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 Patou's cookies

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Patrick Winter
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MessageSujet: Patou's cookies   Mer 6 Mai - 19:42

L'Angleterre est un pays merveilleusement froid ; sa capitale, Londres, est une ville délicieusement excentrique. Le quartier de Camden Town, près de la gare de King's Cross, est encore relativement peu fréquenté par les touristes. Il possède néanmoins un charme tout particulier, avec ses façades colorées et flétries.

Il est donc tout naturel que ce soit dans une petite rue de ce même quartier de Camden Town, de cette même ville de Londres, capitale de cette douce Albion, que réside le plus froid, le plus excentrique, le plus charmant (en dépit d'une façade quelque peu flétrie), des Anglais.

Dans la faune estudiantine qui peuple le quartier, il pourrait endosser les grandes robes de sorcier sombres, et chausser les bottes en peau de dragon qu'il portait autrefois, pour se protéger de la rigueur de l'hiver polaire. Mais Patrick n'est ni punk comme son voisin de palier, ni gothique comme le petit groupe qui, au même niveau de l'autre côté de la rue, fait sécher au dehors, les jours de beau temps, ses caleçons "I cœur Marylin Manson".

Il habite en toute discrétion un petit deux-pièces au premier étage d'un petit immeuble blanc décrépi mais propre ; des fenêtres du 4e et dernier étage pendouillent des espèces d'énormes sculptures en papier mâché représentant une bouche et deux yeux outrageusement maquillés. A l'étage de Patrick il y a juste un pot de ciboulette qui prospère sur le rebord derrière la vitre de la cuisine.

En dégageant une vieille moquette rouge mangée par les mites, Patrick a découvert un beau parquet de chêne clair, vieux mais solide. Les murs de la pièce principale sont presque invisibles, mangés par des étagères hétéroclites remplies de livres et d'objets étranges.

Il en va de même pour le "bureau", titre pompeusement donné à une minuscule pièce en longueur, où l'on trouve effectivement une table patinée par les ans, semblant étouffer, écrasée de toutes parts par les rayonnages.
Seule l'alcôve où se trouve le lit semble avoir été jusqu'à présent épargnée ; protégée par un mince rideau vert bouteille, elle attend avec appréhension le moment où les piles de livres qui s'accumulent déjà à ses pieds l'envahiront à son tour : quand Patrick n'aura d'autre choix que d'installer des bibliothèques jusque dans l'alcôve où il dort.

Un appartement en somme bien encombré, et qui paraîtrait chaleureux, avec ses meubles pour la plupart en bois, s'il n'était pas un peu trop bien rangé. Dans la cuisine où s'affaire Patrick, les plans de travail d'ardoise, immaculés, semblent sortir tout droit d'un catalogue de décoration. Ils sont simplement entretenus avec soin. Ce sont les vitres multicolores, un peu semblables à des vitraux, qui y jettent les seules taches : des taches de couleur. Sans vouloir atténuer le mérite de notre homme d'intérieur, reconnaissons qu'il est plus facile de se débarrasser de la poussière lorsqu'on maîtrise les souffles de l'air, armé d'une baguette magique.

Il est un domaine en revanche où monsieur Winter opère totalement "à la non-sorcière" : la cuisine. Il est loin d'être un chef hors pair ; il se cuisine essentiellement des soupes complètes, été comme hiver, d'ailleurs (ah, le bonheur de vivre en Angleterre). Mais il expérimente régulièrement de nouvelles petites recettes, en particulier destinées à accompagner le sacro-saint breuvage auquel est réservé un placard entier de sa cuisine. Une cobaye blonde aux yeux verts s'apprête aujourd'hui à expérimenter des cookies aux flocons d'avoine. Les mains plongées dans l'hétérogène amalgame, Patrick reste parfaitement digne.

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Dernière édition par Patrick Winter le Dim 21 Juin - 22:59, édité 2 fois
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Zephira Wood
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Sam 16 Mai - 10:05

[Je tiens à rappeler que Zephy est blonde depuis des années, et n’a plus les yeux trop verts depuis quelques temps XD Tu as eu une remontée de vieux souvenirs ^^]

« Hello Miss Wood ! »

Le ton est terriblement poli et respectueux, ce qui pourrait paraître étrange à un observateur extérieur, puisqu’il vient d’un jeune homme tout de cuir noir vêtu, avec une crête étonnante sur la tête, couvert de piercings et de tatouages, entouré d’amis du même style, assis sur les marches d’un des bâtiments de la rue. Le groupe a beau avoir l’air assez agressif dans son style, tous les gens qui habitent la rue (à part la vieille Mrs Pudds peut-être, mais elle, elle déteste tout le monde) savent que ces jeunes ne feraient pas de mal à une mouche. Oh certes ils écoutent parfois la musique un peu trop fort, et discutent en été dehors très tard tout en buvant des bières, mais ils invitent toujours leurs voisins à leurs fêtes et ont toujours quelques mots chaleureux et polis envers les gens qui habitent la rue. Et le fait que Todd (qui se fait appeler Toad) ait suivi plusieurs conférences de Zephira prouve qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Le Toad en question avait fini premier d’un test que Zephira avait fait passer à la fin d’une de ces conférences… prouvant ainsi qu’il était largement plus cultivé que les autres étudiants.

« Hello Toad. Il ne fait pas un peu froid pour rester dehors ? »

« Pas quand on maîtrise le sort de réchauffement, Miss. »

« N’as-tu rien appris de mon exposé sur l’effet de l’abus de magie sur le long terme ? »

Elle lui dit ça avec un petit sourire amusé, qui n’a rien de moralisateur, Zephira sait depuis longtemps qu’il ne sert à rien de chercher à faire culpabiliser les gens. Mais elle semble elle-même illustrer ce principe, puisque malgré ses talents magiques, elle porte une veste croisée qui lui arrive au genou, cachant ainsi sa jupe, une veste bien chaude, en cuir clair, qui lui va à ravir. Ses longs cheveux blonds tombent vivement sur ses épaules et ses beaux yeux gris-verts ne sont accompagné d’aucun maquillage. Elle n’en a pas besoin. Elle est magnifique comme ça. Et ses escarpins de la même couleur que son manteau sont la touche finale à une tenue qui, sur d’autres, pourrait paraître banale, mais qui sur elle est magnifique.

« On ne vit qu’une fois. » lui répond le punk, avec un sourire amusé qui donne à son visage un air terriblement juvénile. Pendant quelques fractions de secondes, il fait penser à Zephira à son ex-mari. Il avait le même genre d’expression quand ils se sont rencontrés… Et il a parfois la même expression quand elle va le visiter dans on hôpital. Elle chasse bien vite cette pensée.

« Ca, ca n’est pas une donné vérifiée. » lui répond-elle avec un clin d’œil avant de s’éloigner, et d’entrer deux immeubles plus loin.

Elle monte les marches d’un pas rapide et énergique et s’arrête devant la porte sans être essoufflée le moins du monde. Elle fait un geste vague de la main et pousse la porte, cette dernière grince mais ne résiste pas longtemps. Quand il y a quelqu’un à l’étage, elle utilise la clé que Patrick lui a donnée, mais la serrure joue légèrement et il est plus simple de faire sans, du moins quand elle est sûre de ne pas être observée.

Une fois entrée, et la porte refermée, elle enlève son manteau et l’accroche au porte-manteau qui se trouve à côté de la porte. Elle se retrouve alors dans une robe blanche très jolie, courte, ceinturée par un ruban noir large. Une robe dans laquelle la plupart des femmes auraient l’air ridicule, mais qui lui va à ravir. Une robe légère, parce qu’en réalité Zephira Wood n’a jamais vraiment froid, son corps s’adapte sans problème à n’importe quelle température, ou presque. Elle sourit devant le miroir qui se trouve à côté du porte-manteau, mais ne se recoiffe pas, elle n’en a pas besoin. C’est un miroir qu’elle a offert à Patrick, un beau miroir ancien en fer forgé, et que l’homme a placé à l’entrée, sûrement pour qu’elle le voie à chaque fois qu’elle vient, elle n’est pas vraiment sûre que ce cadeau ait été apprécié par l’anglais, les miroirs et la déco ne sont pas vraiment ce qu’il préfère. Elle pousse un soupir de soulagement en enlevant ses escarpins, qu’elle laisse sous le miroir, comme toujours. Elle enlève aussi ses bas, qu’elle range dans son sac en cuir, qu’elle accroche au porte-manteau, et prend plaisir à sentir le parquet craquer sous ses pieds nus. Elle ne connaît pas de sensation plus agréable.

Elle entre dans la cuisine et prononce alors ses premiers mots depuis qu’elle est entrée :

« Mhhh… nouvelle recette ? »

Et sourit. Un beau sourire, avant de passer derrière Patrick et de l’embrasser sur la joue. Elle s’adosse alors aux vitraux, qui laissent de jolies couleurs dans ses cheveux et sur sa peau claire, et demande :

« What’s up ? »

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Patrick Winter
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Dim 21 Juin - 23:49

Patrick a arrêté de malaxer sa pâte, quelques instants ; il a entendu le pas de Zephira avant même qu'elle n'entre dans l'appartement -cela n'a hélas rien à voir avec une forme de télépathie romantique, mais plutôt avec l'isolation médiocre de l'immeuble. Allez, petites lectrices fleurs bleues, consolez-vous en notant tout de même que le pas de Zephy, Patou le reconnaîtrait entre mille ; de même que son parfum, ou...l'espèce d'aura qui l'anime, et qui est entré avec elle dans la pièce. Ce n'est pas juste de la magie.

Pourtant, Patrick ne sourit pas lorsque le blond visage apparaît dans son champ de vision ; il se contente de lever une main pour faire à Zephira signe d'approcher, signe qui serait extrêmement élégant si la main qui le produisait n'était couverte de pâte à cookie. Faut d'un sourire, Zephira a le droit de goûter. Et quand ses lèvres effleureront le bout des doigts de ce grand monstre d'insensibilité, elle pourra sentir un léger frisson, preuve qu'il n'est, après tout, pas si désespérément frigorifique.

Non, vraiment, les médicomages ont raison : Patrick a beaucoup progressé depuis... l'accident. On dirait qu'il est un petit garçon en difficulté scolaire dont le bulletin affiche néanmoins de manifestes progrès : doit persévérer dans ses efforts... Oui, mais Zephy est sans doute plus sensible à des signes tangibles, au fait qu'il serre légèrement sa main dans la sienne lorsqu'elle s'approche pour l'embrasser sur la joue. Elle sait bien, depuis le temps, que c'est bel et bien auprès d'elle que Patrick manifeste le plus ses émotions ; peut-être ne sont-ce que des bribes, mais elles sont précieuses. Et au moins, la belle blonde sait qu'aucune de ces manifestations n'est simulée. Qu'il l'aime toujours autant, car il faut sans doute qualifier d'amour ce qu'il éprouve pour elle. Qu'il a pensé à elle pendant la journée, qu'il l'a attendue, espérée, avec une sorte de... oui, d'impatience.

Alors, Zephira n'en voudra pas à Patrick de parler toujours d'un ton aussi froid, calme, neutre. Le velours exquis de sa voix atténue la monotonie de son ton.

"Flocons d'avoine," explique-t-il. Et, sans transition : "Les nouvelles sont plutôt mitigées. J'ai reçu une lettre de Miss Vanloo, elle m'a renvoyé de nouveaux résultats du test. Elle parle d'Asa, aussi. La lettre est sur ma table de nuit."

Aussi paisiblement qu'il parle, Patrick achève de malaxer la pâte. sur la plaque déjà prête, il dépose de petites boules de pâte soigneusement calibrées.

[A toi de voir si Zephy va chercher la lettre ou pas ; sinon, histoire qu'on avance, tu peux décrire toi-même ce qui est dit d'Asa dedans]

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Zephira Wood
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Mar 30 Juin - 0:05

[Gosh ! Ce kit !]

Zephira goûta avec plaisir à la pâte. La jeune femme avait toujours été du genre gourmande. Adolescente, elle avait même eu une silhouette légèrement plus gironde, due à un empiffrage en bonne et due forme. Et le fait de goûter la pâte à même la peau de son cher Patrick n’était évidemment pas pour enlever au plaisir de l’action. Bon, Patrick et Zephira n’étaient pas vraiment du genre allons-y chérie prends-moi maintenant sur le buffet au milieu des spaghettis, mais tout de même, la sensualité n’échappait pas totalement à notre ancienne professeur, et même si sa vie amoureuse avait été plutôt morne jusqu’à Patrick et que, pour des raisons évidentes, elle était loin d’être au niveau de celle d’une Jena par exemple (au hasard ), elle n’en était pas moins une femme, avec toutes les hormones (ou presque) qui allaient avec.

« Delicious. » dit-elle simplement, avant d’écouter le reste des paroles de Patrick.

L’Homme (oui, juste l’Homme, c’est Patriiiick quand même !) n’était pas vraiment du genre à aménager ses transitions, et ça ne posait aucun problème à Zephira, qui avait tendance du coup à faire pareil quand elle était avec lui. Après tout, ils étaient deux esprits très développés, des intelligences, et ils arrivaient à suivre leurs conversations dans trop de problème. Sans rien ajouter, Zephira alla chercher la lettre et revint à la cuisine pour la lire, tout simplement adossée contre un meuble, devant les vitraux qui coloraient sa chevelure de teintes inédites. Elle lut toute la lettre d’une traite, sans faire de commentaire, préférant lire toute la prose de Rozen avant de dire quoi que ce soit. Une fois qu’elle eut lu la lettre, elle la garda en main (elle ne voulait pas risquer de la tâcher en la laissant traîner dans la cuisine) et dit :

« C’est inquiétant… Un nouveau choc élémentaire… Une chance que Celesta ait été là. »

Oui, c’était bien de l’inquiétude qu’on pouvait entendre dans la voix de Zephira. Oh elle était loin de la panique, elle était du genre sang froid, peut-être pas autant que son amant mais tout de même. Mais elle était quand même inquiète. Pour Asa, à qui elle avait donné pas mal de cours particuliers en MC, tant à Norsken qu’à Sywhaîd, et qu’elle appréciait malgré leurs différences importantes de caractères. Et aussi, pas mal, pour Celesta, rétrospectivement. Celesta était une de ses anciennes étudiantes et avait toujours été sa préférée, même si Zephira n’avait jamais montré cette préférence, ça n’était pas son genre. Elle se reconnaissait en Celesta, ou du moins reconnaissait des traits de caractère qu’on pouvait mettre en parallèle. Celesta avait un parcours très différent, heureusement, mais elles avaient des points communs. Et puis, Celesta était celle qui ressemblait de plus près à une fille pour elle. Ronnie et Zelia étaient plus comme des nièces. Elles étaient proches, elle les aimait énormément et continuait à veiller sur elle, et elle avait souvent des bouffées maternelles quand elle pensait à elles, mais elles étaient et avaient toujours été plus indépendantes. Et Celesta… Et bien, Celesta était celle qui dissimulait le moins, étrangement. Le fait que Ronnie et Zelia soient des actrices nées ne dérangeait pas Zephira, elle les aimait aussi pour ça. Mais Celesta restait celle qui avait toujours eu l’air d’avoir plus besoin d’elle, et comme tout le monde, Zephira appréciait ce genre de choses.

« Bonne idée le tatouage. » ajouta-t-elle simplement. « Tu crois que ça suffira ? »

Zephira, même avec ses connaissances dans des domaines très variés assez impressionnantes, n’était pas la spécialiste en ME du pâté de maison, et elle le savait. C’était donc sans fausse modestie qu’elle posait cette question à Patrick, sincèrement intéressée par son avis.

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Patrick Winter
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Ven 3 Juil - 23:11

Patrick non plus n'est pas faussement modeste. Mais il sait aussi précisément poser les limites de ses connaissances. Or, dans le domaine de la magie plus que de tout autre, on ne saurait avancer trop de certitudes.

"Je ne pourrais répondre à cette question qu'en voyant ce tatouage."


Il l'a dit sans arrière-pensée. La première fournée de cookies est modelée, il ne reste qu'à l'enfourner ; des petits tas un peu biscornus (la faute aux flocons d'avoine), mais parfaitement rangés, façon psychopathe.

"En vérité, la lettre de Rozen n'est pas la seule nouvelle du jour."

Plaque enfournée. Armé de sa manique blanche à croix rouge (Zephira a beaucoup d'humour), Patrick referme la porte du four ; son daemon yorkshire se précipite, et s'assied sur ses pattes arrières, juste devant ; officiellement pour surveiller la cuisson des biscuits (Officieusement, pour essayer d'en attraper un au passage ; après plusieurs brûlures au museau, elle n'a toujours pas retenu la leçon).

"Mrs. Orvieto m'a prévenue ce matin, au détour d'un couloir. Le décret sur la réglementation des hybrides va être présenté en début de semaine prochaine. Cela ne devrait pas affecter les personnes déjà en poste ; mais je ne suis pas certain de vouloir rester pour autant. Laura a l'intention de démissionner, elle aussi."


Cette fois encore, Patrick est probablement le seul à pouvoir sortir des phrases pareilles sans ciller, sans soupirer... Et sans que Zephira ait le moindre souci à se faire à propos de Laura Orvieto, la pourtant très charmante collègue préférée de mister Winter, à la BIPTE. Ses relations avec le milieu politique la mettent au courant des dernières nouvelles de couloir. Ce qui peut toujours servir, lorsqu'on est potentiellement indésirable.

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Zephira Wood
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Dim 30 Aoû - 18:01

« Oh. »

C’est la seule chose que Zephira articule pendant plusieurs minutes, un seul petit oh, mais elle sait que Patrick n’analysera pas mal son silence. Elle réfléchit, c’est tout. Et quand Patrick et Zephira sont ensemble, ils n’ont pas l’habitude de faire des salamalecks, ils agissent le plus naturellement possible. Alors, la magnifique blonde prend du temps pour réfléchir avant de dire quoi que ce soit. Certains sujets ne sont pas faits pour être discutés trop vite. Et le fait qu’ils aient déjà parlé des conséquences possibles de ce décret n’y change rien. Là, ils sont sur le point de prendre une décision, c’est différent de faire des projections. Finalement, quand elle reprend la parole, Zephira a l’air assez sûre d’elle.

« Si tu démissionnes, que feras-tu ? »

Elle sourit et ajoute avant que Patrick n’ait eu le temps de répondre :

« Je sais que tu aimes enseigner. Et je sais que si tu démissionnes, tu auras du mal à trouver du travail, vu les conditions. Les choses vont sûrement aller très vite, avec ce décret et tout ce qu’il va amener comme conséquences. Si tu démissionnes… Je ne pense pas que tu pourras rester à Londres. D’autres pays n’ont pas ce décret, tu pourrais t’y installer. Je suis sûre que des tas d’autres universités pourraient avoir envie d’avoir tes services. »

Elle attend la réponse, mais comme elle ne joue jamais la comédie devant Patrick, plus depuis des années, il peut voir qu’elle attend une réponse en particulier, et qu’elle a quelque chose derrière la tête. Ses beaux yeux, à présent bleu-gris, semblent animés d’une lueur surprenante, qu’on ne trouve pas tous les jours dans son regard, une lueur intelligente, de quelqu’un qui a une idée. Une idée un peu étonnante.

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Patrick Winter
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Mar 1 Sep - 19:01

Les silences ne sont jamais pesants pour Patrick Winter ; lui comme Zephira ne parlent pas pour ne rien dire, et savent par ailleurs prendre le temps de réfléchir. Tout le monde ne supporterait pas des êtres si taciturnes ; ça tombe bien, ils s’en fichent. Lui a à peine conscience d’être presque célèbre pour ça dans les couloirs de la BIPTE, où sa grande silhouette noire, austère et élégante, en a fait chuchoter plus d’un bien avant cette histoire de décret. Non, tout le monde n’aime pas ça, avoir le temps de parler. C’est pourtant bien ainsi que Patrick fonctionne, y compris avec ses étudiants. Quand certains arrivent avec des requêtes dont ils savent eux-mêmes qu’elles ne sont pas acceptables, Patrick les reçoit, leur offre une tasse de thé, puis il se plante silencieusement devant eux, sa chienne sur les genoux, et écoute. Et il ne répond pas tout de suite. Un simple silence met mieux en évidence certaines choses que de longs discours argumentés.

Avec Zephira, bien sûr, c’est une autre forme de silence. Au risque de donner du bonhomme l’image d’un spectre indécrottablement romantique, il aime la regarder, tout simplement, et attend d’autant plus volontiers qu’elle prenne la parole, qu’il sait que ce sera toujours pour dire exactement ce qui doit être dit. Pour un homme (trop) réfléchi comme Patrick, c’est une des choses qui s’apparente le plus au plaisir. C’est une des raisons pour lesquelles il est sûr qu’il l’aime.

Une fois de plus, en effet, il n’a pas attendu pour rien. Elle pose la seule question qui s’impose ; ni affolée, ni soucieuse, ni béatement enthousiaste à l’idée qu’il bouleverse leur petite existence tranquille pour se lancer dans l’excitant inconnu. Elle dit qu’il aime enseigner ; si elle le dit, c’est que cela doit être vrai, lui sait simplement qu’il apprécie de suivre ses étudiants, de suivre leur parcours ; il trouve normal de partager son savoir, c’est rationnellement la meilleure façon de faire progresser les avancées dans le domaine qui est le sien, puisque, jusqu’à preuve du contraire, il ne va pas à lui seul découvrir toutes les plages d’ombre qui demeurent dans les arcanes de la magie des éléments. Il trouverait stérile de ne faire que de la recherche. Alors, oui, cela veut sans doute dire qu’il aime enseigner ; mais il sait aussi, il en est à peu près sûr, que cela ne lui manquerait pas de ne pas retourner à la BIPTE, ou dans quelque établissement prestigieux que ce soit, telle l’école italienne dont lui a parlé Laura. S’il veut continuer ses travaux, il sera facile de le faire.

Mais les yeux de Zephira brillent.

Patrick n’est pas psychologue ; il est même au contraire plutôt handicapé à ce niveau-là (au propre comme au figuré). Il est attentif, il enregistre les petits détails tels cette lueur dans le regard de la jeune femme ; mais il l’a déjà observée pour des raisons diverses, et il n’est pas capable de dire avec certitude, cette fois, ce qu’elle signifie. Quand elle est particulièrement heureuse, son œil s’allume ; dans ses bras, son œil s’allume ; quand un jeu de mots naît dans son esprit ; quand elle a une idée derrière la tête. Il est bien le dernier à s’en rendre compte, mais il est drôlement doué, sous ses airs de ne pas y toucher, pour mettre des paillettes dans les (beaux) yeux de Zephy.

Patrick n’a donc pas deviné que Zephira attend une réponse en particulier. Il se contente donc de répondre d’un ton uni à la question qu’elle a posée.

« Je pourrais facilement continuer à enseigner ; mais je n’ai pas changé d’avis depuis ce printemps… »


C’est en avril que, pour la première fois, Laura a eu vent des premiers inquiétants bruits de couloir. Patrick n’a cependant pas le temps de poursuivre sa phrase : un jappement l’interrompt, les cookies sont cuits. Il se retourne comme s’il n’avait pas été surpris au milieu d’une conversation extrêmement sérieuse, saisit les maniques, sort du four avec précautions la plaque couverte de cookies à peine cuits, encore brûlants ; il la pose rapidement hors de portée des yorkshires voraces. Tandis qu’une délicieuse odeur de biscuit et d’avoine torréfiée envahit la cuisine, Patrick reprend sa position initiale, face à Zephira, et poursuit la phrase qu’il a commencée.

« S’il me faut choisir, je préfère me cacher et abandonner mes travaux en cours que partir loin de toi. »


Cela pourrait être terriblement, ridiculement cliché. Du romantisme éculé, dans la plus pure tradition cartlandesque. A peine tolérable ; heureusement que Zephira connaît assez son homme pour savoir qu’il en serait le premier surpris. Qu'il est sincère, lorsqu'il lui demande pourquoi elle a les yeux qui brillent.

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Zephira Wood
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Ven 4 Sep - 19:12

Zephira, toujours adossée contre le meuble, les bras croisés devant elle, non pas pour se cacher, comme la plupart des gens, mais parce qu’elle est en pleine réflexion, sourit à Patrick. Ca n’est pas un sourire super ému ou romantique, plutôt un sourire en coin, qui n’a rien d’agressif ou de moqueur, mais qui montre la certaine distance que la magnifique trentenaire entretient avec tout ce qui concerne sa vie. Elle aime Patrick, et elle sait qu’il l’aime aussi, et s’ils n’étaient pas ce qu’ils étaient, ce genre de phrases amènerait sûrement une réponse du genre « Mais moi aussi mon amour ! » ou quelque chose de mieux recherché mais du même acabit. Mais non, Zephira ne répond rien, à part ce petit sourire en coin plein d’intelligence.

« Je pourrais toujours partir avec toi. Je ne suis attachée à aucune Université, si je vis à Londres c’est par plaisir, mais il y a des tas d’autres villes que j’aime tout autant, et que j’aimerais sûrement en les découvrant si je ne les connaît pas. »

Evidemment, ils tournent autour du pot, c’est une des raisons du sourire un peu moqueur de Zephira. Ils savent très bien que le décret n’est pas la seule raison qui pourrait les pousser à l’exil, et que l’autre raison est celle qui complexifie toute l’histoire. Quand on est recherché par quelqu’un qui est en train de mener une vendetta, et que cette personne se rapproche de plus en plus du but, et qu’elle est proche de savoir qui vous êtes, et donc de percer à jour une identité qu’elle a mis des années à garder propre, on a du mal à trouver où ce cacher. C’est pour ça qu’ils n’ont pas encore pris de décision. Et que c’est pas si évident que le début de leur conversation le laisse croire.

« J’ai eu des nouvelles. D’Enrike. » dit-elle en décroisant ses bras pour prendre un cookie bien chaud, mais attendant qu’il refroidisse pour le manger. « C’est officiel, ils me lâchent. Le dossier a été classé, officiellement, je n’ai jamais eu de lien avec l’Organisation… »

Elle lève les yeux au ciel et pousse un petit soupir. L’idée de se faire traiter comme ça par l’Organisation la fout littéralement en l’air. Ca n’est pas comme si c’était une grande surprise, ça fait longtemps qu’elle ne fait plus confiance à ce genre de personnes. Mais c’est quand même terriblement énervant. Elle leur a donné plusieurs années de sa vie, a littéralement sacrifié une partie d’elle-même pour eux et… Et ils la lâchent, comme ça. Evidemment, c’est parce qu’elle a refusé de revenir la dernière fois qu’ils l’ont appelée, elle le sait. C’est une punition, tout à fait le genre de l’Organisation. Mais ça la fout quand même en l’air. Et même si elle a appris ça y a plusieurs mois, elle ne s’en remet toujours pas. Le fait d’avoir reçu un message d’Enrike aujourd’hui lui disant que son dossier était classé lui a fait un choc. Même si elle n’a jamais compté que sur elle-même, avoir une Organisation ultrasecrète derrière était plutôt confortable.

« Alors je me suis dit que comme il y a ce décret, et comme je vais devoir être discrète le temps que ça se tasse, je me disais qu’on pourrait un peu disparaître de la vie publique et universitaire. J’ai envie de retourner à Sywhaîd. »

Elle a dit ça avec une certaine énergie dans la voix. Oui, elle a envie de retourner à Sywhaîd, et l’excitation qu’elle ressent à ce sujet peut se voir, dans ses yeux, dans son attitude. Elle croque dans le cookie, se brûle légèrement mais ça vaut le coup, il est délicieux. Elle le dit d’ailleurs à Patrick avec un grand sourire, puis le laisse réfléchir en dégustant la suite de son biscuit. Elle ne peut s’empêcher de penser à Sywhaîd. Son Loch, ses Ruines, son Marais… La Brume, la magie présente, les traditions. Oh bien sûr, les gens qui y sont aussi. Les gens qu’elle considère comme sa famille sont là-bas, hormis Patrick, et elle aimerait vraiment les revoir. Oui, Sywhaîd lui manque, depuis le premier jour où elle en est partie. Elle a toujours pensé qu’elle y retournerait, mais s’il n’y avait pas eu ce décret, et la vendetta, elle aurait sûrement attendu plus longtemps.

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Patrick Winter
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MessageSujet: Re: Patou's cookies   Sam 12 Sep - 13:26

Parfois, certaines choses "foutent Patrick en l'air" ; il lui arrive de ressentir de très vifs et, le plus souvent, inexpliqués, sentiments de colère ; c'est évidemment un peu gênant, mais c'est surtout un signe encourageant : il réagit peut-être en décalé, et un peu violemment, mais au moins il réagit.

Les façons de faire de l'Organisation ne le foutent pas en l'air. Il n'a pas envie de taper du poing sur la table, alors même qu'il voit bien que Zephira, elle, est évidemment choquée. Il n'est que rationnellement mécontent des procédés employés, du fait que la parole donnée n'est pas respectée. Ce n'est pas de la colère, c'est du raisonnement. Il fait "non" de la tête, gravement. Il ne dit rien parce qu'il voit bien que son interlocutrice n'a pas terminé.

On croirait qu'elle a décrit la météo de la journée. Patrick ne manifeste aucune réaction à la suggestion. Il semble tout à ce qu'il fait : décoller délicatement les cookies de la plaque de cuisson encore brûlante pour les poser sur une assiette. Tout à coup il lève les yeux sur Zephy, qui vient de risquer de se brûler en croquant prématurément dans un des biscuits. Aussitôt les yeux levés, Patrick déclare un peu brutalement :

"Oh, this can't be."

Il fait le tour du bar-plan de travail, s'approche de Zephy, saisit le poignet droit de celle-ci d'une main, le cookie de l'autre. Il le lève légèrement, le sortilège est presque immédiat tant l'élément eau est dominant en lui ; une volute de vapeur blanche s'échappe du gâteau, seule manifestation de sa brutale décroissance thermique. Patrick lâche le poignet de Zephira, et effleure du bout du pouce les lèvres de la jeune femme.

"Non, Zephira, ça n'est pas possible ; je ne peux pas à chaque fois te demander d'attendre. Je ne voudrais pas que tu te brûles pour de bon."

Ce n'est pas une vague de colère qui a envahi Patrick, mais lorsqu'il a vu la jeune femme mordre dans ce biscuit brûlant, les joues roses, avec ce regard à la fois gourmand et appliqué, comme si elle tâchait d'apprécier cette nouvelle saveur (déformation professionnelle ?) ; lorsqu'il l'a vue ainsi, si débordante de vie et d'énergie, il l'a trouvée extrêmement belle ; pas belle comme une magnifique œuvre d'art, mais comme quelqu'un que l'on aime profondément.

Il lui rend le cookie tiède, esquisse un sourire. Puis, l'air presque grave, il hoche la tête.

"Il faudra que je prépare une grosse provision de cookies."

Avant de rendre la friandise, il en détache un morceau, le mange. Et analyse. Plutôt réussis, dans leur genre.

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