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Zobère

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Zofia Delindel
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CapricorneRat
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MessageSujet: Zobère   Jeu 24 Juil - 21:36

Zofia tourna une page. Cela faisait deux heures déjà qu'elle était absorbée dans sa lecture. Comme elle ne pouvait plus faire de potions, elle compensait en relisant ses manuels de médecine et des livres traitant des simples. Sa lecture n'avait été jusqu'alors interrompue que par les coups de pieds et de poings du bébé et une légère contraction. La première. Elle avait sursauté, mais s'était rassurée aussitôt. Pas de risque que le bébé naisse maintenant. Mais c'était sûr qu'à cause du stress qu'elle avait accumulé ces derniers temps, elle était beaucoup plus sensible à ce genre de choses...

Kayisa faisait les cent pas dans la chambre, ce qui agaçait considérablement sa moitié. Mais elle savait que c'était une manière qu'avait son daemon d'évacuer ledit stress. Cela ne lui arrivait pas souvent, ce qui montrait bien à quel point Zofia était sur les nerfs... et à quel point elle refoulait ses émotions, aussi. Si l'hermine avait besoin d'évacuer, c'était que la française n'était pas loin d'exploser... Cependant, elle s'était promis de se contenir. Ce n'était pas elle qui provoquerait la confrontation. Tout simplement parce que c'était Tibère qui avait commencé à être odieux avec elle. Et que c'était à lui de régler le problème, d'une manière ou d'une autre. Elle ne pouvait pas continuer longtemps à assumer pour deux... et encore moins pour trois. Il fallait qu'il prenne une décision avant la naissance du bébé. Passé ce délai, elle composerait. Que ce soit avec ou sans lui.

Aussi, lorsque la porte s'ouvrit, elle ne releva pas les yeux de son ouvrage, continuant à faire comme si sa passion pour les différentes espèces de digitales l'empêchait de se rendre compte que le romain venait d'entrer dans la chambre. Comme si elle était parfaitement calme, et qu'elle était habituée depuis longtemps aux allées et venues du jeune homme. Comme si ca ne faisait pas deux jours qu'ils n'avaient pas échangé un mot, et plus d'un mois que leurs conversations ne s'étaient pas limitées à trois phrases, pour la plupart remplies d'amertume. Oui, il fallait qu'ils parlent. Non, elle ne ferait pas le premier pas.
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Zobère   Jeu 24 Juil - 21:57

Tibère entra dans la chambre et se figea sur le pas de la porte, luttant contre l’envie de faire demi-tour tout de suite et de repartir se balader, n’importe où sauf avec Zofia. Ce n’était pas qu’il refusait à ce point de lui parler, mais la situation était devenue très difficile et il commençait à en avoir assez.
Mahalalel, elle, ne marqua aucune hésitation et grimpa sur un fauteuil où elle s’installa en rond, ses yeux fauves suivant Tibère. Celui-ci alla vers le lit, puis vers une armoire, et enfin s’immobilisa au milieu de la chambre. Il posa un regard songeur sur Kayisa, puis fit soudain deux grands pas vers la rousse et posa la main sur le dossier du fauteuil où elle était installée, sans qu’elle relève les yeux (si ça te va).
Une bouffée d’énervement monta soudain et il se crispa. Avec le même geste saccadé que lors de leur première rencontre, lorsqu’il avait fait tomber la brosse de la jeune fille, il envoya le livre à terre et tourna le dos à Zofia. Pendant quelques secondes, il resta à l’écart pour se calmer et finit par revenir vers elle.
De là, planté devant la rousse, il lança d’une voix moqueuse :

-« J’crois qu’on a plein de choses à se raconter, toi et moi. »


Et éclata d’un rire hystérique carabiné qui sembla, un instant, engloutir tout autre son avant de se calmer.
Le « faut qu’on parle » n’était pas passé. Trop… responsable ? Mais il n’avait pu s’empêcher d’utiliser la moquerie, l’ironie, pour enclencher cette discussion, incapable de tout simplement se poser et de parler calmement, incapable de gérer les émotions qui affluaient en lui.
Et puis, parce qu’il fallait bien commencer par quelque chose :

-« J’crois que je vais retourner dans ma petite chambrette rapidement. Avant la naissance du bébé en tout cas. »

Et voilà, le sujet était lancé, à demi-mot pour l’instant, mais au moins le mot fatidique avait-il été prononcé. Le bébé.
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Zofia Delindel
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CapricorneRat
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MessageSujet: Re: Zobère   Jeu 24 Juil - 22:11

Tibère, comme à son habitude, se débrouilla pour faire une entrée... qui sans être fracassante, demeurait quand même très tibérienne. Il déambula un moment, et Kayisa courut se planquer sous le lit. Elle n'avait pas peur, pas vraiment. Elle voulait juste éviter de trahir Zofia en montrant ses émotions. Celle-ci ne broncha pas quand Tibère posa une main sur le dossier de son siège. Même pas un tremblement, rien. Elle s'était blindée, et si le romain voulait jouer avec elle, il se ferait recevoir. Le livre tomba à terre. Elle releva les yeux vers lui, avec un air interrogateur, presque candide. Il lui annonça, avec un air moqueur qui l'aurait fait bondir si elle n'avait pas décidé de rester de marbre, qu'il fallait qu'ils discutent. Enfin, en substance, c'était ça. Lentement, elle se redressa un peu, croisa les mains sur ses genoux, entourant ainsi son ventre d'un geste protecteur, comme pour lui rappeler que ce n'était pas qu'à elle qu'il s'adressait, et que quoi qu'il fasse, une autre personne était impliquée dans ses choix.

« Effectivement... »

La rouquin regarda Tibère, l'air visiblement très intéressée par ce qu'il avait à lui dire, comme si elle n'en avait pas la moindre idée. Le romain avait l'air plutôt énervé, et elle préférait calmer le jeu tout de suite. Si lui n'était pas capable d'agir en adulte, aucun problème, elle pouvait le faire. Elle était assez forte pour ça.

La déclaration du romain faillit faire éclater son masque. Son coeur, lui, reçut le coup de plein fouet. Elle dut faire un gros effort pour ne pas se départir de son sourire aimable. Ainsi, il avait décidé de partir... Cela ne l'étonnait pas tant que ça, en fait, elle s'y était préparée. Elle avait terriblement mal, mais surtout elle était déçue. Elle se sentait trahie. Ce fut pourtant avec une belle indifférence, qu'elle désigna la pièce d'un geste négligent, sans bouger de son siège:

« Je t'en prie. Tu sais où sont tes affaires... »

Elle se sentait très mal. Si Kayisa ne s'était pas trouvée à proximité et ne l'avait pas apaisée comme elle savait si bien le faire, même de loin, elle aurait fondu en larmes. Mais pas maintenant. Elle était trop en colère, elle éprouvait trop de rancoeur envers Tibère. Il la laissait tomber. Et le bébé aussi. C'était d'ailleurs lui le principal problème. Ce n'était leur faute ni à l'un ni à l'autre. Un pur accident. Mais manifestement, Zofia savait composer avec les accidents, ce qui n'était pas le cas du romain.

Elle demeura silencieuse, observant le romain avec un éclat de défi dans les yeux. Quoiqu'il arrive, elle s'était jurée qu'elle resterait inébranlable... le plus longtemps possible.
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Zobère   Jeu 24 Juil - 22:40

Mais Tibère s’assit dans le fauteuil en poussant son daemon qui avait fermé les yeux, semblant vouloir laisser le jeune homme se débrouiller.
Il eut un léger tremblement à la réponse de Zofia, sans que l’on puisse savoir si c’était de l’énervement ou autre chose. Il aurait pu prendre ses affaires et partir sans un regard en arrière. C’est ce qu’il aurait fait avec n’importe qui d’autre. Mais il estimait Zofia, il avait vécu de nombreux mois avec elle, il avait rencontré sa famille, elle avait rencontré Claude, alors il pouvait faire un effort pour elle. Il resta donc assis dans le fauteuil, cherchant ses mots.

-« Je t’aiderais à m’occuper du bébé, mais ne me demande pas de vivre avec vous. Je ne peux pas. »

Qu’est-ce que c’était que cette voix ? Pourquoi avait-il l’air de chercher à se justifier ?
Sa voix enfla lorsqu’il rectifia :

-« En fait, je ne veux pas. »


Comme ça, c’était plus correct.
Il voulait juste faire ce qu’il voulait, ne pas avoir à faire attention à qui que ce soit, et surtout pas à quelqu’un de si fragile qu’un jeune enfant, il voulait être libre et pouvoir partir en fumée s’il le voulait, en fumée ou en flammes, qui sait ? Et c’était peut-être un sale coup à faire à une femme enceinte, mais Tibère n’avait pas pour habitude de faire semblant. Il ne voulait pas, il ne faisait pas.

Puis, avec une voix cruelle et narquoise, une voix de Tibère des grands et mauvais jours, il enfonça le clou, inconscient de l’ampleur de sa méchanceté :

-« Je veux pas de gosse. »

Il éclata d’un rire très bref. Cette phrase, il l’avait dite tant de fois… Il avait cru un moment qu’elle avait été inutile, il avait même accepté, mais finalement, non. Un retournement de situation plutôt cruel pour Zofia, d’ailleurs.
Hé bien, plus de doute. Tibère était un salaud.

(Des fois, je le hais ^^)
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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Zobère   Jeu 24 Juil - 23:05

Hé bien, plus de doute. Tibère était un salaud.



Mais ça... Zofia le savait déjà. Intérieurement, elle avait envie de hurler, de se rebeller... de supplier, peut-être? Elle l'envisagea. Deux dixièmes de seconde. Et puis finalement... à quoi ca servirait? Oui, elle était amoureuse, elle n'avait pas que des mauvais souvenirs avec lui, et elle aurait encore puisé dans ses réserves pour faire des concessions, s'il l'avait fallu. Mais voilà, Tibère venait de balayer toutes les choses qu'elle n'avait pas dites (et qu'elle se serait détestée d'avoir dites de toute façon) d'un revers de main. Ou plutôt d'une phrase. Je veux pas de gosse. Parce qu'elle en voulait, peut-être. En tout franchise oui. Mais dans au moins cinq ou six ans, lorsqu'elle aurait fini ses recherches, trouvé un boulot qui lui convenait, tout ça... pas dans une lande paumée, après avoir couché avec le premier tordu du coin... bon, c'était peut-être un peu plus compliqué que ça mais sur le coup, on pouvait comprendre que la jeune femme réagisse ainsi. Un tic déforma brièvement son visage, tandis qu'elle luttait pour rester calme.

« Tu m'avais dit... »

Non. Pas comme ça. Surtout pas comme ça. La voix qui monte dans les aigus, ca ne va pas du tout. On respire, on reprend:

« Je pensais que t'avais accepté d'agir en adulte... Enfin il est jamais trop tard pour changer d'avis, apparemment... »

Il n'y avait pas d'agressivité dans ses paroles. Elle s'y attendait, et elle prenait les choses comme elles venaient. Elle soupira légèrement, avant de continuer:

« Ecoute, je ne te retiens pas. J'aurais déjà un gosse à élever, je n'ai pas envie de m'encombrer d'un deuxième... »

Pas agressive, mais néanmoins méchante. Zofia venait de descendre au 36eme dessous, il fallait bien qu'elle se venge. Ce qui était plutôt légitime, d'ailleurs.

D'habitude, c'était elle qui laissait tomber les mecs. Pas méchamment, et pas souvent avec bruits et fracas. Mais là, elle était bel et bien en train de se faire plaquer... Comme c'était étrange...

Voyant que Tibère ne semblait pas décidé à partir, elle demanda, un peu plus brusquement cette fois, en s'apercevant qu'elle ne pourrait plus se retenir très longtemps de fondre en larmes (ce qu'elle n'avait pas forcément envie de faire devant le romain):

«Autre chose? Parle... au point où on en est, tu sais... »

Elle haussa les épaules, avec une expression ironique. Il ne pourrait pas lui faire plus de mal que ça... n'est ce pas?

(La pauvre...)
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Zobère   Sam 26 Juil - 19:50

Tibère lança un regard chargé d’un pur mépris à Zofia quand sa voix dérapa. Elle qui se contrôlait toujours si bien, craquer à un moment pareil… c’était… normal, oui, mais la Zofia qu’il connaissait se maîtrisait à la perfection. L’italien savait bien que cela montrait qu’il lui faisait mal, et il ne s’en voulait pas le moins du monde. Il ne voulait pas qu’elle continue à s’attacher à lui et lui ne voulait pas s’attacher à elle et au bébé, parce que pour lui cela signifiait la fin. La fin de sa liberté, cette liberté qui l’obsédait, la fin de l’insouciance. C’était comme ça qu’il avait toujours vécu, entraînant les gens dans la tornade qu’était sa vie, les laisser le suivre et puis les balayer sans un regard en arrière, presque sans s’en rendre compte.
La remarque de la rouquine sur sa maturité ne lui arracha qu’un rire insouciant.
Agir en adulte ? Non. Tout simplement non. Il ne voulait pas.
Juste pour mettre les choses au clair, il répéta calmement :

-« Je t’aiderais. »

Enfin, Zofia demanda s’il y avait autre chose.
Tibère hésita. Oui, il y avait autre chose, bien sûr, c’était même ce qui avait motivé sa décision d’enfin venir parler à la jeune femme. Et il valait mieux qu’il lui en parle de lui-même, n’est-ce pas ?
D’une voix calme, mais qu’il ne pouvait s’empêcher de rendre provocatrice, Tibère dit simplement :

-« Veronica. »

Il eut un sourire lent, un sourire sans aucune joie, et précisa :

-« On a un peu… dérapé dans la Lande, on va dire. »

Un rire silencieux marqua un instant son visage et il continua avec une désinvolture feinte à la perfection :

-« Enfin, on a pas couché ensemble, elle avait des scrupules. »


Nul besoin de préciser que lui n’en avait pas eu, de toute façon, Zofia savait comment il fonctionnait…
Le romain se renfonça dans le fauteuil, prêt à encaisser la réaction de la jeune fille, silencieux et immobile.

(ouah, ça fait bizarre d'écrire un truc où son perso est vraiment, vraiment un salaud lol)
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Zofia Delindel
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MessageSujet: Re: Zobère   Dim 27 Juil - 8:46

Ah, mais si, si, y'avait pire. Pire que le sentiment de trahison, pire que la tristesse. L'humiliation. Un instant, elle ouvrit la bouche pour parler, mais se ravisa, tout ce qu'elle aurait pu faire c'était bafouiller un vague "V... Veronica?", sans beaucoup d'effet, et encore moins avec classe. Si on avait voulu utiliser une métaphore idiote, on aurait pu dire qu'avant, Zofia avait le coeur brisé. Maintenant, il semblait être complètement tombé en poussière. Et ça faisait très mal. Que Tibère la laisse tomber à cause du bébé... même si elle ne l'acceptait pas, elle pouvait le comprendre. Mais qu'il aille batifoler avec Veronica Raines dans la Lande... Merde quoi! Ne pas avoir réussi à conserver son mec lui fichait déja un sacré coup à l'orgueil, si en plus il la trompait... Pourtant il lui avait dit qu'il l'aimait, alors... mais avec le romain, ce n'était manifestement pas un facteur déterminant de fidélité. Salaud, va!

Brusquement, elle se leva, et marcha vers Tibère. Le força à se relever, le poussa en direction de la porte. Il n'y avait pas vraiment de violence dans ses gestes, juste de la détermination.

"Dehors, sors d'ici!" ordonna-t-elle, la voix altérée et le souffle court.

Comme Tibère n'avait manifestement pas l'intention d'obtempérer, elle ajouta, en bougeant à peine les lèvres, comme si elle avait peur d'articuler parce qu'elle sentait que si elle se laissait aller elle allait lui hurler dessus:

" Ca te fait plaisir de me raconter des trucs pareils? Qu'est ce que tu attends, va-t-en! Et puis la prochaine fois, dis-lui, à Veronica ou à n'importe quelle pouffe que tu pourras croiser, qu'elle n'a pas de scrupule à avoir!"

Elle affronta un instant le romain du regard, avant de se détourner brusquement en se mordant la lèvre, quasiment jusqu'au sang. Elle s'éloigna, puis reprit, d'une voix plus calme et plus maîtrisée:

"Et pour ce qui est de m'aider... N'y pense même pas. Tu ne veux pas de gosse? C'est très bien. Une fois franchi le seuil de cette porte tu renonce à tes droits parentaux. On est pas père à moitié, Tibère."

Peut-être que le romain se rendrait compte, un jour, de la cruauté de la situation. Mais pour l'instant, les paroles de Zofia avaient certainement du le soulager d'un poids. La rouquine avait réfléchi à la question, et avait décidé qu'il était certainement plus sain pour le bébé d'être élévé uniquement par sa mère, ou par sa mère et un autre homme le cas échéant, que par sa mère et de temps à autres Tibère le dingue, quand l'envie lui prenait. C'était mieux ainsi...

Finalement, elle tourna de nouveau la tête, avant de donner un nouvel ordre, de manière presque négligente, détachée. Elle n'avait plus rien d'autre à lui dire:

"Dehors!"
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Tibère Acciario
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MessageSujet: Re: Zobère   Dim 27 Juil - 17:39

Tibère observa avec un interêt détaché Zofia pâlir et bafouiller. Sûr que ça avait du lui faire mal, ça. Veronica, en plus… Mahalalel eut un léger gémissement, comme pour montrer à la rousse qu’au moins une partie de Tibère était désolée de ce qui se passait.
Il se leva de bonne grâce, eut un léger sourire et ne fit pas un seul geste vers la porte.
Son expression était la neutralité même tandis que Zofia semblait faire un effort pour ne pas se mettre à hurler.

Enfin, la rouquine lui dit que s’il franchissait la porte, il renonçait à ses droits parentaux, et le romain marcha d’un pas décidé vers la sortie, comme s’il n’attendait que cela.
Mais une fois devant cette porte, il s’arrêta, hésitant. S’il la franchissait, il n’avait plus de fils. Et même s’il avait passé des mois à fuir, à regretter, il avait maintenant l’impression de perdre quelque chose. Jusqu’à cet instant, il ne s’était pas vraiment rendu compte… Le bébé, Elio, était une partie de lui, une moitié de lui. S’il passait le seuil de la chambre, il ne serait plus rien pour lui. Et lui, Tibère, ne serait plus rien non plus, pour Zofia et pour Elio.
Il se retourna à demi et sembla vouloir dire quelque chose et se raviser. Mahalalel jappa et Tibère la regarda un instant, l’air perplexe comme s’il ne voyait pas exactement qui elle était.
Connaissant le caractère de Zofia, s’il partait, ce serait une décision irrévocable.
Et puis, il l’avait dit, qu’il ne voulait pas d’enfant. Depuis des mois, il regrettait. Mais depuis des mois, il s’habituait, aussi.
Mais non. Tibère l’empereur ne revient pas sur ses mots, même les plus cruels, même ceux qu’il regrette.
Dans un geste impérial, plein de dignité, il fit un pas en avant et franchit la porte qu’il referma derrière lui, doucement.
Il fit quelques pas dans le couloir, s’éloignant en direction de sa propre chambre mais se laissa tomber sans prévenir contre le mur et se mit à pleurer, la tête dans les mains.
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Zofia Delindel
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CapricorneRat
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MessageSujet: Re: Zobère   Dim 27 Juil - 18:57

Zofia ne se retourna pas, durant tout le temps que Tibère mit à partir. Pourtant, elle percevait ses mouvements, et même son hésitation, par les oreilles et les yeux de Kayisa, toujours tapie sous son lit. Et puis la porte se referma.

D'abord, il y eut un moment durant lequel elle demeura parfaitement immobile, fixant le vide. Puis, brusquement, elle fut prise de malaise, et dut s'assoir sur son lit, après avoir verrouillé la porte dans un geste convulsif. Ce fut à ce moment qu'elle se rendit compte qu'elle pleurait. Kayisa vint se lover contre elle sans mot dire, juste pour manifester sa présence.

Une fois qu'elle n'eut plus de larmes à verser, elle s'endormit. Elle ne se réveilla que le lendemain matin. C'était la première fois depuis des semaines qu'elle dormait aussi profondément, comme si avoir réglé la situation, même avec la plus douloureuse des solutions, l'avait tranquillisé. Elle passa la journée allongée, à regarder le plafond, à ressasser des choses. Elle avait été orgueilleuse. Elle avait cru que Tibère resterait, malgré tout, pour elle. Et elle n'avait rien fait pour qu'il reste, elle s'était contenté d'attendre. Manifestement, celà n'avait pas suffit.

Dans l'après-midi, quelqu'un vint frapper à la porte. Elle reconnut la voix de Mathys qui l'appelait, le cliqueti de la poignée qui tournait sans s'ouvrir. Elle ne répondit pas.

Finalement, le soir, Kayisa tenta de la faire sortir de son état d'apathie en lui disant qu'il fallait manger quelque chose, au moins pour le bébé. Zofia se secoua, et après quelques minutes de flou, durant lesquelles elle se rendit compte qu'elle avait passé près de 24 heures en état de choc, elle se leva, alla prendre une douche, enfila un vieux pull sur une jupe qui n'était pas du tout assortie, et sortit de sa chambre.
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Zobère

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