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 Leaving Spring Hill

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Zachary Pennington
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MessageSujet: Leaving Spring Hill   Dim 3 Mai - 16:48

Une femme aux cheveux châtains et courts tenant un nouveau-né dans les bras, aux côtés de son père. Voilà ce que fixait Zachary. La femme couvait l’enfant des yeux tandis que son père lui chatouillait le menton puis, lui adressait un signe de la main, à lui, Zac, ou du moins, à celui ou celle qui avait pris la photo à cette époque. Lui qui cherchait une agrafeuse venait de tomber sur la photo de son père en compagnie de cette femme qu’il n’avait jamais vue et en restait pantois. Tout dans l’attitude de Christian et de cette femme signifiait que l’enfant était le leur. Dans le cas contraire, il signifiait suffisamment aux yeux de Christian pour que celui-ci agisse avec lui comme un père, songea amèrement Zachary en fixant la photo, hypnotisé par la petite famille qui s’agitait dans le cadre de papier.

Sortant de sa rêverie, il glissa la photo dans la poche de son bermuda rouge à fleurs blanches et se mit en devoir d’inspecter méthodiquement le bureau de son père. Car, si Christian avait caché cette photo dans son tiroir, à portée de main, c’est qu’elle comptait beaucoup pour lui, ce qui suffit à aiguiser la curiosité de Zachary. Après s’être assuré que ses parents n’étaient pas rentrés, l’adolescent retourna près du bureau, s’assit par terre et sortit le premier tiroir qu’il fouilla feuille après feuille pour ne pas trahir son passage. Le premier tiroir ne révéla pas d’autre secret. Zachary inspecta alors le second tiroir sans plus de succès que le suivant. Finalement, le dernier tiroir s’avéra aussi décevant que les autres et n’offrit au jeune sorcier qu’un chewing-gum à la menthe, qu’il se mit à mâcher mollement.

Après avoir rangé tous les tiroirs, Zac s’attaqua au meuble bas qui contenait les dossiers de son père. Il les sortit un par un et les feuilleta sans grand intérêt. Des factures, des relevés de comptes, quelques lettres du Magistère, d’autres dont les noms évoquaient à Zac des gens de peu de foi –dossiers qu’il s’empressa de refermer. Bref, rien de transcendant. Il allait abandonner ses rechercher et ses suppositions, quand il se dit que c’était trop bête de passer à côté d’un potin. En plus la fille était pas mal et s’il trouvait d’autres photos d’elle, il pourrait peut-être la montrer à ses amis –qui lâcheraient peut-être un peu sa propre mère.

Il faut dire que Marissa, sa mère, avait le charme et la passion du sud. Ses origines mexicaines ne passaient pas inaperçues et lui donnaient cette apparente fougue qui la distinguait des autres femmes du quartier. Zachary était fier de sa mère et invitait souvent ses amis chez lui, pour que tous puissent profiter de la piscine chauffée et de la présence de sa super-mum. Comparée à elle, la femme sur la photo était plutôt une beauté classique. Elle avait l’air jeune et semblait être simple, sans artifices. Zachary lui donnait vingt-cinq ans tout au plus et son père devait en avoir à peine trente à en juger par le look et l’allure qu’il avait.

Ayant passé en revue tous les meubles du bureau, Zac repéra une petite boîte à chaussures un peu vieillie sous une pile de vieux journaux de Quidditch. Il l’attrapa et manqua d’éternuer en soufflant sur la poussière qui recouvrait tout ça. Il souleva le couvercle avec délicatesse, histoire de ne pas faire voler la poussière une nouvelle fois et se mit à fouiller parmi les nombreux parchemins tout aussi poussiéreux que l'extérieur de la boîte. De vieilles coupures de presse, des parchemins anciens, Zac ne trouvait rien de franchement intéressant là-dedans quand il tomba sur un autre petit paquet de photos. Certaines les représentaient ses parents et lui. Il y avait aussi cette horrible tante Garrett qui piquait autant qu'un vieux routier et d'autres photos sans intérêt immédiat. Et là, sous le paquet, d'images animées, Zachary trouva son trésor. Une autre photo, plus récente cette fois. Il reconnut immédiatement la femme de la première photo. Elle était moins jeune bien sûr, la cinquantaine peut-être, mais son visage n'avait pas beaucoup changé. Quand au jeune homme qui lui tenait compagnie, et bien, il avait l'air plutôt… rigide. Zac estima qu'il devait avoir une vingtaine d'années sur la photo. Il était assez grand et baraqué et lui rappelait beaucoup son propre père, tant pas son attitude que par son physique, ce qui perturba un peu l'adolescent.

Il retourna la photo et reconnut l'écriture familière de son père au verso. Il lut alors "Eléonore, Anthony - 2001". Okayy ! Il ne faisait aucun doute que le jeune homme de la photo était le nourrisson de la première photo. Et du coup…


* * *



- Dad ?! Lança Zachary à son père le soir même.

- Zac ?! Répondit-il sur le même ton.

L'adolescent s'approcha de son père d'un pas décidé. Celui-ci était allongé au soleil, sur un transat près de la piscine et se délassait après une bonne journée de travail -quel qu'il soit. Marissa n'était pas encore rentrée de sa séance de shopping entre amies et ne rentrerait sûrement pas avant un bon moment, papotages obliges. Zachary s'avança donc sans craintes d'être pris en flag par sa mère et jeta les deux photos sur le torse de son père.

- What's that ?!

Christian réunit les deux photos et y jeta un coup d'œil furtif. Il connaissait ces images par cœur, il n'eut pas besoin de véritablement les regarder pour savoir qui y figurait. Il soupira imperceptiblement, déposa les photos sur le sol carrelé et attrapa son "Quidditch World" avant de répondre sur un ton volontairement détaché :

- Ce sont des amis. Tu ne les connait pas.

Sa voix mettait visiblement un terme à la conversation, mais c'était sans compter sur Zachary. Il ramassa les photos et montra à nouveau celle où son père figurait heureux avec sa petite famille.

- Des amis ?!! Cracha-t-il.

Il ne s'était jamais senti trahi comme à cet instant. Qui était cette femme et ce type à côté. Eléonore et Anthony… Raah! Une part de lui souhaitait entendre de la bouche de son père qui étaient ces deux personnes et une autre part, plus enfouie, connaissait la réponse et préférait ne rien savoir. Mais il y avait aussi la curiosité. Car, si la part de lui qui connaissait la réponse avait raison, alors…

Zac cuisina son père, répétant inlassablement les mêmes questions jusqu'à ce que Christian ne se lève, visiblement agacé et énervé et se mette à tourner autour de la piscine, les mains enfoncées dans les poches de son bermuda en jean beige.

S'ensuivit une conversation psychédélique où le fils menaçait le père et où le père esquivait le fils, tempêtait et grognait avant de rendre les armes face au chantage de Zachary qui menaçait de tout révéler à sa mère s'il ne lui racontait pas tout immédiatement.

Inconsciemment, Christian avait toujours espéré ce moment. Ce moment où quelqu'un lui parlerait de Tony et d'Eléonore. Ce moment où il pourrait soulager sa conscience du fardeau qu'il portait depuis vingt-trois ans. Il était même plutôt content que ce soit Zachary qui le fasse, car il pourrait partager son secret avec quelqu'un de proche et ça lui ferait du bien. Mais le regard que l'ado lui lançait à présent n'avait rien de "bénéfique". A vrai dire, Christian n'avait jamais vu ce regard dans les yeux de son fils. Il y avait de la rancœur, de la colère même et quelque chose qu'il n'arrivait pas à identifier.

Le sorcier s'assit au bord de la piscine et glissa ses pieds nus dans l'eau tiède du bassin. Il aurait très bien pu agir sur l'inconscient de son fils et lui faire oublier cet après-midi, sans efforts. Après tout il l'avait déjà fait bien souvent et ne s'était jamais posé de questions. Il n'avait jamais eu de cas de conscience à ce sujet. Mais l'idée de partager son secret était plutôt réjouissante.

- J'ai été marié, lâcha-t-il.

Zachary resta coi une seconde et son cœur se mit à battre sourdement dans sa poitrine. On y était. Le moment de vérité. Il désigna les photos que son père tenait à présent à la main.

- Et c'est… commença-t-il hésitant.

- Ton frère. Conclut Christian laconiquement en fixant l'eau de la piscine.

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Zachary Pennington
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MessageSujet: Re: Leaving Spring Hill   Dim 3 Mai - 17:34

* Quoi c'est tout ?!* pensa Zac abasourdit.

Son père n'essayait même pas de nier, ni de s'expliquer. Il lui lâchait l'info sans lutter ? Zachary n'en croyait pas ses yeux et ses oreilles. Son père baissait les bras. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Les pieds dans la piscine, les yeux dans le vague, il ne lui avait jamais fait cette impression. À cet instant, Christian donnait l'illusion d'un homme usé, fatigué de garder son secret plus longtemps. Et cet air égaré sur le visage de son père suffit à calmer l'adolescent instantanément. Il savait que son père portait des fardeaux autrement plus dangereux et lourds et le fait d'en partager un avec lui était assez plaisant tout à coup.

L'ado longea doucement le bassin. Il vint s'asseoir à côté de son père et plongea à son tour les jambes dans l'eau. Son cœur battait la chamade. Tant de questions se bousculaient dans sa tête qu'il ne savait pas trop par où commencer. Alors, sans regarder son père, en fixant lui aussi, les remous de l'eau, il lui demanda d'une voix presque timide -ce qui était plutôt rare quand on connaissait Zachary.

- Tu m'racontes?

Et Christian, après avoir fait promettre à son fils de ne rien dire à Marissa, raconta l'histoire de son autre vie en France, plus de vingt ans auparavant. Il n'omit aucun détails -ou presque, hem-, depuis sa rencontre avec Eléonore, une non-sorcière, à son départ pour l'Amérique quatre ans plus tard, en passant par son mariage et la naissance de leur fils Anthony.

Zachary soutint bravement le regard de son père quand il eut finit son récit. Il avait eu une légère mine de dégoût quand son père avait précisé avoir été marié à une non-sorcière mais avait ravalé sagement tout commentaire désobligeant, trop curieux de connaitre la suite. Suite qui l'avait laissé sans voix. Il avait un frère, ou plutôt un demi-frère, quelque part sur le vieux continent. Waouh !

Christian raconta à son fils le parcours d'Anthony d'un ton où transparaissait nettement la fierté paternelle. Zachary en ressentit aussitôt de la jalousie qui, s'il la jugea mal placée, ne s'effaça pas immédiatement. Voilà qu'il découvrait que pendant plus de vingt ans son père avait aimé un autre que lui, car il était certain que Christian avait aimé et aimait toujours son fils malgré le temps et les années. Rien que le fait qu'il sache où il se trouvait en ce moment était un signe de l'attention qu'il lui portait. Et d'ailleurs, Zac voulut savoir où était ce demi-frère inespéré (et c'est bien le mot).

Son père lui révéla alors que Tony, ô odieux diminutif qui remuait le couteau dans la plaie, faisait partie d'une petite communauté magique dans un coin de l'Ecosse. Zac digéra l'information en pensant aux Amish et eut une nouvelle mine de dégoût. Beurk comment pouvaient faire ces gens sans électricité, sans confort, sans plage… * La vie au bagne, un vrai bonheur * songea-t-il ironiquement. Mais il passa outre les Amish et questionna son père sur ce bled, comment déjà ? … Sywhaîd ? Et Monsieur Delanay lui expliqua ce qu'il savait de la Noble Lande, à savoir rien de concret. D'après ses sources il s'agissait d'une communauté autarcique entourée d'une Brume magique protectrice. Cette Brume avait pas mal de pouvoirs semblait-il, ce qui expliquait entre autre que le village ne figurait sur aucun plan ni sur aucune carte.

Christian avait conquis son auditoire après avoir prononcé le diminutif de son aîné. Zachary, en fils unique qu'il était, crevait maintenant d'envie de découvrir celui qui amenait cet air doux sur le visage de son père. Celui qui le rendait fier d'un autre que lui, Zac ! Il n'espérait plus qu'une chose : rencontrer ce gars et montrer à son père qu'il se trompait et que ce Tony ne tenait pas la comparaison avec lui, "son" fils ! Et puis, sans vouloir se l'avouer, il était aussi extrêmement curieux de voir ce que ça faisait d'avoir un frère, tout simplement.

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Zachary Pennington
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MessageSujet: Re: Leaving Spring Hill   Jeu 7 Mai - 12:39

Le soir même, la décision de Zac était prise : il partait pour Sywhaîd. Après tout, il avait plus de deux ans d'avance sur les autres et les voyages formaient la jeunesse.

A la table du dîner il se lança :

- Mum, Dad…

Il laissa planer le suspense un moment. Suffisamment longtemps pour que Marissa revienne de la cuisine en s'essuyant délicatement les mains sur un torchon -cette femme avait le don de rendre ça sexy. Suffisamment longtemps pour que Christian daigne enfin poser les yeux sur son fils. D'ailleurs, sa mâchoire se crispa en attendant la suite. Son fils allait-il tout balancer à sa mère comme ça ? Zachary, alors fier de son effet, continua d'un ton badin.

- Miss Clarkson a dit que j'avais encore progressé ce semestre. Elle hésite à parler de moi à la Magical High d'Orlando…

Là encore il laissa les paroles intégrer le cerveau de ses parents qui affichaient à présent une mine réjouie. Enfin, sa mère affichait une mine réjouie. Son père, lui, affichait un air soulagé. Soulagé qu'il n'ait pas balancé son secret. Pas tout de suite.

Miss Clarkson était la directrice de l'école de sorcellerie où il étudiait et cette vieille bique, bien que moustachue et un peu ronchonne, avait effectivement pensé le faire inscrire à la Magical High d'Orlando. Cette école spécialisée n'accueillait que les sorciers prodiges ou, au moins, les sorciers "très" (très très) doués, voire précoces. A seize ans, Zachary n'était plus ce qu'on pouvait appeler un "enfant précoce", et commençait à entrer dans la catégorie des étudiants "très" (très, très) doués, faute d'être un vrai prodige.

- Mais c'est magnifique mon chéri, s'empressa de dire sa mère en s'approchant de lui et en lui passant une main dans les cheveux avant de lui déposer un baiser sur la joue -qu'elle s'empressa d'effacer de son pouce délicat. Tu irais le semestre prochain ? Questionna-t-elle visiblement ravie.

C'est le moment que Zachary trouva opportun pour leur annoncer la nouvelle.

- En fait j'avais une autre idée en tête. Commença-t-il. Je me suis dit que puisque je suis en avance, je peux bien perdre une année, non?!

Il ne laissa pas le temps à ses parents de le contredire et enchaîna directement.

- Donc, je me suis dit que j'aurais pu passer un peu de temps ailleurs. Dans un autre pays quoi. Histoire de voir un peu autre chose, apprendre des trucs nouveaux et différents, comme vous…

Là, il tenait un argument béton. Ses parents avaient tous deux beaucoup voyagé et prônaient la découverte, l'ouverture d'esprit et l'apprentissage "sur le tas". S'il y avait bien deux personnes au monde qui ne pouvaient pas refuser cette proposition c'était bien eux.
Christian ne dit rien mais les traits de son visage se durcirent et sa mâchoire se crispa. Le sourire de Marissa quant à lui, s'estompa légèrement avant de revenir tout aussi pimpant qu'avant.

- Oh mais oui, c'est une très bonne idée ! N'est-ce pas Christian ?… Christian ?

- Hein ? Ah, oui ! … Oui, oui, répondit-il visiblement pas emballé à l'idée que son fils quitte le pays. Surtout qu'il avait déjà une petite idée du pays choisi par son cadet.

- Et tu irais où ? Demanda Marissa comme si elle lisait dans ses pensées.

- J'y ai un peu réfléchit, déclara Zachary en prenant l'air pensif du celui qui n'était pas encore sûr à cent pour cent. Au début, je penchais pour la France, mais finalement je préfère aller en Ecosse. Parce qu'au moins je m'y retrouverais un peu côté langue, enfin j'pense. Et puis, ça peut pas me faire de mal un petit séjour dans un coin paisible avec des moutons et des gens hirsutes.

Et oui, Zac avait une vision plutôt réductrice de l'Ecosse et de ses charmants habitants. Et ses talents de comédiens lui furent utiles lorsqu'il se fendit d'un large sourire pour montrer ô combien l'idée d'aller croupir en Ecosse lui paraissait géniale. Il continua sur sa lancée.

- En fait j'ai entendu parler d'une petite communauté sorcière pas très loin de Kildrummy. Sywhaîd… Ca vous dit quelque chose?

Il poussa l'audace jusqu'à planter son regard droit dans celui de son père qui lui renvoya un regard indéchiffrable. Et c'est à nouveau Marissa qui désamorça la situation de sa voix vive et enjouée.

- Sywhaîd ? Oui, j'en ai déjà entendu parler. Puis elle ajouta en prenant sa voix de maman attendrie. Mais mon chéri, c'est une légende. Un mythe qu'on raconte aux gens pour les faire venir en Ecosse. Elle se redressa et ajouta plus sérieusement. Je suis sûre que c'est un coup du Magistère écossais pour attirer les sorciers là-bas. C'est vrai, après tout. Il n'y a pas grand-chose à faire et c'est un moyen comme un autre de faire venir du monde. Cette communauté, je suis sûre que c'est un coup de pub.

Elle pointait un doigt accusateur en direction du plateau de fruit qui, ce soir, devait représenter l'Ecosse. Elle avait toujours été plus ou moins remontée contre le Ministère de la Magie et ce, dans tous les pays. Zachary tenait sûrement d'elle cette petite rébellion.

- Justement, je verrais bien. C'est l'occasion ou jamais d'être fixés, ajouta-t-il d'un ton décidé en dardant sur son père un regard qui en disait long.

Le diner se termina sans encombres. Marissa avait donné sa bénédiction et Christian, et bien… il n'avait pas dit non -en fait il n'avait même rien dit du tout de tout le repas mais passons.

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Zachary Pennington
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MessageSujet: Re: Leaving Spring Hill   Ven 8 Mai - 11:03

Dix jours plus tard.


Zachary se tenait devant la porte de la villa familiale. Dans l'embrasure, Marissa tamponnait ses yeux humides d'une mouchoir de soie et lançait à son fils chéri un regard empli d'amour. Elle essuya une larme vagabonde et s'avança pour prendre Zac dans ses bras une énième fois. La journée était magnifique mais elle avait le cœur gros. Son fils partait ce matin pour l'Ecosse et dieu seul sait quand elle le reverrait. Elle serra d'autant plus fort Zachary qu'il ne répondait pas à cette embrassade, et pour cause.

L'ado était légèrement empêtré, entre son gros sac de voyage sur une épaule, sa super planche de surf sous l'autre bras et maintenant sa mère qui voulait qu'il la serre dans ses bras. Hey, il était pas Shiva ! Il se dégagea tant bien que mal de l'étreinte maternelle au grand regret de Marissa qui écrasa une nouvelle larme.

- T'avais promis de pas pleurer M'man, dit Zac en souriant gentiment.

- Je sais mais… Et bien… Je t'ai menti, répondit-elle.

* On le fait tous !* pensa Zachary en croisant le regard de son père qui venait de se faire la même réflexion.

L'ado lâcha son sac, visiblement pas très léger et posa -avec beaucoup plus de précautions- sa magnifique planche de surf dans le gazon fraîchement tondu. Il avança vers sa mère et la prit délicatement par les épaules.

- Tout va bien s'passer M'man. Si j'trouve la Brume et que j'suis accepté j'vous envoie un hibou. Et puis je vais revenir. C'est pas comme si j'allais mourir, hein?!

Pour le coup il avait un doute. Son père avait fait jouer ses relations et ils étaient allés rendre visite à une de ses vieilles connaissances - un type très bizarre au visage ingrat qui n'avait rien de l'esprit sain dans un corps sain !- qui leur avait parlé de Sywhaîd. Ou plutôt de la Brume. L'homme avait voulut se rendre dans le village mais une Brume l'en avait empêché. Il avait subit une véritable épreuve face à son reflet "et d'autre trucs inimaginables, vous imaginez même pas!". Finalement la Brume l'avait éjecté comme un malpropre avec pertes et fracas. L'homme avait même montré à Zachary une cicatrice qui lui barrait la joue et prétendu qu'une créature de huit mètres de haut la lui avait faite pendant sa Quête.

Ils étaient ressortis assez vite de chez l'homme après avoir obtenu de lui le chemin le plus court pour se rendre à Sywhaîd. Mais Zac n'en menait pas large. Il avait beau frimer avec sa planche de surf et sa chevelure entretenue avec soin, il n'était pas un casse-cou à proprement parler. Les filles il ne les épatait pas avec ses muscles, alors l'idée d'affronter une Brume magique l'effrayait un peu. Il pensa alors à ce "Tony" et se remotiva un peu. IL avait hâte de voir la tête de ce type… de son… frère. Trop bizarre cette idée!

Il enlaça sa mère et lui déposa un baiser sur la joue. Il était un peu ému malgré tout ce qu'il pouvait dire. Il desserra son étreinte et relâcha sa mère.

- Tout va marcher comme sur des roulettes ! Te fais pas d'soucis ! La rassura-t-il.

Puis il se tourna vers son père qui s'approcha de lui, impassible. A vrai dire, Christian était angoissé. Que son fils parte. Que son fils quitte le pays pour un monde inconnu. Que son fils trouve la Brume et qu'il échoue. Qu'il réussisse et ne revienne pas… Mais surtout qu'il réussisse et qu'il trouve Anthony ! Alors, comment réagiraient-ils l'un et l'autre? Christian priait le ciel pour que Zac ne lâche pas le morceau. Il le lui avait fait promettre, mais ce n'était qu'un ado après tout. Est-ce qu'il pouvait lui faire confiance ? Il dut bien admettre qu'il faisait un minimum confiance à son cadet, autrement il n'aurait pas révélé où se trouvait son aîné. Mais maintenant… Maintenant qu'on y était, c'était différent. Christian était tiraillé par le doute et l'appréhension. Il avait fait tant de chose inavouables tout au long de sa carrière, pourtant, jamais il n'avait ressenti cela. Ce sentiment d'incapacité, de regrets, et d'appréhension mélangés. C'était vraiment désagréable.

Il posa une main ferme sur l'épaule de Zachary et se pencha pour lui murmurer à l'oreille un "ne dit rien à ta mère !" qui ressemblait fort à une menace. Puis il ajouta :

- Ne dis rien.

Un moment de silence s'installa entre père et fils, le temps que ceux-ci se jaugent mutuellement. Puis Christian attrapa son fils d'un bras derrière la nuque et l'attira à lui avant de lui ébouriffer les cheveux.

- Et prend soin de toi !

Ca, c'était un ordre visiblement. Une seconde, Zachary avait craint que son père ne l'étrangle, mais non.

Il était temps qu'il parte maintenant. Zac embrassa du regard son si charmant quartier sorcier et sourit en voyant le fils des Lowens courir après leur chien -devenu bleu-, baguette à la main. Il se tourna une dernière fois, embrassa tour à tour son père puis sa mère et attrapa à nouveau son sac et sa planche avant de sortir un bout de papier de sa poche : une formule et un plan pour aller à Sywhaîd.

* La clé de mon destin* songea-t-il.

Il regarda ses parents et prononça la formule à haute et intelligible voix avant de disparaître dans un nuage de fumée orangée, sous l'œil inquiet de ses parents.


[A suivre : la Quête de Zac ]

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