
|
|
| | Auteur | Message |
|---|
Claude Valhubert Sywhaîdien


Nombre de messages: 148 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Invaders Must Die Sam 2 Jan - 19:10 | |
| La musique cet exutoire. Casque sur les oreilles, le son à fond, il en avait les yeux qui clignaient et il marchait dans les couloirs en secouant la tête. Voilà qui faisait plaisir, voilà qui correspondait, il aurait eu envie d’une foule immense, de sono monstrueuse, de bousculades. Autre chose ! La vie ! Claude, donc, se baladait sans tellement d’autre but que de laisser la musique se déverser dans son crâne et annihiler toute réflexion, surtout empêcher sa pensée de se diriger vers David qui devenait lentement cinglé et qui, pas plus tard que tout à l’heure, avait voulu l’empêcher de sortir de la chambre. Ça, plus sa précédente tentative de le faire plonger dans le coma par Jena, ça devenait chaud. Ça devenait une intrusion en règle, David pétait les plombs. Baissant les yeux sur cet espèce de MP3 magique qu’il avait emprunté à Tancredi (monsieur étant pété de thunes avait toujours les derniers gadgets en poche), Claude fit défiler les chansons tout en se dirigeant d’un bon pas vers le gymnase. Ok, il allait se faire plaisir pour une fois. Il y avait une chose qui était bien quand on était un sorcier, c’était qu’on pouvait tout faire avec un peu de bonne volonté et de débrouillardise. Le gymnase était grand, avait une bonne résonance : il suffisait d’amplifier le son… De trouver un moyen… Claude essaya longuement, fit plusieurs sorts, serra les dents pour ne pas fracasser le MP3 sur le sol, décida de faire une dernière tentative avant de / Ouuh le son ! Ça c’était de la réussite ! Sans prévenir la musique avait explosé dans la salle, passé le premier mouvement de surprise Claude en fut ravi. Appuyant fébrilement sur les boutons, il sélectionna un artiste… Prodigy… un album… Invaders Must Die… alla au milieu de la salle et se mit à danser comme un malade. « Take… me… to the… HOSPITAL ! »Voilà qui était mieux ! Voilà qui faisait du bien, bondir dans tous les sens comme un ado attardé en brandissant son poing, et oublier tout ça. (Jenaa ^^) (j'aime cette musique) |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 441 Age: 35 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Invaders Must Die Ven 8 Jan - 19:16 | |
| Bon. Si Claude avait envie de se défouler, Jena n’était pas en reste. Elle était d’ailleurs venue aux écuries pour essayer de choper Laura et de lui proposer une de leurs séances de levée de coude. Seulement, la Laura en question était occupée à diriger une corvée de nettoyage de fond en comble des écuries, et Jena fut forcée de s’éclipser rapidement, de peur d’être réquisitionnée (oh ! elle était prof ! elle n’allait pas non plus se mettre à faire quarante corvées, elle faisait sa part de travail après tout !). Elle était en train de sortir quand la musique se mit à résonner, puissante, faisant trembler les parties en bois de la bâtisse. Elle lança un regard interloqué à Laura qui lui hurla quelque chose qu’elle ne put vraiment entendre, les chevaux se mettant à hennir d’un air affolé en même temps. Elle hocha pourtant de la tête, ça n’était pas bien compliqué d’imaginer ce que Laura avait à lui demander, et se précipita dans les escaliers qui menaient au gymnase, à l’étage supérieur donc.
Elle ouvrit la porte et s’arrêta, légèrement surprise par le spectacle qui s’offrait à elle. Un Claude en train de se déhancher avec frénésie au milieu du gymnase, ça avait de quoi perturber. Surtout quand la dernière fois que vous aviez entendu parler de lui, c’était pour vous faire dire qu’il était au bord de la mort et tout ce genre de conneries. Elle frissonna en ce souvenant de cette conversation. Ca, elle s’était fait un ennemi de David, c’était sûr. Mais elle ne regrettait pas, elle avait pensé chaque chose qu’elle avait dite, et avait bel et bien été vigilante par rapport à Claude, au cas où ses menaces n’avaient pas suffit à calmer les projets horribles de l’autre Empereur restant.
Mais Jena se reprit bien vite, et avança dans la pièce. Elle portait une mini-jupe en cuir noire, avec une fermeture éclaire argentée sur le côté, un haut en résille noir qui tombait sur un top court (qui laissait voir son nombril à côté duquel se trouvait un tatouage en forme de colombe stylisée), et ses cheveux étaient courts et noirs corbeaux. Quand on maîtrisait la métamorphie, il était facile de rééquilibrer son corps pour se tenir chaud, même aussi peu couvert, et Jena le faisait assez souvent, quand elle avait de l’énergie à dépenser, ce qui était le cas ce jour-là, comme dit plus tôt d’ailleurs (essayez de suivre un peu !). Elle se mit à hurler pour essayer de couvrir la musique :
« Moins fort ! Les chevaux paniquent ! »
Elle faisait de grands signes en même temps, en pointant les doigts vers le sol, comme pour désigner les chevaux. De fait, quand la musique serait enfin baissée, ils pourraient entendre les chevaux hennir. A Sywhaîd, il y avait peu d’endroits très bien isolés, le gymnase était un des pires dans le genre. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy
Dernière édition par Jena Solomiya le Dim 24 Jan - 0:15, édité 1 fois |
|  | | Claude Valhubert Sywhaîdien


Nombre de messages: 148 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Invaders Must Die Sam 9 Jan - 20:46 | |
| Claude sentait peu à peu toute sa frustration se déverser dans la musique et dans les basses qui faisaient vibrer le sol et peut-être même tout l’univers, à ce qu’il en savait, et il s’en foutait. Parce que ça faisait du bien. Il adorait ce groupe, exactement pour ce genre de sensations, sentir tout se dissoudre sous les coups des basses à répétitions, sous les sons saturés et agressifs. Il en était donc à bondir sur place en hurlant les paroles de toute sa voix, quand Jena entra et que dans son mouvement il l’entrevit en train de crier et faire de grands gestes. En vérité, il ne comprit absolument pas ce qu’elle voulait dire, ne se doutant même pas que cette musique pouvait déranger des gens, et ce pour une simple raison : il était persuadé d’avoir mis un sort sur les murs pour que le son s’y arrête. A croire que ça avait foiré, vu que quand il mit la musique en pause, il entendit des hennissements et Jena qui hurlait encore que « les chevaux paniquent ». Claude eut un sourire contrit, baissa le son à un niveau « bruit de fond » et relança la musique, morceau suivant, Thunder.
« Désolé, j’avais un besoin primitif à assouvir. Tu sais, les danses rituelles… »
Son sourire contrit devint plus naturel, mais toujours un peu étrange. Comme s’il cachait quelque chose, mais Jena devait bien savoir ce qu’il cachait, tout le monde devait savoir maintenant, cette souffrance qu’il affrontait… Ouais. Claude, ha le dépressif ? Exactement ! T’as cerné le personnage ! En bas, les chevaux se calmaient, et déjà la musique lui manquait.
« Tu sais pas où je pourrais faire péter le son sans rendre les gens dingues ? Je sais bien que Prodigy, ça plaît pas à tout le monde… On dirait que les poneys adorent pas. »
Claude eut un petit rire fatigué, essaya d’avoir l’air cool en hochant vaguement la tête sur la musique et abandonna, ce qui lui donna une expression particulièrement épuisée.
« Alors… alors… euh. »
Il avait eu l’intention de parler de David, parce qu’il avait besoin de parler de ça, surtout avec Jena. Elle était celle qui avait la première recueilli les idées tyranniques de David, la première à avoir entendu son idée et à avoir dit non. Mais comment parle-t-on de ça ? Style, salut toi, alors comme ça t’as empêché mon meilleur pote de me plonger dans le coma ? Sympa de ta part ! Non. Mais la situation était étrange. La dernière fois que Claude avait parlé à Jena, c’était avant que tout ne dérape, il y a longtemps. Tout semblait aller bien, il n’y avait que Zofia et Elio pour témoigner de la méchanceté de Tibère et il n’avait pas encore définitivement pété un plomb. Oh, c’était il y a si longtemps… Jena lui avait dit que Tibère avait le droit d’être lui-même. En se rappelant de ça, Claude comprenait encore mieux la colère de Jena vis-à-vis de David. Elle aimait la liberté et voulait qu’on la respecte. Ouais. Pensait-elle encore que tout le monde avait le droit d’être soi-même ? Debout face à elle, Claude posait sur Jena un regard étrangement scrutateur, intense. Il était là, immobile avec la musique qui se déroulait autour d’eux, et il attendait juste qu’elle parle, qu’elle décide de partir ou de rester, lui n’avait pas la force de la faire décider. |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 441 Age: 35 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Invaders Must Die Dim 24 Jan - 0:30 | |
| « La forêt. Mais je ne suis pas sûre que les créatures aiment vraiment ce genre de musique non plus. » répondit Jena, après quelques secondes de flottement.
Elle-même ne savait pas trop quoi dire à Claude. Il y avait une intensité flippante en lui. Quelque chose que Jena avait déjà vu, mais principalement chez des rescapés de grandes catastrophes. Une année, elle s’était retrouvée à faire un de ses spectacles dans une ville de Thaïlande, c’était peu de temps après le Tsunami et elle avait vu pas mal de ces regards-là quand elle avait visité un peu les alentours. Le regard des gens qui avaient tout perdu, et qui ne pensaient pas pouvoir vivre normalement un jour. Tous les gens qui vivaient des expériences horribles n’avaient pas ce regard. Pour Jena, il fallait une certaine inclination pour le malheur pour pouvoir un jour avoir ce regard. Et Claude était dépressif depuis des mois, pas besoin d’être son meilleur pote pour le savoir…
Mais n’empêche qu’elle ne savait pas quoi dire. Elle aurait pu lui dire « condoléances » mais elle n’était pas sûre de le penser. Est-ce qu’elle compatissait vraiment à la mort de Tibère ? Les Tesulah voyaient la mort comme une étape naturelle de la vie, ils ne réagissaient pas du tout comme la plupart des gens au deuil. Et, même au-delà de l’incompréhension culturelle, Jena n’était pas certaine de trouver que la mort de Tibère soit un évènement triste d’une manière ou d’une autre. C’était un salaud après tout. Elle n’avait aucune raison de le pleurer, si ? Par contre, elle pouvait comprendre qu’on le pleure. L’amour n’était pas quelque chose de cohérent ou de logique. Mais on ne pouvait pas lui demander de pleurer avec eux, elle détestait Tibère. Elle trouvait qu’il ne méritait pas de vivre. Il avait fait souffrir trop de gens. Peut-être bien qu’elle l’aurait tué elle-même, si elle s’était retrouvée face à lui une fois de plus ?
« Pas dans le coma à ce que je vois. » dit-elle alors en fin de compte.
Et un sourire amusé apparut sur son visage. Elle n’avait pas pu s’en empêcher. Mais en plus, elle était sincèrement intéressée par la réponse de Claude. Est-ce que David lui avait parlé de son projet ? Est-ce que Claude allait dire que son ami avait raison et lui demander à son tour de le plonger dans le coma, ce qui voudrait dire qu’il faudrait qu’elle se pose réellement la question cette fois ? Et puis, Jena avait besoin de se défouler. Autant parler de choses qui fâchent alors. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | Claude Valhubert Sywhaîdien


Nombre de messages: 148 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Invaders Must Die Ven 29 Jan - 21:06 | |
| Claude éclata d’un rire caquetant qui le surprit lui-même ; il arrêta vite et jeta un coup d’œil autour de lui comme si le son pouvait venir de quelqu’un d’autre. C’était nerveux. Cette question, ce sourire de Jena, cette ambiance.
« Non, non. »
Il avait répondu d’une petite voix mal assurée. Non, pas dans le coma. David avait abandonné son entreprise. Claude se dit soudain qu’ils allaient devoir reconstruire toute leur amitié après ça. Pour l’heure, ils étaient tous deux pris de folie. Un ange passa. Seule la musique troublait le silence, ou plutôt le meublait. Depuis la mort de Tibère le silence était tonitruant, empli de regrets. Fatiguant.
« David… David m’a dit que tu l’avais empêché… Je ne suis pas sûr qu’il avait honte. Mais je l’ai frappé. Comme jamais je n’avais frappé quelqu’un. »
Claude détourna les yeux, se mordit les lèvres. Comme c’était glauque, comme c’était triste…
« Il devient fou, il panique. Et là il fait des choses… il devient extrême. Il a tué mon père à sa dernière crise de panique, tu sais ? »
Dire qu’il ne lui en voulait même pas, dire qu’il pouvait prononcer ces mots d’une voix un peu distraite. Dans quoi s’étaient-ils embarqués tous les trois, dans quel cercle impossible et tourbillonnant ? Tout allait toujours trop loin, trop vite, trop fort. Le bon comme le mauvais.
« Il voulait me sauver… Maintenant il n’y pense plus, il sait que je ne veux pas. Mais il avait tellement peur de me perdre, et de se perdre lui aussi. Tu comprends ? Tout se barre autour de nous. »
Etait-il vraiment en train de justifier le comportement de David ? Alors qu’il avait voulu le changer en objet ? Quand il lui avait dit son geste, Claude avait été révolté et il avait fait mal à David, en le voulant et en s’en réjouissant. David avait accepté, mais peut-être qu’il n’avait pas compris.
« David est fou lui aussi, mais il sait le cacher et contrairement à Tibère, il n’est pas conscient de l’ampleur de… de sa folie. Je le pardonne. Même si, merde, je voulais qu’il crève quand je le frappais et mon ventre se retournait à penser à ce qu’il voulait faire, mais je lui pardonne. Il a tellement peur et il… »
Son regard s’échappait vers les murs, il s’accrochait à ses mots et parlait de plus en plus fort, intensément.
« Il sait plus quoi faire et moi je… je suis perdu moi, merde ! »
Il s’interrompit au dernier moment et se rendit compte que ça lui avait échappé, cette tension dans sa voix, ses muscles, ses yeux. |
|  | | Jena Solomiya Professeur de Magie Canalisatrice


Nombre de messages: 441 Age: 35 Date d'inscription: 28/02/2008
 | Sujet: Re: Invaders Must Die Sam 6 Fév - 14:01 | |
| « Non. »
Cette réponse était vraiment bizarre. Claude ne lui avait pas demandé quoi que ce soit qui puisse fonctionner avec cette réponse, pourtant Jena l’avait dite avec une autorité étrange, une sorte de décision dans la voix. On aurait presque pu croire qu’elle allait quitter la pièce, après ça, pourtant elle avança au contraire et alla s’asseoir sur un banc de muscu. Elle n’était pas du genre à faire beaucoup de sport, même si elle avait un physique plutôt sportif, et elle ne s’asseyait pas souvent sur ce genre de banc, pourtant elle n’y prêta pas d’attention.
« Je ne comprends pas. » ajouta-t-elle sur un ton toujours aussi décidé, qui montrait qu’elle ne posait aucune question, elle se contentait d’énoncer un fait. « Je ne comprends rien à votre relation. Je peux l’admettre, parce que je ne considère pas que je doive tout comprendre, mais je ne peux pas comprendre. Franchement, vous me faites froid dans le dos. Personne ne peut vivre que pour une seule autre personne. Vous avez besoin de vous aérer, ou vous deviendrez fous, vraiment fous je veux dire. Plus encore que maintenant. »
Elle haussa les épaules. Elle ne jugeait pas. Elle constatait, c’était tout. Il n’y avait aucune haine dans ses paroles, aucune colère, aucun jugement. Elle n’aimait pas particulièrement les deux italiens, mais Jena était un caractère spécial qui n’aimait réellement que peu de gens. Elle était plutôt sympathique, la plupart du temps, mais elle était trop différente de la plupart des gens qui vivaient à Sywhaîd pour pouvoir vraiment les apprécier. Oh elle en respectait beaucoup, de toute façon les Tesulah étaient une communauté très respectueuse de l’autre, malgré tout. Mais ils restaient des sédentaires, tous ces gens avec qui elle vivait, et elle n’avait que peu de points en commun avec eux, malgré tout. Mais c’était une habitude. Le choix qu’elle avait fait. Jena avait décidé de ne pas rester avec les Tesulah, de vivre avec les sédentaires, elle devait donc accepter cette incompréhension culturelle.
« Je ne peux rien te dire de plus. Je ne suis pas le genre de personnes qui donne de bons conseils, je suis pas vraiment la personne à qui tu devrais parler. »
Elle haussa de nouveau les épaules. Elle avait beau être une « Princesse » Tesulah, donc quelqu’un qui réglait les problèmes de son clan, à qui on venait poser des questions. Mais elle n’avait jamais demandé à l’être, elle n’avait jamais demandé à avoir ces responsabilités, elle avait été désignée. Et comme pour tout, elle avait vécu ça à sa façon, refusant de jouer les mères de substitution. Elle n’avait déjà pas voulu être une vraie mère, alors elle n’allait pas jouer les fausses. _________________ She is dancing away from me now She was just a wish She was just a wish And a memory is all that is left for you now You see your gypsy You see your gypsy |
|  | | Claude Valhubert Sywhaîdien


Nombre de messages: 148 Date d'inscription: 28/09/2008
 | Sujet: Re: Invaders Must Die Dim 21 Fév - 20:05 | |
| Claude posa son regard halluciné sur Jena, la poitrine se soulevant sous sa respiration houleuse, et les yeux écarquillés comme un dément. Il la regarda longtemps comme s’il allait fondre en larmes et à ses côtés ses mains tressaillaient, crispées et maigres.
« S’aérer ? »
Il avait dit ça d’une toute petite voix comme s’il n’osait pas tellement y penser. S’aérer, comme quand David était en exil, lui en prison, et Tibère ici ? Comme quand ils étaient séparés et que leur moindre rêve était mort dans qu’ils n’étaient pas ensemble ? Pendant cette période David avait vécu, dans le remords mais il avait vécu, et Tibère… avait réussi à construire autre chose… il avait été malheureux, mais il avait rencontré des gens et avait eu un fils, et une fille qui l’aimait, et Veronica. Et quand ils étaient à deux... Quand ils se retrouvaient tous les trois à Rome, pendant la période entre le procès et la mort de Tibère, c’était magnifique, épique, mémorable.
« Séparés on… on ne peut pas s’empêcher de penser que ça aurait été mieux avec les autres… Et qu’on vit pas vraiment. »
Vivre, un verbe qui prenait un autre sens dans la bouche de Claude. S’animant et semblant sortir de la torpeur où l’avait plongés les mots de Jena, il continua :
« Et moi, je veux vivre à fond avant de mourir. David, il voulait me plonger dans le coma quand il croyait que je voulais juste mourir, mais j’ai compris… j’ai compris que je voulais vivre ma peine, la vivre réellement. Tu vois ? Dis-moi que tu comprends ce que je veux faire. Je veux aller au bout, quitte à en crever. Même, pour en crever. »
Et cette lueur dans le regard, brillant de la fièvre. Un regard extrémiste, et là je ne parle d’aucune politique mais juste de la limite et du plaisir qu’on peut trouver à la chercher et la frôler. Vu comme ça, on aurait pu croire qu’il allait s’écrouler, comme avant à Rome quand ils prenaient des risques et s’aimaient plus que tout, tout ça qui les avait enchaînés et liés à la vie à la mort. Comme à Rome comme avant, mais ce n’était plus la même passion qui l’entraînait et n’importe qui aurait pu le voir. Ce n’était plus la joie et la jouissance de tout ce qu’ils volaient et consumaient, c’était la tristesse et la résignation. |
|  | | |
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|