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 Come On Baby Light My Fire

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Come On Baby Light My Fire   Sam 4 Avr - 12:38

Claude marchait lentement, tête baissée, une cigarette un peu louche dans la bouche. Il avait faussé compagnie à David en lui disant qu’il voulait se promener. Un petit progrès, non ? Maintenant il sortait un peu plus mais parlait toujours aussi peu. Etait toujours aussi perdu. Tibère… Qu’est-ce que qui s’était passé ? Comment tout avait pu basculer comme ça en une soirée ?
L’italien était vêtu d’un jean large qui lui tombait en bas des fesses et d’un sweat gris troué. Il avait mis la capuche et ressemblait à une caricature de gamin farouche. Peu importe.

Claude était totalement perdu. Tibère n’était plus là, David était arrivé et tout ce qu’il avait espéré, les voir réunis à trois, tout ça était parti en fumée. Et puis… il n’arrivait toujours pas à admettre ce qu’il avait vu. Tibère… Tibère était fou, bien plus que tout ce qu’il avait imaginé. Claude savait que Tibère était capable de mettre le feu mais… ce qu’il avait dit ce soir-là, cette expression de son visage, ce rire et cette cruauté… Il avait torturé une fille, merde !

Prenant une grande inspiration, Claude s’arrêta brusquement. Il n’allait pas craquer là, comme ça, il devait se maîtriser un peu. Il était trop fragile…
Il regarda autour de lui. Des fabriques, des ateliers… Il se trouvait sur un chemin qui les reliait au village. Soupirant, le romain s’assit sur le sol et se frotta les yeux.
Des bruits de pas. Quelqu’un arrivait mais Claude ne releva pas la tête. Après tout… la plupart des gens ici le détestait parce qu’il était ami avec Tibère.
Baissant la tête, il saisit son briquet et tenta de rallumer son joint. Pas de flamme. Après une bonne dizaine de tentatives, Claude dut bien se rendre à l'évidence : son briquet était à sec. Se concentrant un peu, il tenta de faire une flamme par un sort. Peine perdue. Il n'avait pas fait de magie, ou presque, depuis le carnage de Tibère et apparemment, son état de faiblesse lui mettait des bâtons dans les roues.

"Très bien, puisque c'est ça j'irai à pied."

Il avait murmuré et eut un petit rire tandis que les pas approchaient encore. Claude n'avait pas envie de demander à cette personne, quelle qu'elle soit (il ne l'avait toujours pas regardée) de lui filer du feu, mais il se mit à chantonner, apparemment pour lui-même :

"Come on baby light my fire..."

(Zeliaaa ?)
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Lun 6 Avr - 12:15

[Here I come !]

Zelia ne faisait pas vraiment partie de ce groupe de personnes qui avaient été franchement traumatisées par l’épisode Tibère. Pourtant, elle était bien là ce soir-là, et elle avait été blessée, elle en gardait d’ailleurs une cicatrice sur le haut du crâne, à la naissance des cheveux. Une cicatrice qui passerait, qu’elle finirait par cacher grâce à la métamorphie, mais qui pour le moment devait soigner un peu, être moins « fraîche » avant que Zelia puisse y faire quelque chose. Les cicatrices et la souffrance, Zelia connaissait. Après tout, elle avait une énorme cicatrice sur la main, des deux côtés, qui lui venait de sa Transe Mimétique. Croyez-le ou non, après avoir eu la main transpercée par une norme liane, et le corps complètement perclus d’épines acérées, une simple brique qui vous assomme et vous ouvre un peu le crâne vous fait bien rigoler.

Ce qui l’avait faite moins rire était d’avoir vu Tibère violer mentalement Kennedy grâce à ce qu’elle lui avait appris en cours. Bien sûr, elle ne pouvait pas savoir, bien sûr Jena lui avait dit d’accepter Tibère dans son cours, et bien sûr elle avait dit à Jena, après le cours, de ne plus jamais accepter Tibère dans un cours de MC. Mais tout ça était trop tard. Kennedy avait été violée de la pire des façons, torturée était un mot encore faible, et Zelia se sentait coupable. Mais pas trop non plus. Après tout, Tibère était fou. Il avait fait du mal à beaucoup de monde sans avoir besoin d’elle… Et vu la sensibilité de Kennedy au niveau psychique, Zelia ne pouvait s’empêcher de relativiser : il aurait sûrement trouvé une voie jusqu’à son esprit sans ses enseignements. Zelia avait toujours été quelqu’un de plutôt lucide, et pas du genre à s’encombrer de culpabilité, c’était ce qui, ironie, la faisait souvent se sentir coupable : n’importe qui à sa place aurait été traumatisé de voir quelqu’un aussi mal user de son enseignement. Elle, elle se disait simplement que c’était triste, et qu’elle aurait dû être plus prudente, mais qu’elle n’y pouvait rien. Il faut dire que tout allait bien pour Zelia depuis un moment, elle n’était pas du genre à accepter qu’on lui gâche son bonheur aussi vite, et comme elle n’était pas amie avec Kennedy, qu’elle la connaissait à peine, c’était encore plus simple… Si c’était arrivé à Celesta, elle aurait sûrement pensé à se faire hara-kiri….

Zelia était la personne que Claude avait entendue. Vêtue d’une robe légère taille empire dans les jaunes et roses, fleurie, d’un chauffe-épaule orange, de jolies sandales et les cheveux lâchés, au carré ondulé, encadrant son joli regard bicolore, elle avait pratiquement l’air d’être l’incarnation du printemps et de la légèreté. Elle souriait, et quand Claude chanta, elle lui alluma sa clope (qu’elle reconnut par la suite à l’odeur comme étant quelque chose de moins catholique) d’un simple claquement de doigts. Après tout, sa co-dominance était feu, avec l’air, elle savait tout de même faire ce genre de petits tours.

« Tu avais une meilleure tête quand tu avais mon corps. » lança Zelia avec un air mutin, qui montrait qu’elle avait conscience de l’ambiguité de ce qu’elle venait de dire, même si elle se référait évidemment à la fête du nouvel an où Claude s’était retrouvé avec son apparence.

Sans se faire prier, elle s’assit gracieusement à côté de l’Italien. Son daemon, Urphoed, lui enjoignait silencieusement de plutôt repartir vers chez Celesta, où elle allait pour rendre une petite visite, mais Zelia l’ignora. Pour une fois qu’elle était émue par la tristesse de quelqu’un, sincèrement et sans arrière pensée, elle n’allait pas non plus se forcer à être insensible. Evidemment, il ne faisait pas bon être vue avec un des Empereurs, mais Zelia s’en fichait, elle n’était pas du genre à se laisser influencer, pas quand elle avait décidé qu’elle ne le ferait pas en tout cas.

« On te voit peu ces derniers temps. » dit-elle simplement, réalisant en même temps que c’était vrai. Elle n’avait pas particulièrement remarqué l’absence de l’italien jusqu’à présent, elle n’était pas proche de lui et avait eu beaucoup d’autres choses en tête. Elle ne faisait pas non plus partie de ces sywhaîdiens qui fliquaient totalement les deux empereurs restant, elle avait une vision assez nette des gens pour savoir que Claude et David n’étaient dangereux que pour eux-mêmes… ou du moins pas de la même façon que Tibère.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Mar 7 Avr - 12:19

Claude ne releva pas la tête immédiatement, se contentant de tirer sur son mégot comme s’il pensait qu’il s’était allumé par la force du Saint-Esprit. Il souffla la fumée loin devant lui et finit par lever les yeux. Zelia. Il eut un ricanement, se souvenant du Nouvel An. Heureusement, il s’était assez bien tenu durant cette soirée, compte tenu des circonstances : première soirée avec Tibère depuis sa sortie de prison !
Une expression douloureuse s’imprégna sur son visage à ce souvenir. Il n’avait pas pu retrouver Tibère dans la foule… et maintenant c’était fini. Plus de soirées ensemble, plus rien même.

« Ouais, meilleure tête. En même temps, après avoir revêtu ton joli corps, j’peux plus tenir la comparaison, quel que soit mon état. »
Son « état ». Claude se doutait bien de l’image qu’il devait donner avec ses cernes, son regard halluciné, ses pupilles dilatées.
Il la laissa s’asseoir à côté de lui, se contentant de se pousser un peu. Il ne voulait pas la toucher, pas de contact physique même accidentel. Etrangement, depuis le départ de Tibère il ne voulait plus être proche de personne, physiquement parlant. Une sorte de contrecoup ?

L’italien eut un rire sans joie quand Zelia reprit la parole. Un rire las qui n’avait rien de drôle.

« Tu vois, j’ai un peu du mal à admettre ce qui s’est passé. Tibère… Les gens me regardent comme si c’était moi qui avait fait ça. Alors ça sert à rien que je me fasse voir.»

Il détourna le regard, le fixa sur l’horizon et tendit le bras sur le côté pour proposer son pécos à Zelia. Simple geste amical, Claude aimait partager la fume.

« Je lui en veux pas mais… merde. Comment j’ai pu passer à côté de ça ? Comment j’ai pu pas me rendre compte de ce côté-là de sa folie ? »

Il soupira en secouant la tête. Passa la main dans ses cheveux qu’il avait rasé peu de temps auparavant. Sa bouche se tordit tandis qu’il essayait de ne pas se mettre à pleurer comme un enfant. Il avait toujours eu du mal à ne pas montrer sa tristesse, c’était dans sa nature d’appeler à l’aide. D’appeler n’importe qui, le plus souvent des gens qui ne pouvaient pas l’aider. Mais là… il ne voulait pas craquer, pas devant Zelia, pas dans cette communauté qui avait tellement souffert de la folie de son ami le plus cher.
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Mer 8 Avr - 20:28

Zelia s’était contentée de sourire d’un air appréciateur au compliment de Claude sur son apparence. Elle savait qu’elle n’avait rien d’une de ces bombes qu’on croisait parfois dans le coin, mais elle savait aussi qu’elle était plutôt mignonne, même si peu de gens avaient succombé à son charme, à ce jour il n’y en avait que quatre : Ronnie, Arkanis, Sam et Abigail. Pour quelqu’un qui aurait vingt-cinq ans fin juillet ça n’était pas énorme, surtout quand on savait que la première ne l’avait fait certainement qu’à cause de leurs liens créés par leur transe mimétique, le second était une sorte de flirtouillage d’enfance qui s’était fini par une coucherie pas vraiment transcendante pendant un moment de déprime des années après et que le troisième avait été gentiment éconduit… Pas très passionnant tout ça, et parfois une partie de Zelia avait du mal à l’admettre, après tout elle était sensée avoir une vie trépidante et en mettre plein la vue… Non ?

Elle hocha simplement la tête aux premières réponses de Claude à propos des réactions des Sywhaîdiens à son propos. Tout ça n’avait rien d’étonnant… Et si l’italien lui avait demandé son avis, elle lui aurait sûrement dit qu’il faudrait du temps avant que ça ne se tasse et que, d’une certaine façon, il ne pourrait plus jamais être tout à fait intégré dans cette communauté. Elle réalisa soudain qu’à sa place, elle serait déjà partie. Mais c’était dans sa nature. Zelia avait toujours aimé recommencer à zéro dès que quelque chose n’avait pas tourné rond… Si Celesta n’avait pas eu besoin d’elle à ce moment-là, elle ne serait pas restée à Sywhaîd quand Ronnie l’avait larguée. Elle ne le regrettait pas, même si elle avait eu des moments très durs, mais elle se demandait parfois ce qui la retenait à présent… Abigail ? Adam, qui était arrivé le lendemain du pétage de plombs de Tibère et l’avait trouvée bien affaiblie ? Jena et ce qu’elle pouvait lui apprendre ? Celesta en tout cas n’était plus cette raison, leur lien peut-être, elles avaient à présent du mal à vivre éloignées à cause de leurs liens magiques, mais elle vivait une vie heureuse avec l’amour de sa vie. Zelia n’avait pas cette chance. Elle aimait Abi, mais avait du mal à se considérer comme casée définitivement… Elle avait toujours eu un côté assez pessimiste.

Elle hésita un instant puis prit le joint que Claude lui tendait. Elle s’était déjà droguée, plusieurs fois et parfois avec des choses plus dures que ça, mais elle n’avait jamais montré cette facette de sa personnalité aux gens qui vivaient dans le coin. Elle avait eu quelques amis un peu louches à Londres, mais qu’elle cloisonnait totalement des autres, et aucun de ses proches ne l’avaient jamais vue toucher à quelque psychotrope que ce soit. Mais elle sentait que Claude avait envie qu’elle partage avec lui et une sorte d’impulsion la poussa à accepter, après tout, elle était une grande fille et un joint ne révèlerait pas à tous les gens qu’elle aimait les choses horribles qu’elle avait pu faire ou penser. Elle prit une inspiration et sentit sa tête tourner légèrement, comme toujours lorsqu’elle prenait une première taffe. Elle se détendit légèrement et se sentit un peu mieux, la pression diffuse de ces derniers temps, qui était plus traitre que celle qu’elle avait eue à supporter durant une période, sembla être mise en sourdine. Agréable.

« Personne ne l’a vu… » répondit-elle tout en retendant le pétard à son interlocuteur. « Tout le monde a pensé qu’il y avait assez de « normalité » en lui pour retenir sa folie… Non, enfin, certaines personnes l’ont vues, ce sont sûrement celles qui ont été les plus promptes à réagir, comme Asa… » Elle grimaça en prononçant ce nom, presque malgré elle. Le fait d’avoir vu Asa faire ce qu’elle n’osait pas faire, et ce qu’en gros personne ou presque avait le courage de faire, avait beau lui avoir donné un avis un petit peu différent sur l’Amazone, elle était loin de la considérer comme sa meilleure amie pour autant. « Mais les autres se sont laissés borner par leur amour et leur confiance. Soit en la Brume, soit en Sywhaîd… Soit en Tibère, comme toi.. Ou comme Zofia j’imagine… »


Elle avait dit les deux dernières phrases avec une douceur étonnante, surtout venant de quelqu’un qui détestait autant Tibère, qui s’était faite blesser par lui, et qui avait pu voir l’étendue de sa folie. Mais si Zelia comprenait bien quelque chose, c’était comme on pouvait se laisser aveugler par l’amour qu’on avait pour une personne, et comme on pouvait aimer exactement la mauvaise personne. Elle avait, après tout, toujours adoré ses parents qui n’avaient jamais qu’agi à la limite de la décence avec elle. L’amour ne se contrôlait pas, Zelia en était persuadée. Et elle savait aussi comment on pouvait continuer à aimer quelqu’un même après une affreuse catastrophe. Elle savait en son fort intérieur qu’elle aimerait toujours Enrike, quoi qu’il fasse… Et après tout, elle n’avait pas cessé d’aimer Zephira Wood comme une sorte de mentor quand elle avait découvert certaines facettes de son passé que d’autres auraient trouvées horrifiantes.

« Ca n’est pas de ta faute. Je sais que ça paraît simple à dire mais c’est comme ça. On est tous victimes dans cette histoire… » Elle hésita puis ajouta, se rendant compte en le disant qu’elle le pensait réellement. « Tibère aussi, d’une certaine façon. »

Mais elle ne put s’empêcher de frissonner. Elle se souvenait de ce qu’il avait fait à Kennedy à cause d’elle. Elle tapota doucement, mais relativement rapidement, le genou de Claude dans un geste de soutien avant d’ajouter, la marijuana aidant sûrement à la pousser à un peu plus de franchise que d’habitude :

« Et si tu te sens coupable, je suis obligée de penser que je le suis aussi… Ce qu’il a fait à Kennedy, le viol mental, c’est de ma faute. Sans ce que j’ai accepté de lui apprendre, il n’aurait jamais pu… »

Il n’y eut aucune larme qui monta à ses yeux. Contrairement à Claude, elle était habituée depuis toute petite à réfréner ce genre d’impulsions. Ca faisait d’elle quelqu’un de très compliqué, et de rarement très heureux, mais appeler à l’aide quand on s’appelait Zelia Diulcinea était pratiquement impossible… Et la culpabilité, ça la connaissait, après tout elle vivait avec la mort de quelqu’un sur la conscience depuis sa plus tendre enfance. Ca donnait une certaine expérience…

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Ven 10 Avr - 21:00

Claude reprit le pétard à Zelia d’un geste mou et le laissa entre ses lèvres pour fumer. Il était déjà un peu raide, faut dire que ça faisait des jours entiers qu’il l’était. Il n’arrêtait pas de fumer depuis quelques temps et avait beaucoup de mal à passer une journée entière sans cet état cotonneux et serein. David connaissait un sorcier de son village dans les Pyrénées, un fervent adepte rastafari qui cultivait et vendait de la bonne herbe. Régulièrement, le type lui en envoyait, comme ça, en cadeau. Un gars bien.

L’italien ricana aux premières paroles de la jeune femme. Personne ne l’avait vu, ouais, mais c’était pas une excuse. C’était lui, l’ami qui était sensé connaître Tibère par cœur. Signe de la remontée de ses « mauvais sentiments », Claude mit sa capuche grise d’un geste brusque, cachant son visage. Les mauvais sentiments… une expression de David pour désigner quand Claude était triste ou en colère, quand il laissait couler ou qu’il détruisait. A ce moment-là, il mettait toujours sa capuche, un geste inconscient et idiot, sûrement en rapport avec son faux style de gamin des banlieues à la Cassel dans La Haine (mais il adorait ce film). On lui avait toujours dit qu’il avait une légère ressemblance avec l’acteur… (mdr)

Il secoua doucement la tête de droite à gauche et se dit qu’il partait vraiment trop loin dans ses pensées. Décidément, cette herbe…
Mais il avait tout de même écouté Zelia et répondit après un temps d’arrêt pendant lequel il regarda dans le vide.

« Ouais… Ouais, j’aime Tibère, malgré tout, et ça changera pas. Mais j’étais la personne la plus proche de lui ici, j’aurais dû… »

Son regard était dur, sa mâchoire serrée. Il tira nerveusement une taffe et grinça des dents, une fois, quand fut évoqué le « viol ». Qu’est-ce qui avait pris à Tibère de faire une chose pareille ? Quel malade… il avait été excessivement violent, tout de même. Et ça, cette pauvre Kennedy qu’il avait voulu détruire, c’était du pur gâchis.
Claude eut un mouvement de recul quand Zelia lui tapota le genou et lui adressa un regard d’excuses. Il n’avait pas pu s’en empêcher, le geste l’avait surpris et, à vrai dire, un peu dérangé. Mais il se détendit vite dès que la brune retira sa main et se remit à parler. Hochant lentement la tête, il répondit d’une voix grave :

« T’sais, Zelia, j’pense qu’il aurait su le faire sans ton cours. Enfin non, il aurait peut-être pas fait ça, mais autre chose au moins. Quand il a été emmené dans une maison, avant son jugement, il m’a dit que s’il n’avait pas attaqué Kennedy, il aurait tenté de choper un bout de verre brisé et d’égorger la première personne à proximité. Et il avait l’air sérieux.»

Sur le dernier mot sa voix s’était brisée et il eut beaucoup de mal à ne pas éclater en sanglots. Cette scène avait été horrible, le regard de Tibère, ses mots crus et méchants… Claude n’était même pas sûr que son ami se rendait compte de l’énormité de ce qu’il avait dit ce jour-là.

« Je… Je savais qu’il allait faire une connerie quand il est sorti de la chambre, mais je l’ai laissé aller parce que… je voulais voir. Je voulais juste voir comment c’était quand Tibère l’empereur se lève et décide qu’il veut mettre le feu. »


Le romain ricana, ironique.

« Hé ben j’ai vu. »


(désolée, j'suis frac' alors j'délire sec)
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Sam 11 Avr - 18:11

[Ca va plutôt bien à ce topic ^^]

« Trancher la gorge à quelqu’un aurait été moins terrible. Et plus facile à arrêter. » répondit assez durement Zelia.

L’Anglaise savait de quoi elle parlait. L’intrusion mentale était quelque chose contre lequel on apprenait à se défendre quand on faisait ses classes dans l’Organisation. Et comme personne n’arrivait à briser ses barrières, après tout personne n’avait réussi à part Reven, Zelia y avait échappé. Sauf qu’elle avait justement déjà une expérience. Reven. L’un des Esprits Protecteurs de Tryllestarven qui, durant la première Epreuve qu’elle avait passée pour entrer à l’Ecole, la première fois, avant qu’elle ne parte puis ne revienne, lui avait effacé une partie de sa mémoire. Rien d’énorme, juste quelques minutes. En fait, elle ne se souvenait pas de ce qui s’était passé pendant toute une partie de l’Epreuve. Mais elle se souvenait du « viol ». Un peu comme les femmes qui se faisaient violer après avoir été droguées avec cette drogue qui vous faisait tout oublier. Elles oubliaient qui, quand, où, comment, mais elles n’oubliaient pas qu’elles avaient été violées. D’un point de vue extérieur, il était sûrement étonnant de voir que Zelia s’était intéressée à la télépathie et à l’intrusion mentale après ce qu’elle avait vécu, pourtant si elle avait commencé c’était bien pour ne plus jamais avoir à le revivre…

Malgré son air dur, et tout ce qu’elle pouvait penser et qui aurait sûrement paru horrible à la plupart des gens, Zelia frissonna aux dernières paroles de Claude. Elle venait de dire qu’il aurait mieux valu que Tibère tue quelqu’un ou du moins qu’il essaie de le faire, sans que sa voix ne tremble, et pourtant elle ne cacha pas sa réaction quand l’Italien expliqua. Zelia avait une vision assez particulière du bien et du mal, il lui arrivait d’être plus que borderline, mais elle n’aurait jamais laissé quelqu’un faire autant de mal à des innocents, rien que pour voir. Pourtant, elle comprenait cet attrait morbide que la catastrophe pouvait avoir sur Claude. Elle-même avait toujours ressenti ça. Quand quelque chose d’horrible se passait, une partie d’elle avait tendance à se réjouir. La douleur lui avait toujours semblée plus simple à affronter que le bonheur. Même l’épisode Tibère, d’une certaine façon, lui faisait plaisir, parce qu’elle retrouvait ses marques : elle se sentait coupable, elle pouvait se renfermer un peu sur elle-même, elle doutait de nouveau sur sa relation amoureuse… Zelia avait toujours été très rapide à glisser. Elle avait toujours beaucoup plus de mal à remonter.

« Ca ne veut pas dire que c’est de ta faute. » répondit-elle tranquillement. « Tu voulais voir ? Et alors ? Peut-être qu’on le voulait tous. Pourquoi on l’aurait laissé s’implanter autant si ça n’était pas le cas ? Tibère est fou, tout le monde le sait, il s’est battu des dizaines de fois, il a été violent avec des tas de personnes, a menacé des centaines de fois de brûler la Lande… Et tout le monde l’a laissé faire, pas seulement parce qu’on n’y croyait pas, ou parce qu’on faisait confiance à la Brume, juste parce qu’il y a toujours une partie des gens qui veulent voir, comme tu l’as voulu. »

Le pétard l’avait sûrement un peu plus faite décoller qu’elle ne l’avait pensé à la base. Ou alors Sywhaîd l’avait autant changée qu’elle le pensait, la poussant plus facilement à montrer ses sentiments et à exprimer ses pensées. Elle cachait toujours sa face sombre, mais mettait plus de nuances à son personnage… Il faut dire qu’elle vieillissait et maîtrisait mieux son expérience, il était aussi plus logique qu’une jeune femme de bientôt vingt-cinq ans parle comme ça plutôt qu’une adolescence de quatorze ans…

« Combien de personnes sont restées à juste regarder la scène, sans intervenir ? Ou même sans fuir ? Sur toutes les personnes dans la cours, à peine une dizaine sont intervenus… Et je t’assure qu’il y avait du monde, dès le début. C’est toujours comme ça. La partie la plus sombre de nous veut voir ce genre de choses. Je ne sais pas pourquoi… Peut-être que c’est parce qu’on aimerait pouvoir, nous aussi, être autant dans les extrêmes. Je ne pense pas que tout le monde pourrait faire ce que Tibère a fait, mais lui au moins, il est allé jusqu’au bout…. »

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Dim 12 Avr - 16:25

Claude se décomposa sous sa capuche en voyant Zelia frissonner. Il aurait dû s’y attendre, elle le trouvait horrible, et elle avait raison. Il se prit de plein fouet une vague de culpabilité et allait se lever pour partir quand la jeune femme reprit la parole. Ses premiers mots le poussèrent à rester et il l’écouta jusqu’au bout, les yeux fixés droit devant lui. Il allait partir parce qu’il se trouvait horrible, parce qu’il ne voulait plus lui parler puisqu’elle semblait horrifiée par ce qu’il disait, mais… il était captivé par ses paroles.

Elle avait raison, il y avait toujours des gens fascinés par ça, la folie, la violence. Les extrêmes, ouais. Il faisait partie de ce genre de gens, c’était ça qui le poussait à se faire du mal et à être ami avec un fou furieux, à l’aimer plus que tout. C’était ça qui le rendait malheureux et aussi… qui le faisait vivre. Ces extrêmes, la tragédie, la destruction, c’était grâce à tout ça qu’il avait l’impression de vivre vraiment, qu’il aimait sa vie tout en la laissant partir en lambeaux. Zelia lui parlait de lui. Elle parlait de lui, de Tibère, de David et des trois réunis. Elle parlait de sa vie à Rome. De ces gens qui les suivaient et les admiraient en les haïssant.
La dernière phrase l’acheva. Tibère était allé jusqu’au bout, ouais. C’était écrit, prévu depuis longtemps, Tibère va toujours jusqu’au bout. Tout ça, ça n’excusait rien mais Claude se souvint enfin de pourquoi il l’aimait. Il se souvint enfin de pourquoi il l’aimerait toujours. Parce que Tibère va jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il n’y aie plus rien, plus la moindre chance d’espoir, comme dirait Antigone. Tibère est tragique.

Avant même que Zelia ait fini sa phrase il éclata en sanglots. Ouverture des vannes, il se retenait depuis trop longtemps. L’italien se prit la tête dans les mains et sembla se recroqueviller. Et il sanglotait sans retenue, bruyamment comme un enfant, incapable de s’arrêter. Il pleura pendant de longues minutes, et le fait de se rendre compte qu’il se sentait très seul ne l’aida pas à se calmer. Il avait David, oui, mais David avait tué son père, il s’était enfui pendant de longs mois, et puis David était fort, calme et tranquille et Claude avait parfois envie de le détester pour ça. Claude avait besoin de Tibère, il avait besoin de lui quand ça n’allait pas, il avait aussi besoin de David mais… comme il aurait voulu qu’ils se retrouvent juste à trois… Mais non, David était arrivé exactement au mauvais moment. Si il avait été là avant il aurait pu calmer Tibère mais il avait fallu qu’il vienne un jour après. Un seul jour…

Peu à peu, Claude finit par se calmer. Enfin, il ne fut plus secoué que de sanglots sporadiques et se remit à tirer sur son mégot trempé en reniflant. Il était épuisé et tremblait un peu. Son visage était creusé, pâle, ses yeux encore plus brillants qu’à l’habitude.

« Zelia, si tu savais comme j’aime ce mec, si tu savais… J’peux pas lui en vouloir, j’peux pas être en colère contre lui, j’peux pas… »


Il se frotta les yeux du dos de la main, dans un geste rageur.

« Tu vois, ce que tu disais, cette partie de nous fascinée par la folie… Bordel, j’l’aime à en crever Tibère, je suis désolé… Il a fait des conneries, il a voulu vous marquer à vie, il voulait rendre Kennedy folle, il voulait que tout s’écroule mais j’peux pas lui en vouloir. Je l’aime plus que n’importe qui… »

Une confession. Voilà ce que faisait Claude, il se confessait sans s’en rendre compte, il disait ce qu’il avait sur le cœur parce que Zelia comprenait, il le sentait confusément. Parce qu’il avait besoin de le dire, de s’entendre le dire. Voilà, il était horrible, c’était dit, Tibère pourrait tuer des dizaines de personnes, il ne lui en voudrait pas parce que… il s’en foutait des autres. Il aimait Tibère plus que n’importe qui. D’un côté, ça lui faisait du bien de le dire, de se rendre compte qu’il le pensait… et puis d’un autre côté, il se trouvait dégueulasse.
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Ven 17 Avr - 10:52

Oui, Zelia comprenait. Elle avait laissé Claude s’effondrer en larmes, sans rien faire, principalement parce qu’elle ne savait pas quoi faire. Il était rare qu’on pleure sur son épaule, Zelia avait beau avoir cet air de petite jeune fille adorable, les gens en général ne se confiaient pas à elle, sûrement parce qu’elle ne se confiait pas à eux. Aujourd’hui, elle avait pratiquement elle-même ouvert les vannes chez l’italien, mais elle fut incapable de le réconforter comme il fallait. Elle ne savait pas le faire, et ça ne faisait pas vraiment partie de son caractère. Zelia était de ces gens qui ne pleuraient pas en public. Oui, elle avait déjà pleuré devant certains de ses proches, mais c’était rare, et plus souvent des larmes de rage, comme quand elle avait rompu avec Ronnie par exemple. Jamais elle ne pleurait comme Claude le faisait, en lâchant tout et en laissant les gens le voir comme ça, même seule il était rare qu’elle pleure comme ça.

Elle hocha la tête quand Claude lui expliqua qu’il aimait toujours Tibère et l’aimerait toujours. Oui, il avait raison, elle le comprenait. Elle n’aurait pas aimé l’idée qu’il sente qu’elle le faisait, mais heureusement (pour lui ?) elle ne s’en rendait pas compte pour le moment, elle n’avait jamais été très psychologue et, surtout, elle était un peu dans les vapes à cause du pétard, et de ses effluves. Elle hocha la tête à plusieurs reprises. Oui. Elle comprenait. Après tout, elle aimait toujours Zephira Wood, alors qu’elle avait compris depuis longtemps qu’il y avait un passé sombre derrière son air de super woman. Celesta ne lui avait jamais dit ce qu’elle avait vu, et Zelia ne savait pas précisément ce qu’il y avait derrière les yeux trop verts de son mentor, mais elle sentait le passé sombre et tragique. Et elle n’avait jamais été naïve, elle avait compris depuis longtemps que Zephira n’était pas aussi gentille et douce qu’elle pouvait le paraître. Il faut dire aussi qu’Enrike lui avait dit que Zephira était un des contacts sûrs que Zelia avait si jamais quelque chose à l’Organisation fonctionnait mal… Tout de suite ça vous situe un personnage.

Et pourtant, elle aimait toujours Zephira. Tout comme elle aimait toujours Enrike, qui avait sûrement tué des gens et fait des choses pas très catholiques à cause de son boulot… Elle s’en fichait. Elle l’aimait. Et elle aimait Cohaoma, sa formatrice, même si elle était réputée pour être assez violente et capable de torture, ce genre de choses. Elle frissonna de nouveau, mais cette fois pour elle-même et tous ces gens étranges qu’elle aimait et qui peuplaient sa vie.

« Je sais. Mais il a fait beaucoup de mal ici, tu devrais éviter de porter ton amour pour lui comme un insigne. Je veux dire, c’est un conseil, un conseil de quelqu’un qui comprend ce que tu vis et qui respecte tes sentiments. N’en parle pas. Pas avec n’importe qui. Tibère a été vraiment horrible. Tu ne l’as pas vu, toi. Tu es arrivé après, tu as eu peur pour lui et tout ça, c’est normal, c’est ton ami. Mais les gens qui étaient là… Ce qu’ils ont vu c’est un monstre. Un monstre qui a essayé de tous les tuer. Un monstre qu’il fallait arrêter quoi qu’il arrive. Pour la plupart d’entre eux, Tibère a perdu son droit à l’amour ce soir-là. Et je peux les comprendre. Je veux dire, je comprends ce que tu ressens, mais je déteste Tibère. Je le hais, comme je n’ai pratiquement jamais haïs personne. Merde, j’ai même partagé mon énergie magique avec la fille que je déteste le plus au monde pour l’arrêter. Tu imagines ? »

Elle rit doucement. Elle essayait de garder une sorte de légèreté à ce qu’elle disait, principalement parce qu’elle n’avait pas envie de grands drames aujourd’hui, mais aussi parce qu’elle n’était pas sûre que Claude tiendrait le coup si elle lui parlait avec le tragique et la colère qui auraient dus être dans ses paroles. Elle trouvait Claude sympathique mais le trouvait légèrement… comment dire ? Faible ? C’était compréhensible, mais du coup elle essayait de l’épargner, un peu, pour éviter de le voir s’effondrer une nouvelle fois.

« Je sais que Tibère est important pour toi, et je sais que c’est dur, du coup, de continuer à vivre ici. Mais tu as décidé de rester, n’est-ce pas ? Tu as décidé de rester à Sywhaîd. Alors assume. Joue le jeu. C’est une communauté. Tu ne peux pas t’en exclure indéfiniment, autrement tu finiras par devoir partir, ou par péter les plombs toi aussi. Ils feront bloc contre toi si tu continues à te cacher. Même Kennedy fait ses corvées et sort régulièrement, malgré sa faiblesse et ses problèmes, elle a compris qu’il ne faut pas s’exclure, surtout pas en ce moment. Il ne faut pas laisser Tibère gâcher tes chances ici. Si tu décides de rester, fais-le bien. Montre que tu n’es pas Tibère. Si on te le demande, je ne te dis pas de cacher tes sentiments pour lui, mais ça ne sert à rien de dire à tout le monde combien tu l’aimes et ce genre de choses, parce que tout ce que tu vas réussir c’est à te les mettre à dos. Je comprends que tu as l’impression de devoir quelque chose à Tibère, de devoir entretenir sa mémoire ou ton amour pour lui, ou quelque chose comme ça. Sauf que les autres ne comprennent pas. Et il faut que tu acceptes qu’ils ne peuvent pas comprendre. Tibère les a blessés, pour certains il ne l’a fait que parce qu’il a fait trembler leur petit monde, mais pour d’autres il a été un vrai monstre, que tu l’aimes ou non ne change rien à ça. Et si tu veux rester ici, si tu veux vivre ici, il va falloir t’adapter, accepter que d’autres puissent détester celui que tu aimes, parce que si tu ne peux pas supporter tout ça, je pense que tu n’as plus qu’à partir. »

Elle avait dit tout cela doucement, sur une voix douce, compréhensive. Mais son discours n’en était pas moins percutant. A croire que le pétard la rendait plus psychologue, plus lucide… Ou alors, c’était simplement le fait de, pour une fois, avoir été plus ou moins extérieure à tout ça. Oui, elle se sentait coupable pour Kennedy, mais ça n’était pas une culpabilité directe. Elle était plus observatrice qu’autre chose dans cette situation, ça aidait à avoir les idées claires.

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Claude Valhubert
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Lun 27 Avr - 10:18

Claude écouta ce que lui disait Zelia dans un grand silence, arrêtant peu à peu de sangloter. Retenant son souffle. Bien sûr, cette fille avait raison, bien entendu. Ce qu’elle disait, c’était la meilleure chose à faire, arrêter un peu avec Tibère, passer à autre chose. La meilleure solution si il voulait continuer ici et pas trop souffrir.

« Tu vois, l’amitié qui nous unit, tous les trois, les empereurs… Je sais pas si t’as déjà connu une amitié comme ça, hein ? Ce que tu me dis là… je devrais te répondre que non, nous on accepte pas de s’adapter. On s’adapte pas aux gens. »


Il soupira. Inconditionnel, c’était l’adjectif parfait pour leur amour à eux trois.
Apparemment, il allait falloir se calmer sur cette partie-là du jeu. Ils avaient toujours pu s’en sortir sans problème parce qu’ils n’avaient besoin de personne. Sauf que là, Claude avait besoin des gens, des autres. Il avait besoin d’une vie un peu normale, il avait besoin que les gens arrêtent de le pointer du doigt. Et, avouons-le, il avait besoin d’oublier un peu Thibaud.

« Mais bon, je suis bien obligé de dire que t’as raison, cette fois faudra faire un effort. »

Il se tourna vers Zelia, la regardant franchement en face pour la première fois depuis le début.

« Merci. J’veux dire… je sais pas, merci. »

Un sourire fleurit lentement sur son visage pâle et creusé, le rendant plus séduisant. Donnant un aperçu à la jeune femme de comment il pouvait être quand tout allait bien.
Claude en avait assez d’aller mal. Il déprimait facilement et avait du mal à s’en sortir, mais les mots de Zelia l’avaient aidé à se décider. Il devait agir, se bouger. David était là, il pouvait aller mieux, il pouvait avoir une vie normale et devenir ami avec d’autres gens et leur montrer qu’il n’était pas Tibère.
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Zelia Diulcinea
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MessageSujet: Re: Come On Baby Light My Fire   Mar 28 Avr - 10:44

Le sourire de Claude fit naître un sourire chez Zelia, un sourire franc et joyeux, qu’elle n’avait pas du tout calculé, ce qui était relativement rare. L’anglaise n’était pas habituée à aider les gens. En général, quand elle essayait, c’était encore plus compliqué après. Et en général, surtout, elle avait tendance à ne pas essayer, parce qu’elle savait qu’elle était nulle dans ce domaine, les sentiments ça n’était pas son truc, c’était déjà trop dur à gérer quand on parlait des siens. Mais là, pour la première fois depuis très longtemps, elle eut l’impression d’avoir réellement aidé Claude, de lui avoir permis d’y voir plus clair, de prendre une décision même, peut-être. Et son cœur s’en réchauffa. Elle avait fait quelque chose dont elle pouvait être fière. Pas quelque chose qui la rendrait célèbre ou lui donnerait la reconnaissance dont elle rêvait tant depuis ses plus jeunes années, quelque chose dont elle ne parlerait même sûrement jamais, mais quelque chose à quoi elle pourrait penser quand elle se demanderait si elle avait jamais fait quelque chose qui n’était pas égocentré.

Les paroles d’Asa à ce sujet avaient été plutôt efficaces, Zelia se savait égoïste, mais depuis son affrontement avec l’Amazone, elle avait du mal à ne pas trouver une raison égoïste dans chaque chose qu’elle faisait. Ca avait d’ailleurs pas mal conditionné sa réaction au pétage de plombs de Tibère, aider Asa était l’acte le moins égoïste qu’elle pouvait faire ce soir là, même si ça lui avait tout de même permis de se mettre hors de danger, tout en forçant Asa à lui devoir quelque chose… Mais cette fois, elle n’avait aucun intérêt dans le fait que Claude aille mieux, elle ne l’avait pas fait pour elle et se fichait qu’il lui soit redevable ou non, il n’avait pas assez d’influence dans n’importe quel domaine que ce soit pour qu’elle puisse avoir besoin de l’avoir dans sa poche. Non, pour une fois, elle avait fait un acte gentil gratuit. Un acte qui risquait même de lui attirer les foudres de certaines personnes, qui n’auraient pas bien pris qu’elle remonte le moral au meilleur ami de ce fou de Tibère. Urphoed lança une trille joyeuse, grisé lui aussi par cet acte exempt d’égoïsme, et d’arrière-pensée, exempt de tout calcul. Chez Zelia Diulcinea, c’était assez rare pour être noté.

Elle ne dit plus rien. Elle se contenta de sourire, d’un beau sourire chaleureux et lumineux qui éclaira tout son joli minois, et de se pencher pour déposer un petit baiser sur la joue de Claude. C’était une impulsion, et Zelia répondait rarement à ses impulsions, mais cette fois elle sentait que c’était la chose à faire, c’était naturel et… comment dire ? Elle sentait que, d’une certaine façon, l’italien en avait besoin. De toute façon, elle n’avait pas eu besoin d’y réfléchir à deux fois, aucun risque de quiproquo, tout le monde ici savait qu’elle était lesbienne, et personne ne l’avait jamais vue à Sywhaîd avec un homme, en fait personne à part Adam ne savait qu’elle avait déjà été avec un représentant de la gent masculine, et il avait promis d’emporter le secret dans la tombe, et Zelia le croyait, elle avait confiance en Adam, peut-être pas à tout les niveaux, Zelia n’avait complètement confiance en personne, mais au niveau des secrets elle lui faisait confiance, plus qu’à n’importe qui d’autre.

D’un geste gracieux, elle se releva rapidement, sans vraiment laisser le temps à l’italien de réagir, comme elle l’avait fait pour le baiser. Elle frotta sa jupe, pour en enlever la terre qui s’y était accrochée, avant de dire :

« J’étais partie pour aller voir Celesta, et si j’arrive trop tard Abreu sera rentré de l’Ecole et fini le moment entre filles. » Elle lui fit un petit clin d’œil, retrouvant son personnage de jeune fille adorable et légère, bien loin de tout ce qu’elle venait de lui dire. Elle venait de passer un moment étrange, presque intime avec l’italien, et ne comprendrait que plus tard à quel point elle s’était dévoilée, à cause du pétard et du contexte. Pourtant, c’est bien à cause de ce moment qu’elle ajouta, un peu moins légèrement, en plantant son regard bicolore dans celui de Claude. « Je suis contente d’avoir parlé avec toi. Tu devrais t’ouvrir plus souvent, les gens verraient que tu es quelqu’un de bien. »

Ca paraissait stupide comme « compliment », mais pour Zelia ça voulait dire beaucoup. Elle le salua d’un simple mouvement de tête puis fila chez sa meilleure amie. Etre quelqu’un de bien était une sorte de compliment à double tranchant venant de l’anglaise. Elle avait une vision étrange de la morale, une vision très personnelle. Et là, elle parlait objectivement, d’une manière générale, pas personnelle. Pour elle, Claude était peut-être un peu trop sensible, pas assez apte à gérer ses sentiments, pour qu’elle l’apprécie pleinement. Il était sympathique, attachant, mais il l’aurait énervée très rapidement, elle n’était pas très tolérante au niveau de ce qu’elle considérait comme étant de la faiblesse. Mais elle était certaine que s’il suivait ses conseils, et s’ouvrait plus aux autres, les gens l’apprécieraient, ceux qui n’étaient pas aussi névrosés et durs à l’intérieur qu’elle, en tout cas.

[Voilà, c’était trop bien comme topic ! je me suis bien amusée ! Tu peux conclure si tu veux, autrement envoie-moi un mp, que je verrouille le topic !]

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