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| | Auteur | Message |
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Tibère Acciario Ancien Personnage


Nombre de messages: 365 Date d'inscription: 13/10/2007
 | Sujet: Zobère II Dim 5 Avr - 11:41 | |
| (m'faut un adjectif pour le titre !)
La maison était vide, silencieuse. Seulement les bruits de pas des Sywhaidiens qui le gardaient. Tibère était dans une cage magique, dans une maison inutilisée et sous bonne garde. Ils avaient peur de lui. Un sourire mauvais fleurit sur son visage. Il était assis sur un banc en bois, les yeux baissés. A ses côtés, Mahalalel était étendue, la patte bandée. Elle ne regardait pas vers Tibère. Elle lui en voulait. Tibère s’en foutait.
Il ne se passait rien. Rien du tout. Juste ces bruits de pas… Soudain Tibère se leva et marcha jusqu’à la fenêtre. Il frappa du poing sur la vitre, se fit mal et éclata d’un rire hystérique. Agité, l’italien fit le tour de la maison, marchant vite sans se soucier du fait que son daemon avait une patte cassée et une corde d’Argent trop courte pour rester couchée.
Le procès avait été magnifique. Tibère ne s’était toujours pas calmé, il était toujours dans le même état psychologique que dans la cour. La seule différence était dans ses armes. Dans la cour, il avait envie de violence, de frapper, de mettre le feu. Ici, il n’avait que ses mots. Il avait une protection magique, un truc qu’il ne comprenait pas et qui le maîtrisait. Mais il pouvait toujours parler.
Il retourna s’asseoir sur son banc et releva la tête. Justement, la porte s’ouvrait…
(Zoooofiaaa ?) _________________ 
Dernière édition par Tibère Acciario le Dim 5 Avr - 16:13, édité 1 fois |
|  | | Zofia Delindel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 321 Age: 27 Date d'inscription: 29/09/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Dim 5 Avr - 12:55 | |
| (2, c'est un adjectif?^^)
Il fallait qu'elle le voit. Pour lui dire quoi? Aucune idée. Devait-elle vraiment lui dire quelque chose? La discussion était finie depuis le moment où il les avait tous menacé. Il n'avait pas hésité à les tuer tous. Même elle. Même son propre fils.
Evidemment, elle n'avait pas amené Elio. Elle ne voulait pas l'exposer à ça. Tibère avait définitivement montré qu'il ne pourrait jamais assumer cet enfant.
Kayisa essayait de l'apaiser depuis qu'elles s'étaient réveillées, mais rien n'y faisait. Depuis la fin du procès elle n'avait plus eu qu'une pensée en tête. Il fallait qu'elle voit Tibère. Elle voulait constater de ses propres yeux qu'il n'avait pas retrouvé la raison, elle voulait le faire sortir de sa vie définitivement. Et lui dire adieu; Tourner définitiement la page.
Les personnes qui gardaient la fabrique la laissèrent entrer, après les recommandations d'usage. Elle inspira une grande bouffée d'air avant de pénétrer dans la fabrique. Kayisa était accrochée à son cou, prête à réagir en cas de problème (sauter à la gorge de Maha faisait partie de ses projets, à défaut de pouvoir saigner Tibère elle-même). Elle referma prudemment la porte derrière elle, sentant confusément les différents sorts qui entouraient la bâtisse se mettre en place.
Elle repéra immédiatement le jeune homme, assis sur un banc en face de la porte. On lui avait expliqué qu'il ne pourrait pas l'attaquer magiquement. Néanmoins, elle laissa sa magie s'accumuler dans son pendentif, qui brilla légèrement. Elle avait appris à s'en servir et désormais y avait recours presque sans y penser. Sa baguette se trouvait dans sa chambre, mais le bijou qui décorait son cou était aussi puissant, voire plus, maintenant qu'elle s'y était habituée.
La jeune femme observa son vis-à-vis quelques instants, sans mot dire. Ses paroles lors du procès lui revinrent en mémoire. Un fou. Que faisait-elle là, d'ailleurs? Elle n'avait plus rien à lui dire. Alors quoi? Elle ne pouvait quand même pas s'en aller comme ça.
Son regard passa de Tibère à son daemon, qui manifestement, avait une patte cassée. La désignant d'un geste de la tête, elle déclara calmement:
« Je peux m'en occuper, si tu veux. »
Maha n'avait pas à souffrir à cause des conneries de sa moitié. Zofia connaissait assez bien le duo pour savoir que des deux, c'était elle la plus raisonnable. Elle ne doutait pas que le chacal ait voulu empêcher Tibère de les menacer. Et qu'elle était traumatisée par ce qui s'était passé.
La française était pâle, avait l'air épuisée. Elle avait retiré le bandage qui lui ceignait la tête depuis quelques jours, et sa blessure était encore bien visible. Cependant, elle paraissait encore alerte et son regard demeurait vif, perçant. Si Tibère essayait de l'attaquer, ne serait-ce que verbalement, il ne pourrait pas la briser. Pas après ce qu'il avait fait. _________________  |
|  | | Tibère Acciario Ancien Personnage


Nombre de messages: 365 Date d'inscription: 13/10/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Dim 5 Avr - 14:20 | |
| Tibère fixa son regard dérangé sur la nouvelle arrivante. Zofia. Elle avait l’air fatigué. Normal, elle avait dû souffrir à cause de lui. Lui non plus ne dit pas un mot, attendant qu’elle parle. Il gardait les yeux fixés sur elle, la tête basse. L’air malfaisant. Affalé sur le banc, nonchalant, il n’avait même pas l’air d’être dérangé par l’enfermement. Il ressemblait à… une bête. Une bête mauvaise et dangereusement intelligente.
Mahalalel releva la tête et posa un regard étrange sur Zofia quand elle proposa son aide. Mais Tibère éclata d’un rire perçant et elle plaqua ses oreilles contre sa tête en se détournant. C’est Tibère qui répondit et sa voix était toujours aussi étrange. Changeante, modulée. Dérangeante.
« Tu te soucie de moi, ma belle ? »
Il souriait, montrant les dents. Ricana. Et puis brutalement son sourire disparut et son regard s’assombrit, devint plus menaçant tandis que sa voix baissait dans les graves, se faisait sérieuse. Agressive.
« Tu devrais t’occuper de ton fils au lieu de te soucier de ce sac à puces. C’est moi qui lui ai cassé la patte, tu sais ? Moi aussi j’ai un peu mal à la jambe… »
Tibère ne semblait pas se rendre du profond déséquilibre que montrait un tel comportement. Il avait murmuré la fin de sa phrase, observant pensivement Mahalalel. Le chacal montra les dents et recula, ses prunelles dorées braquées sur l’italien. Il éclata de rire et reporta son attention sur la rousse.
« Je m’occupe d’elle. Elle n’apprécie pas. Mais tu ne la toucheras pas, Zofia. Je t’interdis de l’aider. »
Tibère se leva à demi, fixa Zofia en se léchant les lèvres et sembla hésiter à l’attaquer. Et même si les sorts l’en empêchaient, il avait l’air méchant. Très. Et puis il se rassit, se laissa un peu glisser sur le banc, à moitié couché.
« Ça fait quoi de se rendre compte qu’on s’est planté sur toute la ligne ? T’as eu un enfant avec moi… et tu savais même pas qui je suis. » _________________  |
|  | | Zofia Delindel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 321 Age: 27 Date d'inscription: 29/09/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Dim 5 Avr - 17:23 | |
| Zofia s'attendait à une réponse de ce genre. Elle s'y était préparée psychologiquement. Ce qui la démolissait, ce n'était pas vraiment de voir l'état de Tibère là maintenant, tout de suite, mais de se rappeler en surimposition les moments qu'ils avaient passé à deux, et dont certains pouvaient ête considérés comme heureux. Elle était sortie avec un monstre. Et le pire c'est qu'elle était au courant.
Lorsque Tibère refusa qu'elle soigne Maha, elle ne broncha pas. Il se permit même de lui faire la leçon concernant Elio. Il eut droit à un haussement de sourcil et à un sourire presque amusé. Amusé dans le mauvais sens du terme. Du genre « un mot de plus sur le sujet et tu souffres. Beaucoup. Longtemps ». Quand à son interdiction, elle fut accueilli par un haussement d'épaule désinvolte. Zofia pouvait soigner Mahalalel quand elle voulait. Tibère ne pourrait pas l'en empêcher de manière magique, et s'il décidait de l'attaquer... il avait faillit le faire, et le pendentif de la jeune femme s'était mis à crépiter un bref instant. Premier avertissement. Le bijou servait à canalyser les flux, à les rassembler en un seul « faisceau ». Précis, efficace. Voire meurtrier. Et Zofia était suffisamment détachée pour lancer n'importe quel sort au romain. Si, dans sa démence, il ne s'en apercevait pas, ou décidait de ne pas y faire attention, c'était son problème.
A sa dernière question, cependant, elle décida de répondre. En attendant, elle avisa une chaise et s'assit en face de Tibère, gardant tout de même suffisamment ses distances pour pouvoir agir en cas d'attaque.
« Je savais que tu étais barge. J'ai pensé que ça irait quand même. Que tu t'attacherais à ton fils. J'me suis plantée sur ce point là. Tu aurais pu le tuer».
Elle parlait sur un ton calme. Ce n'était pas un reproche mais une constatation Ses mains étaient posées à plat sur ses genoux, et ses yeux étaients rivés sur Tibère. Si elle avait peur, elle ne le montrait pas. La jeune femme, malgré sa fatigue, paraissait sure d'elle.
Se tournant vers Maha, elle demanda:
« Et toi? Tu veux continuer à souffrir à cause de lui? » _________________  |
|  | | Tibère Acciario Ancien Personnage


Nombre de messages: 365 Date d'inscription: 13/10/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Dim 5 Avr - 17:58 | |
| Zofia était forte. Capable de se défendre, capable de se débrouiller. Capable de faire comme si tout allait bien et comme si elle supportait parfaitement ce qui se passait. Tibère avait aimé ça. Mais comme il l’avait aimée, il la connaissait assez bien. Mine de rien, il l’avait observée quand ils étaient ensemble, il avait tenu à elle. Et Tibère, en cet instant, savait que Zofia était fatiguée. Troublée. Il savait aussi qu’elle n’hésiterait pas longtemps à lui faire du mal mais peu importait. Tibère était prêt à tout. Pour rien. Il était prêt même à la pousser à le tuer si tout dégénérait. Tout sauf se taire et s’apaiser.
Il éclata d’un grand rire quand la rousse lui répondit enfin. Se pencha en avant et susurra :
« Bien sûr que tu t’es plantée… Tu savais que je ne voulais pas de gosse et tu as cru que j’allais l’aimer ? Mais tu sais, même toi Zofia, je ne t’ai pas aimée assez pour ça alors… m’attacher à cette petite chose ? Je te pensais plus fine...»
Zofia interpella Mahalalel et le chacal détourna le regard sans répondre. Parce qu’elle n’avait pas de réponse. Tibère était sa moitié, son humain. Il lui avait du mal, elle le haïssait et était choquée par sa folie mais…mais elle en faisait partie. Et elle ne pouvait pas se détester elle-même. Tibère ricana. Il avait adoré que Zofia dise qu’elle s’était plantée. Zofia si sûre d’elle… Zofia si forte… Sans se rendre compte qu’une minute auparavant il se disait qu’il l’avait aimée pour ça, Tibère eut une montée de haine pour cette force, cette tranquillité de la rouquine. Il eut envie de la forcer à voir qu’elle s’était trompée. Et lourdement.
« Oui… Oui, j’aurais pu le tuer, comme toi, comme tous les autres… »
Il modula sa voix, un peu comme le faisait Tancredi. La rendit plus basse, persuasive. Caressante.
« Et pourtant, tu as pensé me connaître… Tu as essayé de me calmer… Mais tu n’as pas réussi. Tu es sûre de toi, hein, petite Zofia ? Mais en vérité tout a foiré… Regarde moi ça… Un enfant avec un taré comme moi. Comment tu as pu m’aimer, hein ? »
Tibère ne se rabaissait pas en disant ça. Pas vraiment. Disons qu’il assumait sa folie et son côté monstrueux… Une phrase que lui avait dite Logan, dans les cuisines, lui revint et il éclata de rire.
« Un jour Logan m’a dit que j’abaissais les gens à mon niveau… Mais tu sais, dans ton cas, ça n’a pas été très dur… Oh, je ne dis pas que tu es comme moi… Mais tu m’as aimé, ne le nie pas. Les gens ne te regardent pas bizarrement, maintenant ? »
Mahalalel avait préféré rester discrète. La simple question de Zofia l’avait complètement perdue mais pas dans le bon sens. Maintenant, le daemon se demandait si elle voulait détester Tibère ou l’accompagner. Si elle voulait détruire sa moitié et elle-même, ou reprendre le mouvement. Accélérer dans la machine sans freins, comme avait dit Claude. Mais Tibère la regarda. Sentit le doute en elle et lui sourit, mais quand son visage se tourna de nouveau vers la rousse, la haine qui l’animait était frappante. Tellement violente qu’elle en paraissait disproportionnée. D’ailleurs, elle l’était, disproportionnée, mais Tibère ne s’embarrasse pas des proportions. La voix vibrante de rage il gronda :
« Ne lui parle pas. Tu crois encore pouvoir faire ça ? Tu n’as rien à dire à mon daemon… »
Et soudain, ça lui échappa. Sans prévenir il se mit à hurler :
« Arrête de croire que t’es assez forte pour tout maîtriser ! Tu maîtrises que dalle ! »
Juste après son cri, son visage redevint brusquement serein. Il eut un petit sourire et ses muscles se détendirent tandis qu’il se laissait aller de nouveau sur le mur.
(motivée ! XD) _________________  |
|  | | Zofia Delindel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 321 Age: 27 Date d'inscription: 29/09/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Jeu 14 Mai - 15:50 | |
| Zofia savait, en venant voir Tibère, qu'elle allait s'en prendre la figure. En fait, c'était un peu ce qu'elle cherchait. Elle voulait constater une nouvelle fois son erreur, sa « faiblesse », si Tibère voulait l'appeler comme ça. Ce n'était cependant pas pour ça qu'elle était prête à faire des concessions. Ni à reculer devant lui. Même lorsqu'il se mit à crier et à s'agiter elle ne bougea pas. Il ne pourrait l'atteindre ni par ses paroles doucereuses, ses questions rhétoriques, ni par ses hurlements. Elle était venue pour assister à sa déchéance, pas pour qu'il la mette en face de la sienne. Effectivement, les gens la regardaient avec méfiance, voire mépris. Effectivement, elle l'avait aimé suffisamment pour se voiler la face quant à sa folie. Mais Logan avait tort. Tibère ne l'avait pas abaissée à son niveau. Elle s'était elle-même laissée entraîner, très lucidement, en sachant très bien que tout ça risquait d'arriver. Et en étant sure que d'une manière ou d'une autre, elle s'en sortirait. Kayisa fixait le romain, l'air aussi inébranlable que sa moitié. Celle-ci attendit patiemment que l'orage passe, avant de hausser les épaules, l'air presque aimable et détendue:
« Très bien. Souffrez, alors. »
La haine qui s'était affichée sur le visage de Tibère lui avait fait peur. Pas parce qu'elle craignait qu'il l'attaque, ou quelque chose comme ça. Elle était au moins aussi forte que lui. Mais parce qu'elle se rendait compte rétrospectivement de la profondeur de sa folie, et de sa méchanceté. Pourtant, il n'était pas comme ça, avant. Pas tout le temps, en tout cas, et de manière beaucoup moins violente... Mais il la connaissait extrêmement bien, et se fichait désormais éperdument de savoir s'il lui faisait du mal ou pas. Ça lui donnait des armes, indéniablement...
« Tu vas faire quoi, après? »
Sa question était prononcée d'une voix douce. Elle avait renoncé à affecter une nonchalance qu'elle ne ressentait pas. Une vague d'inquiétude perçait dans sa voix. Non, pas de l'inquiétude. Pas vraiment. Elle se sentait concernée par ce qui arriverait à Tibère par la suite. Elle avait parlé de la manière dont elle avait coutume de le faire lorsqu'elle discutait avec lui lorsqu'il était lucide. Espérait-elle ainsi rappeler la partie du romain qui devait rester, quelque part, en état de répondre de manière logique? Elle n'en savait rien. Elle essayait juste de communiquer. Sachant que c'était certainement la dernière fois qu'elle le faisait avec lui avant longtemps, elle voulait au moins être sure de ne pas avoir de regrets. Apparemment, l'attitude de l'Empereur depuis le début de leur confrontation lui en laisserait bien peu... _________________  |
|  | | Tibère Acciario Ancien Personnage


Nombre de messages: 365 Date d'inscription: 13/10/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Jeu 14 Mai - 21:18 | |
| (désolée pour la longueur, j'me suis emballée)
Il la détestait, merde, il la détestait. Pourquoi elle ne bougeait pas ? Pourquoi il ne pouvait pas l’atteindre ? Pourquoi restait-elle de marbre, hein ? Elle et son petit daemon tout blanc, si blanc… Il l’avait aimée, ouais, il l’avait tellement aimée pour ça… cette force. Mais là ! Là tandis qu’il devenait fou et qu’en face de lui elle ne disait rien il entrait peu à peu dans une rage… Ses pensées s’emmêlaient. Elle dit très bien, elle dit souffrez alors, et le visage de Tibère se tordit comme s’il ravalait un terrible hurlement. Et c’est ce qu’il faisait. Il eut envie de se lever et d’attraper par la nuque sa jolie petite Zofia et de défoncer une vitre avec son visage de statue. Il vit très exactement cette image dans sa tête et sourit. Tibère avait beaucoup de sourires différents à sa disposition ; celui là était le sadique. Le mauvais sourire que les sywhaîdiens avaient eu la chance de ne jamais voir, jusqu’à trois jours auparavant. Tibère ne se maîtrisait plus que parce qu’il était retenu par les protections magiques. C’était étrange mais il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait plus faire de magie et quand il tenta de se lever pour aller faire du mal, le plus de mal possible à Zofia, il ne pouvait pas. Juste ça, il ne pouvait pas, impossible. Quel dommage…
Alors il ne fit rien, et Zofia posa une question. A entendre sa voix… cette voix douce et qui lui rappelait des souvenirs tellement plus calmes… Tibère releva les yeux sur Zofia. Son expression avait changé. Son air mauvais avait glissé de son visage comme un masque et soudain la rousse n’eut plus devant elle qu’un mec paumé et désolé et triste. Un mec qui la regardait et qui disait pardon et qui avait repris ses esprits. Et puis le sourire revint, il ricana et son rire enfla et sembla couvrir toute la maison, et ça ne faisait plus aucun doute que ça, cette expression… si douce… ça avait juste été une performance d’acteur. Un tour cruel qu’il avait joué à l’espoir de Zofia, avec ce talent de comédien qu’ont certains fous.
« Je vais retourner à Rome. Après tout, ces deux années ici n’ont été qu’une… aventure. » Sa voix avait grincé et insisté, moqueuse, sur le mot. « Rome est mon domaine et mon empire. Mon terrain de prédilection. »
Zofia ne pouvait pas ignorer son délire, sa lubie, Rome en feu. Il allait essayer, bien sûr. Peut-être pas tout de suite en rentrant, mais un jour il essayerait et tous ceux qui connaissaient Tibère l’Empereur le savaient. Un jour…
« Là-bas je pourrais sévir en paix et tu le sais. Je vais partir, vous allez m’expulser et vous savez tous que je vais retourner chez moi et que des gens vont souffrir. »
Il ne disait pas ça comme un reproche. Juste une simple constatation d’un ton très tranquille, un fait énoncé avec insolence et avec un regard scrutateur fixé sur le visage inquiet de Zofia.
« Je vais aller à Rome et je vais m’attaquer à des non sorciers et ils ne sauront pas m’arrêter. Je me battrais contre eux dans la rue, je brûlerais les maisons et peut-être que le sort de Kennedy me donnera des idées. »
Et Tibère annonçait tranquillement à son ex qu’il allait faire du mal aux gens et qu’il allait violer des filles, peut-être, et il lui disait ça avec un sourire de velours. Un sourire qui ressemblait tellement, tellement à celui de leur première rencontre… Sûr de lui.
« Je vais détruire des choses et des gens jusqu’à ce que quelqu’un m’abatte comme un chien enragé. Peut-être pas tout de suite, peut-être dans un mois, dans un an. Mais je le ferais et tu le sais. »
Il avait gardé son attitude tranquille, sa voix calme et basse. Les mains croisées sur ses genoux et toute trace de sa colère disparue, ravalée.
Et puis il s’anima un peu, se pencha en avant, pressant, et la voix altérée comme par un désir de convaincre :
« Je t’aime tellement, Zofia… Je croyais que tu saurais m’aimer quand même aussi, j’ai cru que ça irait, que tu saurais que je délire parfois… J’ai cru que tu pourrais me pardonner… »
Tibère n’aimait plus Zofia. Il lui vouait une haine féroce et une tendre affection et oscillait entre ces sentiments sans jamais se décider. Mais pourtant son ton semblait sincère tandis qu’il jouait :
« Tu étais tellement forte, tu sais ? J’ai cherché tellement longtemps une fille si forte pour me supporter et je pensais que ça pourrait marcher mais non… Zofia, Zofia. Si tu savais comme je t’aime et puis, il n’y a que toi pour m’aider. Il n’y avait que toi qui étais forte, Claude est faible et David est loin. Je comptais sur toi et tu n’as pas compris que je délirais quand je t’ai fait tellement de mal en m’éloignant de toi. »
Ses yeux s’emplirent de larmes. Tibère n’était pas sincère et il pleurait hypocritement mais il jouait à merveille.
« Je sais que je suis fou et j’ai voulu que tu me protèges, que tu voies comme je suis fragile en vérité mais je ne savais pas comment te le dire. Et maintenant je suis perdu. »
Il porta les mains à son visage. Glissa du banc et tomba à genoux sur le sol. Sacrifice. Il leva un regard bleu et brouillé sur la rousse et pleura. Ses pleurs étaient hystériques et malsains, il semblait plus tordu et pervers que jamais dans cette pose minable à pousser des gémissements de douleur entremêlés de gloussements et à se traîner sur le sol. Enfin, les petits rires prirent le pas sur ses pleurs et il finit par se relever dans une crise de folle hilarité. |
|  | | Zofia Delindel Sywhaîdienne


Nombre de messages: 321 Age: 27 Date d'inscription: 29/09/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Ven 29 Mai - 9:09 | |
| Elle allait le tuer. Elle voulait le tuer. Son discours, ses gestes... Elle était démolie, à l'intérieur. Il jouait. Le salaud. Et elle y avait presque cru. Presque. Et maintenant, elle le regardait, glacée, alors qu'il était agenouillé devant elle, pleurant avec un grand sourire sadique. Et elle l'avait aimé. En sachant pertinemment qu'un jour, elle risquait de se retrouver dans ce genre de situation. En sachant qu'au fond, il était comme ça depuis le départ. Salaud de manipulateur. Elle avait envie de vomir.
Au lieu de se mettre à pleurer ou de battre en retraite, une immense colère s'empara d'elle, une rage froide qui coupa cours à tous les autres sentiments. Une envie de meurtre. Zofia en avait rarement ressenti d'aussi intenses dans sa courte vie. Mais l'envie de violence se mit à pulser dans ses veines de façon lancinante, répétitive, presque enivrante.
« Bravo. T'as presque failli m'avoir... »
Le sort partit, et frappa Tibère au visage. Il ne pouvait pas se défendre, enfermé qu'il était dans sa prison magique. Et Zofia avait pris soin d'ajouter un sort supplémentaire, l'empêchant de riposter et de crier. Les sorts s'enchaînaient avec une lenteur et une précision minutieuse. Un vague sentiment d'irréalité, associé à une sorte d'horreur diffuse de ce qu'elle était en train de faire. Voilà les souvenirs qui resteraient associés à cette scène. Et l'image de Tibère, affalé sur le sol, dans un état qui le rapprochait plus d'une loque que d'un être humain. Elle lui administra un dernier coup de pied dans l'estomac, et lui cracha au visage, avant de se détourner et de partir sans un regard en arrière. Elle dit juste une pause près de la porte, hésita un instant, puis, sur une pensée de Kayisa, lança un sort de guérison, histoire d'effacer un peu les traces. La douleur resterait présente, néanmoins. Elle attendit de s'être éloignée jusqu'à la Ferme avant de se mettre à pleurer, atterrée et horrifiée par ce qu'elle venait de faire. Complètement anéantie.
(Si ça te va pas, j'édite, of course^^) _________________  |
|  | | Tibère Acciario Ancien Personnage


Nombre de messages: 365 Date d'inscription: 13/10/2007
 | Sujet: Re: Zobère II Ven 29 Mai - 22:40 | |
| Tibère sentit venir le coup. Toujours sur le sol, agité d’un rire entrecoupé de sanglots hystériques, il levait les yeux vers Zofia en souriant. Il vit son air glacial et lâcha un gémissement de pure volupté. Zofia, la si forte Zofia qu’il ne faut pas énerver et à qui il était en train de faire beaucoup de mal. Il pensa confusément « elle va me tuer » et se tordit un peu plus sur le sol, comme pour la provoquer, imitant le chat qui s’étire. Si la rousse écoutait bien, si elle regardait bien, elle verrait que Tibère ne pleurait plus, que ses geignements étaient plus jouissance que douleur. Il arborait un immense sourire et scrutait le visage de Zofia, regardait la colère monter en elle.
L’italien ne fit même pas un geste pour éviter le sort qui lui explosa en pleine tête. Par pur instinct de conservation cependant, il commença à tenter de se défendre quand vint la douleur. Mais en vain. Il était incapable de bouger, de riposter. Un éclair de rage passa sur son visage alors qu’il comprenait qu’il était coincé, et puis un des sorts lui cassa le nez pour la quatrième fois depuis son arrivée à Sywhaîd. Il eut l’impression que sa tête allait exploser, éclata de rire (silencieux à cause du sort) et leva lentement les mains de chaque côté de sa tête, comme un homme sous la menace d’une arme. Et toujours cette expression béate et ce regard qui disait « tu ne peux rien contre moi ». Pour finir, quand la rousse conclut en lui lâchant un coup de pied et en lui crachant dessus, Tibère n’était plus capable de rien. Même pas de lever les mains. Bien malgré lui, il était recroquevillé sur le sol, tremblant de douleur et crachant du sang pour s’empêcher de vomir. Il ne réagit même pas quand elle partit en lui appliquant un sort de guérison et mit de longues minutes à réussir à simplement penser. « La dérouillée de ma vie » se dit-il alors en lâchant un gloussement.
Enfin, un des sywhaidiens qui le gardaient avait fini par entrer pour voir un peu ce qu’il faisait. Il avait trouvé Tibère encore étendu sur le sol, dégoulinant de sang et incapable de se lever. Tibère avait levé un bras comme pour que l’autre l’aide à se lever, et avait reçu en retour un regard méprisant et un « Tu l’as bien mérité, ordure » suivi d’une porte qui claque et de pas qui s’éloignent. Il avait laissé retomber sa main et s’était senti misérable. |
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