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Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Scottish Promises Mer 29 Avr - 17:10 | |
| Vitali s’arrêta bientôt de marcher et regarda autour de lui avec mauvaise humeur. Au moins, il avait récupéré tous ses tatouages qui signifiaient tant pour lui. Au moins, il était entré dans Sywhaîd, il allait pouvoir commencer une nouvelle vie, toutes ses chances étaient devant lui… Ouais, mais pour l’heure le Russe avait du mal à s’en réjouir pleinement, étant donné qu’il était complètement nu. Il ne connaissait pas les lieux, commençait à cailler sévère et redoutait de croiser quelqu’un dans cet état. Pas qu’il soit pudique ou quoi, mais bon, pour une première rencontre être à poil c’était jamais merveilleux. Sauf dans le cas d’une rencontre d’un genre plutôt spécial. Bref. En plus, n’importe qui pouvait voir son corps, donc ses tatouages, et même si c’était codé, Vitali n’aimait pas ça. Il ressemblait un peu trop à un mafieux, tout de même. Qu’est-ce qu’il ferait si quelqu’un connaissait le sens de ces dessins ? Il n’avait pas fait tout ça pour se faire griller à la fin du voyage… Et même si la communauté avait l'air tranquille, Vitali était trop méfiant pour prendre le moindre risque.
L’ancien homme de main fit jouer les muscles puissants de ses épaules en regrettant de ne pas avoir son Beretta. Non. Mais à quoi il pensait là ? Il n’en avait plus besoin… Difficile d’abandonner ses automatismes (et son automatique)…
Enfin, il se remit à marcher lentement, aux aguets, la démarche souple malgré son imposante carrure. Merde, il aurait donné la moitié de son compte rempli d’argent sale pour avoir au moins un slip. |
|  | | Anthony Delanay Menuisier


Nombre de messages: 206 Age: 28 Date d'inscription: 20/07/2008
 | Sujet: Re: Scottish Promises Mer 29 Avr - 23:37 | |
| La nuit commençait à tomber et Anthony terminait une journée plutôt harassante. Il avait charrié des troncs d'arbres une bonne partie de la matinée avec Anton et les avait ensuite dégrossies pour les utiliser par la suite pour la confection de mobilier ou les réparations. Il terminait de ranger le matériel à l'intérieur de la scierie. Non pas qu'il craigne la présence d'un éventuel voleur mais la rosée matinale avait vite fait de vous faire rouiller vos plus chouettes outils, tout ensorcelés soient-ils. Suivit de Bergamote, Anthony déambulait donc autour de la scierie afin de vérifier que rien n'avait été oublié dehors. Après, il irait sûrement faire un tour au pub. Il l'avait bien mérité.
Il s'apprêtait à rentrer lorsqu'au loin, une silhouette capta son attention. Il dû plisser les yeux pour arriver à distinguer un peu mieux ce qui s'approchait. Et finalement il alla au devant de la silhouette, lentement, tranquillement. Il avait fini sa journée après tout.
Anthony allait saluer l'arrivant mais ce qu'il découvrit au détour d'un buisson le laissa coi quelques secondes. Il s'était attendu à trouver Waylon, peut-être même Buzz, mais pas… un type nu sorti de nulle part. Et surtout, un type nu.
- Salut. Fraich'ment débarqué?
Le ton de sa voix suivi d'un rictus ironique montrait qu'il connaissait déjà la réponse. Car, même si certain sywhaîdiens et Sywhaîdienne prônaient la liberté d'expression et le retour aux sources, ce type-là n'avait pas l'air suffisamment "roots" pour entrer dans cette catégorie. Ca et le fait qu'Anthony ne l'avait encore jamais vu auparavant, lui permirent de déduire qu'il sortait de la Brume, qui avait dû en profiter pour lui piquer ses fringues. |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: Scottish Promises Jeu 30 Avr - 14:51 | |
| Vitali se figea également en voyant débarquer cet homme. Il l’avait entendu arriver, mais le pensait encore un peu plus loin et il avait été surpris. Pendant les quelques secondes durant lesquelles Anthony le dévisagea, le Russe fit de même. Le jaugea d’un regard froid. La question ironique du jeune homme lui arracha un grognement rauque qui pouvait passer pour un rire.
« Exactement. »
Un léger sourire passa sur son visage impassible et il ajouta :
« La jeune fille, là-bas, elle est un peu bizarre. J’suis content d’être sorti de là. »
Vitali ne connaissait la magie que de nom, il n’avait jamais vu de sorcier à l’œuvre et était profondément pragmatique. Par conséquent, il pensait que tous les gens qui traversaient la Brume rencontraient cette fille et n’imaginait même pas qu’elle puisse être une incarnation de la Brume. Pour lui, « la Brume » était le nom de la fille, et le brouillard autour d’elle… hé bien, du brouillard.
Pendant quelques secondes, il garda le silence, les mains croisées sur son intimité. Vu comme ça, on aurait dit de la pudeur, mais les sywhaîdiens auraient plus tard l’occasion de voir que Vitali se tenait toujours comme ça. Très droit, les mains croisées devant lui, le visage fermé. Le Russe ne savait pas exactement quoi faire. Il se sentait tellement à découvert… Nu, tous tatouages dehors, sans arme. Face à un type à la carrure au moins aussi imposante que lui.
Au bout d’un moment, il finit par demander :
« Je ne connais rien de cet endroit. Tu pourrais me guider, m’expliquer un peu comment il fonctionne ? Et me dire où je peux trouver des affaires ? »
Détestable. Devoir demander de l’aide, comme ça… Admettre qu’il était perdu. Nécessaire, mais bien loin de ses petites habitudes. |
|  | | Anthony Delanay Menuisier


Nombre de messages: 206 Age: 28 Date d'inscription: 20/07/2008
 | Sujet: Re: Scottish Promises Dim 10 Mai - 19:46 | |
| Tony haussa un sourcil quand Vitali évoqua une jeune fille et comprit qu'il faisait allusion à la Brume. Il ne fit cependant aucune remarque et ne montra aucune signe de curiosité quant à la Quête du nouveau venu. D'abord parce qu'il y avait une sorte de tabou autour d'elles qui révélait souvent des choses très personnelles et que Tony n'était pas homme à briser un tabou. Et ensuite parce que sur son échelle de l'étrangeté, un satyre arrivait devant une jeune fille et qu'il n'avait pas envie de jouer au plus fort ce soir, et surtout pas avec un p'tit nouveau, qui l'avait en fait rien de nouveau. Tony lui donnait une petite quarantaine mais l'obscurité et… les cicatrices et tatouages en tous genres devaient y être pour beaucoup.
- Oh, désolé !
Quand Vitali reprit la parole, Anthony réalisa qu'il faisait un très mauvais hôte et qu'il ferait mieux de trouver des vêtements à son voisin avant que le tout Sywhaîd ne le voie en tenue d'Adam. Il commença par ôter sa veste et la tendit à Vitali. Elle était plutôt chaude et assez longue pour couvrir une partie de son anatomie, mais c'était un peu juste quand même.
- J'pense que j'ai un jean de r'change à la scierie. Ca s'ra toujours ça d'pris. C'est pas qu'tu f'rais pas ton p'tit effet au village, mais j'préfère éviter une nouvelle émeute.
Il ne précisa pas l'occasion de l'émeute précédente : Tibère? Sa propre arrivée ? Pff. Tout en parlant il se mit en marche et, après s'être assuré que Vitali le suivait, il se mit en route vers la bâtisse que l'on apercevait tout près de là.
Bergamote escalada son humain et scruta le bleu d'un œil curieux et un peu inquiet aussi, même si le gars n'avait pas l'air méchant… Enfin, pour l'instant. Tony tâcha de répondre à la question de son voisin.
- Bah, y'a pas grand-chose à savoir. On vit en autarcie. On fait tout nous même : cuisine, travaux, vêtements, meubles… Tout quoi. On utilise pas d'argent, on fait du troc et on partage toutes les r'ssources avec tout l'monde. C'est un peu une grande famille quoi.
Il escalada un petit talus et pointa du doigt le village, éclairé de quelques lumières.
- Là-bas c'est l'école et là, la ferme. On est pas mal à y habiter. Sinon derrière t'as des p'tites maisons. Y'a des sorciers et des non-sorciers qui y vivent… À la ferme aussi remarque, ajouta-t-il en haussant une épaule.
Bizarrement, il n'imaginait pas que Vitali soit un non-sorcier : les tatouages sans doute. Ils étaient arrivés devant la scierie.
- C'est juste là, ajouta Anthony en précédant Vitali dans le bâtiment.
Les lieux étaient calmes et avaient tout d'une menuiserie classique, si ce n'était cette grosse scie mécanique qui tressautait en sifflant dans un coin de la pièce et débitait avec peine des planches de bois. |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: Scottish Promises Lun 11 Mai - 20:37 | |
| Vitali accepta de bonne grâce la veste du jeune homme et le remercia tout en la prenant. C’était un peu mieux, comme ça, même si il lui manquait toujours un pantalon. Il suivit donc docilement Anthony jusqu’à la scierie, continuant tout de même à scruter les environs, méfiant. Le jour tombait doucement et il commençait à faire sombre. Vitali faillit sursauter en voyant Bergamote, qui n’était pour lui qu’un vulgaire écureuil. Le vieil homme qui lui avait fait connaître Sywhaîd lui avait parlé des daemons mais… après tout, cet homme avait été jusqu’à ce jour son seul contact avec la magie, si on ne comptait pas la Brume. Et Bergamote était le premier daemon qu’il voyait. Vitali commença donc par observer à la dérobée le petit animal, étonné de l’intelligence de son regard et de sa docilité. Son maître le laissait donc se promener ainsi en liberté, sans contrainte de laisse ou de harnais ! Les paroles de son guide, qui répondait à sa question sur les lieux, le tirèrent de ses observations et firent naître un sourire doux-amer sur ses lèvres. Une grande famille… Il avait déjà vu ça quelque part, non ? Bon, ça ne lui avait pas aussi mal réussi qu’à d’autres, mais n’empêche qu’il se retrouvait avec à ses trousses des tueurs impitoyables. Au moins aussi impitoyables que lui-même… Et forcé de se cacher dans une communauté dont il ne maîtrisait rien. Il se sentait comme l’enfant qu’il avait été en entrant dans les vori v’zakone : perdu, effrayé, contraint d’abandonner ses principes et d’en prendre de nouveaux. La seule différence était qu’il avait grandi et qu’il se sentait plus fort désormais. Quoi de plus normal, après avoir vécu des années au-dessus des lois des sociétés ? Le Russe reprit la conversation au moment où Anthony lui disait qu’il y avait des non-sorciers qui vivaient là. A ces mots, il se sentit réconforté et un poids s’allégea sur ses épaules. Un poids qu’il n’avait pas encore remarqué. Apparemment, penser qu’il n’y aurait que des sorciers autour de lui l’avait plus ennuyé qu’il n’avait voulu se l’avouer.
« Des non-sorciers…. Je crois que je suis un sorcier, mais je n’avais jamais entendu parler de la magie avant qu’on ne me conseille de venir à Sywhaîd… Ici, je pourrai apprendre ? »
Bon, il ne s’avançait pas trop en disant ça, après tout il ne donnait que des détails…
Voilà qu’ils arrivaient à la menuiserie. Tandis que l’autre lui tournait le dos pour entrer, Vitali regarda autour de lui, repéra la taille et la disposition du bâtiment. Sans pouvoir s’en empêcher, il eut une petite grimace de mécontentement en voyant comme le village était loin, et en entrant, il jeta un rapide coup d’œil sur les autres sorties et… sur un établi où était disposés des outils. Scie, tournevis, marteau… Vitali pensa qu’en cas d’agression il aurait de quoi réagir, juste avant de se reprendre mentalement. Qui parlait d’agression ? N’empêche… cet atelier, c’était exactement le genre de lieu que Vitali connaissait bien. La même lumière tombante à travers les fenêtres un peu poussiéreuses, la même lueur glauque émise par une petite ampoule, et puis cette scie mécanique poussive qui faisait un boucan du tonnerre…Le lieu parfait pour un meurtre. Loin des habitations, discret, facile à nettoyer, avec les outils et l’engin qui couvrait les bruits suspects. Une nouvelle fois, Vitali se morigéna de penser à de pareilles choses alors qu’il devait changer de vie, mais… il resta tout de même sur ses gardes. Il suivit Anthony à l’intérieur du bâtiment en prenant soin de se placer entre lui et la porte, les muscles bandés et la main toute prête à jaillir vers l’établi prêt duquel il se posa, naturellement. Extérieurement, Vitali restait impassible, le visage fermé, mais intérieurement il était aussi chargé d’adrénaline que s’il était en train de travailler pour son ancien patron. Il était entraîné à ce que ça ne se voie pas, enfin pas trop, et son regard était à peine un peu trop marqué, fixé sur chaque geste de l’homme en face de lui. Il attendit sagement que Anthony retrouve le jean et le lui donne, tout en reprenant son observation de l’écureuil apprivoisé. Pensant trouver là un bon moyen de lancer la conversation et d’occuper l’esprit de son guide, il dit tranquillement, de sa voix imprégnée d’inflexions slaves :
« C’est un joli animal que tu as là. Tu l’as apprivoisé, ou est-ce encore un prodige de la magie ? »
Il sourit, candide et comme impressionné, surtout désireux de donner l’image d’un innocent et inoffensif nouvel arrivant. |
|  | | Anthony Delanay Menuisier


Nombre de messages: 206 Age: 28 Date d'inscription: 20/07/2008
 | Sujet: Re: Scottish Promises Jeu 21 Mai - 19:14 | |
| Anthony n'avait rien répondu quand son hôte avait affirmé "croire" être un sorcier. Comment pouvait-on ne pas en être sûr ? Il avait cependant laissé la question en suspens pour trouver des vêtements à Vitali. Il avait juste eu le temps de dire à l'homme que "oui" il pourrait étudier ici, avant de pousser la porte de la scierie. Il laissa le russe quelques minutes et revint bientôt avec un jean et un tee-shirt kaki qu'il claqua dans l'air pour en ôter la poussière, avant de lancer le tout au nouveau.
- Attrape ! J'pense que ça d'vrait t'aller.
Le type n'avait pas l'air méchant mais Tony était quand même un peu méfiant lui aussi et ce sentiment n'était sans doute pas étranger à la série de tatouages qu'il avait sous les yeux. Certes, lui-même en avait deux, mais il savait que chaque dessin avait une signification. Du moins en allait-il ainsi pour lui. Et pour en avoir une telle quantité, c'est qu'il avait fallu en vivre des choses !
Il fut interrompu dans sa réflexion par Vitali qui venait de traiter Gami de "joli animal". Son sang ne fit qu'un tour. Aussi sympa soit-il, Tony haïssait quiconque dénigrait son daemon. Il en avait été ainsi avec Reven, l'Isatis de Norsken qui avait appelé Bergamote sa "chose" et à qui Tony aurait bien fait ravaler ses canines ! Mais Vitali ne semblait pas franchement au courant du tabou qui entourait les daemons, voir pas très au courant des daemons eux-même. Anthony se contenta alors d'enfouir ses poings serrés dans ses poches et de crisper la mâchoire tandis que Bergamote ajoutait un feulement qui se voulait impressionnant, hem, en direction du russe.
Anthony jeta à Vitali un regard légèrement plus froid qu'auparavant, mais prit sur lui et se calma. Après tout, Vitali n'y était pour rien s'il ne connaissait pas les daemons, comme en attestait son attitude ignorante -Tony n'aurait pas été jusqu'à dire "innocent"… à cause des tatouages. Il s'approcha de l'établi et Bergamote y grimpa à son tour. Tony passa alors une main possessive dans le pelage de l'écureuil gris et se tourna vers Vitali.
- C'est pas un animal, c'est mon daemon, dit-il sur un ton plus sec qu'il n'aurait voulu. C'est une partie d'moi.
- Mais c'est vrai qu'je suis un prodige, ajouta l'écureuil pour rompre la glace que son humain avait lui-même créée.
De fait, Tony ne put s'empêcher de sourire à la remarque de sa moitié. Les traits de son visage s'éclairèrent et il soupira en souriant encore. Ses épaules s'affaissèrent et il se tourna un peu plus vers Vitali à qui il tendit… sa main droite.
- Anthony Delanay… Tony !… Et lui c'est Bergamote… Gami. Il fit passer son regard de Vitali à son daemon et ajouta.
- Sorry ! J'ai tendance à m'emballer quand on m'parle daemon… On s'refait pas.
Il sortit sa baguette de l'arrière de son jean et la pointa vers un coin de la scierie. Une formule plus tard et une petite boule de feu quittait le médium pour rebondir contre les murs, allumant au passage toute une série de petites lampes. On y voyait nettement plus clair maintenant. Il se hissa sans efforts sur l'établi et lança à Vitali :
- Alors comme ça t'es pas sûr d'être sorcier ? |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: Scottish Promises Ven 22 Mai - 20:19 | |
| Vitali attrapa au vol les vêtements que lui lançait Anthony et les enfila prestement. Ça allait, le t-shirt était à peine trop petit. Le Russe se détendit un peu maintenant qu’il était couvert et s’autorisa un petit sourire à l’attention de son guide. Mais bien entendu, ça ne l’empêcha pas de continuer à se tenir sur ses gardes à côté de l’établi. Et il faisait bien, pensa-t-il. Il avait apparemment fait une erreur en parlant de l’écureuil, une erreur que Vitali ne comprenait pas. Enfin, toujours est-il qu’il perçut immédiatement la crispation de Tony, vit ses muscles se tendre quand il serra les poings dans ses poches et entendit le cri de l’animal. L’ancien mafieux se redressa, son regard bleu glacier se durcit et il posa doucement sa main droite sur le plan de travail. A côté d’un marteau. Non, il n’allait pas attaquer cet homme sous le simple prétexte qu’il semblait énervé… mais dans un lieu aussi isolé, face à un inconnu total… autant prendre ses précautions, non ? Il n’avait fait aucun effort pour cacher son geste, mais n’avait pas non plus été menaçant. Il avait juste, simplement, posé une main ostentatoire près de l’outil et prit une expression bien plus dure. Cependant, l’homme se calma après un regard froid. S’approcha de l’établi, faisant se crisper chaque muscle du corps du Russe paranoïaque et surentraîné.
Anthony expliqua que Bergamote n’était pas un animal mais une partie de lui et Vitali reconnut le principe des daemons dont on lui avait parlé. Il ne comprenait pas : comment un homme pouvait dévoiler comme ça une partie de lui ? S’encombrer d’un deuxième être à gérer ? Selon la vision des choses du Russe, c’était dangereux de faire ça. Mais il ne dit rien, se rappelant qu’il ne connaissait rien sur le sujet et risquait une deuxième gaffe. Et là, l’écureuil parla. Vitali du faire appel à toute sa maîtrise pour retenir un mouvement de recul. Il avait décidément du mal à s’habituer à tout ça. Et ça le rendait nerveux. Très.
Son voisin finit par se détendre tout à fait, de son côté, et se présenta. Vitali lui serra la main avec un petit sourire, toujours très droit. Il apprécia la poignée de main du bonhomme et son regard s’adoucit un peu, il alla même jusqu’à lâcher un rire quand Anthony s’excusa de s’être emporté.
« Peu importe, c’est oublié. Moi c’est Vitali Krasnikov. »
Mais Vitali ne resta pas longtemps tranquille. Il vit Anthony sortir sa baguette et sa main se referma sur le manche du marteau tandis que son compagnon… allumait des lumières. Le plus naturellement possible, Le Russe lâcha l’outil comme si il de rien n'était et reprit un air normal pour répondre d’une voix calme et maîtrisée :
« Oui. J’ai grandi sans rien connaître de la magie, mais après certains évènements, un homme m’a appris que tout ça existait et que je suis un sorcier. Mais je n’ai jamais fait de magie et tu es le deuxième magicien que je vois. »
Il regarda les lumières allumées par une magie qu’il ne comprenait pas et demanda :
« Comment sont les gens ici ? C’est un coin tranquille ? » |
|  | | Anthony Delanay Menuisier


Nombre de messages: 206 Age: 28 Date d'inscription: 20/07/2008
 | Sujet: Re: Scottish Promises Mar 23 Juin - 18:06 | |
| Vitali Krasnikov… Anthony fit tourner ce nom silencieusement et le logea dans un coin de sa mémoire tout en notant l'extrême tension qui habitait son voisin. Il eut un rictus imperceptible en voyant Vitali s'emparer du marteau. Quoi ? Il comptait vraiment lui taper dessus avec ? Tony nota cependant quelque chose qui lui rappelait des souvenirs : l'homme était visiblement un homme "entrainé". Il l'avait été lui aussi -même si, à coup sûr, l'entraînement n'avait pas été le même, hem- et il savait reconnaître ce comportement, que lui-même avait parfois encore du mal à laisser tomber. Il ne fit cependant aucune remarque. Après tout, il était peut-être juste crispé par… la Magie.
Là encore Tony se demanda comment on pouvait arriver à l'âge de ce type-là sans connaître sa vraie nature et sans savoir que l'on était sorcier. Il eut simplement un haussement de sourcil circonspect. Voilà bien un truc qui le dépassait. Mais bon… Il fallait de tout pour faire un monde, pensa-t-il, philosophe. Il sourit, prenant un air flatté quand Vitali lui annonça être le second sorcier qu'il croisait.
- Les gens sont sympas. Et, comme partout y'a des énergumènes : des exhib', des nymphos, des je-sais-tout, des jeunes, des vieux… Comme dehors quoi. Mais bon, t'as d'la chance, le plus taré vient d'partir. Tibère : t'en entendra sûrement parler.
Anthony resta évasif sur le cas Tibère, jugeant préférable d'éviter à Vitali une crise d'angoisse en lui disant que la Brume avait laissé entrer un fou furieux qui avait voulu les tuer tous. Il avait l'air suffisamment porté sur le marteau comme ça.
- Hormis Tibère, donc, c'est un coin tranquille. Et les profs sont sympas. J'suppose que t'auras b'soin d'les rencontrer s'tu veux… utiliser ta magie.
Vraiment il avait du mal à s'y faire. Pour lui c'était instinctif d'utiliser ça mais…
- Y'a Rozen d'abord. C'est la pro de magie élémentale et donc de tout c'qui touche aux éléments : Terre, Air, Feu… tu vois quoi. Après y'a Skyler. Lui sa spécialité c'est la magie partagée. Ca concerne les daemons mais aussi tout ce qui permet de faire de la magie en utilisant celle des autres ou avec celle des autres ou contre celle des autres… enfin c'est assez large. Ca peut p't'être t'intéresser pour commencer, 'fin j'sais pas. Sinon y'a Jena. C'est une brune qui se balade souvent…
Il s'interrompit avant d'ajouter "nue". Même si Vitali n'avait pas l'air choquable, Tony préférait lui éviter l'idée d'un village de naturiste comme première impression de la Noble Lande. Jena donc, se baladait souvent, point.
- Elle s'occupe de tout ce qui concerne les flux magiques et… les morphies aussi je crois. Elle pourra p't'être t'aider à utiliser les tiens… tes flux. Mais t'en fais pas, tu s'ra pas l'seul à "étudier", dit-il en mimant les guillemets. Perso j'suis en majeure avec Rozen. J'me spécialise un peu et je bosse mon affinité à la Terre, l'élément. Et le reste du temps je bosse ici, dit-il en écartant les bras pour embrasser le décors de la scierie.
Bizarrement, il se sentait obligé de tout expliciter et il n'aimait pas trop ça. Ca lui donnait un air de prof qu'il était loin d'être. Il s'éclaircit la gorge et sauta lestement de l'établi.
- J't'emmène à la ferme, j'suppose que t'as envie d'te r'poser. C'est qu'les Quêtes sont pas forcément d'tout r'pos ici.
Tout en parlant, il avait fait signe à Vitali de le suivre. Il fallait qu'il aille chercher un truc à l'autre bout du bâtiment, du coup ils sortiraient par la porte de derrière.
- Krasnikov, c'est russe ?
Demanda-t-il, badin, en pensant que Vladimir serait content de rencontrer un compatriote… si ce dernier ne le frappait pas avant pour pratique de magie intempestive. |
|  | | Vitali Krasnikov Ancien Personnage


Nombre de messages: 44 Date d'inscription: 28/03/2009
 | Sujet: Re: Scottish Promises Dim 28 Juin - 8:43 | |
| Vitali écouta Anthony avec une attention accrue. Il était bien décidé à comprendre comment marchait tout ça. Il hocha simplement la tête quand l’ancien militaire parla de Tibère, comme s’il le connaissait. Ce n’était pas le cas, mais des dingues il y en avait partout. Et pour l’instant, cette histoire ne l’intéressait pas. Ce qui l’intrigua le plus, c’était cette histoire de disciplines magiques, de différentes manières de la pratiquer… Il n’avait aucune idée de l’existence de tout ça… Son visage se ferma encore plus, si c’était possible, et il pinça les lèvres, mais ce fut son seul signe d’inquiétude.
En revanche, sa réaction fut plus vive quand le jeune homme sauta de l’établi. Il se décala vivement sur le côté… avant d’interrompre son geste et de se mettre à marcher derrière Anthony le plus naturellement du monde. Le voir se diriger vers le fond du bâtiment le rendait nerveux. Il aurait préféré sortir par la porte qu’ils avaient empruntée, plutôt que de s’enfoncer ainsi dans les profondeurs de la scierie. Trop de méfiance. Mais bien sûr, il ne pouvait rien dire, et le Russe suivit donc docilement son guide, tous les sens en alerte.
Vitali mit tant de temps à répondre à la question de Anthony qu’on aurait pu croire qu’il refusait de répondre. En vérité, il choisissait ses mots. Toute question personnelle le gênait. Plus tard, peut-être, plus tard il parlerait plus facilement, raconterait des choses même si il en avait le courage… Mais là. ! Tout était encore trop frais, il avait trop de mal à se faire à l’idée qu’il était dans une communauté magique, en sécurité, au milieu de gens qui n’en avaient sûrement rien à battre, de son ancien métier. Lentement, il finit par répondre :
« Oui. Je viens de Moscou, j’ai grandi en Russie. Depuis une dizaine d’années, je travaillais à Londres, mais je suis russe. Il y a des russes ici ?»
Ça, ça lui ferait très plaisir. Il avait l’impression qu’il y avait une grande différence entre les européens et les slaves, les gens de l’est. Une différence sur laquelle il ne pouvait mettre le doigt, qui avait rapport avec leur façon de penser, de voir les choses. De vivre. Et il aimait les russes, il aimait en rencontrer et parler sa langue natale et se faire comprendre. Vitali lança un regard en coin à son guide et demanda, toujours d’une voix lente :
« Et Delanay ? C’est… ? » |
|  | | Anthony Delanay Menuisier


Nombre de messages: 206 Age: 28 Date d'inscription: 20/07/2008
 | Sujet: Re: Scottish Promises Mar 18 Aoû - 11:49 | |
| Ils étaient presque arrivés à l'autre bout de la scierie quand Anthony avait répondu par l'affirmative à la présence de russes dans le coin. Mais ses pensées s'étaient aussitôt évadées lorsque Vitali avait mentionné Londres. Ah, Londres… Tony y était allé après avoir quitté Norsken. Comme ça. Pour flâner. Quand on connaissait le bonhomme, on pouvait se poser des questions et surtout, se dire qu'il n'avait pas traversé la Manche uniquement pour faire du shopping. En fait, Tony avait passé une semaine à errer dans les rues du Londres magique et non magique, espérant naïvement croiser Scarlett au détour d'un ruelle ou devant tel ou tel pub londonien, en vain. Il faut dire que sans adresse, c'était plutôt tendu de retrouver quelqu'un, et d'autant plus s'il fallait écumer deux mondes bien distincts.
-… Français, répondit Anthony en atteignant l'extrémité du bâtiment, sans plus s'attarder sur ses propres origines. Et effectivement, il y a des russes. Enfin, y'en a au moins un. Vladimir. Il bosse à la volière… si tu as du courrier à envoyer. Et sinon… tu le trouveras quand même… Il est plutôt bavard, du coup on le repère assez vite.
Tony avait déjà croisé Ia à plusieurs reprises au cours de ses balades en forêt et avait, de temps à autres, échangé deux mots avec la "demoiselle" ; mais il n'avait jamais été jusqu'à papoter arbre généalogique et ignorait donc qu'elle avait ses racines en pays slaves.
- Il est de Moscou aussi, d'ailleurs. Ca lui f'ra plaisir de rencontrer un compatriote, ajouta Tony d'un ton enjoué.
Il se dirigea vers une étagère et attrapa un bocal en verre contenant un liquide doré semblable à du miel. De l'huile de lin, qu'il avait promit d'apporter à Mamie Cathy pour lustrer un peu sa vieille armoire. Il se retourna et se dirigea vers une petite porte en bois incrustée d'une plaque de verre, laissant filtrer la lumière -du moins pendant la journée. Il l'ouvrit, occasionnant un léger couinement de la charnière et invita Vitali à quitter la bâtiment. Lorsqu'il fut sorti, Anthony se retourna vers l'intérieur et pointa sa baguette vers le plafond en murmurant quelque chose en français. Alors, les petites boules de feu des lampes regagnèrent le médium et la bâtisse fut à nouveau plongée dans le noir, rendant la plainte de la scie ensorcelée, plus impressionnante encore. Tony ferma la petite porte et prononça à nouveau quelque chose, mélange d'anglais et de latin peut-être, ce qui n'eut aucun effet visible mais qui arrêta la marche forcée de la scie, rendant la scierie aussi silencieuse que possible. Il tendit alors le bras au-dessus de la porte et saisit la petite clef rouillée qui s'y trouvait. Il ferma la porte de bois avant de remettre tranquillement la clef où il l'avait prise et se tourna vers Vitali.
- 'Faut fermer sinon les gosses viennent jouer là-d'dans et y'a pas qu'des scies manuelles ici, expliqua-t-il à son hôte.
Mais visiblement le danger n'était pas extrême puisque la fermeture du bâtiment était rudimentaire. En fait, les enfants savaient ce qui les attendaient ici et surtout… ce qui les attendaient dehors, s'ils venaient à se faire prendre. Aussi, rares étaient ceux qui outrepassaient la limite et franchissaient les portes de la scierie sans autorisation.
- Bon. J'te montre une chambre et je te laisse, j'ai une course à faire ! Dit Anthony en souriant et en secouant le bocal d'huile de lin. Y'a une charmante grand-mère et son armoire qui m'attendent.
Anthony guida Vitali jusqu'à la ferme où il lui trouva une chambre vide, plutôt spartiate, que le russe aurait tout le temps d'aménager les jours à venir. Il passa rapidement à sa propre tanière et revint avec quelques vêtements -tee-shirts, jean, une paire de chaussures, une veste chaude, etc.- le temps que Vitali se procure ses propres effets. Le tout était très marqué par le look "para" et provenait sûrement du surplus de son ancien régiment.
Delanay prodigua au russes les dernières recommandations -où manger, qui aller voir et où, etc- avant de filer vers le bourg (hem), d'un pas vif sur un dernier "À demain !", suivi d'un Bergamote trottinant.
[Je me suis permise de conclure pour te libérer mais tu peux encore poster si tu veux. ^^] |
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