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| | Auteur | Message |
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Eäriel Créature


Nombre de messages: 76 Age: 128 Date d'inscription: 18/04/2008
 | Sujet: Méditation interrompue Mar 31 Mar - 17:35 | |
| Comme chaque matin, la créature aux oreilles pointues se rendait par le chemin provenant de l’école, longeant le Lochfinn pour enfin arriver aux ruines. Elle s’installait toujours près de la falaise, car la vue sur le Loch demeurait tellement magique. Elle avait même vue quelques fois de son regard grisâtre la silhouette de Fiona. Elle profitait du calme de ce lieu pour effectuer sa méditation elfique comme les anciens lui avaient appris à l’exécuter. Cette méditation permettait à tout elfe de rester en communion avec mère nature, leurs cinq sens aiguisés et surtout leur sixième sens.
Assise en tailleur, vêtue d’une combinaison short grise, d’une ceinture de saules tressés, de sa cape bleue nuit, elle fermait les yeux. Elle murmurait quelques paroles des anciens pour trouver la sérénité. Sa dague ornée de pierre trônait à sa droite, à portée de main en cas de besoin. Arya était couchée à sa gauche, paisible, elle aussi participait aussi à la méditation de sa moitié.
Lors de cette cérémonie journalière, Eäriel avait ses sens encore plus développés qu’à la normale. De loin, elle entendit quelqu’un arriver. N’ouvrant même pas ses yeux, elle attendit que cette personne se rapproche pour lui parler. Lorsque celle-ci fut à quelques mètre d’elle, elle daigna à prendre la parole.
-Qui va là ?
La voix de l’elfe demeurait sereine, sans émotion, aussi pure qu’une source d’eau cristalline. Sans regarder, elle avait reconnu une démarche de femme, elle ne tourna même pas la tête, elle n’ouvrit même pas les yeux. Elle restait dans sa position, aussi fière que possible. Elle était de dos à la nouvelle venue en ces lieux. Eäriel sentait malgré cette présence, le lien qui la rattachait avec les ruines, avec la mère nature, avec sa daemon. Un des seuls moments de la journée où elle se sentait sereine, paisible. Elle aimait cette sensation que le monde s’offrait à elle. Il ne lui restait plus qu’à apprendre à toujours avoir cette sensation pour enfin s’ouvrir aux autres.
[Youlika?] |
|  | | Youlika Manthoulis Blanchisseuse


Nombre de messages: 126 Date d'inscription: 27/07/2008
 | Sujet: Re: Méditation interrompue Mar 31 Mar - 21:49 | |
| Une chose à laquelle Youlika s'était très rapidement habituée : les horaires matinaux de la plupart des Sywhaîdiens. A Egine, on se levait tôt. Le mode de vie était drastique, les conditions draconiennes ; aujourd'hui encore, l'Hellène était réglée comme une horloge. 20 ans à vivre au rythme régulier des heures, ça laisse des traces.
Tous les matins, Kika était des premières levées. Elle avait recréé son propre rituel, trop habituée à un cadre strict pour se laisser complètement aller. Etirements, ablutions, cueillette de romarin frais, infusion et galette au fromage. Puis, nouvelles ablutions au loch. Ensuite, elle remontait le chemin escarpé le long de la cascade, et allait écrire aux ruines. Elle se défoulait au bout de la plume. Toute la journée, elle était un modèle de calme, de simplicité, d'attention polie aux autres. Mais chaque matin, elle commençait sa journée en noircissant un petit carnet lui-même à couverture sombre. Une petite écriture en patte de mouche, des phrases assassines rédigées à la hâte, et aussitôt effacée : le papier était trop rare sur Sywhaîd, et, de toute façon, il était plus prudent de ne pas laisser traîner des torrents de cynisme sous une latte du parquet de sa chambre.
Bref ; Kika s'apprêtait à profiter de sa demie-heure de défoulement quotidienne. Elle avait toujours trouvé les ruines vides à cette heure de la journée. Malheureusement... elle s'aperçut rapidement que ce n'était pas le cas ce jour-là. La Grecque grinça des dents, avant de se composer sa figure passe-partout, un peu trop froide, sans doute, mais pas désagréable. En approchant, elle se rendit vite compte que la personne qui se trouvait là n'était pas le premier Sywhaîdien venu. Ses lèvres formèrent silencieusement le mot "elfe", comme pour se souvenir de la façon dont on le disait en anglais.
Elle eut un léger frisson : créatures sylvestre, compagnes de Pan... les créatures naturelles, à pattes de bouc, à oreilles pointues, la mettaient mal à l'aise : elle les imaginaient débridées, sans mesure, jouisseuses à l'excès... Certes, le peu qu'elle avait vu ou entendu d'Eäriel ne correspondait pas à la conception grecque des choses ; mais Kika resta sur la défensive. Elle se serait prudemment éclipsée, si l'lefe n'avait eu quinze fois le temps de la voir venir. De loin, notre belle Hellène n'avait pas vu qu'elle avait les yeux fermés.
Visiblement, ça ne changeait rien : elle était repérée. Elle arrêta son pas, se figea... puis recommença d'avancer, puisqu'il ne servait à rien de rester à 15 mètres.
"Je suis Kika... Je suis désolée, je voulais pas... déranger... Je peux repartir", dit-elle avec hésitation. Au fond, elle avait envie de fiche une bonne claque à la créature qui la privait du meilleur moment de sa journée. Ne pouvait-elle pas faire son salut au soleil autre part ? |
|  | | Eäriel Créature


Nombre de messages: 76 Age: 128 Date d'inscription: 18/04/2008
 | Sujet: Re: Méditation interrompue Sam 4 Avr - 10:55 | |
| Les yeux grisâtres de l’elfe restèrent clos, elle était en telle harmonie avec ce nouveau jour sur la Noble Lande. Elle entendait distinctement chaque pas de la nouvelle venue. Arya quand à elle détourna la tête pour voir l’apparence de cette femme.
Grande, fine, athlétique, elle possédait un visage bien maigre. La louve semblait trouvait quelque chose d’étrange en cette femme, mais elle ne savait pas quoi. Elle en fit abstraction, tout en restant sur ses gardes. Avec leurs certains âges, Eäriel et Arya avaient appris durement qu’il ne fallait pas mettre toute leur confiance dans un inconnu ou une inconnue, mieux valait garder une certaine méfiance.
Lorsque la Grecque parla avec son anglais pas parfait, avec cet accent bien typique de son pays et cette hésitation. La créature aux oreilles pointues ouvrit les yeux sereinement, elle ne bougea pas de sa position, elle était si bien en cette posture.
- Kika, les ruines appartiennent à chacun qui le veut. Exclama-t-elle de son ton si elfique, si intouchable à en presque le détester.
Sur la demande de sa daemon-louve, la femme mystérieuse délaissa sa position et se tourna vers l’Hélène. Arya voulait que sa moitié s’ouvre aux autres, devienne sociable. Cette rencontre demeurait un bon exercice, elle ne devait absolument ne pas rater chacune des occasions de parler avec des personnes de toutes horizons, de tous âges.
- Eäriel ! Dit-elle sur un ton solennel qui semblait plus être un écho de la ruine que la voix de l’elfe.Et voici, Arya ! reprit-elle de la même voix.
-Quel pays a vu naître Kika ? Il me semble si lointain d’ici. Demanda-t-elle calmement pesant chacun de ses mots, pour faciliter la compréhension de son interlocutrice. |
|  | | Youlika Manthoulis Blanchisseuse


Nombre de messages: 126 Date d'inscription: 27/07/2008
 | Sujet: Re: Méditation interrompue Lun 13 Avr - 10:56 | |
| Peut-être les ruines étaient-elles à tout le monde, mais en l'occurrence, Kika aurait nettement préféré qu'elles lui appartiennent à elle seule. N'y avait-il donc que les quatre trop fines cloisons de sa chambre où elle fût tranquille, chez elle, pour y faire ce qu'elle voudrait, avoir le soulagement d'être totalement elle-même ? Elle se retint de soupirer ; l'elfe avait raison, et l'Hellène connaissait la règle du jeu, en s'enterrant dans cette communauté gnangnan.
L'elfe n'avait rien d'une ménade ivre et débauchée, bien au contraire. Elle semblait d'un calme presque exaspérant. Trop douce, trop pure pour quelqu'un à l'esprit tortueux. Mais Kika souriait, avec une certaine curiosité qui n'était pas totalement simulée. De fait, la créature, si éloignée de son propre tempérament, l'intriguait. Comment pouvait-on survivre en étant si... dénué de méchanceté ? Sans doute n'était-ce possible que sur cette Lande... à moins que l'elfe dissimulât son véritable caractère avec une habileté qui aurait pu rendre jalouse d'aucunes filles d'Hermès ? Kika décida de rester sur ses gardes. Elle salua la louve blanche d'un hochement de tête timide, cette fois encore sans trop se forcer : une louve ! Pourquoi tous ces Sywhaîdiens si doux en apparence se promenaient-ils tous avec des fauves ?
Comme Kika se faisait ces réflexions, brusquement... Eäriel lui demanda d'où elle venait. Elle releva les yeux, jusque là dirigés vers Arya ; elle ne masquait pas sa surprise ; ses joues rosirent légèrement.
"Quel... quel pays..."
Elle sentit deux larmes jaillir de ses yeux, et ne fit rien pour les arrêter. Elle avait été prise au dépourvu, Eäriel, sous ses airs si purs et doux, venait de mettre le doigt exactement là où cela faisait mal. Kika se mordit les lèvres.
"Je... je suis de la Grèce", lâcha-t-elle, incapable de mentir sur ce sujet. "Est-ce que tu la connais ?"
Elle essuya d'un revers de main ses larmes. Et si cette elfe si étrange et si douce était la confidente qu'il lui fallait ? |
|  | | Eäriel Créature


Nombre de messages: 76 Age: 128 Date d'inscription: 18/04/2008
 | Sujet: Re: Méditation interrompue Jeu 23 Avr - 8:48 | |
| L'étonnement de la jeune femme, ses joues qui rosirent légèrement puis les deux larmes qui perlèrent sur ses joues attendrit la créature elfique. Remettant une mèche de cheveu derrière son oreille pointue, elle observa quelques instants de plus l'Hellène. Elle venait de si loin, d'un pays si opposé à la Noble Lande. Son pays semblait lui manquait, elle pouvait comprendre ce sentiment d'être loin de chez soi. La forêt de Brocéliande lui manquait tant, mais elle n'était pas là pour y penser.
La Grèce, en voilà un magnifique pays ponctué de glorieuses et tragiques légendes que la créature elfique avait dût apprendre dans son enfance. Elle avait même pu si rendre quelques années auparavant, elle avait visité d'innombrable pays et celui de Kika en faisait partie. Elle avait apprécié de voir ces lieux si mystiques, ses villages emplis de maisons si blanches qu'elles brillaient comme des diamants au soleil avec leur volet aussi bleu que la mer qui l'entouraient. Elle avait pu visiter chaque petite île et à chaque elle fut émerveillée comme une enfant découvrant le monde sous un autre regard. Elle avait même eu l'occasion de trouver par-ci par-là des petits boulots qui lui permettait de survivre.
- La beauté de la Grèce demeure aussi connue que ses propres légendes. Répondit-elle doucement.
Plongeant son regard grisâtre vers la jeune femme, elle se tut quelques instants. Elle savait tant la tristesse que l'on pouvait éprouver par le manque de sa terre d'origine. La vie décidait souvent du destin de chacun au dépend de la personne concernée. Le seul moyen pour s'en sortir demeurait de l'accepter et de vivre avec. La Noble Lande semblait être un bon endroit pour tous les exilés de la Terre des moins fous ou plus fous.
- Sywhaîd offre une autre beauté remplie de vert, couleur de l'espoir. Cela change du bleu et du blanc de la Grèce, mais cela demeure tout aussi agréable. Reprit-elle de sa voix si elfique, si pleine de mystère.
- Les larmes sont le meilleur remède pour soigner les blessures de l'âme et du cœur. La vie est parfois difficile, mais ici la Brume t'aide à sa façon de guérir. Ce lieu semble accueillir les âmes perdues de ce monde. Chacun porte son fardeau aussi durement que possible, cherchant quelqu'un avec qui le partageait. Rajouta-t-elle presque comme un murmure.
Ses yeux étaient emplis de larmes qu'elle retenait avec peine. De voir Kika laissait quelques goutte de ce Crystal si précieux avait ému notre elfe, elle aussi avait besoin de pleurer. Mais par sa race, elle se l'interdisait. Elle était bien trop fière, même si elle en avait grandement besoin. Pourquoi n'arrivait-elle pas à laisser s'envahir de ses émotions devant d'autres regards que celui de sa daemon? Elle voulait devenir humaine, ces êtres si épris par leurs émotions. |
|  | | Youlika Manthoulis Blanchisseuse


Nombre de messages: 126 Date d'inscription: 27/07/2008
 | Sujet: Re: Méditation interrompue Dim 21 Juin - 10:41 | |
| Une elfe comme Eäriel aurait pu prononcer une de ses phrases bien personnelles et à caractère néanmoins universel sur cette étrange loi qui voulait que chacun désire ce qu'il n'avait pas. Oui, l'elfe aurait eu sa propre façon d'expliquer que l'herbe du voisin est toujours plus verte, si elle avait pu lire dans les pensées de son interlocutrice. Qui, à l'instant même, regrettait amèrement de s'être ainsi laissée aller en public, et enviait, au contraire, la belle sérénité de la demoiselle aux longues oreilles.
Elle avait dû serrer les dents à s'en crisper douloureusement les mâchoires, quand avaient été évoquées, même si fugitivement, les beautés de la Grèce, ses légendes, ses couleurs. Non, jamais, quoi qu'en dise l'elfe, Sywhaîd la grisâtre ne pourrait rivaliser avec les lumières de sa patrie. Jamais. Mais c'était en quelque sorte des paroles réconfortantes, malgré tout, pour l'Hellène, qui n'était pas sans ressentir une pointe de colère à ces mots de la créature ; oser comparer l'incomparable, cela relevait presque du défi, et Kika en était même à douter qu'Eäriel eût jamais mis réellement les pieds en Grèce.
Et la mélancolie se trouvant ainsi remplacée dans le cœur de la grande brune par une plus ténue blessure d'orgueil, les larmes s'asséchèrent d'elles-mêmes. Et lorsque l'elfe évoqua la possibilité de partager son "fardeau"... le petit passage à vide de la Grecque était déjà derrière elle. Elle réprima une petite moue de mépris ; réflexe naturel et qui, à vrai dire (et donc à garder pour soi dans le cas de Kika), ne correspondait pas à l'impression que lui avait fait l'elfe.
Cette beauté fière, paisible, cette sérénité à toute épreuve l'avaient plutôt positivement impressionnée. Mais précisément pas au point de lui raconter ses malheurs : non, Kika elle aussi aspirait à un tel calme apparent. Et enviant ce trait chez l'elfe, elle ne pouvait manquer, quelque part, de l'envier... Sentiment trop inconfortable pour que la Grecque ait envie de fricoter longtemps auprès de la créature.
"Je ne suis pas sûre que je comprends de quoi tu parles", articula-t-elle d'un ton détaché. "Je demande ton pardon d'avoir... pleuré" ; le douloureux aveu !
"C'est été une agréable rencontre. Mais je te laisse dans ta méditation, maintenant. A bientôt."
Kika inclina la tête, sans sourire. Elle était encore profondément vexée par l'entrevue. Et se promit, tournant les talons, que plus une larme ne mouillerait le bout de ses cils d'ici... un mois, au moins.
[Je suis désolée de t'avoir tant fait attendre, et d'abréger, du coup... Mais si tu veux qu'on se refasse un topic, ce sera avec plaisir !] |
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