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Quête de Taji Wooku

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Taji Wooku



LionCochon
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MessageSujet: Quête de Taji Wooku   Ven 3 Oct - 23:53

Tout était allé si vite, escale à Paris, dernier instant avec sa mère avant le grand départ pour une région inconnue, promesse de mystères et d’aventures se dessinant devant la carlingue du Jet qui devait amener Taji dans les landes brumeuses de l’écosse.

Il n’était pas tranquille. C’est le cœur tremblant qu’il avait fait ses adieux à sa famille, naturellement ce n’était pas son premier voyage, mais celui-ci était différent sans date de retour, à sens unique pour une nouvelle vie. Confortablement assit en classe affaire coupe à la main le géant d’ébène imaginait à quoi pourrait bien ressembler Sywhaîd. Sa mère avait été vague concernant l’examen de passage pour pénétrer sur l’île, elle n’avait pas voulu en dire plus, comme mal à l’aise en réveillant un souvenir peu agréable niché dans un pli de sa mémoire.

Il était déjà tard lorsque l’imposante silhouette de Taji foula pour la première fois l’île de Sywhaîd. Un premier regard sur la lande et son cœur se serra, le soleil africain était loin, très loin, et pour la première fois Taji se demanda si son choix était le bon.

L’homme portait un costume griffé impeccablement assorti avec un épais blouson de fourrure. Il était paré de nombreux bijoux, sa plus belle collection, de plus une grosse paire de lunettes de soleil Ray Ban cachait ses yeux.

Il n’avait qu’une malle, une malle pour une vie, 25 ans qui se résumaient finalement à bien peu de choses. Il avait cherché des informations sur la Brume mais sans grand succès et c’est en aveugle qu’il marchait rapidement, rapidement car il avait froid, très froid et malgré l’épaisse couche musculeuse qui recouvrait son corps Taji était frigorifié. Le choc du climat était rude.

En règle générale le colosse était difficilement impressionnable mais l’ambiance des lieux et l’épais brouillard qui naissait devant lui semblait dégager une certaine force, quelque chose d’étrange, quelque chose qui imposait un certain respect voilé.

Plus il s’enfonçait plus la brume semblait épaisse, et il eu vite la très désagréable impression d’être encerclé. Il était plus habitué aux grands espaces, aux savanes dorées à perte de vue baignées par l’astre du jour. Machinalement il mit les mains dans ses poches et arrêta sa course.

« Et après ? »

Laissa-t-il échapper d’une voix forte. Se demandant s’il était devenu fou à parler tout seul. Même s'il parvenait à garder un calme de surface, il était agité par de nombreux sentiments contradictoires. D'une part l'envie de faire disparaître cette sorte de tristesse mêlée d’inquiétude qui s'était peinte petit à petit sur son visage habituellement toujours souriant, d’autre part l’envie de se montrer humble face à cette brume qui ne tarderait sans doute pas à se manifester.

Machinalement il sortit un parchemin de la poche intérieure de son costume et entreprit de l’ouvrir, il parcourut de ses prunelles de jais les notes qu’il avait prises, et comme si il s’adressait à son directeur marketing dans son ancienne vie il déclara haut et fort d’une voix pleine d’assurance à la manière de ces entrepreneurs sûrs d’eux.

« Je suis Taji Wooku, j'ai rendez-vous avec une sorte de Brume pour entrer à Sywhaîd pour suivre des cours et m'installer sur l'île. »

Il haussa les épaules se rendant compte du grotesque de la situation et continua à marcher sans grande conviction vers son incertain destin.
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La Brume
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Sam 4 Oct - 9:47

"Ben la Brume, tu y'es, et c'est pas la peine de crier comme ça, on n'est pas sourds", couina une petite voix aux pieds du colosse. Aussi surprenant que cela puisse paraître, même dans un monde magique, elle appartenait à un petit singe comme Taji n'en avait probablement pas encore rencontré, bien que ses traits rappelassent [ouhla] vivement ceux d'un vulgaire magot.

Premièrement, le singe était vert.
Deuxièmement, le singe, était vêtu d'un petit costume de baroudeur à la Indiana Jones ; ne lui manquaient que le fouet et la cicatrice au menton.
Troisièmement, le singe traînait derrière lui un petit sac à dos, de grosseur suffisante pour, disons, accueillir un gros ballon de football et une paire de crampons.

Arrivé "à hauteur" de Taji, c'est-à-dire quelque part entre ses chevilles et ses genoux, Le singe releva la tête et, levant l'index, décréta :

"Vous êtes trop impatient, faudra travailler ça. Mais pour l'heure, laissez-moi rire."

Et, effectivement, le macaque fit une pause pour éclater d'un rire bruyant, qui résonna pendant quelques longues secondes. Le rire semblait sincère et spontané, pourtant il cessa brusquement, comme si le singe s'était simplement acquitté d'une tâche à faire, et l'avait accomplie le plus sérieusement du monde.

"Vous êtes vêtu comme un clown, c'est idiot d'avoir amené tout ce bric-à-brac ici. Si vous parvenez sur Sywhaîd, vous verrez qu'on s'embarrasse pas de tant d'breloques. On va commencer par faire le tri."

Le singe pencha la tête sur le côté, pour que son regard, dépassant l'obstacle de la jambe droite de Taji, puisse se poser sur la lourde malle qu'il transportait. Il hocha la tête à ce spectacle.

"Ouip, je parie que la plupart des trucs dans votre sac, là, sont inutiles. Allez, allez, au boulot. Laissez votre malle ici, et mettez là-dedans ce qui vous paraît vraiment indispensable."

Ce disant, le singe traîna son sac à dos jusqu'aux pieds de Taji, et l'y laissa avant de bondir s'asseoir un peu plus loin. Le sac n'était vraiment pas énorme, même si sa contenance était tout de même, à l'usage, plus grande qu'il n'y paraissait. A Taji de le remplir au mieux.
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Taji Wooku



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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Sam 4 Oct - 14:49

Taji arqua un sourcil de surprise se demandant s’il n’avait pas trop bu de champagne dans l’avion. Il éclata d’un rire bruyant typiquement africain à s’en décrocher la mâchoire devant le petit singe si étonnamment vêtu. Se tapant sur les hanches il mit au moins deux minutes à retrouver son sérieux, la vision d’un macaque était tellement incongru sur une lande loin de tout qu’il n’avait pas pu se retenir.

Après tout c’était sérieux. Aussi il se baissa pour arriver à hauteur du petit singe et prit la parole le plus sérieusement possible :

« Désolé, c’est nerveux, je pensais pas que l'afrique serait aussi proche!"

Le singe se mit à son tour à rire devant les yeux incrédules de Taji, puis retrouvant le couperet tomba. « Un clown » Il n’était pas sérieux ? Le géant noir faillit répondre que ce costume Dior coutait une petite fortune, mais il se retient ne voulant pas froisser le propriétaire des lieux. Il afficha un sourire digne, et tranquillement retira ses lunettes de soleil et défit sa cravate qu’il rangea soigneusement dans une poche. Il avait fait un effort, la Brume serait elle sensible à cela ?

Les derniers rayons du soleil livraient vaillamment bataille contre la nuit et ses sbires étoilés, comme chaque soir. Bientôt, il ne verrait plus rien il fallait qu’il se dépêche de passer cette maudite épreuve. Le singe reprit la parole exposant l’épreuve à Taji qui se sentit d’un coup très mal à l’aise en regardant sa belle malle aux poignées cuivrées. Il respira fort pour ne pas s’énerver et répondit d’une voix calme pleine de dignité de de sang froid.

« Quoi ! Mais il y a rien la, j’ai à peine quelques changes, c’est quoi cette arnaque. Dans mon pays on dit que le léopard ne se déplace jamais sans ses tâches, le léopard c’est moi, la malle c’est mes tâches. »

Il s’était emporté et avait grondé de colère au fur et à mesure de sa tirade. Taji contrairement à l’immense majorité de son peuple avait grandi dans une bâtisse cossue, il ne se déplaçait jamais sans de nombreuses valises, dans sa culture on ne voyageait pas léger.

C’était un privilégié dans un pays de malheureux, toute sa vie il avait fermé les yeux, faisant semblant de ne pas voir la misère et les gosses crevant de faim dans l’enfer des rues puantes de Johannesburg, aujourd’hui ça allait changer, une nouvelle île pour une nouvelle vie, ce n’était peut être pas grand-chose mais c’était le premier pas. Taji ne savait pas vraiment si ce qu’il faisait était bien, il était un peu perdu, esclave de ses instincts, en proie à de profonds doutes. Les quelques paroles de la Brume avait suffit à réveiller quelque chose d’inconnu chez le géant d’ébène.

Il ouvrit sa malle en tira quelques livres, un Dashiki (tenue traditionnelle), quelques bijoux, deux trois chemises estampillées d’un prestigieux logo et quelques autres vêtements, puis de rage et de colère il saisit la malle dans ses bras musclés et en un mugissement presque animal il la jeta de toutes se forces le plus loin possible et enfourna rapidement les quelques vêtements restants dans le sac du singe avant de dire de sa voix la plus douce possible :

« Je viens de jeter pour plusieurs milliers de dollars de vêtements et d’autres conneries, j’espère que c’est suffisant, pacque vous avez ma parole que vous ne ferez pas porter un pagne sous ces latitudes. »

Taji retrouvant progressivement son calme se passa une main sur la tête et reprit la parole essayant de faire un brin de conversation.

« Et au fait, vous déshabillez tous ceux qui viennent vous voir ?
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Dim 5 Oct - 11:47

Le singe laissa Taji régler son affaire, l’air moqueur, mais sans intervenir. Il frissonna quand le géant souleva la malle et la balança, l’air impressionné par tant de muscles, mais en le regardant avec plus d’attention on pouvait voir une malice qui avait l’air un peu trop installée pour qu’il puisse être impressionné par quoi que ce soit. Quand le géant lui adressa finalement la parole, le singe rit de nouveau, un rire qui n’avait rien de vraiment agréable ou naturel, pas comparable donc au rire de l’Africain.

« Ca m’arrive oui… »

Si Taji arrivait un jour à Sywhaîd, si la Brume le laissait passer, il ferait sûrement la connaissance d’une certaine Brise d’Oz qui, à cause de ce qui semblait être le même petit singe, s’était retrouvée obligée de se déshabiller complètement et de laisser des affaires (au moins aussi précieuses que celle du géant) avant de réellement commencer sa Quête. Il y avait au moins une personne avec qui le riche Africain aurait des points communs dans la Noble Lande, même s’il l’ignorait encore.

« Mais vous savez… Je ne suis pas sûr que ça soit suffisant ! » Ajouta le très petit singe de sa petite voix pointue.

Il s’approcha du sac que Taji avait rempli et commença à fouiller dedans. Il sortit sans ménagement chacune des affaires que le peut-être futur sywhaîdien avait décidé de garder et les posa à terre. Le sac, à nouveau vide, fut posé à côté de la petite suite d’affaires.

« Va falloir que vous m’expliquiez pourquoi vous voulez garder toutes ces bêtises. Et que vous soyez convainquant… A vrai dire, je ne vois pas l’utilité de tout cela à Sywhaîd… Mais si vous avez de bons arguments…. »

Il ne finit pas sa phrase, mais l’instruction était claire. Un air moqueur collé au visage, le singe vert attendit que Taji lui explique… Serait-il assez convaincant pour ne pas se retrouver obligé de tout abandonner ?
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Taji Wooku



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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Dim 5 Oct - 22:03

Une veine de colère contenue naquit sur le front du colosse. Le rire moqueur du primate avait le don d’énerver Taji, mais il devait rester calme, c’était une épreuve qui visait à le tester, ce n’était pas la première fois qu’il se soumettait à ce genre de rire qui lui rappelait celui du PDG d’une firme concurrente qui lui avait volé un contrat particulièrement important, du temps où il dirigeait encore l’entreprise de son père. Il toisa d’un regard mauvais le singe ne bougeant pas pendant que celui-ci fouillait son sac.

Et le verdict tomba, ce n’était pas encore assez. Taji se gratta la tête en regardant la pile de vêtements au sol, le choix allait être cornélien. Il y avait déjà si peu de vêtements, si peu de choses. La colère avait laisser place à une sorte de tristesse, le géant africain adorait ses vêtements, c’était un peu le prolongement de lui-même, il cultivait depuis longtemps le culte de l’apparence, non, il n’était pas superficiel, loin de la, mais il mettait un point d’honneur à toujours être le mieux vêtu possible, dans son pays c’était une forme de respect de soi-même, une coutume chez les africains, dont certains à défaut de nourrir leurs enfants se pavanaient le plus élégamment possible dans les rues sordides des ghettos sud-africains.

Taji se baissa et entreprit de se débarrasser du superflu. A contrecœur il jeta au loin : Une boite de cigares Honduras, deux paires de lunettes, la moitié de ses chemises, deux montres, un grand nombre de bijoux, des fioles, des produits de beauté, un paquet de cigarettes à moitié vide, des gants de boxe, un happeau, une machette miniature, un flacon de cognac et quelques autres babioles.

Il rangea le reste de ses affaires dans le sac qui avait diminué de moitié. Taji se gratta la tête se demandant comment il allait pouvoir survivre sur l’île avec si peu. Au moins sa mère ne lui avait pas menti, l’épreuve était très contraignante aussi bien sur le plan matériel que sur le plan psychologique.

« Et bien écoutez, je ne suis pas habitué à voyager avec si peu, d’autant plus que je ne sais même pas ce qui m’attend, vous ne comprenez pas mais tout ce que vous voyez ce n’est rien, j’avais déjà fait le tri chez moi avant de venir. Croyez-moi, tout ce qui reste est utile ! Je ne vais pas y aller nu en faisant la danse de la pluie non plus ! »

Taji ramassa le sac au sol et furtivement il ouvrit la boite de cigare et en glissa un dans sa poche, il voulait en garder un. Fumer le cigare était un réel plaisir pour lui, en bon nabab africain le fumoir était une occupation très importante dans sa vie.

« Je peux garder certains souvenirs de ma famille quand même, j’ai des choses qui ont des générations et des cadeaux de mes frères et sœurs et je refuse de les abandonner, cela reviendrait à les abandonner eux-mêmes. Vous pouvez comprendre ça ? »

Taji sortit un médaillon en ivoire et l’ouvrit laissant apparaître une photo d’un homme noir à la haute stature et dont le sourire forcé laissait apparaître une rangée de dents blanches. Le colosse le serra dans son poing puis le montra au singe.

« C’est mon père, il siège parmi les étoiles, je sais que vous vous en moquez, mais des tas de choses dans ma malle me rappelait son souvenir, ne me forcez pas à me débarrasser du reste. »

Le ton de Taji était monocorde il ne ressentait pas de peine en évoquant la mort de son père, son cœur s’était endurci et les rivières de larmes jadis écoulées avait laissé place à une sécheresse totale.
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Mer 8 Oct - 0:46

Le singe écouta avec attention tout ce que Taji avait à dire, hochant parfois la tête pour signifier qu’il comprenait ce que le jeune homme lu disait. Cependant, à mieux y regarder, son regard ne s’était pas départi de cette lueur moqueuse qui l’habitait depuis son arrivée. Ceci dit cela ne l’empêcha pas de se pencher vers le médaillon pour mieux voir le portrait qu’il contenait. Le primate verdâtre attrapa même les mains de l’humain pour approcher l’objet de son visage et l’observer plus attentivement. Finalement, après un instant, le singe se recula, et ses petits doigts libérèrent ceux de l’Africain. A vrai dire ils le libérèrent même doublement, car l’animal avait au passage subtilisé l’objet qui semblait maintenant avoir disparu.

"Ho non, bien sûr que non, je ne vous y forcerai pas", fit le petit singe vert d’une voix mielleuse où pointait toujours la moquerie. "Mais peut-être voudrez-vous le faire de vous-même, par exemple pour retrouver un objet qui vous est précieux, et qui a mystérieusement disparu."

Il ponctua cette phrase d’un geste de la main, dans laquelle apparu, comme venu de nulle part, un cigare, qui ressemblait d’ailleurs étrangement à celui que Taji avait mis dans la poche de sa chemise un peu plus tôt. D’un claquement d’incisives, le primate coupa le bout du cigare, sortit d’une de ses poches une boîte d’allumettes, en craqua un, et alluma le Flor de Copan dont il aspira une longue bouffée qu’il recracha ensuite en une volute bleutée. Tout dans sa manière d’agir laissait entendre qu’au final il ne s’intéressait pas plus que ça à la réaction de l’humain.
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Taji Wooku



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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Mer 8 Oct - 22:13

Taji toisait le singe d’un œil suspicieux. Toutefois il ne recula pas quand la bête fit mine de s’approcher de son pendentif, il était à cent lieux de se douter que quelques instants plus tard avec toute l’habilité d’un prestidigitateur le précieux bijou aurait disparu. A cet instant précis un sentiment de colère aussi puissant que le feu du Kilimandjaro naquit dans les veines du géant et s’immisça dans ses veines, ses yeux perdirent l’espace de quelques instants toute humanité, le nounours affectueux n’existait plus et avait laissé place à un monstre de colère et de courroux.

Il avait exposé une plaie, ouvert une blessure du passé encore béante, dans une confiance aveugle, et la Brume y avait enfoncé une lame tranchante. Trahi le sud-africain était à deux doigts de craquer, et son poing se serra instinctivement comme pour retenir le torrent de haine qui émanait à présent de chacune des parcelles de son corps.

En Afrique, il aurait sans doute réagi encore plus violement et n’aurait pas manqué de démolir l’impudent voleur, mais ici il n’en était pas question ce n’était pas l’Afrique. Dans un éclair de lucidité, Taji renonça à exprimer sa colère et son sentiment de trahison par la violence. Ce n’était pas la première fois qu’il était soumis à de telles tensions, sauf que habituellement sa mère était souvent la pour le tempérer et pour calmer la colère du tigre blessé.

Dans un effort surhumain, le colosse d’ébène réussit à rendre forme humaine à son visage et décida de changer de tactique. Si la Brume espérait pouvoir le pousser à bout aussi rapidement elle ne connaissait pas le détermination des africains, et en particulier celle d’un ancien chef d’entreprise.

« Et ? Mon pauvre, vous venez de me priver d’une photo d’un homme qui ne m’a jamais aimé que par l’argent. Un pendentif en ivoire et un vulgaire photo, pour qui me prenez-vous ? Le chantage ne marche pas avec moi ! »

Son regard simulait à présent une fausse indifférence teintée d’ironie, il espérait simplement que le singe ne se rendre pas compte qu’il rongeait son frein. C’était un bon comédien, et malgré ses piètres résultats en tant que financier, il avait au moins compris une chose : Seules les apparences comptent dans ce genre de situations.

Le monde des requins assoiffés de pétrodollars aux dents aussi longues que les puits de pétrole qu’ils exploitaient lui avait fait comprendre l’importante de ne pas montrer ses sentiments, il pensait ne plus avoir à jouer ce rôle qui ne lui allait pas, cette mascarade ne l’avait jamais amusé, mais il allait devoir porter son masque, une dernière fois.

« Mon pauvre ami, vous êtes habile pour le vol, mais vous manquez cruellement de culture en ce qui concerne les cigares. Les Flor de Copan de type Belicoso taille 17,6 s’allument avec des allumettes en bouleau pour ne pas compromettre le gout du cèdre et aussi parcque ils sont à dominantes fruitées, et quelle idée d’ouvrir un cigare avec vos dents, demandez moi la guillotine la prochaine fois, vous l’avez assassiné, les arômes vont êtres plats et fondus maintenant. Enfin, un cigare est une œuvre d’art qu’on ne doit pas fumer avec autant de rapidité, vous ne l’avez pas caressé, vous ne l’avez même pas senti. Un cigare ça se savoure, ça s’apprivoise. On ne fume pas un Flor de Copan comme un vulgaire Monarcas quelconque. Regardez donc. »

Dit-il d’une voix amoureuse.

Taji tira le cigare de la poche de la chemise, amoureusement avec toute la sensualité que pouvait dégager ses deux mètres-dix, il sentit doucement le noble tube et tira à cru dessus. D’une main agile il tira une guillotine métallique d’une de ses poches et trancha net le bout qui vint mourir au sol. De son autre main il caressa le cigare de la bague jusqu’au col, cherchant le moindre petit défaut dans cette œuvre d’art, langoureusement il craqua une allumette et entreprit d’allumer son cigare. Il ferma les yeux, quelques secondes comme pour savourer le baiser du tabac, et finit par recracher un nuage de fumée acre.

« Bon, que comptez vous faire de moi et du pendentif ? Si vous voulez que je jette encore alors soit je vais encore jeter. »

Il aspira une nouvelle fois sur le cigare et tira de son sac un épais collier qu’il lança au loin. Il voulait se montrer humble avec la lande. Une idée traversa son esprit, les actes de la Brume n’étaient certainement pas guidés par le hasard. Si au fond elle voulait qu’il jeta toutes les choses qui lui rappelait son fastueux passé ce n’était peut-être pas pour rien. Bien sûr il gardait le but de récupérer son pendentif et de se voir l’accès autorisé à la lande, mais il allait encore changer de stratégie.

« Je crois avoir compris, vous voulez que je laisse ma fierté, ici et que je sois plus humble envers Sywhaîd, croyez moi je ne viens pas ici dans le but de me montrer, ou de créer quelconques vanités. Ce n’est pas mon but. »

Nouveau signe d’apaisement, il écrasa au sol une Rolex qu’il avait caché au fond du sac tout en tirant une nouvelle fois sur le délicieux cigare.
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Sam 11 Oct - 18:16

Le singe observa Taji, un sourire malicieux collé à son petit visage vert et le laissa développer sa comédie sans se laisser avoir, mais sans le montrer non plus. Il laissa le géant s’embourber sans même lui donner une seule indication de son fourvoiement et hocha même la tête à plusieurs reprises, l’air de se laisser complètement avoir par les apparences que l’ancien dirigeant de grande société savait si bien manier. En vérité, n’importe qui se serait laissé avoir, Taji était très doué… Mais on ne mentait pas à la Brume, et on ne mentait pas à ses avatars. Le singe se dépêcha d’ailleurs de l’expliquer à l’Africain, sans pitié pour son orgueil :

« Tu crois vraiment pouvoir berner la Brume ? Ta mère t’a sûrement très mal informé sur ce lieu, Taji Wooku, si tu crois pouvoir mentir impunément. Tu as déjà plusieurs fautes dans ton parcours, le mensonge en est le plus gros. Tu vas avoir du mal à convaincre la Brume maintenant, sache qu’elle est fâchée et blessée… Et qu’elle vient de… » une lueur sadique perça dans le regard du singe. « Qu’elle vient de m’autoriser à m’occuper de toi comme je le sens… »

Sur ce, le petit singe se frotta les mains, littéralement. Même la personne la plus courageuse aurait ressenti une bonne dose d’anxiété (au moins) en voyant cette créature étrange à ce moment précis. Il avait l’air de chercher la chose la plus horrible à demander à Taji… D’ailleurs, il ne tarda pas à avoir une idée…

« Toi qui a tant de mal à te séparer de tes objets, que choisiras-tu de sacrifier ? Tu as le choix. Soit tu sacrifies un souvenir, soit tu sacrifies un évènement futur. Attention, il y a évidemment un piège. » Les yeux du singe vert étaient à présent animés de quelque chose qui ressemblait bien à de la folie, mais de la folie froide, sûrement la plus terrifiante. « C’est toi qui choisis le souvenir que tu sacrifies, mais il doit être important, il doit vraiment compter pour toi, et si tu essaies de me berner avec un souvenir de pacotille, je le saurais, et je t’effacerai toute ta mémoire ! » Il ricana, l’air apparemment très amusé par cette perspective, on aurait même pu imaginer qu’il n’attendait que ça. « Mais si tu choisis un évènement futur, je ne te dirais pas ce que tu as sacrifié, tu ne le sauras jamais… Ca pourra être quelque chose de totalement inimportant, comme ton Grand Amour ou ton successeur… »

Le singe sourit, un sourire vraiment horrible, et fit un signe de la patte pour montrer qu’il était temps que Taji se décide.
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Lun 13 Oct - 21:55

Taji durant sa petite comédie n’avait cessé de fixer le singe, sans mépris mais avec une certaines suffisance à peine imprimée sur ses grosses lèvres ourlées, son sourire malicieux se brisa en morceau en l’espace d’un court instant, le masque fracassé en mille morceau par la terrible incarnation de la Brume. L’air décontenancé face au charisme du singe Taji se maudit intérieurement, pourtant sa mère le lui avait dis : On ne trompait pas la Brume, elle était maître de l’île et voyait tout. Le péché d’orgueil n’était pourtant pas l’apanage de Taji. Il avait été trop sûr de lui, une erreur qui ne pardonnait pas.

Taji fit instinctivement un pas en arrière, les choses venaient de changer brutalement et l’innocent singe dégageait à présent quelque chose de malsain et de terriblement offensif. Un frisson électrique traversa l’échine du géant, ce n’était pas vraiment de la peur mais une sorte d’anxieté sublimée qui prenait possession de son corps tout entier. Le cigare aux lèvres du géant tomba de sa bouche et alla mourir au sol. L’ancien PDG n’était pourtant pas homme à se laisser impressionner, bien au contraire mais le monde magique était bien différent de celui des affaires il allait devoir s’adapter. Il lui restait beaucoup à apprendre.

« Hey, c’est pas la peine de vous énerver ! »

Laissa-t-il échapper d’une voix qui avait perdu de sa superbe.

Puis le couperet tomba, et comme un acteur sur scène le terrifiant petit singe présenta son marché à Taji qui semblait se tasser petit à petit au fur et à mesure du défilement des paroles. Une grosse goutte de sueur glissa sur la tempe du colosse et s’écrasa sur sa veste de costume, le choix était impossible, quel était le rapport avec les affaires ? Comment la Brume pouvait elle mettre en relation quelques stupides objets et des souvenirs aussi précieux que le futur ou le passé ? Le rythme cardiaque de Taji s’accélera subitement. Que faire ? Un tourbillon de questions jaillissait en un véritable geyser dans le cerveau de l’africain. Il avait beau chercher une solution il ne voyait rien. Il grogna, tel un animal sauvage pris au piège.

Le futur ou le passé. L’amour ou la descendante ou peut être pire encore. Ne pas parler d'amour. Taji ne croyait pas vraiment en l’amour pour l’instant, il n’avait pas eu d’expérience ou très peu, en afrique l’amour se résumait souvent à de simples aventures sans lendemains.

L’Amour. Les hommes le bâtissaient, le tissaient pour se lier, pour ne plus être seuls...
Pour oublier qu'au fond ils le seraient toujours. Parce que les ténèbres paraissent moins sombres et moins cruelles lorsque l'on est deux... Le père de Taji avait l’habitude de répéter de ce genre de choses et son fils avait finit par y adhérer.

La simple idée de devoir abandonner un souvenir précieux était une torture, il n’en était pas question ! Taji avait beau être fort et épais comme un gorille son cœur était faible dans le fond.

Il fouillait dans son esprit à la recherche de souvenirs à sacrifier, mais il n’arrivait pas à se concentrer, son attention trop happée par les paroles du singe qui le toisait triomphant contemplant sa proie à présent si vulnérable.

Il réussit à se calmer et se passa une main dans les cheveux pour sécher son front ruisselant de sueur. Il n’en menait pas large, et de rage il mit un coup de pied dans le sac de toile faisant voltiger au passage quelques affaires. Il alla s’appuyer contre un arbre le temps de chercher une solution. Au bout de quelques minutes, il finit par dire la voix très calme à peine plus forte qu’un murmure.

« Vous avez déjà choisi à ma place. »

Il tendit son bras vers le singe.

« Le pendentif que vous m’avez pris, c’était le seul souvenir de mon père, en me le prenant vous avez choisi à ma place, le marché ne tient plus, puisque c’est moi qui devait choisir, pas vous. Et croyez moi, mon père compte énormément pour moi. »

Franchise. Il avait abattu son ultime carte, après réflexion il s’était dis qu’il avait menti, il avait réparé son mensonge, il avait prêté trop d’importance aux objets et finalement c’est le singe qui avait pris le plus important.

Taji ne souriait pas, restait calme et placide en attendant la suite des événements. Le géant espérait de tout cœur que cette maudite épreuve se termine, épreuve qui lui avait déjà coûté cher à tous les sens du terme. Il voulait que ce maudit singe disparaisse comme un cauchemar que chasse le matin. Il s'assit par terre, attendant le verdict, la tête dans ses bras.
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Lun 13 Oct - 22:44

Le singe plissa légèrement les yeux, il leva le bras pour mieux jauger le médaillon ; celui-ci tournicota lentement autour de sa pesante chaîne.

L'animal tourna les yeux vers le colosse. Il souriait toujours

"Tu es un beau parleur, Taji Wooku, mais tu connais comme moi la différence entre un objet et le souvenir qu'il porte : le plus précieux est rarement celui qui scintille et pèse dans la main."

Le singe s'approcha d'un pas tranquille de Taji, et lui tendit le médaillon. Au moment où le postulant récupèrerait son bien, comme les poils verts effleureraient sa peau, il oublierait qui était l'homme sur la photo. Il oublierait qu'il s'agissait de son père. Et il oublierait donc pourquoi ce médaillon lui était si cher.

Puis la verte créature retourna se placer face à Taji, quelques mètres plus loin. Il expliqua d'un ton calme :

"Tu as laissé derrière toi tes richesses et les tiens ; après un tel sacrifice, tu mérites certainement d'entrer sur la Lande. Mais vivre à Sywhaîd ne sera pas forcément plus agréable que d'y entrer ; tu devras te conformer aux usages de la communauté, manger frugalement, économiser sans cesse, et, surtout, oublier jusqu'à l'usage de l'argent. Les habitants de la Lande ont un proverbe qui dit que la laine de leurs pulls proviennent des mêmes moutons. Comprends-tu ce que ce proverbe veut dire, et penses-tu être prêt, toi aussi, à endosser l'un de ces pulls ?"
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Taji Wooku



LionCochon
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Mar 14 Oct - 23:09

Taji se releva en un mouvement gracile et reposa ses prunelles de charbon sur le petit singe vert. Face au sourire de l’avatar de la Brume, Taji essaya de reprendre un air confiant mais avec beaucoup de difficulté, il était ébranlé et cela se voyait. Après un amer regard vers le sac gisant au sol il écouta le verdict du singe et hocha la tête en signe d’approbation presque malgré lui aux paroles sages du singe.

Il ne savait plus vraiment où il en était, il venait de recevoir en quelques minutes plus de chocs qu’ils n’en avaient jamais subis dans sa vie.

Le pendentif l’appelait, lui brûlait les doigts, et même si une partie de son cœur lui disait que la Brume lui ferait payer le tribut de ses erreurs, quelque chose d’irrépressible l’attirait, ce symbole faisait partit de lui et quitte à se brûler les ailes comme un papillon sur une flamme, il fallait qu’il le récupère. Esclave de ses propres souvenirs. Il ne mesurait pas encore la folie de son acte futur.

Avec la lenteur d’un automate presque subjugué par la photo souriante de son père, il tendit le bras. Il approchait et finit par se saisir de la précieuse chaine d’argent. C’est à ce moment la que tout bascula, flash qui aveugle.

Le colosse fit un bond en arrière comme empalé par mille traits pointus. Il ressentit une douleur dans sa tête, une affliction qu’il n’avait jamais ressentie jusqu'à présent. Il aurait préférer recevoir un coup dans le ventre, cela aurait été moins douloureux. Il tomba à genoux dans un lourd fracas s’écorchant un genou par la même occasion. Et à mesure que les souvenirs de son père le quittaient il se rendait compte de certaines choses. Se contrôler, encore et toujours, et toujours et à jamais.

Il avait jusqu'ici réussi à ignorer toute la souffrance qui le minait, qui le dévorait peu à peu de l'intérieur comme un monstre gourmet et vorace, qui prenait tout son temps...

Toute sa vie il avait cherché à s’échapper des souvenirs de son père, et quand son souhaitait allait se réaliser, il se rendait compte qu’il s’agrippait à ces souvenirs. En vain.

L’homme est ainsi, il ne se rend compte de son bonheur que quand celui-ci le quitte.

Le point de rupture était arrivé.

Son père il n’avait jamais su l’apprécier à sa juste valeur, et voila qu’il le perdait à jamais. Réminiscence soudaine, il se vit enfant, allongé sur le sable, son père à ses côtés, rare moment de complicité qui s’effaça comme le vent chasse un nuage noir.

La Brume avait effacé ses souvenirs précieux comme l’ivoire. Comme un coup de vent malheureux fait s'effondrer un château de carte. Il réprima une larme en regardant le pendentif à présent vide de sens. Il ne savait plus, croyait même qu’il n’avait jamais su. Un trou noir béant dans son esprit.

Expulsant sa rage, il donna un coup de poing violent sur un arbre s’ouvrant deux phalanges qui libérèrent un mince filet de liquide carmin.

Il finit par se ressaisir pour écouter la tirade du singe sur la vie dans la Lande, cela ne lui faisait pas peur, il saurait s’adapter, il avait offert bien plus que quelques signes extérieurs de richesses à la Brume, ce n’était pas pour renoncer. Des regrets ? Non. Ce qui était fait était fait, du moins il aurait bien voulu s’en persuader.

Par respect pour le peu d’amour propre qui lui restait, il se força à afficher un air neutre parfaitement lisse de sentiments, iceberg noir, fissuré de toute part dans la partie non visible.

« Je suis prêt ! Et je comprends ce proverbe, chez moi un autre proverbe raconte que le jaguar a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter qu’un chemin à la fois. Et j’ai choisi le mien. »

Il baissa la tête mesurant la folie de ses propres paroles.
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MessageSujet: Re: Quête de Taji Wooku   Mer 15 Oct - 18:39

Pourtant ces paroles semblèrent satisfaire le petit singe vert, ou du moins avoir apaisé la colère de la Brume. Réitérant le tour de passe-passe qu’il avait effectué un peu plus tôt avec le cigare, le primate fit apparaître un grand pull de grossière laine beige qui aurait pu paraître bien misérable s’il n’avait été orné de motifs élaborés réalisés avec art et patience. Le singe le lança au sol devant Taji avec un "N’oublie pas !", avant de se retourner et de filer dans la Brume qui l’engloutit rapidement.

Comme dérangées par le passage de l’étrange animal, des volutes blanches se mirent en mouvement, tourbillonnant sur elles-mêmes et s’écartant lentement pour ouvrir un chemin au milieu du brouillard surnaturel.

En ramassant le pull, Taji récupèrerait ses souvenirs perdus, ainsi qu’une bonne migraine, et en suivant le chemin, il arriverait à Sywhaîd, dans les ruines.



[Bravo pour cette quête ! Tu peux poster le sujet d’arrivée de Taji dans les ruines. Bon jeu !]
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Quête de Taji Wooku

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