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 [Mariage à Neptune] Sheriff in Law...

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Logan Raines
Ancien Personnage
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MessageSujet: [Mariage à Neptune] Sheriff in Law...   Dim 12 Avr - 10:50

[Episode 1 du Mariage de Logan et Veronica à Neptune. Se passe trois jours avant le mariage...
Ecrit à quatre mains avec Jo. ]



« Hey Logan ! Ça faisait longtemps ! Qu’est-ce que tu as fait cette fois ? »

« Très drôle Bill… Le Sheriff est là ? Il m’a convoqué… »

Malgré l’échange de vannes, et l’air typiquement vacancier californien (pantacourt beige, t-shirt orange avec le logo de Blink 182, lunettes de soleil remontées sur le haut de son crâne), autant dire que Logan n’en mène pas large. Dans trois jours, il épouse Veronica, et son père choisit ce moment pour le convoquer au poste sans même lui dire pourquoi.

« Il est dans son bureau. »

Logan hoche la tête et se dirige vers le bureau. Il frappe deux coups et quand on lui dit d’entrer, il le fait.

« Hi Sheriff… Vous vouliez me voir ? »

Soudain, il a l’impression très désagréable d’être revenu plusieurs années en arrière, et même si cette fois il sait qu’il n’a rien fait, il ne s’en sent pas moins morveux…

* * *

Paul aussi a l’impression d’être revenu quelques années en arrière et ce n’est pas plus agréable pour lui. Pourtant, cette fois, il n’a pas le moins du monde l’intention de coffrer Logan. Celui-ci est à trois jours de s’enfermer à vie de sa propre volonté. Ha ha. Il sourit au garçon et l’invite à prendre place sur une des chaises en formica qui font face au bureau derrière lequel lui-même est assis.

- Installe toi. Café ?

Paul se sert lui-même un gobelet de l’immonde breuvage noirâtre qui leur permet de survivre ici au commissariat et revient s’asseoir. Il a souvent eu Logan en face de lui, pour un interrogatoire, avant que Hank ne tire les bonnes ficelles et que son fils ne s’en aille sans problème.

- Je suis pas très doué pour les discours, commence-t-il, avec une légère grimace, mais je crois que je suis supposé te faire le speech du père aimant et protecteur…

Vague geste de la main.

- Mais je pense que tu sais déjà ce qui t’attend si tu déconnes.

Le regard de Paul ne cache rien des tourments indicibles que son futur gendre endurera s’il foire son mariage et sa paternité. Mais ce regard change rapidement.

- Et je crois sincèrement que tu ne déconneras pas cette fois.


* * *

Logan s’installe sans un mot, un sourire un peu crispé collé au visage. Il accepte le café d’un hochement de tête. Il a déjà eu l’occasion de le goûter et sait ce qu’il vaut, il n’est donc pas surpris quand il en boit une gorgée. Toujours aussi mauvais. A l’époque, il faisait toujours des réflexions à ce sujet, mais il n’a pas envie de se remettre dans la peau de l’adolescent débile qu’il a pu être, ça ferait pas très sérieux face à son futur beau-père, trois jours avant le mariage. Surtout quand le futur beau-père en question est armé.

Il sent l’angoisse monter quand Paul parle du speech du père. Sa relation à son père le fait craindre ce genre de choses instinctivement. Et même si la dernière fois, quand Ronnie leur a dit qu’elle était enceinte, Paul a accepté Logan dans sa famille, ça ne veut pas dire qu’ils vont filer un parfait amour filial, Logan n’est pas du genre sûr de lui dans ce genre de relations. Pas étonnant avec le père qu’il a.

L’air ahuri qu’il affiche une fraction de secondes quand Paul lui dit qu’il ne pense pas qu’il foirera cette fois n’est donc pas étonnant. A vrai dire, pendant quelques fractions de seconde, le surfeur se demande si le sheriff ne se fiche pas ouvertement de lui. Mais même si Paul a pu être mauvais envers lui dans le passé, quand il s’inquiétait pour sa fille, Logan ne l’a jamais pris pour un hypocrite. Il finit par sourire et par répondre, pas vraiment sûr de lui, principalement parce qu’il n’est pas habitué à recevoir ce genre de confiance. Surtout pas venant de Paul.

« Je le crois aussi. »

Malgré tout, et ça devrait rassurer Paul, s’il en a besoin, on sent une sorte de force, de décision dans la voix de Logan. En fait, ce que Paul touche du doigt en entendant cette réponse, c’est l’importance que la famille revêt pour son futur gendre. Bien sûr, Paul ne sait pas officiellement les relations qu’ont Logan et son père, mais il doit avoir une idée, quand on suit la famille McAlistair, ça devient vite un secret de polichinelle. Et puis, beaucoup de choses dans l’attitude de Logan ont toujours reflété la violence dans laquelle il a été élevé…

* * *

Paul acquiesce doucement et sirote son café sans un mot pendant quelques secondes. La tension qui habite d’habitude ce bureau, surtout quand les deux hommes en question y sont présents, semble être tout à coup retombée.

Paul n’a jamais vraiment apprécié Logan, principalement parce qu’il représentait tout ce qu’il désapprouvait dans sa ville et tout ce contre quoi il se battait : l’impunité des riches et puissants. Ce qui fait qu’il n’a jamais véritablement cherché à connaître la personne de Logan, se contentant de le juger en tant que représentant de son espèce. Son monde s’était écroulé quand sa Veronica adorée avait commencé à sortir avec ce délinquant en puissance, malgré tout ce qu’il avait pu lui raconter sur les turpitudes des riches familles de Neptune. Il n’était jamais complètement revenu sur son impression première, sa méfiance augmentant avec chaque rupture, son déplaisir revenant avec chaque reprise du couple. Mais Ronnie était une grande fille maintenant et ce qu’il avait toujours eu de plus précieux au monde. Et Ronnie avait choisi Logan, comme homme, comme mari et comme père de ses enfants. Que pouvait-il faire sinon accepter son choix et faire contre mauvaise fortune bon cœur ?

- Est-ce que Ronnie t’a déjà raconté l’histoire de mes parents ?

Sans attendre la réponse, il enchaîne :

- Ils se sont rencontrés en 1942, ils avaient vingt ans tout les deux. Il partait à la guerre trois jours plus tard. Ils se sont mariés la veille de son départ.

Paul sourit d’un air amusé.

- Tu parles d’un coup de foudre, hein ?

Sourire aux lèvres, il se renverse dans son siège et lève les yeux au plafond.

- Ils s’écrivaient tous les jours. Des lettres magnifiques, une par jour, avec la régularité d’une horloge. Bien sûr, c’était la guerre et, parfois, ma mère recevait une douzaine de lettres d’un coup après douze jours d’angoisse. Si bien qu’elle ne s’est pas trop inquiétée quand, en 1944, elle n’a plus reçu de lettres. Mais quand les mois ont commencé à passer sans nouvelle, et qu’on a commencé à connaître les pertes du débarquement, elle a perdu espoir.

Paul a cessé de sourire et ses yeux sont toujours rivés au plafond.

- Et puis un jour, après la fin de la guerre, un camarade de régiment de Dad, un certain Phil McGuire, est venu lui rendre visite. Il lui a raconté que Dad a survécu au débarquement et qu’il s’est battu dans plusieurs petits villages de France, récoltant gloire et honneurs. Et qu’un jour, il a marché sur une mine. Le reste de l’escouade a dû l’abandonner et poursuivre. Dad n’a eu qu’une demande : qu’on ramène son alliance à sa femme. Et voilà ce que McGuire venait faire. Il a rendu l’anneau à ma mère. Celle-ci a jeté sa propre alliance dans la mer et a porté celle de son mari à la place, après l’avoir ajustée à sa taille.

Les yeux de Paul lâchent enfin le plafond et se posent sur Logan. L’esquisse d’un sourire se dessine de nouveau sur les lèvres du sheriff.

- Cinq ans plus tard, ma mère reçoit une lettre d’une dame nommée Jacqueline Prévost, infirmière française. Elle y racontait qu’en 1945, elle avait dû soigner un soldat américain ayant sauté sur une mine. Ils avaient dû l’amputer d’une jambe pour éviter l’infection mais, malgré tous leurs soins, le soldat avait sombré dans le coma. Il venait de se réveiller. Jacqueline informait ma mère que son nom et son adresse étaient les seules informations cohérentes que le blessé avait pu proférer pour l’instant. Le lendemain, Mum était dans un avion pour Paris. Ils sont revenus aux US en 1958, quand ma mère est tombée enceinte de moi.

Paul s’étire et vide le fond de son gobelet de café. Puis il ouvre un tiroir de son bureau et farfouille dedans quelques secondes avant d’en ressortir un écrin noir. Il l’ouvre, observe pensivement et avec attendrissement son contenu quelques secondes avant de le retourner vers Logan et de le pousser légèrement vers le jeune homme. A l’intérieur se trouve un simple anneau d’or blanc, délicatement ciselé, chatoyant même sous les néons du commissariat.

- Bref. C’est la bague que j’ai donnée à la mère de Ronnie quand je l’ai épousée et… ça signifierait beaucoup pour moi si tu acceptais de la donner à Ronnie. Je comprendrais si tu en as déjà acheté une ou s’il y a un bijou de famille que tu tiens à lui offrir mais… j’aimerais vraiment voir Ronnie la porter. Et je pense que ça serait important pour elle aussi.

* * *

Logan ne répond pas. En fait, il n’a pas parlé une seule fois depuis le début de l’histoire, et maintenant il fixe comme un imbécile la bague, la bouche légèrement ouverte, le regard ampli d’une émotion qui est apparue à peu près au premier tiers du récit de Paul et qui n’a fait que croître depuis. La bague n’est pas très belle. Enfin, elle est belle, très équilibrée, en or blanc, mais elle n’est pas magnifique. Ça n’est pas une bague de grand créateur ou une bague très ancienne avec beaucoup de valeur. Mais elle a une histoire, une histoire familiale, une très belle histoire en plus, et Logan la regarde un peu comme si c’était la première merveille du monde. Enfin, pas longtemps, parce qu’il se rend compte assez vite qu’il est ridicule. Il se force alors à déglutir et tourne un regard ému vers le sheriff.

« C’est une très belle histoire. » dit-il, simplement, la voix aussi chargée d’émotions que son regard. « Et c’est une très belle bague. Je n’aurais pas trouvé mieux… »

Il sourit de nouveau, un peu timidement, dire des choses gentilles à celui qu’il a considéré pendant longtemps comme un ennemi (d’abord parce qu’il représentait la loi, ensuite parce qu’il représentait la personne que Ronnie aimait le plus au monde et donc la seule capable de lui faire comprendre que son petit ami était un imbécile). Mais il est très touché, parce qu’en plus d’avoir donné sa bénédiction, Paul donne maintenant un bijou familial, qui représente un amour fort et romantique à souhait. Et qui a de l’importance pour lui.

« Mon père a bien essayé de me refiler la chevalière qu’il portait dans la série des Total Weapon mais je lui ai dit que Ronnie ne raffolait pas des têtes de mort… »

Il dit ça sur un ton léger, mais même le sheriff doit sentir l’amertume et la colère qu’il y a dans sa voix. Son père ne lui a évidemment rien proposé. D’ailleurs il n’aurait rien accepté, puisqu’il a interdit à son père de venir au mariage, et qu’il a refusé de le voir, malgré les suppliques de sa mère, pour une fois il tiendra bon. Il ne pardonnera jamais à son père d’avoir insinué que Ronnie avait fait exprès de tomber enceinte pour le piéger. Il ne lui pardonnera jamais non plus les mots qu’il a utilisés, et pourtant il en a pardonné des choses à son père.

« Je peux ? » demande-t-il en tendant la main vers l’écrin, tout en se demandant, malgré lui, si la bijouterie acceptera de reprendre l’anneau qu’il avait déjà acheté. Il ne manque pas vraiment d’argent, l’héritage de son grand-père maternel, le seul homme bon de la famille comme il le dit toujours, l’a mis à l’abri pour quelques temps, mais il ne se voit pas vraiment trimbaler un anneau de mariage dans ses affaires pour rien…

* * *

- Bien sûr, elle est à toi maintenant. Jusqu’à ce que tu la donnes à Ronnie…

Paul se renverse dans son fauteuil, porte sa tasse à ses lèvres, se rend compte qu’elle est vide, grimace, se lève, se ressert, propose à Logan de le resservir aussi, se rassoit, boit une gorgée de café. Les yeux rivés sur le breuvage noir, il poursuit :

- Ecoute Logan, je sais que toi et moi on a eu nos… différents… et que… eh bien, on ne s’est jamais vraiment bien entendus… enfin…

Il soupire. Esquisse un sourire, relève les yeux vers Logan.

- Bon, tu sais à quoi t’en tenir. Ce que je veux dire c’est que, maintenant, c’est du passé. Tu vas épouser Ronnie, tu vas avoir un bébé…

Nouvelle gorgée de café.

- Tu fais partir de la famille maintenant. Vraiment.

Paul connaît les histoires de famille de Logan. Au moins aussi bien que Ronnie. Mieux peut-être parce qu’il a déjà dû intervenir pour tapage.

- Mieux que ça, tu as ta propre famille maintenant…

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