AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partager | 
 

 [Débarcadère] I'm not sleepy (either)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Anton Almeida
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 111
Age: 36
Date d'inscription: 19/04/2008

MessageSujet: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Mar 24 Mar - 23:03

Plouf.

"raté"

Plouf

"encore raté"

Plouf

"Tu as encore trop bu ; va te coucher"


Stiliko avait probablement raison ; les tentatives de ricochet de sa moitié étaient vouées à l'échec. Pourtant, il avait plutôt moins bu que d'habitude, comme il ne manqua pas de le faire remarquer à la femelle castor. Comme cette dernière aimait avoir le dernier mot, elle désigna simplement d'un regard acerbe la bouteille de Whisky que l'Argentin avait posée à côté de lui. Puis, lui tournant le dos avec superbe, dans un ample mouvement de la queue (elle le valait bien), elle plongea dans les eaux froides du loch. Il fallait être fou -ou castor- pour être tenté par ce genre de bain de minuit nocturne début avril, en Écosse. Mais il se trouve que Stiliko était au moins un des deux.

En deux coups de pattes bien ajustés dans l'eau, elle s'était éloignée de devant le débarcadère, histoire d'éviter les cailloux donc Anton prétendait faire des ricochets. Ce dernier la suivit des yeux, le regard morne. Il chercha à tâtons la bouteille de Whisky, et la porta à sa bouche pour avaler une gorgée de breuvage ambre. Ce n'était pas drôle de boire seul ; mais -how ironic !- il aurait très probablement moins bu s'il ne l'avait pas été.

[Marybeth ?]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marybeth Norton
Botaniste
Botaniste


Nombre de messages: 233
Age: 24
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Jeu 26 Mar - 11:08

« Tu ne peux pas continuer à différer… Josh va finir par se pointer et s’imposer à Connor, et ça fera d’énormes dégâts… »

Mary soupira. Depuis que Josh était arrivé, Nios venait la voir tous les soirs et ils parlaient de cette nouvelle situation. En fait, Nios avait commencé à se remontrer à partir de l’histoire avec Tibère, le lien des deux moitiés s’était légèrement… rafistolé ? Il n’avait rien à voir avec leur ancien lien, mais il y avait de nouveau quelque chose, ce qui était déjà une grande avancée.

« Je ne veux pas précipiter les choses… »

« Tu ne sais surtout pas comment expliquer à Connor que l’homme qui est arrivé il y a presque un mois est son père… »

« Nios… Je ne sais même pas si Connor peut comprendre qu’il a un père… Il ne m’a jamais vraiment posé de questions à ce sujet…. »

« A moi non plus, c’est vrai. »

Soudain, la jeune botaniste s’effondra, littéralement. Elle fondit en larmes, des larmes qu’elle avait refusé de verser depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, et eut l’impression qu’elle ne pourrait jamais s’arrêter. Ecroulée sur son bureau, dans sa chambre, son daemon posé sur le rebord du meuble en question, tout près mais aussi très loin, beaucoup trop loin, elle pleura pendant plusieurs longues minutes. Quand elle s’arrêta enfin, elle se leva, alla se passer de l’eau sur le visage, et revint à sa chambre où elle retrouva Nios, qui n’avait pas bougé d’un poil mais la regardait comme si quelque chose de très important venait de se passer.

« J’ai besoin de prendre l’air. » dit-elle tout en enfilant un pull blanc rustique qui avait été fait à la tricotterie et, finalement, était en meilleur état que ses autres pulls.

Elle vit Nios hocher de la tête et s’avancer vers la porte tandis qu’elle enlevait ses longs cheveux bruns de son col. Au début de la saison, elle avait fini par demander à Zelia de lui rendre sa couleur naturelle, ce qu’elle avait été incapable de faire pendant six mois avait été un vrai jeu d’enfant pour l’anglaise. A vrai dire, Mary avait alors réalisé à quel point sa couleur de cheveux lui avait manqué. Elle enfila une pair de basket, terminant une tenue étrange avec la robe noire courte qu’elle portait en dessous du pull, et ouvrit la porte. En passant à côté de la chambre voisine, elle prononça un sort et ouvrit la porte, laissant Nios entrer dans la chambre où son fils et celui qu’elle considérait comme tel dormaient. Depuis l’incident Tibère, elle verrouillait leur chambre avec plusieurs sorts, et ne les laissait jamais seuls comme elle pouvait le faire auparavant. Il lui était même arrivé d’aller dormir avec eux, pour calmer sa propre angoisse, pas la leur, ils n’avaient rien vu de ce qui s’était passé et n’en gardaient aucune réelle trace.

Elle referma la porte derrière Nios et marcha, un bon moment, sans vraiment voir où elle allait. Et la logique du paysage fit qu’elle se retrouva au bord du Loch, où elle trouva, sous la lumière de la nuit Sywhaîdienne, Anton. Un homme qu’elle ne connaissait pas, même si elle l’avait déjà côtoyé, mais il faut dire que ça faisait un moment qu’elle vivait pratiquement en solitaire. Elle soupira. A vrai dire, elle ne cherchait pas de compagnie, encore moins celle d’un homme, elle avait assez de Josh qui passait des heures à la pousser à lui faire connaître Connor, voire à la menacer. Mais elle était à peu près certaine qu’Anton l’avait vue, et n’en était pas encore à l’impolitesse.

« Je croyais que j’étais la seule frappée d’insomnie dans le coin… » dit-elle avec un petit sourire tout en s’approchant.

_________________


The winds of fortune
Don\'t blow the same
She had to get out
And make a change
She had a kid now
But much too young
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anton Almeida
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 111
Age: 36
Date d'inscription: 19/04/2008

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Jeu 26 Mar - 22:35

Marybeth n'avait pas à se faire de souci ; il y avait entre sa silhouette et l'Argentin une ombre ambrée, couleur Whisky. Il la vit, certes, mais sans la voir. Elle aurait très bien pu partir, il ne lui en aurait pas tenu rigueur, il n'aurait pas trouvé cela impoli. Depuis quand devait-on forcément adresser la parole aux poivrots ?

En tout cas... elle le fit. Il sourit par mimétisme, enregistra les paroles, sembla se demander pourquoi elle lui parlait... Il n'était pas en mesure d'analyser si c'était ou non de la politesse. Puisqu'elle était là, puisqu'elle n'avait pas fait semblant de ne pas le voir, c'est qu'effectivement une conversation se trouvait engagée. Ignorant toujours ce qui avait pris à cette fille qu'il ne connaissait pas, Anton attrapa lentement sa jolie bouteille, sacrée bouteille, à côté de lui ; il désigna de l'index la place ainsi laissée à côté de lui, façon muette d'"inviter" Marybeth. Aussitôt après, il porta lentement le goulot à ses lèvres. Avala une nouvelle gorgée.

"Alors, c'est quoi qui t'empêche de dormir, toi ? Tibère ?"

Il avait dit le dernier nom avec un petit sourire ironique, et d'un ton qui laissait clairement deviner ce qu'il pensait d'un tel "prétexte" : en fait, depuis quelques temps, toute la Lande semblait frissonner à l'écoute de ce nom, se retourner le soir dans son lit en repensant aux "événements"... Le jugement avait marqué tout le monde. Anton avait été une des rares personnes à choisir un caillou blanc ; Tibère était bien loin de ses préoccupations présentes. Marybeth l'aurait déçue si c'était bel et bien l'affaire romaine qui l'avait empêchée de dormir.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marybeth Norton
Botaniste
Botaniste


Nombre de messages: 233
Age: 24
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Ven 27 Mar - 22:38

Marybeth avait été élevée dans une famille protestante très bien pensante de la banlieue de Washington, elle avait donc mis longtemps à ne pas considérer toute personne ivre comme un poivrot insupportable ou comme quelqu’un qui se laissait complètement aller. La jeune femme avait beaucoup de défauts, et en tenait une grosse partie de son éducation, mais s’il y avait une chose qu’on ne pouvait pas lui reprocher c’était bien de ne pas se remettre en question (du moins quand il ne s’agissait pas de Josh et de Connor, là c’était un peu plus compliqué). Elle avait fini par comprendre que même les gens qui noyaient leur chagrin dans l’alcool n’avait pas à être méprisés, qu’ils n’étaient pas inférieurs moralement à qui que ce soit d’autre. Elle n’eut donc pas de mouvement de recul quand Anton lui proposa de le rejoindre, ce qu’elle aurait sûrement eu quelques années plus tôt, mais Mary avait beaucoup grandi depuis qu’elle était tombée enceinte… vieilli aurait peut-être été un mot plus juste, c’était du moins ce qui lui semblait ce soir.

Pourtant, quand elle éclata de rire aux paroles d’Anton, c’était d’une façon qui faisait plus que jamais ressentir sa jeunesse, lui donnant même l’air plus jeune que ce qu’elle n’était (à Norsken avaient couru des rumeurs comme quoi elle était beaucoup plus jeune, et certaines personnes étaient reparties de l’île persuadée qu’ils avaient rencontré un petit génie de quatorze ans enceinte). Elle rit d’une façon adorable, pas du tout d’une façon moqueuse, comme si l’idée même d’être effrayée par Tibère était l’idée la plus comique qui soit. Elle n’avait pas peur de Tibère, non, pour elle il n’était qu’un moucheron écrasable à tout moment, qui au pire pouvait faire une petite tâche noire sur votre robe préférée. Ce qui la remuait dans ce qui s’était passé avec Tibère était plutôt ce que ça révélait, sur la Brume, mais aussi sur les sywhaîdiens. Combien avaient-ils été à tenter quelque chose contre l’italien ? Peu. Il y avait foule dehors ce soir là, et peu avaient risqué leur peau pour le combattre.

« Non, Tibère n’a jamais hanté mes nuits… Pas avant ce qui s’est passé, pas plus par la suite… Le seul changement depuis qu’il a pété les plombs est que je ferme la porte de la chambre de mes fils, je n’ai plus si confiance que ça dans les choix de la Brume. »

Elle haussa les épaules, d’un air de dire que ça n’avait rien d’important. Et c’était vrai. La seule chose qu’avait fait Tibère c’était de rappeler à Marybeth qu’elle ne vivait pas au pays de Candy, mais dans un endroit où son fils ne serait jamais en parfaite sécurité. Ses fils. Elle avait inclus Fred sans même y penser. Ca faisait un moment qu’elle le faisait, après tout ça faisait près de deux ans qu’elle s’occupait de lui et le traitait comme Connor, il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne joigne pas la parole à l’acte.

« Mon ex m’empêche de dormir… Il veut bouleverser ma vie de famille et je ne l’accepte pas… Peut-être bien que j’ai des remords aussi, je n’ai pas été une mère parfaite… Merde, je n’ai même pas été une personne parfaite, loin de là… »

Elle soupira. Elle n’avait parlé de tout cela avec personne, du moins pas comme ça. Mathys savait pour Josh, Rozen aussi, mais elle ne leur avait jamais dit aussi clairement ce qu’elle ressentait à propos de tout ça. Pourtant, elle n’avait pas bu, elle… Mais la séparation d’avec son daemon l’avait épuisée. Elle était en fait au bord de la crise de nerf, et la voix calme d’Anton, et surtout le fait qu’il était un parfait inconnu, l’avait soudain poussée à plus de confession que prévu. Pour masquer son trouble, et aussi pour retrouver un peu de maîtrise, elle demanda :

« Et toi ? C’est Tibère qui te pousse à passer ta nuit au bord du loch ? »

_________________


The winds of fortune
Don\'t blow the same
She had to get out
And make a change
She had a kid now
But much too young
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anton Almeida
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 111
Age: 36
Date d'inscription: 19/04/2008

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Dim 29 Mar - 20:04

"Pire", répliqua instantanément Tony en désignant imperturbablement les eaux noires du loch d'un simple mouvement de menton. On y apercevait, entre deux vaguelettes, une patte, une queue, un morceau d'oreille, que le menuisier nomma avec un sourire.

"Mon daemon ; elle adore nager, et en forêt elle n'a pas trop l'occasion."

Il soupira, bascula en arrière en prenant appui sur ses avants-bras, comme pour changer un peu de position et détendre ses muscles. Le soupir semblait bien plus profond que le simple désespoir de ne pas pouvoir octroyer assez souvent à un castor capricieux ses séances de baignade quotidienne. Bon, que Stiliko eût réellement besoin de garder le pelage régulièrement humide, c'était un fait, mais ça n'avait pas non plus besoin de se faire à trois heures du matin vu qu'à preuve du contraire, Sywhaîd ne faisait pas crouler ses deux jolis menuisiers sous une tâche totalement harassante.

Si les yeux d'Anton s'étaient brièvement illuminés lorsqu'il avait mentionné son daemon, rapidement, l'Argentin redevint grave et mélancolique. Plutôt que de s'étendre sur ses propres raisons de se trouver là, il rebondit sur les paroles de son interlocutrice, après un relativement long silence ; quand il avait bu, ses pensées s'ordonnaient plus lentement dans sa tête.

"Tu es la mère du petit garçon brun qui commence toutes ses phrases par "ma maman a dit"...

C'était plutôt un constat qu'une question ; Anton était capable de réciter par cœur le nom des parents ou tuteurs officiels de tous les gamins qu'il avait croisés sur Sywhaîd ; personne ne s'était sans doute aperçu que c'était le cas, qu'il avait particulièrement enregistré ce genre d'informations. Mais il les avait enregistrées.

"Il a l'air très, très heureux."

Il se tourna lentement vers Marybeth, lui sourit, avec une sorte d'expression bizarre ; l'alcool rendait son regard un peu vitreux. Mais tout à coup, une ombre passa réellement sur son visage ; tous ses traits semblèrent se rigidifier, du front à la mâchoire, à l'exception d'une petite veine qui pulsait frénétiquement sur sa tempe. Très calme, il demanda :

"Ton ex... c'est son père, n'est-ce pas ?"

Il tourna son regard vers les clapotis stilikiens. Sa main tâtonna près de lui, à la recherche de la bouteille de Whisky, qu'elle ne trouva point.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marybeth Norton
Botaniste
Botaniste


Nombre de messages: 233
Age: 24
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Dim 29 Mar - 22:18

La main d’Anton ne s’était pas perdue, si elle ne trouvait pas la bouteille, c’était bien parce qu’elle n’était plus là. Mary s’en était en fait saisie quelques secondes plus tôt et était présentement en train d’en jeter une longue gorgée dans son gosier pas vraiment habitué aux alcools forts. Elle avait testé pas mal de trucs, mais le whisky sywhaîdien ne faisait pas partie du lot. Elle dut prendre pas mal sur elle pour ne pas s’étouffer, heureusement elle avait l’habitude de boire des potions aux goûts étranges et ne laissa rien paraître, à part que ses yeux se mouillèrent, mais de toute façon ils n’étaient pas secs très longtemps d’affilée ces derniers temps. Quand elle vit qu’Anton chercha la bouteille, elle la lui donna avec un naturel qui donnait presque l’impression qu’ils avaient toujours eu l’habitude de boire sur ce ponton tous les deux. Mary avait une sorte d’autorité depuis toujours qui faisait qu’elle pouvait faire ce genre de choses sans donner l’impression qu’elle avait manqué de politesse, de toute façon les salamaleks superficiels l’énervaient.

Si Mary avait décidé de voler un peu de l’alcool du bel hispanique qui se trouvait à côté d’elle c’était parce qu’il avait parlé de son daemon. Et que leur lien avait paru si fort, si évident, que Marybeth n’en avait plus que jamais senti la solitude de son propre lien déchiré. Elle avait donc assez logiquement eu besoin d’un petit remontant. Pourtant, ce qu’avait ensuite dit Anton lui avait un peu réchauffé le cœur. Connor était un petit garçon vif, que les gens repéraient vite, elle aimait bien ça. Ses parents l’avaient tellement élevée de manière à ne pas faire de vagues qu’elle avait marché dans la rue sur la pointe des pieds une bonne partie de sa vie. Elle voulait que son fils soit bruyant et reconnaissable, elle voulait qu’il ait son caractère et que tout le monde le sache.

Le sourire avait ensuite disparu, quand Anton avait tapé dans le mile. Son ex… Le père de Connor. Tout à fait Sherlock. Depuis quand êtes-vous aussi perspicace Monsieur le menuisier ? Avez-vous été détective privé dans une autre vie ? Elle soupira et prit quelques secondes avant de répondre. Elle était face à un inconnu et c’était ce qui avait délié sa langue en premier lieu, ça et la fatigue accumulée, et le besoin de se sentir écoutée qui la taraudait depuis des mois. Les gens la trouvaient forte et oubliaient parfois tout ce qu’elle vivait, et le fait qu’elle était très jeune, et très seule, pour affronter tout ça. Parler à quelqu’un d’extérieur à tout ça était intéressant… Et puis, le whisky commençait à faire son effet, il la réchauffait en tout cas agréablement, alors autant continuer cette conversation étrange.

« Oui. Il est arrivé il y a quelques temps, Joshua… Un grand brun, ancien prof… Il a dû déjà aller pas mal au pub, il est très sociable… »

Elle haussa les épaules à cet état de faits. Elle était certaine de Josh avait déjà dû passer pas mal de soirée en compagnie des trois quarts des sywhaîdiens, et se faire plus de potes qu’elle n’en avait jamais eus. Elle le détestait pour ça. Parce qu’elle savait qu’il était beaucoup plus doué à ce petit jeu. A l’époque où elle était tombée enceinte, elle avait essayé d’imaginer ce que ça serait de vivre avec un homme qui se fait aimer de tout le monde en deux minutes. Elle avait détesté cette idée, elle qui avait du mal à lier des relations, et qui détestait les relations superficielles et mondaines.

« Il veut jouer son rôle de père. Il en a le droit, mais je continue de penser qu’il ne fait ça que parce que j’ai touché son orgueil en lui disant qu’il n’avait jamais voulu être père… Et puis, surtout, je ne sais pas comment Connor va réagir… J’ai eu la bêtise de croire que j’avais quelques années devant moi avant que tout ça n’arrive… »

Elle haussa de nouveau les épaules. C’était finalement un résumé pas mal de la situation, épuré de toute passion, de tout jugement… Enfin, il manquait quelques informations, évidemment, mais elles n’avaient plus vraiment d’importance au stade où ils en étaient, du moins pas pour le problème qui la tracassait et qui était l’équilibre de Connor. Elle se soucierait du sien plus tard, dans quelques dizaines d’années peut-être.

_________________


The winds of fortune
Don\'t blow the same
She had to get out
And make a change
She had a kid now
But much too young
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anton Almeida
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 111
Age: 36
Date d'inscription: 19/04/2008

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Mar 31 Mar - 10:26

Deux, trois phrases, et les voilà menés au coeur des sujets les plus susceptibles de leur faire mal. C'était pour la -jusque là- sobre Marybeth un curieux coup du destin ; mais perdu dans un brouillard alcoolisé, Anton voyait les choses différemment, avec une sorte de détachement proche de l'inconscience. Ca n'anesthésiait pas ; il ressentait parfaitement la sensation que Marybeth était en train, de son petit poing, d'empoigner non pas le goulot de la bouteille mais sa trachée à lui. (Soif)

Mais il l'avait cherché, il était venu ici pour se morfondre, sachant pertinemment que ça ne pouvait le rendre que plus malheureux, réveiller ses vieux démons, comme toujours, Anton. Tu peux être la personne la plus agréable, la plus saine de la Terre jusqu'au coucher du soleil, ça ne change rien au fait qu'à trois heures du matin, tu n'es rien d'autre qu'un crétin d'alcoolique qui se donne des coups de massue sur le crâne histoire de t'assurer que le passé ne reste pas gentiment à sa place sans faire de bruit.

Il tourna la tête vers Marybeth, mais ne la voyait déjà presque plus. C'était une forme blanche, aux contours doux, et une voix, bien sûr. Il esquissa un sourire douloureux.

"Ce serait tellement plus simple, oui... Si l'instinct paternel n'existait pas."

Il leva les yeux au ciel, sembla réfléchir ; mais il se contenta d'attraper la bouteille d'un geste fébrile, et d'en ravaler une rasade.

"Mais ça existe", constata-t-il sombrement. Ca n'était pas la peine de préciser ce fond de sa pensée, mais il n'avait plus tellement la capacité d'éliminer ses propres redondances.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marybeth Norton
Botaniste
Botaniste


Nombre de messages: 233
Age: 24
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Mer 1 Avr - 10:43

« Tu y crois vraiment ? » demanda Mary d’un air penseur.

Elle ne savait pas que si Anton n’avait pas été aussi détaché, elle aurait pu comprendre que c’était un sujet qui n’était pas que théorique pour lui. Marybeth avait toujours été très fine psychologue, elle se doutait que le menuisier avait quelque chose de brisé en lui, ce qui expliquait son comportement cette nuit-là, mais elle ne le connaissait pas, n’avait jamais parlé avec lui quand il était sobre, et donc n’imaginait pas être si proche du sujet clé que ça. Si elle l’avait su, elle aurait fait plus attention à sa façon de formuler les choses, elle aurait même sûrement changé de sujet, même si elle avait pas mal envie de parler de ses problèmes, pour une fois, elle n’avait jamais été du genre à imposer aux gens une souffrance quelle qu’elle soit. Elle était même plutôt l’inverse, parfois trop, c’en était presque devenu une névrose. Elle soupira et ajouta, histoire de préciser sa pensée, mais aussi pour se l’expliquer à elle-même.

« Moi je n’y crois pas. Mais je ne crois pas non plus à l’instinct maternel… S’il existait, aucune femme n’abandonnerait ses enfants, aucune femme ne tuerait ses enfants… Et aucun homme ne ferait les mêmes choses… Non, je ne crois pas en l’instinct parental… Ce serait trop facile si ça existait… »

Elle disait ça sur un ton légèrement détaché, en fixant le Loch, comme plongée dans ses propres réflexions, ses propres souvenirs. A vrai dire, Mary en était arrivé à un point où elle avait tellement besoin de parler, que le fait que quelqu’un soit là n’était qu’accessoire. Elle n’argumentait pas avec Anton, mais bien avec elle-même. Evidemment, tout ça n’aurait pas été possible si elle ne l’avait pas trouvé, une bouteille à la main, assis sur ce ponton… Mais à présent Anton n’était qu’un accessoire de la conversation de Mary. Un peu comme le divan du psychiatre, ou même le psychiatre lui-même, qui n’était en fait là que pour déclencher les confessions.

« Quand je suis tombée enceinte, je ne suis pas partie pour sauver mon fils ou parce que je voulais absolument être mère… Je l’ai fait parce que c’était ce qui me semblait juste, moralement, et y a rien plus loin de l’instinct que ça… C’était une décision froide. J’étais terrifiée, mais je n’avais que mon cerveau pour contrebalancer ça. J’adore Connor. Je l’aime plus que tout, et je donnerai ma vie pour lui. Mais je ressens la même chose pour toutes les personnes que j’aime… Je ressens ça pour Fred, pour Will, pour Juliet… » Elle ne précisa pas qui étaient toutes ces personnes, ça n’ajoutait rien à son propos. « Et si j’aime autant Connor c’est parce que je m’occupe de lui depuis qu’il est né, parce que c’est un petit garçon formidable et puis, aussi, je pense, parce que pendant une période il n’a eu que moi et je n’ai eu que lui… Mais quand j’ai accouché, je n’ai pas senti un instinct maternel me submerger, j’ai juste senti un vide terrible et une angoisse de ne pas pouvoir gérer tout ça… L’amour est venu ensuite, et il n’avait rien d’instinctif, il s’est construit… »

Elle fit une petite pause puis ajouta, encore une fois plus pour elle-même qu’autre chose :

« Et puis… Même quand on ne maltraite pas, il arrive qu’on soit un parent dégueulasse, qu’on n’aime pas ses enfants… Mes parents ne nous ont jamais aimés, ils nous ont eu parce que c’est comme ça que ça fonctionne, et parce qu’ils ne croyaient pas au contrôle des naissances… »

_________________


The winds of fortune
Don\'t blow the same
She had to get out
And make a change
She had a kid now
But much too young
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anton Almeida
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 111
Age: 36
Date d'inscription: 19/04/2008

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Mer 1 Avr - 22:04

Un sourire s'esquissa contre toute attente sur les lèvres de l'Argentin. Alors que tout ce qu'elle avait dit avant lui avait mordu le cœur avec la sauvagerie d'un pittbull, ses derniers propos lui permettaient de modifier son point de vue, offrant à ses esprits un court mais appréciable répit. Anton était père ; il était le père d'une éternelle petite fille qu'il avait aimée éperdument à la seconde où elle avait braqué sur lui les grands yeux noirs hypnotiques qu'elle tenait de sa mère. Il n'était pas une référence en matière d'amour ; toutes les deux, il les avait aimées aussitôt, comme victime d'un puissant charme magique. Il savait bien sûr que les choses ne se passaient pas toujours ainsi. Mais il était la preuve que cela existait ailleurs que dans les films.

Anton était également fils ; fils de parents qu'il ne voyait plus depuis des années, mais avec qui il avait choisi, pour le coup, de rompre le contact, aussi sûrement que s'il était mort brusquement. Et, comme Marybeth, il doutait très franchement de l'amour paternel ou maternel à son égard (bon, il leur avait mené une vie impossible, avouons-le). D'où le sourire. Bref. Ces maudits, ces yeux noirs adorés.

"Mais quand même..."

Son poing se crispa autour du goulot de la bouteille, qu'il n'avait pas lâché.

"Il y a toujours un doute qui subsiste... Dans le doute... Si le lien paternel existe... tu ne peux pas priver un père de son enfant. Non."

Le goulot de la bouteille explosa sous la pression. Anton tourna lentement les yeux vers sa main, ouvrit le poing pour découvrir sa paume ensanglantée par les petits morceaux de verre.

"Oh. Je suis désolé."

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marybeth Norton
Botaniste
Botaniste


Nombre de messages: 233
Age: 24
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Sam 4 Avr - 11:55

« Oh, Anton ! » laissa échapper Mary, d’un ton étonné et un peu inquiet quand il explosa la bouteille, après qu’il se soit excusé.

Elle lui prit la main avec l’autorité de quelqu’un qui est habitué à soigner les petits bobos des enfants, et les grands bobos des adultes. Elle soupira doucement et sortit sa baguette de sa manche et l’utilisa pour enlever, un à un, les éclats de verre de la paume du menuisier. Elle le faisait avec beaucoup de patience, doucement, méthodiquement, en faisant attention à ne pas faire mal à Anton, il avait sûrement subi pire mais Mary faisait toujours attention à faire le moins mal possible. Elle garda le silence un instant, puis demanda, d’une petite voix :

« Tu dois penser que je suis quelqu’un d’horrible… »

Elle ne disait pas ça sur un ton de victime ou même sur un ton suppliant. Sa voix était douce et elle avait l’air de s’en vouloir, mais ça n’avait pas l’air d’être directement lié à ce qu’Anton pouvait penser. En fait, en l’entendant, on sentait qu’elle se disait encore une fois plus ça à elle-même qu’à lui… D’ailleurs, tout en continuant à enlever les bouts de verre, elle ajouta :

« Je n’ai pas fait les bons choix. Enfin… pas les meilleurs. Et maintenant je suis embourbée dans tout ça. Je ne veux pas que Connor souffre, c’est ma priorité à présent, la seule chose qui importe… Mais… Je ne sais pas ce qui le fera le plus souffrir. Je pense que je l’ai déjà marqué à vie, je ne sais pas s’il me pardonnera ce que j’ai fait… »

Elle soupira de nouveau. Connor était un petit garçon qui avait un bon fond et un bon caractère. Il lui pardonnerait, oui, au moins jusqu’à l’adolescence. Là, il risquait de finir un peu comme Will, détruit par les secrets familiaux et par les erreurs de ses aînés.

« On n’est pas une famille géniale chez moi… Ma sœur se fait battre et refuse de se faire aider, mon frère est drogué et suicidaire, mes parents font comme si rien de tout ça existait et pensent nous protéger comme ça… Et moi… Moi je suis tombée enceinte à seize ans de mon prof et j’ai coupé les ponts avec tout le monde pour garder une indépendance que je n’avais jamais eue… Je me demande ce qui est le pire… »

Elle en était à faire cicatriser les petites blessures d’Anton, et agissait plus ou moins en pilote automatique, sans même réaliser tout ce qu’elle disait. En fait, Mary était un peu pompette, malgré le fait qu’elle n’avait bu qu’une grosse gorgée. Elle n’avait pas bu d’alcool depuis que Nios et elle s’étaient séparés, elle ne pouvait pas imaginer que l’absence de son daemon la rendait plus fragile à ce niveau là… Jamais elle n’aurait dit tout cela si elle avait été sobre. Elle ne parlait jamais de sa famille, Zofia et Celesta, ses plus proches amies, ne savaient même pas qu’elle avait des frères et sœurs. Elle n’en avait parlé qu’une fois à Mathys, quand elle avait voulu lui expliquer pourquoi elle avait agi comme elle l’avait fait…

_________________


The winds of fortune
Don\'t blow the same
She had to get out
And make a change
She had a kid now
But much too young
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anton Almeida
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 111
Age: 36
Date d'inscription: 19/04/2008

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Mer 8 Avr - 21:53

La sensation n'était pas forte du tout ; pas suffisamment, en tout cas, pour qu'Anton émerge du brumeux nuage dans lequel le laissait plongé son fort taux d'alcolémie. Dans ses extrémités, les sensations étaient moins fortes et, pour un peu, il ne se serait pas rendu compte que des morceaux de verre s'étaient incrustés dans la paume de sa main, s'il n'avait vu les petits rais de sang. Peut-être était-il trop concentré sur les paroles de la botaniste pour prendre garde à autre chose. Mais sans doute Marybeth faisait-elle preuve, de son côté, d'une habileté particulière, mais Anton pouvait difficilement en juger ; toujours est-il qu'il ressentit simplement de légers picotements, lorsqu'elle désinfectait avec soin les minuscules plaies.

La jeune femme ne se rendait pas très bien compte de ce qu'elle disait ; Anton, si imbibé fût-il, l'entendait cependant, avec cette forme de lucidité étrange propre à certains buveurs. Il aurait été incapable de refaire le lacet de son soulier dans son état, mais il comprenait parfaitement ce que lui disait Marybeth ; mieux même, peut-être, que s'il avait été sobre : comme si le voile de l'alcool lui avait permis de planer au-dessus de la situation et ainsi de mieux la cerner. Il la laissa donc parler, parce qu'il lui semblait évident de devoir le faire. De même, il ne réfléchit pas aux propos qu'il devrait utiliser lorsqu'il reprit la parole.

"Ca ne sert à rien de se le demander, en même temps."

Il s'arrêta, observant quelques secondes Marybeth, penchée sur sa main.

"Je ne te juge pas ; et tu ne devrais pas non plus être si sévère avec toi-même. Ton fils ne pourrait pas être plus heureux."

Marybeth avait terminé de cicatriser les plaies, et Anton, d'un air absent, plia et replia le poing pour constater que tout allait bien ; il n'avait pas toutes ses sensations dans les doigts, mais l'accident n'y était pour rien.

"J'imagine qu'on s'est tous plus ou moins demandé quelles étaient les motivations de la Brume, pour laisser entrer tel ou tel... Je veux dire, même avant le coup d'éclat de Tibère. J'ai pas de réponse à ce genre de question, mais je ne crois pas qu'elle aurait laissé passer Josh si c'était pour que votre fils soit perturbé et malheureux.

De même qu'elle ne m'a pas laissé entrer juste pour que je me morfonde pendant des semaines et des semaines ; enfin, je l'espère."


Anton sourit à son interlocutrice d'un air paisible, bien accordé à son ton.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marybeth Norton
Botaniste
Botaniste


Nombre de messages: 233
Age: 24
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Mar 14 Avr - 11:52

Mary avait fini de « réparer » Anton et elle se réinstalla à côté de lui, en rangeant sa baguette dans sa manche. Elle soupira aux paroles du menuisier et haussa les épaules.

« Je ne sais pas…. Je ne crois pas que la Brume ait un grand dessein. » dit-elle, sans réaliser qu’elle blasphémait sans doute.

Elle avait été élevée dans une maison très croyante et très pratiquante. La religion avait très vite eu tendance à la rendre malade et elle ne supportait pas les gens qui se cachaient derrière leur foi pour excuser tout et n’importe quoi. Ses parents, par exemple, faisaient partie de ces protestants qui considéraient normal de s’enrichir sur les pauvres, parce que Dieu les avait « choisis ». Elle ne supportait pas cette façon de penser. Pour elle, la religion ne devait pas expliquer le monde. Elle pouvait vous aider dans votre philosophie de vie, vous pousser à bien agir, vous donner de la force… Mais surtout pas expliquer pourquoi des gens crèvent de faim pendant que d’autres s’enrichissent sur leur dos. Depuis qu’elle s’était émancipée de ses parents, elle avait tendance à rejeter tout ce qui ressemblait de près ou de loin à de la religion. Elle n’avait pas la foi et ne l’avait jamais eue, même la foi lui semblait dure à accepter ces derniers temps.

« Ou alors, elle n’a de dessein que pour Sywhaîd… C’est ça qu’elle protège, pas nous. Donc quelques traumatisés, quelques blessés ne lui posent pas de problème. Et franchement, vu ce qui s’est passé ce soir-là, je préfère imaginer que la Brume a juste pas vu à quel point Tibère pourrait être dangereux. Ce qu’il a fait à Rozen, et ce qu’il a fait à Kennedy… » Elle frissonna. « Si la Brume l’a laissé faire consciemment, c’est qu’elle est vraiment dégueulasse. Rozen va souffrir pendant des mois, peut-être des années, pour récupérer son œil et il est possible qu’elle ait ensuite des problèmes toute sa vie. Quant à Kennedy… Elle a frôlé la folie et je crois que même si elle s’en remet, elle aura toujours des séquelles. On ne se remet pas d’un viol facilement, qu’il soit mental ou physique, ça vous poursuit toute votre vie. »

Elle frissonna de nouveau, pensant à sa sœur. Elle n’avait jamais réussi à lui faire dire, avant de lui faire oublier, si son petit-ami du lycée l’avait violée en plus de l’avoir passée à tabac. Elle avait réglé le problème, en lui faisant boire une potion qui lui avait fait tout oublié, et en allant menacer le petit-ami en question pour qu’il la laisse… Mais… Elle s’était toujours posé la question. Peut-être que ça expliquait certains actes de sa sœur, certains traumatismes passaient dans l’inconscient, quoi qu’on essaie de faire pour les faire disparaître.

« Enfin. Je ne sais pas. La Brume a dit qu’elle m’acceptait pour me donner sa protection, quand je suis arrivée. Mais ça ne l’a pas empêchée de laisser entrer Josh, alors que je ne considérais pas que c’était bon pour moi, et pour mon fils. Et si j’étais tombée entre les mains de Tibère, je ne suis pas sûre que la protection de la Brume m’aurait fait grand bien… La vérité c’est qu’on ne sait pas comment elle réfléchit, et qu’on essaie tous de se rassurer en se disant qu’elle gère, et que de toute façon Tibère aurait été arrêté, qu’elle a fait en sorte de nous permettre de nous protéger en nous mettant des Asa ou des Anthony dans le coin. Sauf que je ne crois pas en ça. Si Tibère a pu autant blesser, autant torturer, c’est bien que la protection n’a pas été efficace. Personne n’aurait dû avoir à souffrir comme ça… Kennedy avait sûrement eu elle aussi la promesse d’une protection, on peut pas dire que ça lui ait beaucoup servi… »

Elle disait ça sur un ton… Comment dire ? Relativement neutre. Elle n’était pas amie avec Kennedy et, même si ça la touchait de voir comme la californienne avait souffert, elle n’était pas non plus à s’en arrêter de dormir. Marybeth avait l’habitude des gens qui ne pouvaient pas se protéger et il lui arrivait de les détester. Pendant des années, elle avait protégé son frère et sa sœur, et l’une des deux l’avait remerciée en témoignant contre elle dans un procès, en disant des choses horribles sur elle. Autant dire qu’elle avait, depuis, essayé de réduire ses tendances à jouer au saint bernard. Pourtant, elle avait pris Fred sous son aile, en prenant pas mal de risques légaux, elle avait menacé Tibère de le tuer s’il faisait du mal à Zofia… Et elle avait menti à Mathys pour le protéger… Les vieilles habitudes sont dures à taire.

_________________


The winds of fortune
Don\'t blow the same
She had to get out
And make a change
She had a kid now
But much too young
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Anton Almeida
Menuisier
Menuisier


Nombre de messages: 111
Age: 36
Date d'inscription: 19/04/2008

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Lun 27 Avr - 21:44

C'est du même ton neutre que répondit Anton ; probablement, encore une fois, un effet de l'alcool. Son accent hispanique était également plus prononcé que lorsqu'il était sobre.

La conversation prenait un ton plus philosophique que celui auquel il était habitué, lorsqu'il avait vidé un cinquième de litre de whisky. Stiliko elle-même, remontée prudemment sur la berge, avançait en zigzags. L'Argentin passa distraitement ses mains dans le pelage humide de son daemon castor.

"Je n'en sais rien. Je ne sais pas ce qu'elle a subi, exactement. Je sais juste que Rozen, elle va bien. Mais bien sûr, on ne peut pas savoir ce que la Brume veut. On ne sait pas non plus ce que chacun est venu y chercher. Toi, tu voulais une protection. Mais tu ne sais pas ce pour quoi Kennedy est venue ; tu ne sais pas pour Rozen... Moi, par exemple, je ne cherchais pas de protection. J'étais... juste curieux."

Anton adressa à Marybeth un de ces larges sourires qui faisaient dire de ses amis Dublinois qu'il était à la fois excellent camarade et resté un peu trop Argentin.

"Si on ne fait pas un minimum confiance à la Brume, il ne nous reste plus qu'à partir. On ne peut pas regarder les autres Sywhaîdiens avec la peur au ventre, si on veut que la communauté fonctionne, tu vois ? Il y a mille raisons pour que les gens soient ici, et évidemment, elles ne sont pas toutes... comment dit-on... enfin, tu vois : moi, je crois que cacher un enfant à son père, un père à son enfant... je crois qu'on ne doit pas faire ça. Si je devais décider qui doit être ici ou pas, je ne t'aurais pas laissée entrer. Et tu vois, j'aurais probablement eu tort. Je n'en sais rien du tout. Mais tu es là, la Brume t'a fait venir. Donc, je respecte ça, et je te respecte. Ce serait trop facile de ne parler à personne."

Anton tourna les yeux vers la bouteille, il avait la gorge sèche d'avoir beaucoup parlé. Il poussa un soupir, en se souvenant qu'elle avait été cassée.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marybeth Norton
Botaniste
Botaniste


Nombre de messages: 233
Age: 24
Date d'inscription: 11/07/2007

MessageSujet: Re: [Débarcadère] I'm not sleepy (either)   Mar 5 Mai - 12:45

Etrangement, alors qu’elle n’était pas du tout d’accord avec tout ce qu’Anton venait de dire, c’est bien un sourire qui vint prendre sa place sur le joli minois de Marybeth. Un sourire doux et chaleureux, un de ces sourires qui vous donnaient envie de lui accorder une parfaite confiance, un sourire naturel qui la faisait paraître encore plus jeune qu’habituellement, lui donnant des airs de jeune adolescente plutôt que de mère déjà expérimentée. Elle sourit donc, et haussa les épaules, en répondant sur un ton léger :

« Moi je n’ai pas besoin d’une Brume qui choisisse les gens pour faire fonctionner la communauté. Il suffit de savoir respecter les gens a priori, sans avoir besoin de raison. Il suffit de ne pas juger les gens, de les accepter comme ils sont. J’avais accepté Tibère, et pas à cause de la Brume, jusqu’à ce qu’il fasse autant de mal à Zofia, et si je l’ai rejeté à ce moment là c’est surtout parce que Zofia est une de mes amies les plus proches, parce qu’à la différence d’un certain menuisier, » elle fit un petit clin d’œil à Anton, un clin d’œil qui n’avait rien d’aguicheur, plus gentiment moqueur qu’autre chose, elle avait envie d’alléger un peu le débat, elle ne voulait pas déprimer encore plus l’Argentin. « je ne considère pas que les affaires privées des gens me concernent. Parce que je sais qu’on ne sait jamais toutes les facettes d’une histoire, et qu’il est plus facile de juger que d’accepter. Et je n’aime pas la facilité. »

Elle fit un nouveau sourire, un peu mutin, puis s’étira, comme un gros chat, dans une de ces attitudes qui montraient plus que jamais sa ressemblance à son daemon. Ensuite, elle haussa les épaules et ajouta, peut-être un peu plus sérieusement :

« Se reposer sur la Brume c’est se laisser endormir, c’est peut-être ça que je n’aime pas. Si personne n’avait été méfiant envers Tibère, je ne sais pas si on aurait pu réagir quand il a pété les plombs. Logan avait dit que ça arriverait, il en avait même parlé au Rad, mais ce qu’on lui a répondu c’était qu’il fallait faire confiance à la Brume… On aurait pu éviter bien des drames si on l’avait un peu plus écouté, si on ne s’était pas laissés endormir par le simple fait que la Brume avait laissé entrer Tibère. Quoi qu’on en dise, je ne pense pas que Kennedy avait demandé à la Brume d’être violée… »

De nouveau, elle avait dit ça sur un ton assez léger, montrant qu’elle n’était pas là pour faire un gros débat, elle conclut d’ailleurs :

« Mais je ne pense pas qu’on aura la réponse, c’est peut-être ce qui est intéressant. A chacun son interprétation des évènements, c’est toujours comme ça ! »

Elle faillit ajouter que c’était pour ça qu’on ne pouvait juger des actes des gens, sauf que ça aurait peut-être un peu trop enfoncé le clou sur ce qu’elle considérait comme un défaut du menuisier, le fait qu’il ait décidé par défaut qu’elle avait tort dans son histoire avec Josh. Rozen avait réagi plus ou moins pareil, allant jusqu’à arrêter leur travail en commun, lui reprochant d’agir comme une folle, alors qu’elle n’avait pas toutes les facettes de l’histoire. Bien sûr, Mary avait ses torts, sûrement plus que n’importe qui dans son histoire, mais elle avait aussi des raisons d’avoir agi comme ça…

Souplement, elle se leva, faisant voltiger sa crinière emmêlée et se retrouva debout devant Anton.

« Il faut que j’y aille, si je ne dors pas, je ne serai pas en forme demain, et il n’y a pas école, Connor et Fred veulent qu’on fasse un pique-nique donc il faut que je soit bien réveillée. »

Elle hésita un instant puis se pencha sur Anton et déposa un petit baiser sur sa joue avant de se relever :

« Tu devrais dormir toi aussi. Tes plaies ont besoin de repos pour bien cicatriser. »

Elle glissa un regard vers la main, elle avait fait cicatriser les plaies que le verre de la bouteille avait laissé mais il était vrai qu’il fallait qu’Anton se repose s’il ne voulait pas avoir de petites cicatrices. Mais peut-être que Mary ne parlait pas tout à fait de ces plaies là… Après tout, elle était assez psychologue pour avoir vu la souffrance qu’il y avait au fond d’Anton… Une souffrance qu’il, elle l’avait compris, noyait dans l’alcool. Encore une personne pour qui s’inquiéter… Mais Mary savait qu’Anton était un grand garçon, elle ne s’imiscerait pas dans son travail de deuil.

_________________


The winds of fortune
Don\'t blow the same
She had to get out
And make a change
She had a kid now
But much too young
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

[Débarcadère] I'm not sleepy (either)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Chez Kiyo]The sleepy beauty... and Gary Stu.
» The Legend of Sleepy Hollow
» Sleepy Hollow, la legende du cavalier sans tête
» Présentation du déroulement du Tournoi.
» Event I : "La quête du cavalier sans tête"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sywhaîd :: La campagne environnante :: Le Lochfinn-