Arieh rit de nouveau quand Kay annonça qu’elle ne se sentait de toute façon aucune vocation de pédagogue et n’aurait pas aimé lui expliquer comment on fêtait Noël. Il ne prêtait aucune attention aux regards qu’on tournait vers lui et sa compagne, complètement absorbé par sa voix enjôleuse, ses sourires charmeurs et son visage aux traits délicats. Elle était absolument délicieuse et le jeune homme appréciait de plus en plus sa compagnie. Il écouta son histoire en souriant, peu étonné d’apprendre qu’elle avait été cheerleader, tout comme il aurait été peu étonné d’apprendre qu’elle avait été mannequin ou actrice si elle le lui avait tout à coup révélé.
Il la regarda exécuter son sort et siffla d’un air admiratif devant le résultat. Elle n’avait pas l’air très satisfaite mais lui trouvait ça très joli. Cependant, voyant son air déçu, il fit à son tour une moue désappointée, hochant la tête de droite à gauche d’un air teinté de mépris, comme s’il était profondément dépité de sa performance. Il ne tint pas la pose très longtemps ceci dit et retrouva bientôt le sourire. D’autant que c’était visiblement son tour d’être jugé.
Se laissant le temps de réfléchir, il sortit sa baguette de la poche arrière de son jean. Contrairement à Kennedy, il était particulièrement attaché à son médium. Il l’avait hérité de son grand-père paternel. C’était une longue baguette de trente-deux centimètres, en bois de chêne, contenant l’écaille du dragon que ledit grand-père avait élevé dans sa ferme magique dans le désert du Néguev où il avait passé sa vie à récupérer des animaux magiques éclopés. Quand il était petit, Arieh adorait passer du temps chez sabah Ilan quand ses parents partaient en reportage. Contrairement à Uriel, qui n’aimait pas tellement tous ces bestioles, Danielle et lui étaient pendus aux basques de leur grand-père et s’occupaient avec lui des dragons, licornes et autres phénix amochés qui peuplaient l’endroit. Pour sa bar-mitsva, sabah Ilan avait offert au garçon sa propre baguette magique, après y avoir fait ajouté la plume d’un griffon qu’Arieh l’avait aidé à soigner. Le jeune homme ne s’était plus jamais séparé de son médium depuis ce jour.
Cependant, tout cela ne l’aiderait en rien à décorer le sapin qui était là devant lui, comme un défi géant. Et puis, il eut une idée et, souriant, il pointa sa baguette sur l’extrémité d’une des branches où le givre ajouté par Kay avait formé une petite stalactite. Concentré, se mordant d’ailleurs la lèvre inférieure, il murmura quelques mots en hébreu et forma de délicates arabesques dans les airs, d’un mouvement souple du poignet. Petit à petit, le morceau de glace changea de forme jusqu’à ce que le visage de Kennedy y soit dessiné, tout à fait reconnaissable. Arieh tourna son sourire vers la jeune femme, l’air fier de lui.
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