant de réticence qu’il est humainement possible, en évitant de se regarder.

- Je suis en plein milieu d’un article. Je veux le finir avant de partir. Are we clear ?

- Crystal, marmonnent les deux garçons à l’unisson.

Sourire satisfait aux lèvres, Ronnie retourne dans la cuisine, reprend sa chaise, son journal et son café. Il a refroidi et, d’un vague geste de la main, elle le réchauffe, tout en finissant cet article sur Jena Solomiya, une grande spécialiste de MC, dont elle a lu tous les livres à la fac. Dieu que cela semble loin maintenant ! Quand c’est fini, elle rince soigneusement la tasse (jaune, orné d’un « to the best Mom » bleu) et lance :

- Vous être prêts ?

Une vague réponse lui parvient, qu’elle choisit de prendre pour un oui. Elle a raison. Quand elle débarque dans l’entrée, les deux garçons sont sur le départ, avec leur casquette et leur short. Ils se ressemblent tellement qu’on ne croirait pas que Sam a deux ans de plus que son frère. Et ils ressemblent tellement à leur père qu’on pourrait penser que Ronnie n’a rien eu à voir avec le processus de fabrication. Elle prend son sac, ses clefs de voiture et suit les garçons dans la cour. Elle évite nonchalamment les vélos, les ballons et les battes de baseball qui traîne et parvient sans encombre à la voiture. Après avoir bouclé la ceinture de James et vérifié que Sam était bien attaché, elle monte derrière le volant et met le contact. La radio s’allume immédiatement. L’heure des infos. Mardi 12 mai, 16h00. Elle change rapidement de station. Et sourit. Elle connaît bien ce tube. Les enfants aussi. Elle les entend chanter – brailler – en chœur. Il faut dire qu’ils ont eu le disque à la maison avant qu’il ne soit commercialisé. La maquette, se corrige-t-elle mentalement. Avoir un mari producteur, ça aide à se tenir au courant de l’actualité musicale... Au bout d’une dizaine de minutes seulement, elle se gare, détache les garçons et les laisse courir. Etant donné son état, elle prend son temps. Clarisse, à l’accueil, offre des sucettes aux enfants et sourit à la maman.

- M. MacAlistair est dans son bureau, il demande que vous montiez le rejoindre.

Elle la remercie d’un signe de tête et se dirige vers l’ascenseur. Au moment d’appuyer sur le bouton, elle est devancée par James, suivi de près par Sam qui se venge d’un coup de pied dans le tibia qui lui vaut une immédiate tape sur la tête par sa mère. C’est un James victorieux qui sort en premier de la cabine et qui a donc l’honneur d’être le premier dans les bras de Dad. Dad qui attrape Sam avec sa main libre, pour ne pas faire de jaloux.

- Hey champs !

Ronnie s’avance à son tour. Logan lâche les garçons et serre sa femme contre lui, dépose un tendre baiser sur ses lèvres et pose une main douce sur son ventre rond.

- Dure journée ?

- Dans l’absolue ou relativement aux autres journées passées avec ces deux monstres ?


Logan éclate de rire.

- J’ai juste un coup de fil à passer et on est partis…

- Prends ton temps honey…


* * *


Noir. Ronnie frissonne. Psychiquement parlant du moins. Elle ? Pondeuse acharnée ? Mère au foyer comblée ? Epouse aimante et dévouée ? Seigneur…

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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: [Majeure] La face cachée.   Lun 31 Aoû - 0:25

« Alors, comment s’est passée cette semaine ? »

Zelia est complètement recroquevillée dans son fauteuil. Elle lance un regard ennuyé vers le Dr Johanssen qui se trouve de l’autre côté de ce bureau massif, pauvre barrière entre deux mondes qui ne devraient pas se rencontrer. Elle n’a pas envie de répondre. Ces séances sont stupides. Ca n’est pas pour ça qu’elle est venue ici. Si elle est venue ici c’est justement parce qu’elle n’a aucune envie de se poser toutes ces questions, de chercher des solutions. Quand elle a signé à l’accueil son admission, elle pensait s’être débarrassée de tout ça. Seulement ce petit microbe quinqua chauve aux grosses lunettes en écaille de tortue ne peut s’empêcher de passer son temps à vouloir la faire parler. Hors de question. Comme à chaque séance, elle prend son air buté et ne répond rien.

« Ecoute, Zelia, nous en avons déjà discuté. Si tu ne fais aucun effort, nous ne pourrons jamais régler tes problèmes. »

Extérieurement, elle reste toujours aussi placide. Intérieurement, elle se fend d’un sourire ironique. Régler ses problèmes. Comme si Rufus Johanssen pouvait savoir quoi que ce soit de ses problèmes ! Oh, il a sûrement fait une grande école, même si elle ne se souvient plus de si c’est Harvard ou Yale, et il est considéré comme un des grands spécialistes de la psychologie, principalement liée à de grands chocs magiques, mais il ne comprend rien à Zelia Diulcinea et le prouve un peu plus à chacune de ces séances hebdomadaires. A la limite, le seul mérite qu’elle lui reconnaît, est de l’avoir changée de service, passée des grands dépressifs aux chocs post-traumatiques magiques. Bien évidemment, tout ça est fait bien trop tard, le choc en question a eu lieu trop longtemps auparavant, il n’y a plus rien à faire, et maintenant elle est dépressive, mais il a au moins eu une intuition pas trop mauvaise. Depuis, il patauge. Il veut qu’elle lui parle de sa famille, de sa sexualité, de son rapport à la magie, de pourquoi elle est partie de Sywhaîd, de pourquoi elle refuse de voir tous ces gens qui ont un jour compté pour elle… De pourquoi elle est venue ici… Mais il n’arrive à rien tirer d’elle. Principalement parce que Zelia ne veut pas guérir. Le secret est simple, le jour où elle a été admise ici, elle a décidé d’abandonner. D’arrêter de lutter, de ne plus choisir entre bien et mal, entre noir et blanc, entre moral et immoral. Elle a décidé d’arrêter de vivre. Si elle avait pensé que c’était une solution, elle se serait suicidée, mais elle a eu trop peur de, oui c’est plutôt comique, le regretter.

« Tu sais que Celesta est venue te voir hier ? Elle téléphone plusieurs fois par semaines et malgré ce qu’on lui dit, elle continue à essayer régulièrement de te voir. Tu sais à quel point ça la rend triste quand tu refuses ? »

Zelia ne bouge pas, mais si elle n’avait pas décidé d’adopter cette attitude face au docteur, elle aurait sûrement soupiré. Celesta… Oui, elle sait qu’elle vient la voir régulièrement. Mais non, elle ne se sent pas coupable. Elle ne doit rien à Celesta. Tout comme elle ne doit rien à sa famille, ou même à ses autres amis. Ou plutôt, si, elle leur devait ça. D’arrêter de les détruire à petit feu, de les utiliser, de jouer avec eux. Oh, elle ne le faisait pas tout le temps, mais elle savait bien qu’elle finirait par le faire, et elle ne voulait surtout pas que ça arrive. Si elle est venue ici, c’est pas prévention. Histoire d’éviter de faire du mal à qui que ce soit, plus qu’elle n’en avait déjà fait. C’est pour ça que ce docteur n’arrivera jamais à la faire parler. Pour ça qu’il ne percera jamais le secret. Elle ne peut pas lui expliquer, il ne comprendrait jamais. Il ne comprendrait pas tout ce qu’elle a dû subir depuis son enfance. Ce déséquilibre latent entre son yin et son yang, le fait que sa face sombre ait toujours essayé de prendre le dessus… Et le fait qu’elle est trop fatiguée à présent pour lutter. Ici, les médicaments, les infirmiers, les sorts qui empêchent de faire de la magie, tout ça est très reposant. L’absence de proches aussi, parce que du coup elle a moins de questions à se poser.

« Bon. Et bien, si tu n’as rien d’autre à dire, la séance est terminée. »

Elle s’en va sans rien dire de plus. Elle sait que le docteur va finir par craquer et par l’envoyer autre part, à un de ses confrères. Elle sait que ça n’est pas juste pour lui, parce qu’il est sûrement meilleur que ce qu’elle veut bien lui accorder, mais qu’elle ne lui laisse aucune clé pour comprendre. Le fait de ne pas vouloir être aidée est déjà une façon de tricher, elle le sait, mais elle s’en fiche. A présent, on peut bien faire d’elle ce qu’on voudra, ça ne lui importe plus. C’était le but, après tout, non ?

***

Dans le noir, Zelia frissonne à son tour. Jamais elle n’abandonnerait le combat comme ça. Jamais elle se retirerait de la vie. Abandonner n’a jamais été une option. Etre un légume qui se réjouit de ne pas se faire aider non plus…

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Veronica Raines
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MessageSujet: Re: [Majeure] La face cachée.   Lun 21 Sep - 12:03

[A (re)lire avant: http://www.sywhaid.com/magie-canalisatrice-f28/mc-cours-ii-les-vampires-t804.htm]

Ronnie a pris la fiole de potion avant de sortir mais elle ne la boit pas tout de suite. Elle monte lentement les escaliers menant à l’étage, passe sans s’arrêter devant la porte de Logan qui, de toute façon, doit dormir, et rejoint sa propre chambre. Un sentiment d’apaisement l’envahit, provoqué par la familiarité des lieux, les couleurs chaudes et la déco rassurante. Elle pose la fiole de potion sur sa coiffeuse et ôte ses escarpins sans ménagement, se défait de ses collants sans plus d’égard et retire sa robe avant de l’abandonner nonchalamment sur le dossier d’une chaise. Son soutien gorge suit le même trajet et elle enfile avec délice une nuisette en soie et dentelle couleur crème, un cadeau de Logan. Avec un soupir, elle s’assoit devant sa coiffeuse et annule les sorts qui contrôlent sa coiffure et son maquillage. Elle passe une crème sur son visage et entreprend ensuite de brosser les longues mèches blondes qui se sont dispersées sur ses épaules. Le mouvement répétitif de la brosse sur ses cheveux l’apaise. Ses cheveux se chargent d’électricité et brillent dans la lumière des bougies.

Lumière qui… soudain… n’est plus. Ronnie jette un coup d’œil vers la fenêtre ouverte, comme toujours. Ah, non, fermée. Le courant d’air a dû être plus fort qu’elle ne l’avait cru. Bizarre, elle n’a pas entendu la fenêtre claquer. Elle pose délicatement la brosse sur la coiffeuse et se lève lentement. Une espèce de sixième sens l’avertit que quelque chose ne va pas. Elle sent ses flux se rassembler, comme en réponse à cette menace invisible. D’un geste de la main, elle rallume une des bougies. Zoran est là, adossé nonchalamment au mur, aussi divin que durant le cours, il lui sourit d’un air félin.

- Miss Raines… susurre-t-il… Jena nous a grossièrement interrompu… si nous reprenions là où nous nous sommes arrêtés ?

En une fraction de seconde, il est près d’elle, si vite qu’elle l’a à peine vu bouger. Il ne la touche pas mais elle se sent déjà frissonner, follement attirée par la puissance froide qu’il dégage.

- Vous étiez mon véritable objectif ce soir… Miss James est trop instable et les autres…

Il a un vague geste méprisant de la main, comme si elles ne méritaient pas que l’on s’attarde sur leur cas. Il prend sa main dans la sienne et la serre brièvement.

- Mais vous… Miss Raines… Si vous saviez tout ce que je peux vous apporter… tout ce que vous pourriez vivre grâce à moi…

Comme pour lui répondre, les flux de Veronica s’agitent de plus belle, prenant une intensité qu’elle ne leur a jamais connu. Elle se rend à peine compte qu’il la tient tout contre lui.

- Vous le voulez, n’est-ce pas ? chuchote-t-il

Les yeux bleus de la jeune femme brillent d’un éclat inédit.

- Veronica…

Personne n’a jamais prononcé son nom comme cela. Elle est Ronnie depuis si longtemps…

- Veronica… répète-t-il, tandis qu’elle sent la pointe de ses canines sur sa gorge.

- Oui, souffle-t-elle seulement.

* * *


Tout est différent depuis qu’elle est devenue un vampire. Tout est plus grand, plus fou, plus intense. Tout est un jeu. Un jeu de pouvoir entre elle et Zoran. Ils passent des jours à choisir la proie qui impressionnera le plus l’autre et, quand il la trouve, transforment le repas en véritable cérémonie décadente : des bains de luxure, de violence et de sang mêlés. Ensemble, ils gravissent les échelons de la hiérarchie vampire, soumettent à leur volonté les êtres les plus forts, réduits en pantins entre leurs mains. Ils sont éminence grise derrière les plus grands noms du monde sorcier, ils sont le couple infernal, Satan et sa femme. Ils rient de la déconfiture de leurs ennemis, de la faiblesse de leurs proies, de leur supériorité. Ils…

* * *


Noir. Ronnie frissonne à nouveau, plus longuement. Cette vision a été différente de la précédente, une succession d’images, comme des souvenirs dans un album photo : ses canines, ses cheveux blonds, ses mains… rouges de sang. Instinctivement, elle tâte ses dents du bout des doigts, pour vérifier que tout est normal. Elle frissonne de nouveau. Elle connaît cette partie d’elle-même mais n’aurait jamais imaginé pouvoir aller jusque là, même lors d’une transe. Elle sait que certaines des scènes dont elle a été témoin la hanteront pour toujours. Elle frissonne encore, pour Ava cette fois. Quel genre de mère prétend-elle être si elle fantasme d’être un vampire ?

* * *


Une lumière. Ronnie comprend tout de suite que l’épreuve est finie. Une forme indistincte s’approche d’elle. Les contours de l’animal deviennent de plus en plus nets au fur et à mesure qu’il s’approche. Quand il n’est plus qu’à quelques pas de Ronnie, il s’arrête. Non, elle s’arrête. Ronnie le sait, c’est une femelle.

Une louve. Symbole de la débauche et du désir sexuel mais aussi de la fécondité et de la maternité. Animal représentant la force mal contrôlée et, parfois, les forces diaboliques, mais aussi l’élévation spirituelle, l’enseignement, l’initiation. Intuitive, refoulant ses sentiments pour ne pas être vulnérable, chasseuse de connaissances, pleine d’un amour de la liberté mais très attachée à son territoire, sensible à la critique et amoureuse de la beauté, ressentant un besoin intense d’aimer et, surtout, d’être aimée.

Elle ne sait pas d’où lui viennent toutes ces intuitions (moi si : http://www.paganguild.org/aubeseptiemelune/grimoire-chamanisme/totem/loup.htm), se contente de fixer les yeux dorés de la louve, profitant de sa présence avant qu’elle ne disparaisse.

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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: [Majeure] La face cachée.   Mar 29 Sep - 12:53

« Bo-ring… »

Zelia s’ennuie. Et en plus, elle n’a personne avec qui partager cet ennui, ce qui explique pourquoi elle a murmuré le mot qu’elle vient de prononcer. Assise au bar, elle joue avec la paille multicolore qui se trouve dans son Bloody Mary, son cocktail préféré. En Argentine elle aurait sûrement dû prendre une Margarita ou quelque chose comme ça mais le Bloody Mary ça reste assez international pour qu’elle n’ait pas eu de problème à se faire comprendre… Et depuis elle n’avait communiqué avec personne. Qu’est-ce qui lui a pris de sortir ce soir ? Elle était bien chez Enrike et Annette pourtant…. Non, elle n’était pas bien. Elle étouffait. A croire que sa rupture avec Ronnie l’a rendue claustrophobe. Elle soupire à cette pensée. Non ! Elle a dit qu’elle ne penserait pas à Veronica ce soir. Si elle était du genre à se prendre une cuite, sûr qu’elle aurait plusieurs cadavres de verre devant elle. Au lieu de ça, elle a un cocktail rouge dont elle n’a bu qu’un quart en une grosse demi-heure. Elle soupire. Bon, c’est pas tout, mais si dans dix minutes elle ne s’amuse pas, elle s’en va.

« Hey, trois vodka tonic et un whisky coca ! »

Elle tourne un regard ennuyé vers le mec qui vient de se glisser à côté d’elle pour passer sa commande. Il lui lance un sourire charmeur qui n’est rien de mieux qu’automatique et ils retournent chacun à leurs petites affaires. Non, les grands mecs blonds, avec des têtes de dom juan et l’air tellement sûr d’eux ça n’est pas son genre et ça ne l’a jamais… Hein ? En un bel ensemble, Zelia et l’inconnu tournèrent de nouveau leurs têtes l’un vers l’autre. Deux airs surpris, et quelques secondes de flottement le temps de tilter plus tard, et des sourires s’affichèrent sur leurs visages. Un sourire amusé pour elle, et un peu soulagé, enfin une tête connue dans le coin ! Et un sourire charmeur et moqueur pour lui, comme toujours.

« Zelia ! »

« Arkanis ! »

« Qu’est-ce que tes yeux bicolores font dans le coin ? Tu préfères le sud Argentin au Grand Nord maintenant ? »

« Je suis en vacances. Mais je suis descendue un peu au Sud, j’habite en Ecosse maintenant. »

« Loin de la civilisation j’imagine… »

« Tu me connais. »
répond-elle en haussant les épaules d’un air amusé.

Elle en profite pour observer un peu plus attentivement Arkanis. Il a changé, forcément, ça fait bien six ans qu’ils ne se sont pas vus, ou plus même peut-être ? Mais il est aussi resté le même. En fait, elle peut encore voir les mêmes mimiques que celles qu’il avait à l’époque de Syracuse, quand ils n’avaient que douze ans. Le voir était un peu comme retrouver Celesta. Arkanis était un ami d’enfance, une des personnes dont elle s’était sentie proche, d’une façon innocente et complète, sans toutes les complications que ses autres relations avaient pu engendrer. Et ce lien était fort, toujours, malgré toutes les années passées.

« Et alors, quoi de neuf ? » demande Arkanis après avoir passé une main dans ses cheveux courts.

« Tu t’attends vraiment à ce que je te résume ma vie en quelques phrases ? »

« Mhhh…. Non. »


Il sourit et Zelia ne peut s’empêcher de lui sourire en réponse. Avec lui ça a toujours été comme ça. Le barman pose les verres sur la table et Arkanis les attrape. Il se tourne vers la salle du bar et demande à Zelia, comme s’il venait tout juste d’y penser comme ça :

« Tu veux te joindre à nous ? »

Elle suit son regard et voit une tablée totalement constituée de filles. De vraies bimbos.

« Et faire partie de tes groupies ? Sûrement pas. Je suis bien mieux ici à ce bar. »

« Toute seule ? »

« Tu sais ce qu’on dit… Il vaut mieux être seule…. »

« Que s’amuser ? »


Elle roule les yeux et lui tire la langue, exactement comme quand ils avaient douze ans, ce qui le fait d’ailleurs éclater de rire mais il n’insiste pas. La tension est montée entre eux pendant le petit échange, comme quoi on ne perd jamais ses bonnes habitudes. Ils se sont toujours cherchés et en général ils se sont trouvés. La façon qu’Arkanis a eu de lui proposer de venir, comme si elle ne pouvait pas refuser, a énervé Zelia. La façon qu’elle a eu de lui répondre l’a énervé lui. Et pour une fois, l’un des deux s’en va avant que l’engueulade n’arrive vraiment. Et c’est un peu dommage. Oui, ça a un côté énervant, mais Zelia s’est oujours bien amusée à chercher l’embrouille à Arkanis. Leur relation n’était en gros faite que de ça. De ça et de compétition. La première fois que Zelia s’est blessée en balais c’était à cause d’une course faite avec Arkanis. C’est aussi grâce à leurs compétitions débiles qu’elle est devenue l’as du balais qu’elle est… Et soudain voler lui manque. Elle n’a pas volé depuis longtemps… Depuis que les choses ont commencé à devenir bizarres avec Veronica en fait. Pendant qu’elles étaient ensemble, Zelia et Ronnie volaient souvent, c’est même Zelia qui avait appris à Ronnie à voler… Mais du coup c’est devenu un peu un truc pour Zelia et Ronnie, et quand Zelia et Ronnie n’ont plus existé, Zelia toute seule n’a pas retouché à son balai.

Bon, cette fois elle est franchement déprimée. Elle se lève, en faisant bien attention à ce que sa mini-robe pailletée bronze ne dévoile pas ses sous-vêtemenrts (il faut dire que la robe en question est vraiment vraiment très courte, tellement qu’elle est plus courte que certaines tuniques que Zelia porte. C’est une robe que sa belle-sœur lui a offerte spécialement pour ce soir, histoire de lui remonter le moral, de la mettre dans l’ambiance. La forme de la robe est très seventies, un peu trapèze, sans grand décolleté. Elle serait en fait presque sage si elle n’avait pas été si courte. Pour une fois, Zelia a fait relativement sobre dans le style (autant qu’une telle robe puisse être sobre), elle porte une paire de collants couleur chair qui est donc invisible et des ballerines marron foncé. Ses cheveux sont courts et ondulés, les quelques mèches de devant maintenus en arrière par une petite pince papillon, discrète mais jolie. Le maquillage est dans le même style, coordonné avec la tenue, mais relativement discret, quand on a un œil vert et un œil marron on évite de trop se charger en cosmétiques… Elle porte son médium pendentif en forme de violon, en or, pas pour faire de la magie, mais parce qu’il la rassure. Urphoed est perché sur une poutre, il a repéré le daemon-lynx d’Arkanis mais les deux daemons n’interviennent jamais dans les échanges entre les deux anciens amis, ils n’étaient pas révélés quand cette amitié s’est créée et en sont exclus d’une certaine façon.

Après un soupir, Zelia paie sa boisson, qui est toujours qu’à peine entamée, et se dirige vers la sortie en se faisant un chemin entre les danseurs. Elle ne sent pas le regard qui la suit pendant sa procession, trop occupée qu’elle est à essayer de ne pas se laisser aborder par n’importe qui et à viser la porte de sortie qui se trouve à l’autre bout. Une fois dehors, elle prend une grande inspiration. Il fait chaud. Il faut dire qu’on est à la saison chaude, en Argentine, et Zelia adore la sensation de l’air chaud sur sa peau. Elle a bien envie de se balader, mais elle hésite. Elle est dans le vrai monde et il est minuit passé. Oh elle saurait se défendre contre à peu près n’importe quoi mais… Disons qu’il vaut mieux qu’elle évite les ennuis, parce qu’ici quand on se défend ça n’est pas forcément évident ensuite de s’expliquer. Et son frère ne serait pas ravi si elle revenait chez lui avec les flics.

Elle soupire et décide de rentrer chez son frère et sa belle-sœur. Tant pis, après tout elle n’a jamais été une grande fêtarde. Elle n’a pas fait trois pas, survolée par un Urphoed silencieux qui sent que ce soir il vaut mieux la laisser tranquille, qu’elle entend une voix dans son dos.

« Ben alors ? C’est la première fois que je te vois abandonner aussi vite ! »

Elle s’arrête et un sourire amusé, bien qu’un peu fatigué, apparaît sur son visage d’adorable jeune femme. Quand elle se tourne vers Arkanis, qui la rejoint d’un pas tranquille, elle a cependant l’air assez rebelle, insolente même.

« C’est toi qui a abandonné, tu as préféré aller avec tes bimbos que continuer notre conversation. »

« Ouh. Jalouse ? »


Elle grimace d’un air moqueur.

« De filles qui ont plus de matière grise dans leurs seins que dans leur tête ? Jamais de la vie. »

« De filles qui me plaisent. »


Elle sourit d’un air un peu méchant avant de répondre d’un air faussement innocent :

« Oh j’ai toujours su que tes goûts en matière de femmes étaient désastreux, c’est pas nouveau. »

Ils se regardent un moment, en se demandant sûrement s’ils vont continuer à faire monter la situation en épingle ou pas mais, pour la seconde fois, Arkanis abandonne, ou du moins laisse tomber pour le moment. Il sourit et s’approche de Zelia. D’un geste rapide, il fait apparaître un balai magique, du genre dernier modèle.

« Un tour ça te dit ? »

« Tu crois vraiment que c’est mon genre de monter à l’arrière d’un balai ? Je ne me suis pas transformée en midinette à deux balles depuis la dernière fois qu’on s’est vus. »

« Je pouvais toujours essayer. »
répond Arkanis avec un regard amusé, avant de réitérer son geste et de faire apparaître un second balai, du même modèle. « Mais la bonne question est, est-ce que tu t’es transformée en perdante depuis la dernière fois qu’on s’est vus. »

« Tu as deux balais ? »

« On sait jamais sur quoi on va tomber… »


Elle soupire. Et tend la main. Non, elle ne s’est pas transformée en perdante. Encore moins en poule mouillée.

« T’es pas vraiment habillée pour ça. »

« You’re having second thoughts ? Regarde-moi, Arkanis, et tu verras celle qui va te battre, comme toujours, et qui en plus va le faire avec une tenue tellement classe et sexy que tu ne t’en remettras jamais. »

« Les paillettes te montent à la tête, honey. »


Ils sont en plein quartier sorcier, au moins ils n’ont pas à chercher un coin tranquille pour décoller. Ils se mettent en position et Zelia sent l’habituelle montée d’adrénaline, il lui suffit de jeter un regard à Arkanis pour voir qu’il ressent exactement la même chose. Ils décident du haut d’un gratte ciel assez éloigné comme point d’arrivée et comptent de concert jusqu’à trois. Elle tape violemment son pied au sol et décolle à toute allure...

***

Le noir réapparaît et Zelia ne comprend pas. Ca n’est pas une vision, c’est un souvenir. Exactement la façon dont s’est passée ses brèves retrouvailles avec son ami d’enfance, quelques semaines après sa séparation d’avec Ronnie. A quoi joue cette transe ?

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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: [Majeure] La face cachée.   Ven 9 Oct - 11:46

Mais rapidement, les visions succèdent au souvenir. La nuit passée dans la chambre d’hôtel d’Arkanis, le seul moment où Zelia a cédé à des envies hétérosexuelles, et le lendemain matin où elle a littéralement fui, sans jamais donné aucune nouvelle à Arkanis, sans même lui dire au revoir, sont remplacés par d’autres scènes. Un retour dans la boite de nuit après la course (gagnée, dans les deux cas, par Zelia), et une coucherie moins civilisée dans ses toilettes. Une nuit passée à faire la fête, et diverses compétitions stupides (qui tient le mieux l’alcool ? qui saura avoir le plus de numéros de téléphones en une heure ? …). Puis un retour chez Enrike et Annette, mais très différent de celui qui a vraiment eu lieu. Dans celui-là, elle s’écroule dans le lit de la chambre d’amis et ne se réveille qu’en fin d’après-midi. Elle prend une douche, son petit-déjeuner très tardif et discute avec sa belle-sœur. Mais rapidement, elle étouffe de nouveau. Alors elle s’habille, d’une robe aussi légère que la veille, et sort enfin. Elle retrouve Arkanis à son hôtel, ils s’envoient en l’air, puis passent encore une nuit à faire la fête.

Les visions s’enchaînent, de plus en plus vite, au point d’en donner le tournis à Zelia. Ce qu’elle y voit lui paraît fou, presque impossible à croire. Elle sait qu’elle a souvent été sur la corde raide, prête à glisser dans une vie qui n’aurait rien de « bien ». Mais là, c’est carrément la folie. Elle quitte Sywhaîd, sans même prévenir ses proches qui sont encore là-bas. Elle récupère l’argent qu’elle a placé sur un compte toutes ces années, l’argent de l’héritage de sa grand-mère. Assez pour vivre un bon moment. Et Arkanis et elle se mettent à fréquenter tous les endroits les plus chics, les plus hypes. Les endroits où la jeunesse dorée aime à se saouler, se droguer et faire la fête. Et Zelia fait partie de cette jeunesse. Elle ne voit plus personne, à part Arkanis, avec qui ses relations sont… plus que tumultueuses. Ils couchent ensemble, s’engueulent, se frappent dessus, puis recouchent ensemble… Ils pimentent leur vie sexuelle en draguant d’autres personnes, puis petit à petit ça dégénère. Ils sortent avec d’autres personnes, se rendent jaloux pour pimenter leur vie sexuelle, et détruisent plusieurs personnes sur leur passage sans même s’en rendre compte.

Ils ne voient plus la lumière du jour. La nuit est à eux, le jour est là pour dormir, dans une chambre d’hôtel luxueuse. Pendant des semaines, qui deviennent vite des mois, ils vivent comme ça, et plus leur vie est vide de sens, plus ils continuent, ils s’obstinent à ne vivre que pour s’amuser, un amusement qui vient de moins en moins vite. Zelia devient de plus en plus blasée. Pour s’amuser, il faut qu’elle aille dans les extrêmes. Elle conduit des bolides, très vite, et manque plusieurs fois de se tuer à cause d’eux. Elle prend de la drogue. Elle se met en danger, et plus l’adrénaline est là, plus elle en redemande.

***

Zelia s’est toujours bien connue, mais jamais elle n’aurait pensé pouvoir devenir aussi creuse, aussi attachée au plaisir, dévouée au plaisir en fait. C’est un petit choc. Elle frisonne intérieurement, mais sait que ça n’est pas fini. Les transes sont toujours croissantes… Alors qu’est-ce qui l’attend ensuite ?

***

Elle est complètement vannée. Devant la porte de la chambre, elle reste quelques minutes le temps d’essayer de retrouver le pass qui l’ouvrira. Mais elle n’y arrive pas. Sa petite pochette dorée n’est pourtant pas bien grande, même si elle est parfaitement accordée à sa robe. Elle soupire et se lasse rapidement de ces recherches. Elle fait un simple signe de main et la porte s’ouvre. Merde, elle a pété la serrure, elle y est pas vraiment allée de main morte. Elle hausse les épaules. Il y a déjà eu des dégâts pires dans ses chambres d’hôtel, elle paiera. Elle entend Urphoed râler au dehors. Quel rabat-joie ! Heureusement, il n’entre pas dans les hôtels et la laisse le plus souvent tranquille.

Elle entre dans le petit couloir de la suite qui mène à la pièce centrale et jette ses chaussures par terre. Elle a enlevé ses beaux escarpins dorés à un moment de la soirée et a eu de la chance de penser à les récupérer avant de rentrer cette fois. Elle soupire de contentement quand elle enlève ses lourds anneaux en or, au centre desquels se trouvent plusieurs perles noires. Elle pose les boucles dans le vide poche qu’il y a sur le petit meuble du couloir et enlève aussi le bracelet qui va avec, au moins aussi luxueux. Elle se regarde quelques fractions de seconde dans la glace. Son maquillage a coulé, ses cheveux sont emmêlés et sa robe est fripée. Un retour relativement raisonnable de sa nuit finalement. Elle se demande vaguement où est Arkanis, et dans quel état puis hausse les épaules. Ca n’est pas vraiment son problème.

Elle pousse la grande porte en bois qui mène à la pièce centrale et se fige soudain quand elle voit la pièce en question. Ses yeux s’écarquillent de surprise, mais elle reprend vite la maîtrise de son corps. Elle sourit, d’un sourire féroce, passe une main dans ses cheveux puis entre dans la pièce d’un pas langoureux. Elle aime la sensation de la moquette bien épaisse sous ses pieds, mais là elle la remarque à peine.

« What the fuck are you doing here ? » demande-t-elle sur un ton blasé qui donnerait presque l’impression qu’elle s’attendait bien à cette scène.

Elle s’approche du bar et se sert un scotch, elle va en avoir besoin.

« On est là pour t’aider, Zel. »

Elle sourit, dos à ses visiteurs, un sourire mauvais et moqueur, avant de prendre une gorgée d’alcool. Elle se retourne vers eux et s’adosse au bar en tenant son verre dans sa main droite. Elle laisse couler un regard ironique sur les personnes présentes dans la pièce. Assis sur le rebord du fauteuil se trouve Enrike, assis bien droit, habillé d’un simple jean et d’une chemise. A côté de lui, sur le fauteuil, se trouve Celesta, l’air mal à l’aise et soucieux, toujours aussi mal habillée. De l’autre côté, sur le canapé, Adam sirote un verre de ce qui doit sûrement être de l’eau, après tout il n’est que sept heure du matin. Ronnie quant à elle, enceinte jusqu’aux yeux, grignote un croissant dans une petite assiette. Merde. Elle est enceinte. Ca fait vraiment longtemps que Zelia n’a pris aucune nouvelle…

« Logan’s, I suppose ? » raille-t-elle.

Ronnie se contente de hocher de la tête d’un air patient. Ils sont là pour l’aider, ils vont mettre du temps avant de s’énerver. Apparemment, ils n’ont pas encore décidé de passer à la technique du tough love, c’est pas plus mal, ça ne sera que plus marrant. Elle boit une nouvelle gorgée et lève un sourcil ironique vers son frère. Logiquement, c’est lui qui va lancer l’assaut.

***

« Bon. Ca suffit. »

Celesta s’interrompt en plein milieu de son mot, avec une sorte de hoquet choqué. Il faut dire que ça fait presque vingt minutes que Zelia les laisse parler sans rien dire, et le ton qu’elle vient d’utiliser est inédit. Elle n’a jamais parlé d’une façon aussi tranchante et hostile à celle qui a été si longtemps sa meilleure amie. Le choc peut d’ailleurs se voir sur à peu près tous les visages, même ceux les plus habitués à dissimuler. S’ils ont amené Celesta, c’est sûrement parce qu’ils pensaient que c’était leur arme secrète. Toutes ces années, elle a été la seule référence fixe dans la vie de Zelia, la seule personne pour qui l’anglaise a toujours fait des efforts, sa seule famille. Sa seule vraie famille. Sûr que son cher grand frère n’avait pas imaginé qu’elle saurait résister à Celesta. Sûr que Ronnie et Adam non plus. Et même si les trois membres « forts » du quatuor sont les plus rapides à se reconstituer une figure normale, le choc a été bien visible, un choc qui fait plaisir à Zelia. Elle sent un frisson de contentement, et de méchanceté pure la traverser. Ils croient pouvoir la toucher, ils n’arrivent même pas à l’effleurer. Eux sont en danger, parce que ça fait des mois qu’ils s’inquiètent pour elle. Ils restent attachés à elle, alors que l’inverse n’est plus vrai. A un moment, son lien aux autres s’est cassé, elle ne l’a pas remarqué, mais elle en est heureuse. Elle se sent plus libre que jamais.

« Zelia, je… »

La voix de Celesta est brisée par les sanglots et son regard…

« Tu quoi ? Hein ? Tu t’inquiètes pour moi ? » raille Zelia, son regard bicolore plus dédaigneux que jamais. « Pauvre, pauvre petite Celesta. Depuis quand tu t’inquiètes pour les autres ? T’aurais pas plutôt quelques problèmes à régler de ton côté ? La mort de ta mère, bouhou, qui est de ta faute parce que tu as été une mauvaise fille ? Ou alors tes dizaines de névroses, à commencer par ta sexualité qui ne s’exprime que dans des transes magiques ou le fait que tu ne peux pas vivre sans te cacher dans l’ombre de quelqu’un ? »

Zelia voit Celesta lutter, essayer de ne pas se recroqueviller sur son fauteuil et de ne pas craquer. Mais ce qu’elle dit fait mouche, elle le sent.

« Ca fait des années que tu me laisses tout gérer et maintenant tu te sens perdue ? Y a plus Zelia pour te dire quoi faire, quoi porter, où aller ? Vis ta vie, sweety, et pour une fois, laisse-moi vivre la mienne. »

Le sweety a claqué comme une gifle. C’est d’ailleurs ce qui semble pousser les autres à la réaction.

« Zelia, c’est pas parce que tu vas mal…. »

« Oh, shut the fuck up, Adam ! » répond Zelia en tournant son regard froid sur l’anglais. « Arrête de jouer les white knight in armor pour une fois ! Tu n’as rien du mec altruiste auquel tu veux ressembler. T’es comme moi. Rien qu’un petit gosse de riche qui ne supporte pas de ne pas avoir ce qu’il n’arrive pas à obtenir. Un gosse de riche qui s’encanaille avec une fille du bronx et qui l’étouffe tellement il veut la changer, en faire la fille parfaite avec qui il est sensé sortir. Un fils à maman faussement ouvert qui ne supporte pas qu’on puisse ne pas penser comme lui. Vas-y, protège les nanas. Tu restes aussi macho et arriéré que ceux qui leur tapent dessus, et tu les détruis tout autant. »

Ouh que ça soulage. Zelia prend réellement plaisir à tout ça. Et aux expressions qui passent sur les visages de ses visiteurs. Celesta n’ose même plus la regarder, comme si elle était quelqu’un qu’elle ne connaît pas, quelque chose de particulièrement dégoutant. Ronnie la fixe avec un regard vaguement surpris, et un air fermé. Sûrement parce qu’elle sait ce que Zelia ressent, c’est sûrement la seule dans cette pièce à être capable de comprendre pourquoi ça l’amuse tant, cette petite scène. Et pourquoi cracher son venin lui fait tellement de bien et est tout simplement agréable. Zelia croise son regard et ce qu’elle y lit ne lui plaît pas.

« Oh, chérie, tu ne peux pas sincèrement croire qu’on va échanger un regard complice, uh ? On aurait pu, mais pas quand t’es dans cet état là… Tu m’a larguée pour retourner à une vie normale, avec un mec normal et un futur bébé qui sera sûrement très normal. Ouah ! » elle lance un regard faussement admirateur à l’annulaire de Veronica. « Il t’a même épousée ! Quel gentleman… Mais tout ça c’est du chiqué, tu le sais autant que moi. T’en veux même pas vraiment de ce gosse, hein ? Pour le moment, t’arrives à te forcer, à jouer à la future maman épanouie, à croire que t’es heureuse. Mais qu’est-ce qui se passera dans quelques mois, quand tu auras ce bébé à charge, dans ta petite maisonnette avec Logan ? Quand est-ce que le syndrôme familial fera surface, et que tu n’auras qu’une envie : te casser ? Tu crois que tu arriveras à résister ? Logan, père célibataire… T-t-ttt. Ce serait triste… Mais il s’en sortira sûrement mieux sans toi, parce que bon, soyons franche hein, je vois pas vraiment ce que tu pourrais apporter à un gosse à part de nombreux problèmes… »

Elle sourit d’un air féroce. Ronnie bouillonne, elle le sait, mais Enrike l’empêche de répondre. Il se lève souplement et s’approche de Zelia, un air peiné collé sur son beau visage.

« Zelia, ça suffit maintenant. Tu n’as aucun droit de nous parler comme ça. »

« Nous ? Tu crois vraiment que tu peux t’inclure là-dedans ? »

« Je ne suis pas là pour ce genre de scène, et si tu crois que tu arriveras à me faire oublier pourquoi je suis venu ici aujourd’hui, tu te trompes. Les diversions ne changeront rien. »

« Diversion ? Tu en veux de la diversion ? » Elle ne crie pas mais elle crache ses paroles, d’un air haineux. « Tu crois vraiment que tu sais ce que je pense, ou ce que je vis ? Tu crois vraiment que tu vas pouvoir régler le problème, Super Enrike à la rescousse ? Ha ! Plutôt marrant quand on y pense… Tu vas faire quoi ? M’effacer mes conneries de la tête ? T’as déjà pas réussi quand j’étais gamine… Quel échec. Ne même pas réussir à faire en sorte que ta petite sœur chérie ne se souvienne pas des horreurs qu’elle a provoquées…. Dis-moi, c’est avant ou après avoir compris que personne n’arriverait à m’effacer l’esprit que tu as décidé de m’envoyer à Syracuse ? C’est parce que tu pouvais plus me voir à cause de ce que j’avais fait que tu m’as envoyée là-bas ou alors parce que tu savais que je m’en souvenais parfaitement et que c’était toi-même que tu ne pouvais plus voir dans une glace vu que tu avais échoué ? Un Diulcinea…. Echouer. Ouais, je penche pour la deuxième solution. »

Enrike se tient bien droit devant elle, les bras croisés devant lui, l’air de vouloir lui faire comprendre qu’elle n’arrive pas à l’atteindre. Mais les Diulcineas sont de bons acteurs, et Zelia sait qu’elle a déjà fait mouche. Elle continue cependant, c’est bien trop drôle, et puis, faire craquer son frère, ça ça serait une réussite.

« Et pourquoi tu es parti ensuite ? Tu sais, venir à Syracuse, me faire croire qu’on était une famille, que tu serais là pour moi… Et partir d’un coup, comme ça. M’abandonner. Tu crois que j’avais pas été abandonnée avant ? Que c’était une première ? Je dois dire que c’était la première fois que ça venait de quelqu’un en qui j’avais tellement confiance. Tu sais ce que j’ai ressenti quand tu m’as dit que tu allais partir ? Tu sais que malgré tes excuses foireuses, ton boulot, j’ai toujours su que tu étais parti parce que tu ne pouvais pas me voir. Je te fais peur, hein ? Je t’ai toujours fait peur. Trop de pouvoir… C’est ce que le médecin avait dit. Trop de pouvoir, pas possible de lui effacer la mémoire, pas possible de la forcer à oublier. Dommage hein ? Parce que y a pleins de trucs que j’aimerais oublier. Le fait que mon propre frère m’a abandonnée. Le fait qu’il n’ait pas voulu de moi toutes les années qui ont suivi, a préféré me laisser aller d’école en école. »

« Je travaillais. Tu crois vraiment que je pouvais m’occuper de toi ? Tu devais aller à l’école ! »

Il a crié, et Zelia sent le plaisir de la victoire.

« Tu pouvais au moins t’occuper vraiment de moi, non ? Au lieu de me faire passer d’école en école sans même accepter de me voir ! »

« Tu ne voulais pas me voir, tu me détestais ! »

« J’avais des raisons pour ça ! Tu m’as abandonnée pour t’envoyer mon ancienne baby-sitter ! »

La claque fuse, et Zelia en sent à peine la douleur. Elle s’écroule pourtant par terre, tellement son frère l’a frappée fort. Elle sourit, malgré le sang qu’elle sent dans sa bouche. Elle a réussi à le blesser. Le ton qu’elle a utilisé, haineux, les paroles qu’elle a prononcées. Elle sait qu’il ne l’a pas giflée juste pour la calmer, pour la remettre à sa place, mais parce qu’il a perdu le contrôle. Pendant quelques secondes, il a perdu le contrôle, totalement, elle a réussi. Elle sourit, prend une inspiration et son regard est attiré par une couleur vive qui passe sur le côté. Elle tourne la tête. Une petite grenouille. Une petite grenouille bleu électrique, tâchée de noir. Elle connaît cette race, c’est une grenouille venimeuse, une dendrobate azureus. Elle est magnifique et dangereuse. Un dernier sourire mauvais apparaît sur le visage de Zelia, puis le noir revient, enfin.

http://membres.multimania.fr/amazoniechezsoi/amazonie/fauneflore/amphibien/azureus.jpg

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