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 Première fois

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Première fois   Dim 11 Nov - 13:49

Annalda avait le cœur battant d’une mère inquiète. Aujourd’hui était un jour important, elle le sentait bien. Après la fête de Samhain, elle avait commencé à vivre réellement avec la communauté. Elle avait pris une corvée habituelle de cuisine, y avait rencontré beaucoup de cuisinier en herbe et les aidait au mieux en préparant quelques plats autrichiens quand on lui en laissait le loisir. Et puis, elle enchainait les corvées ponctuelles pour se sortir un peu. Elle s’avait que sans cela, elle resterait cloitrée à faire de la musique et à s’occuper des oiseaux.

Elle avait passé un long moment à la bibliothèque il y a peu pour identifier ses petiots. Ceux-ci commençaient à prendre des allures caractéristiques de leurs espèces et la jeune femme les avait répertoriées. Elle savait maintenant qu’elle hébergeait un bébé grive musicienne, une locustelle tachetée, un grand corbeau, une bécassine des marais et un épervier d’Europe. Cinq charmants bébés qui n’avaient pas du tout la même taille ni la même personnalité.

Ainsi, Annalda avançait à travers les paysages Sywaidiens pour trouver un endroit propice à l’apprentissage. Elle avait, quelques heures plus tôt, attrapé de justesse la petite grive qui avait tenté de sauter du haut du placard de sa chambre. Un éclair de lucidité lui avait fait regarder les notes qu’elle avait prises sur chaque espèce. C’était dans les eaux en effet : le temps de leur premier envol. Petra, la chouette familiale juchée sur son épaule, sentait elle aussi l’excitation du moment et hululait à chaque fois qu’Annalda était trop brusque dans son déplacement. Evidement avec un grand panier en osier empruntée chez les cueilleurs dans les bras, il était difficile de se mouvoir facilement.

Anna regardait avec un sourire maternel les petits bouts et leur comportement. Le corbeau farouche, semblait plus solitaire et se tenait à l’écart des autres. Très mécontent de devoir se tenir si près de ses frères de couvée, il leur croassait dessus dès qu’ils venaient de trop près. Et pourtant, il était d’autant plus rapproché de l’autrichienne, sa mère, et ne la lâchait pas d’une semelle. Il avait pour petit nom : Dunky, car dunkel signifiait sombre en allemand, ténébreux, mystérieux, pour des regards étrangers. La belle, elle, savait bien qu’il était aussi affectueux que Jind. Celle-ci était un peu jalouse des oiseaux mais elle compensait son manque affectif par le rapport qu’elle entretenait avec la bécassine. Elle l’avait pris, non plus ni moins, pour sa mère. Elle se lovait entre les omoplates de la louve et se faisait transporter endormie. La louve noire aimait à la mordiller gentiment et en commun accord, le couple l’avait surnommée : Bety, encore un surnom diminutif d’un mot signifiant étourdie, car elle n’était pas à l’aise sur ses grandes pattes et tombait souvent par déséquilibre.

Les trois derniers formaient un trio inséparable. L’épervier était surprotecteur et particulièrement gros dormeur. La grive et la locustelle était une paire de joueur invétérée. Ritter, soit « chevalier » avait été donné à l’épervier. La grive se prénommait Lili et le dernier, un petit mâle du nom de Lulo. Lili et Lulo, un joli nom de série d’aventure pour enfant, c’était du moins ce que c’était dit Anna en leur donnant leurs noms.

Ainsi, la jeune femme, non, le groupe hétéroclite avançait et se retrouvait devant le Loch. Elle ne savait pas mais tout représentait alors la vision qu’avait eue Kennedy le jour de Samhain. Hors de ce savoir, la jeune femme parcourait le lieu, naïve et inconsciente. Elle trouva un monticule assez haut et à peu près praticable pour y monter et être assez haute pour faire voler ses petits. Elle le gravit et s’y assit. Elle était inquiète, s’ils se faisaient mal, s’ils n’y arrivaient pas. Elle les regardait dans le panier. Ils s’étaient endormis au cours de cette longue marche berçante.

(réservé … Rozen ?)

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: Première fois   Lun 12 Nov - 23:35

(Me voici !)

Sur sywhaîd était un monticule, sur le monticule était un arbre ; et dans l'arbre était une femme. Le monticule n'était qu'une preuve de plus du caractère valloné de cette région de l'Ecosse de façon générale ; l'arbre était un vieux noyer, lointain cousin de ceux, nettement mieux entretenus, du verger tout proche ; quant à la femme, elle répondait au nom de Rozen Vanloo et, perchée dans les branches, elle avait dans les mains un crayon et un carnet à dessin.

Elle n'était pas artiste, loin de là, et ne s'était pas amusée à grimper dans ce gros noyer juste pour son plaisir ; mais elle qui connaissait Sywhaîd comme sa poche et sa végétation en particulier, était curieuse de comparer ce spécimen de vieille branche avec ceux qui poussaient en lisière de la forêt. Certaines différences qu'elle croyait avoir découvertes devaient être confirmées de visu ; d'où les croquis. Absorbée dans sa tâche -encore une fois, elle n'avait pas un talent particulier pour le dessin, et devait donc s'appliquer -, Rozen ne s'aperçut pas tout de suite que quelqu'un avait eu la drôle d'idée de grimper sur le même monticule qu'elle, le même jour.

Mais dès qu'elle eut relevé le nez de son carnet, et aperçu en contrebas une cheveure blonde penchée sur un panier, avec sa décontraction habituelle, elle se pencha à son tour, faisant légèrement craquer les branches sur lesquelles elle s'était assise.

"Oh ! Salut !" Lança-t-elle à la masse de cheveux. Assez lestement, elle était déjà en train de descendre de son perchoir, crayon sur l'oreille, carnet entre les dents. Quelques ultimes feuilles rousses encore acrochées aux branches de l'arbre tombèrent au sol.

(J'espère que l'entrée en matière te convient ?)

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: Première fois   Ven 16 Nov - 12:46

(elle est parfaite)

Plongée dans ses pensées, l’autrichienne n’avait pas du tout remarquait la présence de Miss Vanloo dans l’arbre qui lui faisait un peu d’ombre. Elle prit même le craquement de branche pour une poussé de vent bien qu’elle ne sentit rien dans ses cheveux. Elle allait se mettre à soupirer en s’avouant mentalement qu’elle avait peur que les petits la quittent lorsqu’elle comprit que le déplacement des branches n’avait rien d’aérien. Leur ombre se déplacer d’un endroit à un autre de façon très brusque. Mais rien n’aurait pu la réveiller mieux à cette torpeur que la salutation de la belle femme, dryade d’un moment.

Annalda poussa un crie en sursautant, son cœur battait à un tempo impressionnant et la jeune femme avait du mal à régler la netteté sur celle qui descendait de sa branche. Elle s’aperçut en un quart de seconde que ce n’était que Rozen Vanloo, professeur au château. Ses deux mains vinrent retenir son cœur près à sortir de sa poitrine en bondissant et la jeune femme s’écroula sur le dos dans l’herbe en riant de sa bêtise.

Elle essayait de se calmer et de mettre ses idées en ordre. Elle était à côté de la prof qu’elle devait aller voir dans la semaine, mais il ne lui semblait pas que ce soit le moment de discuter de quoi que se soit de scolaire. Après tout, elle avait des oiseaux qui voulaient apprendre à voler et dont peu de gens connaissait l’existence. Non qu’elle ait tenté de les cacher, mais puisqu’elle les avait gardés à couver dans sa chambre et nourrit de même, peu de gens les avait vus.

Des pépiements la ramenèrent à l’actualité. Elle se releva, les cheveux un peu plus en bataille que d’ordinaire. Elle jeta un coup d’œil au panier et se mit debout.

« Je suis désolée, vous m’avez fait peur, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il y ait quelqu’un perché là haut. »

Elle fit une petite pause pour sourire à la pensée de la scène vue par d’autres yeux que les siens. Elle posa délicatement ses yeux d’un bleu sombre sur la femme qui lui faisait face. Soudain son visage se décomposa.

« mais, c’est un cahier d’étude. Oh … vous … je vous ai dérangé peut être. Oh, je pensais réellement qu’il n’y avait personne sinon je ne serais pas venue. »

Evidemment, l’autrichienne, voyant le carnet, avait immédiatement pensée à du dessin, puisqu’elle en faisait un peu. Se connaissant adorant la solitude pour dessiner ou même capturer la nature avec son appareil, elle se sentait un peu bête d’avoir interrompu de sa présence la Sywhaidienne.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: Première fois   Dim 25 Nov - 18:23

Rozen n'aurait de son côé jamais pensé que son arrivée terroriserait à ce point la masse de cheveux, mais elle avait assez de distance pour savoir que ses jugements en matière de réactions d'autrui se révélaient assez régulièrement inexacts. Elle s'apprêtait à s'excuser poliment d'avoir été à ce point effrayante, bien qu'elle n'estimât pas avoir réellement quoi que ce soit à se reprocher : Pas de sa faute si elle était tombée sur une cardiaque, hein. Mais Annalda se confondit soudain en excuses gênées pour l'avoir interrompu dans une soi-disant activité hyper importante, liée au carnet de croquis. Les protestations de Rozen, passé le moment de surprise, furent cette fois parfaitement sincères.

"Hein ? Oh ! non non, pas du tout, tu penses ! C'est pour mes recherches, mais vu mes talents, t'as pas interrompu grand-chose !"

La jeune femme partit d'un franc éclat de rire, confirmant qu'elle n'avait rien d'une artiste solitaire et mélancolique, du genre à se perdre rêveusement dans la contemplation d'un grain de blé. Ou si elle le faisait parfois, c'était simplement par sens du devoir. Si elle s'éclipsait parfois pour échapper au côté étouffant de la vie en communauté, Rozen n'était pas pour autant une vraie solitaire. Au contraire. Et quand, en prime, elle se trouvait nez à nez avec une couvée d'oiseaux, ça valait franchement le coup d'être interrompue.

Passant du coq à l'âne comme c'était sa mauvaise habitude, la jeune femme, observant de loin le panier, demanda d'un air très intéressé :

"J'savais pas qu'on avait une ornithologue parmi nous.. C'est quoi ton nom, déjà ?"

De là où elle était, elle tâchait d'identifier les oisillons ; ils étaient déjà relativement grands, mais à cette ditance Rozen ne voyait pas tous les plumages, et elle ne voulait pas affoler les volatiles en s'approchant trop prêt ; ils avaient déjà l'air assez excités.

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: Première fois   Mar 11 Déc - 18:26

( silly me ! )

Anna sourit en baissant les yeux. Elle ne l’avait pas dérangé, tant mieux, et que ce soit faux ou non importait peu, cela signifiait tout autre chose. Miss Vanloo avait un ton aimable, voire très décontracté qui plaisait beaucoup à l’autrichienne. Dès lors, la demoiselle ferait de son mieux pour être naturelle, même si elle se trouvait en face d’un « supérieur ». Elle avait du mal, contrairement à d’autres élèves ou personnes qu’elle avait pu rencontrer, à lier facilement des liens avec des personnes hiérarchiquement plus élevées qu’elle. Une pudeur ? Elle ne savait, mais une éducation certainement ! Intérieurement, la petite dame se répétait qu’il n’y avait pas de raison. Ici, par exemple, il ne fallait pas, Miss Vanloo avait l’air des plus ouvertes et sa jeunesse ne pouvait qu’aider à un contact plus facile. Bon, ce n’était pas une raison pour se comporter comme ci elles étaient de vieilles connaissances mais, comme dans tout, il fallait un juste milieu souvent difficile à définir et à atteindre.

Le regard d’Annalda s’était automatiquement déposé sur le panier d’osier, comme un banal élément du décor, qu’elle avait apporté un instant plus tôt. Elle se rappela soudain le pourquoi du comment elle était là. Les oiseaux !

« Euh … Annalda, Kremstal. Je … enfin je m’y improvise par défaut. Je suis arrivée y a pas longtemps, pis j’avais les œufs. Pis, ils sont éclos. Pis, j’suis là. »

Là ! Elle regarda le paysage, le lac, le beau lac scintillant.

« D’ailleurs, j’viens de me rendre compte que ma prédiction de la soirée d’Halloween, euh de Samhain … bref ça se passait ici et ça parlait des oiseaux. »

Elle s’était reprise pensant soudain qu’un habitant de souche de Sywhaîd (ou ci ce n’était le cas, du moins ne pouvait-elle que l’imaginer) pouvait se vexer d’une inversion de la sorte. Mais tout cela ne changea rien. Rapport ou non à la vision, elle était là et elle avait des oiseaux qui pépiaient d’envie de voler de leurs propres ailes.

« Non je ne suis pas spécialiste des oiseaux et mon problème c’est que je m’improvise mère poule et que je ne sais pas voler, par contre eux veulent savoir ! »

Finalement, elle se sentait assez naturelle face à Miss Vanloo. Fière d’elle, et rassurée, elle se détendait d’elle-même. Elle ne savait pas si la demoiselle pourrait l’aider mais avoir une présence pour cette « épreuve » la rassurait, comme si elle pourrait tout rattraper en cas de problème, même si elle ne s’y connaissait pas du tout. Et puis, rien n’était dit qu’elle reste, peut être allait elle lui souhaiter une bonne journée et partir en quête d’un nouveau point d’observation. Mais cela repoussait de quelques minutes le grand saut des petiots.

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Rozen Vanloo
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MessageSujet: Re: Première fois   Dim 6 Jan - 22:39

[Pardon pour le retard !! Je t'envoie un mp]

Rozen était de fait ce qu'on pouvait appeler une Sywhaîdienne "de souche", moins parce qu'elle vivait là depuis quelques années que parce qu'elle était née et avait passé son enfance sur la Noble Lande ; ce n'était pas forcément quelque chose qu'elle criait sur tous les toits, n'ayant pas que de bons souvenirs de son adolescence et de sa découverte brutale du monde extérieur... mais c'était le genre de choses qui se savaient.

Pour autant, la jeune femme était loin d'être une puriste ; un "halloween" pour un "Samhain", très franchement, on parlait toujours d'une fête des morts avec de la citrouille au menu... Elle ne releva même pas la soi-disant erreur d'Annalda ; elle était en revanche plongée dans une sorte de reflexion songeuse en entendant parler de cette prédiction... La façon dont Annalda s'était retrouvée en charge de quatre oisillons avait quelque chose d'assez curieux, remarquable même, et pourtant Rozen ne croyait pas une seconde au destin. La façon dont l'Autrichienne parlait de la chose était si simple, spontanée, naturelle... Difficile de ne pas dire qu'elle devait s'occuper de ces oiseaux, qu'ils étaient liés, elle et eux...

La spécialiste (ah ces appellations) environnementale était ébranlée, c'est en tant de telle qu'elle prit finalement à nouveau la parole, face à l'apparent embarras d'Annalda.

"T'as pas à t'en faire. Les oiseaux volent d'instinct et ils n'auront pas besoin d'toi. Parfois, leurs parents leur forcent la main, en cessant de les nourrir pour les obliger à quitter le nid. Mais les tiens ont pas l'air d'être du genre casanier", fit-elle en jetant un regard attendri au nid effectivement agité.

"La Brume... fait des trucs bizarres ; j'aime pa c't'idée, qu'on puisse nous forcer dans nos choix, mais... Ya des fois où faut s'laisser porter, simplement ; si tu d'vais laisser ces piafs crever par des mauvais soins, j'te l'dis comme j'le pense, ça m'trouerait le... Enfin, disons qu'ça m'paraît hautement improbable. Ca veut pas dire qu'tu peux les laisser en plan en t'disant qu'ça ira d'toute façon et qu'aucune buse viendra leur chercher des noises, mais faut t'faire confiance. Les mamans poules, ça marche à l'instinct."

Rozen n'avait pas vraiment prodigué ces conseils sur un ton très doctoral, mais les avait plutôt débités elle-même d'une façon très naturelle, comme un simple avis personnel ; avis qui, évidement, pouvait avoir un certain poids venant d'un prof de forces élémentaires. Même quand ladite prof était affalée dans l'herbe, à s'allumer un brin de noyer sec comme elle l'eût fait d'une cigarette. En tirant les premières bouffées, Rozen demeura quelques instants silencieuses, semblant à nouveau réfléchir avant de reprendre la parole, les yeux non plu rivés vers le panier mais vers l'Autrichienne et sa louve.

"C'est... vraiment... curieux, votre histoire ; j'suis sûre que ça intéresserait Ike de voir le lien qui t'unit à ces boules de plume. En tout cas, moi, ça m'intéresse vachement", ajouta-t-elle en riant, comme un aveu pas vraiment coupable. Tout en se relevant, les mains sur les fesses pour épousseter la terre et l'herbe, elle continuait de parler.

"En tout cas, si ça tu veux... J'suis prof de magie environnementale, paraît-il... donc si t'as b'soin d'un conseil ou d'un coup d'main, n'hésite pas. Et même... Si tu voulais prendre des cours, suivre une formation, ce genre de choses, t'suffit d'venir me trouver. J'veux pas t'mettre la pression, c'est simplement qu'ça peut effectivement te rendre service, ma spécialité... j'te laisse réfléchir, j'retourne au taf ; j'pense qu'c'est... ton moment... enfin, votre moment."

Rozen désigna d'un mouvement d'épaule le panier ; l'envol semblait effectivement imminent. La jeune femme y aurait volontiers assisté, mais, c'était sans doute saugrenu, mais elle estimait effectivement que c'était quelque chose qu'Annalda aurait besoin de savourer pleinement ; surtout, elle ne voulait pas que la jeune fille se sente obligée de répondre d'emblée favorablement à son offre. C'était le genre de choses qu'elle n'aurait pas supporté : en quittant la scène, elle évacuait la pression. Tant pis pour le spectacle...

Quoique sur le chemin qui la ramenait vers les bâtiments de la ferme, avouons que Rozen se retourna bien à deux trois reprises pour avoir elle aussi sa part discrète du spectacle...

[J'ai abrégé, j'espère que cela ne te dérange pas ; encore désolée pour mon retard...]

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Annalda Kremstal
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MessageSujet: Re: Première fois   Jeu 10 Jan - 23:12

[Bien je clôture donc tout ça]

Annalda n’arrivait pas à regarder Rozen fixement, son regard inexorablement attiré par le panier agité. Certes, tout était question d’instinct, elle s’en faisait pour rien et la femme qui lui procurait ses conseils avait le mot juste et touchant. Anna ne savait comment réagir devant cette élocution si vraie et si personnelle. Ainsi, elle ne fit rien, l’étonnement s’en suivit d’une débauche de sourires joyeux, timides, de regards gratifiants mais surtout de silence profond et tellement, à eux seule, porteur de sens, qu’il était inutile d’en rajouter. Elle inclina la tête vigoureusement quand Rozen parla de cours. Mais elle aurait tout le temps pour ça, ce n’était ni le lieu ni le moment. Elle fit seulement un signe de main et un sourire d’au revoir, pour ne pas briser son silence alors que toute ses pensées analysaient déjà ce qu’elle venait d’entendre.

Elle la regarda s’éloigner un peu et se retourna vers le panier. Tous ses sens étaient portés vers les oisillons. Que Rozen la regarde alors ne changeait rien, elle ne voyait plus que le présent, le ciel, le vent et les pépiements impatients des boules de plume. Avec un soupir, la jeune femme se lança, après tout, il ne fallait pas avoir peur. C’était en effet le moment. Le vent poussé par une brise faisait vibrer l’herbe comme il aurait agité une mer.

L’autrichienne plongea les bras dans le panier et, rapidement, chacun trouva sa place sur ses bras comme sur un perchoir. Ils se donnaient de petits coups de bec pour pousser leurs frères et avoir une sorte d’inconsciente espace de sécurité. Anna se releva brusquement, ouvrant ses bras en croix, et tous se recroquevillèrent sur leur position pour éviter de se faire emporter par le vent qui était tout de même assez fort. Celui-ci prenait de la vitesse dans la lande, et remontait la colline pour venir frapper Anna de plein fouet. Elle n’en avait pas peur, ces gifles lui redonnaient vie et esprit. Suivant les initiatives de chacun, tous finirent par se relever face aux bourrasques comme le faisait la jeune femme. Jind jappait et sautait sur place pour les inciter à se lancer. Aucune crainte qu’ils ne sachent pas battre des ailes, ils avaient eux le hibou familial pour exemple pendant toute leur enfance.

Un à un, mais presque en même temps, ils ouvrirent leurs ailes maladroitement et, patte après patte, quittèrent leur branche vivante. Ils faisaient du sur place avec le vent, et Anna en avait le cœur battant. Ils étaient pour leurs premiers vols, à battre des ailes justes à ses côtés. Elle jeta ses mains et rattrapa de justesse Lili qui s’était fait éprouver par un souffle de vent. D’un mouvement de trampoline, la musicienne la renvoya en l’air et elle se replaça, ailes ouvertes face aux vents mais un peu plus en hauteur que ses frères et sœur. Chacun était si magnifique. Betty dont les longues pattes se trimbalaient de gauche à droite, Ritter faisait mille effort et faisant miroité son plumage mouchetée comme un manteau d’hermine, Lili si mignonne, Lulo roucoulant à chaque bourrasque et Dunky qui n’avait jamais semblé si joyeux et ouvert à ses frères et sœurs depuis un moment. Lili piqua vers le bas de la colline et tous la suivirent. Le cœur d’Anna fit un saut et elle-même se jeta à genoux par terre, les regardant descendre avec appréhension. Mais ils maitrisaient ce qu’ils faisaient.

Un instant plus tard, ils avaient déjà presque compris le principe et maitrisait déjà les courant aériens. Revenant tournoyer autour de la jeune femme jusqu’à lui en donner le tournis, ils montaient et descendaient dans les cieux. Anna était fière et n’avait plus peur de rien pour eux. Ils venaient de lui montrer de quoi ils étaient capables et elle accepta alors qu’ils avaient grandi, qu’ils étaient matures, qu’ils n’avaient plus besoin d’elle que pour son amour. Ce fut un délicieux pincement au cœur, elle était pleinement mère maintenant, non baby-sitter improviser pour couvée. Elle se sentait encore plus proche d’eux et une idée lui vint. Voler avec eux, les airs sont milieux, en famille : elle pouvait bien se fabriquer un balai ici, qu’importe qu’il soit de fortune. Il y avait eu trop d'émotion aujourd'hui pour immortaliser le moment de quelques photos mais elle se ratrapperait avec eux au beau milieu des nuages.

Mais tout cela viendrait plus tard, pour le moment tous étaient exténués et retournèrent dans le panier d’osier. Maintenant, ils auraient tout le temps de se perfectionner, le pas était franchi. Anna prit l’espèce de berceau dans ses bras, et en revenant vers le château, elle déposa sur chacun d’eux un regard maternelle et aimant, alors qu’ils sombraient dans les bras de Morphée un à un.

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